REVUE DE LA SEMAINE #4 - ONU, CETA, CALAIS, EXTINCTION ANIMALE, AGRICULTURE, PROTÉINES CARNÉES
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Chapitres
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Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« La chaine youtube qui porte ces revues est devenue la première chaîne politique du pays. »
- 6:00Jean-Luc MélenchonFait
« Ce mandat c'est : « Faites nous un traité contraignant les multinationales et les transnationales à respecter les droits humains donc, sociaux et environnementaux. » »
- 14:00Jean-Luc MélenchonFait
« Ils ont obtenus qu'on rajoute les multinationales, les transnationales et, demandent-ils, toutes les entreprises ; »
- 20:00Jean-Luc MélenchonFait
« La Wallonie a refusée le traité de libre-échange avec le Canada, le fameux CETA »
- 30:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« La moitié du vivant parmi les vertébrés a disparu en moins de 40 ans. »
- 39:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« Les français pourraient passer à 100% de renouvelable d'ici à 2050. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à tous, voici un numéro de plus de la revue de la semaine. Depuis la dernière fois, la chaine youtube qui porte ces revues est devenue la première chaîne politique du pays. Alors c'est pas encore les chiffres des médias officiels audiovisuels mais petit à petit on avance, et ça donne le moyen d'une expression libre.
En tout cas qui ne passe pas par le filtre calamiteux des médias officiels. Merci pour les conseils, les recommandations. On a essayé d'en tenir compte tout le long Jusqu'à la dernière où on m'a dit : « Ah bah il ne faut pas mélanger la revue de la semaine avec vos autres messages, donc faites pas le même décor. » - Ok, on ne fera pas le même décor.
Mais c'est évident que j'ai besoin de cet instrument pour m'exprimer en cours de route, car j'ai plus le temps disponible d'écrire autant que je pouvais le faire dans le passé. Et j'écris, et je m'exprime par vidéo. Bon on essaie d'organiser tout ça, merci à tous pour l'effort qui a été fait.
C'est une petite victoire que nous remporterons là et à la fin ça fera une très grande victoire vous allez le voir. Alors, je commence ma revue de la semaine par un événement qui m'a concerné : je me suis exprimé devant l'O.N.U.
Le sujet c'est un mandat qui est donné par l'O.N.U sur la base d'une initiative venant de l'Équateur et de l'Afrique du Sud.
Ce mandat c'est : « Faites nous un traité contraignant les multinationales et les transnationales à respecter les droits humains donc, sociaux et environnementaux. » C'est très important parce que ça fait 40 ans que l'idée d'imposer un traité contraignant à des multinationales est dans l'air et dans les travaux de l'ONU. À chaque fois, les nord-américains et les puissances européennes se sont arrangés pour qu'il n'y ait pas de contraintes.
Alors des déclarations générales, ça oui, tant que vous voulez. Un appel au volontariat, à la bonne volonté tout ça tant que vous voulez, mais de contraintes, jamais ! Et là, honnêtement, quand la proposition de l'Équateur et de l'Afrique du Sud est arrivée à l'O.N.U, les puissants se sont dits « bof... » : ils n'ont pas fait attention autant qu'ils auraient dû le faire.
Mais il y a eu une très bonne action de la diplomatie équatorienne et d'Afrique du Sud qui a réuni une majorité et alors là : stupeur ! Voilà un mandat qui est donné et aussitôt s'est constitué un groupe de travail. Un groupe de travail à l'ONU c'est une structure très officielle qui prépare la rédaction du traité en question.
Ca a commencé tout de suite. Furieux, les nords-américains sont venus, ont dit : "nous ne participerons pas à ce truc-là". Pour trouver un prétexte, ils ont montrés du doigt la présidente du groupe de travail, Mme Maria Fernanda Espinosa qui est une ex-ministre de la défense de l'Équateur.
L'Équateur, vous le savez, c'est un petit pays extrêmement courageux qui a participé à la vague des révolutions démocratiques en Amérique Latine. Alors bon, pour les nord-américains tout cela c'est l'horreur en personne donc, ils ont fait une chose incroyable en disant : "Tant que c'est vous qui présidez, nous on ne vient pas!" Alors les autres ont dit : "Mais attendez ce n'est pas vous qui décidez qui préside, il y a 197 nations qui donnent leur avis".
Bon, c'est pour dire, ça a démarré fort. Naturellement les caniches européens, dès que les États-Unis ont froncés les sourcils, ils ont quitté la salle avec eux. Il ne restait que les français qui regardaient à la Hollande vous voyez ?
Un coup oui tu m'as vu, un coup non tu m'as pas vu. Et le groupe de travail a continué son office en écoutant, en faisant des auditions, en préparant des textes. Alors là c'était la deuxième session, Toujours pas d'États-Unis là mais retour de l'Europe et des français.
Alors? Que veulent-ils ces braves gens? Et bien ils ont obtenus qu'on rajoute les multinationales, les transnationales et, demandent-ils, toutes les entreprises ; c'est pas extraordinaire ça ?
Voilà des gens qui veulent pas d'harmonisation sociale dans leur propre espace mais, qui voudraient en faire une pour toute la planète. Donc vous avez compris? C'est une espèce de débordement par la gauche.
Ils en demandent plus que tout le monde, naturellement c'est la meilleure manière de tout enterrer. La vérité c'est que nous avons intérêt à cibler les multinationales et les transnationales parce que c'est elles qui posent le problème, quel problème? C'est qu'elles ne dépendent d'aucun droit.
Une entreprise nationale elle dépend du droit national mais une multinationale, elle fait ce qu'elle veut. Et surtout depuis une décennie, ou deux d'ailleurs, et même trois pardon, le temps passe, puisque moi j'en ai parlé la première fois en 1991, j'ai dénoncé ça : les tribunaux privés. Alors quand deux multinationales avaient un problème entre elles, elles n'allaient pas voir un tribunal d'un état quelconque, elle s'étaient créés des tribunaux privés, qui arbitraient entre elles sur la base d'un composé de droit anglo-saxon la plupart du temps.
Alors ils se sont dit puisque que ça fonctionne, dorénavant on va imposer ça aux états. Les transnationales et les multinationales font des procès aux états devant ces tribunaux privés sur la base que je vais vous résumer par une anecdote : une transnationale dit "Nous on avait prévu de faire tant de millions de cigarettes et qu'est-ce qu'on voit ? C'est que tout d'un coup vous avez inventé une législation anti-tabac alors nous on perd de l'argent vous nous le devez".
Ce que je vous raconte là c'est pas une histoire que j'invente, c'est ce que fait un cigarettier à l'état australien. Donc vous voyez la puissance. Alors elle est double, première puissance est que le chiffre d'affaire de ces transnationales est supérieur de plusieurs fois à toute la richesse que produisent de nombreux états.
Donc, quand ils arrivent, ils ont des moyens que les autres n'ont pas et, ils peuvent demander un dédommagement qui peut ruiner un état ; qui peut le ruiner, le mettre à genoux. Donc premier effet, ils obtiennent des sommes monstrueuses et des fois ils obtiennent des décisions incroyables. Par exemple, au Canada, ils ont fait un procès à l'état canadien parce-que l'état canadien avait décidé d'interdire le fait qu'on rajoute un produit dans l'essence.
Ce produit est considéré comme dangereux par l'état canadien pour la santé, des canadiens et, pour les moteurs. La multinationale a fait un procès à l'état canadien, elle a gagné. Non seulement l'état canadien a dû lui payer un dédommagement sur ce qu'elle n'a pas pu vendre comme produits chimiques mais en plus, il a dû renoncer à sa législation qui interdit l'adjonction de ce produit chimique dans l'essence, vous avez compris ?
Ca veut dire qu'ils ont la capacité par leur puissance financière de mettre à genoux y compris des grandes nations. Ça c'est le première effet. Le deuxième effet est plus pervers, c'est qu'au moment où vous allez vouloir voter une loi on va vous dire : "Ne faites pas ça parce-que si vous le faites, vous allez avoir telle ou telle multinationale sur le dos qui va venir et porter plainte." Donc, la peur de la plainte portée retient la main du législateur.
Il peut dire par exemple : "On fait pas une loi anti-cigarette parce qu'on va se ramasser le lobby cigarettier sur le dos" ou comme les allemands ont fait : "On va pas sortir du nucléaire parce qu'on va avoir les transnationales du nucléaire sur le dos." etc etc Vous voyez, ce sont des questions tout à fait essentielles et elles tombent, c'était la réunion de ce groupe de travail, la même semaine pendant laquelle justement, la Wallonie a refusée le traité de libre-échange avec le Canada, le fameux CETA, ça s'appelle comme ça : C.E.T.A.
Ce traité de libre-échange, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler parce-que je suis allé au Canada une première fois pour faire un peu la tournée des popotes et parler avec tout le monde, pour voir comment eux le voyaient du côté des progressistes ; c'est à dire des syndicats, des associations de défense de l'environnement, le parti québécois et, d'autres formations de la jeunesse. Et les autres formations politiques de la nouvelle génération qui, elles, sont toutes opposées au CETA sauf le parti indépendantistes avec un argument - il y a que les sociaux-démocrates pour trouver des idées pareilles : "Nous on est pour le CETA parce que ça va désenclaver l'économie du Québec et l'ouvrir sur le monde." Mon œil !
Comment peut-on oser se dire indépendantistes et puis la seconde d'après renoncer à son indépendance pour la donner à des tribunaux d'arbitrage ? J'y reviens ; Le cœur du traité c'est, à part le fait qu'il a pas de garanties environnementales ni sociales sérieuses, mais le cœur c'est à nouveau ces fameux tribunaux d'arbitrage. Donc les gens les plus conscients sur la planète se rendent compte que accepter l'existence de tels tribunaux, l'inclure dans des traités et donc leur donner un rôle supérieur à toutes les législations nationales, c'est un changement dans l'histoire du monde parce-que c'est la fin de l'histoire de la démocratie.
Si vous acceptez que des gens ne participent d'aucune législation sinon celles qui les arrangent, c'est un recul - comme je l'ai dit à l'ONU vous regarderez mon discours - c'est un recul de la civilisation humaine parce-que ce qu'on appelle la civilisation humaine c'est justement de faire des lois qui s'appliquent à une population et à un territoire. Alors pendant deux jours nous étions tous extrêmement enthousiastes. Et c'était doublement enthousiasmant d'abord parce-que ça venait de la Belgique donc pas un état secondaire en Europe, c'est des fondateurs de l'Union Européenne.
Ca venait des wallons qui occupent quand même une place particulière dans notre affection, nous les français. Troisièmement parce que ça montrait qu'un seul pays pouvait tout bloquer, sous-entendu pourquoi le notre de le fait pas. Surtout que le monsieur magnette en Wallonie est un social-démocrate et que François Hollande prétend être un social-démocrate.
Alors pourquoi le social-démocrate Wallon trouve ça pas bon et a le courage avec sa province de tout bloquer et l'autre qu'est le président d'un très grand pays, de la deuxième puissance économique de l'Union Européenne, lui il a rien à dire il trouve ça parfait. Je sais pas si vous avez fait attention mais tous les beaux esprits qui, dans le parti socialiste, s'opposaient au traité avec les USA, quand il s'agissait de celui avec le Canada, alors-là ils trouvaient ça plus sympa. Ils ont mis un temps fou à réagir.
Pas de pot, quand ils réagissent, la social-démocratie wallonne a cédée, a craquée. Donc rappelez-vous bien de ça, quoi qu'ils vous disent, il cèdent. Rappelez-vous bien de ça, quoi qu'ils vous disent, ils finissent par céder.
Et moi, je céderai jamais ! Il faut bien que vous compreniez, c'est l'enjeu de la prochaine élection parce-que, dans la prochaine élection, sera mis à l'ordre du jour la confirmation de CETA et, le traité avec les Étas-Unis d'Amérique. Celui ou celle que vous allez élire est la personne qui devra dire au nom de la France oui ou non on ratifie, ou on ne ratifie pas.
Et moi je vous préviens, je ne ratifierai pas si vous m'élisez, je ne ratifierai pas et rien ne me fera céder. Celui-là a cédé, et bien il faut en tirer toutes les leçons. Alors il dit "oui nous avons obtenu...", le temps que je vous explique ce que c'est on fait une émission entière.
Il a obtenu que le tribunal d'arbitrage ne s'appliquera pas pendant la période intermédiaire où le traité s'appliquera sans qu'on l'ait pourtant décidé en Europe parce que figurez-vous qu'on en est rendu là ; il y a des traités qui s'appliquent avant-même qu'on l'ait décidé, en Europe. Si vous n'avez pas compris ce coup-là, ce qu'est devenue l'Union Européenne comme camisole de force des peuples et machine à faire la guerre au nom des multinationales des transnationales, moi je renonce à expliquer quoi que ce soit parce qu'à la fin ça finit par être fatiguant. Est-ce que vous comprenez que dorénavant, si on applique ces traités-là, ce sont les multinationales les transnationales qui font ce qu'elles veulent.
Et vous n'avez plus aucun recours contre elles. Et vous aurez des gouvernants qui seront comme des poules mouillées à l'idée de voter quelque traité, ou quelque loi que ce soit avec un avantage social, parce que vous aurez toujours une multinationale pour dire : "C'est nous que ça dépossède." Bon, alors les gens dans cette affaire, vous voyez vous avez les deux volets ; le côté CETA, TAFTA, Union Européenne.
C'est le libre-échange mondialisé, la primauté à la concurrence libre et non faussée, les marchandises qui circulent partout...
Et l'autre aspect, c'est ce fameux traité contraignant qui est en discussion dans un groupe de travail à l'ONU, à l'initiative de deux pays ; l'Équateur et l'Afrique du Sud. C'est à dire, l'Afrique du Sud qui est à l'endroit où l'histoire de l'humanité et de la civilisation, a commencée, parce-que c'est en Afrique que tout ça a commencé. Et de l'Amérique du Sud, c'est-à-dire l'endroit où l'univers s'est globalisé.
Le dernier territoire qui a permis que se rencontrent les deux grands mouvements, l'Asie et l'Europe, au détriment des malheureux qui se trouvaient là, tout le monde s'en souvient. Mais je trouve ça tellement symbolique, tellement fort, tellement parlant, que je voulais à tout prix l'évoquer dans cette revue de la semaine. Alors cette semaine il y a eu une nouvelle que je juge terrible.
Je suis sûr que beaucoup de ceux qui m'écoutent en ont la même idée. C'est ce rapport qui établit que la moitié du vivant parmi les vertébrés a disparu en moins de 40 ans. Clairement, on a les symptômes, des signaux très forts du fait que nous sommes dans une phase de d'extinction d'espèces vivantes majeure.
Bon, il faut lire les résumés du rapport pour se rendre compte. Qu'est-ce qui est en cause ? Qu'est-ce qui provoque cette grande disparition ?
La même chose que ce qui provoque des vagues d'épidémies, de cancers et de maladies de toutes sortes. C'est le cycle de l'eau, qui est totalement perturbé. L'essentiel de la masse du vivant perdu l'est en milieu d'eau douce ; c'est à dire la base du cycle de l'eau.
Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Qu'est qui est en cause ?
D'abord l'agriculture, je veux bien préciser, le modèle agricole actuel. Et dans le modèle agricole actuel, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le cœur du modèle c'est la production de l'alimentation. Donc c'est bien l'alimentation qui est le point de départ de cette catastrophe.
Pas à cause de vous, mais à cause de ce que les autres ont décidé que vous allez manger ; et les conditions dans lesquelles ils produisent ce que vous allez manger. Alors, c'est maintenant qu'on voit des choses qui ramènent à d'autres moments de cette campagne électorale. Peut-être que vous vous en rappelez mais, il ya 2 mois de ça, j'avais fait une une interview à Gala, où je parlais de la nécessité de sortir des protéines carnées.
Et bon j'étais venu avec mon quinoa là, dire : "Voilà, vaut mieux manger des protéines végétales." Alors évidemment me sont tombés sur le dos, d'abord les gens qui ont l'habitude de ridiculiser tout ce qu'ils voient alors au-lieu de regarder, d'écouter ce que disais, ils ont ricanés sur le fait que je le faisais dans Gala et puis après sur le thème "Mélenchon, les bobos, le quinoa..." Ils n'ont rien écoutés du fond de l'affaire.
Alors des gens un peu plus malins ont dit "Si vous mangez du quinoa, ça va augmenter le prix du quinoa donc, les pauvres indiens de l'Altiplano ne pourront plus manger de quinoa." On produit du Quinoa en France, et on produit aussi du petit épeautre, qui est une variété de plante qui peut nous aider à nous tirer d'affaire. Tout ça c'est des procès secondaires.
Alors, maintenant quand-même, on voit ça en face. Alors? Vous n'avez pas compris que si vous ne changez pas l'alimentation et, en particulier, si nous ne sortons pas des protéines carnées, nous sommes condamnés à tout détruire autour de nous ; tout détruire !
Voilà ce qui est en cause, c'est pas que j'aille le dire dans Gala, ni non plus que, comme on me le dit stupidement : "Vous cherchez à prendre la part de marché des écolos.". Mais heureusement que tout le monde doit être écolo !
Et la part de marché des écolos, j'aime mieux vous dire, ça fait pas grand-chose, c'est pas le sujet aujourd'hui. Il faut que tout le monde devienne écologiste, c'est à dire comprenne l'importance de cette question. C'est pas qu'une question au milieu du programme, c'est une question qui doit être centrale.
Si nous ne faisons rien, l'écosystème va être détruit. Vous avez compris ça les gens? Va être détruit, là, sous vos yeux, dans les années qui viennent alors-même que ce serait si facile de bifurquer.
Je veux encore balayer un argument parce-qu'on m'a saoulé avec ça. On m'a dit "Mais si tu dis ça, alors qu'est-ce qu'on fait du fait que les prairies, j'en suis d'accord, qui sont destinées à l'élevage, occupent une très grande partie des terres agricoles ?" Et bien parfait !
J'ai jamais dit qu'il fallait arrêter de manger de la viande, si on pouvait on le ferait mais, je dis simplement qu'il faut s'y prendre autrement. Et qu'il faut arrêter d'en produire des quantités pareilles, d'aussi mauvaise qualité. Parce-que l'essentiel de la viande qui est mise en circulation n'est pas de la viande de l'élevage de qualité, c'est la viande qui résulte des pauvres bêtes qu'on a auparavant surexploitées dans les fermes des mille vaches, toutes ces malheureuses créatures qui ont été maltraitées, comme on le sait, quand elles arrivent en fin de cycle, on vend leur viande.
Donc c'est bien toute la chaîne de la production qu'il faut changer. Puis ni vous ni moi avons demandé, à ce qu'il y ait des élevages pareils. On n'a jamais demandé ça!
On n'a jamais demandé que nous arrive du lait bourré d'antibiotiques. On n'a jamais demandé qu'on maltraite les animaux comme ça donc nous avons le droit, en tant que citoyens, de dire que nous voulons une autre agriculture. On a d'autant-plus le droit de le dire qu'il faut voir la catastrophe dans laquelle nous sommes en train d'entrer ; à cause de ce genre de méthode.
Alors, vraiment, pour mettre le coup de grâce, j'ai été intéressé à lire la fin du rapport. À la fin du rapport, je lis quelque chose qui est du pur Mélenchonisme si j'en crois ceux qui se sont moqués de moi. Voilà ce que dit Arnaud Gauffier qui est l'homme qui s'occupe de l'agriculture au fonds mondial : "Si tout le monde réduisait d'une demi portion par jour sa consommation de protéines animales..." Ne me dites pas que tout le monde n'en mange pas, je le sais. "... tout en augmentant sa consommation de légumineuses et de céréales..." D'où l'importance de développer l'agriculture vivrière. "... nous pourrions baisser de 25% les émissions de gaz à effet de serre liés à l'alimentation." Voilà, c'est compris?
Donc, ce que nous expliquons dans le programme L'AVENIR EN COMMUN et, le petit livret sur une agriculture écologique et paysanne, que vous allez voir, ce ne sont pas des délires, comme on dit d'une manière un peu méprisante, des délires de bobos, ce sont des questions qui sont liées à la survie de l'humanité et qui nous permettent de mettre en route une logique économique, et une logique productive, écologiquement responsable, qui crée de l'emploi et, qui, abaissent le niveau des prédations sur la nature. Qu'est-ce que vous pouvez demander mieux? Qu'est-ce que vous voulez mieux que ça?
Quelque chose qui demande du soin, du travail, et produit une alimentation de qualité. Moi je voulais vous dire ça parce-que je trouve que ; il faut que la question de la protection de l'écosystème devienne centrale dans la prochaine élection dans notre pays. Il le faut!
Parce-que nous sommes un grand pays, une grande économie. Alors je dis pas ça pour faire du chauvinisme, c'est pour dire que quand on est très grand et très puissant, on a de très grandes responsabilités. Et donc les français peuvent passer au tournant écologique.
Ils peuvent le faire. À condition évidemment d'être capables de planifier, d'organiser, etc..
Je vois qu'on me reproche la planification comme si je voulais que l'état se mêle de tout. Je vous en prie pas de caricature. La planification ça veut dire rapprocher les différents secteurs pour avoir une activité coordonnée.
La formation avec la production, la production avec les machines qu'on invente et les processus de production ; c'est ça que ça veut dire la planification. Ceux qui planifient pas n'arriveront à rien. Moi je propose, qu'on planifie cette transition.
Et genre maintenant je suis renforcé dans mon idée parce-que je viens de lire une autre étude rendue publique, venant d'une université nord-américaine je crois, Elle dit que les français pourraient passer à 100% de renouvelable d'ici à 2050. Alors 2050, peut-être je n'y serai plus, hein? C'est pas sûr.
Mais 2050, en tout cas, je sais que si on ne commence pas maintenant, on ne commencera jamais. De-même que pour sortir du nucléaire il y en a pour 20/25 ans mais, chaque fois que vous retardez le moment où vous prenez la décision, vous rallongez ce délai. Par conséquent c'est maintenant qu'il faut le faire.
Pas dans 100 ans, maintenant. Et voilà, 2017 arrive, on a des bulletins de vote pour le faire. Je trouve que l'actualité qui vient à notre rencontre, si on sait trier au milieu de ce qui est important de ce qui est secondaire, elle conforte notre point de vue.
Je finis sur un mot d'humanité. L'évacuation de la jungle à Calais est un événement bouleversant. Parce-que c'est le symbole de tous nos échecs et de notre monstrueux égoïsme, et de notre lamentable abaissement.
Comment les français peuvent-ils se faire les gardiens de prison des anglais? Pourquoi empêchons-nous ces pauvres gens de passer en Angleterre? Pourquoi empêchons-nous ces enfants de retrouver leurs parents?
Voilà la question qu'on doit se poser, et mourir de honte de voir ça. Tout ceci est fait en notre nom. La honte de voir tant de gens mourir en essayant de traverser la méditerranée.
Alors que les trafiquants peuvent continuer à organiser ces transits massifs. Et apparemment personne ne fait rien. Ne me racontez pas qu'on fait passer la méditerranée à des milliers de gens qu'on met dans des bateaux et que ça se prépare pas, longuement, par des gens qui sont des trafiquants.
En plus des autres raisons que j'ai déjà évoquées, la guerre, sa brutalité, les traités commerciaux inégaux...
Nous vivons vraiment une époque qui est un défi à ce qu'il a de plus profond dans l'idée qu'on se fait du fonctionnement de la société humaine. Oui, la civilisation humaine est mise en cause. Non-seulement parce-que son environnement va être détruit, non seulement parce qu'on marche à une guerre généralisée.
Mais parce-que nos propres façons de nous comporter sont odieuses. Elles sont la négation de ce qui nous a portés pendant des millénaires. Pendant des millénaires c'est la coopération, la protection des plus faibles, qui a permis à la civilisation humaine d'éclore.
Et maintenant nous sommes en train de faire tout contraire, souvenez-vous en. Bon, si vous voulez aider ce moment audiovisuel à exister, vous savez ce que vous pouvez faire, c'est de vous abonner. Et de le recommander peut-être à d'autres.
Si vous le faites et bien, vous êtes les bienvenus. Et merci à tous de votre écoute et de vos suggestions ; à bientôt!
Jean-Luc Mélenchon