Lycées : «LFI cherche à embraser le pays», dénonce Aurore Bergé
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- 0:37OuverteRéponse directe
Est-ce que nous sommes en train, Aurore Berger, d'entrer dans une crise politique ?
- 0:46RelanceRéponse partielle
Vous pensez à qui ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Alors, j'évoquais une crise politique. Une allocution est annoncée ce soir depuis l'hôtel de Matignon.
- 2:39OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron aurait trouvé la réponse policière trop forte et avec trop peu d'empathie. Est-ce que vous partagez ce sentiment du Président de la République ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Aurore Berger, Jean-Luc Mélenchon a été acclamé hier dans le cortège à Paris. Qu'est-ce qu'il cherche, Jean-Luc Mélenchon ?
- 3:56RelanceRéponse directe
Il cherche à faire monter de plus en plus la violence, la colère, l'embrasement du pays.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25PrésentateurChiffre
« Hier, près de 266 000 manifestants dans toute la France, avec des fins de cortège rythmées par des affrontements violents avec la police. »
- 0:41Invité politiqueFait
« Notamment la France en Suisse, puisqu'ils l'ont dit, ils ont appelé les parents à s'interposer. »
- 2:20Invité politiqueFait
« Qu'on a eu un enseignant qui a été aspergé d'essence à Marseille. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« On a 24 lycées qui ont aujourd'hui été absolument saccagés et dégradés. »
- 2:40PrésentateurFait
« Emmanuel Macron aurait trouvé la réponse policière trop forte et avec trop peu d'empathie. »
- 6:00Invité politiqueChiffre
« Moi, je rappelle quand même que les régions qui en ont la responsabilité, elles investissent plus de 2 milliards par an. »
- 6:10Invité politiqueChiffre
« Là, ça coûte 2 millions d'euros. »
- 8:20Invité politiqueChiffre
« Mon inquiétude, c'est qu'on devienne amnésique et qu'on oublie notamment le fait que 51 Français ont été assassinés. »
- 9:55Invité politiqueFait
« Dès le 8 octobre, on a manqué d'empathie. »
- 10:32Invité politiqueFait
« On a eu un regain d'antisémitisme dans toutes les démocraties. »
- 11:53Invité politiqueFait
« On a eu le débat sur le mot génocide. »
- 12:16Invité politiqueFait
« Est-ce qu'il y a des massacres ? Est-ce qu'il y a une crise humanitaire ? Oui, il y a une crise humanitaire. »
- 16:26Invité politiqueChiffre
« On a un pays qui ne peut pas accepter qu'on ait encore 160 000 enfants qui, chaque année, subissent des violences sexuelles. »
Temps de parole
- Aurore Bergé76 %
- Présentateur20 %
- ?4 %
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Europe 1.
La
grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
Et
notre invitée ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1,
c
'est Aurore Berger. Bonjour à vous. Bienvenue, ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Nous allons évoquer bien sûr ce 7 octobre ces commémorations du troisième anniversaire du pire pogrom jamais perpétré en Israël. Mais d'abord l'actualité, c'est ces manifestations. Hier, près de 266 000 manifestants dans toute la France, avec des fins de cortège rythmées par des affrontements violents avec la police. Aujourd'hui, le gouvernement appelle à un retour au cours, mais on a déjà un nouvel appel à manifester demain. Est-ce que nous sommes en train, Aurore Berger, d'entrer dans une crise politique ? Alors il y a ceux qui
aimeraient que ce soit une crise politique et ceux qui ont cherché à attiser, à embraser nos lycées. Vous pensez à qui ? Notamment la France en Suisse, puisqu'ils l'ont dit, ils ont appelé les parents à s'interposer. Moi, plutôt que d'appeler les parents à s'interposer, j'appelle les parents à jouer leur rôle de parents. Et le rôle des parents, c'est de ramener leurs enfants à la raison,
de
les ramener à la maison aussi quand c'est nécessaire. Certainement pas les laisser aller dans des affrontements, aller chercher l'affrontement avec les forces de l'ordre. Parce que c'est ça ce qui se passe. On a aujourd'hui des revendications qui peuvent être entendables et qui d'ailleurs sont entendues. Mais on a surtout énormément de violences. Et les violences, elles, elles sont inacceptables. Et les violences qui cherchent, parce que quand on prend des pavés, quand on prend des pierres, quand on a des tirs de mortier, on cherche à blesser ou on peut même chercher à tuer. Et donc c'est ça qu'il faut évidemment bien mesurer et évidemment appeler immédiatement au retour
au calme et au coup. Alors, j'évoquais une crise politique. Une allocution est annoncée ce soir depuis l'hôtel de Matignon. Le Premier ministre Sébastien Lecornu va prendre la parole. Tout ça en prend la tournure d'une crise politique. On entre dans la crise politique, Aurore Berger. Pas
parce que le Premier ministre s'exprime qu'il y
a
une crise politique, je pense que c'est important aussi qu'il s'exprime sur ce qui s'est produit ces dernières semaines et ces derniers jours. Parce qu'on voit des images qui sont absolument insupportables. On voit ceux qui mentent aussi de manière délibérée, notamment sur les intentions des forces de l'ordre. Moi, je rappelle quand même le courage des forces de l'ordre parce qu'ils sont justement extrêmement mesurés. Parce que justement, ils veulent éviter tout risque vis-à-vis de personnes qui sont des mineurs. Mais on est quand même face à des mouvements de foules qui sont extrêmement dangereux. Donc, rappelez un peu la vérité des faits, notamment ce que font nos forces de l'ordre,
ce
qu'elles ne font pas. Rappelez par exemple qu'il
y a
85 personnels de l'éducation nationale qui ont été blessés. Qu'on a eu un enseignant
qui a été aspergé
d'essence à Marseille. Tout ça, ce sont des faits. Je pense que c'est bien que le Premier ministre puisse rappeler encore une fois la vérité des faits.
Emmanuel Macron aurait trouvé la réponse policière trop forte et avec trop peu d'empathie. Est-ce que vous partagez ce sentiment du Président
de la République ? Moi, je n'étais
pas dans cette réunion.
Il y avait
le Premier ministre.
Parce que les policiers l'entendent très très mal ce message-là. Le Premier ministre de l'Intérieur.
Donc, moi, je ne sais pas les on-dit et les oui-dire de ce qui s'est produit dans une réunion à huis clos entre quatre personnes. Ce que je sais, c'est qu'il y a un usage qui est un usage. Donc,
pour vous, il n'y avait pas de manque d
'empathie ? Il y a un usage proportionné de la force. C'est-à-dire que face à des jets de pierre, de mortier, face à des tentatives aussi de blocage, face à des personnels de l'éducation nationale qui ont été menacés, 85 blessés, des étudiants eux-mêmes, des lycéens eux-mêmes qui sont en danger parce que juste ils veulent assister à leurs cours et entrer dans leurs établissements. Eh bien, on a des policiers qui interviennent d'abord pour du maintien de l'ordre. D'abord pour du maintien de l'ordre et je pense qu'ils méritent notre soutien. Et on le rappelle... Et
vous avez toujours été très
clair là-dessus. Mais je l'ai été et je continuerai à l'être. Et on est dans un état de droit. Si jamais il y avait eu usage disproportionné, dans ces cas-là, il y a systématiquement des inspections qui sont menées et qui sont
indépendantes. Aurore Berger, Jean-Luc Mélenchon a été acclamé hier dans le cortège à Paris. Il a affirmé que la surenchère policière était hors de contrôle. Il a comparé le nombre d'interpellations très élevé, plus que pendant mai 68 et au plus haut niveau depuis octobre 61 pendant la guerre d'Algérie. Et ce ne sont pas des comparaisons, évidemment, dues au hasard. Qu'est-ce qu'il cherche, Jean-Luc Mélenchon ? Il cherche
évidemment à faire monter de plus en plus la violence, la colère, l'embrasement du pays. Moi, je pense que ce qui se passe dans les rues de ce pays, c'est un tout petit avant-goût de ce que pourrait donner un entre-deux-tours entre la France insoumise et le Rassemblement national. C'est-à-dire LFI qui cherche à embraser le pays parce que c'est son intérêt de monter les Français et de fracturer ce pays en ayant d'un côté des lycéens qui sont chauffés à blanc et de l'autre côté des forces de l'ordre comme si on avait deux pays qui s'affrontent. Ce n'est pas ce qui doit se passer. Est-ce qu'il
y a
des revendications entendables, encore une fois, sur la vétusté des locaux, sur le non-remplacement des enseignants ? Évidemment. Est-ce que ça justifie une seule violence ? Évidemment pas. Et donc, évidemment, lui, elle cherche à attiser cette colère, à attiser cette escalade, en fait, là où la responsabilité, justement, des hommes et des femmes politiques, quand on voit ça, quand on voit la mise en danger des lycéens eux-mêmes, c'est d'appeler au calme. Et pourquoi il y
a
des drapeaux palestiniens dans ces manifestations ? Parce qu'il
y a
LFI qui est dans les manifestations. Il y
a
rarement une manifestation avec LFI où vous n
'avez
pas de drapeau palestinien. Vous voyez, parce que c'est devenu une forme de cri de ralliement d'une partie, malheureusement, d'une jeunesse, qui, avec un affaiblissement aussi, je pense, de la connaissance, du contexte historique, du contexte géopolitique, où tout est mélangé, où il faut se trouver une cause. Je peux comprendre qu'on épouse un certain nombre de causes, si et seulement si on en comprend aussi les ressorts.
Et ce que je vois, malheureusement, dans un certain nombre de manifestations, quand je vois certains mots d'ordre, quand je vois certaines pancartes, je n'ai pas l'impression que ce soit comparable, quoi que ce soit, ce qui s'est produit en mai 68, qui était un mouvement de libération, qui était, pour le coup, je crois, très nécessaire.
On va parler dans un instant du 7 octobre.
Vous
parlez des revendications des lycéens qui sont entendables. Il
va
y avoir un temps de dialogue. Les cours vont être suspendus, temps de dialogue. Oserais-je vous rappeler que ça fait neuf ans que le pouvoir macroniste est aux commandes, qu'il y a eu huit ministres de l'Éducation nationale, que Parcoursup,
c
'est le fruit d'Emmanuel Macron ? On se réveille aujourd'hui en disant que rien ne fonctionne ? Non,
mais
déjà,
on
parle beaucoup de la vétusté des locaux. Moi, je rappelle quand même que les régions qui en ont la responsabilité, elles investissent plus de 2 milliards par an. Plus de 2 milliards par an.
Vous avez vu le lycée de Nantes qui était flambe en
neuf et qui a flambé. Là,
ça
coûte 2 millions d'euros. C
'est
-à
-dire
que la région, puisque c'est sa responsabilité, elle va devoir payer 2 millions d'euros parce qu'on a un lycée qui a été dégradé. On a 24 lycées qui ont aujourd'hui été absolument saccagés et dégradés. Parcoursup, c'est un débat qui est intéressant. C
'est le gouvernement d'Édouard Philippe.
Premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Il
y avait quoi avant Parcoursup
? Il
y avait le tirage au sort. Ceux qui veulent supprimer Parcoursup,
proposent de le remplacer
par quoi ? Est-ce qu'il faut améliorer certaines choses ? Sans doute. Est-ce qu'il faut revenir au tirage au sort ? Parce que le tirage au sort, ce serait méritocratique. Je n
'ai
pas l'impression que ce soit méritocratique, le tirage au sort. Ce qui est certain, c'est que je vois bien que Parcoursup génère de l'angoisse chez les parents, génère de l'angoisse chez les enfants. Il y a sans doute des choses qui doivent être accompagnées, renforcées. Mais je n'entends jamais de propositions alternatives. J'entends juste Abba Parcoursup sans jamais dire par quoi le système serait remplacé. Et moi, qui crois à la méritocratie, je ne suis absolument pas favorable au retour
du tirage au sort. Donc le problème, ce n
'est
pas que 80% d'une classe d'âge plutôt est amenée au bac et qu'après on les envoie dans des filières qui sont des impasses ? Ce n
'est
pas ça le vrai sujet qui n'a donc pas du tout été traité pendant les
deux quinquennat Macron
? Il y
a
ce qu'on a fait quand même sur la question des lycées professionnels. La revalorisation des lycées professionnels et des filières techniques était extraordinairement dégradée il y a dix ans. On l
'a
vu par exemple, regardez sur l'alternance et l'apprentissage, on n'a jamais eu autant de jeunes dans notre pays qui sont dans l'apprentissage qui sont des voies d'excellence.
Ce
ne sont pas des voies au rabais, ce sont des voies d'excellence, ce sont des voies d'insertion professionnelle, ce sont des voies d'ailleurs qui sont moins mises en danger par le big bang qui va se passer sur le marché du travail avec l'intelligence artificielle que dans d'autres métiers. Donc ce qui est vrai, c
'est
qu'il
y a
sans doute des angoisses nouvelles. Des angoisses nouvelles parce qu'on a une jeunesse qui a aussi vu et eu à supporter le Covid, les confinements, on le voit bien qu'on a un enjeu majeur de santé mentale dans notre pays, le retour de la guerre. Donc ça, je veux bien entendre cette angoisse-là réelle, mais encore une fois, cette angoisse-là ne peut pas et ne doit jamais ni générer
ni justifier de la violence. Aurore Berger, on est sur CNews et sur Europe 1, nous commémorons aujourd'hui le sinistre 3e anniversaire du 7 octobre, jour de l'attaque terroriste du Hamas contre Israël, le pire pogrom jamais perpétré sur le sol israélien. Est-ce que ce massacre est en train d'être oublié ?
Moi,
c'est mon
inquiétude. Mon inquiétude, c'est qu'on devienne amnésique et qu'on oublie notamment le fait que 51 Français ont été assassinés. Regardez, on a commémoré il y a peu de temps les attentats de Nice et la France entière s'en est émue parce que c'était sur notre sol. Ce n'est pas parce que ça ne s'est pas produit sur notre sol que ça ne nous concerne pas. D'abord parce que les attentats terroristes islamistes, ils ont concerné les Français. Notre pays a été attaqué à de très nombreuses reprises et parce qu'en plus, le 7 octobre, c'est 51 Français qui ont été assassinés le jour même ou dans les jours qui ont suivi dans les geôles du Hamas. Et je ne voudrais pas qu'on perde la mémoire.
Je ne voudrais pas qu
'on
perde
l'heure. C'est du négationnisme
qui est
à l'œuvre
sur...
On
n'est
pas à ça pour se concentrer sur
d'autres aspects de ce qui se passe au Moyen-Orient.
On met à distance, on considère que finalement, ça n'est pas notre histoire. C'est notre histoire. C'est notre histoire parce qu'ils sont Français.
Ils
sont Français. Ils ne sont pas moins Français parce qu
'ils
seraient franco-israéliens, parce que se dire ça, ce serait absolument insupportable. Ils ne
sont
pas moins Français parce qu'ils seraient Juifs, parce que dire ça,
ce
serait absolument insupportable. Donc oui, je pense qu'il y
a
un risque d'amnésie pour m'être rendu sur les traces du Festival Nova, pour avoir tenu dans mes bras des mères qui ont perdu leurs enfants, leurs enfants qui les ont appelés. C'est-à-dire qu'elles ont entendu les derniers souffles de vie de leurs enfants.
Je
vous assure que quand vous tenez dans vos bras des mères qui ont perdu leurs enfants dans ces circonstances-là, vous ne pouvez jamais l'oublier. Et
on
ne devrait jamais les oublier. Mais ce n'est pas qu'une affaire de ressortissants français ou pas, c'est une affaire d'humanité. Bien sûr. Ce qui s'est passé ce jour-là était une barbarie sans nom. Et ça, on a tendance à l'oublier, encore une fois, à vouloir l'effacer de l'histoire.
Et vous savez,
dès le 8
octobre, on
a manqué d'empathie.
Parce
qu
'on
a eu le monde entier qui était au chevet de la France quand la France a eu à subir des attentats islamistes.
Et
on a été extrêmement émus de voir que justement, on n'était pas seul face à la barbarie. Notre pays s'est aussi reconstruit grâce à ça. À se dire que le monde entier considérait que ce qui s'était produit en France les concernait aussi. Pourquoi ça nous concernerait moins ? Parce que ça concernerait Israël. On ne
peut
pas accepter cette idée-là. En effet, que l'humanité, elle se découpe en fonction de qui est concernée par un attentat terroriste. Et dès le 8 octobre, au lieu d'une empathie massive, on a eu un regain d'antisémitisme dans toutes les démocraties. Et c'est ça qui doit nous interpeller. Vous me parliez tout à l'heure des drapeaux palestiniens. Est-ce qu'on peut légitimement avoir de l'empathie pour le peuple palestinien ? Oui, et je pense que ni vous ni moi, on découpe notre empathie en fonction de qui est touché. Mais je ne veux pas qu'on mélange les sujets.
Je ne veux pas qu'on mélange la question géopolitique, la question d'une politique menée par un gouvernement et la question de l'antisémitisme. Il
n
'y
a
pas un Français juif
qui
est responsable de la situation à Gaza. Par contre,
il
y a malheureusement beaucoup trop de personnes qui aujourd'hui leur placent des cibles dans le dos et qui les rendent responsables par procuration de ce
qui se passe là-bas. Et vous avez souvent dit, Aurore Berger, que l'antisémitisme tenait en trois lettres LFI.
Le nouvel antisémitisme, oui. Parce qu'on voit bien que post-7 octobre, là où on aurait dû s'attendre justement à cette part d'humanité et d'empathie, on a eu l'inverse. Et donc, on a mis des cibles dans le dos de nos compatriotes Français juifs. Mais regardez même ce qui s'est passé dans le débat de la primaire socialiste. On a une ancienne candidate à la présidentielle qui espère le redevenir, qui demande maintenant
aux
Français juifs de s'excuser.
Enfin,
dans quel monde on vit à l'idée... De
s'excuser pour le gouvernement de Benjamin Taniaou.
Exactement. Et à s'excuser de la politique menée par un gouvernement étranger. On en est là. On en est là. Et finalement, on a eu ça de la part de Séguéen Royal. Et puis, on a eu le débat sur le mot génocide. C'est-à-dire que vous n'appartenez pas au camp du bien si vous n'employez pas le terme génocide. C'est ce qu'Olivier Faure a reproché à Raphaël Glussmann ou Jérôme Guet. Vous récusez ce terme de génocide ? Mais en fait, ce n
'est
pas moi individuellement qui le récuse. C'est une terminologie très précise. Et donc, cette terminologie très précise,
c
'est en vérité ni à vous ni à moi de dire si on peut l'utiliser. Et aujourd'hui, non, on ne peut pas l'utiliser. Est-ce qu'il y a des massacres ? Est-ce qu'il y a une crise humanitaire ? Oui, il y a une crise humanitaire. Et la France, elle prend sa part à la résolution de cette crise. Est-ce que c'est un génocide ? La réponse est non. Et les mots ont un sens. C'est cette forme d'inversion accusatoire à l'encontre des juifs. Parce que c'est ça qui se passe. En disant qu'ils seraient responsables d'un génocide et que ceux qui combattent l'antisémitisme deviennent des génocidaires. Vous et moi, nous sommes des génocidaires. Eh bien, je pense que ça, c'est dangereux.
Et que c'est très dangereux vis-à-vis, notamment, des plus jeunes dans notre pays qui sont perméables à ces théories-là, perméables à ce qui se produit sur les réseaux sociaux, perméables à cet environnement dans lequel ils sont baignés
depuis le 7 octobre, malheureusement. Rima Hassan a été mise en cause au Parlement européen. Elle est accusée d'avoir renversé les drapeaux et de l'Union européenne et d'Israël lors d'une exposition qui était liée aux commémorations du 7 octobre. Elle dit qu'elle a fait tomber le drapeau israélien et par hasard le drapeau européen. Tout ça, c'est une stratégie clairement mise en place pour
vous
? Je crois qu'elle s'en cache à peine. Donc là, elle n
'a
pas osé dire qu'elle avait renversé le drapeau européen. Donc, il est malencontreusement tombé. Mais elle a délibérément fait tomber le drapeau israélien.
On
en est là. C'est-à
-dire
qu'on a, au cœur du Parlement européen, une exposition en commémoration des attentats terroristes du 7 octobre. Et elle ne trouve rien d'autre à faire que de renverser les drapeaux européens et israéliens. C'est une honte. C'est une honte. Mais au-delà d'être une honte, c'est une stratégie électorale. Ce n
'est
pas un dérapage. Elle ne
fait
pas ça par hasard. Elle fait ça aussi pour qu'on en parle. Ce qui est toujours la difficulté. Parce qu'il faut parler d'elle ou pas. Parce qu'elle cherche aussi, malheureusement, cette publicité-là. Mais je pense qu'il faut aussi dénoncer, malheureusement, elle est fille pour ce que c'est, pour ce qu'ils font. Et puis, les conséquences que ça a. Parce qu'encore une fois, ça arme aussi intellectuellement, ou ça affaiblit plutôt d'ailleurs intellectuellement, une partie de la jeunesse française.
Vous avez présenté un projet de loi, la loi Berger, contenant 10 articles contre le racisme et l'antisémitisme, qui prévoient des peines d'inéligibilité pour les élus condamnés pour infraction antisémite ou raciste. Est-ce que cette loi va changer concrètement les choses ? Et est-ce qu'elle ne va pas avoir des effets pervers, en réalité, sur la liberté d'expression ?
Alors, déjà, moi, je pense qu'il ne faut jamais avoir peur pour agir. On a une nécessité d'agir sur la lutte contre l'antisémitisme, parce qu'on voit bien, encore une fois, qu'il y
a
eu un regain massif d'antisémitisme post-7 octobre. On a besoin d'aggravation des peines. Aujourd'hui, on a des actes du quotidien d'une immense lâcheté qui ne peuvent pas avoir l'aggravation d'antisémitisme. Un tag, par exemple, sur un mur, en fait, il est jugé pour un tag, mais pas pour ce qui est écrit. Mais quand c'est un tag à caractère antisémite,
il
doit être condamné pour tel, et l'auteur doit être condamné de cette manière-là. Donc ça, c'est un des exemples de ce que va pouvoir faire ma loi, de la même manière que la lutte contre la haine en ligne. Parce qu'on le voit bien, aujourd'hui, c'est un fléau absolu, et on n'arrive pas, parce que s'il faut attendre la bonne volonté des plateformes pour supprimer les contenus antisémites, on risque d'attendre un peu trop longtemps, à mon goût. Donc on a besoin d'accélérer sur le sujet, et
puis
on aura le débat de toute façon avant la fin de l'année au Sénat, pour garantir, évidemment, que le cadre de la liberté d'expression soit garanti. Mais l'antisémitisme ne relève pas la liberté d'expression. Non,
le racisme non
plus.
Et le
racisme
non
plus, évidemment. Ce sont des délits.
Vous portez aussi une autre loi extrêmement importante, la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Elle est examinée à l'Assemblée nationale d'après le 1er octobre. Les débats sont très houleux. La question des femmes étrangères des OQTF qui bloquent côté RN, budget côté LFI. Qu'est-ce que vous dites à ces oppositions ? Que cette loi-là, cette cause-là, elle doit transcender tous les clivages
partisans ?
S'il
y
a bien
une
cause qui devrait transcender les clivages, c'est la lutte contre les violences faites aux femmes et la lutte contre les violences faites aux enfants. Notre pays s'est ému, et à juste raison, après l'assassinat de la petite Liana, et après aussi les violences sexuelles qu'elle a eues à subir dans les derniers jours et les dernières heures de sa vie. Et on ne serait pas capable, à l'unanimité de voter un texte qu'on a travaillé depuis plus d'un an avec l'ensemble des groupes parlementaires, avec l'ensemble des associations qui portent ces combats-là. Donc, est-ce qu'il
y a
des questions budgétaires ? Oui. Et j'ai dit qu'on y répondrait point par point pour garantir l'augmentation des moyens. Mais on le fait... Dans un contexte budgétaire que l'on connaît ? Oui,
parce que... C'est ultra tendu.
Parce qu'on ne peut pas...
Avec une
France au bord du gouffre ? On a un pays qui ne peut pas accepter qu'on ait encore 160 000 enfants qui, chaque année, subissent des violences sexuelles. Ce qui suppose de changer aussi une culture profonde de notre société qui considère et qui a considéré pendant trop longtemps qu'on ne devait pas se mettre à hauteur de nos enfants, qu'on ne devait pas écouter et respecter la parole d'un enfant qui ose dire, qui ose révéler ce qu'il a subi. Vous
savez,
les enfants, ils ont toujours parlé. Les femmes ont toujours parlé. Ce qui a souvent manqué, c'est l'écoute de la société. Je crois qu'aujourd'hui, la société, elle est prête à écouter. Et donc, j'espère que les parlementaires seront prêts à accompagner et à soutenir ce texte parce qu'on en a besoin pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
C'est une des dernières grandes lois que vous espérez pouvoir faire passer dans un contexte, je le rappelais, qui est extrêmement chaotique où les nuages noirs, notamment sur le plan économique, s'amoncèlent sur notre pays où la crise sociale, la crise politique est à nos portes. Est-ce que vous avez l'impression d'être sur le Titanic, Aurore
Berger ? Non. Non, parce que moi, je crois à mon pays.
Je
crois à la capacité de mon pays à se relever et qu
'on
l'a démontré. On l'a démontré dans des moments où on avait l'impression qu'on n'y arriverait pas et où les Français sont capables de très grandes choses et parfois, ils s'en sont étonnés eux-mêmes. Ils s'en sont étonnés au moment des Jeux Olympiques de se dire on est donc ce pays-là capable de ça. On s'en est presque étonnés au moment de la reconstruction de Notre-Dame. Donc, on est capables de très grandes choses dans ce pays. On est aussi capables de rassemblements. C'est plus facile d'accentuer les fractures. C'est en effet moins, peut-être, immédiatement valorisable d'essayer de rassembler mais je crois que les Français, ils attendent plus du rassemblement que de
la fracture. Mais ils voient aussi ce qui se passe, ce qui se passe ces jours-ci. Est-ce que ce désordre, ce chaos organisé n'est pas le prélude ? Peut-être ce qui va perler toute la campagne présidentielle
jusqu'à mai
2027. Je vous ai dit,
mais
pas
seulement mai 2027, jusqu'à mai 2027. C'est ce risque d'un
entre-deux-tours RN et les filles. Parce que je pense que ce qui se passe dans les rues de notre pays avec ces mouvements qui sont accentués, embrasés, aggravés par justement des volontés politiques pourrait se produire de manière
bien plus importante. Vous mettez le RN dans
le
cas
de
ces personnes
qui attisent... Non, mais je vois bien encore une fois le risque d'affrontement. Est-ce qu'on veut un pays qui s'affronte ? Est-ce qu'on veut deux frontes qui se confrontent au moment de
l
'élection présidentielle ou au contraire, est-ce qu
'on
veut du rassemblement ? Et ça, ça nous incombe à nous, à nous au sein du bloc central. Est-ce qu'on sera capable dans les semaines qui viennent d'assumer d'avoir un projet extrêmement clair y compris sur le rétablissement de l'ordre et de l'autorité ? Parce que je pense que ce sera un point de bascule dans cette campagne présidentielle parce que les Français c'est attendre cela de nous et ils ont raison d'attendre cela de nous et ils attendent du coup de l'ordre aussi chez nous. C'est-à-dire la capacité qu'on ait à avoir une candidature unique parce que si on n
'est
pas capable de ça, on sera non seulement pas crédible mais on ne sera pas au second. Laquelle candidature unique ? Moi déjà, je parle à tous, j'essaie de faire mon travail jusqu'au bout, regardez les sujets dont on a parlé, donc moi j'essaie d
'être au rendez
-vous et de faire
mon travail
jusqu'au bout sur mes sujets lutte contre l'évidence faite aux femmes et aux enfants, lutte contre l'antisémitisme valeur de la
République. Vous choisirez
au dernier moment ? Je choisirais... Selon les sondages ? Non, je ne choisirais pas au dernier moment parce que choisir au dernier moment ça veut dire qu'on part du principe qu'ils seront incapables de s'entendre et qu'on n'aura pas de candidature unique. Moi je crois quand même encore un peu à la responsabilité individuelle et collective et qu'en tout cas, si on n
'est
pas capable de se mettre d'accord, alors on sera responsable. On sera responsable d'un entre-deux-tours entre la France insoumise et le Rassemblement européen.
Vous
mettez un signe égal entre RN et LFI, Aurore Berger ou pas ? En termes de risque pour le pays, en termes de risque de confrontation pour le pays, oui. Après, est-ce que c'est les mêmes histoires ? Est-ce que c'est les mêmes projets politiques ? La réponse est évidemment non. Vous ne choisissez pas s'il y
a
un second tour à RN et LFI ? Moi je ferais tout pour qu
'il
n
'y ait
pas un second tour
à RN et LFI. Donc je ne répondrai jamais
à cette question-là
parce que j'anticiperai... Vous mettez un signe égal.
Mais parce que si vous répondez à cette question, vous le savez bien, vous êtes journaliste, ça veut dire qu'on anticipe et qu'on accrédite l'idée que ce serait la seule issue. Je ne crois pas que ce soit la seule issue et je m'opposerai de toutes mes forces à cette issue-là parce que je pense qu'elle est délétère pour notre pays et que notre pays pourrait ne pas se remettre d'un second tour à RN et LFI et des conséquences que ça aurait, notamment d'embrasement du pays.
Merci beaucoup Aurore Berger d'être venue ce matin sur nos antennes sur CNews et Europe 1. Bonne journée à
vous.
Merci Aurore Berger et merci Laurence Ferrari. Dans un instant sur Europe 1, vos signatures du mercredi, votre club culture, ciné, livres et Charlotte Dornelas. A tout de suite.
Aurore Bergé