Après le 17 OCTOBRE ?? De la RÉVOLTE à la GRÈVE GÉNÉRALE POLITIQUE - Edito d'Anasse Kazib
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Chapitres
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« La journée a mobilisé un nombre de personnes jamais atteint lors du puissant mouvement des gilets jaunes malgré les intimidations policières du gouvernement. »
- 1:14Invité politiqueChiffre
« Même l'État a été contraint d'annoncer 550000 manifestants dans tout le pays. »
- 2:26Invité politiqueFait
« Le gouvernement a tout fait pour nier ces dernières semaines. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Le débat médiatique se focalise ces derniers jours sur la question de la casse ou d'épillage. »
- 6:45Invité politiqueFait
« Nous avons désormais des hélicoptères qui survolent Paris avec des scènes totalement dystopiques et les policiers contrôlent tout ce qui bouge, sauf les défilés des fascistes à Lyon. »
- 7:27Invité politiqueFait
« Darmana a demandé à tous les parquets de France de passer les procédures des personnes arrêtées le 17 octobre et ces derniers jours en qualification de criminalité organisé pour prolonger les gardes à vue. »
- 8:04Invité politiqueFait
« La France insoumise est au cœur des attaques avec des appels à la dissolution de l'extrême droite de Retaillot relayé jusqu'à Gérard Larch qui explique que la question peut être posée. »
- 8:45Invité politiqueFait
« La journée du 17 octobre a été une véritable journée révolutionnaire au sens d'une éruption des masses sur la scène politique à travers une mobilisation populaire qui déborde le gouvernement. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Parler de l'importance de la grève, ce n'est pas jeter à la poubelle la mobilisation du 17, bien au contraire, mais c'est la pensée comme un levier pour aller plus loin dans le rapport de force. »
- 12:45Invité politiquePromesse
« Le 5 novembre, nous appelons les travailleurs et les travailleuses à organiser des assemblées générales partout pour généraliser la grève le 5 novembre et après. »
- 16:49Invité politiqueFait
« Notre projet, il est clair, trouver les moyens de forger une force sociale la plus large et la plus puissante pour affronter le gouvernement, le patronat et leur volonté de nous préparer à la guerre. »
- 17:27Invité politiqueFait
« Nous devons dire clairement pas 1 € pour leur guerre. Si les grands patrons et le gouvernement veulent la guerre, qu'ils y envoient leurs enfants et qu'ils la financent eux-mêmes. »
- 18:07Invité politiquePromesse
« Face à la hausse des prix du carburant, l'expropriation de grands groupes capitalistes comme Total énergie sous le contrôle des travailleurs. »
Temps de parole
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Bon les amis, il faut qu'on parle du 17 et de la suite parce que la situation a évolué et qu'il y a des possibilités énormes devant nous mais aussi parce qu'il y a de grands dangers. D'abord, il faut partir de l'essentiel. La journée du 17 octobre a été historique. Un journaliste du Figaro parle même d'une journée noire dans l'histoire de la 5e République. Il faut redire merci aux lycéens car c'est leur révolte qui a été l'étincelle de cette mobilisation. Leur rage a transformé une date partie des réseaux sociaux sur le prix du carburant en véritable rat de maré.
Ce qui s'est exprimé le 17 octobre, c'est le produit de 10 ans de colère accumulée contre le macronisme et la société qu'il nous promet. 10 ans à écrasé toute contestation, 10 ans de passage en fort sur des offensives anti-ouvrière ou antijeunes. C'est ça qui explique que la mobilisation est été à la fois massive et radicale. Massive parce que quantitativement, la journée a mobilisé un nombre de personnes jamais atteint lors du puissant mouvement des gilets jaunes malgré les intimidations policières du gouvernement. Même l'État a été contraint d'annoncer 550000 manifestants dans tout le pays.
Au cœur des cortèges, c'est la jeunesse qui a donné le ton qu'elle vienne des quartiers populaires ou des centre-ville. Une jeunesse profondément politisée, façonnée par les grands mouvements des dernières années. Une jeunesse qui a grandi dans un monde en flamme avec comme avenir la guerre et la misère. Ajouter à tout cela le méprit affiché face à la mobilisation lycéenne depuis 3 semaines. Et vous comprenez pourquoi ce secteur est devenu le moteur de la colère. On narrêtera pas. On narrêtera jamais. Moi, j'ai peur. J'ai peur. J'ai jamais eu aussi peur de ma vie. J'étais en face d'eux et j'avais peur. J'avais peur de mourir. Et pourtant, je suis là.
Je suis là parce que je préférais mourir comme ça que de vivre encore une autre année ce [ __ ] de régime de merde. Mais une des forces du 17 octobre, c'est que ces jeunes ont été rejoints par des travailleurs d'anciens gilets jaunes ou des syndicalistes. C'est une nouvelle étape dans l'extension du mouvement après la journée nationale du 6 octobre. Et c'est le signe qui émerge d'une avant-garde large emmenée par la jeunesse qui cristallise l'expérience de 10 années de lutte dans le pays. Des gilets jaunes à la bataille des retraites en passant par les révoltes après la mort de Naël ou encore le mouvement pour la Palestine. C'est pour cette raison que la journée a aussi été très radicale.
Ça n'aura échappé à personne. La radicalité politique d'abord dans le contenu des nombreuses revendications. la dénonciation de l'État, la référence à l'imaginaire révolutionnaire, mais une radicalité des méthodes aussi avec tout un secteur de la jeunesse déterminé à se défendre face à la police et à rejoindre les lieux de pouvoir. La colère face à un gouvernement qui incarne le pire du mépris social, les frustrations accumulées après des années de répression, l'expérience d'un quotidien de harcèlement policier, l'envie de faire basculer le rapport de force. Tout ça explique l'explosion à laquelle on a assisté.
Si le dispositif policier a était totalement débordé, ce n'est pas parce que le gouvernement l'aurait fait exprès comme l'expliquent certains. C'est à cause de cette radicalité, de cette massivité, de cette colère que le gouvernement a tout fait pour nier ces dernières semaines. À force de répéter que la révolte lycéenne était le produit d'une manipulation de LFI ou de révolution permanente, il a fini par croire à ses propres mensonges et par être aveugle à une lame de fond social.
Mais le 17 octobre, c'est aussi une démonstration pour tous les sceptiques, tous ceux qui nous disaient d'arrêter de rêver à une révolution et de nous préparer plutôt sagement à choisir entre la gauche institutionnelle et le fascisme en 2027. Même si la mobilisation a besoin d'une stratégie pour durer et s'étendre, elle a déjà prouvé qu'il y avait une force extraordinaire dans ce pays et une potentialité révolutionnaire. Pour le gouvernement, c'est une crise à la signification énorme.
Pas juste parce que c'est un échec du maintien de l'ordre, mais parce qu'il y a dans ce pays toute une jeunesse qui refuse de se plier aux ordres de l'État, à l'avenir qu'il lui réserve et à être de la chair à canon pour les guerres à venir. Surtout que cette jeunesse vient de montrer qu'elle peut être l'étincelle d'une révolte plus large. Macron d'émission, macion. C'est justement pour faire oublier tout ça et pour légitimer la répression à venir que le débat médiatique se focalise ces derniers jours sur la question de la casse ou d'épillage.
En parlant matin, midi et soir de violence, ils veulent diviser la mobilisation entre bons manifestants et casseurs comme l'assume très clairement le corps nu. Soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l'ordre et celles et ceux qui protègent les biens et les personnes et qui appliquent les lois soi est du côté des casseurs. Ça c'est une tactique de communication du régime pour briser la mobilisation. En dehors du 17 octobre, le gouvernement ne s'intéresse pas au petits commerçants. Il défend principalement les intérêts de la grande bourgeoisie qui capte l'essentiel des richesses, échappe à l'impôt et écrase ses petits concurrents.
Mais en période de mouvement, les médias bourgeois raffolent des images de propriétaires de boutique ampleur qui leur servent à attaquer la mobilisation. C'est pareil au moment des grèves quand on accuse les salopards de privilégiés d'empêcher la femme de ménage à temps partiel de prendre son RER. Le petit commerçant attaqué, c'est l'arbre qui sert à cacher la forêt capitaliste, qui crée les inégalités sociales, l'exploitation et la misère. Depuis dimanche, je discute avec mes collègues et je comprends que certains puissent être gênés par les images que martell médias.
On peut même discuter que tel ou tel acte, par exemple, contre des petites boutiques peut-être contre-productif symboliquement, mais il faut refuser totalement d'entrer dans le piège qui nous est tendu et qui vise à dépolitiser ces actes. Ce qui s'est exprimé le 17 octobre et après est à la hauteur de la souffrance que vit une grande partie de la jeunesse à qui on promet un avenir de précarité, d'exploitation, de racisme et de guerre. Quand cette rage explose, elle prend de multiples formes qui montrent toute la violence du système capitaliste.
Par exemple, celle de ne pas pouvoir accéder au produits que la société promeut matin, midi et soir, d'être cantonné aux marges de la société, de subir quotidiennement la violence de l'État, mais surtout regarder la différence entre la façon dont les médias traitent ces événements et la façon dont il traitent depuis 3 ans un génocide à Gaza. Regardez la différence entre la façon dont il traite une vitrine cassée et le fait qu'un ados a eu la main arrachée à Saint-Étienne et qu'une jeune a été ébornée à Mulouse le 17 octobre.
Il faut bien comprendre que malgré ces discours hypocrites, le vrai problème pour le gouvernement ce n'est pas qu'il y ait de la casse, c'est qu'il y ait de la mobilisation. Lors de la révolte lycéenne ces dernières semaines, l'État qualifiait déjà des simples blocus d'exaction. Quand les chemineaux ou les raffineurs font grève, ce sont des preneurs d'otage et les gilets jaunes ont très vite été dépints comme des ultra jaunes manipulés et dangereux. Le gouvernement ne tolère les mobilisations que quand elles sont totalement impuissantes pour mieux pouvoir les ignorer comme il sait si bien le faire. Avec le 17 octobre, c'était impossible.
Alors, ne tombons pas dans l'illusion que la préoccupation de l'État serait que nos revendications puissent s'exprimer tranquillement. C'est l'inverse. Son objectif, c'est de les faire terre définitivement et il trouvera toujours une bonne excuse pour ça. Partout où il y a une volonté de manifester, de se regrouper, des demandes qui sont faites par des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela, elles seront interdites par les préfets parce que c'est pas le moment, parce que nous voulons le retour au calme. D'autant que sa rétorique permet de légitimer une offensive autoritaire brutale.
Si le cornu n'a pas encore déclaré l'état d'urgence, il a pris des mesures dures comme la mise en place de couvre-feu dans des zones entières de nombreuses villes. Nous avons désormais des hélicoptères qui survolent Paris avec des scènes totalement dystopiques et les policiers contrôlent tout ce qui bouge, sauf les défilés des fascistes à Lyon. Sur le terrain judiciaire, Darmana a demandé à tous les parquets de France de passer les procédures des personnes arrêtées le 17 octobre et ces derniers jours en qualification de criminalité organisé pour prolonger les gardes à vue et étendre les pouvoirs d'enquête de la police.
Il parle même de saisir le parquet antiterroriste concernant l'incendie de la mairie de Limoge tandis que Noèz a annoncé qu'il mobiliserait l'armée, le RAID, le GIGN ou la BRI pour la manifestation du 24 octobre. Rien que ça. Demain seront mobilisés sur l'espace public 70000 policiers et gendarmes. Tout ça, c'est un saut répressif grave et toutes ces mesures s'accompagnent de menaces contre la gauche. Encore une fois, la France insoumise est au cœur des attaques avec des appels à la dissolution de l'extrême droite de Retaillot relayé jusqu'à Gérard Larch qui explique que la question peut être posée.
Mais l'État et les renseignements citent aussi régulièrement Révolution permanente ou le NPA en cherchant à construire un récit mensongé sur l'extrême gauche qui organiserait des violences. Nous constatons qu'il y a de nombreux appels de la mouvance l'ultra gauche et l'extrême gauche radicale, nombreux appels sur les réseaux sociaux à commettre des exactions et puis qu'il y a à nouveau de nombreux appels à commettre des pillages. Face à toutes ces menaces autoritaires, il va falloir faire front et j'envoie à nouveau toute ma solidarité aux organisations attaquées.
Mais la meilleure défense, c'est de discuter de la suite à donné au 17 octobre et de finir par arracher une victoire dans la lutte. La situation est contradictoire. Le gouvernement tente de décrédibiliser le mouvement et de l'écraser parce qu'il a peur de ce qui vient de s'exprimer. Il est sorti affaibli au point d'obliger Nunè à présenter sa démission, au point de forcer Macron à organiser une allocution pour ne rien dire. Vive la République et vive la France. La journée du 17 octobre a été une véritable journée révolutionnaire au sens d'une éruption des masses sur la scène politique à travers une mobilisation populaire qui déborde le gouvernement.
Le cadre de la contestation établie et contribue à fragiliser le pouvoir. Une journée comme on en a vécu le 19 décembre 2001 en Argentine, le 14 janvier 2011 en Tunisie et le 18 octobre 2019 au Chili. Qu'une journée de ce type ait lieu dans un pays impérialiste aussi important que la France en dit long sur la profondeur de la situation. Mais en même temps, si le mouvement recule, le gouvernement en profitera pour redoubler l'offensive réactionnaire. On est donc face à un défi politique majeur. Pour nous, les clés stratégiques pour avancer sont claires. Il faut que le mouvement entre en scène et il faut que la colère s'organise et se structure par en bas.
Depuis le 17, les réseaux sociaux parlent beaucoup de stratégies émeutières et de comment arriver à l'Élysée. Et l'attrait pour ces méthodes, il est compréhensible face aux faiblesse du mouvement vrier qui n'arrive pas à convaincre de l'efficacité de la grève depuis 10 ans. Les stratégies des directions syndicales avec leur journée isolée et leur mouvement de pression sont en grande partie responsable de cette situation. C'est l'impass stratégique des directions syndicales qui a été le carburant à des mouvements comme les gilets jaunes bloquont tout l'an dernier ou encore ce 17 octobre.
Le problème, c'est que les logiques d'action directe, elles sous-estiment le rôle stratégique que peut avoir la grève et la capacité de la grève générale à frapper le système au cœur de la production et à changer le rapport de force durablement. Les gilets jaunes nous ont montré que des journées puissantes une fois par semaine le weekend ne suffisait pas. Cette semaine d'ailleurs, l'absence d'une grève massive dans le pays laisse au gouvernement la liberté de se réorganiser et de tenter de repasser à l'offensive. Si on veut que la colère s'ancre, il faut bloquer la machine économique. Et plus que l'impact économique, la grève c'est aussi éminemment politique.
C'est une forme de prise du pouvoir des travailleurs sur les patrons. La grève, quand elle est massive montre à tous que ceux qui font tourner la société, ce ne sont ni les Vincent Boloré, ni les Bernard Arnaud ou Rodolphe Sahadé, mais bien les travailleurs que lorsque les travailleurs décident de lâcher leur volant, stopper la chaîne de montage ou encore arrêter une raffinerie, plus rien n'est produit. Ça permet de poser une question importante que craint la bourgeoisie, à savoir que ceux qui font tourner la société devraient la diriger.
Parler de l'importance de la grève, ce n'est pas jeter à la poubelle la mobilisation du 17, bien au contraire, mais c'est la pensée comme un levier pour aller plus loin dans le rapport de force. Le 10 mai 1968, lors de la nuit des barricades, des affrontements d'ampleur entre les étudiants et la police dans le quartier latin avaient agi comme un véritable électrochoc. En montrant leur volonté de se battre, la jeunesse avait entraîné le mouvement ouvrier et le début d'une grève générale avec plus de 7 millions de travailleurs en grève.
Alors que le 17 octobre a été une journée nationale et beaucoup plus massive que ses mobilisations dans le quartier Latin en 1968, l'objectif devrait être de travailler dans la même direction. Il y a de premiers éléments importants en ce sens, par exemple au technic de châtillon dont les travailleurs étaient en grève samedi et présents à la manifestation. Il montre la voix pour étendre la colère au lieu de travail.
Dans une tribune publiée dans Politis avec plus de 300 syndicalistes de l'industrie, de la pétrochimie, de la santé, de l'éducation, de la logistique ou de la SNCF, ont défendé déjà cet objectif la semaine dernière, notamment en interpellant les directions syndicales pour construire la grève en soutien au lycéen et au 17 octobre. En effet, avec son appel à la grève le 5 novembre, l'intersyndical a cherché jusqu'ici à enjamber les mobilisations. Face à l'ampleur, certaines organisations syndicales comme la CGT ou Solidaire ont fini par appeler au 17 et même appelle au 24 octobre prochain. Mais c'est encore loin d'être suffisant.
Cependant, avec le réchauffement de l'ambiance, le ton commence à changer. Cette semaine, la CGT a même appelé à des assemblées générales partout sur tous les lieux de travail pour généraliser la grève le 5 novembre et après. Le 5 novembre, nous appelons les travailleurs et les travailleuses à organiser des assemblées générales partout pour généraliser la grève le 5 novembre et après. Bien sûr, cette date reste trop éloignée, mais il faut en faire un point d'appui. La CGT parle de généraliser la grève à partir du 5 novembre. Prenons-la au sérieux.
Puisqu'on nous dit souvent que la grève générale se construit, alors il faut mettre toutes nos forces et celles de nos organisations pour construire le début d'une grève générale reconductible à partir du 5. Pour ça, on ne peut pas attendre et la clé c'est l'organisation à la base.
C'est pour souligner cet enjeu que nous avons manifesté depuis plusieurs pôles interpôle le 17 octobre en Île-de-France depuis le lycée Paul et Luar, dans le sud de Paris depuis le Technic Centre de Châtillon ou dans l'est de Paris avec les étudiants des écoles d'art et des faces qui ont convergé avec les soignants de Tenon et de Robert de Bré ou qu'à Bordeaux, nous avons poussé à la constitution d'un pôle à partir des facs mobilisés avec la CGT cheminot et l'Union santé départementale CGT3. Partout dans le pays, il faut des assembler dans les lieux de travail et d'études pour préparer la suite en s'inspirant des étudiants qui ont l'habitude de se réunir pour décider de leur mouvement.
Mais il faut aussi coordonner les secteurs d'une même zone pour agir ensemble en convoquant des assemblées interprofessionnelles partout où c'est possible. Historiquement, ce genre d'assemblée ont eu un rôle central dans les mouvements comme en 2010. Ce mardi, une réunion de ce type s'est tenue à l'appel des personnels et étudiants du Mirail avec des travailleurs d'Airbus, des travailleurs sociaux, des profs ou des jeunes réunissant 800 personnes. Il est important pour nous travailleurs d'Airbus et euh représentant CGT d'apporter notre soutien à ce mouvement lycéen et il faut faire en sorte que le mouvement s'élargisse sur le mouvement des sur le groupe des travailleurs.
Il va falloir reproduire cela partout. Les fac et les lycées peuvent être un levier en ce sens. C'est pour ça que construire une vraie hauteorganisation dans la jeunesse comme le défend le point levé est clé. Des assemblées démocratiques, des coordinations représentative à l'échelle régionale et nationale où toutes les ailes du mouvement puissent s'exprimer et décider. C'est un outil primordial qui peut multiplier nos forces, permettre de préparer la suite du 17 octobre en allant par exemple s'adresser au travailleurs de la RATP ou de Airbus, mais aussi d'aider à déborder la date du 5 novembre pour en faire un tremplin vers la grève générale reconductible.
Cette boussole de la grève générale et de l'auto-organisation, elle est aussi centrale pour faire émerger un pouvoir indépendant de l'État par l'organisation des travailleurs et des jeunes. À la base. Sans une stratégie pour structurer la mobilisation et pour entraîner l'ensemble de notre classe, l'avant-garde peut finir par épuiser son énergie dans des actions isolées ou être écrasé par la répression. Avoir des cadres pour organiser démocratiquement la lutte et l'étendre à toute la société est donc fondamental. C'est d'autant plus important qu'il y ait un décalage entre l'énorme radicalité qu'ont exprimé les jeunes mobilisés et le scepticisme qui peut exister dans d'autres secteurs.
Cela peut transformer le choc du 17 octobre en une certaine frayeur face à la mobilisation comme si celle-ci était trop puissante pour être maîtrisée. Et ça ça peut être exploité par le gouvernement. Notre réponse ce n'est pas de réduire la radicalité, c'est de l'organiser pour l'étendre et préparer la suite. Macron est affaibli. C'est le moment de le mettre ch et de récupérer tout ce qui nous a été pris depuis 10 ans. Ce constat, il éclaire en retour les limites stratégiques de la France insoumise. Je parlais tout à l'heure de l'importance de faire front face à l'offensive autoritaire, mais sans étendre le mouvement, celle-ci va revenir en force.
Or, la France insoumise n'a pas de proposition sur ce terrain. Fidèle à sa logique dans les mouvements sociaux, elle soutient le mouvement mais elle ne propose aucune perspective stratégique sérieuse pour gagner. J'ai même vu des gens rêver et dire au fond si on avait un grand bazar comme en 68 et que ça se termine électoralement comme en 68, ce serait formidable. 100 millions de travailleurs en grève et derrière la plus grosse raclée électorale qui est pris la gauche. Ça les arrangerait.
Au mieux, ces députés revendiquent de faire la médiation entre les lycéens et la police, mais sa logique citoyenne ne permet pas d'agir sur les lieux de travail alors que la question stratégique clé serait que le mouvement vrier entre dans la bataille. Et sa logique institutionnelle délaisse la question de l'auto-organisation.
On l'a vu dans le mouvement étudiant où les organisations liées à la France insoumise comme l'Union étudiante cherchent à négocier par en haut avec le gouvernement plutôt que de construire les assemblées générales au point de parfois s'opposer à des propositions décidées démocratiquement par les étudiants comme on l'a vu lors de la manifestation du 13 octobre où la base mobilisée appelée au parcours à partir de l'hôtel de ville tandis que l'Union étudiante a tenté d'imposer un parcours avec les directions syndicales à partir de la place d'Italie.
Notre projet, il est clair, trouver les moyens de forger une force sociale la plus large et la plus puissante pour affronter le gouvernement, le patronat et leur volonté de nous préparer à la guerre. Construire une grève générale politique qui change le rapport de force dans le pays. Pour cela, le mouvement, il devrait se doter d'un programme, pas pour négocier, mais pour commencer à dire clairement ce qu'il veut et répondre aux aspirations des différents secteurs de la population. Pour nous, il doit partir de l'arrêt immédiat de l'offensive austéritaire, l'augmentation massive des moyens des services publics, notamment dans l'éducation.
Pour ça, il faut s'opposer à toute augmentation des budgets militaires et exiger la suppression de toutes les aides au grands patronats. Nous devons dire clairement pas 1 € pour leur guerre. Si les grands patrons et le gouvernement veulent la guerre, qu'ils y envoient leurs enfants et qu'ils la financent eux-mêmes. Ce refus de l'austérité, c'est incontournable pour financer l'abrogation de parcours sup et du 8h 18h exigé par les lycéens. Ce refus de la guerre, c'est indispensable pour refuser un horizon qui servira à écraser nos droits et nos luttes. En même temps, nous devons défendre des réponses à l'urgence sociale.
La hausse générale des salaires et leur indexation sur l'inflation, l'interdiction des licenciements et la revendication d'un CDI pour tous. Face à la hausse des prix du carburant, l'expropriation de grands groupes capitalistes comme Total énergie sous le contrôle des travailleurs. Il faut également s'opposer aux offensives sécuritaires et autoritaires à venir, aux interdictions de manifester, au couvre-feu, tout en exigeant l'amnistie pour l'ensemble des réprimés et l'abrogation de l'ensemble des lois sécuritaires et liberticides. Enfin, avec l'approfondissement de la crise politique, nous devons exiger la démission de Nounè, le Cornu et Macron.
La fin de la 5e République et la mise en place d'une assemblée unique composée d'élus révocables à tout moment et rémunéré à hauteur d'un salaire d'infirmier. Faire chuter le régime par la rue, imposer une assemblée contrôlée par la population, ce serait un levier pour avancer dans la lutte pour un pouvoir des travailleurs sur la base du renversement du capitalisme. La leçon sur laquelle je veux conclure, c'est que si on ne travaille pas à construire une force indépendante et auto-organiser des travailleurs et de la jeunesse, on finira dans une impasse, même en cas de chute du gouvernement.
Même si des manifestants arrivent à rentrer dans l'Élysée, on l'a vu ces dernières années dans des révoltes au Népal, au Bangladesh ou au Sri Lanka. Rappelez-vous de ces images de l'invasion du palais présidentiel. Cela s'est terminé avec la démission du président remplacée par un politicien bourgeois qui a laisser s'essouffler le mouvement pour repasser à l'offensive, puis par un gouvernement de gauche qui a immédiatement plié face aux pressions du FMI. Pour éviter ces scénarios classiques, il faut étendre la radicalité actuelle au mouvement ouvrier.
On a besoin de lutter pour l'émergence d'un pouvoir indépendant fondé sur l'auto-organisation de la jeunesse et de la classe ouvrière capable d'affronter l'État et de remettre en cause la domination politique et économique du patronat. C'est aussi la clé pour faire reculer l'extrême droite qui va tenter de surfer sur la contreoffensive du gouvernement pour avancer ses pions. La lutte contre Le Pen et Bardella, elle commence dès maintenant et l'issue du mouvement jouera un rôle central. Or, pour permettre à la mobilisation de gagner, au rapport de force de se durcir, il faut une organisation révolutionnaire qui s'en donne l'objectif.
Avec révolution permanente, nous croyons au pouvoir de notre classe, pas aux stratégies institutionnelles qui se plie au système existant. Nous défendons une perspective révolutionnaire communiste et une stratégie pour la réaliser. C'est un projet international et c'est pour ça que nous appartenons au courant révolution permanente qui lutte partout dans le monde et à l'échelle européenne en première ligne dans la lutte pour le logement en Espagne contre la guerre en Allemagne ou dans la lutte lycéenne en Italie. C'est parce qu'on défend ses idées qu'on est attaqué par le régime et par l'extrême droite. Alors venez renforcer ce projet, rejoignez-nous.
Ces idées, on les défendra aussi dans la présidentielle parce qu'on refuse que les élections servent à faire disparaître la lutte de classe du tableau. Pour ça aussi, on a besoin de votre aide. Rejoignez la campagne et aidez-nous à aller chercher les 500 parrainages. Et le 21 novembre, on vous donne rendez-vous à Paris pour un grand meeting. On l'avait pensé comme un événement de lancement de la campagne. Avec la lutte en cours, on en fera une immense tribune pour défendre les idées révolutionnaires, faire entendre le mouvement et la stratégie pour lui permettre de gagner. Alors, notez bien la date, parlez-en autour de vous et rendez-vous le 21 novembre à 18h à l'espace Charanton.
D'ici là, on se retrouve dans la rue et sur révolutionpermanente.fr. faire.
Anasse Kazib