Les 4 vérités - Amélie de Montchalin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00ComplaisanteRéponse directe
Lutter contre la fraude, c'est une façon de rétablir les comptes publics. Vous rejoignez la ministre chargée des Comptes publics, A.de Montchalin. Bonjour et bienvenue.
- 0:42OuverteRéponse partielle
Vous pouvez garantir que les aides prévues par le passé aux agriculteurs leur seront versées? Elles seront versées quand?
- 1:26OuverteRéponse directe
Sans budget, qu'est-ce qui se passe?
- 2:10RelanceRéponse partielle
Pourquoi vous arriveriez là où le gouvernement précédent a échoué?
- 2:54RelanceRéponse partielle
Vous dramatisez, mais le précédent gouvernement n'a pas convaincu ni LFI, ni les socialistes, ni le RN.
- 3:37OuverteRéponse partielle
E.Ciotti a expliqué que le ministre de l'Economie avait dit que le budget Barnier était récessif. Vous êtes d'accord? Il faut le jeter au panier?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:26A.de MontchalinFait
« On peut faire des choses d'urgence mais tous les mécanismes de soutien à la trésorerie, à l'investissement, à la transmission, à l'installation de jeunes agriculteurs, ça demande un budget. »
- 2:10A.de MontchalinFait
« Il faut un appel collectif à la responsabilité de toutes les forces politiques. Il y a eu la censure. Certains ont voulu bloquer. »
- 3:37A.de MontchalinFait
« Je laisse E.Ciotti à ses discussions sur les réseaux sociaux. Il va venir au ministère. »
- 4:20A.de MontchalinFait
« Le texte sur la table a été censuré pendant qu'on consultait les forces politiques. On va mettre sur la table un budget différent, par définition. »
- 4:20A.de MontchalinFait
« D'ici 2029, il faut être revenus à 3 % de déficit, mais pas parce que c'est une idéologie. »
- 5:42A.de MontchalinChiffre
« On vise à rattraper l'impôt sur les sociétés qui n'a pas été payé par les grandes entreprises en 2023 et 2024 pour des raisons complexes. Il y a un rattrapage nécessaire. Un impôt exceptionnel va avoir lieu. »
- 7:45A.de MontchalinFait
« Ce qui rend les Français défiants de cette hausse, c'est de se dire que certains n'en payent pas. Il y a les fraudeurs et les trafiquants. Ma main ne tremblera pas. »
- 8:29A.de MontchalinFait
« On ne va pas privilégier la hausse de la TVA ou la création d'impôts à toute vitesse. »
- 9:03A.de MontchalinPromesse
« Ce sera cette semaine. On commencera le travail parlementaire mi-janvier. »
Temps de parole
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Lutter contre la fraude, c'est une façon de rétablir les comptes publics. La transition est toute faite pour les 4 Vérités. - F.Flament: Et je m'en charge! Vous rejoignez la ministre chargée des Comptes publics, A.de Montchalin. Bonjour et bienvenue. - J.Arnaud: Bonjour, madame la ministre. Merci d'être avec nous. - A.de Montchalin: Bonjour. - J.Arnaud: Une 1re interview dans "Le Parisien" ce matin. On va aller plus loin. On espère que vous donnerez des précisions sur le projet de budget. Un mot de la situation des agriculteurs. Ils sont mobilisés. Il y a des tentatives de blocage. Vous pouvez garantir que les aides prévues par le passé leur seront versées? Elles seront versées quand?
- A.de Montchalin: Ce que je peux garantir, c'est que le gouvernement, avec la ministre de l'Agriculture, la 1re mesure prise, après notre installation, et c'est le 1er communiqué que j'ai signé au ministère avec le ministre de l'Economie et des Finances, c'est pour les agriculteurs. Dès que le budget sera voté, on mettra en oeuvre toutes les mesures, que ce soit sur la transmission, les vaches laitières, le GNR, les aides négociées depuis plusieurs années. Certaines pourraient tarder à être mises en oeuvre. Les agriculteurs nous disent qu'ils sont comme beaucoup de Français: dans l'attente.
Ils voient l'urgence et l'attentisme créés par la censure et l'absence de budget. - J.Arnaud: Sans budget, qu'est-ce qui se passe? - A.de Montchalin: On peut faire des choses d'urgence mais tous les mécanismes de soutien à la trésorerie, à l'investissement, à la transmission, à l'installation de jeunes agriculteurs, ça demande un budget. Dès ce matin, avec E.Lombard, nous recevrons les forces politiques, parce que nous devons trouver un compromis pour avoir le plus vite possible un cadre qui redonne un cap aux Français. Les agriculteurs et les patrons de PME... Tout le monde attend. Ca a une conséquence sur l'économie. Plus on attend et plus ce sera difficile. C'est pour ça qu'on veut agir vite et bien. - J.Arnaud: Les consultations commencent ce matin.
C'est pour ça que vous êtes avec nous. Ca commencera par le MoDem tout à l'heure. On va entrer dans le détail. Pourquoi vous arriveriez là où le gouvernement précédent a échoué? - A.de Montchalin: J'ai le devoir de réussir pour les Français, les agriculteurs, tout le monde. - J.Arnaud: L.Saint-Martin aussi avait le devoir de réussir. - A.de Montchalin: Il faut un appel collectif à la responsabilité de toutes les forces politiques. Il y a eu la censure. Certains ont voulu bloquer. Certains ont pensé que ça donnerait des solutions au pays. Depuis 6 jours, nous n'avons pas de budget en France. Je crois que beaucoup de Français et de responsables politiques voient que nous avons besoin d'un sursaut collectif. Si on est responsable, vouloir jouer politiquement
la carte de l'immobilisme, le blocage, la rupture avec la vie concrète, c'est être déconnecté. Je suis convaincue fondamentalement... - J.Arnaud: Vous dramatisez, mais le précédent gouvernement n'a pas convaincu ni LFI, ni les socialistes, ni le RN. - A.de Montchalin: Je regarde le sens des responsabilités des parlementaires. Je le dis avec lucidité. Je suis convaincue que nous avons la capacité de trouver une majorité de députés qui considèrent que leur devoir est de soutenir un budget. Ce sera un budget de compromis. Ce ne sera pas le budget de la droite, du centre, du gouvernement ou de la gauche. C'est le budget du pays dont nous avons besoin maintenant.
- J.Arnaud: E.Ciotti a expliqué que le ministre de l'Economie avait dit que le budget Barnier était récessif. Vous êtes d'accord? Il faut le jeter au panier? C'est la base de vos discussions? - A.de Montchalin: Je laisse E.Ciotti à ses discussions sur les réseaux sociaux. Il va venir au ministère. La 1re décision prise... On part des textes qui sont sur la table pour aller vite, mais nous sommes lucides. Le texte sur la table a été censuré pendant qu'on consultait
les forces politiques. On va mettre sur la table un budget différent, par définition. - J.Arnaud: L'objectif de M.Barnier, c'était 5 %. Ce sera un peu au-delà? On a eu un chiffre de 5,4 dans la presse. - A.de Montchalin: Il y a le budget 2025, mais il y aura des efforts à faire en 2026, 2027 et 2028. D'ici 2029, il faut être revenus à 3 % de déficit, mais pas parce que c'est une idéologie. Nous avons pu faire face aux crises car nous avions assaini les finances. Nous l'avons déjà fait. Il faut refaire ces efforts pour que le jour où une nouvelle crise arrive, nous puissions y faire face. On va présenter des mesures d'économies, oui, parce que notre boussole, c'est que la solution, ce n'est pas de taper sur le pouvoir d'achat des Français.
La solution, ce n'est pas des impôts sur les classes moyennes. La solution est de faire des économies pour rendre l'argent public efficace partout, ligne par ligne, politique par politique. Vous avez des tonnes de gens respectables, au Parlement, aux ministères, qui font des rapports toute l'année. - J.Arnaud: On l'entend sans arrêt. C'est le problème. - A.de Montchalin: On n'a pas le choix. On n'a pas le luxe d'attendre. On doit et on peut faire des économies. On peut faire plus. - J.Arnaud: On va entrer dans le dur, si vous le voulez bien.
D'abord, les recettes et les impôts. Il y aura des contributions exceptionnelles pour les grandes entreprises? On ira au-delà pour les autres entreprises? Il y aura des charges, notamment? - A.de Montchalin: On vise à rattraper l'impôt sur les sociétés qui n'a pas été payé par les grandes entreprises en 2023 et 2024 pour des raisons complexes. Il y a un rattrapage nécessaire. Un impôt exceptionnel va avoir lieu. On va le mettre en place. Il y a aussi des propositions sur les hauts revenus. Ma conviction, c'est qu'on ne veut pas créer
de nouveaux impôts, mais tout le monde doit payer sa part pour les hauts revenus. Ma conviction est partagée par tout le monde. Pour que le système fonctionne, il faut payer les impôts qui sont sur la table. L'optimisation fiscale n'est pas illégale, mais la sur-optimisation... Il faut potentiellement pouvoir changer les règles pour vérifier que tout le monde paye sa part juste d'impôts. On travaille en détail. J'ai une conviction, que la sur-optimisation fiscale... - J.Arnaud: Sur quels produits financiers? - A.de Montchalin: Avez-vous payé les impôts que payent les autres Français, si vous payez des impôts? Si ce n'est pas le cas, vous payez la différence. - J.Arnaud: Les niches fiscales?
- A.de Montchalin: Oui, mais aussi parce qu'il y a des holdings, des montages complexes... On veut lutter contre ça. On veut lutter plus massivement contre la fraude. Il y a un sujet où il y a majorité au Parlement, sans chercher des consultations compliquées. C'est la lutte contre la fraude et la sur-optimisation fiscale. Dans les prochaines semaines, je prendrai un plan d'action concret, ambitieux. Les parlementaires ont beaucoup travaillé. Je veux m'assurer
que tout le monde paye. Ce qui rend les Français défiants de cette hausse, c'est de se dire que certains n'en payent pas. Il y a les fraudeurs et les trafiquants. Ma main ne tremblera pas. Il y a des accords transpartisans au Parlement sur ces sujets. J'ai cherché des majorités. - J.Arnaud: Ce week-end, on a cru comprendre que les 2 jours de carence pour la fonction publique ne seraient pas confirmés. Ce sera fait? - A.de Montchalin: Chaque ministre a une mission: contribuer au rééquilibrage des comptes. Soit c'est de nouvelles recettes... On veut protéger le pouvoir d'achat. Ce n'est pas la piste privilégiée.
On ne va pas privilégier la hausse de la TVA ou la création d'impôts à toute vitesse. Chaque ministre a sa responsabilité. Qu'est-ce qu'on peut faire sur les recettes à la marge, mais aussi en économie? Chaque ministre va présenter sa copie. Ce n'est pas dans mon bureau que je vais rayer d'un trait de plume telle ou telle politique. - J.Arnaud: Il nous reste peu de temps. Quel est le timing? Quand va arriver le budget? - A.de Montchalin: Je vais consulter les forces politiques. La santé finira l'année 2024 avec un déficit de 15 milliards. Ce n'est pas moins important que le budget de l'Etat. Là aussi, on travaille.
Ce sera cette semaine. On commencera le travail parlementaire mi-janvier.
Amélie de Montchalin