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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 29 avril 2023 10 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileOutre-merSécuritéInstitutions & élections

Sur la crise migratoire qui frappe Mayotte et l'ensemble du pays

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Chapitres

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  • 0:00Invité politiqueFait
    « Je voudrais revenir avec vous sur un sujet qui occupe beaucoup nos débats en ce moment : la question migratoire. »
  • 0:00Invité politiqueFait
    « Le gouvernement vient d'annoncer qu'il reportait aux calendes grecques l'inscription à l'agenda de l'Assemblée nationale d'une loi sur l'immigration. »
  • 0:39Invité politiqueFait
    « J'ai été à Mayotte il y a maintenant trois ans. J'ai eu l'occasion de voir à Mayotte, pendant les quelques jours que j'y ai passé, à quel point tous les problèmes terribles auxquels est confronté ce département français, problèmes d'infrastructures qui sont en situation de très grande pénurie à cause de la surpopulation de l'île. »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « Mayotte est dans une situation de crise absolue, et c'est la raison pour laquelle les élus mahorais que je connais bien, avec qui j'ai travaillé depuis ces dernières années, ces élus mahorais n'ont cessé de sonner, de sonner l'alarme. »
  • 2:07Invité politiqueFait
    « au Parlement européen, nous avons assisté à une scène incroyable : le député français Younous Omarjee, de La France insoumise, a demandé si la Commission européenne comptait suspendre la totalité des fonds de cohésion versés à la France, de ces fonds européens qui servent au développement de nos régions, au motif que cette opération enfreindrait le droit européen, et notamment enfreindrait, c'était le point qu'il mettait en avant, le droit des enfants. »
  • 2:52Invité politiqueFait
    « Moi, je voudrais demander à mon collègue Younous Omarjee que je crois sincèrement engagé pour la défense des plus modestes, je voudrais lui demander s'il pense que la situation des enfants mahorais aujourd'hui est vraiment si enthousiasmante, qu'on puisse considérer que ne rien changer, c'est préserver leurs droits. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Il y a aujourd'hui une violence terrible qui naît de cette crise migratoire que l'Etat a laissé prospérer. Et cette situation, évidemment, ne peut pas nous satisfaire. »
  • 4:16Invité politiqueFait
    « Mayotte a voté pour la France. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'est pas un droit à géométrie variable. »
  • 4:59Invité politiqueFait
    « Mayotte est française, avec une histoire singulière, unique, qu'aucune autre île des Comores n'avait avant elle, et qu'aucune autre n'a eu après elle. »
  • 5:44Invité politiqueFait
    « Aucun droit des Comoriens à vivre en France, aucun droit des Comoriens à venir en France chercher la résolution des problèmes qu'ils ne savent pas traiter eux-mêmes. »
  • 6:29Invité politiqueFait
    « Si nous décidons que tout le monde a droit d'où qu'il vienne, tout le monde a droit de s'établir en France, et de bénéficier de ce pourquoi nous travaillons ensemble, alors dans ce cas-là, nous verrons se déliter notre modèle social tout entier. »
  • 7:14Invité politiqueChiffre
    « le Danemark, avec un gouvernement social démocrate, met en œuvre des mesures restrictives sur le plan migratoire qui sont bien plus énergiques que celles que notre propre pays est capable de mettre en œuvre. »
  • 7:57Invité politiqueFait
    « choisir de priver la France des fonds européens auxquels elle contribue largement, au motif qu'elle se préoccupe suffisamment, enfin, du droit des enfants pour vouloir faire en sorte que les enfants comoriens ne grandissent plus dans des bidonvilles, que les enfants français puissent aller à l'école normalement, c'est marcher sur la tête »
  • 8:33Invité politiqueFait
    « ils ont voté pour empêcher l'Europe de se protéger contre l'immigration illégale. C'est un fait. »
  • 9:13Invité politiqueFait
    « Si la majorité veut faire le contraire à Bruxelles de ce qu'elle promet à Paris, ce sera le moment de l'assumer devant les Français. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Bonjour à tous. Aujourd'hui, je voudrais revenir avec vous sur un sujet qui occupe beaucoup nos débats en ce moment : la question migratoire. Je vous ai parlé la semaine dernière de la contradiction incroyable de la délégation Renaissance sur le sujet migratoire. Aujourd'hui, c'est la question de Mayotte qui occupe les esprits. Le gouvernement vient d'annoncer qu'il reportait aux calendes grecques l'inscription à l'agenda de l'Assemblée nationale d'une loi sur l'immigration. Comme si ce n'était pas une urgence.

On voit pourtant à quel point notre droit actuel est mobilisé pour empêcher l'État de faire en sorte que nous puissions avoir une vraie souveraineté migratoire, une vraie capacité de décision sur qui vit sur le sol français, et qui ne peut pas y rester. Et c'est tout à fait la situation à Mayotte. J'ai été à Mayotte il y a maintenant trois ans.

J'ai eu l'occasion de voir à Mayotte, pendant les quelques jours que j'y ai passé, à quel point tous les problèmes terribles auxquels est confronté ce département français, problèmes d'infrastructures qui sont en situation de très grande pénurie à cause de la surpopulation de l'île ; problème pour les écoles, le problème pour l'hôpital, le problème pour l'aéroport ; et problème pour la circulation, problème pour l'accès à l'eau. Tous ces problèmes-là sont, d'une certaine manière liés - pas causés nécessairement, mais liés, au moins dans leur résolution, à la question migratoire.

Aujourd'hui, Mayotte est dans une situation de crise absolue, et c'est la raison pour laquelle les élus mahorais que je connais bien, avec qui j'ai travaillé depuis ces dernières années, ces élus mahorais n'ont cessé de sonner, de sonner l'alarme. Je pense à mon ami le député Mansour Kamardine, je pense à Estelle Youssouffa que j'avais rencontrée, et qui se bat courageusement pour expliquer l'urgence de la situation, qui est devenue députée depuis, elle aussi. Je pense au maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla. Et puis à tant d'autres, bien sûr.

Tous ces élus disent aujourd'hui la nécessité d'agir, et c'est pour leur répondre que l'Etat a mis en branle cette opération dont on parle tant aujourd'hui, pour faire en sorte d'expulser enfin des milliers de clandestins qui aujourd'hui vivent dans des bidonvilles dans les Bangas de Mayotte.

Aujourd'hui, au Parlement européen, nous avons assisté à une scène incroyable : le député français Younous Omarjee, de La France insoumise, a demandé si la Commission européenne comptait suspendre la totalité des fonds de cohésion versés à la France, de ces fonds européens qui servent au développement de nos régions, au motif que cette opération enfreindrait le droit européen, et notamment enfreindrait, c'était le point qu'il mettait en avant, le droit des enfants. Parce qu'effectivement, dans ces Bangas, dans ces bidonvilles, vivent dans les familles qui sont clandestinement installées sur le sol français, à Mayotte, vivent en particulier des familles et des mineurs, des enfants.

Moi, je voudrais demander à mon collègue Younous Omarjee que je crois sincèrement engagé pour la défense des plus modestes, je voudrais lui demander s'il pense que la situation des enfants mahorais aujourd'hui est vraiment si enthousiasmante, qu'on puisse considérer que ne rien changer, c'est préserver leurs droits. Est-ce que les enfants de Mayotte, les enfants mahorais, est-ce que les enfants de familles comoriennes qui vivent dans des bidonvilles sont dans une situation si enviable, qu'on puisse ne rien faire, et considérer qu'on a fait notre devoir ?

Ce n'est évidemment pas une situation juste et digne que celle qui condamne des élèves mahorais à se lever à 3 ou 4 h du matin pour emprunter des routes complètement embouteillées, en espérant arriver à l'heure à l'école, s'ils ont réussi à éviter les agressions, de plus en plus nombreuses, et de plus en plus violentes, agressions à la machette, agressions à l'arme blanche, qui se produisent aujourd'hui sur les routes de Mayotte, mais aussi devant les établissements scolaires, et même dans les établissements scolaires. Il y a aujourd'hui une violence terrible qui naît de cette crise migratoire que l'Etat a laissé prospérer. Et cette situation, évidemment, ne peut pas nous satisfaire.

Est-ce que c'est une situation digne et juste pour un enfant que de grandir dans un bidonville ? Les Comores et le gouvernement comorien se délestent si facilement de leur incurie, de leur corruption, pour pouvoir faire en sorte que les problèmes des Comores soient réglés à Mayotte. Il y a quelques années de cela, et j'entends aujourd'hui, parfois même des Français, des intellectuels français, des observateurs français, parfois même des diplomates ou d'anciens diplomates français, qui nous expliquent qu'en réalité, Mayotte est une île de l'archipel des Comores, et que la France y est d'une manière injustifiée.

Mais il y a quelques années, quelques décennies, lorsqu'un référendum a eu lieu, les îles des Comores ont choisi leur indépendance et Mayotte, qui n'avaient jamais fait partie d'un ensemble unifié avec les Comores, Mayotte qui n'avait jamais fait partie d'un seul ensemble politique avec les autres îles des Comores, Mayotte a choisi de rester française. C'était un choix déterminé. Et il a fallu que les Mahorais, que les Mahoraises en particulier, se battent pour Mayotte française. Mayotte a voté pour la France. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'est pas un droit à géométrie variable.

On ne peut pas respecter le droit des peuples qui demandent leur indépendance, quand on ne respecte pas celui des peuples qui choisissent d'être le peuple français, de rester le peuple français. Et Mayotte est française, avec une histoire singulière, unique, qu'aucune autre île des Comores n'avait avant elle, et qu'aucune autre n'a eu après elle. Si les îles des Comores ont voulu leur indépendance, qu'elles l'assument. Aujourd'hui, il n'y a aucun droit des Comoriens à vivre en France, aucun droit des Comoriens à venir en France chercher la résolution des problèmes qu'ils ne savent pas traiter eux-mêmes.

Si les Comores rencontrent des difficultés, que le gouvernement comorien traite ces difficultés. La France a déjà beaucoup fait pour aider les Comores. Il n'y a aucune raison que nous nous sentions responsables plus longtemps des difficultés que les Comores rencontrent aujourd'hui. Et je voudrais dire à mon collègue Younous Omarjee : si nous devons reconnaître à tous ceux qui ne viennent pas de France le droit de vivre en France, mais alors chers collègues, c'est la fin de notre modèle social. C'est la fin de notre État social.

C'est la fin, évidemment, de cette construction magnifique, qui fait que, la solidarité nationale fait que nous cotisons ensemble, pour soutenir ceux qui, dans notre pays, sont les plus déshérités. Si nous décidons que tout le monde a droit d'où qu'il vienne, tout le monde a droit de s'établir en France, et de bénéficier de ce pourquoi nous travaillons ensemble, alors dans ce cas-là, nous verrons se déliter notre modèle social tout entier. Et la gauche, qui y est attachée, qui se dit attachée à ce modèle social, devrait peut être regarder ce qu'il se passe ici en Europe. Ce qu'il se passe dans des pays qui depuis très longtemps incarnent la social démocratie européenne.

Dans ces pays nordiques, que sont la Suède, la Finlande, le Danemark ; qui, aujourd'hui, le Danemark, avec un gouvernement social démocrate, met en œuvre des mesures restrictives sur le plan migratoire qui sont bien plus énergiques que celles que notre propre pays est capable de mettre en œuvre.

Alors oui, je le dis très simplement : choisir de priver la France des fonds européens auxquels elle contribue largement, au motif qu'elle se préoccupe suffisamment, enfin, du droit des enfants pour vouloir faire en sorte que les enfants comoriens ne grandissent plus dans des bidonvilles, que les enfants français puissent aller à l'école normalement, c'est marcher sur la tête, pardon de le dire, et c'est rajouter à l'injustice actuelle une autre injustice, en rendant la justice impuissante et en rendant l'Etat incapable d'assurer le respect du droit, qui commence d'abord par le respect de nos frontières.

Je termine en vous disant que j'ai entendu beaucoup de cris d'orfraie de la part de nos collègues macronistes. Mais je crois qu'aujourd'hui, avec quelques jours de recul sur ce vote dont je vous parlais, il faut bien qu'ils assument leurs responsabilités. Oui, ils ont voté pour empêcher l'Europe de se protéger contre l'immigration illégale. C'est un fait. Oui, ils ont voté pour refuser les infrastructures physiques aux frontières de l'Union européenne. Oui, ils ont voté parce qu'ils ne voulaient pas que l'Europe puisse contribuer à financer des murs là ou c'était nécessaire ; et aucun d'entre nous n'a dit qu'il fallait entourer l'Europe de murs. Ils n'ont pas leur pertinence partout.

Mais là où ils sont nécessaires, il faut que l'Europe, si nous voulons agir en européen, pour parler comme le président de la République, il faut que l'Europe contribue à permettre aux pays de première entrée de se doter de ces infrastructures, pour faire en sorte que ne puissent entrer sur le sol européen ceux qui n'y ont pas été légalement autorisés. C'est un débat passionnant, parce qu'il dit tout des incohérences d'une majorité, qui recule devant ce texte en France sur l'immigration, en prétextant que c'est de la faute de la droite française. La droite française a les idées claires sur le sujet. Elle le montrera.

Nous déposerons avec notre groupe à l'Assemblée et notre groupe au Sénat une proposition de loi, et nous verrons bien qui veut aider la France à se protéger contre l'immigration illégale, qui veut rendre l'Europe plus robuste sur ce sujet décisif ? Si la majorité veut faire le contraire à Bruxelles de ce qu'elle promet à Paris, ce sera le moment de l'assumer devant les Français. Pour notre part, nous continuons de travailler sur ce sujet essentiel, et je continuerai de travailler avec nos amis mahorais pour faire en sorte que Mayotte puisse retrouver demain confiance en son avenir. La fragilité que Mayotte doit affronter aujourd'hui, c'est la fragilité de la France.

Et la France ne se relèvera pas si elle ne sait pas d'abord résoudre les problèmes que Mayotte rencontre. Mayotte, c'est la France et la France doit s'en souvenir. C'est le moment ou jamais de le montrer. Merci beaucoup, à très bientôt.