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interviewLa France insoumise à l'Assemblée nationale· 13 février 2026 5 min

Faisons mieux contre Bolloré, Arnault et Saadé ! - Anne Stambach-Terrenoir

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est news lundi 9 février 2026. J'ai vu le RER arriver. J'ai vu tous ces noirs, tous ces musulmans, enfin ces Arabes.

Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir un peu peur. Sur le plateau, des sourires amusés face à ces propos qui il y a encore quelques années ont ressuscité à raison une indignation générale. Comment en est-on arrivé là ?

Cette séquence n'est pas un dérapage individuel. C'est le produit d'un écosystème médiatique qui petit à petit a imposé au pays tout entier son agenda politique réactionnaire. Aujourd'hui, 10 milliardaires contrôlent l'essentiel des médias français, ce qui devrait être un contrepouvoir démocratique et donc confisqué par quelques-uns qui façonnent ce que des millions de personnes voi entendent et lise chaque jour.

Bernard Arnaud contrôle le Parisien, les échos et depuis peu challenge soit des titres centraux de la presse économique. Rodolphe Saadé a racheté la Provence et la tribune mais aussi BFM TV, RMC et le média vidéo brut s'offrant ainsi une place dominante dans l'information au continu. Vincent Boloré quant à lui s'est bâti un véritable empire médiatico-culturel de ces news à Europe, le journal du dimanche, Canal Plus, Paris Match, mais aussi des entreprises clés de l'édition, de la communication, des jeux vidéos, des salles de spectacle, sans oublier les boutiques relaées qui équipent tous les aéroports et gardes du pays.

Et ces trois milliardaires aiment tellement l'information qu'ils se sont associés pour racheter l'école supérieure de journalisme de Paris. Philanthropie, je ne crois pas. Derrière tous les logos, ce sont en réalité toujours les mêmes intérêts économiques, ceux d'une classe, les ultra riches. 80 % de la fortune des milliardaires français est hérité.

Ceux qui possèdent aujourd'hui l'information sont donc les héritiers d'un système économique et social qu'ils ont tout intérêt à défendre. Et ça les arrangerait si on pouvait éviter de rappeler que Bernard Arnaud a détruit la filière textile du nord de la France pour construire son empire du luxe, que Vincent Boloré tient sa fortune néocoloniale de contrat corrompus en Afrique ou encore que Rodolphe Saadé a engrangé 18 milliards de dollars de bénéfices en 2021 grâce à l'explosion des tarifs du transport maritime directement responsable de l'inflation sur les produits alimentaires. Aucun ne souhaite non plus qu'on rappelle leur responsabilité majeure dans la catastrophe écologique qui nous menace tous. 63 milliardaires français polluent autant que la moitié de la population et ça seulement via leur patrimoine parce qu'ils l'investissent à nos dépend dans les industries les plus polluantes.

Leurs intérêts reposent sur le pétrole, le béton, la publicité, la croissance sans limite, l'extractivisme, bref l'exploitation des travailleurs et du vivant. Or, en un an, on a dénombré 665 cas de désinformation climatique sur les 18 plus grands médias audovisuels. Ce n'est ni marginal ni accidentel, c'est structurel et volontaire.

Pendant que les canicules, les sécheresses, les inondations s'aggravent, pendant que le dérèglement climatique frappe d'abord les plus précaires sur les plateaux, on relativise la science, on attaque les chercheurs et on présente toute politique climatique comme une dictature. Alors non, quand Bernardo rachète science et avenir et la recherche, ce n'est pas par amour de la science. Tenir les médias permet aussi la reproduction des élites.

Voilà pourquoi la France entière subit les analyses littéraires de Louis Sarkozi tellement incroyable qu'elles sont à peine croyables, comme il le dit si bien. Mais surtout, vous vous souvenez de l'engouement médiatique pour le candidat Macron, le Mozart de la finance, peu surprenant quand on sait qu'il avait promis à tous ces bienfaiteurs de l'humanité la fin de l'impôt sur la fortune et autres mesures antisociales ? Et bien 10 ans après, c'est un succès.

Les les 53 milliardaires français ont doublé leur fortune sous Macron pendant que la pauvreté atteint le taux record de 15,4 %. Face à cette hausse historique des inégalités, il faut faire diversion et ce système de concentration multisupport permet de faire tourner les mêmes discours partout, tout le temps, organisant polémique, peur, haine. Les propos racistes et islamophobes deviennent assumés.

L'insécurité et l'immigration sont les éternels thèmes de pseudo déébat. Le masculinisme, le climatoicisme, bref le trumpisme sévit partout. Et d'ailleurs, qui ici s'oppose à ce texte ?

Le Rassemblement national. Pour des antisystèmes autoproclamés, ils défendent quand même beaucoup ce modèle injuste où leurs amis milliardaires tiennent l'info. Et quand Boloré publie chez Fillard, le livre de Jordan Bardella, le met en avant dans toutes ses boul boutiques relaées et en fait un sujet essentiel sur tous les plateaux télé, c'est parce qu'il sait que le Rassemblement national, s'il arrive est au pouvoir, préserverait ses intérêts et ce système d'injustice sociale d'accaparement des richesses par quelques-uns.

Petit message de service à tous ceux qui croient encore l'extrême droite quand elle prétend défendre le peuple. Pour nous, il est urgent d'agir pour la liberté de la presse et nous soutenons cette proposition qui apporte enfin une limite juridique à la concentration des médias. Nous regrettons néanmoins qu'elle ne s'attaque pas au pouvoir des actionnaires, ne protège pas les journalistes contre les purges et les pressions et surtout que sa modification en commission remplace l'interdiction de concentration par un contrôle du pluralisme via l'Arcom alors que son président déclarait hier devant le Sénat qu'il est vint désormais de vouloir freiner toute concentration dans les médias. collègues, empêcher les monopoles médiatiques est une urgence démocratique, une urgence écologique, une urgence sociale.

Faisons mieux. Je remercie madame la députée.