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Podcast / conversationUnion Populaire Républicaine· 19 mars 2019 69 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

Entretien d'actualité n°75 - 18/03/2019

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 29 %Attaque 61 %Défensif 11 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:21Invité politiqueFait
    « Il s'agit d'un attentat qui semble avoir été commis par un Australien blanc chrétien, en tout cas quelqu'un qui a justifié son acte abominable par des motivations racistes. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « C'est une théorie qui a été lancée par l'essayiste français d'extrême-droite Renaud Camus. »
  • 7:59Invité politiqueFait
    « On remonte à la déstabilisation de Mossadegh en Iran dans les années 50, qui voulait nationaliser les entreprises, notamment les entreprises américaines. »
  • 9:13Invité politiqueFait
    « MBS, le prince héritier d'Arabie saoudite, a fait il y a un peu plus d'un an une tournée aux États-Unis, où il a rappelé que c'étaient les Américains qui avaient demandé au régime wahhabite qui dirige l'Arabie saoudite de diffuser le wahhabisme un peu partout. »
  • 12:32Invité politiqueFait
    « Lorsque M. Macron envoie des missiles sur la Syrie en violation du droit international, il jette de l'huile sur le feu. »
  • 13:14Invité politiqueFait
    « J'ai vu que Mme Le Pen avait démenti avoir jamais tenu les propos sur le grand remplacement. Force est quand même de constater que ça n'est pas le cas d'un certain nombre de membres de son entourage. »
  • 35:09Invité politiqueChiffre
    « On a appris qu'un vote avait eu lieu à l'Assemblée nationale à 6 heures du matin, je crois, un samedi matin, sauf erreur de ma part (NDLR : c'est ça). Et il y avait en tout et pour tout à peu près 42 personnes dans l'hémicycle. »
  • 44:03Invité politiqueFait
    « Mme Christine Lagarde, la directrice générale du FMI – je le rappelle –, avait expliqué quelques jours ou quelques semaines avant le référendum de juin 2016 sur le Brexit... Elle était allée à Londres. Elle avait expliqué que si jamais les Britanniques votaient pour le Brexit, dans les jours et les semaines qui suivraient, ce serait l'apocalypse. »
  • 47:20Invité politiqueFait
    « Il ne faut pas s'étonner là aussi que la tension puisse monter. Lorsqu'on ne respecte pas la loi, lorsqu'on ne respecte pas le b-a-ba de la démocratie, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des réactions qui peuvent être parfois très violentes. »
  • 48:47Invité politiqueChiffre
    « La deuxième fois, quand elle l'a présenté, on n'avait pas 402 contre mais (NDLR : 391) contre et 242 pour. Donc il y a encore un gouffre énorme. »
  • 49:24Invité politiqueChiffre
    « Il aurait suffi que 3 députés – 3 députés seulement – qui avaient voté contre changent leur vote pour que le Brexit sans accord l'emporte le 13 mars. »
  • 50:05Invité politiqueFait
    « Alors le lendemain, le 14 mars, il y a eu un nouveau vote pour savoir s'il fallait demander une prolongation de l'article 50. Et là, il y a eu une majorité des députés qui se sont prononcés pour demander une prolongation. »
  • 50:45Invité politiqueFait
    « il semble – il y a des rumeurs qui circulent beaucoup en Angleterre sur cette question – que s'il y avait un deuxième référendum, et contrairement à ce que l'on dit et ce que l'on assure aux Français, il est possible que s'il y a un deuxième référendum, ce ne soit plus 52% des Britanniques qui votent pour le Brexit mais que ce soit 54 ou 55%. »
  • 1:06:27Invité politiqueFait
    « si nous n'arrivons pas à être reçus dans les grands médias, des plus grands médias du pays, eh bien nous n'arriverons pas à atteindre, à toucher toute la population française. »
  • 1:07:09Invité politiqueFait
    « nous voulons être connus par 100% de la population, que 100% des électeurs puissent prendre connaissance de nos analyses et de notre programme »
  • 1:07:48Invité politiqueChiffre
    « les spécialistes de politologie savent qu'il existe une relation étroite entre le nombre d'heures passées dans les médias et le résultat dans les urnes »
  • 1:08:31Invité politiqueFait
    « il existe une relation étroite entre le nombre d'heures passées dans les médias et le résultat dans les urnes »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
François Asselineau

(Générique) Bienvenue à toutes et à tous pour cet entretien d'actualité n°75, avec François Asselineau. Nous sommes le lundi 18 mars 2019. Bonsoir, M. Asselineau. Pouvez-vous nous parler dans un premier temps de l'attentat qui a eu lieu en Nouvelle-Zélande ? Eh bien bonsoir à toutes et à tous. Nous sommes en effet le 18 mars au soir. Et là, je vais parler d'événements qui sont très évolutifs, dont on ne connaît pas encore tous les tenants et aboutissants. Je prie d'ailleurs les auditeurs d'excuser le retard avec lequel je réagis aux événements en cours. Il y en a beaucoup qui sont très importants.

Mais j'étais en tournée en Normandie, où j'ai d'ailleurs rencontré des salles qui étaient vraiment pleines, et avec des gens extrêmement intéressés par notre mouvement politique. Et nous avons fait beaucoup d'adhésions, ce dont je me félicite. Alors l'attentat en Nouvelle-Zélande... L'attentat en Nouvelle-Zélande, qui s'est produit dans une des villes de l'île du Sud, qui s'appelle Christchurch, c'est une épouvante. Il y a eu une cinquantaine de personnes qui ont été tuées à l'issue de la sortie ou dans l'entourage de mosquées.

Il s'agit d'un attentat qui semble avoir été commis par un Australien blanc chrétien, en tout cas quelqu'un qui a justifié son acte abominable par des motivations racistes. Et en particulier, il a évoqué l'élection présidentielle de 2017. Il a évoqué Mme Le Pen comme une espèce de mentor, de justification. Et il a évoqué surtout la théorie du grand remplacement qui consiste à dire que les populations d'Europe occidentale, voire d'Australie ou de Nouvelle-Zélande, sont en voie de submersion. C'est une théorie qui a été lancée par l'essayiste français d'extrême-droite Renaud Camus. Alors face à ça, bon, quelle peut être la réaction que l'on peut avoir ?

Une réaction d'épouvante et d'horreur, bien entendu, et puis de transmettre aux familles des victimes nos condoléances les plus attristées, bien sûr. À chaque fois qu'on tue des innocents, c'est quand même une atteinte à l'image de Dieu, pour ceux qui croient en Dieu, ou tout simplement une atteinte simplement aux principes d'humanité, pour ceux qui sont agnostiques ou athées. J'avais déjà eu l'occasion de présenter nos condoléances pour les horreurs qui s'étaient passées à Paris, avec les attentats notamment de Charlie Hebdo, et puis aussi cet épouvantable attentat qui avait fait encore plus de morts qu'à Christchurch, avec (NDLR : 87 morts) sur la promenade des Anglais à Nice.

Vous vous rappelez tous de cette horreur qui avait été commise par un Français musulman d'origine maghrébine qui avait – semble-t-il – invoqué Al-Qaïda. Il avait invoqué les actions commises par les Occidentaux au Moyen-Orient. Au-delà des condoléances que l'on peut faire, il y a quand même une réflexion à laquelle je voudrais convier toutes les personnes qui m'écoutent et, comme on disait naguère ou jadis, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté. Il faut comprendre quelque chose.

Il faut comprendre que les musulmans à travers le monde sont – eux – aussi horrifiés par ce qui vient de se passer en Nouvelle-Zélande que l'ont été les Français et en particulier les chrétiens – mais pas seulement eux – par les attentats qui ont eu lieu en France et que je rappelais à l'instant. Je rappelais d'ailleurs au passage que lors de l'attentat à Nice le 14 juillet, il y avait eu parmi les morts un nombre tout à fait significatif de musulmans. Tout cela pour signaler que nous avons affaire à des fanatiques dans les deux bords.

Il y a à la fois les fanatiques musulmans, il y a à la fois les fanatiques du christianisme qui, dans un cas comme dans l'autre, d'ailleurs, travestissent leur religion. Ce qui est très préoccupant dans cette affaire, c'est que ces événements ne se passeraient pas s'il n'y avait pas eu des conditions qui avaient mené à cette situation. Quelles sont ces conditions ? D'abord, l'évolution du monde lui-même, qui est en permanence fondé sur la dénonciation du choc des civilisations.

Je rappelle que la construction européenne – revenons-y – s'intègre dans la théorie des nouveaux conservateurs américains promus par Samuel Huntington, qui est décédé maintenant et qui prévoit que le monde du XXIe siècle devrait progressivement s'organiser selon des grands blocs civilisationnels : le bloc dit judéo-chrétien qui serait constitué de l'Amérique du Nord et de l'UE, le bloc dit latino-américain qui serait constitué de tous les pays d'Amérique sauf les États-Unis et le Canada, le bloc orthodoxe qui serait constitué en gros de la Russie et de certains des pays avoisinants comme la Biélorussie par exemple, le monde musulman qui irait donc du Sénégal jusqu'à l'Irian Jaya, la partie occidentale de la Papouasie, qui fait partie intégrante de l'Indonésie, donc une espèce de grande bande de pays qui va de l'océan Atlantique jusqu'à l'océan Pacifique et qui passe par le Maghreb, le Machrek, l'Égypte, le monde turcophone, l'Irak, l'Iran, le monde persan, puis l'Afghanistan, le Pakistan, le Bangladesh, la Malaisie et l'Indonésie.

Et puis toujours selon cette théorie, il y aurait le monde indien qui serait une espèce d'isolat à lui tout seul, le monde chinois dit confucéen qui serait également un isolat avec comme prolongement – si on croit bien comprendre la théorie – le Vietnam, les Corées et la Mongolie, et puis le monde japonais qui constituerait une exception aussi à lui seul, sachant que Samuel Huntington rattache au monde dit judéo-chrétien l'Australie et la Nouvelle-Zélande. En fait, c'est un peu les pays blancs chrétiens qui sont isolés. Alors j'ai toujours, et l'UPR a toujours dénoncé cette théorie qui ne peut mener qu'à un désastre, qui ne peut mener l'humanité qu'à une terrible Troisième Guerre mondiale.

Et malheureusement, l'UE, la construction européenne s'inscrit dans cette vision du monde, dans cette vision du choc des civilisations. On ne cesse que de faire mousser de part et d'autre – mais surtout du côté occidental, il faut l'avouer – l'opposition qu'il y aurait, l'opposition irréductible qu'il y aurait avec le monde musulman. Je rappelle quand même qu'il n'y a pas eu – me semble-t-il – d'attaque militaire de pays musulmans contre la France, contre l'Allemagne, contre les États-Unis. J'entends des attaques d'État militaires. Je ne parle pas des attentats. Alors que le contraire, malheureusement, n'est pas vrai.

Il y a eu constamment depuis maintenant des décennies des attaques conduites par le camp occidental, que ce soit... On remonte à la déstabilisation de Mossadegh en Iran dans les années 50, qui voulait nationaliser les entreprises, notamment les entreprises américaines, qui étaient portées par la gauche. Il y a eu la déstabilisation et la destruction de pays comme l'Irak dirigé par Saddam Hussein, la Libye dirigée par Kadhafi, la tentative de destruction de la Syrie dirigée par Bachar el-Assad, c'est-à-dire des tentatives menées en sous-main ou directement par les Américains et les Occidentaux, et qui se sont attaqués – j'insiste sur cette situation – aux régimes laïcs du monde musulman.

Je rappelle notamment qu'en Irak et en Syrie, il s'agit du Parti Baas. Le Parti Baas s'est inspiré de la laïcité à la française. On a donc cette chose quand même assez incroyable – si l'on y réfléchit bien – que les Occidentaux en général et les Américains en particulier, au lieu de soutenir dans le monde arabo-musulman les forces qui sont des forces de modernité, qui sont des forces de laïcité, qui essayent d'interpréter notamment le Coran à l'aune de la modernité... On a eu en revanche un soutien massif des pays comme l'Arabie saoudite. Et ça n'est pas moi qui le dis. C'est le prince héritier saoudien MBS, Mohammed ben Salmane.

Celui-là même qui, d'ailleurs, est impliqué probablement dans l'assassinat du journaliste dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Eh bien MBS, le prince héritier d'Arabie saoudite, a fait il y a un peu plus d'un an une tournée aux États-Unis, où il a rappelé que c'étaient les Américains qui avaient demandé au régime wahhabite qui dirige l'Arabie saoudite de diffuser le wahhabisme un peu partout. Et je rappelle aussi d'ailleurs que c'était les Soviétiques qui avaient à partir de 1979 envahi l'Afghanistan pour y installer un régime à leur botte.

Et c'est dans la foulée que les Américains avaient soutenu les djihadistes et avaient soutenu le début de cette espèce de flambée mondiale de fanatismes musulmans. Alors face à tout ça, je voudrais dire à toutes celles et à tous ceux qui m'écoutent qu'il faut absolument que les peuples essayent de se ressaisir. Il y a une écrasante majorité de musulmans et une écrasante majorité de chrétiens qui sont des gens paisibles, bien entendu, et qui sont des gens comme vous et moi qui vivent, tout simplement, et qui n'entendent que vivre dans le bonheur et dans la paix avec leurs voisins.

Malheureusement, il y a dans un camp et dans l'autre des fanatiques qui peuvent être poussés par des conditions sociales, des conditions de pauvreté, des conditions de misère, des conditions aussi d'injustice ressenties.

Il faut comprendre que la flambée de l'islamisme ne se serait pas développée s'il n'y avait pas d'abord le sentiment d'une très grande injustice qui est faite aux pays musulmans, d'abord en particulier au monde arabe, l'injustice qui découle notamment des échanges entre le Nord et le Sud, l'injustice qui découle du fait que les pays du monde musulman n'ont pas de siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, l'injustice qui découle de la situation au Proche-Orient et notamment avec le conflit interminable entre Israël et la Palestine où le monde arabe et plus généralement le monde musulman a le sentiment que ce conflit n'en finira jamais et qu'on applique à l'encontre du peuple palestinien un deux poids, deux mesures absolument intolérable.

Je voudrais donc aussi signaler la responsabilité des dirigeants politiques français qui, au lieu d'essayer de calmer le jeu, de rechercher la paix à la fois dans le monde et en France, jettent de l'huile sur le feu. Lorsque M. Macron envoie des missiles sur la Syrie en violation du droit international, il jette de l'huile sur le feu. Lorsque Nicolas Sarkozy démolit le régime de Kadhafi en Libye, il jette de l'huile sur le feu.

Je rappelle que Jacques Chirac et Dominique de Villepin, quant à eux, avaient refusé de participer à la guerre en Irak, qui était une guerre illégale lancée par les États-Unis pour détruire le régime de Saddam Hussein et pour le remplacer par une espèce de règne des seigneurs de la guerre, qui a fait maintenant 1 ; 1,2 million de morts civiles, notamment de beaucoup de femmes et d'enfants. Parmi ceux qui jettent également de l'huile sur le feu, il y a les théoriciens du grand remplacement. Je rappelais que celui qui a commis cette tuerie à Christchurch en Nouvelle-Zélande est un Australien qui a invoqué le parrainage – si l'on peut dire – de Mme Le Pen.

J'ai vu que Mme Le Pen avait démenti avoir jamais tenu les propos sur le grand remplacement. Force est quand même de constater que ça n'est pas le cas d'un certain nombre de membres de son entourage. Je rappelle également que pendant la campagne présidentielle en janvier 2017, M. Dupont-Aignan avait fait sienne cette théorie du grand remplacement. Sans ambages, il avait dit, redit avec beaucoup... Et sans vergogne comme quoi il y avait une volonté de substitution des populations. Alors ce qu'il faut bien comprendre, c'est que de tels propos sont des propos qui ne peuvent mener qu'à envenimer la situation. Il faut être complètement irresponsable comme M.

Dupont-Aignan pour faire ce genre de choses. On en voit ici la conséquence, parce qu'au bout du compte, c'est une guerre civile qu'on est en train de créer en France. Ce que je dis ne veut pas dire que la France doit abdiquer – bien entendu – ses valeurs. Mais ceux qui ont en permanence les valeurs républicaines à la bouche sont les premiers à se compromettre avec les régimes comme l'Arabie saoudite ou le Qatar qui financent notamment un certain nombre d'imams radicaux dans certaines mosquées françaises. Il faut donc pouvoir rassembler les Français tous ensemble sur un objectif de vivre en commun paisiblement. Il faut aussi redonner à l'État toute son autorité et toute sa souveraineté.

Lorsque les Français, et notamment les Français d'origine musulmane constatent à quel point nous sommes dirigés par une clique de gens extrêmement peu fréquentables, lorsqu'ils voient les inconduites de Macron, lorsqu'ils voient ce président qui a été élu à l'issue d'une énorme tricherie scandaleuse médiatiquement promue, lorsqu'ils constatent aussi que l'on est en train de vendre tout le patrimoine public français à des forces économiques, et lorsqu'ils constatent que très probablement... Il y a des retours. Il y a une corruption généralisée au niveau du gouvernement. Eh bien on ne peut assister qu'à ces dérapages et à cette situation qui s'envenime. Je m'arrêterai ici.

Je rappelle ce que sont nos positions à nous. Nous, nous ne stigmatisons jamais aucune religion. Nous, nous ne sommes pas favorables à la théorie du grand remplacement, qui est une théorie qui est une théorie d'abord complotiste, et qui est une théorie qui en fait ne peut mener qu'à des attentats comme ceux de Christchurch – il faut être très clair –. Nous sommes pour autant très vigilants aux questions concernant les problèmes migratoires. J'ai dit ce que j'avais à dire sur le pacte de Marrakech et le scandale qu'ont constitué sa signature et la ratification par Macron dans le dos du peuple français.

Nous considérons quant à nous qu'il faudrait au minimum demander l'avis des Français sur les questions migratoires, et puis si possible mettre un terme ou cesser les flux migratoires, afin que chaque pays puisse se stabiliser. Et cela ne passera que par une meilleure justice internationale : le fait que l'on aide les pays du Sud, notamment les pays du sud des pays du Maghreb et des pays d'Afrique à se développer par eux-mêmes. Ça veut dire aussi au passage que la France doit absolument sortir de ce club euro-atlantiste qui fait qu'elle... On est en train de se lier avec les pays baltes contre le monde arabo-musulman. En revenant à ce qu'a toujours été la France.

C'est-à-dire un pays à vocation universelle.

En redonnant à la France des dirigeants dignes, des dirigeants qui respectent les lois, respectent la Constitution, respectent le peuple français, des dirigeants qui se battent pour le peuple français et en particulier pour les plus modestes et les plus pauvres d'entre eux, quel que soit leur sexe, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur confession religieuse, en redonnant à la France sa liberté et son indépendance, notamment en matière internationale, en redonnant à la France son rôle de pont entre le monde chrétien et le monde musulman comme c'est le cas depuis François Ier et l'alliance qu'il avait à Soliman le Magnifique, en redonnant aux Français en bref quels qu'ils soient confiance dans leur propre pays.

C'est la meilleure façon que nous avons de combattre ceux qui sont en train de promouvoir le choc des civilisations avec les attentats effrayants que l'on voit aussi bien commis en France... Il ne faut pas oublier les morts du Bataclan. Il ne faut pas oublier les morts de la promenade des Anglais, de la même façon que nous ne devons pas oublier les 1,2 million de morts civiles en Irak, les centaines de milliers de morts et de déportés, de déplacés en Libye, et puis malheureusement ces 50 victimes à Christchurch devant lesquelles nous devons tous nous incliner. Merci pour votre réponse. Passons maintenant à l'acte XVIII des Gilets jaunes (GJ) qui s'est tenu le 16 mars dernier.

Qu'avez-vous à en dire, sachant que cet acte a été marqué par de nombreuses scènes de pillage et de violence sur les Champs-Élysées ? J'aurais tendance à redire presque la même chose que ce que je viens de dire. Il faut bien entendu condamner les violences. Je ne cesse, je n'ai cessé de dire... Et l'UPR n'a pas arrêté de dire et de communiquer sur la question des GJ en soutenant le mouvement des GJ, en apportant aux GJ une espèce de soutien d'analyse, notamment le dossier sur la destitution de Macron, en fournissant les bonnes analyses. Mais j'ai toujours appelé les GJ à essayer de rester dans la non-violence. Le problème qui se pose, il est double.

D'une part, il est possible que dans une foule, lorsque l'on pousse des gens au désespoir... Parce que c'est de ça qu'il s'agit. On pousse les gens au désespoir. Eh bien il y a malheureusement – c'est statistiquement inévitable – dans une population donnée des gens qui versent dans la violence, parce qu'ils ont le sentiment que c'est la seule possibilité pour eux de se faire entendre. Voilà. Macron, depuis maintenant ce mouvement des GJ qui a commencé le 17 novembre... Ça fait maintenant donc 4 mois que le mouvement a démarré. Macron n'a apporté à peu près aucune réponse.

Il a lancé un prétendu grand débat qui n'est pas un grand débat du tout, qui est une tartuferie, comme je l'ai dit récemment dans un média qui voulait bien m'inviter. En fait, il pose les questions et les réponses. Il a délibérément mis de côté tout ce qu'il ne voulait pas voir. Il occupe l'espace médiatique d'une façon absolument scandaleuse. Macron est plus présent à la télévision française que Kim Jong-un ne l'est à la télévision nord-coréenne. Je note d'ailleurs que sur BFM, dans quelques jours... BFM a décidé de réunir 6 chefs de partis politiques français pour parler des GJ et de comment sortir de la crise des GJ.

Alors j'ai vu que les 6 chefs de partis qui sont ainsi invités à parler sur BFM sont M. Stanislas Guerini, le secrétaire général de En Marche, que personne ne connaît... Il y a également Mme Le Pen pour le RN. Il y a M. Wauquiez pour LR. Il y a M. Bayrou, que l'on sort de la naphtaline à cette occasion, depuis sa mairie de Pau où il s'était enlisé. Il y a M. Mélenchon pour la FI. Et il y a Olivier Faure qui n'est pas connu non plus qui est à la tête de ce qui reste du PS.

Alors ce qui est assez incroyable dans cette histoire d'émission de BFM, c'est qu'en fait, BFM invite pour parler de la crise des GJ et comment en sortir 6 partis politiques qui ont été unanimement rejetés par les GJ justement, qui ne veulent pas en entendre parler. C'est quand même assez extraordinaire. Il est assez extraordinaire que de notoriété publique, puisque nous avons eu des articles de journaux et même quelques émissions radio sur le sujet... De notoriété publique, énormément de GJ parlent de François Asselineau, votre serviteur, et de l'UPR. Et actuellement, nous engrangeons chaque jour entre 30 et 40 adhésions spontanées. Notre mouvement est en croissance verticale.

Les vidéos que nous produisons connaissent des succès phénoménaux. Eh bien nous ne sommes pas invités. Et j'en appelle ici à tous les Français qui m'écoutent et qui me regardent, et en particulier aux GJ. Vous devez voir dans cette censure systématique à l'encontre de l'UPR... C'est pour vous la meilleure preuve que l'UPR est de votre côté et que si vous devez faire confiance à un parti politique, c'est le nôtre. Non pas... Vous savez, je n'ai pas mis de GJ. Nous n'avons pas fait – comment dirais-je – la cour aux GJ. D'ailleurs, les GJ sont extrêmement diversifiés.

Mais il se trouve que beaucoup des GJ qui réfléchissent, qui cherchent, qui essayent de comprendre d'où viennent les problèmes de la France en sont venus d'abord à réclamer un référendum d'initiative citoyenne (RIC) par l'intermédiaire d'Étienne Chouard, puis ont commencé à se renseigner sur l'UPR, nos analyses concernant notamment la construction européenne, les traités européens, l'euro, le fonctionnement antidémocratique de toute cette machinerie, les origines cachées de la construction européenne. Voilà tout ce qu'ils ont trouvé. Et lorsqu'Étienne Chouard a annoncé publiquement ici-même qu'il voterait pour notre liste, ça a contribué à dynamiser encore notre notoriété chez les GJ.

Il faut donc avoir une volonté sordide, mauvaise, trompeuse, antidémocratique chez BFM pour que cette chaîne de télévision, délibérément, refuse d'inviter à une émission portant sur comment sortir de la crise de GJ l'un des rares – sinon peut-être le seul – partis politiques qui a la plus grande confiance justement chez les GJ. Alors maintenant, s'agissant des attentats qui ont eu lieu à Paris avenue des Champs-Élysées, qu'est-ce que l'on peut en dire ? On peut en dire que, ma foi, qui a commis ces attentats, on n'en sait rien. Il est possible que ce soient des GJ excédés. C'est possible. Il est possible aussi que ce soient les blackblocks, comme on dit.

Mais qui se cache derrière les blackblocks ? Qui est certain de leurs motivations ? Il est quand même de notoriété publique – ça remonte à des centaines d'années – que dans ce genre de situations, il peut y avoir des provocateurs lancés voire entraînés voire financés par le gouvernement lui-même pour essayer de détruire, de faire de la casse afin de procéder à un renversement de l'opinion publique contre les manifestants. C'est vieux comme le monde. C'est vieux comme le monde. Et ça n'est pas M.

Castaner qui a le passé que l'on connaît, puisqu'entre 18 et 20 ans, il était l'un des proches de l'un des caïds de la pègre de la région sud-est : Christophe Oraison, qui a été assassiné dans un règlement de comptes crapuleux en 2008... Ça n'est pas M. Castaner... M. Castaner n'est quand même pas Sœur Emmanuelle ni Mère Teresa. On pense également que M. Macron, finalement, est d'un cynisme échevelé. Donc il est normal, compte tenu de la situation, que beaucoup de Français aient des doutes sur qui a commis quoi. C'est d'autant plus normal qu'il circule sur Internet des vidéos qui font le buzz, comme on dit, et qui posent quand même problème.

Il y a une vidéo où, semble-t-il, l'on voit, paraît-il, un CRS ou un policier qui aurait participé à un pillage, aurait mis dans son sac des T-Shirts du PSG. C'est vrai ou c'est pas vrai ? Il faudrait quand même que les Français le sachent, et sachent qu'est-ce qui va advenir de ce fonctionnaire pour le moins indélicat. On a cru savoir également que le reporter de Brut Rémy Buisine, qui filmait cette scène, a été gravement molesté. C'est vrai ou c'est pas vrai ? On aimerait le savoir. On a entendu également que certains...

Je ne sais pas si c'est un collègue d'un CRS ou d'un gendarme, je ne sais pas, qui s'étonnait à haute voix du fait qu'au moment même où il y avait des pillages et des scènes de bris de vitrines sur les Champs-Élysées, voire de prises de feu, eh bien que certains avaient l'air d'être très surpris qu'on ne leur donne absolument pas l'ordre d'intervenir. Pourtant, lorsqu'il commence à y avoir un feu qui prend, rien n'est plus normal que le fait qu'un escadron ou quelques voitures, quelques autocars, quelques cars de CRS arrivent avec des lance d'eau anti-incendie, puisqu'il y en a dans toutes les manifestations pour éteindre immédiatement le feu.

On a donc le sentiment qu'il y a eu pour le moins des directives consistant à dire : « Ne bougez pas. Faites en sorte qu'il y ait le maximum de dégâts ». On a vu également certaines rumeurs qui indiquent que peut-être, le store du restaurant Fouquet's ô combien symbolique, puisque c'est là que Nicolas Sarkozy avait invité ses amis lorsqu'il avait été élu président de la République en 2007... Ça avait fait grand bruit. On a vu que le store avait commencé à brûler. Et semble-t-il, des rumeurs circulent comme quoi ce serait en fait non pas le fait des manifestants mais un tir de LBD qui aurait provoqué le feu. Moi, j'en sais rien. Il faudrait qu'il y ait une enquête qui soit menée.

Mais le problème, c'est que les enquêtes, dans la mesure où les enquêtes comme l'enquête Benalla sont étouffées, les Français n'y croient plus non plus. On est donc dans un système de défiance généralisée vis-à-vis des autorités. Le dernier point que je voudrais dire... J'y reviens. C'est ce que je disais au début. C'est que lorsqu'un certain nombre de Français voient le mépris insolent de M. Macron... On a vu ces photos ahurissantes de Macron qui, semble-t-il, tous les samedis, au moment des GJ, prend la poudre d'escampette et s'aperçoit qu'il a poney à l'autre bout de la France ou piscine ici ou là. Là, paraît-il qu'il devait aller faire du ski aux Pyrénées.

Donc à chaque fois, très courageusement, M. Macron et Mme Trogneux prennent la poudre d'escampette. Mais on les a vus comme ça de façon quasi-provocatrice en train de faire du ski dans les Pyrénées au moment même où il y avait les violences à Paris. Ce qu'il faut comprendre, c'est que pour des personnes qui vivent au RSA, qui gagnent moins de 600 € nets par mois... Quand on voit que pour même des smicards qui gagnent 1 200 € nets par mois et qui peuvent avoir plusieurs enfants, et qui donc ont beaucoup de mal, beaucoup beaucoup de mal à joindre les deux bouts, en particulier ceux qui sont au RSA, mais même les smicards...

Voir le président de la République afficher un sourire Colgate comme... Voilà. Un grand sourire, dents éclatantes, en train de faire du ski, en train de montrer que finalement, il n'en a rien à faire du peuple qu'il considère comme une vile valetaille. Eh bien tout cela ne peut mener là encore qu'à enflammer la situation. M. Macron, malgré son grand débat, ne parvient pas à éteindre l'incendie des GJ. Il n'y parviendra pas, puisque ce que demandent les GJ, ça revient tout simplement à se soustraire aux injonctions, aux directives de l'UE. Et ça, M. Macron, qui n'est en fait que le larbin de l'oligarchie euro-atlantiste qui l'a fait élire, ne veut pas revenir sur les exigences de l'UE.

Il ne peut pas revenir sur la suppression de l'ISF, puisque c'est le rapport des grandes orientations des politiques économiques de la Commission européenne (GOPÉ), en particulier celui de 2015 qui avait exigé que soit supprimé l'ISF. Il ne peut pas faire en sorte de revenir sur la privatisation rampante d'EDF ou de la SNCF, puisque c'est exigé aussi par la Commission. La Commission européenne, qui exige toujours dans le même rapport des GOPÉ 2015 notamment la remise en cause du droit du travail, la fin progressive du CDI, la fusion des communes, j'en passe, et des pires. Voilà. M. Macron ne dirige pas la France.

Il n'est que le gouverneur de la province France dans les mains de ceux qui l'ont fait élire. Eh bien dans ces conditions, Macron peut faire tous les discours, tous les débats bidon qu'il veut, il ne peut pas répondre aux attentes du peuple français qui s'exprime par les GJ. La suite, c'est que nous avons probablement un pays qui est entré dans une zone de turbulences tout à fait durable, jusqu'au moment où les Français décideront de se débarrasser de cette clique qui a mis la main sur la démocratie française, sur sa souveraineté et sur son indépendance.

En conclusion, sur cette affaire de GJ, je rappelle que l'UPR a publié un dossier pour réclamer de nos parlementaires le lancement de la procédure de destitution de Macron. Nous avons publié un dossier avec 13 violations de la Constitution. On va le publier actualisé, puisque maintenant, il faut y ajouter toute une autre série de violations qu'il a commises depuis 1 mois, 1 mois et demi. Et donc on doit en être à 15 ou 16 violations de la Constitution. Je rappelle que pour lancer la procédure de l'article 68 menant à la destitution du président de la République, il faut avoir 58 députés et 35 sénateurs.

Je rappelle que malgré tous nos efforts, malgré les efforts d'énormément de nos adhérents, de nos sympathisants, de GJ qui ont écrit, qui continuent d'écrire à leurs députés et à leurs sénateurs, nous n'avons eu pour l'instant qu'un seul accord formel d'un député de l'Essonne : Franck Marlin. On m'a dit que M. Jean Lassalle aurait décidé de signer également cette procédure de destitution. En tout cas, c'est ce qu'il a dit dans un débat qui a été enregistré il y a quelques jours devant le public. Donc nous attendons maintenant la lettre de M. Jean Lassalle. Nous l'avons contacté. Nous l'avons saisi. Nous lui avons demandé de confirmer par écrit sa position. Malheureusement, M.

Lassalle ne nous répond pas. J'espère que M. Lassalle, qui n'avait pas hésité à enfiler un gilet jaune dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, ce qui lui avait valu d'ailleurs d'être réprimandé par le président de l'Assemblée nationale... Et je crois même qu'il a eu une amende pour cela. J'espère qu'il ne s'agit quand même pas uniquement d'un coup de marketing. Et M. Lassalle, que je connais... Je m'adresse ici à lui. Jean Lassalle, il faut que vous nous fassiez parvenir officiellement votre lettre comme quoi vous soutenez la procédure de destitution à l'encontre de M. Macron, et qu'il n'est pas digne de diriger la République française. Passons maintenant à la privatisation.

En effet, la loi Pacte vient d'être votée à l'Assemblée nationale. Qu'avez-vous à en dire ? Eh bien nous avons assisté à un nouveau scandale, vraiment un scandale énorme. Effectivement, la loi Pacte, qui prévoit la privatisation d'un certain nombre d'infrastructures publiques, d'établissements publics, et en particulier des aéroports, notamment Aéroports de Paris, et Engie. Alors Dieu sait si l'on en a beaucoup parlé ces temps-ci. On avait beaucoup parlé notamment de la privatisation d'Aéroports de Paris. Il y avait une pétition qui avait été lancée notamment par Coralie Delaume, que nous avions relayée, nous avions demandé de signer.

J'ai eu l'occasion de m'exprimer pour condamner ces privatisations. Et puis on a appris qu'un vote avait eu lieu à l'Assemblée nationale à 6 heures du matin, je crois, un samedi matin, sauf erreur de ma part (NDLR : c'est ça). Et il y avait en tout et pour tout à peu près 42 personnes dans l'hémicycle. Il y a eu 27 députés qui ont voté pour cette loi et 15 qui ont voté contre. Alors ça n'est pas acceptable. Ça n'est pas acceptable parce que je rappelle qu'il y a 577 députés en France. Et cette loi de privatisation d'Aéroports de Paris, c'est un scandale absolu. J'ai eu l'occasion d'en parler. Aéroports de Paris est une entreprise publique qui rapporte beaucoup d'argent à l'État.

Il n'y a aucune nécessité de privatiser du point de vue financier. Et il y a toutes les raisons du monde de le conserver dans la sphère publique, parce qu'avoir la société qui gère les plateformes aéroportuaires de la capitale française, c'est un enjeu stratégique. Stratégique... Donc il est totalement anormal que cette privatisation ait lieu, mais a fortiori lorsqu'elle est décidée par 27 députés alors qu'il y en a 577. C'est-à-dire qu'il y a moins de 5% des députés qui se sont exprimés en faveur. On peut plus continuer comme ça. On peut plus non plus continuer avec une opposition bidon à 15 voix contre. 15 voix contre...

Mais je rappelle quand même qu'il y a normalement à l'Assemblée nationale des gens qui auraient dû massivement voter contre, à en croire du moins le discours public qu'ils tiennent. Je rappelle qu'il y a 10 députés du RN plus M. Dupont-Aignan plus M. Lassalle plus les 15 députés de la FI plus les députés du groupe gauche qui comprend notamment le PCF. Où étaient-ils ? Où étaient les députés de l'opposition qui fustigent les privatisations ? S'il y avait eu tous les députés du RN, tous les députés communistes et du groupe communiste, s'il y avait eu tous les députés de la FI, eh bien ils auraient fait largement plus que 27 voix. Et la loi aurait été rejetée. Où étaient-ils ?

Ça suffit d'avoir des députés qui tiennent des propos enflammés comme ça dans les préaux d'écoles et qui, une fois qu'ils sont à l'Assemblée nationale, ne font rien, ne sont pas présents ou n'agissent pas dans le sens qu'ils avaient promis. Ça rappelle d'ailleurs que M. Mélenchon, quand il a été au Parlement européen, il a soutenu, il a voté en faveur des farines animales. Il a voté en faveur de l'intervention en Libye, etc., etc. À chaque fois, il a expliqué qu'il s'était trompé. Ça va bien, la duplicité, le mensonge et l'hypocrisie. Alors moi, qu'est-ce que j'ai à dire de tout ça ?

Tout ça est extrêmement grave, extrêmement triste, parce qu'on voit que la République française part en quenouille de partout. Quand vous pensez que des privatisations d'une aussi grande importance sont votées par moins de 5% des députés, et qui plus est comme ça par une nuit sans lune à 6 heures du matin, c'est n'importe quoi ! C'est même plus une république bananière. C'est un délitement, une décadence complète de toutes les institutions. Toute cette affaire nous a donné à réfléchir. Et nous allons enrichir le programme de l'UPR d'une nouvelle disposition.

Si un jour, nous avons des députés à l'Assemblée nationale qui sont majoritaires, eh bien ils appliqueront le programme sur lequel ils auront été élus. C'est-à-dire qu'ils proposeront une loi, ou alors c'est notre gouvernement qui fera un projet de loi : un projet de loi ou une proposition de loi organique qui permettra d'imposer que désormais, une loi en France ne pourra plus être appliquée que s'il y a un quorum minimal de députés et de sénateurs présents dans les hémicycles. Et je pense...

Il faut y réfléchir encore mais je pense que le quorum doit être de la moitié des parlementaires présents dans chacun des deux hémicycles, ce qui signifie, puisqu'il y a par exemple 577 députés, qu'il faudrait obligatoirement qu'il y ait au moins la moitié des députés présents, c'est-à-dire 289 députés : une majorité de députés présents qui soient présents dans l'hémicycle pour que la loi qui sera votée soit appliquée. Si cette disposition était appliquée, eh bien la loi qui vient d'être votée n'aurait pas pu avoir lieu, puisqu'il y avait 45 députés présents : 27 qui ont voté pour, 15 qui ont voté contre, ce qui fait 42, et 3 qui se sont abstenus.

Donc au lieu d'avoir 45 députés présents, il aurait fallu qu'il y en ait au moins 289. Et j'ajoute que nous souhaiterions aussi... Nous proposerons sans doute dans cette loi, en tout cas dans notre programme, qu'une loi ne peut pas être votée disons après... Mettons minuit. Voilà. Ou 23 heures. Et puis nous ajouterons également une autre disposition dans cette loi, en tout cas dans notre programme. C'est que nous proposerons qu'une loi ne puisse plus être votée après minuit. C'est-à-dire qu'une loi ne pourrait pas être votée disons entre minuit et 9 heures du matin. Voilà. Parce qu'il est normal qu'un parlementaire puisse dormir. C'est la moindre des choses.

Il n'est pas normal que des lois puissent être votées à l'arrache après des heures et des heures de négociations, et à la fin desquelles les parlementaires n'ont pour reprendre cette formule un petit peu familière pas les yeux en face des trous. Il faut qu'un parlementaire, lorsqu'il vote, il sache très exactement ce qu'il veut, et qu'il soit pas à moitié endormi et fatigué en votant un peu n'importe quoi.

Donc je pense que ces deux dispositions : interdiction qu'une loi soit votée entre minuit et 9 heures du matin et puis par ailleurs qu'une loi ne peut être votée que s'il y a au minimum la majorité des parlementaires présents physiquement dans l'hémicycle, c'est-à-dire par exemple 289 députés... Eh bien je pense que cette loi organique qui pourrait d'ailleurs peut-être même être mise dans la Constitution, puisque finalement, la Constitution prévoit aussi la durée des sessions parlementaires...

Eh bien je pense que ces deux dispositions permettraient déjà de mettre un terme à ce scandale récurrent qui scandalise en fait les Français, qui constatent que les hémicycles sont totalement vides, et qu'en fait, on joue avec le pays, on joue avec notre économie, on joue avec notre droit, on joue avec les privatisations, on joue avec le patrimoine public avec des gens qui ne représentent quasiment plus personne. Moins de 5% des députés, c'est un scandale. Il faut y mettre un terme. Et si nous arrivons au pouvoir, nous y mettrons un terme. Parlons à présent du Brexit, sujet qui subit de nombreuses péripéties. Pouvez-vous nous faire un point ? Alors oui, effectivement, bon...

Ça devient très compliqué. Ça devient très compliqué. Lors de ma tournée en Normandie, j'ai été interrogé par quelques personnes du public à l'issue des réunions publiques. Je faisais d'abord un discours préalable. Et après, il y avait une séance de questions-réponses. Et puis j'ai été également interrogé par des journalistes de différents médias normands. Et une question est revenue régulièrement. Ils m'ont dit : « Mais le Brexit se passe très mal. Est-ce que ça ne vous dissuade pas d'aller de l'avant ? Et est-ce que vous ne pensez pas que c'est vraiment un problème aussi pour la France ? Qu'est-ce qui vous permet de penser que le Frexit se passerait mieux que le Brexit ? ».

À quoi j'ai répondu qu'en fait, le Brexit... Il y a deux choses à voir sur le Brexit. Il y a le fond et la forme. Sur le Brexit, sur le fond... Sur le fond, les choses se passent très bien. Sur le fond, on nous avait expliqué... Mme Christine Lagarde, la directrice générale du FMI – je le rappelle –, avait expliqué quelques jours ou quelques semaines avant le référendum de juin 2016 sur le Brexit... Elle était allée à Londres. Elle avait expliqué que si jamais les Britanniques votaient pour le Brexit, dans les jours et les semaines qui suivraient, ce serait l'apocalypse.

On avait annoncé que jusqu'à 300 000 cadres de la City londonienne travaillant dans les grandes banques fuiraient le pays pour aller se réfugier à Francfort, à Anvers, à Rotterdam ou à Paris. Et on se rappelle que M. Macron, ministre de l'Économie à l'époque, en juin 2016, avait annoncé qu'il dresserait le tapis rouge pour accueillir ces réfugiés qui partiraient de l'Angleterre en se pinçant le nez. En réalité, il n'en est rien. On attend toujours. Le tapis rouge n'a pas été foulé. On attend toujours les fameux réfugiés économiques.

Une étude du Financial Times de juin 2018, qui avait été voir toutes les banques de la City, était revenu et avait avoué assez piteusement qu'au lieu de 300 000 réfugiés qui allaient partir, on en était tombé peut-être maintenant à 2 000 à 3 000, un facteur 100 en moins. J'ai déjà expliqué que le chômage est au plus bas depuis 1960 – c'est-à-dire depuis bientôt 60 ans – au Royaume-Uni. J'ai expliqué que le commerce extérieur s'est redressé, que du fait que la livre sterling a baissé, il y a des investissements internationaux qui contre toutes les prophéties d'apocalypse viennent s'investir au Royaume-Uni.

J'ai expliqué également que du fait de la fin de la directive des travailleurs détachés, le nombre de travailleurs venus de l'Est et allant au Royaume-Uni a diminué considérablement et que cela crée non seulement une baisse du chômage mais des tensions sur la manœuvre et donc une augmentation des salaires. On peut quand même difficilement faire mieux. En tout cas, la situation économique du Royaume-Uni est très supérieure à celle de la France. Mais alors pourquoi est-ce que les Français pensent que ça se passe mal, le Brexit ?

Parce qu'en réalité, les dirigeants du camp pro-européen, les dirigeants britanniques européistes, les dirigeants britanniques anti-Brexit refusent le verdict des urnes de 2016. C'est aussi simple que cela. De même qu'en France, les mêmes dirigeants, les français, les dirigeants français européistes ont refusé le référendum de 2005 où 55% des Français avaient dit non à la constitution européenne. Rappelez-vous que Nicolas Sarkozy a fait ratifier par la procédure du Congrès par nos parlementaires dans le dos du peuple français le traité de Lisbonne, qui est un copier-coller de la constitution européenne que les Français, justement, avaient rejetée.

Alors soit dit en passant, ce genre de procédure ne peut mener qu'au fait que les gens deviennent fous de rage. Il ne faut pas s'étonner là aussi que la tension puisse monter. Lorsqu'on ne respecte pas la loi, lorsqu'on ne respecte pas le b-a-ba de la démocratie, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des réactions qui peuvent être parfois très violentes, ou alors tout simplement le désespoir général qui s'abat sur une nation, et une nation qui sombre dans le déclin accéléré, dans l'abandon, dans la décadence. Alors le Brexit, c'est ça.

Le Brexit, c'est que les partisans du maintien du Royaume-Uni dans l'UE, ceux-là même qui ont obtenu 48% des suffrages en juin 2016, n'ont toujours pas digéré leur défaite et entendent tout faire pour empêcher que ce que 52% des Britanniques ont décidé se fasse. Voilà la réalité. Alors on ne sait plus très bien où l'on en est. Mme Theresa May, donc, avait fait... Je crois que j'en ai déjà parlé. Mme Theresa May a fait un nouveau vote sur son pseudo-accord qui maintient le Royaume-Uni dans le marché commun. Le score qu'elle a obtenu a été cinglant. C'était la deuxième fois qu'elle montrait cet accord.

Il était un peu moins cinglant que la première fois, puisque la première fois, il y avait eu (NDLR: 432 députés contre son accord et 202 pour). On n'avait jamais vu ça depuis les années 1920. La deuxième fois, quand elle l'a présenté, on n'avait pas 402 contre mais (NDLR : 391) contre et 242 pour. Donc il y a encore un gouffre énorme. C'était le 12 mars. Le 13 mars, il y a eu un vote sur la sortie sans accord. Et là, le vote a été tangent, puisqu'il y a eu 312 députés qui ont voté contre le Brexit sans accord et 308 qui ont voté pour. C'est-à-dire que la marge était de 4.

Il aurait suffi que 3 députés – 3 députés seulement – qui avaient voté contre changent leur vote pour que le Brexit sans accord l'emporte le 13 mars. Il n'y a pour l'instant parmi tous les votes qui ont eu lieu à la Chambre des communes... C'est le vote en faveur du Brexit sans accord qui a été le plus proche d'atteindre la majorité des députés présents, celui dont la légitimité est actuellement la plus forte. Alors le lendemain, le 14 mars, il y a eu un nouveau vote pour savoir s'il fallait demander une prolongation de l'article 50. Et là, il y a eu une majorité des députés qui se sont prononcés pour demander une prolongation.

Alors on n'y comprend plus grand-chose, puisque la prolongation... Ah oui, j'ai oublié de préciser aussi... Il y a encore eu un autre vote très important pour savoir s'il fallait procéder à un deuxième référendum. Là, le score a été sans appel : (NDLR : 334 voix contre et 85 voix pour). Donc il n'y aura pas de deuxième référendum. Je l'avais d'ailleurs toujours dit, puisque non seulement le référendum n'est pas une tradition britannique... Les Britanniques font très très peu de référendums. Les deux seuls que je connaisse... Je ne suis pas forcément à jour de l'histoire britannique.

Mais il me semble que depuis 1900 jusqu'à aujourd'hui, en l'espace de 119 ans, je crois qu'il y a eu un référendum en 19**... Ça, j'en suis sûr. Il y a eu un référendum en 1972 pour l'entrée du Royaume-Uni dans le marché commun et puis le référendum de 2016 pour sa sortie. Voilà. Ce sont les deux référendums que je connaisse. Alors déjà, ça ne correspond pas aux traditions britanniques. Mais il y a un autre phénomène que les grands médias vous cachent.

C'est qu'il semble – il y a des rumeurs qui circulent beaucoup en Angleterre sur cette question – que s'il y avait un deuxième référendum, et contrairement à ce que l'on dit et ce que l'on assure aux Français, il est possible que s'il y a un deuxième référendum, ce ne soit plus 52% des Britanniques qui votent pour le Brexit mais que ce soit 54 ou 55%. En d'autres termes, contrairement à ce qu'on dit dans la presse française, où on dit que les Britanniques se mordraient les doigts de regret d'avoir voté pour le Brexit... C'est faux.

Et c'est justement parce que beaucoup de députés savent, ont entendu parler de ces rumeurs comme quoi un nouveau référendum mènerait à un résultat encore plus favorable au Brexit qu'ils ont préféré se soustraire à cette demande. Nous, nous avons prévu d'être présents quoi qu'il arrive. Et nous allons fêter quoi qu'il arrive les 12 ans de l'UPR. Et quoi qu'il arrive, nous soutiendrons les partisans du Brexit. Et si l'accord est reporté, si la sortie est reportée, eh bien nous serons tristes. Mais nous apporterons notre soutien à tous les brexiteurs. Mais il n'est pas sûr que la sortie va être reportée. Pourquoi ?

Parce que si on regarde bien le dossier, le report ne peut être de toute façon que de quelques semaines, puisqu'il faut absolument que le Royaume-Uni soit sorti de l'UE fin mai, à défaut de quoi il faudrait que le Royaume-Uni vote pour des élections pour des députés britanniques au Parlement européen, puisque c'est à la fin mai que tous les pays de l'UE élisent leurs députés au Parlement européen. Et donc il faut qu'il y ait les Britanniques qui aient aussi leurs députés, si le Royaume-Uni n'est pas sorti. Juridiquement, il n'est pas possible de faire autrement. Ça veut donc dire que les 27 autres pays dont la France devraient refaire leurs lois électorales.

Et notamment en France, on est passés de 73 à 79 députés, puisque les 27 pays restants se sont partagé les dépouilles du contingent de parlementaires britanniques. Eh bien il faudrait... Nous, il y a une loi qui a été adoptée en juin 2018 sur cette affaire. Il faudrait que nous, nous fassions une loi à l'envers pour revenir de 79 à 73 députés. Et les 27 États devraient faire la même chose. C'est donc quand même très peu probable. C'est pas absolument impossible. Mais c'est quand même extraordinairement peu probable. Et puis surtout, ça voudrait dire que les négociations seraient reportées aux calendes.

Or, et contrairement à ce que disent les grands médias français, il y a au Royaume-Uni une immense partie de la population, les gens qui ont voté pour le Brexit, qui sont excédés, qui n'en peuvent plus de ces atermoiements, qui ont compris que ce sont en fait les partisans du maintien dans l'UE qui sont des fascistes bleus. Le fascisme bleu consiste à refuser le verdict des urnes, comme nous l'avons eu – nous – en 2005 lorsque 55% des Français ont voté non à la constitution européenne. Donc les esprits sont de plus en plus chauffés à blanc. Et Mme May le sait. Elle est donc en fait sur un siège éjectable.

Il faut savoir de surcroît que pour obtenir ce report des négociations qui – donc – pour les raisons que je viens d'évoquer ne pourrait être que de quelques semaines, un mois tout au plus, encore faudrait-il qu'il y ait matière à négocier. Mais quelle va être la matière à négocier, puisque les Européens, les 27 autres pays d'Europe ont fait savoir qu'ils accepteraient éventuellement un report mais qu'à condition qu'il y ait des percées du côté britannique ? Or, Mme May sait bien qu'elle ne peut pas aller plus loin que ce qu'elle avait proposé, qui a été rejeté. Donc elle ne pourrait, si elle faisait une modification, pour qu'elle ne soit pas rejetée...

Il faudrait que ça soit des modifications allant dans le sens des brexiteurs. Or, justement, l'UE a refusé toute modification allant dans ce sens. Donc il y a une situation de blocage. Il y a encore un autre élément à avoir à l'esprit. Les rumeurs circulent. Elles ont été notamment lancées, entretenues par un député allemand proche de Mme Merkel qui s'appelle M. Elmar Brok. Certaines rumeurs circulent comme quoi l'Italie de MM. Salvini et Di Maio aurait décidé, aurait promis à Nigel Farage de refuser un report du Brexit, puisque je rappelle que ce report qui est prévu par l'article 50 des traités... Ce report n'est pas de droit. Il faut que les autres pays l'acceptent à l'unanimité.

Donc si l'Italie, par exemple... Mais ça pourrait être aussi le cas de la Hongrie, de la Pologne ou d'autres pays. Si 2, 3 pays, même un seul, même Malte, par exemple, refuse le report demandé par Londres, il n'y a pas de report. En d'autres termes, tout cela donne à penser qu'il n'est pas du tout impossible qu'arrive le 29 mars... La réponse, c'est dans 11 jours. Et qu'en définitive, il n'y ait toujours pas d'accord. Ni accord avec Mme May et l'UE, ni accord pour un report de la sortie.

Et je rappelle aussi quand même qu'une loi a été validée, promulguée par la reine Elisabeth II en juin de l'année dernière qui fixait la date au 29 mars 2019, puisque je rappelle que formellement, le Royaume-Uni avait lancé la procédure de l'article 50 le 29 mars 2017. Tout cela pour dire que les rebondissements sont intenses. On a en fait une espèce de lutte de propagande. On apprend aussi ces jours-ci, aujourd'hui même que les conservateurs auraient lancé, auraient diffusé une information comme quoi il fallait demander aux députés conservateurs s'ils étaient d'accord pour être de nouveau sur une liste pour les élections européennes. Donc laissent entendre au gouvernement...

Le gouvernement britannique s'apprêterait à se faire à l'idée de rester ad vitam æternam dans l'UE. En fait, c'est la guerre des nerfs. C'est la guerre d'intimidation. On balance des fake news de part et d'autre. On n'en sait rien. Moi, je pense qu'il y a une probabilité qui reste tout à fait significative, peut-être même très probable que le Brexit ait bien lieu le 29 mars à 23 heures. Comme je l'ai dit tout à l'heure, nous, de toute façon, nous avons décidé d'être présents ce jour-là. J'ai pris cette décision à la fin de l'an dernier, même à l'automne de l'an dernier. Nous avons depuis plusieurs mois préparé une grande cérémonie, une grande manifestation le 29 mars à 23 heures.

Je renvoie toutes les personnes intéressées à l'article que nous avons mis en ligne, que nous avons d'ailleurs étoffé pour voir toutes les manifestations que nous allons avoir. La plus importante de ces manifestations, ça sera le 29 mars au soir dans le grand hall de Church House Westminster, à 200 mètres de la Chambre des communes, où nous allons avoir donc de nombreux intervenants, notamment trois anciens ministres conservateurs qui étaient pour le Brexit. Nous allons avoir également un général deux étoiles qui était pour le Brexit, qui est à la retraite maintenant. Nous allons avoir le leader des partisans du Brexit au sein du parti travailliste.

Donc nous aurons à la fois les conservateurs et les travaillistes qui seront représentés. Nous allons avoir un syndicaliste syndicaliste de RMT. Nous allons avoir également une femme qui a créé une association de citoyens pro-Brexit pour les soutenir face aux insultes, aux injures qu'ils reçoivent de la part des fascistes bleus qui en permanence les toisent de haut et les considèrent comme des abrutis, parce qu'il y a une intolérance incroyable de la part des européistes au Royaume-Uni comme en France. Et puis nous aurons – on l'espère – la présence de Nigel Farage, dont il est possible qu'il vienne nous dire un mot pendant cette soirée.

On espère qu'à 23 heures, on pourra constater après un décompte sur un écran géant la sortie du Royaume-Uni de l'UE, et que nous célébrerons cela par les hymnes nationaux : « God Save the Queen » pour le Royaume-Uni suivi de « la Marseillaise ». Et puis nous ferons sauter les bouchons de champagne pour célébrer cette libération du Royaume-Uni de cette prison des peuples qu'est la construction européenne. Et puis comme je l'ai dit, si par malheur ça n'avait pas lieu ce jour-là, s'il y avait un report, eh bien nous apporterons tout notre soutien aux brexiteurs, tout notre soutien moral, et les assurer qu'ils ne sont pas seuls dans leur lutte pour la libération.

Le 4 avril prochain, France Télévisions organise un débat avec les têtes de liste aux européennes. Un premier scandale avait éclaté avec la première annonce de France Télévisions qui avait oublié l'UPR, l'UDI et le PCF. Scandale en partie résolu, puisque l'UDI et le PCF ont finalement été invités. Mais il manque toujours l'UPR. Il faut croire que France Télévisions estime que la voie du Frexit n'a pas besoin d'être représentée. Qu'avez-vous à en dire ? Pas beaucoup de plus que ce que vous venez de dire. Nous avons reçu un courrier de France Télévisions suite à la saisine que j'avais faite le 21 janvier.

Ce courrier que j'avais adressé à Mme Ernotte, que j'avais adressé en copie aux cinq membres séparément du comité d'éthique, que j'avais adressé également en copie au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), n'avait obtenu aucune réponse. Nous avons enfin obtenu une réponse venant de France Télévisions. Une réponse qui est datée du 21 février. Mais l'enveloppe porte le cachet du 13 mars. Ça veut donc dire qu'il y a eu à peu près 22 jours d'attente entre la signature et l'envoi, ou alors qu'il s'agit d'une lettre antidatée.

Mme Ernotte n'a pas eu la courtoisie minimale de me répondre alors que je suis quand même ancien candidat à l'élection présidentielle et que je suis à la tête d'un parti que j'ai créé et qui vient de dépasser aujourd'hui même, 18 mars 2019, les 35 000 adhérents. Ce courrier que nous avons diffusé sur notre site est un scandale, puisque c'est un courrier d'une seule page recto qui ne répond en rien au courrier très circonstancié et aux questions que nous avions demandées à Mme Ernotte. Donc maintenant, j'ai essayé de saisir, je vais essayer de nouveau de saisir le président du CSA qui, lui, n'a toujours pas répondu.

En fait, ce qui éclate maintenant aux yeux de la population française, en tout cas de ceux qui se renseignent et qui nous connaissent, c'est que nous sommes désormais officiellement dans une dictature. Il est tout à fait invraisemblable que France 2 considère qu'il soit normal que depuis 23 mois, bientôt 2 ans, depuis le 21 avril 2017... France Télévisions considère qu'il est tout à fait normal que France 2 nous ait accordé 0 heure, 0 minute et 0 seconde, et que nous soyons écartés de ce débat avec les têtes de liste de France 2.

Alors nous allons demander fermement au CSA et à France 2 de nous inviter à ce débat, parce que si nous ne sommes pas au débat, en réalité, cela signifie que France 2 a décidé que les partisans de la sortie de l'UE ne peuvent pas s'exprimer, n'ont pas le droit à la parole, ce qui est évidemment... C'est la marque de la censure et de la dictature. France 2 veut un débat sur l'UE où ne participent que des partisans du maintien dans l'UE. C'est-à-dire que les têtes de liste qui sont M. Bardella, qui est le faux-nez de Mme Le Pen, M. Bellamy, qui est le faux-nez de M. Wauquiez, M. Dupont-Aignan, Mme Manon Aubry pour la FI, qui est le faux-nez de M.

Mélenchon, que les têtes de liste du PS, de EM... On sait d'ailleurs toujours pas qui va être tête de liste de En marche. Eh bien ils ont décidé qu'eux seuls pourront parler. Ils vont tous proposer, d'ailleurs, une autre Europe. Ça sera à qui proposera l'autre Europe, changer d'Europe, une Europe autrement, etc. Et nous, nous sommes interdits d'antenne. Mais où sommes nous ? Qu'est devenue la France ? Alors nous, nous allons donc demander fermement à France 2 de nous inviter, avec envoi de communiqué de presse, en ameutant tous les médias dans lesquels on peut passer. Donc je vais notamment en parler si j'ai le temps à Sud Radio, où je suis invité demain.

Et puis si les choses n'évoluent pas, eh bien – je l'ai déjà dit – nous allons organiser... D'abord, je pense qu'il faut que le maximum d'adhérents, de sympathisants ou tout simplement de démocrates écrivent à France 2, écrivent au CSA, écrivent à Matignon, écrivent à l'Élysée pour se plaindre de ça, puisque nous sommes... Les membres de l'UPR, les électeurs de l'UPR payent France 2. Ils acquittent leur redevance de télévision. Ils ont le droit d'entendre de temps en temps... Or, pour l'instant, 0 seconde en 2 ans, c'est quand même pas trop. Ils ont le droit d'entendre quand même que leurs idées puissent être représentées.

Si tout ça ne suffit pas, nous ferons une manifestation le 4 avril devant les locaux de France 2. Et j'essaierai d'aller à France 2 pour participer à ce débat. Nous aurons l'occasion d'en parler d'ici-là. Je crois qu'il est temps maintenant de terminer cet entretien d'actualité. Il y avait beaucoup de choses à dire. Notre mouvement, actuellement, se porte très bien. Nous avons vraiment le vent en poupe. Nous avons beaucoup beaucoup de gens qui s'intéressent à notre mouvement. Et il faut bien comprendre que si nous n'arrivons pas à être reçus dans les grands médias, des plus grands médias du pays, eh bien nous n'arriverons pas à atteindre, à toucher toute la population française.

Au moment de l'élection présidentielle, je pense qu'il devait y avoir à peu près 90% des Français qui n'ont pas fait attention à ma candidature, puisqu'elle avait été mise de côté. Je pense que depuis lors, le nombre de Français qui s'intéressent à l'UPR a grimpé. On n'en est plus à 5 ou 10% comme c'était le cas en 2017. Je pense qu'on doit en être à peut-être 15, 20, 25%, 30%. Mais c'est là le scandale. C'est que nous, nous voulons être connus par 100% de la population, que 100% des électeurs puissent prendre connaissance de nos analyses et de notre programme, parce que si nous ne jouons que sur un tiers des électeurs, évidemment, le score électoral sera décevant.

C'est pour ça que c'est extrêmement important... Il n'y a pas de chose plus importante que d'avoir accès aux grands médias. Je le dis parce que parfois, j'ai vu certains courriels ou certains sur certains fils de discussion de Facebook, tel ou tel de nos sympathisants qui dit : « Oui, il faudrait arrêter de jouer les Calimero. Il faudrait arrêter de se plaindre ». Non ! Nous n'allons pas arrêter de nous plaindre, parce que si les autres partis politiques étaient traités comme nous le sommes, ils seraient les premiers à faire un scandale. Et c'est d'ailleurs ce qui s'est passé avec le PCF, avec l'UDI. Ils ont fait un scandale parce qu'ils ont été écartés de ce grand débat.

Eh bien nous, le scandale est permanent. Donc nous, nous n'allons certainement pas (NDLR : dire) : « Bon bah voilà, faisons contre mauvaise fortune bon cœur ». Je rappelle que les spécialistes de politologie savent qu'il existe une relation étroite entre le nombre d'heures passées dans les médias et le résultat dans les urnes. C'est pour ça que tous ensemble, nous devons nous mobiliser afin que les élections européennes du 26 mai ne soient pas une réédition de l'élection présidentielle de 2017, où l'on a volé le libre choix aux Français en leur cachant délibérément une partie des candidats et tout spécialement l'UPR. Nous ne laisserons pas tomber.

Et je pense que nous allons faire – vous le verrez – une très belle progression. Sur ce, je vous laisse. Merci pour votre attention, pour votre présence. Et puis comme d'habitude, vive la République et vive la France. (Générique)