Laure Lavalette, députée RN, affirme qu'il y a une "submersion migratoire" en France
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:39OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a une submersion migratoire en France ?
- 1:44RelanceRéponse partielle
Le terme de submersion migratoire est-il déshumanisant ?
- 3:20OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un basculement démographique en France ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un basculement démographique dans certaines communes ?
- 5:02RelanceRéponse partielle
Les statistiques montrent-elles une submersion migratoire ?
- 6:05OuverteRéponse directe
Est-ce normal de s'installer dans un pays étranger et de penser que les étrangers ne devraient pas venir chez soi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Chiffre
« Quand vous avez 500 000 titres de séjour légaux par an, bah oui, il y a une submersion migratoire. »
- 1:11Promesse
« Est-ce qu'avec le référendum qu'on va mettre en place si jamais on gagne ce référendum sur le droit des étrangers qu'on veut mettre dans la Constitution pour avoir les outils, pour pouvoir lutter et graver dans le marbre de notre Constitution, pour pouvoir lutter contre cette immigration massive ? »
- 2:52Fait
« Oui, il y a une vague, oui, il y a une submersion migratoire mais alors vous, vous pouvez trouver que c'est une chance. »
- 4:31Chiffre
« 75 % des mineurs qui sont déférés devant le parquet de Paris sont des mineurs étrangers. »
- 5:02Chiffre
« 60 % des Français pensent qu'il y a un problème avec cette politique migratoire. »
- 5:34Fait
« Si on regarde sur le plan des statistiques, déjà au niveau européen, on est loin d'être le pays le plus accueillant en termes d'immigration. »
- 10:46Fait
« les petits Maorés doivent laisser leur place aux Comoriens, ils ont moins d'heures d'instructions. »
- 14:07Fait
« quand vous avez 80 % des élèves au collège, au lycée, qui sont étrangers, qui sont pour la plupart arrivés en Kouassa ou qui sont nés de leur mère pour un projet de scolarisation ou pour obtenir la nationalité »
- 14:52Fait
« vous avez mécaniquement un phénomène d'éviction, pour nous les Français de Mayotte à qui on dit « allez vous soigner à l'extérieur ». »
- 16:42Fait
« Ce que pose Mayotte, c'est la question de l'impuissance publique érigée en politique. »
- 17:25Chiffre
« quand Nicolas Sarkozy était aux manettes, il a fait rentrer plus d'immigrés légaux par an que Lionel Jospin. »
- 18:38Chiffre
« 13 % l'immigration de travail »
Temps de parole
- ?100 %
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Je présente nos invités. Laure Lavalette, merci d'être là et bonsoir à vous. – Bonsoir Sonia Vous êtes députaire à l'Assemblée nationale du Var. Rocaia Diallo est présente, je vous remercie. Bonsoir, président de Politis et d'Italise Guardian. Bruno Jeudy nous accompagne. Alors je le disais, des propos qui ne passent pas en En réalité, la ministre à chaque fois essaye, et depuis hier, de s'expliquer, de préciser ce propos. Laure Lavalette, qu'est-ce que vous dites-vous ? Toller, c'est une honte ou alors tout simplement elle a dit des choses qui sont de l'ordre de la liberté d'expression. Non, je dis que Priska Thévenot ne loue pas quand même une occasion de se faire un de ses petits camarades et je trouve qu'on a quand même du mal à penser
qu'Aurore Berger cautionne un racisme décomplexé s'il en était, c'est mon adversaire politique, je trouve que le procès qu'on lui fait n'est pas le bon. Je trouve qu'on a l'impression que ça tourne en boucle sur les côtés sémantiques. En fait, la question, c'est pas ça, c'est est-ce qu'il y a une submersion migratoire en France ? Je pense que oui. Quand vous avez 500 000 titres de séjour légaux par an, bah oui, il y a une submersion migratoire. Est-ce que les Français la cautionnent ? Je ne pense pas. Ils sont pas d'accord avec cette politique d'immigration. Est-ce qu'avec le référendum qu'on va mettre en place si jamais on gagne ce référendum sur le droit des étrangers qu'on veut mettre dans la Constitution pour avoir les outils,
pour pouvoir lutter et graver dans le marbre de notre Constitution, pour pouvoir lutter contre cette immigration massive ? Voilà. Oui, évidemment, si nous gagnons. Je trouve que le procès qui est fait à Aurore Berger n'est pas le Je crois qu'il y a diallo, votre réponse ? Alors je crois que c'est une polémique qui est amplement justifiée étant donné que, quand même le rappeler, Aurore Berger est en charge de la lutte contre les discriminations et contre le racisme. Que la théorie du grand remplacement est une théorie qui est complotiste qui est raciste, qui a été une théorie qui a utilisé un terroriste qui a commis un attentat à Christchurch en Nouvelle-Zélande qui s'était inspiré de cette théorie du remplacement parce qu'il avait séjourné en France
et ça a été pour lui la justification d'un crime qu'il a commis dans une communauté musulmane, dans une mosquée en Nouvelle-Zélande. Le grand emplacement, c'est l'idée selon laquelle des personnes viendraient du continent africain volontairement pour remplacer la population autochtone et indigène blanche européenne. C'est une théorie qui est extrêmement raciste. Et d'ailleurs, quand je vous entends parler de submersion migratoire, je sais que vous dites que les débats sémantiques sont secondaires. Mais parler de submersion, c'est laisser entendre que le nombre de personnes immigrées dépasseraient le nombre de personnes locales non mais c'est l'idée qu'on est quand même submergé par un nombre de personnes. Nous ne sommes pas submergés par les personnes immigrées
et le terme même de submersion est déshumanisant En fait, on a l'impression d'avoir une vague monolithique de gens qui ne seraient pas des êtres humains. Ce sont des milliers de personnes qui ont des raisons individuelles de venir. Comme nous, parfois, nous pouvons décider d'immigrer par ailleurs parce qu'il y a énormément de Français qui participent aussi à l'immigration internationale. Ça ne vous a pas échappé que déjà, c'est un terme que nous n'employons jamais au Rassemblement national. Absolument jamais. Vous ne l'entendrez jamais dans ma bouche. C'est un terme que je n'aime pas, qui ne me convient pas. Le grand remplacement, là, vous parlez. Mais c'est un terme raciste pour vous ? Est-ce que c'est raciste pour vous ?
C'est un terme qui ne me convient C'est un terme qui a été employé par Éric Zemmour pendant la campagne de 2022, c'est lui qui l'a théorisé. Je suis d'accord avec vous, vous ne l'avez jamais employé. Probablement qu'on le laisse à d'autres mais ce n'est pas un terme qui me parle. Par contre effectivement, là où on n'est pas tout à fait d'accord, quand on voit les images par exemple à Ceuta, oui, il y a une vague, oui, il y a une submersion migratoire mais alors vous, vous pouvez trouver que c'est une chance. Moi je trouve que ça n'est pas le cas et globalement beaucoup de Français sont d'accord avec moi puisque 60 % des Français pensent qu'il y a un problème avec cette politique migratoire. En plus ça fait très longtemps qu'on n'a pas demandé aux Français ce qu'ils en pensaient vraiment.
Et c'est vrai que ça sera, j'allais dire, une des questions majeures aussi au moment de cette élection présidentielle et c'est aussi la raison pour laquelle on voudra, si Marine Le Pen gagne, mettre ce référendum sur la politique migratoire une fois que nous aurons gagné. – Peut-être que je peux orienter le débat différemment pour qu'on comprenne véritablement ce qui est en jeu. Est-ce qu'il y a, et là je vais vous laisser défendre vos points de vue, un basculement démographique ? On ne parle pas de la théorie du grand emplacement. Est-ce qu'il y a, est-ce que vous vous estimez qu'il y a un basculement démographique ? Tout à l'heure nous serons avec la députée de Mayotte, Estelle Youssoupha, qui va agir. On représentera de nouveau la situation à Mayotte,
mais est-ce que vous estimez que dans certaines communes et en France plus gaullement il y a un basculement démographique. En fait ce qui est sûr c'est que vous ne pouvez pas accueillir 500 000 d'immigrés légaux par an donc là je parle que de l'immigration légale, il y a aussi une immigration illégale sans que ça ne change quand même un peu le paysage de votre pays. Vous voyez, vous parliez d'Aurore Berger des luttes contre la discrimination. Quand vous voyez que le ministère de l'égalité entre les hommes et les femmes fait une affiche pour lutter contre l'excision, excusez-moi de vous dire que ça c'est quand même importé par l'immigration. L'excision n'est pas une coutume gallo-romaine ça n'existait pas, c'est bienvenu avec des gens qui arrivent sur
notre sol avec une culture qui n'est pas la nôtre quand vous êtes obligés de mettre avec des pictogrammes qu'on ne peut pas violer les femmes et qu'on ne peut pas déféquer dans la rue, c'est que ça pose aussi une vraie question. Les viols, il y en a toutes les 7 minutes, détente-tête de viol, toutes les 2 minutes, ce ne sont pas les personnes immigrées qui sont à l'origine des viols extrêmement communs. 75 % des mineurs qui sont déférés devant le parquet de Paris sont des mineurs étrangers. C'est la réalité qui nous rattrape. Alors, on peut le déplorer, j'aimerais que ce soit différemment, mais c'est vrai que oui, ça change un peu notre pays et c'est vrai que moi, je fais le lien, ma famille politique fait le lien entre l'immigration et l'insécurité dans certains domaines. C'est
dire indéniable, il suffit d'avoir des yeux pour voir. Je pense que pour le coup les Français sont d'accord avec nous. La réponse au cas de diallo, puis Bruno ? Si on regarde sur le plan des statistiques, déjà au niveau européen, on est loin d'être le pays le plus accueillant en termes d'immigration. Par ailleurs, si on regarde le pourcentage de personnes étrangères en France, aujourd'hui par rapport à ce qu'il y avait il y a 40 ans, le nombre n'a pas changé. Qu'un pays se transforme du fait de contacts avec l'extérieur, c'est normal. Et ils ne se transforment pas seulement par l'immigration, c'est-à-dire que notre culture, elle se transforme aussi parce qu'on regarde Netflix, parce qu'on voyage plus, parce qu'on est sur les réseaux sociaux.
C'est une transformation qui se fait de part et d'autre. Mais c'est-à-dire que moi, ce que je trouve par exemple très intéressant, c'est que vous faites de très bons scores auprès des Français de l'étranger qui vivent par exemple au Maroc. Ces Français-là sont immigrés au Maroc, mais ils nous expliquent que ce n'est pas bien qu'on ait des Français qui viennent en France. C'est-à-dire qu'eux bénéficient de la possibilité de s'installer dans un pays comme le Maroc, mais pensent que les Marocains, vous avez très J'allais dire qu'on fait des bons scores à Mayotte aussi, par exemple, on en parlera peut-être tout à l'heure. Oui, mais je trouve que j'ai intérêt à l'instant des Français qui pensent que ça sache chez des Marocains et pensent que les Marocains ne devraient pas venir en France.
On fait des très bons scores dans le Var, vous voyez, on est 7 députés sur 8 à avoir été Est-ce que vous trouvez leur mal ? Est-ce que c'est normal de s'installer dans un pays étranger et de penser que ces mêmes étrangers ne devraient pas venir chez soi ? On ne sait pas pourquoi. Ils s'installent, peut-être qu'ils sont simplement expatriés. Expatriés et immigrés, c'est la même chose. C'est tout à – Attendez, on peut dire que ce n'est pas les mêmes proportions quand même. – On sait un petit peu pourquoi parce qu'il y a aussi des avantages pour les retraités. – Je vais juste répondre à Mme Lavalette parce que sur le constat, je crois qu'il est réel que les Français rejettent plutôt aujourd'hui la politique migratoire qui est menée,
pas seulement depuis Emmanuel Macron, mais depuis quelques années. Bon c'est comme ça sans doute qu'il n'en accepte plus un certain nombre de conséquences. Il y a une sur-présentation monsieur Jeudy quand Je vous dis, je pense que les Français n'acceptent plus cette politique migratoire. Ça c'est vrai, ça c'est le premier point. Deuxième point, vous dites qu'à un moment il faudra changer les choses, 500 000 immigrés qui qui rentrent dans le pays. Mais nos voisins sont un peu dans la même situation, je pense notamment à l'Italie, qui finalement, le pouvoir est plus proche du vôtre, qui a régularisé 450 000 personnes. – Et pardonnez-moi, on peut prendre l'exemple de l'AFD et voir le résultat. Bien sûr, l'exemple de l'idée. Pourquoi ? Parce qu'il y a aussi des besoins
économiques et la France... Et qu'Italie ne fait pas d'enfants aussi. Et qu'Italie ne fait pas d'enfants aussi. La France fait un peu plus d'enfance, mais c'est pas terrible. J'ai une politique nathaliste, vous allez voir. Oui, ça je me reconnais mais ce que je voulais savoir c'est comment vous faites pour répondre aussi aux patronats qui par exemple étaient d'accord pour qu'il y ait des quotas sur certains métiers, on n'a jamais vraiment enfin on a eu la liste mais c'est eux qui le demandent aussi Alors oui et Mais non, parce que souvenez... On s'arrête. Non, non, allez-y, allez-y. Dans la dernière polémique, souvenez-vous, finalement, il y avait des patrons qui disaient c'est vrai que c'est un problème aussi parce
que ça fait chuter les salaires à la baisse parce que l'immigration clandestine, parce qu'on parle un peu de ça quand il y a énormément de sans-papiers qui travaillent dans les restaurations à Paris par exemple et on nous dit, il faut les régulariser mais en fait comme c'est une main d'oeuvre qui est moins chère vous imaginez bien aussi qu'au bout d'un moment ils seront remplacés par d'autres qui n'auront pas de papier et c'est en fait c c'est sans fin, on ne peut pas aider la terre entière on a un problème il faut que cette politique sociale qu'on a déjà du mal à faire vivre vous avez vu l'état de précarité dans lequel vivent les français il faut la réserver aux simples français et je pense que si on la réserve aux simples ça va de fait assécher quand même ces 500 000 immigrés
qui vont venir c'est le centre du débat c'est pas pour ou contre l'immigration les restaurants ça marchait aussi avant qu'il y ait 500 000 immigrés qui rentre par an il y a une histoire de coût du travail aussi où il il faut que le travail paye. C'est un peu vertigineux parce qu'il faut s'attaquer à plein de pans de l'économie. Mais moi, je pense qu'on peut faire ça. Regardez, l'hôpital, par exemple. Est-ce que vous trouvez normal, monsieur Jeudy, que nos enfants partent en Roumanie pour faire médecine, parce que notre système de médecine est absolument mal fichu. Oui mais ça madame Levalet, vous savez très bien qu'on a fait sauter le numerus clausus et qu'il va falloir du temps et que d'ici quelques années, vous verrez, ce sera le contraire.
Mais pas assez, demandez à monsieur Juvin qui n'est pas de ma famille politique et qui pourtant est médecin. Il le dit très bien, il faut libéraliser beaucoup plus. Nos enfants partent en Roumanie et on impose les médecins en Roumanie. – Pardonnez-moi, je vais recentrer le débat. Je pense que le débat, ce n'est pas pour ou contre l'immigration. On est parti des propos tenus par Aurore Berger, de son explication de la polémique. Y a-t-il ou non un basculement démographique ? Je vous prends l'exemple de Mayotte et dans quelques instants nous serons avec la députée de Mayotte. Voilà ce qui se passe à Mayotte. La situation migratoire est quand même singulière puisque la moitié de la population de Mayotte est étrangère. Alors, est-ce qu'on peut dans ce cas parler d'un basculement ?
Il y a d'un côté les flux d'arrivée, je le dis vraiment de manière pragmatique si je puis dire, les flux d'arrivée en provenance des Comores pour l'essentiel et d'autre part vous avez une natalité aussi qui est liée à l'immigration et l'indice de fécondité, il est aujourd'hui à maillade de 4 ,7 enfants par femme. C'est presque le triple de la métropole. Et sur l'ensemble de naissances, les... On va dire à peu près les deux tiers le sont de mères étrangères. Est-ce que dans ce... — Mais la situation de Mayotte, Sonia, il faut quand même expliquer qu'elle est unique... — Inédite. — J'ai commencé par dire... Pardonnez-moi. J'ai commencé par dire qu'elle est singulière. — Oui, bien sûr. Vous avez raison. Elle est unique. Et effectivement, sur la situation de Mayotte,
je pense qu'on est dans une situation de basculement. Puisque vous avez... C'est le territoire national où il y a le plus de personnes reconduites. J'ai des gens qui ressentent aussi... — Bien C'est dans le département français depuis 2011. Est-ce que dans ce département-là, il y a un basculement ? De fait, quand vous avez la moitié de la population de Fête. La situation de Mayotte est vraiment singulière, elle n'est pas symptomatique de ce qui se passe dans l'ensemble du pays, dans l'Hexagone en particulier. Et en plus Mayotte c'est un territoire qui est très mal servi sur énormément de points, c'est-à-dire qu'il y a le problème d'accès à l'eau, le problème d'accès à la santé, la question de l'éducation. Vous savez que les petits Maorés doivent laisser leur place aux Comoriens,
ils ont moins d'heures d'instructions. Dans le classement Pisa, je ne vous dis pas vu que c'est un peu d'actualité, mais ils font moins d'heures d'école qu'un petit enfant qui habite en Dordogne, ce qui pose une vraie question d'égalité aussi. Il y a le problème de l'eau, vous le disiez madame Diallo qui est absolument épouvantable. La moitié de ces personnes-là, donc la moitié de la population est étrangère et la moitié de la moitié ne devrait pas être sur le territoire parce qu'ils sont illégaux. Donc pour le coup, quand vous écoutez Anshab Anana qui est notre députée maoraise et Estelle Yousoufa qui ne sont pas de la même famille politique, elles forment le même constat et je pense le même sentiment d'abandon quand Amana a écrit à Naï Mamouchou, ministre des Outre-mer, sur l'eau.
Et c'est vrai qu'ils se sentent très, très abandonnés. Mais c'est ça que je veux interroger au-delà des concepts et des théories. Quand vous avez sur un territoire français une telle situation, est-ce qu'il y a un basculement ? Est-ce que vous parlez d'une vague ou pas d'une vague ? Est-ce qu'on en est à ce niveau de débat ? Elle sera avec nous dans quelques instants, une courte pause et on se retrouve. Estelle Yissoufa. – Ah ben la voilà ! – Peu de Merci d'être avec nous. Les propos d'une ministre, en l'occurrence Aurore Berger, en charge de la lutte contre les discriminations qui ont provoqué un tollé. Mais qu'a-t-elle vraiment dit, Aurore Berger ? La question lui a été posée sur la théorie du grand remplacement,
et la question lui a été posée de savoir est-ce que ça tombe sous le coup de la loi ? Non, a-t-elle dit, on peut en débattre, ça ne veut pas dire qu'elle ne la combat pas. Je tiens à préciser quand même, c'est important alors que tout le monde dans son camp lui, entre guillemets, lui tombe à bras raccourcis dessus. Elle a dit qu'elle, de son point de vue, il faut la combattre, pardonnez-moi, mais que ses opposants, ses adversaires, notamment du côté de reconquête, peuvent en parler. Nous sommes avec Estelle Youssoufa, députée Liotte de Mayotte. Merci Estelle Youssoufa d'être avec nous. Depuis tout à l'heure, on évoque ce sujet et finalement la question d'une bascule démographique liée à l'immigration. Et nous avons pris comme exemple, il est vrai c'est une situation singulière,
celle de Mayotte, on a rappelé les chiffres, on a rappelé la difficulté. Est-ce que vous, vous dites que ce sont des débats dépassés finalement ? Qu'on n'en est plus à parler de rhétorique ? Alors je pense effectivement que la situation à Mayotte et bien au-delà des débats sémantiques, c'est plus de la moitié de la population qui est étrangère. 80 % des naissances sont le fait de mères étrangères, mais surtout ce qui est vraiment très particulier et spécifique à Mayotte, c 'est que le projet migratoire s 'inscrit dans un projet politique, c 'est l'instrumentalisation des flux migratoires par les Comores qui revendiquent le territoire de Mayotte et renversent la démographie de notre île.
C'est les Comores qui renversent le droit du sol, renversent notre droit pour envoyer leur population à Mayotte et contester la souveraineté française dans notre département. Je pense aussi qu'il faut avoir vraiment regardé la situation telle qu'elle est à Mayotte, c'est-à-dire que face à une explosion démographique qui est purement migratoire, nos services publics ne suivent pas. On est un territoire qui est structurellement sous-équipé, c'est certain, qui n'a pas bénéficié de la solidarité nationale pour construire plus qu'un hôpital. Il n'y a pas assez de production en eau potable, il n'y a pas assez d'écoles, il n'y a pas assez de routes.
Mais ce qui est certain, c'est que quand vous avez 80 % des élèves au collège, au lycée, qui sont étrangers, qui sont pour la plupart arrivés en Kouassa ou qui sont nés de leur mère pour un projet de scolarisation ou pour obtenir la nationalité, vous pouvez construire tant et plus d'écoles à Si le projet des Comores voisines, c'est de faire sous-traiter l'éducation nationale dans notre département, on n'y arrivera jamais. De la même manière, quand vous êtes dans notre seul hôpital, le CHM, avec 90 % des patients qui sont étrangers, qui ne payent aucun soin, aucun soin et qui sont traités prioritairement parce qu'ils sont dans un état de santé
gravissime, vous avez mécaniquement un phénomène d'éviction, pour nous les Français de Mayotte à qui on dit « allez vous soigner à l'extérieur ». C'est ça la réalité. Moi je suis désespérée des débats qu'il peut y avoir dans l qui sont complètement décorrélées de la réalité. Évidemment, les mots ultrarsens, il est important de pouvoir nommer les choses. À Mayotte, le projet migratoire, c'est l'instrumentalisation des flux migratoires par les Comores qui revendiquent notre territoire et on est arrivé à un renversement démographique qui est catastrophique. On est en train de perdre la souveraineté sur notre île et ce n'est pas votre servante qui le
C'est les Comores qui le revendiquent, qui le clament dans les colonnes du Figaro, sur France 24, qui vont à l'ONU pour le dire et qui, avec dans la bouche du président comorien, emploient la population à aller à Mayotte à partir de là rester avec nous parce que là encore et cela renvoie à des propositions une proposition en pleine campagne présidentielle ce qu'a dit le candidat Bruno Rotaio il a eu cette phrase pourquoi ce qui est bon à Mayotte a-t-il Il dit, ne le serrez pas sur le sol national et le candidat LR veut supprimer le droit du sol en France par référendum. Je vois que vous vous affichez un sourire. M. Rotailleau, je rappelle qu'il a quand même été aux affaires. Quand il était aux affaires, le ministre Rotailleau n'a strictement rien fait sur la question.
Ce que pose Mayotte, c'est la question de l'impuissance publique érigée en politique. Ce n'est pas possible. Ce que Mayotte pose au reste du pays, c'est de dire si dans un territoire de 375 kilomètres carrés, vous n'arrivez pas à protéger les frontières. Vous n'arrivez pas à changer les lois pour faire face à la réalité. Là, vous avez un problème que vous n'arriverez pas à régler au niveau national. C'est sur un tout
– Ce que vous dites, ça tombe sous le sens. Je pose la question à Laure Lavalette et Erokaya Diallo. Supprimer le droit du sol, pas seulement à Mayotte, mais sur tout le reste du territoire. Je lui propose de nous rejoindre, puisque c'est évidemment une proposition du Rassemblement national depuis longtemps. Je rejoins ma collègue Estelle Youssoufa. Bruno Retailleau a été au gouvernement, il n'a rien fait. C'est le problème des LR qui parlent comme nous en campagne électorale et qui, une fois qu'ils ont un peu des responsabilités, ne font pas ce qu'ils disent. Je vous rappelle quand même que quand Nicolas Sarkozy était aux manettes, il a fait rentrer plus d'immigrés légaux par an que Lionel Jospin. Ça pose une vraie question. Je me souviens, moi, il y a 2-3 ans, un jour de niche,
les LR mettent à l'ordre du jour la fin des accords de 68 qui pourraient quand même un peu nous aider à régler la question de l'immigration algérienne. Moins d'un tiers de leur groupe était dans l hémicycle pour le voter, leur propre texte. Donc voilà, ça fait très longtemps que j'ai fini d'avoir confiance. Et d'ailleurs, les Français aussi, on n'a qu'à voir des mauvais soeurs de mer. – Oui, mais ce que dit Bruno Ontario, je vais vous faire réagir, c'est-à-dire que Mayotte, si vous estimez qu'une mesure appliquée à Mayotte peut s'appliquer sur le reste du territoire. Vous estimez que Mayotte préfigure de ce qui pourrait arriver en France ? Moi je pense que tout à l'heure il y avait un débat sur les mots submersion migratoire pas submersion migratoire Mayotte est en situation de
submersion migratoire c'est C'était absolument incontestable et ça a bien été décrit par Mme Youssoufa. Et sans doute que la mesure de suspension du droit du sol sur ce territoire, qui a d'ailleurs été émise par François Barouin, je crois au début des années 2000 quand il était ministre de l'Outre-mer, est peut-être une solution nécessaire. Après comparer la situation de Mayotte et l'extrapoler à la situation de l'hexagone, moi je pense que c'est une situation différente. Ce qui se passe à Mayotte... Même si l'immigration comorienne peut passer par La Réunion, une fille née en France. Oui mais pour l'instant elle va rester à Mayotte et peut-être à La Réunion mais pas tellement... Il y a juste un petit parallèle je pense qu'on peut faire.
Bonojeni dites-moi si je me trompe mais quand vous accueillez 500 000 personnes par an de façon légale et il y a à peu près 900 000 clandestins, enfin c'est le preuve des clandestins, on doit savoir combien ils sont mais ça fait 2 millions de gens en 4 ans donc c'est la ville de Toulouse tous les ans, ça pose aussi un problème d'infrastructure enfin je veux dire ces gens-là ils sont là il faut les soigner on a un problème hospitalier on a un problème d'école vous voyez ce que je veux dire c'est que c'est pas neutre on peut pas recevoir des gens en plus avec une culture différente sans que ça ne pèse j'allais dire à la fois sur les infrastructures, sur notre culture, sur notre mode de vie c'est pour ça qu'il faut réfléchir et ça a plusieurs fois été évoqué et finalement ça s'est perdu dans
les promesses des différents candidats la question des quotas est absolument il faut y réfléchir parce qu'il ya des métiers où il y a besoin du monde. C'est 13 % l'immigration de travail, je sais mais déjà réguler l'émission de travail c'est déjà pas mal après il y a d'autres questions parce que c'est vrai que les sources d'immigration sont différentes, étudiantes, familiales il y en a plusieurs mais je pense qu'il y a quand même moyen. Quand je disais immigration commune in fine réunion et in fine France hexagonale évidemment je voulais ajouter c'est important. Je trouve que ce débat est au centre aussi de ça c'est à dire que ça va être aussi l'objet d'une campagne, le choix des mots vous dites à Mayotte submersion migratoire non vous vous dites non à Mayotte.
En fait le terme de submersion il donne l'impression d'une catastrophe naturelle complètement déshumanisée. On peut parler de tension ou de pression démographique mais la question de submersion quand on dit qu'on est, enfin être submergé ça veut dire être enfoncé en en dessous et ne plus pouvoir respirer. Mais je trouve que le terme est déshumanisant, c'est-à-dire qu'à un moment donné on parle de personne. Je trouve qu'à un moment donné il ne faut pas perdre de vue le fait qu'on parle de personne. Oui mais que ce soit un projet politique de la part des Comores quand même de C'est une situation qui est singulière la situation des Comores c'est la situation et effectivement il y a une guerre Singulière c'est un peu léger par rapport à ce qu'il dit Mme Bialo
Elle est singulière par rapport au reste de la France, c'est-à-dire que ce qui se passe à Mayotte déjà c'est le plus jeune département de France Et effectivement il y a une tension avec les Comores C'est aussi le plus pauvre C'est aussi le plus pauvre, largement, c'est celui où il y a le plus grand problème. Et on tolère à Mayotte ce qu'on ne tolérait pas en Dordogne ou dans Lotte, nulle part ailleurs. Après de manière générale dans les Outre-mer parce qu'on a parlé de l'eau à Mayotte, en ce moment il y a des écoliers qui n'ont pas accès à l'eau en en Guadeloupe. – Laure Lavalette, vous maintenez-vous submersant migratoire ? – Elle n'est pas uniquement liée à Mayotte. – Pardonnez-moi, Estelle Youssoufa, vous maintenez submersant migratoire ?
– C'est vous qui utilisez ce terme, je pense qu'au-delà des questions sémantiques, il y a une problématique dans l'Hexagone à refuser de nommer les choses que ce soit le grand remplacement, submersion, que sais-je encore. Si en fait les débats pour le Larousse versus Harper's Calling, ce n'est pas ça le sujet. Le sujet c'est est-ce qu'on trouve des mesures. Les questions qui sont sur la table avec par exemple le pacte migration qui a été voté au niveau européen dont le président Macron fait savoir qu'il n'est pas question d'appliquer les mesures qui permettraient d'ouvrir des centres d'accueil fermés pour les migrants en dehors de l'Hexagone ou de Mayotte dans un pays en Afrique,
par exemple, de passer des accords. On se rend compte que ce n'est pas envisageable pour le gouvernement actuel. Qu'en est-il des autres candidats ? Nous, on a besoin de solutions concrètes pour notre territoire. Tout est dit. Merci, Estelle Youssoufa. Vous n'y arrivez plus. Vous le dites depuis un certain temps et des ministres qui proposent des solutions aujourd'hui, effectivement, étaient pour certains aux responsabilités. Il y a le choc des mots, mais il y a la réalité de la situation. Merci de l'avoir évoqué, Rocaille Adiello. Merci, Laure Lavalette et Bruno Jeudy.
Laure Lavalette