Florian Philippot : "On a besoin d'air et de modernisation"
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Chapitres
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Questions et réponses
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La politique, Florian Philippot, comment qualifiez-vous ce qui est en train de se passer au Front National ?
- 0:53ComplaisanteRéponse directe
Il y a surtout une campagne législative en cours.
- 2:33FerméeRéponse directe
Pour vous c'est non négociable ?
- 3:19OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez la réponse vous Florian Philippot, comment faire ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Les pays qui ne sont pas dans l'euro ne font pas des efforts de compétitivité, vous pensez ?
- 4:19OuverteRéponse partielle
Le système social britannique est enviable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19PrésentateurChiffre
« 22 morts au moins. »
- 1:59PrésentateurFait
« l'aggravation de la loi travail, qui commence aujourd'hui, l'augmentation de la CSG, la remise en cause des indemnisations chômage, etc. »
- 2:21PrésentateurFait
« il va continuer de défendre la sortie de l'euro, ou que les Français ont rejeté en bloc, ou pas. »
- 2:30PrésentateurFait
« Bah moi je le souhaite, oui, parce que sinon ça n'aurait aucun sens. »
- 2:50PrésentateurFait
« Elle est d'ailleurs dans notre constitution, l'article 3. »
- 3:40PrésentateurFait
« que si nous sommes dans cette entrave de la monnaie unique, c'est une entrave économique et politique. »
- 3:56PrésentateurFait
« La réforme du droit du travail, elle est observée depuis Bruxelles, elle est voulue par Bruxelles, et elle est une contrepartie de ce système euro. »
- 4:00PrésentateurFait
« Regardez ce qui se passe en Grèce. »
- 4:24PrésentateurFait
« Elle dit qu'il faut le retour de l'État. Il faut le retour de l'État stratège. »
- 4:38PrésentateurFait
« l'interdiction du patriotisme économique. »
- 4:43PrésentateurFait
« C'est un instrument de pression et de chantage de la part d'une banque centrale à Francfort »
- 5:23PrésentateurFait
« ma conception de la politique, ce n'est pas de regarder quelques sondages et de dire... »
- 6:02PrésentateurFait
« si on a des convictions, on a des convictions. »
- 6:48PrésentateurPromesse
« C'est une association qui vise à faire ce travail, à participer en tout cas à ce travail de refondation. »
- 8:21PrésentateurFait
« un gouvernement Macron qui est dangereux pour l'équilibre général de notre pays, pour son pacte social »
Temps de parole
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- Florian Philippot28 %
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Le sexe neuf, Patrick Cohen, sur France Inter.
Bonjour Florian Philippot. Bonjour. D'abord un sentiment, peut-être une réaction sur ce qui s'est passé cette nuit à Manchester.
C'est évidemment l'horreur, l'effroi. Nous apprenons que cet attentat a causé un nombre très important de victimes. 22 morts au moins. Oui, 22 morts au moins, des dizaines de blessés, dont beaucoup de jeunes, beaucoup d'enfants. Bien sûr, on pense que la jeunesse a été visée, puisque le public de ce concert était majoritairement jeune, voire très jeune. Et voilà, maintenant il faut que l'enquête se fasse et on ne peut dire que cela pour le moment.
On va y revenir tout à l'heure à 8h30, on fera un nouveau point et puis avec la revue de presse d'Hélène Jouan. La politique, Florian Philippot, comment qualifiez-vous ce qui est en train de se passer au Front National ? Une crise, un débat sur l'identité du parti, un désaccord sur son programme ou sur son vice-président, pour ou contre Philippot ?
Il y a surtout une campagne législative en cours. C'est surtout ce qui nous mobilise en ce moment. Vous savez, dans moins de trois semaines, nous votons pour la nouvelle Assemblée Nationale.
Et je vous assure que c'est 95% de notre énergie du moment. Ne me faites pas croire que les dirigeants du parti ne sont pas aussi mobilisés sur la suite et l'avenir du Front National. On le voit dans toutes les déclarations, dans toutes les réactions, y compris celles que vous avez provoquées vous-même en créant, en annonçant la création de votre association Les Patriotes.
Oui, non mais il est bien que chacun ait pris position sur certains sujets. Mais nous l'avons dit en même temps tous, derrière la présidente du mouvement, que nous souhaitions ouvrir ce chantier de la refondation, de la rénovation, après les élections législatives. Parce que ces élections sont très importantes. Elles déterminent l'Assemblée Nationale, normalement pour les cinq prochaines années. de savoir s'il y aura une vraie opposition au système Macron, ou s'il n'y en aura pas. C'est-à-dire si on laissera l'EPS, qui en reste en tout cas, et les Républicains, qui ne savent plus très bien où ils habitent, qui sont déjà très largement chez M. Macron, incarner l'opposition.
Moi je pense qu'on a besoin de députés patriotes. Face à des ravages qui s'annoncent, l'aggravation de la loi travail, qui commence aujourd'hui, l'augmentation de la CSG, la remise en cause des indemnisations chômage, etc. On a besoin d'une vraie opposition constructive et solide. Et le Front National, lui, sait où il habite. C'est lui.
Il sait où il habite.
Ah oui, le Front National, il sait où il habite. Bah oui, il sort d'une élection présidentielle.
Et il va continuer de défendre la sortie de l'euro, ou que les Français ont rejeté en bloc, ou pas.
Oui, il va continuer de défendre la souveraineté nationale. Et la sortie de l'euro. Et bah moi je le souhaite, oui, parce que sinon ça n'aurait aucun sens.
Pour vous c'est non négociable ?
Bah si vous voulez, moi je ne tranche pas en... C'est pas un saucisson quoi, la souveraineté nationale, on la tranche pas en morceaux. Il n'y a pas d'un côté la monnaie, d'un côté la frontière, d'un côté le budget, d'un côté la loi, d'un côté je ne sais quoi, l'armée, la diplomatie. Non, non, la souveraineté nationale c'est quoi ? Elle est d'ailleurs dans notre constitution, l'article 3. Enfin, c'est le pouvoir, c'est à qui appartient le pouvoir, voilà. À qui appartient le pouvoir de décider de son destin, de prendre des décisions ? De notre point de vue, ce pouvoir il appartient au peuple français, à la nation française.
C'est la souveraineté nationale, et non pas à des instances non élues à Bruxelles. Donc évidemment ça concerne toutes les dimensions de cette souveraineté nationale, sachant que la monnaie n'est pas la moindre d'entre elles, parce que qui tient la monnaie tient l'économie générale d'un pays.
Donc puisque les français n'en veulent pas, Marine Le Pen a dit hier qu'il fallait continuer à faire de la pédagogie, elle a dit comment faire pour que les français ne soient pas terrorisés par le retour au franc ? Est-ce que vous avez la réponse vous Florian Philippot, comment faire ?
Il faut convaincre, il y a déjà un tiers des français qui sont convaincus, on a déjà fait une part du travail, mais il faut continuer d'expliquer que si nous sommes dans cette entrave de la monnaie unique, c'est une entrave économique et politique. Une entrave économique parce qu'elle nous obligera à des choix désastreux. Pensez pas que la réforme du droit du travail vient de nulle part. La réforme du droit du travail, elle est observée depuis Bruxelles, elle est voulue par Bruxelles, et elle est une contrepartie de ce système euro. Regardez ce qui se passe en Grèce. On ne cesse de demander aux Grecs des sacrifices qui ne servent pas à grand chose.
Les pays qui ne sont pas dans l'euro ne font pas des efforts de compétitivité, vous pensez ?
Ils ont d'autres moyens de les faire. Moi, j'ai été intéressé par le discours de Theresa May, pays qui n'a pas été dans l'euro, mais qui vient en plus, qui est en train de retrouver globalement toute sa souveraineté nationale.
Le système social britannique est enviable ?
Non, mais justement, Theresa May fait le même diagnostic que ce que vous venez de faire. Elle dit qu'il faut le retour de l'État. Il faut le retour de l'État stratège. Eh bien, nous, nous disons la même chose, sauf que dans le système de l'Union Européenne, aujourd'hui, c'est impossible qu'il y ait des entraves partout, des entraves commerciales, des entraves monétaires, des entraves économiques, l'interdiction du patriotisme économique. Mais l'euro, c'est plus que ça, c'est une entrave politique.
C'est un instrument de pression et de chantage de la part d'une banque centrale à Francfort qui peut décider de faire pression par le canal monétaire, le canal bancaire, sur vous, sur vos décisions publiques, vos décisions politiques, si elle estime que vous n'allez pas dans le bon sens. Et ça, ça n'est pas possible en démocratie
d'affecter ce chantage. Vous avez à convaincre les citoyens français qui n'ont pas été majoritaires lors de la dernière élection, mais aussi tous ces dirigeants du Front National, peut-être pas Marine Le Pen, je ne sais pas, qu'il ne faut pas renoncer, puisqu'on les entend, ceux-là, ceux que vous côtoyez au sein de la direction du FN qui disent, puisque les Français n'en veulent pas, on ne va pas s'acharner. Vous vous dites, si c'est le cas, ce sera sans moi.
Moi, je dis, ma conception de la politique, ce n'est pas de regarder quelques sondages et de dire...
Ce n'est pas les sondages, c'est les élections.
Oui, mais il n'y a pas eu d'élection, à ce que se sache, il n'y a pas eu de référendum sur l'euro. Il y a eu une élection présidentielle. Donc, bien malin, celui qui arrive à distinguer dans le score d'une élection présidentielle, ce qui relève de telle ou telle chose.
Ça n'a pas été au centre du débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron dans l'entre-deux-tours.
Il y a beaucoup de choses, et il y a d'autres facteurs, vous le savez bien, qui expliquent telle ou telle majorité. Je pense qu'il faut regarder aussi les choses lucidement. Maintenant, moi, je pense que la politique, ce n'est pas regarder tel ou tel point en disant « Ah ben, puisque cela, ce n'est pas majoritaire, je l'enlève, quitte à déstructurer complètement la cohérence d'un projet. » Non, enfin, je veux dire, si on a des convictions, on a des convictions.
On préfère être pur jusqu'au bout, être minoritaire, mais fidèle à vos idées.
Moi, je ne suis pas sectaire. Je peux parfaitement être dans un parti politique dont je ne partage pas 100% des orientations. Ça fait partie du travail. Chaque jour de consensus, d'adaptation, il n'y a aucun problème là-dessus. Par contre, quand on touche à des éléments aussi essentiels que le combat pour la souveraineté nationale, c'est-à-dire la liberté du peuple, et même la démocratie, parce que sans souveraineté nationale, il n'y a pas de démocratie, alors on touche à des sujets qui sont essentiels.
Autre question posée par de nombreux dirigeants du FN. Quel est le besoin que vous avez eu de créer une structure supplémentaire, une association au sein du FN, baptisée les Patriotes ?
C'est une association qui vise à faire ce travail, à participer en tout cas à ce travail de refondation. Que le FN ne fait pas ? Si, mais c'est bien qu'il y ait une structure à l'intérieur qui puisse se concentrer à 100% sur ce sujet-là. Le Front National a plein d'autres choses et c'est bien normal à faire en même temps. C'est l'association des philippotistes ? Non, c'est l'association de ceux qui ont entendu le message de Marine Le Pen de refondation. On a besoin d'air, on a besoin de modernisation, on a besoin que ça bouge, on a besoin vraiment d'ouvrir, on a besoin de rassembler. Je pense que c'est voulu par nos militants, c'est voulu par les électeurs, actuels et futurs.
Et pour cela, l'association Les Patriotes, qui est ouverte à tous, adhérents du Front et hors adhérents du Front également, est une structure adéquate.
Vous ne vous rassemblez pas, vous vous engueulez en ce moment au Front National ?
Moi, je n'ai pas le sentiment.
Ah bon, Gilles Le Breton, l'eurodéputé Front National qui vous accuse de l'avoir menacé et insulté au téléphone ?
Non, je crois que c'est des on-dit, c'est ça ? Ah non, ce n'est pas des on-dit. Ah, c'est lui qui dit ça.
Bah, c'est dans une des pages affaires.
N'importe quoi, ok.
Bon, c'est pas tendu entre vous ?
Non, c'est pas tendu. Surtout pas Gilles Le Breton, c'est moi qui l'ai fait venir, je suis allé le chercher au Havre et c'est moi qui ai fait pression pour qu'il soit tête de liste aux européennes en 2014.
C'est lui qui a envoyé le premier tweet pour s'étonner de la création des patriotes.
Oui, oui, ça j'avais vu son tweet.
Vous n'avez pas en tout cas l'intention de faire comme Marion ? Il n'est pas d'accord avec l'initiative, c'est parfaitement son droit. Comme Marion Maréchal, et vous ne l'avez pas appelé ?
Si, si, je l'ai appelé, mais mon style n'est pas d'insulter et de menacer.
Vous n'avez pas l'intention de faire comme Marion Maréchal Le Pen, de mettre entre parenthèses votre carrière politique, Florian Philippe ?
Non, pas du tout. Moi, je pense que c'est le moment de se battre. Nous avons face à nous un gouvernement Macron qui est dangereux pour l'équilibre général de notre pays, pour son pacte social, qui a des positions également assez dangereuses en matière régalienne, en matière de laïcité, de discrimination positive, de communautarisme, et que nous avons le devoir d'incarner vraiment une voie alternative. Voilà. Qui va être mobilisé, je pense, très rapidement, parce que les Français... Je ne sais pas d'ailleurs s'il y a un vrai état de grâce. J'ai vu quelques sondages, mais je pense que c'est vraiment un effet massif de communication.
Je pense qu'il n'y a pas de vrai profondément d'état de grâce. Donc, je ne sais pas si les Français vont déchanter, parce que pour déchanter, il faut avoir chanté. Mais en tout cas, beaucoup de Français, très vite, vont comprendre la brutalité et la dureté du projet Macron.
Florian Philippot, vice-président du Front National, on va vous retrouver dans quelques minutes avec les appels des auditeurs d'Inter. Et dans un court instant, on va revenir à l'attaque suicide de Manchester, qui a fait au moins 22 morts cette nuit. A tout de suite.
Florian Philippot