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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 12 décembre 2022 22 min

"Un problème de riches" : Manuel Bompard balaie les critiques au sujet de la nouvelle direction LFI

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député LFI des Bouches-du-Rhône, nommé coordinateur du parti ce week-end. Question réaction amis auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter. Manuel Bompard, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. Comment on vous appelle maintenant le patron, le chef, le boss des Insoumis ? Non, pas du tout. Je suis membre de ce qu'on appelle la coordination des espaces de la France Insoumise

0:24
Manuel Bompard

et elle décidera en son sein dans les prochains jours, de la manière avec laquelle elle s'organise, voilà, donc membre de la direction de la France Insoumise. Bon, on va revenir.

0:33
Invité

Il y a un suspense insoutenable pour savoir si vous allez la diriger.

0:36
Manuel Bompard

Non, mais je pense que c'est nécessaire de respecter un certain nombre de cadres et contrairement à ce que j'ai pu entendre pendant tout le week-end, parfois dans la presse, à la France Insoumise, on a des procédures et donc il faut les respecter.

0:48
Présentateur

On va y venir. Évidemment, revenir sur cette nomination qui ne s'est pas passée sans vague ni critique. Quelques mots d'abord sur le foot et le Qatar. Vous avez regardé alors ce quart de finale France-Angleterre ? Oui, je l'ai regardé. Je l'ai regardé.

1:01
Manuel Bompard

C'était un beau match. Je pense regarder aussi la demi-finale. Je pense qu'il y a un enthousiasme populaire dans cette compétition derrière l'équipe de France et donc je trouve ça normal aussi d'y participer. France-Maroc, vous êtes pour qui ? Je suis pour la France. Même si je trouve que c'est une belle histoire aussi la qualification du Maroc à ce niveau-là de la compétition. Donc ça va être forcément un crève-cœur, mais bien évidemment je soutiens la France.

1:24
Invité

Vous avez appelé à la France Insoumise un boycott diplomatique de cette Coupe du Monde au Qatar. Emmanuel Macron y va mercredi pour soutenir les Bleus. Vous comprenez ou vous pensez qu'il a tort ?

1:33
Manuel Bompard

Non, je pense qu'il a tort. Je pense qu'à la fois on peut respecter une volonté populaire. Le football, c'est un sport populaire. Et l'enthousiasme qui se déclenche dans la population, je le comprends. Mais ce n'est pas la même chose d'apporter en quelque sorte une forme de caution politique en se rendant sur place. Vous savez, l'équipe de France a besoin du soutien de ses supporters pour gagner. Elle n'a sans doute pas besoin de la présence d'Emmanuel Macron en tribune. Par contre, les droits de l'homme au Qatar, eux, ils ont besoin de l'action diplomatique de la France.

1:59
Présentateur

Manuel Bompard, Pierre Haski en parlait à l'instant. On a appris l'existence d'un méga scandale qui entache plusieurs membres du Parlement européen. Des élus auraient reçu de l'argent du Qatar. La vice-présidente grecque du Parlement européen, Eva Kaili, et trois autres personnes ont été inculpées, écrouées dimanche en Belgique. Quel regard portez-vous sur cette affaire ? Et pensez-vous que nous n'en sommes qu'au début, que de nouveaux éléments peuvent encore surgir ?

2:24
Manuel Bompard

J'ai un regard qui est forcément un regard affligé quand on est deux représentants du peuple. Quand on a été élu pour représenter les concitoyens au Parlement européen, on agit en fonction des intérêts des populations qui nous ont élus, pas en fonction des pressions économiques qu'on peut subir de tel ou tel État ou de telle ou telle entreprise. Et Manon Aubry, qui est la coprésidente de notre groupe au Parlement européen, avait dit déjà il y a plusieurs semaines que dans les discussions qui avaient présidé à l'élaboration d'un projet de résolution du Parlement européen sur le Qatar, elle avait trouvé le comportement d'un certain nombre d'élus assez suspect.

et je vois qu'elle avait raison et que malheureusement cette ambiguïté d'un certain nombre d'entre eux dans les condamnations vis-à-vis de la politique du Qatar était sans doute le résultat d'une politique d'oppression. Et donc notre groupe au Parlement européen demande que ce sujet soit maintenant mis à l'ordre du jour de la prochaine séance plénière du Parlement européen. Il faut une commission d'enquête, il faut faire évoluer les règles éthiques qui encadrent le travail des parlementaires européens. Voilà, je crois qu'il y a beaucoup de choses à faire si on ne veut pas entamer encore davantage le lien entre la population et nos institutions.

3:32
Invité

Venons-en à votre mouvement, les Insoumis. Vous êtes donc désormais coordinateur du parti à la place d'Adrien Quatennens avec une nouvelle direction où il n'y a ni Clémentine Autain, ni François Ruffin, ni Alexis Corbière, ni Éric Coquerel, ce qui a stupéfait plusieurs d'entre eux et d'autres membres de votre mouvement. Clémentine Autain, vous avez lu la presse ce matin, elle fait la couve de Libé. Elle estime que vous avez choisi de fermer et de verrouiller le parti. Si je la cite, je constate que le repli et le verrouillage ont été assumés de façon brutale. La direction a été choisie par cooptation, ce qui favorise les courtisans et contribue à faire taire la critique.

Qu'est-ce que vous lui répondez ce matin ?

4:05
Manuel Bompard

Que ce qu'elle dit n'est pas la manière avec laquelle tout ça s'est déroulé. Il y a une instance dans notre mouvement qui s'appelle la Coordination des espaces du mouvement qui s'est réunie à de nombreuses reprises depuis le mois de septembre pour proposer pour notre mouvement une feuille de route.

4:19
Invité

Elle a été conviée à ces réunions ?

4:21
Manuel Bompard

Elle n'est pas membre de cette Coordination des espaces. Donc non, elle n'a pas été conviée. Par contre, elle a été informée régulièrement de l'avancée de ses travaux. Elle a pu faire des contributions dans ses travaux. Et ses travaux, ils ont abouti sur une proposition de cette feuille de route qui a été soumise et discutée samedi lors de notre Assemblée représentative et dont l'objectif est de faire en sorte que notre mouvement, qui est quand même, je tiens à le dire ici, sans doute le premier mouvement politique de France avec 360 000 personnes qui ont signé sur notre plateforme numérique, avec 4000 groupes partout en France et qui se dotent d'objectifs.

Et nos objectifs, c'est de faire en sorte que ce mouvement, il se développe, que ce mouvement, il propose une alternative à la politique qui est mise en place aujourd'hui. Et si vous voulez, mon problème aujourd'hui, c'est pas Clémentine Autain ou François Ruffin. Mon problème, c'est Emmanuel Macron. Mon problème, c'est l'extrême droite. Et mon problème, c'est comment on fait en sorte que dans ce pays, la souffrance sociale, la souffrance écologique, on y apporte une réponse.

5:08
Présentateur

Oui, mais le parti, c'est pas n'importe quoi. Elle poursuit Clémentine Autain au dernier moment. Un conseil politique, donc, a été imaginé. Et voilà le point pour enrayer l'idée d'un enterrement de la diversité politique et des personnalités les plus populaires après Jean-Luc Mélenchon. Sur ce point-là, réponse également.

5:27
Manuel Bompard

Elle montre précisément qu'il n'y a bien évidemment aucune volonté d'exclusion ou de mettre qui que ce soit de côté, puisque la proposition qui a été faite...

5:35
Invité

C'est pas ce qu'elle montre, elle dit le contraire.

5:37
Manuel Bompard

D'accord, mais la proposition qui a été faite, c'est factuelle, c'est de mettre en place un conseil politique qui se réunira une fois par mois, qui permettra d'échanger justement sur les grandes orientations stratégiques du moment et qui sera ouvert à l'ensemble des figures, des sensibilités, des groupes politiques qui sont membres de la France.

5:51
Invité

Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que vous verrouillez le parti pour rendre impossible toute concurrence à Jean-Luc Mélenchon dans la perspective de la présidentielle de 2027 ?

5:58
Manuel Bompard

Justement, je leur réponds que vous savez, moi, mon rôle et le rôle que c'est doté cette coordination, c'est d'assurer notre unité, c'est d'assurer le travail de développement de notre mouvement. Et c'est certainement pas d'arbitrer en 2022 qui sera le prochain candidat à l'élection présidentielle de 2027.

6:16
Invité

Mais si je vous cite par exemple Leïla Shaibi, elle est chez vous, c'est la chef de la délégation insoumise au Parlement européen justement. Elle dit qu'il n'y ait dans la coordination ni Ruffin, ni Hautin, ni Corbière, ni Coquerel, c'est presque une purge. Purge, le mot est fort.

6:28
Manuel Bompard

Oui, mais bon...

6:29
Invité

Il se passe quoi chez vous ?

6:30
Manuel Bompard

Écoutez, voilà ce qui se passe. Je vous l'ai décrit, je crois. On s'organise, on se développe. Il n'y a pas de purge. Mais non, mais écoutez, vous êtes en train de parler sur la base d'une coordination opérationnelle, donc coordination des secteurs opérationnels de notre mouvement, dont les personnes que vous avez citées n'étaient pas membres. Et c'est une coordination qui a été renouvelée à 50% avec des secteurs d'activité du mouvement qui sont renouvelés à 70%, dans lesquels vous allez retrouver des figures qui nous ont rejoints très récemment dans le cadre de la campagne des élections présidentielles et législatives.

Donc au contraire, c'est une volonté d'ouvrir, c'est une volonté de faire en sorte que ces directions-là, elles se renouvellent. Après que certaines personnes souhaitaient être membres de cette direction opérationnelle et qu'ils ne le soient pas, j'ai envie de dire que c'est un problème de risque. C'est-à-dire que nous avons eu effectivement un certain nombre de propositions, mais bien évidemment, l'ensemble de ces personnes, elles sont associées à l'activité de notre mouvement.

Donc moi, au bout d'un moment, si vous voulez, maintenant, il me semble que ce qui a été notre force dans la période précédente pour un mouvement qui est passé de 3% à 22%, qui n'avait aucun parlementaire et qu'en a 75% aujourd'hui, moi, il me semble que notre volonté, notre objectif, notre responsabilité, c'est notre cohérence d'action et notre unité.

7:35
Invité

Donc vous leur dites ce matin, Clémentine, François, on revient... Non, parce que Jean-Luc Mélenchon, il a réagi à la une de Libé en disant toute la une pour nous salir. J'avais l'impression que c'est...

7:44
Manuel Bompard

Mais écoutez, je ne le dis à personne de se taire. Il est nécessaire qu'on puisse avoir des cadres d'échange et nous les avons, nous les aurons encore en interne. C'est vrai que si on peut éviter de détaler ces discussions sur la place publique, c'est mieux et on fait en sorte de pouvoir avancer ensemble.

7:59
Présentateur

Mais est-ce qu'on peut comparer, Emmanuel Bompard ? Parce que tous les partis élisent leur direction à l'issue d'une élection interne. Marine Tondelier, elle vient d'être élue à la tête des Verts. Olivier Faure organise un congrès où il est candidat. Il aura des adversaires face à lui. À droite, les LR viennent de désigner par vote Éric Ciotti. Même le Rassemblement National a départagé Jordan Bardella et Louis Alliot. Vous, non. Donc la démocratie interne, ce n'est pas pour les insoumis, c'est ça ?

8:24
Manuel Bompard

Vous ne vous êtes pas intéressé à la manière avec laquelle on fonctionne. La coordination dont je vous ai parlé, c'est une coordination des différents secteurs opérationnels du mouvement. Chacun de ces secteurs se réunit. Chacun de ces secteurs propose ses représentants. Les élisent, les désignent, dans une coordination des espaces du mouvement. Et cette coordination, ensuite, elle se réunit pour organiser en interne la manière avec laquelle elle s'organise.

8:44
Invité

Vous avez dit autre chose sur Mediapart. Vous avez dit que le vote n'est pas forcément l'alpha et l'oméga de la démocratie. L'objectif, c'est d'être le plus efficace possible. Vous pouvez nous expliquer cette phrase un peu étonnante ?

8:53
Manuel Bompard

Mais il peut y avoir des votes. Il y en a parfois dans certaines de nos instances et certaines de nos structures. Mais parfois, notre mouvement, y compris à l'échelle locale comme à l'échelle nationale, il privilégie des formes de décision qui sont davantage des formes de décision de recherche du consensus. Pourquoi ? Parce qu'on n'est pas un parti politique traditionnel. Qu'on cherche à inventer une nouvelle forme, à dépasser cette forme parti traditionnelle. Et on n'a pas envie d'être, comme les partis que vous avez cités, dans des affrontements entre courants, entre plateformes.

Donc on cherche plutôt des formes d'action qui évitent d'être paralysés dans des clivages entre minorités et majorités.

9:23
Invité

L'affrontement, il est dans la presse. Et vous avez lu Clémentine Autain.

9:25
Manuel Bompard

Jusqu'à présent, depuis dix ans, moi que je suis engagé dans ce mouvement, les affrontements, ils n'ont pas été dans la presse. Les discussions, elles ont lieu en interne. Il y a une cohérence d'action qui a été, je pense, aussi un des facteurs de notre succès. Et à un moment, la qualité du fonctionnement d'une organisation politique, elle s'apprécie aussi au regard de ses résultats électoraux. Et sur ce point-là, j'ai l'impression que, quand on se compare, on n'a pas vraiment de raison de s'inquiéter.

9:49
Présentateur

Vous souhaitez une liste commune, NUP, pour les élections européennes de 2024. Vous vous êtes dit prêt à accepter toutes les hypothèses, y compris celle d'une tête de liste écolo. Sauf que les Verts vous disent non. Marine Tondelier a été très claire. Nous présenterons une liste écologiste aux européennes. Pour David Cormand, eurodéputé Vert, la ligne est cristalline, écrite noir sur blanc. Il y aura une liste écologiste et fédéraliste aux européennes. Ça, vous le regrettez ?

10:16
Manuel Bompard

Oui, mais moi, je pense qu'on peut encore espérer convaincre. En tout cas, moi, c'est ce que je souhaite. Convaincre que la NUPES, ça a été un espoir. C'est un espoir dans ce pays. Et que donc, la NUPES, elle doit se poursuivre. Elle doit s'approfondir. Et pour qu'elle puisse s'approfondir, elle doit se présenter ensemble dans les prochaines élections. Et l'objectif des élections européennes, c'est que ça ne soit pas un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C'est de faire en sorte de montrer qu'au contraire, il existe une alternative possible, majoritaire, à gauche. Et donc, que la NUPES soit en tête des élections européennes. Et moi, c'est ça l'objectif sur lequel je veux travailler.

Et je pense que cet argument, il peut être entendu aussi par mes camarades écologistes.

10:52
Invité

Pour l'instant, David Cormand ne l'entend pas, votre camarade écologiste, puisqu'il parle d'une ligne cristalline. Le mot cristalline, c'est une manière de dire qu'il y a des divergences de fond sur l'Europe et sur peut-être la politique étrangère, même certainement entre vous. Récemment, sur l'Ukraine, l'Assemblée nationale a voté une résolution à une forte majorité pour affirmer le soutien le plus total de la France à Kiev et condamner le crime d'agression de la Russie envers l'Ukraine. Les Verts l'ont voté, le PS et même le PC l'ont voté. Deux groupes se sont abstenus, vous et le RN. De quoi cette abstention est-elle le nom ?

11:23
Manuel Bompard

Je vais vous répondre sur ce sujet. Premièrement, juste puisque vous avez évoqué ce sujet, il n'y a pas, de mon point de vue, si vous voulez, de telles divergences sur les questions européennes qu'elles empêchent de travailler à une liste commune. Quand je regarde un peu les votes qui sont celles des différents parlementaires européens, sur de nombreux sujets, les insoumis, les écologistes, les socialistes votent la même chose. Pour le reste, en ce qui concerne la résolution que vous avez évoquée, nous, nous avons condamné sans aucune ambiguïté l'agression russe sur le territoire ukrainien. Nous l'avons fait dès la première minute.

Il y a peu à l'Assemblée nationale, nous avons reçu des opposants russes à la guerre. Il y a peu à l'Assemblée nationale, nous avons reçu une délégation de représentants politiques ukrainiens, écologistes en particulier. Alors pourquoi vous vous êtes abstenus sur une résolution qui condamne le plus fermement l'agression russe ? Parce que cette résolution, elle ne contient pas seulement ce que vous êtes en train de dire. Si elle contenait seulement ce que vous êtes en train de dire, nous l'aurions voté. Mais elle réaffirme aussi la volonté de construire une défense européenne intégrée dans le cadre de l'OTAN. Et ça, ce n'est pas notre position. Et c'est une surprise pour personne.

C'est dans notre programme. On l'a présenté devant les électrices et les électeurs. Nous ne sommes pas d'accord avec l'OTAN. L'OTAN, nous pensons qu'il faut sortir de l'OTAN. Donc nous n'allons pas voter un texte sur l'OTAN.

12:30
Invité

Boris Vallaud, il était à ce micro la semaine dernière. Il vous a parlé, il vous a répondu. Vous dites la NUPES, c'est plusieurs nuances. Il vous dit, vous vous trompez. Il faut un soutien indéfectible à l'Ukraine. C'est une guerre en Europe. Vous avez eu tort de ne pas voter cette guerre ?

12:43
Manuel Bompard

Non, je ne crois pas. De vous abstenir. Je dis à Boris Vallaud, je tiens compte de son point de vue, bien évidemment. Mais moi, j'apporte un soutien indéfectible au peuple ukrainien. Il n'y a pas de problème de ce point de vue-là. Mais au nom de ce soutien indéfectible au peuple ukrainien, je ne vais pas renoncer, Mme Salamé, aux convictions qui sont les nôtres. C'est-à-dire le fait que l'OTAN est une alliance, un cadre d'alliance dans lequel nous pensons que la France ne devrait pas avoir sa place, tout simplement. Donc au nom du soutien indéfectible à l'Ukraine, je ne vais pas renoncer à ce point de vue. Pour le reste, si vous voulez faire les liens...

13:12
Invité

Vous voyez que vous avez des divergences sur l'OTAN ?

13:16
Manuel Bompard

Si vous voulez faire le lien entre qui a voté et la même chose que le Rassemblement national, il y a peu à l'Assemblée nationale, on a voté une loi pour expulser plus facilement les locataires qui avaient des impayés de paiement. Ils ont été votés par les macronistes et par le Rassemblement national. La semaine dernière, on a voté une loi sur la sécurité intérieure qui a été votée par les macronistes et par le Rassemblement national. Quand on a proposé d'augmenter le SMIC à 1 600 euros ou de rétablir l'ISF, ça a été rejeté par les macronistes et par le Rassemblement national.

Donc à un moment, il ne faut pas avoir une forme, si vous voulez, d'indignation à géométrie variable entre les votes des uns et des autres.

13:45
Présentateur

C'était une question aussi à l'intérieur de la NUP. Alors, on passe au standard. Bernard de Pontivy. Bonjour et bienvenue.

13:51
Auditeur

Bonjour, bonjour à tout le monde. Bonjour à M. Bompas.

13:54
Présentateur

Bonjour.

13:54
Auditeur

Je voulais poser une question au sujet du nucléaire. M. Mélenchon, cédéran au PGF LSI depuis le début, M. Mélenchon a eu un discours par rapport au nucléaire qui me choque. Il dit que si nous contenions l'énergie nucléaire, nous ne serions pas indépendants. Mais de quelle indépendance parle-t-il ? Est-ce que nous sommes indépendants par rapport au métro, au fer, au charbon, à l'éolien et tout ça ? Aucune matière première n'existe en France. Donc, son argument de l'indépendance du nucléaire est, à mon avis, nul et complètement nul.

14:28
Présentateur

Merci Bernard pour cette question sur le nucléaire. Manuel Bompas vous répond.

14:35
Manuel Bompard

La question du nucléaire, elle mériterait presque un débat à part entière. Mais je veux juste dire que quand Jean-Luc Mélenchon parle de ce sujet, il répond à un argument qui nous est souvent avancé, qui est de dire que le nucléaire, ça permettrait de garantir notre indépendance énergétique. Et nous disons précisément, non, ce n'est pas le cas, puisque pour faire fonctionner des centrales nucléaires, il faut de l'uranium. Et sauf erreur, sauf preuve du contraire, on ne produit pas de l'uranium sur le territoire français.

Et la situation qu'on est en train de vivre aujourd'hui démontre d'ailleurs que le nucléaire qui devait garantir notre sécurité énergétique, notre approvisionnement en quantité suffisante, ne le permet pas.

15:11
Présentateur

Mais en sortir à 100% d'ici 20 ans, est-ce que c'est toujours votre objectif ? Et est-ce que ça vous semble crédible, considérant ce qu'on voit précisément aujourd'hui ?

15:23
Manuel Bompard

Écoutez, le problème effectivement, c'est qu'on perd du temps. C'est-à-dire que vous avez aujourd'hui un pays, la France, qui est à la traîne, le dernier pays européen du point de vue du respect de ses objectifs de développement des énergies renouvelables. Et au fur et à mesure, effectivement, qu'Emmanuel Macron gouverne ce pays, on perd du temps dans cet objectif. Mais cet objectif, il est crédible. RTE lui-même l'a dit, il y a un de ces scénarios qui le prévoit. Le scénario Negawatt, qui est un collectif d'associations, montre aussi qu'il est possible d'arriver à 100% d'énergie renouvelable d'ici à 2050.

15:49
Invité

Oui, il semble qu'effectivement, c'est le cap qui doit être le nôtre.

15:52
Présentateur

Et vous voterez le texte du gouvernement qui veut mettre le paquet sur les renouvelables ?

15:56
Manuel Bompard

Justement, s'il mettait vraiment le paquet sur les énergies renouvelables, je le voterais. Mais pour l'instant, de ce que je vois des débats, je crains que ce ne soit pas le cas. Donc on va attendre de voir jusqu'où vont, quel sort est réservé aux amendements que nous avons déposés. Et puis nous en tirerons les conséquences sur notre position de vote. Retour au standard. Bonjour Brigitte. Bonjour. On vous écoute.

16:15
Présentateur

Bonjour à tous et salut Manu. Bonjour. C'est Brigitte de Moselle. Bonjour Brigitte. Écoutez, là je suis un petit peu ennuyée parce que tu as déjà répondu à la question sur une question de Nicolas Demorand, mais je vais la reposer. Quand même, je voulais dire que depuis le début du week-end, on nous sert à toutes les sauces, à toutes les heures, les scores réalisés par les différents patrons des mouvements politiques. Voilà, Marine Tondevier, 90%. Éric Ciotti, 53 ou 54, etc. Et moi je voulais demander, sans malice, mais quand même avec un petit sourire, que tu me dises ton score à toi auprès des adhérents de la France Insoumise.

Et là aussi, avec un petit guillemet, puisque je sais ce qu'il en est des adhérents. Merci Brigitte pour cette question. Bonne journée à tout le monde. Merci beaucoup. Bonne journée à vous aussi sur l'application de France Inter. Énormément de questions. Tachez-vous dit, c'est un nouveau dictateur. Quelle légitimité ? Niveau des exclusions. Vite envie de quitter la NUP. Manoir, la France Insoumise revient aux méthodes soviétiques. Quel gâchis ? Colline, pourquoi se cacher derrière des institutions pour écarter tout ce qui froisse le chef ? Je pourrais en lire, il y en a des dizaines. Alors Manuel Bompard, répondez.

17:42
Manuel Bompard

Je crois que je vous ai répondu. C'est-à-dire qu'effectivement...

17:44
Présentateur

Peut-être pas convaincu.

17:46
Manuel Bompard

C'est possible, mais il ne restera du temps peut-être pour le faire. La volonté de la France Insoumise, c'est de construire une forme qui est une forme mouvement, qui n'est pas un parti politique traditionnel. Et donc, nous avons des formes de désignation de nos équipes de direction qui ne sont pas les mêmes que les autres. Ça ne veut pas dire qu'elles sont moins collectives ou moins démocratiques. Nous avons des secteurs d'activité de notre mouvement. Par exemple, nous avons un secteur, je donne un exemple avec l'ensemble des personnes qui sont engagées dans le soutien aux mobilisations sociales. Ça s'appelle le réseau des luttes sociales dans notre mouvement politique. Ils se sont réunis.

Ils ont proposé leurs deux représentants dans notre coordination des espaces du mouvement. Voilà comment ça fonctionne. Donc, c'est une forme différente. Je pense qu'elle n'est pas moins collective ou moins démocratique que celle des autres.

18:26
Invité

Manuel Bompard a un mot sur Adrien Quatennens. Il comparaît demain à Lille dans une procédure de plaidécoupable pour des accusations de violences physiques et psychologiques de la part de son épouse, Céline Quatennens. Vous aviez dit, il y a quelques semaines, personne ne demande sa démission. On réfléchit même ensemble aux conditions d'un retour. Vous le dites encore ce matin ?

18:41
Manuel Bompard

Je vous dis que dans notre groupe à l'Assemblée nationale, quand nous avons décidé de discuter de ce sujet en détail, personne ne considère que toute hypothèse de retour est impossible. Ensuite, la question qui nous est posée et le sujet sur lequel nous réfléchissons, c'est quelles sont les conditions, quelles sont les modalités d'un éventuel retour. Je crois que, comme tout le monde, vous nous êtes attachés à une forme de réparation.

19:03
Invité

Vos alliés, alors ce n'est pas votre groupe, mais vos alliés, par exemple, le patron des socialistes Olivier Faure dit que le retour de Quatennens est impossible l'écologiste Sandrine Rousseau dit qu'il ne pouvait plus siéger. Vous entendez ou non ?

19:17
Manuel Bompard

J'entends quand on cite effectivement ce qu'ils disent. J'en ai discuté avec Olivier Faure. Olivier Faure, sa position, à ma connaissance, c'était de dire en tout cas qu'aucun retour n'était possible avant toute décision judiciaire. Donc voilà, il va y avoir une décision cette semaine. Adrien Quatennens sera condamné. C'est une surprise pour personne, puisqu'il plaide coupable sur un certain nombre de faits. Donc la question qui nous est posée, c'est l'ampleur de cette condamnation, les faits qui seront retenus par la procureure et le juge, puisqu'il doit y avoir une homologation par un juge, seront pris en compte dans notre discussion et dans notre réflexion.

19:50
Invité

C'est-à-dire que si c'est une petite condamnation, il peut revenir ? Si c'est une condamnation, comment ça se passe ?

19:54
Manuel Bompard

Bah écoutez, ça me paraît évident, non ? En fonction de ce qu'on dit, je suis attaché à un certain nombre de principes, un principe de gradation, les faits, les sanctions ne sont pas les mêmes quels que soient les actes qui sont reprochés, même si tous les actes sont répréhensibles. Un principe de réparation, c'est-à-dire que quand quelqu'un fait une erreur, une faute, qu'il est condamné pour ça, il n'est pas condamné à vie. Donc à un moment, il y a une question de calendrier. Bon, toutes ces questions-là, c'est les questions sur lesquelles on travaille.

On essaye de prendre une décision qui est la plus juste possible du point de vue du respect de nos principes féministes auxquels on est très attaché.

20:29
Présentateur

Sur la réforme des retraites, qui sera le grand sujet de la rentrée de janvier, vous espérez faire capoter le projet d'Emmanuel Macron, coûte que coûte. Vous organiserez une marche le 21 janvier. Est-ce que vous croyez que les syndicats vous suivront cette fois ou qu'ils feront, comme en octobre dernier, francs séparés ? Mais ce n'est pas francs séparés.

20:46
Manuel Bompard

Je veux dire, il doit y avoir, face à cette volonté du gouvernement de reporter l'âge de départ à la retraite, il doit y avoir un fourmillement d'initiatives. Si on veut gagner, il faut qu'il y ait des initiatives syndicales, qu'il y ait des appels à la grève. Il faut qu'il y ait des marches le week-end, c'est ce que nous proposons. Il faut qu'il y ait des cafés populaires partout dans le pays pour informer sur le contenu de cette réforme.

21:09
Invité

Mélenchon avait regretté en octobre dernier que ce soit front séparé. Il avait regretté que lors de votre marche contre la vie chère,

21:17
Manuel Bompard

il n'y avait pas les syndicats, il n'y avait pas la CGT, il l'avait dit. Je préfère que les organisations syndicales appellent aussi à participer aux marches le week-end si elles le souhaitent. Mais si elles préfèrent se concentrer pour l'instant sur des initiatives d'action en semaine, ce n'est pas dramatique. Les différentes formes d'initiatives, elles peuvent être complémentaires. Nous, nous appelons, vous l'avez dit, à une marche le 21 janvier, c'est à l'appel des organisations de jeunesse. Et nous avons dit, les organisations de jeunesse ont posé cette date, nous soutenons et nous appelons à y participer et nous allons faire en sorte d'y mettre toute notre force et toute notre énergie.

Mais s'il y a aussi des dates de mobilisation, des journées de manifestation, des journées de grève en semaine, on va y participer aussi. Cette réforme est une réforme insupportable, incompréhensible, injuste. Il n'y a aucune nécessité économique à réformer aujourd'hui les retraites et il y a une brutalité sociale derrière cette réforme qui est complètement incompréhensible. Donc moi, j'appelle le gouvernement à reculer et puisque pour l'instant, il n'a pas l'intention de reculer, il faut le faire reculer dans la rue.

22:10
Présentateur

Manuel Bompard, merci d'avoir été au micro de France Inter.

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