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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 27 novembre 2025 24 min

Hervé Marseille : « Un service militaire c’est du temps et de l’argent, on n’a ni l’un ni l’autre »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Hervé Marseille. Bonjour. Merci beaucoup d'être l'invité de cet entretien. Vous êtes sénateur des Hauts-de-Seine, président du groupe Union Centriste et président de l'UDI. Tout ça. Merci beaucoup d'être avec nous pendant 20 minutes. On est ensemble pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien.

0:29
Invité

Bonjour Yann. Bonjour messieurs sénateurs.

0:32
Présentateur

Hervé Marseille, sans grande surprise, député et sénateur hier soir ont donc échoué à trouver un compromis, un accord sur le budget de la Sécurité sociale. Est-ce que vous pensez pouvoir aboutir à un texte final ?

0:44
Hervé Marseille

Sur le PNFSS ?

0:45
Présentateur

Oui, sur le budget de la Sécurité sociale.

0:48
Hervé Marseille

Écoutez, il n'y a pas de mystère. Tout le monde savait quand même qu'il y avait assez peu de chances pour qu'on trouve un compromis sur le budget social à cause notamment du problème des retraites.

1:00
Présentateur

Mais ça veut dire que vous n'en trouverez pas même après la nouvelle lecture ?

1:02
Hervé Marseille

Écoutez, l'Assemblée nationale va chercher un compromis. Bon, il n'est pas impossible qu'il le trouve parce que, je vais dire, le budget social, c'est la mère de toutes les batailles pour la suite. Parce que le dialogue entrepris pour trouver des compromis avec les socialistes, c'est-à-dire la stabilité, il tient beaucoup à cette affaire de retraite qui est le totem voulu par la gauche. Donc s'il n'y a plus les retraites, il n'y a pas grand-chose. Donc je pense qu'à l'Assemblée, le gouvernement va faire beaucoup pour aboutir.

1:42
Invité

Monsieur Marseille, c'est vrai qu'on est presque surpris parce que le Sénat qui était terre de compromis de manière traditionnelle, on a l'impression qu'il a perdu cet esprit-là au profit de l'Assemblée nationale où là, on essaye de trouver un compromis. Ça y est, la balle a changé de plan.

2:00
Hervé Marseille

– C'est un peu audacieux parce qu'à l'Assemblée, bon, ils ont vendu les meubles, les bijoux, ils sont prêts à hypothéquer la maison. Je veux dire…

2:10
Présentateur

– Oui, mais le camp gouvernemental cherche un compromis.

2:13
Hervé Marseille

– Oui, d'accord.

2:14
Présentateur

– Est-ce que là, par exemple, les députés UDI, ils vont voter pour ou s'abstenir sur la suspension de cette réforme ?

2:21
Hervé Marseille

Écoutez, les députés, ils feront ce qu'ils ont à faire. – Vous êtes président du Parc ? – Oui, d'accord, mais enfin, il y a le respect des votes à l'Assemblée.

2:31
Présentateur

– Vous comprendrez qu'ils votent cette suspension au nom du compromis ?

2:34
Hervé Marseille

– Encore une fois, trouver des compromis, c'est important puisque si on veut pouvoir tenir, il n'y a pas de majorité, donc il faut discuter soit avec le Front National, l'Assemblement National, pardon, soit avec les socialistes. À l'évidence, c'est avec les socialistes que ça se fait, bon, mais pas à n'importe quel prix. Moi, ce qui me gêne, ce n'est pas qu'on travaille avec les socialistes, encore une fois, c'est indispensable. Le problème, dans un compromis, c'est qu'on est deux. Moi, je vois bien ce qu'ils demandent, je vois bien ce qu'ils exigent, je vois bien ce qu'on leur donne, mais je ne vois pas très bien ce qu'ils apportent, à part des menaces et toujours plus.

3:09
Invité

– Le gouvernement a trop cédé, en fait, c'est ce que vous dites.

3:12
Hervé Marseille

– Il faudrait qu'on sache clairement ce que fait chacun et que l'opinion, de toute façon, soit informée de ça, parce que justement, dans un compromis, on est obligé de faire des concessions. Et donc, c'est normal qu'on le fasse devant l'opinion et qu'on dise, écoutez, nous, on n'est pas pour telle et telle chose, mais on le fait au prix du compromis. Donc, c'est ça qui est gênant.

3:31
Invité

– Mais M. Marseille, excusez-moi, je réinsiste sur la question d'Oriane. Est-ce qu'au final, là où on en est, on est dans un tour de chauffe ou bien on va vers l'impasse ?

3:42
Hervé Marseille

– Non, encore une fois, chaque jour suffit sa peine. Nous, on a, j'allais dire, imprimé notre marque sur le budget.

3:51
Invité

– Oui, ça, on l'a vu. – Bon. – Vous êtes revenu sur beaucoup des décisions qui ont été adoptées à l'Assemblée nationale ?

3:59
Hervé Marseille

– C'était leur position, nous, on a la nôtre. Bon, maintenant, ça repart à l'Assemblée nationale. Bon, on va voir ce qu'ils font de ce budget social. Moi, je suis, j'allais dire, raisonnablement optimiste parce que je vois bien que tout le monde va faire ses meilleurs efforts pour qu'on obtienne un budget social parce que sinon, il n'y a plus rien. Donc, le budget social, voilà, quand ça va revenir au Sénat, il y a des fortes chances pour que nous, on fasse une question préalable, c'est-à-dire qu'on ne discute pas de budget et que ça termine comme ça. En revanche, après…

4:33
Présentateur

– Donc, il n'y aura pas de nouvelles discussions au Sénat ?

4:34
Hervé Marseille

– Non, je ne pense pas. On ne l'a jamais fait les années précédentes non plus. – Oui.

4:39
Présentateur

– Non, non, pardon, Julien, juste du coup, sur le budget, l'examen commence cet après-midi dans l'hémicycle du Sénat. Le budget, là, dans quel état d'esprit vous l'abordez ? Est-ce que vous êtes plus enclin au compromis que vous ne l'avez été sur le budget de la Sécurité sociale ?

4:54
Hervé Marseille

– Non, mais il n'y a pas de blocage, simplement. Je veux dire, les députés, ils ont fait, on va dire, quelques impôts. Ils se sont lâchés. Vous allez me dire, c'était la première lecture. On était entre 30 et 40 milliards d'impôts. Pardon, pardon du peu. Bon, donc, nous, à l'évidence, on sait très bien que le Sénat souhaite limiter les prélèvements et les impositions, souhaite dégager des économies, parce qu'on a oublié quand même qu'on était très endettés. 3 500 milliards et ça continue tous les jours. Il faudra un jour peut-être commencer à s'occuper, à faire des économies. Je rappelle qu'on doit essayer d'aboutir à 3 % en 2029 du PIB.

5:39
Invité

– Mais on a bien compris, M. Marseille, que vous allez limiter ce que la droite sénatoriale appelle le hold-up fiscal. – Mais à quel étiage vous pouvez imaginer de vous accorder avec les députés ?

5:52
Hervé Marseille

– Écoutez, on va, nous, imprimer notre marque, là encore, sur le budget, avec les lignes qui sont les nôtres. Et puis, ensuite, on verra bien en CMP. Moi, je pars, pour ce qui est de mon groupe, on part avec un esprit ouvert. – Mais là, elle pourrait être conclusive, la CMP ? – Écoutez, on verra. On n'a pas encore commencé. – Parce que bon, celle du budget de la Sécur… – Rien n'avait déjà qu'on soit à la CMP, à Noël…

6:18
Présentateur

– Celle du budget de la Sécurité sociale, on a compris assez vite que ce n'est pas concluif.

6:22
Hervé Marseille

– Non, mais comme il y a des nouveautés tous les jours, pardon du peu, mais il faut avancer step by step. Hier, on nous vend un grand emprunt.

6:31
Invité

– J'allais vous interroger là-dessus, M. Marseille. Excusez-moi, mais justement… – Transition. – Merci, merci de faire notre travail, M. Marseille. – Oui, mais justement, les sénateurs socialistes, vous l'avez dit, ont déposé trois amendements pour proposer l'idée d'un emprunt obligatoire sur les plus riches. Alors, un emprunt non rémunéré, un taux zéro. Qu'est-ce que ça vous inspire, cette mesure ?

6:53
Hervé Marseille

– Pas grand-chose. Le truc s'est baladé hier après-midi. Vous dites que les sénateurs socialistes ont déposé. Alors, comme dirait les enfants, on va faire comme si c'était les socialistes qui l'avaient déposé. – C'est-à-dire ? – C'est-à-dire ? – C'est écrit ailleurs. L'amendement, il s'est baladé dans plusieurs groupes. – Matignon ? – Il s'est baladé dans plusieurs groupes. Et c'est les socialistes qui ont décidé de le déposer. Bon, ils ont le droit. Ça, tout à fait légitime. Bon, quand on a lu…

7:24
Invité

– C'est pas sérieux, c'est ça que vous dites ?

7:25
Hervé Marseille

– Non, mais attendez, même Roland Lescure a exprimé son refus. – Oui.

7:31
Présentateur

– Moins votre bréjons, il y a un peu aussi la dissonance au sein du gouvernement.

7:36
Hervé Marseille

– Parce qu'elle est plus centriste. Et donc, c'est… Et comment dire ? C'est une imposition supplémentaire. On vous dit… On s'inspire de Mont-Roy 83. – 83, oui. – Voilà. Qui marque quand même la faillite de la politique socialiste. – Et c'était rémunéré. – C'était rémunéré à l'époque. – C'était rémunéré à l'époque. Là, c'est gratos. On vous dit… On vous prend de l'argent. Faites-nous confiance. – Mais on vouleront. – Je n'arrive que le mot. – On vouleront. – On vous le rend dans 5 ans. Tu parles. Moi, je serais légitimement inquiet. Voilà. C'est 20 000 foyers fiscaux pour trouver 5 à 6 milliards. Vous voyez à peu près ce que ça fait à chaque fois. Et on vous dit… Vous inquiétez pas.

Vous retrouverez vos sous dans 5 ans. Quelque chose me dit que ça rend méfiant. Et donc, il n'y a pas grand monde. Il n'y a pas grand monde, y compris au gouvernement, pour soutenir la démarche. Donc, je ne vois pas un prolongement lointain.

8:34
Invité

– Un coup de bâton dans l'eau. Vous, en tout cas, du côté des groupes centristes, il n'y aura pas de soutien ou il n'y a pas vraiment d'intérêt pour cette mesure ?

8:43
Présentateur

– Hier, devant les sénateurs, le Premier ministre a annoncé suspendre la hausse de la taxe foncière. Est-ce qu'il a eu raison de le faire ?

8:49
Hervé Marseille

– Oui. Vous savez, c'est un vieux sujet. C'est un serpent de mer, la taxe… Les valeurs locatives, ça date des années 50. Et depuis, tout le monde a tourné autour en disant comment on fait pour sortir de ce machin. Pourquoi ? Parce que les valeurs locatives, à cette époque, on a pris les éléments de confort, comme on dit. Est-ce que vous avez un balcon, des commodités, etc. Ce qui était neuf, évidemment, a été tarifé à haut niveau. Et après la guerre, puisqu'on était peu de temps après la dernière guerre, il y avait des pavillons, des maisons anciennes, même des vieux immeubles où on considérait qu'il n'y avait pas beaucoup d'éléments de confort.

Mais depuis, tout ça a considérablement évolué. – C'est devenu la norme. – Considérablement. Le social, par exemple, qui était tout neuf, avait des valeurs locatives assez hautes parce que vous construisez des immeubles neufs…

9:41
Présentateur

– Mais est-ce que vous, qui défendez les collectivités, qui défendez les maires, renoncez à cette hausse ? Ce n'est pas de l'argent au moins pour les communes ?

9:47
Hervé Marseille

– Non, ça existe toujours. C'est simplement le mode de calcul qui va évoluer. Je pense que le Premier ministre a senti le danger. Il a vu la difficulté. et donc créer des concertations et dire on se met autour de la table pour travailler sur un mode de calcul beaucoup plus partagé.

10:05
Invité

– Plus local. Il parle de calcul, voire même commune par commune. Est-ce que ce n'est pas une manière aussi de redonner les clés financières aux communes ? Ce qu'elle réclame énormément.

10:14
Hervé Marseille

– Le Premier ministre hier a dit avec justesse qu'on ne pouvait pas avoir une vision nationale parce que quand on est dans une petite commune dans le nord de la France, on n'est pas en Côte d'Azur ou dans une station de montagne. Il faut regarder ça à l'aune de la valeur des immeubles, de leur niveau, etc. Mais c'est une vieille affaire. Et il faut en sortir. Donc je pense que cette concertation, c'est positif.

10:43
Présentateur

– Plus largement sur les textes, Sébastien Lecornu a affirmé de nouveau qu'il y avait une majorité pour voter les budgets. Vous la trouvez où la majorité ?

10:51
Hervé Marseille

– Il y a des majorités puisqu'il y a des textes votés. Mais c'est des majorités alternatives. Je veux dire, une fois, c'est le RN qui vote avec les filles et je ne sais qui d'autre, etc. Ça tourne en fonction des sujets. Bon, c'est comme ça. C'est les Français qui ont voté pour des députés. Et il se trouve qu'on a des blocs très segmentés à l'Assemblée nationale. Ce qui n'est pas le cas au Sénat, c'est comme ça. Donc je pense que dans l'intérêt du pays, on peut essayer de trouver des formules, effectivement. Je pense et j'espère qu'ils le trouveront sur le budget social. – Mais est-ce qu'aujourd'hui, le problème,

11:30
Présentateur

il ne vient pas principalement du camp gouvernemental ? – Qui n'est pas avoir de critique envers les textes du gouvernement, les textes budgétaires.

11:37
Hervé Marseille

– Qu'est-ce que vous appelez le camp gouvernemental ? – Horizon, renaissance, parfois aussi le modem. – Oui, vous êtes généreuse. Parce que quand même, tout ça, c'est toujours pareil. On a eu l'occasion, y compris sur ce plateau, d'en parler plusieurs fois. Il n'y a jamais eu de pilotage, jamais. Il n'y a jamais eu de pilotage de ce qu'on appelle le bloc central. Il y avait un bloc central, c'est comme ça. Et ce bloc, il travaille sur le plan parlementaire et gouvernemental. Mais il n'y a jamais eu de pilotage politique. Il n'y a jamais eu… Michel Barnier n'a jamais fait de réunion. François Bayrou a fait deux réunions, c'est-à-dire des présidents de partis.

Je parle des partis, je ne parle pas des groupes parlementaires. C'est-à-dire avec Édouard Philippe, Gabriel Attal, etc. – Et Sébastien Lecornu ? – Sébastien Lecornu avait commencé à le faire. Jusqu'au moment où, fatalitas, il y a eu son premier gouvernement et vous savez ce qui s'est passé. C'est-à-dire qu'il y a eu beaucoup de mauvaise humeur sur la méthode et sur la découverte… – De quelques noms. – De quelques noms, d'un gouvernement qui ne comprenait pas nécessairement, qui n'est pas le reflet de ce que souhaitaient les uns et les autres. Donc, il n'y a pas de pilotage. Regardez les municipales, ce n'est pas préparé.

Vous avez des candidatures, regardez Paris, regardez Strasbourg, regardez ici…

13:00
Présentateur

– Donc, il n'existe plus, ce qu'on appelait le socle commun, le bloc central,

13:04
Hervé Marseille

il n'existe plus politiquement ? – Il existe géographiquement, si je puis dire, à l'Assemblée, puisque entre le RN 143 députés avec Ciotti et la gauche, il y a un espace central.

13:17
Présentateur

– Oui, mais qui n'est plus une entité politique, comme ça a été le cas. Ce qu'on avait appelé ensemble, ça n'existe plus.

13:23
Hervé Marseille

– Ça existe, puisqu'il y a des groupes… – Oui, il n'y a pas de chef, c'est ce que vous nous dites. – Ce n'est pas coordonné.

13:26
Présentateur

– Il n'y a pas de chef de cette majorité, si on peut appeler ça une majorité.

13:28
Hervé Marseille

– Il y a des chefs par section, c'est-à-dire que vous avez Édouard Philippe avec Horizon, vous avez François Bayrou et le Modem, vous avez Gabriel Attal avec Renaissance.

13:38
Présentateur

– Et vous, vous vous sentez encore appartenir à ce camp ?

13:40
Hervé Marseille

– Bien sûr, parce que de facto, il y a un espace. Est-ce que vous croyez franchement pour l'avenir et même pour les municipales qu'on peut se satisfaire d'avoir des groupes qui individuellement n'ont pas vocation à prospérer ? Regardez les études d'opinion, ça vaut ce que ça vaut. Vous avez Édouard Philippe qui est un peu en dehors du panier, si je puis dire, parce qu'il y a entre 15 et 17% d'opinions qui estiment que, voilà. Mais tous les autres sont en dessous de 10.

Si les gens ne se mettent pas ensemble, ce que vous croyez franchement est une capacité à prospérer, et donc quelque part, il y a quelque chose d'assez urgent à faire, c'est de mieux coordonner l'action de cet espace central pour les municipales, pour l'action parlementaire et pour l'avenir.

14:32
Invité

La première conséquence que ça pourrait avoir, c'est en effet le non-vote du budget. Vous le rappeliez, vous, tel que vous voyez les choses, est-ce qu'on part tout droit vers une loi spéciale sur le budget ? Ou est-ce qu'il faut réintroduire le 49-3 comme le suggère l'ancien président de la République, François Hollande ?

14:53
Hervé Marseille

La Constitution, elle a le mérite d'avoir des outils, de présenter des outils pour répondre aux situations. Parfois, c'est un peu compliqué, parce que, comme les ordonnances, par exemple, ça n'a jamais été utilisé. Mais il y a des outils. La loi spéciale, ça a déjà été utilisée. Moi, je vous dis, je pars avec l'idée qu'on peut essayer de trouver des solutions. Et en particulier, on peut faire, j'allais dire, un coût inconvénient-avantage de ce que serait la loi spéciale. Si vous dépassez les délais, tout à l'heure, sur ce plateau, on disait pour le PLFSS, budget social, il ne faut pas dépasser le 12 à l'Assemblée nationale. C'est le délai constitutionnel.

Bon, et c'est le 23 pour le budget général à l'Assemblée. Si les députés n'arrivent pas à solutionner des affaires budgétaires dans les délais, on tombe, article 47, soit en loi spéciale, soit en ordonnance. J'ai cru comprendre que le gouvernement privilégiait, dans cette malheureuse hypothèse, la loi spéciale. Mais ça coûte cher. Ça veut dire qu'il va falloir rediscuter. – 12 milliards l'année dernière. – Oui, il va falloir rediscuter en plein vœu, trois semaines avant les municipales, dans la joie et la félicité. Les gars, ils vont remonter à Paris et la fleur au fusil.

Donc, voilà, à un moment donné, il faut aussi que les parlementaires se posent la question de savoir si le pays mérite mieux et qu'on essaie de trouver des solutions avant. Donc, voilà, moi, je n'exclus rien. S'il faut faire des efforts, il faudra les faire. Mais il faudra regarder le prix de tout ça. Et il y a des lignes. On peut aller au compromis, mais pas à n'importe quel prix.

16:47
Invité

– Le compte n'y est pas pour l'instant. C'est ce que vous dites.

16:49
Présentateur

– Un mot sur un sujet d'actualité aujourd'hui, Julien, c'est le service militaire.

16:52
Invité

– Oui, tout à fait. Le président de la République se rend ce matin à Vars, dans l'Isère, pour évoquer très probablement le retour d'une forme de service militaire qui serait volontaire pour les plus de 18 ans et rémunéré. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée pour reconstruire la cohésion nationale ?

17:15
Hervé Marseille

– Ça me rappelle des vieux souvenirs, puisque j'ai eu la chance de faire mon service militaire, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. – Je trouve que c'est vrai. – Les moins de 30, là. – On parle de cohésion nationale, le besoin de faire nation, comme on dit aujourd'hui, de rassembler des gens qui viennent d'horizons très différents, de communautés très différentes, avec des croyances différentes des milieux sociaux. Pourquoi pas ? Après, il faut bien préparer, parce que d'abord, ça coûte cher.

17:47
Invité

– Oui, alors, je vais vous poser la question. Il y a une note du Haut-Commissariat au Plan qui parle, qui fait un scénario à 70 000 jeunes qui devraient être dans ce service. Ça coûterait 1,7 milliard par an. Est-ce qu'on a seulement les moyens de rebâtir ce service militaire ?

18:04
Hervé Marseille

– Alors d'abord, on dit que c'est entre 10 et 50 000 qui pourraient être… – Oui, c'est progressif. – Après, c'est qui ? Parce que c'est des volontaires, mais des jeunes hommes, des jeunes femmes ? – Les deux. – Les deux. Donc, ça suppose quand même une organisation. Comment on fait ? Parce qu'on est dans l'armée de métiers, c'est-à-dire très technicisés. Quelles vont être les tâches et le sens de leur action ? Comment tout ça va s'organiser ? Ça prend du temps et ça coûte cher. Or, on n'a ni temps, ni argent. Donc, l'intention, pourquoi pas ?

Mais ça suppose, si on ne veut pas faire d'erreur, de ne pas se précipiter, que ça devienne quelque chose de purement médiatique et que ça soit une bulle.

18:46
Invité

– Comme les CEDU, comme le service national universel.

18:50
Hervé Marseille

– Qui avait une vocation plutôt d'insertion professionnelle et sociale. Donc là, quel va être le sens ?

18:56
Invité

– C'est pour répondre aux besoins opérationnels des armées.

18:59
Hervé Marseille

Dixit encore une fois l'Élysée. – Mais si c'est pour faire chauffeur ou balayeur, je veux dire, voilà. Je prends ça en plaisantant. Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut donner du sens à tout ça. Est-ce que c'est vraiment des jeunes qui vont être formés pour avoir une action, j'allais dire, de complément à l'action de l'armée, d'être inclus dedans ou c'est simplement périphérique ? C'est quoi le sens de tout ça ? Mais sur le principe, moi je suis plutôt favorable à l'idée parce qu'effectivement, on a besoin d'avoir des lieux qui soient des creusets pour rassembler un peu les jeunes. Et c'est vrai qu'on n'a pas trouvé mieux jusqu'à présent.

19:39
Présentateur

– Un mot sur un rapport rendu cette semaine par la droite sénatoriale pour lutter contre l'antrisme islamiste. Parmi les propositions, il y a l'interdiction du voile aux mineurs, l'obligation de neutralité religieuse pour les élus. Vous êtes d'accord avec ces propositions ?

19:52
Hervé Marseille

– Oui, il y a des propositions, il faut faire un choix là-dedans. C'est le groupe LR qui fait ça. Je n'ai pas une obsession, je veux dire, tous les matins. – Oui ? – Non, je veux dire, voilà, simplement on sait qu'il y a des sujets. Il faut les traiter. Bon, après, il faut donner à ce traitement, j'allais dire, la mesure nécessaire, quoi.

20:18
Invité

– Non, mais s'il y a vote sur l'interdiction du voile pour les accompagnatrices scolaires ou pour les jeunes de moins de 16 ans, l'interdiction du jeune aussi, pour les jeunes filles de moins de 16 ans, ça, vous voteriez ?

20:35
Hervé Marseille

– Non, on va regarder les mesures, on n'en a pas encore parlé avec mon groupe, mais si ça devait intervenir, on regardera les mesures qui méritent, à nos yeux, d'être soutenues et celles que nous ne soutiendrons pas.

20:47
Présentateur

– Mais l'interdiction du voile aux mineurs, vous soutenez, vous ne soutenez pas ?

20:50
Hervé Marseille

– Je veux dire, encore une fois, il faut voir les conditions, ça s'étudie, on ne peut pas dire oui ou non comme ça. Simplement, comme vous le savez, notre collègue chez nous dans le groupe, Nathalie Goulet, a beaucoup travaillé sur ces sujets, mais surtout sur la traçabilité, sur le blanchiment pour les écoles. – Oui, il y a beaucoup de mesures autour de ça aussi. – Parce que…

21:09
Invité

– C'est ingérance étrangère. – Voilà, il ne s'agit pas de stigmatiser tel ou tel, il s'agit… – Ça risque de stigmatiser ça, voire même de contribuer à la fragmentation que le groupe LR entend résoudre.

21:23
Hervé Marseille

– Non, mais on ne peut pas résumer les problèmes uniquement avec ces textes de loi, en mélangeant tout, émigration, islamisme, etc. Donc c'est pour ça qu'il faut rester prudent. Nous, on a beaucoup travaillé…

21:39
Présentateur

– Vous dites que ce n'est pas mesuré, ces propositions, on n'est pas dans la demi-mesure ?

21:42
Hervé Marseille

Il faut, pour nous, essentiellement, travailler sur tout ce qui est blanchiment. Il y a eu des problèmes, l'école Averroès, etc. D'écoles… Regardez, toutes les écoles ne sont pas soumises à critiques, mais il faut rester prudent là-dessus. Dans mon département, le préfet a fait fermer plusieurs écoles, pour des raisons très motivées. Donc je pense que le blanchiment, le cadre d'organisation de l'enseignement, etc. sont très importants. Après, il peut y avoir des mesures. Par exemple, ce qu'avait fait Gabriel Attal sur la baïa, ça a été respecté.

22:16
Présentateur

– Dernière question vous concernant, Iré Marseille, est-ce que vous êtes candidat à votre succession à la tête de l'UDI ?

22:22
Hervé Marseille

– Oui, le 6 décembre, oui.

22:23
Présentateur

– Vous serez reconduit ?

22:24
Hervé Marseille

– Comment ?

22:25
Présentateur

– Vous serez reconduit, vous serez réélu ?

22:26
Hervé Marseille

– Je vais être face à moi-même, donc je m'interroge.

22:29
Présentateur

– Est-ce que les LR aujourd'hui sont encore des alliés de l'UDI ou est-ce que Bruno Retailleau est trop à droite ?

22:36
Hervé Marseille

– Non, on travaille avec Bruno Retailleau, vous savez, on a des différences à l'évidence. Bon, mais je veux dire, je vais revenir à ce que je vous disais tout à l'heure, on n'a pas les moyens de cultiver des différences.

22:52
Présentateur

– Donc il faut un candidat commun, qui va de où à où le candidat commun ?

22:56
Hervé Marseille

– Pour moi, il faudrait, voir le sujet différemment. Il faudrait d'abord faire le socle des valeurs, quelles sont les 5, 10, 15 propositions, lignes, et demander qui se reconnaît là-dedans pour éventuellement discuter. Moi, je ne suis pas favorable aux primaires. – Et après, on fait quoi, une primaire ? Ah, pas de primaire. – Non, non, non, non.

23:19
Invité

– On laisse tous les candidats partir

23:22
Hervé Marseille

et puis on fait le compte des sondages ? – Écoutez, il y a des évidences, on voit bien sur la ligne de départ, le nombre de gens qu'il y a. – C'est qui l'évidence ? – L'évidence, c'est l'opinion, les sondages d'opinion. À un moment donné, on se rend bien compte quand même qu'il y en a qui sont mieux placés que d'autres. – Donc Édouard Philippe ? – Par exemple, mais je ne sais pas ce qu'il sera. Vous savez, en 2017, six mois avant, vous aviez le sortant, François Hollande, et à droite, Valérie Pécresse était à...

23:56
Invité

– En 2022, Valérie Pécresse, à la même époque, a été à 19%.

24:01
Hervé Marseille

– Voilà, donc il faut rester prudent.

24:04
Présentateur

– Merci Hervé Marseille, merci beaucoup d'avoir été avec nous. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage Société Radio-Canada

24:18
Locuteur

– Sous-titrage Société Radio-Canada

Hervé Marseille : « Un service militaire c’est du temps et de l’argent, on n’a ni l’un ni l’autre » — Hervé Marseille · Pourquijevote