Max Brisson : « Il y a eu des défaillances parisiennes ».
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:58OuverteRéponse directe
Est-ce que cette audition a été utile selon vous ?
- 2:18RelanceRéponse directe
Vous ne l'avez pas senti sincère ?
- 3:39FerméeÉludée
Vous attendez des excuses ?
- 4:04OuverteRéponse directe
Qu'a dit Anne Hidalgo sur ce qu'Emmanuel Grégoire a qualifié de problème systémique ?
- 4:42FerméeRéponse directe
Est-ce que c'est une faute politique de la part d'Anne Hidalgo ?
- 5:58OuverteRéponse directe
Vous comprenez les familles qui portent plainte contre Anne Hidalgo ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29InvitéChiffre
« Au niveau national, 587 témoignages ont été recueillis dans 73 départements répartis sur 16 régions. »
- 0:44InvitéChiffre
« 235 enquêtes pénales, 110 écoles concernées, soit une école sur 6. »
- 2:44Invité politiqueFait
« Elle nous a dit quelque chose d'extraordinairement choquant. Elle a dit que les décisions politiques avaient été prises, mais que l'administration n'avait pas suivi. »
- 4:56Invité politiqueChiffre
« À Paris, c'est 26h dans une semaine sous la responsabilité du maire et 24h sous la responsabilité du ministre de l'éducation nationale. »
- 10:42Invité politiqueFait
« Pourquoi les prédateurs se sont infiltrés dans le périscolaire ? Parce que la filière n'est pas structurée. »
- 11:52Invité politiqueFait
« La France est le pays où les heures de classe sont les moins importantes en Europe. »
- 13:27Invité politiqueFait
« Le maire d'une ville de cette importance ne peut pas tout savoir à tout moment. »
- 23:37Invité politiqueFait
« Nous avions essayé au Sénat mais nous n'étions pas parvenus. »
Temps de parole
- Max Brisson56 %
- Locuteur non identifié14 %
- Invité13 %
- Présentateur7 %
- Locuteur non identifié 26 %
- ?4 %
≈ 25,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Max
Huisson, vous êtes sénateur à l'air des Pyrénées-Atlantiques, vice-président de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport et de cette commission d'enquête sur le scandale du périscolaire. On va commencer, pour bien comprendre, par poser les chiffres, pour comprendre les raisons de votre commission d'enquête. Ce n
'est
pas seulement une question parisienne. Au niveau national, 587 témoignages ont été recueillis dans 73 départements répartis sur 16 régions. Mais le scandale qui a fait le plus de bruit et qui a d'ailleurs déclenché vos travaux, c'est ce qui s'est passé dans le périscolaire parisien des faits, dont d'ailleurs s'est saisi la justice, 235 enquêtes pénales, 110 écoles concernées, soit une école sur 6. On va revenir en détail sur cette audition, sur ces temps forts. Vous l'avez auditionné hier, Anne Hidalgo, l'ancienne maire de Paris. D'abord, est-ce que cette audition a été utile selon vous ? Est-ce que vous avez eu les réponses que vous attendiez ?
Certainement pas. Et pourtant, Anne Sévren, notre rapporteur, a posé des questions précises. Madame Hidalgo a
certes émis
des regrets, a certes reconnu des défaillances, mais on voit que son souci, que son argumentaire, c'est d'ailleurs ce que je lui ai reproché en fin d'audition, consistait à essayer d'élargir,
d
'intégrer tout cela dans un vrai sujet qui est dans toute la France, comme vous venez de le dire, le fait que le périscolaire est un lieu où les prédateurs se sont infiltrés massivement avec toutes les conséquences que l'on connaît. Mais il n'empêche,
pour
des raisons multiples, qu'il y a une problématique particulière à Paris et qu'il y
a
eu des défaillances parisiennes dans un système qui est particulier. Et l'ancienne maire de Paris a mis un certain temps à le reconnaître. Moi, j'ai auditionné Mme Hidalgo, j'ai aussi auditionné, je présidais à ce moment-là d'ailleurs la commission, son ancien premier adjoint, Patrice Bloch, qui a été en charge de ces questions. J'ai ressenti, peut-être parce qu'il n'est plus dans l'arène politique, davantage de sincérité dans les remords qu'il a exprimés. Il a dit clairement
qu
'à un moment donné, il aurait pu faire différemment. On
n'a
pas entendu vraiment Mme Hidalgo dire qu'elle aurait pu faire différemment. –
Mais vous ne l'avez
pas senti sincère ?
– Je ne sais pas sonder les âmes, Aurélien Monsi dit. En revanche,
ce que je constate… – J'ai senti plus de sincérité chez Patrick Bloch.
– Hier, chez vos confrères de France Info, des parents étaient invités au plateau où j'étais. Ils ont eu des mots beaucoup plus durs que moi. Ils ont parlé de langue de bois. Ils ont parlé d'incompréhension en parlant de l'audition de Mme Hidalgo. Donc je n'ai pas ces mots-là.
Mais
ce que je constate, c'est qu'elle a voulu… Elle nous a dit quelque chose d'extraordinairement choquant. Elle a dit que les décisions politiques avaient été prises,
mais
que l'administration n'avait pas suivi.
C
'est s'appeler la défense. Et elle n'a pas établi pour autant la chaîne des responsabilités dans l'administration municipale,
qui
fait
que
l'on aurait pu prendre des sanctions. Et puis ce que M. Bloch nous a dit, et qu'elle a eu du mal à l'accepter dans l'audition précédente, c'est que l'inspection générale avait déjà fait des recommandations. Et si ces recommandations étaient entrées en œuvre, M. Bloch a parlé
d
'un comité de suivi qui a été défaillant, mais il ne s'agit pas d'un équipement pour les jardiniers de la ville, ici. Donc il y a eu défaillance sur des recommandations faites à l'intérieur de l'administration municipale, et si elles avaient été suivies, on n'aurait pas eu autant de drame ensuite. Donc oui, il y
a
eu des regrets,
on
en prend acte.
Mais
vous
attendez des
excuses
?
Non, nous ne sommes pas ici un tribunal. Chacun s'exprime comme il l'entend par rapport au drame. Je prends acte de ce que a dit Mme Hidalgo. Je constate que pour les parents,
tels
que je les ai entendus hier sur les antennes de vos confrères, l'apaisement n'est pas là.
Et justement, évidemment, Mme Hidalgo était très attendu, notamment par les familles de victimes. Stéphane, pour débuter, on va voir ce qu'elle leur a répondu.
Oui, parce que vous avez parlé des regrets exprimés par Mme Hidalgo en tout début d'audition, et elle s'est également adressée directement aux enfants victimes et à leur famille. On l'écoute.
Je
ne les ai pas rencontrés, et je le regrette, en 2025. J'ai toujours rencontré les victimes de tous les actes faits, les parents des enfants morts dans des rixes. J'ai toujours rencontré les victimes, et j'ai toujours eu ce travail-là. Là, je ne l'ai pas fait, et je le regrette. Il
n
'y
a
pas d'excuses. Je ne
veux
pas chercher des excuses devant les parents et face à leur douleur.
Il
n
'y a
pas d'excuses ? Est-ce que c'est une faute politique de la part d'Anne Hidalgo
? Ça
signifie qu'il n
'y
a pas eu véritablement la prise en considération au plus haut niveau de l'exécutif
parisien,
de l'ampleur systémique
sur
laquelle on peut revenir, parce qu'il
y a
des causes particulières. Mme Hidalgo n'est pas responsable de tout. Il n'y a certainement pas eu, au niveau politique, la prise de conscience. Il n
'y
a pas eu la pression sur l'administration,
qui
est nécessaire quand on est devant un sujet. L'inertie administrative, elle existe partout, à la ville de Paris comme ailleurs. Mais lorsque la volonté politique est forte, les choses se mettent en œuvre. On a une administration, Dieu merci, dans notre démocratie, qui sait servir lorsque la volonté politique est forte. Il n
'y a
pas eu la prise de conscience à l'aune de ce que nous découvrons aujourd'hui, c'est-à-dire
une
crise systémique purement parisienne, même si c'est vrai, comme vous l'avez répété, 73 départements sont concernés. Mon département parmi eux, le département voisin des Landes parmi eux.
On va y aller dans quelques-unes. Je
comprends que le système est plus global et qu'il faut l'aborder globalement. Et c'est ce que fait Agnès Évren, c'est ce que fait la Commission. Mais il
y
a un cas parisien.
Nous
avons avancé sur le cas parisien. On en voit bien les causes. On aurait peut-être aimé davantage d'acceptation qu'il y
a
eu des faillances politiques
et
pas simplement des faillances administratives.
Mais vous comprenez les familles qui portent plainte contre Anne Hidalgo, contre Emmanuel Grégoire, l'actuel maire
? Vous
savez, les maires sont responsables aujourd'hui pour des choses, pour tout. Et c'est la grandeur de cette fonction. Comme l'a dit d'ailleurs Mme Hidalgo, quand un panneau de basket tombe et provoque des blessures très graves, voire la mort, le maire est responsable. Donc ça fait partie des difficultés de la fonction. Et moi, je ne juge pas les parents parce que les parents ont subi quoi ? Ce qu'ils ont appelé l'omerta.
Ils
ont subi ce qu'on peut appeler le pas de vague. Moi, ce qui m'a choqué dans ce qu'on a entendu,
c
'est quand l'administration d'éducation nationale
et
l'administration municipale parisienne, on assistait à un jeu qui est absolument insupportable. On regardait la première information que demandait le responsable, soit parisien, soit éducation nationale. À quelle heure ça s'est passé ? L'éventuel délit, l'éventuel crime. À quelle heure ?
Et
selon l'heure, l'heure était soulagée et pas l'autre. Ça veut dire que c'est la défausse. Mais les parents qui mettent leurs enfants
à
l'école publique, sur le toit de l'école publique, sur le frontispice duquel il y
a
marqué liberté, égalité, fraternité, ils ne cherchent pas à savoir qui fait la cuisine. Ils ne cherchent pas à savoir qui est responsable. Il met ses enfants, il a confiance à l'école publique et c'est cette confiance qui est aujourd'hui trahie.
Et
qu'importe si on est avant 15h ou après 15h et si l'enfant est sous la responsabilité du maire ou du ministre de l'éducation nationale. Ça pose un sujet
que
notre commission va travailler. aujourd'hui dans les écoles de France et particulièrement à Paris,
un
enfant est plus longtemps parfois sous la responsabilité du maire que sous la responsabilité du ministre. À Paris, c'est 26h dans une semaine sous la responsabilité du maire et 24h sous la responsabilité du ministre de l'éducation nationale. Mais tout ça sous le même toit
et
dans un déficit qui est appelé école publique de la République.
Stéphane, on va poursuivre avec les temps forts de l'audition. Qu'a dit Anne Hidalgo sur ce qu'Emmanuel Grégoire, l'actuel maire, a qualifié de problème systémique ? Oui,
vous en touchez un mot. Anne Hidalgo a d'abord rappelé tout ce qu'elle avait fait depuis qu'elle est arrivée à l'hôtel de ville en 2014. Ses mots à elle, c'est que tout ce qui a été mis en place, le processus a failli. Voilà ce qu'elle a dit. Elle a aussi parlé d'une faillite collective des institutions et ça a donné lieu à un échange plutôt tendu entre la rapporteure Agnès Sévren et Anne Hidalgo. On écoute.
Je
ne sais pas ce que vous entendez par systémique. C'est un sujet national. C'est un sujet global. La violence
contre nos enfants... Attendez, je
réponds,
madame. Je parle à l
'échelle de Paris. Je réponds.
Quand on a un tiers des écoles concernées par
des enquêtes, c'était
ça ma question tout à fait concrète. Ce qui est systémique, c'est la
violence globale, les agressions contre nos enfants. 80% de ces agressions ont lieu dans les familles et le reste, effectivement, dans tous les endroits où les enfants sont accueillis, que ce soit les centres de loisirs, les écoles, le périscolaire.
Sur ce sujet, Agnès Sévren, elle est aussi élue au Conseil de Paris. Elle est élue d'opposition.
Elle
avait fait la campagne de Rachida Dati. Est-ce que dans cette joute-là, il n'y a pas aussi un peu de politique, tout simplement, entre la gauche et la droite ?
Il
faut
l'éviter le plus possible. J'ai eu d'ailleurs des discussions avec Agnès Sévren sur le sujet parce qu'Agnès Sévren a bien conscience qu'il ne faut pas transformer cette commission en procès particulier parisien. Nous avons reçu d'autres maires, d'autres communes. Nous avons reçu des collectifs de parents, d'autres communes dans lesquelles se sont passés ces actes inacceptables, insupportables. Donc, on élargit bien le sujet. Mais ce matin-là,
la
commission recevait l'ancienne maire de Paris. La semaine dernière, nous recevions le maire de Colombes, par exemple. Donc, on vient dans une approche globale. Mais quand j'entends Mme Hidalgo, c'est l'explication que nous avions au début de cette émission. Quand j'entends Mme Hidalgo, on voit bien la défosse
sur
l'administration municipale, et on voit bien aussi sa volonté d'élargir à tout prix. Oui, le sujet est national, mais il y a aussi un sujet parisière. – Pourquoi pointer du doigt spécifiquement Paris ? – Mais parce que, par le nombre,
tout
simplement par le nombre des actes signalés, par le nombre des plaintes au pénal, par le côté systémique qui s'explique à Paris, parce que les conditions de vie parisiennes
et
le système mis en place par la municipalité de Paris, qui a tenu, c'était son choix politique, je ne conteste pas, à ce que la réforme payant se poursuive, alors que la plupart des communes n'avaient abandonné. Tout cela a
créé… – C'est la
réforme des rythmes
scolaires. – C'est la réforme, excusez
-moi, des rythmes scolaires. Cela a conduit la municipalité de Paris à mettre en place un système, mais
elle
n'en a pas eu les moyens, et c'est là le cœur du sujet. Pourquoi les prédateurs se sont infiltrés
dans
le périscolaire ? Parce que la filière n'est pas structurée. Parce qu'aujourd'hui, un enfant passe beaucoup plus de temps sur la responsabilité du maire, sans qu'on ait la même organisation que l'éducation nationale, avec des recrutements qui sont organisés, avec des recrutements qui sont contrôlés, avec les concours de l'éducation nationale, la formation des professeurs. Et face à cela, on a un système qui gère la pénurie parce que ces activités ne sont pas attractives, donc il y a peu de candidats, et donc les responsables, c'est vrai, font du recrutement. Alain va vite.
Vous avez certains de vos confrères qui se sont infiltrés dans le système, qui se sont fait embaucher alors qu'ils étaient journalistes, avec des effets, des CV qu'ils n'avaient pas même maquillés, à part peut-être le fait d'être passés par une école de journalistes, et qui ont été recrutés en 13 minutes, bonjour, bonsoir, compris. Et qui sont retrouvés devant des enfants quasiment 10 minutes après le recrutement. On ne recrute pas dans une municipalité, un jardinier, dans ces conditions-là. On ne recrute pas un cadre administratif dans ces conditions-là. Il y a pénurie, et il y a des responsables qui font du sauf qui peut. Il est grand temps de penser une filière.
Après, ça interroge aussi autre chose. La France, et M. Péion le disait, la France est le pays où les heures de classe sont les moins importantes en Europe. Ça explique peut-être aussi nos résultats. Et que la réforme Péion visait à augmenter le temps de classe,
et
le résultat, c'est que ça a augmenté le temps périscolaire sans qu'on organise un système périscolaire. Et donc, dans les réponses à apporter, il y a peut-être aussi que sous le toit de l'école, il faut peut-être que les enfants passent plus de temps en classe qu'à l'école. Parce que le temps de l'école n'est plus le temps de classe. Et c'est le temps de l'école qui n
'est
pas organisé. Le temps de classe, il est dans le cadre de l'éducation nationale.
Il
y
a
aussi des moments quelque peu surprenants. Anne Hidalgo qui a découvert à posteriori que les règles ont changé.
Oui, c'est ce que vous disiez, pareil d'un mot, entre l'administration et la mairie de Paris. La rapporteure, Agnès Séveraine, a expliqué en audition qu'Anne Hidalgo, la maire de Paris, a découvert en préparant cette audition que son service juridique avait changé la doctrine des signalements au titre de l'article 40 lorsque des faits
de
violences sexuelles remontaient à la ville de Paris. Ça a changé et elle ne le savait pas. Écoutez.
La
direction des affaires juridiques avait considéré sans validation politique, sans validation ni par moi-même, ni par mon cabinet, ni par une quelconque autorité politique de la ville, que lorsque les enquêtes judiciaires étaient en cours, le signalement au titre de l'article 40 était redondant.
Pour
vous, c'est entendable quand même ? Parce qu'elle dit « je suis à la tête d'une administration qui compte 55 000 fonctionnaires, 30 directions ». Est-ce qu'à l'échelle de la ville de Paris, ces explications ne sont pas compréhensibles
? Le maire d'une ville de cette importance ne peut pas tout savoir à tout moment. On est bien d'accord.
Comme
dans un grand ministère.
Mais
quand ça devient un sujet politique majeur,
il
n
'y a
pas un cadre de haut niveau ou alors il doit être sanctionné qui ne va pas alerter l'échelon politique. Tout dépend de la priorité. Parce que l'administration municipale avait bien ressenti qu'il n'y avait pas de priorité affichée, contrairement à ce qui peut être dit par la municipalité, que ce type de défaillance inacceptable peut se produire. Après, moi, ce que j'ai demandé à Mme Hidalgo, est-ce que lorsqu'elle était maire, il y a eu une chaîne des responsabilités ? Est-ce que des sanctions ont été prises ? Elle nous a dit
que
des mutations avaient eu lieu, mais pas sur ce sujet-là.
Pas
sur ce sujet-là. On t'a dit... Et c'est ça qui est grave aussi, parce que c'est ce que nos compatriotes ressentent sur l'idée qu'il y a une technostructure, une haute administration et des politiques peut-être,
qui
sont dans l'impunité.
Et
l'impunité, ça peut générer des réactions électorales que l'on connaît. Et c'est cette impunité qui, pour moi, aujourd'hui, est aussi importante. la chaîne des responsabilités n'a pas été établie, les sanctions n
'ont
pas été établies et les mutations internes à l'administration municipale n'ont pas porté sur ces sujets. Précisons quand même
que ça n'a pas conduit à une baisse des signalements, c'est ce qu
'elle
expliquait aussi en audition.
Mais ça a conduit aujourd'hui à une baisse de la fréquentation du périscolaire parisien à partir dans les départements, dans les arrondissements les plus favorisés où les gens ont d'autres possibilités de formes de garde, ce qui veut dire quelque part que c'est le service public
qui
est aujourd'hui attaqué par la perte de confiance.
Et pas que parisien, Max Brisson, parce qu'on le disait en début d'émission, les problèmes dans le périscolaire, ça ne concerne pas que Paris. On ne
va
pas
aller
pas très loin de chez vous dans les Landes. Bonjour Emmanuel Sobiette. Merci beaucoup d
'être avec nous,
premier adjoint au maire de Tarnos, chargé de l'éducation et de la jeunesse. Vous avez eu, vous, un signalement d'animateur pour des faits d'attouchement. Que s'est-il passé
? Ah, alors
très précisément, le 2 juillet dernier, nous avons reçu un coup d'appel de la gendarmerie qui nous a signalé qu'un animateur est effectivement mis en cause. Un premier dépôt de plainte a été déposé par une famille. Et cet animateur travaille dans le centre de loisirs. C'est une association qui est en délégation de services publics à laquelle nous avons délégué l'accueil péri- et extrascolaire. Que s'est-il passé ? Nous avons rapidement souhaité tous les élus pouvoir répondre en toute transparence et communiquer en toute transparence auprès des familles
que
nous avons reçues. et finalement, ce sont elles qui nous ont appris au fil de l'eau, petit à petit, quelle était la nature des faits qui étaient reprochés
et
l'ampleur de cette crise.
Voilà.
Vous le dites, vous avez reçu les familles, vous les avez écoutées, mais quelles mesures en tant que maire vous pouvez mettre en place ? Quel est le pouvoir du maire dans ces cas-là ? Est-ce que vous demandez-vous plus d'informations, un plan d'action global ? Est-ce qu'il faut vous donner plus de marge de manœuvre
? Ah,
c'est une vraie question parce qu'effectivement, vous savez, lorsqu'on est un élu de proximité, nous sommes toujours en première ligne avec les services municipaux pour gérer une véritable crise. Et je pense qu'aujourd'hui, chaque maire de chaque village en France devrait se préparer pour mettre en place un protocole bien établi. Donc, notre difficulté, c'est que nous avons dû inventer au quotidien nos réponses. Il s'agissait bien sûr de protéger les enfants,
il
s'agissait d'accompagner les familles, de les écouter, de les orienter et de continuer surtout également la continuité de notre service public. Alors, ce que nous pouvons reprocher, mais sans que ce soit vraiment un reproche,
c
'est un état de fait, c'est que tout élu, comme tout citoyen, ne peut pas interférer dans une procédure judiciaire et n'a pas d'informations particulières à communiquer aux familles. Nous laissons le travail des enquêteurs se faire, nous laissons le travail du procureur,
nous
laissons le travail, bien sûr, de la justice se dérouler et finalement, nous avons peu d'informations à communiquer. Nous avons souhaité vraiment communiquer en toute transparence auprès des familles, mais nous ne pouvons pas dire ce que nous ne savons pas, nous ne pouvons pas inventer et peut-être qu'il y a certaines choses à réfléchir dans les liens qui
sont
entre la justice et les élus en temps de crise, peut-être.
–
Allez-y, Maïs, je voudrais réagir d'abord parce que Tarnos est une commune limitrophe de mon départ de la période, puis Tarnos,
c'est
la commune où j'étais à l'école et où j'ai vécu longtemps et moi, je voudrais saluer la réaction et la municipalité de Tarnos n'est pas proche de mes convictions politiques, mais
je
voudrais saluer la réaction, la manière dont la municipalité de M. Bavillier a pris les choses en main. Mais on a un exemple important, Tarnos a recruté par l'absence de transparence de l'information un animateur
qui
avait eu déjà des difficultés à Bayonne, ville voisine. Donc on est, je ne dis pas de bêtises,
je
crois, et ce
n
'est pas un reproche de la municipalité de Tarnos, parce que ça pointe la difficulté de transparence de l'information, mais la joindre maire de Tarnos a aussi raison, les maires n'ont pas à interférer non plus dans les procédures de justice, les procédures de justice nécessitent aussi des informations qui ne sont pas divulguées, ce que les parents d'ailleurs ont beaucoup de mal à comprendre et cela est bien compréhensible quand on se met de leur point de vue, quand on ressent ce qu'ils sont en train de vivre, mais on a là un vrai sujet qu'on va essayer d'aborder en respectant, si vous le voulez bien aussi quand même, les règles des procédures de la justice dans le pays et le principe de la présomption d'innocence.
Mais justement, ce manque de transparence, ces difficultés pour les maires à avoir accès à l'information, Anne Hidalgo, en a parlé hier.
Oui, elle proposait la création d'un fichier national qui recense à la fois les personnes accusées de violences sexuelles sur mineurs mais aussi les signalements. Elle a expliqué que dans la capitale,
elle
avait mis en place un tel fichier et qu'il était illégal.
Ce
que je propose, c'est de faire en sorte que ce mémoire des signalements, ce fichier, intègre toutes les personnes, même celles pour lesquelles il y aurait eu un classement sans suite. Je sais que ça va très loin. Aujourd'hui, cela contredit évidemment le droit de la fonction publique. Mais je l'ai appliqué. Comment
? Pardon.
Juste, Stéphane, parce qu'elle a appliqué, elle le dit de manière illégale. Je précise juste que ce fichier national qui regroupe le nom des personnels qui sont visés par des signalements et c'est une mesure qui figure dans le projet de loi protection de l'enfance que vous allez examiner au mois d'octobre, Max Vrisson. Juste, M. le maire et Max Vrisson, est-ce que pour vous c'est la bonne mesure ? Ça va vous aider
?
Je pense que c'est tout un ensemble de mesures qu'il faut prendre. Aujourd'hui, nous avons fait, nous avons manqué de la mise en place d'un véritable protocole national et nous attendons beaucoup du travail, notamment de M. Max Vrisson, que je salue ici pour son engagement. Il s'agit de savoir qui coordonne, qui informe les familles, qui c'est qui déclenche l'accompagnement psychologique, la détresse des familles est absolument énorme. Nous avons passé beaucoup de temps, parce que nous sommes des élus de proximité, à essayer de les écouter, à porter, mais je vous donnais un exemple très précis. L'ARS, par exemple, n'a pas souhaité mettre en place une cellule d'accompagnement psychologique.
C'est la mairie qui l'a mise en place et qui est d'ailleurs toujours en cours à ce jour. C'est la mairie qui finance cet accompagnement, mais nous avons dû improviser, je dis bien improviser, chaque jour pour apporter les réponses que nous pensions les plus adéquates à cette immense détresse des familles. Voilà. Donc, il faut un plan véritablement national qui puisse mettre en place tout ce qui est absolument nécessaire dans la coordination, dans l'information des familles, dans tout ce qui s'articule entre gendarmerie, justice, santé, l'aide aux victimes.
On
ne peut plus improviser, en fait.
Merci beaucoup. Merci, Emmanuel Sobiat. Vous êtes d'accord, Max ?
Oui, je suis tout à fait d'accord. Et par rapport à la formule de Mme Hidalgo, il y a là un effet d'annonce qui me gêne. Tout étant la mise en place de procédures très précises, chacun dans son rôle, municipalité, justice, éducation nationale, c'est plus dans ce travail-là que nous allons essayer d'établir avant le texte sur la protection de l'enfance. Le rapport devrait être prêt et présenté par Agnès Évrede de manière à ce qu'il soit utile au moment où le législateur va travailler sur la protection de
l
'enfance.
Prévu pour quand, le rapport
?
Certainement, la mi-octobre, pour être en phase avec le calendrier législatif.
On termine cette émission avec les unes de la presse régionale. Je vous propose de regarder la une de Sud-Ouest. Max Brisson menace à l'école la tolérance zéro. Ces derniers jours, plusieurs profs, directeurs d'établissement menacés de mort par des parents d'élèves. Aessine, en Gironde, c'est ce dont il est question dans le journal. Le père d'une élève est
une
institutrice et directrice d'école qui a déposé plainte contre la mère d'une élève qu'elle accuse de l'avoir menacée en mimant un geste d'égorgement. Jeudi dernier, un père de famille est condamné à six mois de prison ferme pour avoir menacé de couper la tête d'une enseignante de l'école de son fils en Haute-Garonne. Comment vous réagissez face à ces cas ? Et vous qui soutenez Bruno Retailleau à la présidentielle, quelles mesures il faut prendre
?
Il y
a
d'abord des mesures urgentes qui font que lorsqu'on touche à un professeur, on touche à quelqu'un qui est dépositaire de l'autorité de la République. Il faut donc que l'échelle des peines soit beaucoup plus forte comme elle le l'est pour des magistrats, comme elle le l
'est
pour des policiers.
Il
faut que chefs d'établissement, directeurs et professeurs soient
assurés
que les peines en cas d'agression soient celles que l'on déclenche lorsque l'on atteint à quelqu'un qui représente la République. Et ce n'est pas le cas aujourd'hui dans notre droit. Nous avions essayé au Sénat mais nous n'étions pas parvenus. Deuxièmement,
il
faut changer, il faut une rupture complète. Bruno Retailleau parle de révolution culturelle. À force d'avoir abaissé l'autorité, d'avoir enlevé l'estrade symbolique de l'autorité, à force d'avoir considéré que le professeur n'était pas celui qui savait et qui enseignait, que c'était devenu une sorte d'animateur sans vouloir avoir que ce soit un mot péjoratif dans ma bouche, on a abaissé la responsabilité, l'image du professeur, l'image de l'école
sur
ce sujet comme sur beaucoup d'autres. Il faut renverser les logiciels qui sont ceux de la France malheureusement depuis 50 ans.
Merci Max Brisson. Merci beaucoup.
Max Brisson