Aller au contenu
Tous les transcripts
interviewSciences Po Bordeaux· 14 avril 2026 86 min

Grand oral de Yannick Jadot | Les Rencontres Sciences Po Bordeaux / Sud Ouest

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:02

Donc bonjour à toutes et tous. Bonjour Yannick Jadu. Prenez un micro, tenez, vous allez être avec nous pendant 1hure et demi. Bonjour, bienvenue donc dans ces rencontres sciences pour Bordeaux Sud-Ouest à ici à Bordeaux et quelques mots pour vous présenter même si bon sur les chiquers politiques, on a aucune difficulté à vous situer maintenant avec l'expérience, il y aura pas de difficulté. sénateur écologiste de Paris. Vous avez été aussi depuis 2023, je le précise, donc vous serez pas concerné par le renouvellement des parlementaires au palais du Luxembourg en septembre prochain. Je vois Monique de Marco qui est ici sénatrice écologiste qui elle sera concernée, j'en diraiis pas plus, on sait jamais. Euh là-dessus, vous avez été député européen pendant 14 ans. [grognement] Vous avez

0:42

participé à deux élections présidentielles. La première, en 2017, vous aviez fini par vous raller à Benoît Amont et en 2022, vous avez assumé le processus jusqu'au bout en allant jusqu'au bout du premier tour avec 4,78 % des voix. Et vous avez une particularité, c'est que vous avez expérimenté un mécanique, une mécanique pardon et un processus dont on va beaucoup parler dans les prochains mois, c'est celui de la primaire. Vous en avez fait deux, vous en avez gagné deux et aujourd'hui vous en êtes revenu. Je vous conseille à toutes et tous une excellente interview dans Sud-Ouest où Yannique Jade explique pourquoi [grognement] tout ceci est aujourd'hui une paresse et on va en parler aujourd'hui. Voilà pour ces quelques mots de présentation et pour vous situer

1:18

Yannique Jadu mais simplement c'est le principe sur les ces grands contres sciences au Bordeaux Sud-Ouest. Ce sont les étudiants qui sont à la manœuvre. C'est eux qui ont travaillé ce grand entretien. Et donc en fait moi je vais leur laisser la parole tout simplement. Je vais leur passer les plats et on va commencer. avec Léa tout de suite. Ça va se passer en trois parties, une demi-heure chacune à peu près. Grosso modo comme il y a beaucoup de questions, Yan Xado, je vous encourage à être synthétique. C'est aussi une des marques de fabrique de cette maison que vous connaissez bien. Voilà. Léa, c'est à toi. Bonsoir monsieur Jado. Merci beaucoup d'être parmi nous ce soir. Tout d'abord, pour commencer ce grand oral, nous souhaitions vous demander ce qui vous a

1:55

personnellement amené à vous engager pour l'écologie bien avant que ne débute votre carrière politique et bien avant que ce sujet ne devienne préignant dans les débats. Bonsoir à toutes et à tous. Euh merci de votre invitation. Euh alors, comment je me suis engagé euh ou comment j'ai été intéressé par l'écologie ? En fait, moi je suis né à la campagne en Picardie dans un village à côté de la forêt et je crois que mon engagement écolo implicite puisqu'il était pas formalisé, c'est la nature. C'est la beauté de la nature, c'est l'émerveillement de la nature. C'est voir une harde de serre et de biches dans la forêt. C'est d'écouter les

2:39

oiseaux. C'est de faire du foot. euh sur des terrains verts euh et euh euh comme euh ma génération euh la grande équipe c'est Saint-Étienne, pardon hein pour pour Bordeaux, euh la grande équipe c'était Saint-Étienne. Euh il y a quelqu'un qui a sorti un bouquin là sur l'épopée euh 76 dont on va fêter l'anniversaire des vers. Ils sont là en finale de la la coupe des clubs champions, on disait à l'époque. Il disait pour moi l'ange vert çait d'abord été Dominique Rocheto avant d'être René Dumont. Donc c'est ça et puis c'est des lecture évidemment c'est la lecture des

3:23

racines du ciel qui est pour moi l'un des plus beaux romans écrits de Romain Garry. Je vous invite à le lire si vous ne l'avez pas lu. Et c'est l'histoire en fait d'un d'un d'une personne qui fait campagne contre le massacre des éléphants en Afrique mais il sort des camps de concentration. Et pour lui, lutter pour la protection des éléphants, cet animal inapproprié à nos modes de vie, à la réduction de la savane, de la jungle, aux cultures, il est plus gros que nous. Et ben défendre cette diversité, défendre c'est au fond défendre l'humanité. et il construit dans ce livre qui est un

4:06

magnifique livre à quel point l'humanisme sans sans l'écologie, c'est finalement ça finit toujours en dictature et donc c'est cette cette âme, ce supplément qui permet de mieux penser l'humanisme et la défense de de l'humanité. Et puis je suis parti euh travailler au Burkina Faso 2 ans avec les paysans. J'ai travaillé après 2 ans au Bangladesh avec les femmes, dans les bidonvillees et ou en grande pauvreté. Et dans ces pays-là, l'environnement, la vie dépend absolument des conditions de l'environnement. Il manque une pluie dans le Sahel et c'est ça peut être la famine ou une

4:50

pluie trop au Bangladesh. Et c'est des inondation absolument dramatique. Donc c'est tout ça qui m'a construit d'abord. Mais je voudrais dire à quel point la question du beau, la question de la beauté devrait être une question beaucoup plus forte dans nos société parce qu'il y a derrière le la beauté ou le beau une vérité, quelque chose qu'on partage et et on manque terriblement de partager des choses aussi aussi essentielles. On poursuit avec Clara. Bonjour monsieur Jadeau, merci pour cette réponse. J'aimerais continuer sur toute autre chose. En 2002, comme on l'a dit, vous avez rejoint Greenpeace France afin d'en diriger les campagnes. Dans cette organisation, vous étiez plutôt

5:34

dans une logique de militantisme et donc de confrontation. Mais aujourd'hui, en politique, vous devez négocier. Qu'est-ce qui est le plus efficace selon vous ? Les deux. Euh dans une démocratie euh il y a pas euh d'un côté euh l'activisme, le le militantisme, la revendication, la radicalité liée à à la nécessité absolue de transformer la société. On voit bien dans quel état aller. Et puis à un moment donné si on veut la transformer et ben il faut mettre en place des politiques publiques, il faut orienter les comportements et ça ça se décide pas sans celles et ceux qui vont vivre ces transformations ou qui vont les porter.

6:18

Euh aujourd'hui, on voit à quel point si quand on voit euh comment cogne le dérèglement climatique, quand on voit euh euh les injustices sociales, euh quand on voit euh euh l'affaissement euh de la démocratie, si on met pas de la démocratie partout dans l'entreprise, euh à l'université, euh à l'échelle locale de la démocratie délibérative avec les conférences de consensus, si on met pas de la démocratie absolument partout, de toute façon, la société va continuer à se crisper et ce seront les plus conseront notre pays. Et donc pour moi, à un moment donné, si on veut transformer l'agriculture, par exemple, sortir des pesticides, vous

7:02

pouvez pas le faire sans les agriculteurs. Donc il faut construire avec les agriculteurs les transitions. Il s'agit pas de lâcher la nécessité de transformation, mais plus la transformation est importante et plus vous avez besoin que les gens qui vont faire ces transformations les acceptent. Sinon, c'est la Chine ou c'est d'autres pays, mais c'est d'autres systèmes démocratiques évidemment personne ne souhaite. Et donc, il faut à la fois une démocratie fonctionne fonctionne mal s'il y a pas une une un cercle vertueux entre la démocratie participative, la je l'ai dit, la démocratie en entreprise, la démocratie délibérative, la démocratie locale et la démocratie représentative.

7:46

S'il y a qu'une des deux qui fonctionne, il y a rien qui fonctionne en fait. Et donc il faut vous transformez pas un pays sans que les citoyennes et les citoyens soient les acteurs. Voilà. Pour revenir juste pour poursuivre là-dessus sur la question de Clara entre militantisme et négociation. Si on prend Saint-Soline, vous situez comment après les événements de Saint-Soline ? Alors quels événements ? La question c'est est-ce que c'est la gendarmerie qui a ordre de tirer et qui se qui se complet dans la violence vis-àis des militants ? Est-ce que c'est la question de l'eau ? Et d'ailleurs, les tribunaux ont tranché en notre faveur en disant que ces ces mégavacines n'étaient pas nécessaires, n'étaient pas légitime, y compris au

8:31

regard du droit européen. Est-ce que c'est une forme ? Et parfois je le regrette parce que à Greenpeace, le principe de non violence est est extrêmement extrêmement important. Euh est-ce que c'est euh une forme de complaisance qu'il y a aujourd'hui euh dans le militantisme vis-à-vis de certaines formes de violence du fait [grognement] euh des reculs à tous les étages ? C'estàd qu'il y a des gens qui se disent au fond euh vos histoires de non violence, vos histoires de compromis, vos histoires politiques, aujourd'hui ça nous fait pas avancer. que on peut accepter une forme de violence dans le dans le dans dans l'engagement y compris dans la politique. Pour moi, je pense que c'est une impasse absolue mais c'est une impasse absolue. Y compris parce que

9:16

au fond votre question si vous me permettez, c'est la violence liée à Sainte Soline. C'est pas la question de l'eau liée à une situation aujourd'hui dans notre pays où on va manquer énormément d'eau et est-ce que cette eau doit être privatisé pour quelques dizaines de céréaliers de producteurs de maïs au détriment de notre consommation d'eau potable, au détriment de la nature, au détriment des conquiliculteurs, au détriment de tout le reste de la société. C'est la question au fond de la privatisation d'un bien commun et qu'elle soit que le débat se résume finalement à la violence montre en lui-même l'échec euh de l'utilisation de la violence pour pour porter un débat de manière à peu près

10:00

sereine dans la société. Merci pour la précision Léa. On poursuit un plan pardon sur un plan beaucoup plus personnel désormais. Comment est-ce que vous parvenez à concilier justement votre vie personnelle avec un engagement politique fort et une grande aussi exposition médiatique ? Alors le Sénat c'est c'est bien pour ça. Je vais vous avouer si on m'avait dit quand j'ai commencé euh ma carrière militante euh que je finis au Sénat, je l'aurais pas cru en vrai. Euh et c'est Courtois le Sénat. Euh vous ça vous a pas échappé, c'est pas l'assemblée. Euh et vous êtes dans une période où le Sénat a repris quand même beaucoup de couleurs du fait de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale. Vous êtes dans une séquence Sénat mais la

10:44

réalité puisqu'on est dans un dans un débat en toute franchise, la réalité c'est que le Parlement aujourd'hui fait quand même aujourd'hui beaucoup d'occupationnel puisque comme il n'y a pas de majorité à l'Assemblée, il y a très peu de projets de loi. Donc on travaille beaucoup hein, mais on travaille sur ce qu'on appelle des propositions de loi. Les propositions de loi, c'est ce que portent les sénateurs d'un côté ou que peuvent porter les députés. Et donc en fait souvent on travaille beaucoup sur des propositions de loi qui finissent par être voté au Sénat mais qui ne vont pas à l'assembler, qui sont pas reprises par le gouvernement. Donc tout ça, je vous rassure, ne modifiant rien votre vie, mais ça devrait pas être rassurant

11:28

à part quand c'est la loi du plan, parce que ça c'est une loi qui est allée jusqu'au bout. Donc voilà, on s'est battu mais donc voilà ça pour dire comment on travaille aujourd'hui. Après euh j'ai aussi évolué dans mon engagement, c'est-à-dire qu'effectivement pendant quelques années, c'est vrai que j'ai pas arrêté. J'ai pas arrêté. Vous citiziez 2017, donc j'ai commencé à être candidat. Après, ça a été la campagne des européennes de 2019 et puis comme on était dans une phase assez forte de l'écologie politique, ça marchait bien partout. Comme malheureusement dans

12:12

notre façon de travailler, on a quand même un défaut profond, c'est notre incapacité à avoir 10 15 porte-paroles reconnues de l'écologie politique qui se partage l'exposition médiatique, qui se partage le l'engagement. Donc pendant des années, j'ai été un peu le seul porte-voie de l'écologie politique. Donc c'est vrai que vous n'arrêtez pas. Vous ne pensez pas tous la même chose non plus ? Ouais. Non, ça c'est àquin. Ça c'est on va on va venir après. On va y venir après. Euh euh donc du coup en réalité vous faites beaucoup de médias, vous faites deux trois matinales par semaine. Moi j'étais parlementaire européen, donc c'est et je travaillais donc c'était Bruxelles ou Strasbourg. Vous faites les campagnes parce que en

12:56

France on est toujours en campagne donc c'était assez lourd. Mais maintenant quand j'ai une réunion au Sénat à 9h, je parle de chez moi en vélo à 9h moi. Donc ça change ma vie et puis je dois le dire, j'ai un peu par par désir profond rééquilibrer ma vie personnelle. Alors mes enfants m'en veulent un peu parce que maintenant qu'ils sont adultes, ils trouvent que ça a plus beaucoup d'importance que je sois moins occupé. Mais voilà, ils m'en ont voulu et puis vous voyez moins vos amis et puis vos couples sont compliqués. Clara justement, on parle du Sénat comme on l'a dit. Vous êtes sénateur de Paris depuis 2023. Pouvez-vous nous expliquer un petit peu comment s'articule une

13:40

journée type de sénateur et est-ce que vous regrettez celle d'un eurodéputé ? Alors, je l'ai dit, du point de vue de ma vie personnelle, non. J'avais besoin de de baisser et puis bon, je suis sorti d'une élection présidentielle un peu rincée. On va pas se on va pas se raconter d'histoire. C'est dur une élection présidentielle, c'est beaucoup beaucoup d'énergie. Il suffit pas de faire cinq grass mat d'affilé pour que pour pour pour se remettre d'aplon. Ça prend un an et puis bon, ça a été une déception. On va pas se on va pas se mentir, on espérait faire beaucoup plus mais c'est le système électoral français. C'est-à-dire qu'à un moment donné, le vote utile, il y en a un qui prend l'ascenseur et l'autre qui prend le toboggan. C'est comme ça. Euh, vous avez fait plus que la candidate du

14:23

Parti socialiste. Trois fois plus, énorme. Euh euh non, j'ai fait Les écologistes n'ont jamais fait autant de voix une élection présidentielle. Euh voilà. Mais on était parti pour faire vraiment pour faire vraiment autre chose. C'est comme ça. Bon, c'est pas le c'est pas forcément le thème de ce soir, mais ce que je veux dire, c'est que j'avais aussi besoin de de de prendre un peu de de souffler un peu. Alors bah typiquement là cette semaine puisqu'on a quand même eu 3 semaines de suspension pour faire les campagnes municipales. Euh là on a démarré on a moi je travaille sur notamment les aspects énergie sur les aspects logements. Donc là, on va

15:06

avoir euh on va régler le problème enfin des barrages de l'hydroélectricité dans notre pays puisque depuis bientôt 15 ans, il y a un contentieux avec avec la Commission européenne là-dessus. Donc, on va changer le statut des barrages et de DF pour être sûr que les barrages restent sous contrôle public. Ça c'est un des un des thèmes de la semaine. On a aussi un dossier sur le logement, grand sujet trop souvent tu de nos sociétés. Le logement, c'est l'intimité, c'est la dignité euh et c'est souvent le premier poste des dépenses. Et en tant qu'étudiant, vous le savez bien, les difficultés à se

15:50

loger et le coût des logements. Et en fait, étonnamment dans notre société, peut-être parce que c'est justement un sujet d'intimité, de dignité, il est pas forcément exprimé comme tel. On va parler pouvoir d'achat, on va parler facture, on va parler des difficultés de déplacement, mais pas forcément d'aborder en direct la question du logement et ça fait maintenant bientôt 10 ans qu'il y a pas eu de grande loi sur le logement. On a 3 millions de familles qui attendent un logement social, l'effondrement de la construction du logement social, l'explosion des prix des mètres carrés, que ça soit en location ou en accession à la propriété. Et donc là, on continue à travailler là-dessus. Euh quoi d'autre

16:33

? Je regarde mon équipe là. Euh on a quoi ? On va avoir la fin de vie qui a été reportée, qui devait être la semaine prochaine qui a un peu reporté parce que le Sénat est comme vous le savez est quand même assez réac euh c'est loin qu'on puisse dire. Et puis on a euh sujet qui n'est pas pour vous mais qui ça fait pas si longtemps aurait pu être pour vous qui est l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans et le débat sur l'interdiction du téléphone portable au lycée qui est un je trouve un beau sujet de société sur sur nos addictions, sur les

17:15

la façon dont un certain nombre de euh ce que d'ampoli appelle les ingénieurs du chaos organisent euh la destruction de la démocratie à leur grand profit. Là, vous avez une position arrêtée déjà sur ces questions là. Vous savez et ben, on est partagé sur ces sujets là avec Monique, on en a encore discuté mardi avec le reste du groupe parce qu'en fait un, on est tous conscients que ces algorithmes sont vérôés, qui sont construits pour nous bousiller la tête et tuer la démocratie. On le sait. Euh il y a pas besoin de voir l'image de l'élection de Trump avec tous les

17:57

les géants de la tech à côté de lui. Ils sont quand même ils sont construits autour de la euh de la contreculture. Aujourd'hui, c'est quand même la cancel culture. Ils sont néonazies, ils sont transhumanistes. Enfin, c'est vraiment bon. Bref, donc on a bien conscience que l'enjeu majeur c'est à la fois contrôler les algorithmes, les réguler, les encadrer, ce qui évidemment n'est pas facile et ça patine du point de vue de nos réglementations, de l'encadrement. Deuxièmement, à partir du moment où tout le monde utilise aujourd'hui les smartphones et les réseaux sociaux, il y a un énorme enjeu d'éducation, de réapprentissage.

18:41

C'est un peu compliqué de d'interdire le smartphone à des enfants quand vous-même vous êtes h24 dessus. Bon, donc on a tous une part de responsabilité. Mais mon avis à moi, c'est que dans des cerveaux en construction euh et ben il faut bien commencer quelque part et comme je vois pas demain l'Union européenne réguler encadrer l'ensemble des algorithmes, pour ma part, je pense que oui, il faut aller vers l'interdiction comme en Australie, comme ailleurs. Ça sera un peu contourné tout ça, mais il faut mettre un pied dans la régulation des réseaux sociaux. euh pour euh pour des cerveaux qui se construisent. Voilà. Merci pour la précision. Léa, on poursuit.

19:26

Oui. Alors, pour revenir un peu sur l'écologie, euh on aurait aimé savoir si vous aviez des habitudes écologiques que vous mettez en place dans votre quotidien et quelle est la place de la responsabilité individuelle dans la lutte pour l'écologie selon vous ? Alors, je suis venu en train et à la gare, il y avait un taxi, c'était un gros gros gros SUV. Euh euh voilà. Bon euh après euh moi j'essaie effectivement de moins prendre l'avion de temps en temps pour des raisons professionnelles. Voilà, on prend l'avion, c'est réduire notre consommation de viande. Moi je suis pas végétarien mais je consomme moins de

20:09

viande parce que l'impact de la viande est un des premiers quand même émetteur de gaz à effet de serre. Voilà. Donc il y a beaucoup de choses sur lesquelles on peut on peut agir à titre individuel. Après il faut pas se tromper. Si on fait rien individuellement, si on est prêt à rien faire individuellement, il se passera rien. Mais la la si tout le monde agissait à titre personnel de manière idéale, c'est 25 % de la solution. 75 % c'est les politiques publiques. Donc faut pas se tromper sur et quand on voit au fond dans le cycle de l'écologie

20:51

dans lequel on est euh que je décris dans mon livre, c'est-à-dire qu'en fait on a quand même beaucoup misé sur les comportements individuels, la responsabilité individuelle et chacune et chacun en a conscience et quand vous faites toutes les enquêtes, franchement les gens sont prêts à agir. Mais pour les citoyens et les citoyennes, c'est pas comme les États. Les États, si on résumait, c'est caricatural, c'est simpliste, mais c'est quand on veut, on peut en vrai. Bon, si on voulait dans notre pays faire des renouvelables plutôt que du gaz, on pourrait le faire. Bon, si on voulait accompagner la transition vers l'agroécologie, on pourrait le faire. Ça prend du temps, ça prend des moyens, mais on pourrait le faire. si on voulait rénover les logements des gens les plus en

21:34

difficulté ou euh les euh je sais pas quoi, les les lieux scolaires, on pourrait les faire. Donc c'est quand on veut pour les citoyens, à part pour une partie de la population qui au fond a les moyens de payer plus cher pour être vertueux, pour la grande partie de nos concitoyens, c'est quand on quand on peut, on veut. Si on n'arrive pas à aujourd'hui transformer nos politiques publiques et la façon dont on raconte l'écologie pour intégrer le quotidien, le vécu et le territoire, on n'y arrivera pas. Euh donc tout ça pour dire quand je

22:18

disais c'est 75 % sont des politiques publiques. Pendant longtemps, les écologistes sont les alliés de la science et on a été dans l'alerte la conscientisation de dire il faut agir tellement c'est grave et c'est une question morale avec un M majuscule. la survie de l'humanité, la survie du vivant, euh les générations futures, c'est une belle question morale. Mais reconnaissons que dans la situation d'aujourd'hui, quand la première préoccupation de nos concitoyens, c'est se loger, c'est le pouvoir d'achat, c'est se déplacer avec la guerre, le machin, le truc, la question morale ne suffit pas. La question de la responsabilisation devient trop vite une question de culpabilisation. Et ça, dès que vous

23:02

franchissez la ligne, vous passez de la responsabilité à la culpabilisation. Vous avez perdu tout le monde et puis reconnaissons qu'il faut adapter le discours écolo. Si je vous raconte comme ça euh vous êtes attentif, vous êtes là euh c'est sympa. Bon mais je vous dis euh imaginez euh je suis euh le matin à la radio et puis je vais vous dire waouh ce matin hier euh on a dépassé la 7e limite de la planète. Alors là, vous êtes en train de prendre vos petites vous dites "Werde, on a passé la 7e limite de la planète. J'ai pas bien vu la différence entre hier et aujourd'hui dans ma vie quotidienne, mais s'ils le disent, c'est grave." Bon, faites un truc entre spécialistes écolo. Personne ne sait quelles sont les neuf limites de la

23:46

planète, hein. Mais on en parle quand même. Ça dit aussi quelque chose de de notre de notre difficulté à à à raconter. Donc on a dépassé la 7e limite de la planète et puis l'enjeu quand même c'est le climat. Donc pour résoudre les problèmes du climat, on va aller vers la neutralité carbone à 2050. Mais pour aller vers la neutralité carbone à 2050, il faut réduire les les émissions de gaz à effet de serre. Donc il faudra négocier très vite au niveau européen 90 % de réduction de gaz à effet de serre d'ici 2040. Et puis vous savez pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faut s'affranchir des engrais, notamment des engrais russes. La France est le premier importateur européen d'engrais russe qui finance la guerre en Ukraine. Et on va agir sur le bâtiment,

24:29

on va agir sur les transports. Donc en fait quand vous avez raconté votre histoire, vous avez perdu tout le monde. Il y a plus personne qui vous écoute. quand vous arrivez à la question du logement, à l'inverse, si on commence à dire "Bon, en fait, on va s'occuper de votre logement, non seulement on va construire du logement social de qualité, euh on va faciliter euh le parcours résidentiel, euh on va construire des logements pour les étudiants et puis en fait, on va les rénover parce qu'en les rénovant on aide le pouvoir d'achat et ce celles et ceux qui peuvent pas payer et ben ça va être c'est à ça que ça sert le public, enfin l'emprunt public, on On va on va on va vous aider pour que ça soit possible et donc vous allez vivre mieux dans votre logement. Fini le froid

25:12

l'hiver, fini d'étouffer l'été. C'est un enjeu de santé, c'est un enjeu encore une fois de dignité. Et puis en faisant ça, donc vous allez économiser, c'est bon pour le pouvoir d'achat et puis en plus vous savez c'est des artisans d'à côté de chez vous qui vont s'en occuper. Et puis en important moins, en changeant votre chaudière à gaz pour une pompe à chaleur, en plus on n'apportera pas ni de gaz russe de Poutine, ni de gaz américain de Trump. Et puis en plus à la fin, c'est bon pour le climat. Vous voyez que au fond, c'est ce que j'appelle, excusez-moi, je suis un peu long, mais voilà, c'est ce que c'est il y a le premier ministre canadien il y a 15 ans 10 ans, il était patron de la banque

25:53

centrale anglaise britannique. Bon, importe, il a explicité un concept qui est vachement intéressant qu'on appelle la tragédie des horizons. C'està-dire qu'en fait, il racontait que dans la finance, comment vous arrivez à concilier le fait que le dérèglement climatique, si vous agissez maintenant, c'est pour des effets à long terme et comment vous intégrez ça dans des décisions de court terme. C'est ça la tragédie des horizons temporels. C'estàd qu'en fait, comment vous arrivez à convaincre de transformer maintenant vos comportements pour modérer, parce qu'on reviendra pas en arrière, pour modérer le dérèglement climatique dont on perçoit les conséquences. Mais si on agit maintenant, c'est quand même avec

26:36

des effets à moyen long terme. Et il disait notamment la tragédie des horizons, ça s'applique parfaitement aux élus. Vous êtes élu 5 ans, vous prenez des mesures qui peuvent être contraignantes sur la circulation automobile, sur la rénovation des logements, sur [grognement] la transition de l'agriculture, sur voilà. Mais en fait, vous ne vous ne bénéficiez pas des effets de vos mesures pendant votre mandat. Donc ça c'est la tragédie des horizons. Et ben selon moi, il faut qu'on transforme complètement notre approche des politiques publiques écolo pour intégrer non pas simplement de la morale mais ce que n'ont jamais réussi à faire les écologistes, les intérêts particuliers mais dans une dynamique de bien commun. Vous voyez

27:19

bien ? Et c'est vrai que pour nous les écolos, alors peut-être ça vient aussi de de qui nous sommes, de quel milieu nous venons, de notre culture, de nos liens sociaux, mais c'est vrai que pour nous pendant longtemps, les intérêts particuliers un peu sale puisque l'enjeu est moral, donc les intérêts particuliers, c'est un peu sale. Les intérêts de court terme, bon mais en fait euh si on fait pas ça dans le monde d'aujourd'hui, on perd tout le monde. Je veux dire, si on fait pas la question géographique, si on fait pas la question sociale, si on fait pas la question temporelle, si nos politiques ne sont pas efficace maintenant, ici et pour vous, et ben juste on va poursuivre sur ce

28:04

thème-là les réclarations. On va pour tenir notre horizon nous du timing, je vais on va enchaîner avec vos camarades et la partie 2. Et si j'ai j'ai raté beaucoup de choses. Non, c'est presque on est presque Il y a des trucs, il y a des questions ? Oui. Oui. Non. Les coanxiétés. Voilà. à l'écoxiété. Et ben pendant que vous vous installez que on fait le changement de planning de plateau, pardon, euh venez quelques mots sur les coupanxiétés. Vous savez, j'étais ce matin à l'hommage à Lionel Jospin. Allez, Maxim, pour vous, c'est de l'histoire politique. Pour ma génération, c'est ça reste la nostalgie d'une gauche avec des figures importantes qui qui a

28:48

ça a été les 35 heures, ça a été le pax, donc euh ce qui précédait le mariage pour tous, ça a été la CMU. Bon bref, toute une série de réformes qui aujourd'hui, reconnaissons, aurait du mal à passer. Bon, mais je me disais quand même ces années 90, vous avez pas de bol en vrai, c'est des années d'un on est nostalgique parce que c'était aussi des années d'un incroyable optimisme. C'était la fin du mur de Berlin et pour nous, c'était pas la victoire du marché, c'était la victoire de la démocratie. Euh la gauche gouvernait les États-Unis avec Bill Clinton. C'était Lionel Jospin, c'était Felipée

29:31

Gonzalez en Espagne, c'était Tony Blair en Grande-Bretagne, c'était Schreuder en Allemagne. C'estd que l'Occident, si on fait court était dirigé par la gauche. C'était toutes les grandes conventions des Nations- Unies sur la sur la biodiversité à Rio en 92, sur le social, sur le droit des femmes. Ce que je veux dire, c'est que c'était la naissance de l'altermondialisme avec la naissance des réseaux sociaux. Donc il y avait un optimisme dans notre combat qui était incroyable. On a perdu face au libéralisme et des années 90, ça a été le combat contre le libéralisme et il y avait un optimisme. Et je pense que la nostalgie autour de Lionel Jospin, c'est pas simplement ce qu'il était lui. C'est pas simplement ce qu'il

30:14

a réalisé avec son gouvernement, c'était l'optimisme. Et ben vous, c'est pas simple. Euh on est dans un, regardez le paradoxe d'aujourd'hui. Vous avez des dictateurs d'extrême droite qui font des guerres. la Russie, Poutine avec l'Ukraine. Bon, Trump n'est pas un dictateur parce que il faut espérer que les États-Unis soient encore une démocratie et que les élections de min terme vont avoir lieu. Mais enfin, reconnaissons que s'il pouvait, il sera un vrai autocrate d'extrême droite. On peut parler évidemment de Netaniaou aussi. Euh et en fait, ils font des guerres

30:58

euh ils sont climatosceptiques. Donc en fait ils organisent notre addiction au pétrole. Ils font des guerres parfois des guerres du pétrole, souvenez-vous, de l'Irak et en tout cas là une des guerres qui ont un impact majeur sur l'approvisionnement pétrole. Donc il crée des chocs pétroliers. Et en fait, on vit dans un monde où avec les chocs inflactionnistes que ça produit, ça fait lire l'extrême droite. Vous vous rendez compte de la situation ? Trump a été élu notamment, pas seulement, mais la bascule s'est faite sur le fait que Biden n'arrivait pas à gérer l'inflation aux États-Unis. Donc en fait, c'est en permanence jackpot pour l'extrême droite. Ils font des

31:42

guerres, ils nous collent au pétrole et donc au dérèglement climatique. Et quand il y a un choc sur les prix, c'est encore eux qui ramassent la mise. Il y a le dérèglement climatique, il y a les guerres aux frontières de l'Europe, il y a votre situation sociale et puis je pense qu'il y a aussi aujourd'hui une démo anxiété autour de l'affessement de la démocratie. Donc en fait, oui, il y a une échoanxiété aussi et euh ça va être à nous de vous donner les clés euh d'une maison qui est pas totalement euh écroulée. Euh je reprends en introduction la fameuse phrase, allez-y parce que il y aura une dédicace juste après

32:26

de Camu qui dit "Je pensais pas quand j'avais votre âge que je finirai avec cette phrase là. Chaque génération sans doute se croit voué à refaire le monde. La mienne c'est pourtant qu'elle ne le refera pas mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Donc ça va être vous. Et on va poursuivre justement Maxime justement comment on fait ? Voilà ça être une des questions de Maxime notamment. Et bien bonjour Yannick Jadu. Alors pour commencer, on l'a évoqué, vous avez une expérience politique à différentes échelles notamment européenne et nationale. Selon vous, quelle est la plus efficace pour concrétiser votre projet d'écologie politique ?

33:08

Alors, par quand on parle d'écologie, on parle des biens communs de l'humanité, que ça soit que vous émettiez une tonne de CO2 dans cet hou au Burkina Faso ou en Chine, c'est la même. Elle a exactement le même effet sur nous. Donc forcément quand vous êtes écologiste, vous êtes internationaliste. On peut pas l'idée de l'écologie dans un seul pays, ça n'a aucun sens. Bon, deuxièmement, dans notre construction, l'Union européenne a la compétence de l'environnement. C'est une force. Euh si aujourd'hui vous

33:50

savez à quel point l'hostilité de l'extrême droite, de la droite et trop souvent de ce gouvernement contre l'écologie, contre les politiques publiques, si on arrive à résister, c'est parfois grâce au droits européens sur la pollution de l'air, sur les animaux, sur l'eau, sur les habitats, sur la qualité des sols. Bon bref, donc l'Europe est évidemment soumise au même vent mauvais des politiques écologique, mais c'est d'abord le droit européen et historiquement ça toujours, ça nous a toujours donné de la force mais une bonne partie des investissements dans notre pays, 75 % des

34:34

investissements dans notre pays, c'est les collectivités locales. Donc ce que je veux dire c'est que toutes les échelles sont nécessaires et je le disais tout à l'heure, il nous faut aujourd'hui retrouver totalement notre notre ancrage à l'échelle locale trop longtemps y compris parfois à gauche, on a considéré que l'échelle locale, pas la la collectivité, pas la municipalité, Mais il y avait un côté un peu réac, il y avait un peu un côté un peu d'extrême droite, vous savez, le terroir, la terre ne m pas.

35:18

Et le libéralisme a installé la mobilité comme au fond vertu absolue des sociétés modernes. C'est-à-dire qu'en fait, vous voulez des services publics, bah s'il y en a plus, déplacez-vous. Vous voulez du boulot, déplacez-vous. Bon et moi je pense que les écologistes sont des conservateurs, pas des conservateurs au sens de conservatisme, des conservateurs au sens de la conservation. Moi, je parle souvent de terroir. Le terroir, pardon, ici c'est pas que le pinard et le fromage. Un territoire, ça s'administre, ça se conquière. Un terroir, ça se travaille, ça se fait vivre, ça se cultive. En Allemagne, ils

36:02

ont un mot pour ça qui s'appelle Imat qu'on arrive absolument pas à traduire mais qui dit notre attachement au lieu où on vit. Bruno Latour avait élaboré beaucoup autour des lieux à défendre en fait son lieu de vie qu'on veut défendre. Et je pense que dans ce monde totalement déstabilisé, nos sociétés sont prises de vertige que les citoyennes et les citoyens arrivent à retrouver du contrôle de leur vie à l'échelle de là où ils vivent. C'est pas du localisme, j'ai bien fait le lien avec toutes les autres les autres dimensions, mais par encore une fois par le travail, par l'engagement associatif, par la culture, par les services

36:43

publics, par ces lieux d'amitié, tous ces tous ces tous ces liens sont absolument essentiels pour reconstruire de la confiance et y compris de l'ouverture à l'autre. Quand vous êtes menacé dans le lieu où vous vivez, l'autre, y compris c'est le voisin du palier d'en face, devient un concurrent, potentiellement un adversaire, voire selon euh certaines idées aujourd'hui nausé et abonde, un ennemi. Je pense que quand vous êtes bien là où vous vivez, quand vous retrouvez, vous avez l'impression que vous participez à la vie que vous vivez, y compris dans les décisions, et ben vous retrouvez, j'allais dire de l'affiliation démocratique. Donc la

37:27

question locale elle reste extrêmement importante à retravailler et surtout à pas laisser au fachaud. Allez Jul, on poursuit mais ça va faire le lien avec ce que vous dites sur la question de Jul. Oui. Donc dans votre livre, vous défendez une écologie qui serait réaliste, capable de gouverner. Là où d'autres figures écologistes, je pense particulièrement à Emeric Caron par exemple, défendre une liste, une ligne plus radicale. Est-ce que cette position relève-t-elle d'une conviction personnelle ou davantage d'une stratégie pour permettre à l'écologie d'accéder au pouvoir ? Si si j'étais pas convaincu que c'était la seule façon d'accéder au pouvoir, je la défendrai pas. C'est plus simple. Euh

38:12

si vous voulez, moi j'ai toujours considéré et euh j'ai quelques amis écolincre

38:22

les Françaises et les Français qui doutent de notre agenda. Savoir c'est pas qu'ils sont contre, je dire font protéger le climat. C'est un peu comme le pour le bien et contre le mal. Euh tout le monde a envie que l'agriculture soit sans pesticid et qu'il y ait des paysans nombreux qui gagnent correctement leur vie. Bon, vous parlez d'écologie réaliste, le mot important quand même, ça dit tout. Oui. Euh et euh et donc euh la question c'est quel est le chemin ? Moi, j'ai toujours dit et parfois ça m'a valu quelques contrariétés internes que mon sujet à moi comme responsable écologiste c'était pas de flatter mes militants, c'était de convaincre ceux qui doutent. Les militants, on est y compris dans ce

39:07

monde très polarisé. Si vous voulez les flatter, c'est simple, on sort des pesticides demain, on arrête le nucléaire après-demain si on arrive au gouvernement. Euh euh euh on régularise tout le monde et euh puisque j'ai eu la discussion avec un certain nombre d'étudiants, on légalise le cannabis à la fin de la semaine, dimanche euh samedi. Je dimanche. Vous C'est plutôt le samedi. D'accord. Euh je un test pour savoir quel qu quel était votre votre pratique était votre pratique récréative. Euh non, ce que je veux dire, c'est que c'est quoi l'écologie Ralo ? En fait, je pense que la vraie radicalité 1, c'est de s'attaquer aux questions des la racine du problème. C'est ça

39:51

l'étymologiquement. Et puis c'est surtout de rendre ça possible, hein. Franchement, encore une fois euh si c'est simplement pour me faire plaisir et aller au maximum de ce qui est mon idéal de transformation, si ça fait si ça fait 2 % à la fin, c'est pas très utile. La question c'est comment j'emmène la société ? Et si on est profondément démocrate, moi je pense qu'il y a pas de il y a pas de démocratie aujourd'hui sans écologie parce qu'une démocratie c'est quand même une capacité, je l'ai dit, à intervenir dans le débat, à participer à des choix collectifs, mais une démocratie ne tient que si elle est

40:33

capable de se projeter dans le futur. Une démocratie, vous voyez bien aujourd'hui nos sociétés sont prises de vertige. Ce que nous raconte la droite et l'extrême droite, c'est qu'il faut revenir en arrière. Bon, avec une nostalgie fantasmée de ce qu'a été la société d'avant. Bon, tout ça, vous voyez bien que ça nous emmène nulle part. je dire ça n'existe pas de reculer. Bon euh euh et donc une société qui n'arrive plus à se projeter, une société où les parents sont convaincus que leurs enfants vivront moins bien, qui savent pas comment ils vont vivre, qui savent pas que comment sera fait demain. Bon bah c'est une société qui à un moment donné transforme le débat des solutions en débat sur les bouqu émissaires. la société va mal, c'est les Arabes, c'est les musulmans, c'est les Noirs,

41:17

c'est les c'est les homosexuels, c'est les transgenors, c'est les femmes, c'est tout ce que vous voulez. C'est toujours un bouqu émissaire. Bon et donc si on veut arriver aujourd'hui à redonner confiance, et ben il faut arriver à expliciter un chemin de transformation. Et ce chemin de transformation, vous ne le faites qu'avec les citoyens. C'est ce que j'appelle l'écologie réalo. Vous faites des compromis. Et oui, moi c'est on me dit toujours "Ah mais tues compromis compromission euh je fais des compromis avec ma compagne, je fais des compromis avec mes enfants, je fais des compromis avec mon groupe euh politique au Sénat, je fais des compromis avec les autres groupes politiques.

42:00

Je fais des compromis quand je vais sur un terrain de foot. Je voudrais jouer à ce poste là. Bah non, mais j'ai quand même envie de jouer, donc je joue un autre poste. Euh donc je passe ma vie à faire des compromis. On fait tous des compromis. Et le truc le plus compliqué de la terre qui est de faire enfin de de transformer une société, de le faire qu'elle se sente elle a envie d'être ensemble, qu'elle se sente réconciliée, le truc le plus compliqué, il faudrait pas faire de compromis. Pour moi, ça tient pas. Allez, on poursuit parce que ton fil Yan Jado Maxime donc c'est un compromis Yanic Jado que je vous propose mais [rires] je je je peux faire très court. Selon Lipsos, le parti écologiste un électorat précis. On peut noter donc une surreprésentation féminine des jeunes et des cadres

42:45

notamment. Comment expliquer ce décalage avec les classes populaires et les territoires ruraux et c'est un échec finalement de votre partie ? Oui. Allez Maxime, ben tu tu enchaînes là. Mais c'est très bien. Voilà. Mais on gagne du temps. Ceci dit. Non. Mais vous voyez, c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure, c'est-à-dire que euh oui, bien sûr. Euh euh faut faire très attention à ce que euh je l'ai dit, mais à 80 % toutes les enquêtes le montrent, toutes les enquêtes d'opinion le montrent. à 80 % les gens veulent plus d'écologie, pas plus d'écolos, ils veulent respirer, ils veulent se déplacer, ils veulent bien manger, voilà, ils veulent de la santé donc ils sont écoles.

43:29

Euh et il y a une partie de la population qui peut se donner les moyens de faire ça. Mais quand vous ne pouvez pas le faire, y compris à un moment donné, vous pouvez devenir violent vis-à-vis de l'écologie parce que vous aimeriez bien le faire mais vous ne pouvez jamais le faire. Et vous avez une telle ou un tel à la télé qui vous dit "Mais franchement, vous êtes coupable là, c'est le bordel. Regardez le dérèglement climatique, c'est de votre faute. Vous êtes inondé, mais est-ce que vous avez pas une petite part de responsabilité dans le fait que votre maison elle soit pourrie, elle soit défoncé par les les flottes ? Bon, si vous faites ça, vous perdez tout le monde. En revanche, moi je suis convaincu que l'écologie aujourd'hui, comme je l'expliquais tout

44:12

à l'heure, en s'occupant des intérêts particuliers, y compris de ceux qui dans les classes populaires qui sont les premières victimes des des de la crise écolo, vous occupez d'elle et deux en premier, que ce soit au fond les les grands bénéficiaires de la transition écologique dans le logement, dans les transports. Je je je discutais avec le premier ministre hier qui était au au Sénat. Je disais mais là sur la question de la hausse du carburant, le truc à faire c'est 1 million de bagnoles électriques en leasing social, pas plus de 100 € pour les catégories les plus populaires, les plus impactées par les difficultés de transport. Ça c'est une solution qui est à la fois bonne pour notre industrie de la bagnole

44:55

électrique, un achetant français qui est bonne socialement, qui est bonne pour le climat. C'est ça qu'il faut faire. Donc si on veut avoir les classes populaires avec nous, il faut évidemment que notre projet ne soit pas moral, ce soit pas une écologie d'en bas, mais que ça soit une écologie pour elles et eux. Euh et puis en milieu rural, c'est le alors on sait pas si mal en fait des fois en milieu rural. Euh alors pas forcément dans ces élections on va pas se raconter d'histoire, ça a pas été un grand succès. On va y aller sur les élections avec Jul. Ah oui, bah j'ai la transition de tout trouver. Donc euh les écologistes ont perdu plusieurs grandes villes comme Strasbourg, Poitier ou même ici à Bordeaux après la grande vague verte de

45:39

2020. Euh que doit-on tirer comme conclusion de ces municipales 2026 ? Alors s'il y avait une conclusion simple et unique, ce serait pas des élections municipales. Bon, il y a 35000 communes dans notre pays, c'est 35000 situations particulières. Donc faut faire très attention sur une sorte de lecture nationale simpliste de ce qui s'est passé dimanche dernier. Bon un il y a une forme de normalisation. L'anomalie c'était le fait que en 2020 notamment le RN et les filles avaient trop peu d'élus. c'est que ne s'investit ne

46:23

s'investissant absolument pas dans les élections municipales, leur représentation au niveau municipal était totalement déconnecté de leur représentation nationale. Donc il y a une forme de normalisation. Bon évidemment je vais pas vous vous mentir en disant que le grand danger c'est c'est l'extrême droite et c'est la montée du RN. Mais quand on regarde le RN comme LFI d'ailleurs, ils ont plutôt sous-performé par rapport aux élections européennes. Je parle pas des élections présidentiell mais par rapport aux élections européennes. Après voilà, bon pour nous euh un il faut quand même panier et je vais venir sur notre responsabilité individuelle enfin collective. Vous avez bien vu que j'ai je pouvais ne pas être

47:06

très tendre avec mon mouvement politique mais c'est notre responsabilité. Si on si c'est que la faute des autres, bon c'est pas ça ça nous permet pas d'avancer et de corriger. Bon mais on est quand même dans un moment où je le disais au Sénat sur la loi du plomb, vous avez quand même une majorité sénatoriale de droite qui nie l'impact des pesticides sur la santé. Enfin on en est là, on en est pas sur c'est difficile la transition, donnez-nous un peu plus de temps. Il ni l'impact des pesticides sur la santé. Euh, il y avait une enquête euh euh de LAAD il y a quelques années qui disait quand même que euh plus de la moitié des parlementaires de droite étaient climatoceptiques. C'estàdire qu'il ni pas le dérèglement

47:49

climatique. Ils sont climatoceptiques comme aujourd'hui sûr, mais est-ce que c'est vraiment la responsabilité humaine ou est-ce qu'il y a vraiment que la responsabilité humaine ? Vous voyez bien quand vous commencez à mettre ça dans le débat, à un moment donné au fond c'est plus tellement nécessaire d'agir si c'est pas de notre faute. Bon à la fin c'est toujours la faute des Arabes, des Noirs et des musulmans. Donc pour eux c'est simple. Euh euh donc on est beaucoup attaqué, beaucoup attaqué mais on est aussi rentré dans un cycle où c'est plus simplement oui, il faut lutter contre le dérèglement climatique, c'est comment on met en place une ZFE, comment on met en place la limitation de l'artificialisation des sols, comment on met en place la transition énergétique, tout ça. Donc on

48:32

est dans le dur. Donc au fond, un mouvement qui est qui a qui a autant gagné culturellement l'écologie crée à un moment donné le contre-récit. C'est logique en politique et en démocratie. Bon, donc ça faut pas faut pas faut pas enlever ça. On s'en est quand même pris plein la gueule et ça va pas s'arrêter. Bon euh parce qu'on touche à des intérêts, je veux dire faut pas faut pas bon euh quelle est notre part de responsabilité ? Moi, je considère qu'aujourd'hui la façon dont la stratégie de mon mouvement est obsédé par la réconciliation

49:16

de la France insoumise et du Parti socialiste participe de la disparition de nos idées et rend confuse nos valeurs. Euh et vous savez quand vous voulez convaincre, il faut qu'à un moment donné il y ait un sorte de centre de gravité. Il faut qu'il y a une gravité enfin ce soit gravitationnelle. C'est que les gens se disent waouh c'est là que ça se passe. C'est qui a un mouvement c'est ce qui s'était passé en 2019 en 2020 autour de l'écologie réal hein. Il y a jamais que l'écologie réalo qui a fait des voix dans notre pays hein. Le reste c'est ce qu'on appelle un mouvement centripè. C'estàd qu'en fait vous portez quelque chose qui qui recompose le paysage politique qui dont chacun chacune voit que c'est essentiel même si on partage pas tous les mêmes la même

49:57

façon de faire. Donc c'est un mouvement centripète, vous attirez et ben à un moment donné quand vous parlez plus que des autres, quand l'écologie n'est plus un projet qui doit porter dans la société au moment où la crise écologique est très forte, de plus en plus dure et au moment où on attaqué et que vous parlez en permanence de vous êtes un animateur de la gauche plus qu'un élément de recomposition du projet de la gauche, et ben en fait vous disparaissez un peu sur le fond. Et ce que j'ai expliqué dans votre journal euh ce que j'expliqué par ailleurs, je l'explique depuis un bon moment, c'est qu'en fait aujourd'hui, je pense que on est dans un moment centrifuge qui est très dangereux pour l'écologie politique. C'estàd que en fait les gens à force de parler des

50:41

autres, ben les gens ils vont voir ailleurs. Et ben on va poursuivre, on va essayer de tenir, on va prendre la dernière question que vous aviez, la question 6 Maxime, elle sera pour toi et une fois que ça sera posé, on va changer les étudiants. On va accueillir tout de suite après euh Marie, Chloé et Luba. Est-ce que j'ai un taux de réponse de 50 % ou moins ? Ah, on est largement audessus des 50 %. On est pas mal là. On est pas mal. Ah, on est pas mal du tout. On laisse une question en route ou deux Maxime parce qu'on va essayer de tenir. On a jusqu'à 19h pour reprendre. ce que vous disiez sur le RN donc que vous évoquez dans votre livre tout de même ils ont tout de même triplé le nombre de communes qu'ils vont gérer donc pour les les six prochaines années et donc bah comment les forces

51:21

écologistes doivent-elles selon vous faire réagir face à cette progression notamment sur le terrain de l'identité et de la sécurité qui sont quand même largement investis par le RN ? Alors euh Oui, non mais je je je ne néglige pas du tout euh la percée du RN et euh le renforcement de la droite euh dans beaucoup de villes moyennes. Allez-y, on va on va changer le plateau en même temps. Euh et donc euh comment on fait ? Moi, je pense que il y a une facilité dans laquelle on doit pas tomber qui est de dire au fond le projet de la gauche l'antifascisme. Qu'on me comprenne bien, le fascisme est de retour. On a construit l'Union européenne pour

52:06

sortir de la guerre et sortir du fascisme. La guerre est sur le territoire européen et les fascistes ou l'extrême droite, ils sont de retour. Mais pour moi, l'antifaschisme c'est un combat. un combat absolument essentiel mais c'est pas un projet. Si on narrive pas dans notre pays à ce que nous, ce que j'appelle parfois la sociale écologie, c'estàd que font cet espace politique là, on narrive pas à avoir un récit pour notre société et un projet qui convainc, qui enthousiasme, qui emmène la société et qui lui donne la capacité à se mobiliser et à se projeter collectivement. On n'y arrivera pas. L'antifascisme a perdu aux États-Unis.

52:49

L'antifascisme, ça n'est pas efficace électoralement et y compris il y a un biais à faire que de l'antifaschisme. Encore une fois, je dis que c'est un combat essentiel mais à faire de de ça notre projet pour 2027 puisque au fond c'est un peu de ça dont on parle, c'est qu'en fait quand les gens ils disent ça fait des années que je suis méprisé. Depuis 2002, on me dit il faut voter contre l'extrême droite. 2002 c'est Le Pen au 2e tour le PA. Depuis 2002, on me dit il faut voter pour l'extrême droit. Et je comprends dire les mecs, vu d'où ils viennent, vous pouvez prendre les références historiques aux années 30, vous pouvez prendre les références historiques à Pétin et à la collaboration à l'Oise, vous pouvez prendre les références

53:32

géographiques, je dirais à Trump, à Orban, tout ça, tout ça est juste. Mais quand à un moment donné on vous dit en permanence votez contre l'extrême droite et que les gouvernements successif ont organisé l'impuissance publique à régler les problèmes, mais les gens ils disent "Attendez, pardon, en fait c'est ça me sert à quoi la démocratie ? Je suis davantage précarisé, j'ai des difficultés pour mes enfants, je vois pas leur avenir. Je vois ça règle pas les grands défis, ça règle pas les problèmes du quotidien. Donc si vous dites à celles et ceux qui disent aujourd'hui j'en ai marre d'être méprisé, tous ces guignoles là qui nous gouvernent, cette élite qui me méprise, qui me reconnaît pas ma dignité, ni mes compétences, ni mon talent, ni mon

54:17

identité, mon machin, mon truc, tout ça. Bon, si vous leur dites en permanence voter contre l'extrême, ça suffira pas. Et y compris si vous leur dites parce qu'ils se sont pas connus, parce qu'ils ont des problèmes de pouvoir d'achat au fond implicitement vous êtes des fachaot enfin vous rendez compte c'est une extraordinaire banalisation du fascisme. Les gens vont se dire "Mais en fait il me dit que je suis fachaud parce que je suis prêt à voter pour l'extrême droite parce que j'ai des problèmes de pouvoir d'achat mais alors si c'est ça le fascisme c'est que c'est pas grave en fait." Donc pour ma part, sur la question du RN, il faut combattre l'extrême droite avec force mais si on ne construit pas des solutions du quotidien et un récit

54:58

pour notre pays, c'est perdu en 2027. On poursuit avec Lubain B justement, ça va évoquer 2027 justement. Oui, Jacquel, pionnier bordolé de l'écologie politique, qui porte le nom aussi d'une de nos amphies à côté, était défavorable à la création d'un parti écologiste car il considérait qu'il y aurait inévitablement une fragmentation des parties selon leur positionnement sur le clivage droite gauche. On entend fréquemment dans les médias parler d'une écologie de droite et même le RN lors des élections européennes avait la prétention d'avoir à ses côtés des alliés écologistes avec le parti les localistes. Quel est votre regard sur cette fragmentation partisane ? Est-ce que le social doit être est-ce qu'il doit pas y avoir de parti

55:43

socialiste parce que le social tout le monde en parle ? Est-ce qu'il doit pas y avoir de parti les républicains ? Parce que la République tout le monde en parle en fait. On pourrait le dire autrement. Est-ce qu'il y a une écologie de droite ? Est-ce que c'est possible ? Je pense je pense qu'il y a une écologie de droite euh alors là on la voit plus hein honnêtement euh les costsus que humorisé alors je vous parle de gens que euh peut quitter le paysage là pour le coup. Oui. Non mais je suis d'accord mais ce que je veux dire c'est que cette écologie de droite qui est au fond euh qui peut tourner qui peut qui peut être euh engagé sur un certain nombre de combats euh peut-être avec un peu plus de technosolutionnisme ou un peu plus de un

56:26

peu moins de répartition des richesses. Tout ça je crois. Et puis surtout euh moi ma conviction c'est que par exemple on parlait des municipales, il y a pas que les maires écolo qui font de l'écologie. Je veux dire quand un maire il fait une cour oasis dans une école, il fait de l'écologie en fait. Bon donc heureusement il y a beaucoup de monde qui en fait. La question c'est est-ce que il faut un parti politique pour non pas simplement protéger l'environnement ? au fond, c'est le travail des associations si vous limitez à ça, mais qui articule qu'est-ce que peut être si on prend la question du climat, la décarbonation de l'économie avec l'aménagement du territoire, la construction d'usine autour de la transformation

57:11

des renouvelables, des machins, des trucs euh avec ce qui est au cœur pour nous la question de la justice sociale, qui va bénéficier de cette transformation. Je dire au fond vous avez toute une série de gens qui aujourd'hui sont prêts à se construire des villes, des villages où ils sont parfaitement écolos, ils respirent pur et tout et puis il laissent les autres à l'abandon. Bon donc l'écologie politique c'est une conception de la société, c'est une conception de la transformation qui articule évidemment la protection de l'environnement mais avec les enjeux de démocratie, avec les enjeux de la République, [raclement de gorge] du régalien. La droite par exemple se gargarise en permanence d'être les champions de la

57:55

sécurité. la dernière fois que la droite qui se nomme comme telle parce que bon quand même le macronisme bon c'est quand même aujourd'hui ni de gauche ni de gauche quand même hein mais c'était Sarkozy le dernier président qu'ils ont eu hein bon si vous voulez moins 13000 policiers la fin de la police de proximité euh le la déstabilisation du renseignement intérieur juste avant qu'on a eu les attentats et la guerre en Libye qui qui a mis des armes sur l'ensemble du Sahel et qui a déstabilisé toute la région. Donc ces gens-là nous fassent des leçons de sécurité est une aberration. Mais et c'est ce que je dis aussi dans mon bouquin si vous permet, on peut pas

58:40

laisser la question de la sécurité, on peut pas laisser la question de l'identité quand trop de nos concitoyens se demandent si notre pays va se dissoudre dans l'obscénité de la mondialisation, qui savent pas qui dirigent quoi, qui savent pas qui ils sont. Si on laisse juste l'extrême droite répondre à cette questionlà, ils répondent pas aux gens pourquoi vous êtes français. Ils disent toujours qui n'est pas français. Et quand vous avez Bardella qui dit qui parle de l'identité française, qui parle de Victor Hugo, qui parle de Mark Block qui parle de De Gaulle alors que leur histoire c'est quand même Moras Pétin et l'as donc si vous voulez on peut pas les laisser braconner.

59:25

sur nos nos identités politiques mais en disant bien que notre pays est un pays politique, c'est pas un pays ethnique. Voilà. Et donc il faut qu'on s'empare de ces sujets-l faut pas qu'on les laisse tout seul. C'est comme l'histoire des terroirs. Faut pas qu'on les laisse prendre en main toutes les réponses aux angoisses de nos concitoyens parce qu'on considérait que c'est un débat un peu sale. Chloé. Oui, si on revient sur la France et la question de la justice, l'affaire du siècle et l'affaire grande sainte ont marqué le saisissement du clis par la par le juge. Le mouvement des droits de la nature envisage même de reconnaître la personnalité à juridique à des entités écologiques. Placez-vous donc le droit comme une arme au service de la

1:00:08

cause idéologique ? Oui. Oui, je l'ai dit, le droit européen est essentiel. Il faut continuer même si les cops climat n'aboutissent pas à grand-chose. À partir du moment où on considère que c'est un enjeu pour l'humanité, donc c'est un enjeu de coopération multilatérale, et ben il faut continuer à ce que ça existe. Faut faire en sorte que ça existe mieux, que les pays prennent des engagements. Cette coopération là, elle est importante qu'elle produit du droit certes mou au niveau international, mais ça produit du droit et tous les ans les scientifiques font le bilan, on a un débat donc c'est c'est important au niveau européen, c'est du droit dur évidemment. Euh donc voilà, la France est régulièrement condamnée

1:00:52

sur les espèces chassées, sur la qualité des sol, sur la qualité de l'eau, sur la pollution de l'air. Bon voilà, donc c'est un c'est un levier mais ce que vous racontez ça raconte d'abord un échec en fait. C'estàd qu'en fait il y a du droit et les États ne l'appliquent pas et donc vous portez Alors, ce qui est intéressant c'est que la Cour internationale de justice si je dis pas de bêtises en en octobre peut-être en septembre ou fin non fin juillet pardon fin juillet la Cour internationale de justice a reconnu le fait que on pouvait attaquer les États sur la nonconformité de leurs engagements climatiques parce

1:01:37

que c'était un sujet profond d'intérêt général et de sécurité des populations. Donc en fait la Cour internationale de justice a justifié les procès contre les États. Alors parfois ça a marché sauf que malheureusement par exemple en France ça a beau marché la l'État a été condamné mais cette année c'est - 1,6 % de réduction d'émission de gaz à effet de serre. C'est au moins quatre fois moins que ce qu'il faudrait faire. Donc à un moment donné, faut qu'on arrive à surtout à à emmener la société sur ça et pas simple faire condamner un état quand il agit pas, c'est souhaitable et ça nous fait du bien. Mais si ça le fait

1:02:20

pas bouger d'un Yota, c'est que on est quand même dans la défaite. Marie, donc bonsoir monsieur Jadeau. Dans votre livre, vous vous écrivez que le nucléaire c'est une grosse cocotte minute, voir un projet en soi, un mythe une fois. Croyez-vous que l'indépendance énergétique de la France soit possible sans le nucléaire alors que les tensions géopolitiques mettent en danger notre souveraineté énergétique ? Alors, l'indépendance énergétique de la France avec le nucléaire, est-ce que vous savez d'où vient notre uranium ? Euh de depuis Uzbekistan, Kazakhstan. Bon, le Niger c'est perdu.

1:03:05

Euh tout ça est sous influence russe. D'accord. Euh on importe de l'uranium richie de Russie. [grognement] On paye aujourd'hui, on parle toujours des des sanctions sur la Russie. Il y a deux secteurs que la France arrive à exclure des sanctions, c'est le nucléaire et les engrais. On passe notre temps à enrichir et on continue à envoyer des déchets. On a des on a des contrats en permanence avec rosatome. Nos géants du nucléaire EDF, Framatome et Orano ont des contrats avec Rosatome qui est une entreprise d'état russe à la main de Poutine en pleine guerre. Donc ce que je veux dire c'est que l'indépendance énergétique c'est de

1:03:47

la blague. D'accord ? Ça peut être un choix, c'est décarbon et le nucléaire. Je conteste pas ça. La la seule question qu'on a à se poser aujourd'hui, c'est on a 75 % de notre électricité d'origine nucléaire. Donc ça, on a des réacteurs qui vont durer encore un bon moment parce que c'est comme ça, on est dépendant du nucléaire. Le gouvernement a choisi de de faire voter une loi, une programmation énergétique qui prévoit 6 + 8 EPR2. C'est la nouvelle génération de réacteurs nucléaires. Le PR qu'on a construit à Flamville, il a eu 12 ans de retard et on est passé d'une d'un budget de 3 milliards à 20

1:04:31

milliards. D'accord. Et il fonctionne toujours assez mal. Les EPR2, on est à peu près sur la même logique de prix. On sera autour de 20 milliards la tête de PR2. Mais pour être installé en 2040 au mieux, c'est ça si on n pas de retard. Encore une fois partout on construit des réacteurs nucléaire, on prend généralement 10 ans de retard mais bon imaginons que ils tiennent les délais. 2040 on fait quoi d'ici là ? On fait quoi ? On attend ou on se dit que de toute façon on a un enjeu absolument essentiel, c'est de décarboner notre économie. Donc ça veut dire au fond pour faire simple de la sobriété, des économies d'énergie et

1:05:14

puis de l'électrification de nos usages. Donc on passe de la chaudière à gaz à la pompe à chaleur en ayant rénové le logement, on passe à la bagnole électrique, les transports collectifs, on aménage tout ça. Bon bref, c'est tout ça le sujet. Et aujourd'hui, dans les 15 ans qui viennent, de toute façon, même si on est pronucléaire, la seule électricité qu'on peut installer, c'est l'énergie renouvelable. Et en plus, regardez, en Nouvelitaine, c'est des entreprises sur votre territoire. Donc pour ma part, si je suis profondément antinucléaire parce que je pense que c'est le dernier avatar du soviétisme dans notre pays, pour pas apporter, c'est c'est pas transparent, il y a que de l'argent public, ça met c'est comme le plan caquenal, les mecs qui disaient "Nous réussirons le plan

1:05:59

Caquénal même si ça doit nous prendre 15 ans." Bon c'est ça le nucléaire dans notre pays. Mais peu importe, ça existe, c'est là, il faut le sécuriser machin. Mais en réalité aujourd'hui 95 % des nouvelles capacités de production électrique dans le monde c'est les énergies renouvelables. C'est le solaire et c'est deux fois moins cher que le nucléaire. Là aujourd'hui, les opèes qui sont sur la table, c'est que l'État, il le va le faire probablement à travers la caisse des dépôts doit sortir 100 milliards. 100 milliards. Les énergies renouvelables, c'est essentiellement le privé. Et comment vous allez dire à vos à vos consommateurs que le nucléaire qu'on va installer, vous allez payer l'électricité deux fois plus cher que tous vos voisins ? Donc pour moi, la le

1:06:41

le au-delà du risque, au-delà de la question des déchets qu'on arrive toujours pas à gérer, notre ambition demain, c'est d'installer des énergies renouvelables. Voilà. Oui. Oui. En 2023, l'agence internationale, ça le soleil, le vent, l'eau, la biomasse, tout ça, ça appartient à personne. Alors certes, il faut faire des usines pour produire les panneaux photovoltaïques pour éviter d'être dépendant de la Chine, mais une fois que le panneau est installé, vous avez plus besoin de la Chine pour avoir du soleil. On revient à l'eau. Donc en 2023, l'Agence internationale de l'énergie calcule que il y a eu des les prélèvement associé au centre de données de l'intelligence artificielle avait dépassé 5000 milliards de litres,

1:07:25

c'est-à-dire l'équivalent de toute l'eau potable euh que peut produire la France en un an, mais aussi si on compare avec la consommation d'eau mondiale en bouteille qui est de 446 milliards de litres. Donc c'est encore moins que que la consommation de l'intelligence artificielle. Donc est-ce que l'IA est-elle compatible avec la transition écologique que vous défendez ? Alors dit comme ça non. Et vous parlez pas de l'emprise sur l'énergie, c'est extrêmement énergivore les centres de données. Bon euh après euh la question ce qui est ce qui est terrible et on a eu le même débat sur la 5G dans l'intelligence artificielle

1:08:09

c'est plus plus évidemment euh c'est qu'en fait on narrive pas à poser le débat euh un euh des usages euh est-ce que tout est utile ? Euh et quelles pourraient être les lots qu'on appelle les lots technologies, c'estàd qu'en fait des technologies à faible consommation qu'on pourrait mettre en œuvre pour assumer un certain nombre de d'innovations technologiques. Et là, c'est vrai que c'est un enjeu de souveraineté. C'est important qu'on ait des centres de données sur notre territoire. On va pas tout mettre nos données aux États-Unis. Vous voyez bien l'enjeu aujourd'hui de souveraineté, de protection des données personnelles et de démocratie. Donc c'est normal qu'on

1:08:53

en mette sur nos territoires, mais c'est vrai que aujourd'hui ce qui commande les centres de données, c'est les gafames. Donc on revient au débat tout à l'heure. C'est c'est Elon Musk, c'est Zuckerberg, c'est c'est Google qui aujourd'hui installe auprès des collectivités ou demande aux collectivités d'installer des centres de données. que on a une un impact écologique absolument dramatique et donc ça ça renvoie aussi à ce que doit être l'éducation dès le plus jeune âge à un usage modéré et intelligent de l'intelligence artificielle et puis

1:09:36

pas laisser encore une fois des milliardaires fachaot organiser l'économie mondiale parce que c'est quand même ça qu'il font aujourd'hui hein Euh si l'économie aux États-Unis tient la route encore malgré euh malgré Trump, malgré ses droit doin tout ça, c'est la bulle de l'intelligence artificielle. Ces gens-là font des milliards et des milliards sur notre dos par tout ce que vous savez vous laisser comme donné comme dans tout ça. Donc oui, il y a encadré, c'est toujours la même chose. Je veux dire, l'innovation, pourquoi pas ? Si elle est utile, personne ne va dire que l'intelligence artificielle en médecine, c'est une bêtise. Tout le monde en est convaincu.

1:10:21

Euh en revanche, on voit bien que aujourd'hui c'est aussi utilisé contre nous. C'est un objet éminemment spéculatif et avec potentiellement des usages qu'on voyait la dernière étude, potentiellement 5 millions d'emplois perdus euh dans notre pays. Alors euh c'est quand même euh si on n'organise pas les transitions écologiques et sociales euh de ça, euh encore une fois, on sera aux mains de groupes qui sont loin de nos idées démocratiques. On va rester dans l'économie Lubain, il nous reste 10 minutes. Oui, l'an dernier, nous recevions à votre place Timothé Paric qui est un économiste qui travaille sur la question de la décroissance lors de votre campagne en 2022. Euh, vous avez dit que vous

1:11:05

n'étiez pas en faveur d'une économie qui décroit. Je crois pas que vous en parliez dans votre ouvrage. Donc, qu'est-ce que vous pensez de la décroissance ? Alors, j'en dis un mot. Euh pourquoi ? Euh non, parce que si vous voulez, je C'est quoi la décroissance au départ ? L'idée de la touche Ariè notamment qui ont été les deux les deux concepteurs les plus les plus forts de la décroissance, c'était l'idée d'un mot OBU qui nous oblige à nous interroger sur la croissance. La croissance étant la croissance du produit intérieur brut en disant c'est quand même débile, vous avez une marée noire, ça ça fait croître, vous avez une épidémie, ça fait croître le PIB alors que c'est pas du

1:11:49

bien-être collectif. Euh à l'époque d'ailleurs Nicolas Sarkozy avait fait un comité des Nobels autour des indicateurs de richesse. Ils avaient tous conclu qu'évidemment il faut changer nos indicateurs de richesse pour intégrer l'éducation, pour intégrer la santé, pour intégrer bon le bien-être collectif qui soit une vraie un vrai indicateur de richesse collective ou de prospérité collective plutôt que simplement le PIB dont on voit pas bien comment il est reparti réparti à quoi il sert et tout ça. Donc si vous voulez, à partir du moment où la croissance du PIB est un indicateur pour ma part biaisé et mal foutu de notre prospérité

1:12:32

collective, je peux pas considérer que le mot inverse soit une bonne idée. Si vous voulez, moi ce que je défense, c'est qu'on ait d'autres indicateurs de prospérité, pas d'envoyer dans le si vous voulez ce mot au but est en train de devenir, on parlait des catégories populaires tout à l'heure, est en train de devenir un mot écran pour l'écologie. C'est que les gens quand ils entendent décroissances, ils entendent récession en fait. Alors si vous devez passer un quart d'heure ici, ça peut être sympa qu'on discute de la décroissance parce que on a le temps, parce que vous écoutez attentivement. Mais si à chaque fois que je vais en média, je parle de la décroissance et que les gens en temps de récession, perte de boulot, euh

1:13:14

sobriété subie, écoutez, je perds les gens en fait. Donc je m'intéresse à mes amis écolos, je m'intéresse à une partie d'entre vous, les autres, je les ai perdus. Donc moi, je veux pas utiliser des termes qui encore une fois créent des écrans avec celles et ceux que je veux convaincre. Donc c'est beaucoup plus complexe que ça la décroissance. Mais à un moment donné encore une fois de l'origine de la décroissance c'était pas c'est bien sûr qu'il faut décroitre le carbone, bien sûr qu'il faut décroitre les prestities. Tout ça, je vais le répéter 100 fois mais si la perception que les les gens qui sont en difficulté qu'on veut aider d'abord, c'est la décroissance. C'est vraiment le truc des écolos pour des

1:13:59

bourgeois qui ont envie de se serrer la ceinture et mais qui prendront quand même l'avion une fois par an pour aller en vacances alors que moi je me feris engueuler parce que j'utilise mon diesel pour aller 3 jours en camping. Bon, voyez bien, ça marche pas. Vous avez souvement entendu parler de de cette actualité. En octobre dernier, une enseigne d'Ultrafast Fashion chinois s'est implantée dans un centre commercial français à Paris. son modèle est manifestement incompatible avec les droits humains et les impératifs écologiques. Pourtant, ces défenseurs invoquent le pouvoir d'achat. Que leur répondez-vous ? Vous voyez, typiquement, on est dans le même débat en fait. Euh il y a des problèmes de pouvoir d'achat euh évidemment. Euh

1:14:43

il y a aussi euh ce que peut être l'addiction aux réseaux sociaux et un certain modèle de consommation. et ce que peut être l'achat compulsif fait en 5 minutes avec votre téléphone ? Euh je pense qu' il y a là à faire beaucoup de pédagogies en vrai. J'étais hier, on recevait au Sénat une délégation de Wigour. Euh il y a un génocide, vous le savez, en Chine sur les igours. Et ils étaient là parce que ils essayent évidemment avec l'actualité, la questionour est quand même reculée euh malheureusement dans l'agenda euh international. Mais c'était les 10 ans euh des premiers camps de concentration euh dans la

1:15:27

région, la région de de du Xinang, mais ils aiment pas trop qu'on appelle ça le bon bref. Euh c'est eux qui font les pièces. Euh une femme parce que ce sont souvent des femmes peuvent travailler 80 70 80 heures par semaine sans vacances pour généralement ils sont à 3 4 5 centimes par pièce conçu. Bon donc ça fonctionne sur l'exploitation. Je suis convaincu que celles et ceux qui achètent ne se doutent pas que de l'autre côté de la chaîne, ça ça crée cette ce drame

1:16:08

absolu. Euh et donc effectivement, il faut casser ce modèle, y compris en France, si je dis pas de bêtises, c'est dans le livre, je fais un peu la promo mais parce que j'ai plus les chiffres en tête. En en 10 ans, on a augmenté, je crois, de de moitié quasiment nos achats de vêtements en nombre de vêtements pour des vêtements qui qu'on utilise trois fois moins. Donc il y a aussi un enjeu de quel est le sens au fond, est-ce qu'il y a un sens commun dans la société qui fait qu'à un moment donné un modèle de consommation aussi prédateur ne soit pas aussi une source au fond

1:16:51

d'émancipation ou d'épanouissement. Et ça c'est un travail qui est dur, qui est long mais à partir du moment où ces vêtements là sont faits grâce à l'esclavage de l'autre côté de la planète, ça doit être interdit. C'est tout. Ça doit pas rentrer sur le marché européen. C'est tout. C'est comme ça, je veux dire, il y a pas la question de est-ce que c'est cool d'acheter une robe à 3 € ou 10 € et le lendemain, elle me va pas, je la jette en fait et comme c'est en plus, il y a toujours du plastique là-dedans, c'est parcyclable et ça finit en Afrique et ça détruit encore plus les modèles de production africains. Donc il y a ce qui est inacceptable et c'est à ça qui doit servir l'Union européenne. Ça doit bloquer les produits de cette ce qu'on appelle l'ultra fast fashion

1:17:33

pour respecter les droits des ouvrières et des ouvriers, ne pas détruire toutes nos enseignes de centre-ville [raclement de gorge] et puis avoir des modèles de consommation plus vertueux. Mais je vois qu'il y a aussi à côté se développe pas mal la seconde main et que ça aussi alors c'est plutôt une niche, je suis d'accord, mais ça se développe aussi cette volonté de de pas être dans des modèles de de surconsommation où tout devient jetable. Il nous reste 2 minutes pour faire une dernière question rapide. Ce sera rapide et après je vous laisserai le mot de la fin et après il y aura votre dédicace pour ceux qui veulent signer et acheter le livre de Yannick Jado. Ce sera juste après pendant un petit moment. Alors la toute dernière question, c'est pour vous

1:18:16

quel est l'impact de la guerre en Iran, en Ukraine, sur la France et la politique écologique ? Les enjeux écologiques passent-ils au second plan par rapport aux questions géopolitiques et comment analysez-vous l'évolution de la place du changement climatique dans les relations internationales ? Alors la place du changement climatique incontestablement à la rétrogradé et que évidemment à partir du moment où par exemple on parlait des des lobby total passe des accords avec le gouvernement américain pour aller chercher toujours plus d'hydrocarbure. Bon groupe français hein. Donc en fait, il y a une sorte de de de de de dénièglement climatique et d'une remise en cause

1:19:00

compris de l'action internationale. Et derrière évidemment tous ceux qui avaient déjà pas envie de faire grand-chose, ils disent "Bah écoutez, regardez ce qui ce qui se passe aux États-Unis, tout ça, pourquoi nous on ferait notre part Bon, donc il y a un affaissement de la responsabilité politique autour de cet enjeu majeur, ce qui est une faute parce que encore une fois, si on le prend pas sur le mode le dérèglement climatique et les générations futures, mais on le voit aujourd'hui être indépendant, souverain sur notre énergie et ne pas dépendre du pétrole du golf, c'est quand même intéressant en terme de souveraineté. Si doit passer par les énergies renouvelables euh des mobilités douces et de la bagnole électrique, des pompes à chaleur, des des maisons

1:19:41

rénovées, tout ça participe d'un projet de société en fait. Bon, donc euh euh euh oui, euh il y a un déclassement. Après, l'impact euh malheureusement, on n'est pas en bas du toboggan avec ce qui se passe en Iran. Malheureusement, vous voyez bien, l'enjeu de de Trump n'est pas de sauver les Iraniennes et les Iraniens dont il se fout dramatiquement en fait hein. Ce qui est ce qui est d'un cynisme absolu avec vous voyez bien aujourd'hui quand vous regardez le Liban, quand vous regardez l'Ass Jordanie, vous regardez Gaza, vous regardez l'Iran, tout ça et et tout ça part en quenouille. Et mon drame, c'est

1:20:24

que l'Europe pèse nada, walou zéro, c'est notre voisinage. On pèse sur rien. Comme si en fait on avait aucun moyen de pression avec en se planquant enfin bon, on a fait intervenir le le le porte-avion Charles de Gaulle, mais pour défendre, pas pour défendre les Iraniennes et les Iraniens ou les Libanais ou ou les Palestiniens. On va défendre le Qatar, les Émirats Unis parce qu'ils achètent des rafales. Franchement, faisons une collecte pour que les Palestiniens achètent un rafale, même sans moteur, sans bombes, tout ça. Peut-être que on commencera par à les défendre en fait. Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a une sorte de cynisme absolu. L'Europe, l'Union européenne, c'est le premier marché des

1:21:08

produits du Moyen-Orient et même pas nous utilisons cette puissance là. Même pas, nous utilisons ce levier là. Donc, je suis un peu désespéré. L'impact, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est-à-dire qu'en fait aujourd'hui euh on nous dit toujours "Ah, faut pas euh" alors vous avez appris ça euh ajuster euh euh les salaires sur l'inflation, ce qu'on appelle la boucle euh inflation salaire. Euh mais en réalité, on n'est pas dans les années euh 80. Euh avec la Banque centrale européenne, tout ça, c'est fini. l'inflation galopante qui part dans tous les sens et qui ferait que il y aurait une dérive des salaires dans notre pays. Bon euh la réalité c'est que la seule boucle qui existe, c'est une boucle inflation extrême droite. Les gens aujourd'hui ne

1:21:51

supportent pas les chocs inflationnistes parce qu'ils ont l'impression d'être encore plus déstabilisés que le dernier truc qu'il pouvaient acheter un peu de plaisir, c'est fini et qu' vont devoir machin tout ça. Bon bref, donc il nous faut un pas faire le bouclier énergétique comme on l'a fait au moment de la guerre en Ukraine. 40 milliards qui a bénéficier à ceux qui en avaient le moins besoin, qui consommait le plus d'énergie mais qui avait pas de problème de revenu ni de pouvoir d'achat. Donc, il faut cibler les populations qui subissent le plus le la hausse du prix des carburants par exemple ou la hausse des prix de l'énergie, y compris les profissions qui sont touchées. Donc ça c'est à faire. Et puis je l'ai dit, construire la transformation. Mais enfin franchement

1:22:33

euh je sais pas comment ça va finir cette affaire, mais si l'Union européenne est infoutu de de se redresser face à Trump et à peser un peu dans les affaires du monde, on va être balayé. Parce qu'encore une fois, ce qui est fou, c'est que l'impuissance [raclement de gorge] qu'affiche l'Union européenne sur tout ça, c'est ça qui est le pire. L'impuissance qu'affiche l'Union européenne vis-à-vis des extrêmes droites mondiales, ça sert l'extrême droite chez nous. C'est des trucs si vous voulez, c'est des il bénéficie de tous ces cercles de de renforcement. Plus c'est le bordel, de toute façon, plus il y a de malheur, mieux ça marche pour eux. Donc ils n'ont aucun intérêt à résoudre les problèmes. L'extrême droite n'a aucun intérêt à résoudre les problèmes. Leur sujet, c'est que ça

1:23:16

aille mal, que ils arrivent à convaincre qu'il y a des coupables dans notre société qui sont toujours d'une façon ou d'une autre l'étranger et que tout ça est mal. Donc franchement enfin il y a il y a il y a il y a si l'Union européenne se réveille pas maintenant face à Trump et face aux guerres de son voisinage, ça va être chaud pour vous hein, déjà pour nous aussi hein, mais vous avez plus longtemps devant vous. Merci Yannick Jad, je vous laisse le mot de la fin. Allez, une petite conclusion et vous pourrez l'applaudir. Une petite conclusion. Ben je l'ai dit euh c'est vous maintenant. Nous on est là. Bon, on a encore quelques années, faut pas déconner hein,

1:24:01

mais nous enterrez pas non plus trop vite. Mais en réalité, moi je vois ça, le monde d'aujourd'hui, je vois ça comme un comme un immense gâchi. En fait, on n jamais eu une telle science, on n jamais eu autant de solutions. Euh on n jamais eu des gens aussi formés. Bien sûr, il y a des problèmes dans l'éducation, tout ça, mais enfin quand même le niveau d'éducation, de formation dans nos sociétés s'est élevé de manière assez extraordinaire tout tout. Et en fait, on a l'impression que on est toujours en train de creuser un peu plus profond. Et donc, il y a il y a un moment donné, si la société est capable de réaliser sa son talent, sa

1:24:45

capacité, ses énergies à à aller vers le bien, et ben je pense qu'on aura gagné. Mais pour l'instant, reconnaissons que c'est un peu le c'est un peu le vide qui nous aspire. C'est un peu, vous savez, c'est cette histoire de vertige. Quand vous avez le vertige, vous avez du mal à regarder devant et le potentiel extraordinaire que vous avez pour franchir l'étape et vous êtes aspiré par le vide et les pulsions régressives. Donc c'est à nous de décider. En fait, en vrai, il y a que nous, c'est à nous de décider. Si on veut, on peut. Merci Yannick Jado pour ce mot de conclusion. Merci aux étudiants de Sciencep et donc dédicace à la sortie pour votre livre climat, la drôle de guerre.