Jean-luc Mélenchon règle ses comptes avec ses détracteurs
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 85 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Invité politiqueFait
« Le mouvement n'a pas commencé à Créteil. Il a commencé dans l'Hexagone à Créteil, mais le premier mouvement lycéen, il commence à Mayotte. »
- 9:12Invité politiqueFait
« Un type à qui c'est égal qu'on ait tiré à bout portant et édenté un jeune de 17 ans. »
- 12:05Invité politiqueChiffre
« Un mort dans des circonstances non élucidées. Cinq mutilés au minimum de ce qu'on sait aujourd'hui. »
- 12:49Invité politiqueChiffre
« 2500 gardes à vue. Plus que le jour le plus répressif des gilets jaunes, qui était le 8 décembre 2018. »
- 13:33Invité politiqueChiffre
« 10 mois ferme avec mandat de dépôt pour des jeunes sans aucun antécédent judiciaire. »
- 22:01Invité politiqueFait
« Il a été là-bas pour discuter de matériel militaire. Il a été là-bas pour discuter des installations qu'on va y mettre. »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon99 %
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Mais oui. C'est lui qui a dit, à la radio, on lui dit "Qu'est-ce que vous dites à ?" Il a répondu "Ferme ta gueule." Et l'autre, il veut me pisser dessus. Cette conviction engage chacun d'entre nous dans ses paroles comme dans ses actes. Tu vas nous faire signer un ? C'est ça que tu ? Tu crois vraiment qu'on va le ? Bien sûr que non. On va y aller. On va te pourrir la réunion.
[applaudissements]
Non mais
[applaudissements]
Vous savez, parce que nous, on vient pas pour discuter avec lui de comment on se sert des matraques, ni euh des risques de l'élection présidentielle. Il y a les conditions générales, vous les avez présentes à l'esprit. Le chômage, la misère qui s'est amplifiée, l'enfermement qui s'est aggravé pour toute une partie de la population qui euh ne peut plus bouger tout simplement parce que le combustible pour la voiture coûte trop cher. Je parle pour toutes les zones rurales du pays. Mais aussi euh pour les zones non rurales, urbaines, mais où il faut aller jusqu'à la grande surface ou aller euh euh amener les enfants jusqu'à l'école et cetera.
Donc tout ça a un résultat très concret euh qui est pas seulement "Tiens, je peux pas bouger." Ce qui est déjà grave parce que il faut vivre sans pouvoir bouger. Euh mais c'est aussi euh des repas qu'on va sauter parce que ça coûte plus cher de mettre l'essence dans la voiture. Euh c'est le froid qui arrive et on va pas déclencher tout de suite le chauffage parce que on va attendre le plus tard possible le moment de le faire quand on on se chauffe soi-même. Et et ainsi de suite. Et d'ailleurs et quand on a un chauffage d'appoint, on ne va pas le mettre en route tout de suite parce que euh bah ça et la facture d'électricité aujourd'hui, elle est au point où vous le savez.
Alors euh tout ça, c'est l'environnement qui conduit à préparer l'état d'exaspération car les gens rentrent la tête dans les épaules, font ce qu'ils peuvent pour arriver à vivre euh décemment, pour en protéger la plus jeune génération, les petits, les enfants à qui on va pas les raconter tous les jours tous les problèmes de la vie. On essaye de leur épargner tout ça. Mais ça fait beaucoup à porter pour tout le reste de la population. Et il faut bien que vous sachiez déjà une première chose. Le mouvement n'a pas commencé à Créteil. Il a commencé dans l'Hexagone à Créteil, mais le premier mouvement lycéen, il commence à Mayotte. Et de Mayotte, si j'ose dire, il est passé aux Antilles.
Et des Antilles en région parisienne. Donc quand on a une stratégie électorale et démocratique, bah on passe son temps à essayer de convaincre des gens de tomber d'accord avec vous. Et on regarde quelles sont les populations qui peuvent y avoir le plus grand intérêt, forcément un, les déshérités, les opprimés, les exploités et puis les jeunes. Pourquoi les ? Bah parce que c'est le monde qu'ils vont avoir sur les bras. Et par conséquent, c'est certainement de notre programme dont ils sont le plus souvent les plus proches, comme le montrent les enquêtes qui sont faites dans ce domaine.
Donc nous ne nous excusons pas d'essayer de convaincre les jeunes et la masse des jeunes qui sont engagés dans le mouvement insoumis, chacun à sa manière, dans le doux des ordres qui est le nôtre. Euh mais cela non plus ne va pas venir s'excuser d'être en mouvement. Parce que on ne s'en excusera pas, ni eux de le faire, ni nous de le soutenir. Parce que fondamentalement, le mouvement insoumis est d'accord avec les revendications que présentent aujourd'hui les jeunes lycéens.
Et s'il en faut une preuve pour dire qu'on a pas attendu que ça ait lieu pour le dire, c'est que ça se trouve dans le programme L'Avenir en commun, édition 2016-2017, où vous avez la liste de tout ce que on voit aujourd'hui être mis à l'ordre du jour. C'était peu de temps avant Parcoursup qu'il faut donc rajouter depuis comme étant le sommet d'ignominie et du passage à euh le système de l'éducation transformé en marché où chacun fait sa petite liste et ensuite est sélectionné de manière à être obligé à faire appel au privé pour voir ses vœux satisfaits si le public ne l'a pas fait instantanément. Je parle de sauvagerie policière.
Parce que à ce moment-là, on a déjà les informations à ce sujet. Il y a déjà quelqu'un qui s'est fait arracher la moitié de la figure par un policier qui de sang-froid lui a tiré à à à un mètre peut-être de distance en pleine figure. Quand on voit ça et qu'il se passe rien derrière, vous n'entendez pas la hiérarchie dire "Un truc pareil, pas question, jamais un truc pareil doit se reproduire, m'as ?" Bon, bref. Un commandement, c'est un commandement, c'est pas une bande de potes, ?
Un commandement, il donne des ordres et quand les ordres sont mal exécutés, bah il gueule et il dit "On va les exécuter mieux la fois d'après." Quand il y a rien qui se passe à la première sur-violence, vous comprenez que la suite va pas être fameuse puisque ça a été permis une fois. Et donc j'ai parlé de sauvagerie policière. Mon mon intention était que le commandement entende "Tiens, il s'en est rendu compte." Et qu'il y ait une action pour tempérer. Mais à ce moment-là déjà, on est dans beaucoup beaucoup de d'événements qui se sont succédés.
On a déjà un qui s'est fait arracher la figure, un autre qui a perdu un œil, un troisième, ça va arriver dans les jours qui suivent, qui va y laisser une main et la moitié de d'un bras. Donc on sait qu'on est dans des épisodes d'hyper-violence et que la première n'a refroidi personne. Si vous voulez suivre les questions au gouvernement, regardez comment il répond à un homme et regardez comment il répond à une femme. Et nous, regardez comment il répond à Mathilde Panot. Avec On dirait qu'il va cracher, je sais pas si il va entier, il va sauter par terre tellement c'est violent. C'est incroyable une chose pareille. C'est incroyable de de comporter comme ça.
Et en même temps, les copains au téléphone et on nous dit à Bordeaux, c'est pareil. On a même pas pu se rassembler, on s'est fait tirer dessus. On reçoit les nouvelles de Toulouse. Là, c'est le pompon. Ils ont carrément tiré dans le premier rang des syndicalistes. Et vous avez trois quatre personnes qui sont pris ça en pleine tête. Les grenades lacrymo et cetera. Arrivent les nouvelles de Strasbourg où d'abord, ils nous disent "Tout va très bien, c'est calme, il y a pas de problème." et puis tout d'un coup, boum, le truc décolle. ? Parce que c'est parti d'un endroit. Quelqu'un a surréagi.
Mais toi-même, qu'il y ait quelqu'un qui ait fait l'idiot ou qui se soit malin euh de vouloir se battre avec les flics. Le droit et le devoir du gouvernement, c'est de faire en sorte que la liberté de manifester soit protégée. Ça vous fait pas plaisir, ça vous énerve, les les les mots d'ordre vous plaisent pas, ben tant pis. Ils ont quand même le droit de manifester, que ce soit pour le mariage pour tous ou pour la manif pour tous. Sinon, il y a pas de liberté si c'est seulement à la tête du client ou du slogan. Et vous avez vu la ?
Ce qui va pas, c'est la phrase tout de suite du Premier ministre qui dit "Entre les casseurs et les policiers, il faut choisir son camp." Mais celle-là, on l'avait déjà entendue. C'était le préfet l'Allemand. Il y a pas de camp dans cette histoire. Il y a un droit qui est respecté ou pas. Et s'il doit y avoir absolument des camps, c'est pas des fonctionnaires de police contre leurs propres gamins ou leurs gamins et les fonctionnaires de police plus tous les autres gamins. C'est pas ça le sujet, gamins, excusez-moi, les jeunes. Bon. C'est pas ça le sujet.
Le sujet, c'est d'un côté un peuple avec ses revendications qui vient dans la rue pour les défendre et de l'autre côté un gouvernement qui veut rien savoir et qui écoute personne et qui a trois lignes d'action tout de suite. Un, le pourrissement. Ils font rien pendant 15 jours. On on ergote sur les jours suivants. Rien pendant 15 jours, que dalle. Pas une rencontre, [applaudissements] pas un message, rien. C'est très grave parce qu'à ce moment-là, il y a déjà des gens qui se font qui prennent compris des mauvais coups. Et quand on interroge sur une radio tout d'un coup était plein de courage, ils osent même poser une question embarrassante au ministre de l'Intérieur.
Ça prouve qu'ils ont pas d'amende en retard. Donc, et lui disent "Oui, mais euh vous avez un mot euh pour euh les ?" Réponse du gars, une niaise, il dit "Non, il y a des enquêtes de l'IGPN, euh on verra." Pardon, il y a une enquête de l'IGPN déjà vous nous faites par rire, l'IGPN c'est pas un organe de contrôle, c'est des policiers qui disent qu'il faut penser des autres policiers. Donc, permettez-nous de penser que ça ou rien c'est pareil. Et que d'ailleurs le moment venu euh tout ça dehors, on va mettre autre chose, on fera comme dans tous les autres pays civilisés.
On y mettra bien sûr des policiers, parce qu'ils connaissent la tâche de de la tranquillité publique, on y mettra des sociologues, on y mettra des psychologues, c'est-à-dire des gens qui connaissent les êtres humains, hein, ça fait partie aussi du du de la problématique. Alors, qu'est-ce qu'il répond, ? Mais monsieur, c'est vous la quête bizarre. C'est pas moi quand je dis ils ils assument les risques du métier, là vous parlez de vos concitoyens qui exercent un droit fondamental. Vous pourriez au moins dire "On verra si la responsabilité de la police est engagée à ce moment-là." mais au moins tu as une parole.
Quel est l'adulte qui a pas une parole pour un membre qui se fait arracher la moitié de son ? Ça existe pas ? Ça compte ? Et quand vous les voyez réagir comme ça, quand vous les voyez réagir comme ça, méfiez-vous, c'est pourquoi je vous dis que la question de la tactique et de la stratégie elle est si importante. Il faut évaluer ce que vous affrontez. Vous affrontez un type à qui c'est égal qu'on ait tiré à bout portant et édenté un jeune de 17 ans. Voilà, et c'est pourquoi il est dangereux. Et c'est pourquoi quand il a proposé sa démission, je serais lui moi je serais parti en courant et en me cachant. Parce que pourquoi il ?
Le président a dit pour qu'il y ait une continuité dans le commandement. Ah ben ! Ouais, il y aura quelqu'un au téléphone pour répondre.
[applaudissements]
Premièrement, le pourrissement. En espérant que l'accumulation des incidents fasse peur à tout le monde. C'est écrit dans le Canard enchaîné. Ils ont les conversations et ils les racontent où ils se sont dit on va tellement leur la trouille que plus jamais ils reviennent dans une manif de leur vie. Et ça a donné ce que vous avez vu. Ça, c'est le Canard enchaîné. Est-ce qu'il va dire, comme il dit d'habitude, "Vous jetez de l'huile sur le ? ? Quel ? Quelle ? De quoi vous ? Je jette de l'huile sur le ? Non, les insoumis ont passé plus de 15 jours à faire en sorte qu'il y ait pas d'incident et qu'il y en ait le moins possible.
Ça, c'est le Canard enchaîné qui lui dit "Si vous pensez que ça, c'est jeter de l'huile sur le feu, pourquoi vous allez pas vous expliquer avec cette ?" Vous pourriez. Deuxième aspect de la stratégie. Il y a pas de problème ou plus exactement, il y en a : LFI. Et plus spécialement Mélenchon. Si quelqu'un en plus pouvait lui faire un mauvais sort, voilà qui arrangerait parfaitement leurs affaires. Parce que c'est continuel maintenant. Et mettez-vous euh une minute à ma place, je vous le souhaite pas, mais imaginez-vous que chaque fois que vous allumez la télé ou la radio, il est question de vous et qu'on va vous présenter comme le diable en personne.
D'ailleurs, si par hasard vous allez voir sur certains réseaux sociaux, vous on m'y voit avec on voit jusqu'au jusqu'au fond de ma gorge, hein. Tout y est. Voilà. Voilà où on en est. Point numéro 2, la diabolisation de LFI. Mais diaboliser LFI, c'est ne pas parler du problème. Qu'est-ce que vous comptez faire avec les lycéens, avec les étudiants et avec la vie ? Qu'est-ce que vous comptez ? Précisément, rien. C'est-à-dire retour à la case numéro 1, le pourrissement. Comme je fais rien et que j'accuse, chaque fois que j'accuse LFI, je joue le pourrissement. C'est une tactique, c'est une stratégie, c'est fait exprès.
Avant le 17, on est à un lycéen éborgné, un lycéen qui a eu la main arrachée, un lycéen qui a perdu toutes ses dents. Et le 17, le bilan, vous devez l'entendre. Un mort dans des circonstances non élucidées. Cinq mutilés au minimum de ce qu'on sait aujourd'hui. Une main arrachée par une grenade à Saint-Étienne. Une manifestante de 17 ans est borgne à Mulhouse. Un manifestant est borgne à Strasbourg. Et borgne, ça veut dire que le gars, il a visé la figure. ? C'est pas que le truc qui est arrivé là comme ça. Je recommence. Un manifestant est borgne à Strasbourg, c'est chez toi. Un manifestant gravement blessé au crâne à Paris.
Un journaliste hospitalisé après avoir reçu une grenade de désencerclement dans le ventre. Vous vous rappelez que comme Ma- Macron, paraît-il, aurait dit que c'était trop violent, Nunez avait dit "Bon bah puisque c'est comme ça, on enlève les grenades de désencerclement." Le mec, il a tenu 24 heures. Après "Non non, mais on va rétablir les grenades." Alors moi, je suis pas un spécialiste. Un coup, c'est le désencerclement, l'autre coup, c'est assourdissant. Voilà. En une journée, autant qu'en 5 mois de mouvement contre la retraite à 64 ans où déjà ça avait beaucoup saigné. 2500 gardes à vue. Plus que le jour le plus répressif des gilets jaunes, qui était le 8 décembre 2018.
Les premières condamnations, qui ne correspondent à rien de ce qui avait été annoncé. Tous les racistes s'étaient fait un devoir d'annoncer quelle était la population qui était là. C'est 10 mois ferme avec mandat de dépôt pour des jeunes sans aucun antécédent judiciaire. 10 mois ferme. c'est fait pour terroriser. 7 mois ferme avec mandat de dépôt pour être allé en manif avec un masque de piscine. Et dans ces conditions, les trois éléments, vous les avez. Pourrissement, répression, et les flics coupables. C'est leur stratégie. Quand vous les écoutez, pensez à ça. ? Parce qu'ils veulent que vous ayez à la sortie à répondre. Entre les violences et la police, qu'est-ce que vous ?
C'est pas notre sujet. C'est pas notre sujet. On ne veut pas de la violence policière et on ne veut pas non plus des pillages. Nous, notre sujet, c'est les revendications et le gouvernement. Voilà. Ils ont voulu arrêter Raphaël Arnault comme ils avaient voulu arrêter Rima Hassan. Ils voulaient la choper à l'avion. Vous ? On l'attrape à l'avion. Elle voulait s'enfuir. Mais heureusement, les pieds nickelés étaient là et ils l'ont ramenée directement à la garde à vue. Qu'est-ce qu'elle a dans son ? Du rouge à lèvres. Mon œil, c'est un déguisement, elle le fume.
[applaudissements]
Et qui fait ? Le ministre de l'Intérieur. Celui qui prévient les journalistes parce que les journalistes l'ont raconté. Ils organisent des choses comme ça. Ils en ramassent. Et je suis au regret de vous dire que c'est à peine croyable. Rima passait cet après-midi en procès pour apologie du terrorisme. Qu'est-ce que c'est que cette ? Un jour, elle a retweeté un tweet d'un gars qui lui-même avait un passé un peu chargé. Dès qu'on le lui a dit, je sais pas qui lui a dit à cette époque-là, elle l'a retiré. Apologie du terrorisme. On a demandé contre elle de la prison et 2 ans d'inéligibilité cet après-midi. Celui qui a demandé ça, c'est le procureur.
Le procureur, il agit comme avocat de la société au nom du gouvernement qui est censé la représenter. Autrement dit, le même jour où ils ont essayé de serrer Raphaël, ils ont essayé elle de la couvrir d'eau propre. Cette femme, imaginez-vous la vie qu'elle a maintenant. Elle a eu 16 procédures judiciaires contre elle. Et là, c'est continuellement qu'il faut qu'elle s'occupe de ses dossiers, d'aller aux audiences parce qu'elle elle y va. Elle elle y va. Elle va à chaque fois qu'elle est convoquée, elle va et elle répond. Est-ce que vous avez regardé la télé dimanche ? France 2.
France 2, on s'est tapé 8 minutes sans un commentaire des boucliers, des gens qui crient, des feux allumés, des pierres qui tapent contre des boucliers, des cris, des cris, encore des cris et du feu. C'est-à-dire qu'ils ont tout joué à mort l'affolement au lieu d'essayer de calmer, d'aggraver les choses. Parce qu'à ce moment-là, il y a encore des gens qui sont dans la rue. Ils l'ont fait sciemment. Et s'ils ne l'ont pas fait sciemment, c'est qu'ils sont encore plus bêtes que tout ce qu'on peut croire à leur sujet. Parce que pour eux, c'est juste un spectacle. Ça fait du buzz, il se passe quelque chose. C'est irresponsable de faire ça. C'est totalement irresponsable.
Aujourd'hui, ils ont mis à pied une journaliste éditorialiste. Isabelle Saporta, c'est pas spécialement une insoumise celle-là. Mais ils l'ont mise à pied parce qu'elle a mal parlé. Alors quand c'est nous, ils nous traînent dans la boue pendant toute une émission, ils se tapent sur le ventre. Mais quand c'est une de ces seigneuries, alors là évidemment, il faut que le journaliste agite son chapeau à plumes sur le sol pour montrer sa déférence pour ce qui gouverne. C'est une honte. Mais voilà où nous sommes. Donc c'est grave. Ce qui est en train de mûrir c'est grave. Quand un Premier ministre vous dit qu'il y a deux camps et qu'il faut choisir entre les voyous et les policiers. C'est grave.
Quand euh un journaliste est enlevé de l'endroit où il se trouve parce que ce qu'il a dit apparaît comme impertinent, alors qu'ils passent le reste de l'année à dire qu'il y a que l'impertinence qui vous rapproche de la vérité. C'est grave. Quand le président de la République décide le matin de s'exprimer le soir après moi et que entre les deux il se rappelle plus pourquoi il voulait parler. Et donc
[applaudissements]
il vient et il parle. De ? Personne s'en rappelle. Et sur le moment même on se dit mais c'est quand qu'il va nous ? Donc vous avez là deux présidents de la République qui commencent par vous dire que ça leur coûte parce que ils croient à ce qui a été fait mais qui disent on est dans une démocratie, on est en République. Je vois bien que ça le fait pas, alors j'arrête. Alors moi je pensais que c'était ça qu'il allait faire. Non mais attendez, vous rigolez je sais pas pourquoi mais honnêtement devant une situation pareille, un spectacle pareil, c'est ça qu'il faut faire.
Si vous êtes un responsable, pas un cow-boy ou un pied nickelé vous devez prendre la décision qui vous coûte mais qui arrête, on remet la case à zéro et on va rediscuter. On peut dire on va rediscuter ou on va voir la fois d'après. Mais ça c'est être gouverner une démocratie. Pas un endroit où la foule c'est du bétail et où les citoyens non seulement quand ils vous ont rien demandé, vous dissolvez leur assemblée, mais quand ils en élisent une autre, vous faites comme s'ils l'avaient pas fait. Parce que c'est ça qui fait Macron. Et là il a l'occasion de se rattraper.
[applaudissements]
Il ne le fait pas. Qu'est-ce qu'il ? Qu'est-ce qu'il pose sur la table qui permet à quelqu'un de dire "Bon, allez, on ? Rien. Autrement dit, on sort d'une soirée, on est euh dans une deuxième qui va être très violente, le président de la République intervient pour ne rien dire, pour ne rien proposer. Et il vous annonce qu'il s'en va chercher du pétrole en Arabie Saoudite. Écoutez-moi les gens, camarades, ça arrange pas son cas. Parce que nous avons appris qu'il aurait signé un accord de défense avec l'Arabie Saoudite pour protéger le pipe qui traverse le bout de désert, qui permet d'éviter de passer par l'autre par par l'autre côté. ? Vous voyez la ?
Vous voyez la carte à peu près comment elle est. Donc, camarades, il aurait signé quelque chose. Immédiatement, les parlementaires insoumis ont demandé ? Qu'est-ce que vous avez ? C'est quoi l'accord de ? Parce que si on installe du matériel militaire le long du pipe et que ce pipe est attaqué par l'Iran qui a été agressé illégitimement, quoi que vous pensiez de ce gouvernement. Mes enfants, c'est pas parce qu'un gouvernement vous plaît pas que ça vous donne le droit d'aller l'assiéger, de bombarder tout ce qu'il y a autour et de démolir les écoles, les routes et les ponts. C'est ce qu'ont fait les Américains.
Bref, si nous installons des batteries françaises, parce qu'on sait le faire, ça marche même mieux que les trucs patriotes, c'est une chose qu'on fait avec les Anglais pour ce qui est du missile et avec les Italiens pour ce qui est de la machine à tirer. Supposé qu'on se mette là, pour quoi c'est ? Pour abattre les avions et les projectiles qui arrivent. Donc, nous devenons belligérants. Tout ça s'est passé dans notre dos. On en a parlé à aucun moment. On a discuté à aucun moment de tout ça.
Normalement, il y a un article de la Constitution qui dit que quand on intervient militairement, article 35 {tiret} 1, je m'en rappelle parce que c'est celui de la guerre du Golfe, eh bien, le Parlement doit voter. Le président de la République n'a pas à sa disposition le droit de déclarer des guerres. Il peut que il se peut que il soit des fois par nécessité de rapidité obligé d'intervenir mais aussitôt le Parlement doit voter. On a voté une fois sur le Mali. J'ai pas arrêté après de dire il faut qu'on dise maintenant à quelle condition on s'en va parce que OK, on est venu et quand est-ce qu'on repart et dans quelle ? C'est ça gouverner ?
C'est maîtriser vous pouvez pas exposer comme ça la vie des vôtres, de votre pays, de vos militaires comme ça un type tout seul décide. Il demande l'avis de personne. On a perdu 54 militaires au Mali et je vous dis pas le nombre de Maliens qui étaient quand même chez eux et qui sont morts dans toute cette histoire et bah là c'est pareil, on ne sait rien. Jusque notre président parle là-bas et il nous annonce aujourd'hui qu'il nous a garanti quelque chose qui représente 8 % de notre notre approvisionnement. C'est pour ça qu'il a fait le ? Il y a pas moyen de se ? Pour dire il vous en reste un peu à nous ? Ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas vrai.
Il n'a pas été là-bas uniquement pour discuter des contrats sur le fioul. Il a été là-bas pour discuter de matériel militaire. Il a été là-bas pour discuter des installations qu'on va y mettre. Autrement dit pendant que nous on est ici à se débrouiller avec un problème dont on essaye de sortir par le haut, il est en train de nous enfoncer la tête dans des problèmes supplémentaires là-bas. Voilà ce qui se passe et voilà pourquoi on a le droit d'être en colère.
Donc je dis à Gérard Larcher que quand on est le président du Sénat et qu'on est dans une période de crise sociale qui par transcendance de la crise sociale est devenue une crise politique et qui par transcendance de la crise politique parce que le président parle pour ne rien dire et s'en va pendant 4 jours pourrait devenir une crise de régime. Alors il doit se rappeler que si par extraordinaire le président de la République considérant les événements comme ils sont venez à conclure que les 6 mois qui arrivent sont de trop et qu'il s'en va avant, c'est lui qui sera président de la République par intérim Gérard Larcher. Écoutez non faites pas ou c'est la loi, c'est la constitution.
C'est lui. Donc je lui demande de ne pas se comporter comme le petit télégraphiste et perroquet de monsieur Retailleau le chef de son parti. Pourquoi je lui dis ?
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Parce que comme on lui a demandé son avis il a répondu que oui la question de notre dissolution se pose. Voilà pourquoi je vous ai dit camarade c'est des jours importants qui se déroulent là. C'est le numéro 2 de l'État qui dit que la question de la dissolution du mouvement insoumis qui siège avec 71 députés à l'Assemblée nationale avec deux sénateurs au Sénat avec neuf députés avec une dizaine ou une cinquantaine de maires peut-être dissous ? Sans qu'on vous dise une seule fois pourquoi. Ils ont jeté du feu ils de l'huile sur le feu. De quoi vous ? Dites des noms, dites des paroles, dites des phrases, montrez-nous puisque vous êtes si malin. Et vous monsieur le cornu
[applaudissements]
et vous monsieur le cornu qui dites que on a un mouvement de l'ultra gauche qui a envie d'organiser un désordre profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle. Tous ceux qui disent que nous comptons tirer parti du désordre pour l'élection présidentielle. Mais comment peuvent-ils nous croire aussi ? Est-ce qu'il croit réellement qu'en attaquant des boutiques nous pensons prendre le ? Parce que s'il fallait attaquer quelque chose c'est pas des boutiques qu'on ira chercher. Ça suffit maintenant. Retour au sérieux. Ça suffit de jouer les apprentis dictateurs qui manient les oppositions politiques qui ont des élus, des parlementaires au fouet.
Et si vous dites qu'on a un mouvement de l'ultra-gauche qui a envie d'organiser, alors comment tu le ? Et si tu le sais, dis qui c'est, où, quand, ? Et quand il ajoute "la planification", vous ? La planification en certains endroits d'un schéma insurrectionnel mené par des groupuscules d'extrême gauche et de l'ultra-gauche". C'est le Premier ministre qui parle. Quel ? Où, quand, qui ? Et quand vous dites sans arrêt, comme l'a dit Madame Le Pen, que nous nous sommes la branche légale et que nous aurions une branche armée, où, qui, quoi, ? C'est plus une plaisanterie, on parle de la France, on parle d'une démocratie, on parle d'une République.
Alors après, vous comprendrez qu'on trouve bien étonnant que son bras droit et son cerveau extérieur, Monsieur Bardella, on lui dit "qu'est-ce que vous dites au chef de ?" Qu'il s'en aille et qu'il demande pardon. Mais mon grand, si tu veux qu'il s'en aille, tu as qu'à voter avec nous quand l'occasion s'en présente. Et on aurait voté à l'Assemblée dans des formes légales, institutionnelles, parlementaires. Pourquoi tu l'as pas ? Pour faire le malin maintenant et venir nous faire la ? Nous avons la chance qu'une fois de plus les syndicats des jeunes appellent à une manifestation samedi prochain. Nous ne leur avons pas demandé, ils ont décidé. Ils représentent les lycéens en mouvement.
Il faut bien qu'on qu'on reconnaisse une représentation. C'est eux qui l'ont décidé. Alors notre devoir est tout tracé. Nous devons les aider, les protéger et les soustraire à la barbarie de ceux qui voudraient les agresser. Insoumis, j'ai insoumis, vous êtes tous réquisitionnés. Tous, vous vous mettrez un brassard blanc et vous aiderez ce samedi les jeunes à défiler tranquillement, dans le calme et dans l'ordre et manifester la puissance énorme que vous êtes capable d'avoir. Ce samedi, ce qui est à l'ordre du jour, ce n'est pas le mouvement pour le mouvement. Ce sont des revendications. La vie chère, blocage des prix. La situation dans les lycées, suppression de Parcoursup.
Et décider au Parlement puisque justement ils discutent du budget en ce moment des 10 milliards dont tu as besoin. La dernière fois, ils les ont donnés pour les gilets jaunes. Pourquoi ils les donneraient pas pour les ? Alors on nous dit "Mais il y a déjà 3500 milliards d'euros de dette." Ben très bien, ça en fera 10 de plus. Et vous savez ? Parce qu'on se demande où sont passés
[applaudissements]
les 3500 autres milliards. Parce qu'ils sont pas passés dans les lycées ni dans les facultés. Alors on devrait nous dire où ils sont passés. Et puis on pourrait nous dire aussi, puisque qu'on en est à parler d'argent et qu'on peut être un peu vulgaire, où sont passés les les sous de la journée de travail que vous avez donné gratuitement pour offrir de la réfrigération aux personnes âgées. 65 milliards vous nous devez, Monsieur Macron. Alors sur les 65, vous pouvez bien en rendre 10 pour donner satisfaction à la jeunesse de ce pays. Ne vous laissez pas dire que c'est pas possible. Ne vous laissez pas intimider par les chiffres. Tout ça n'existe que si ces gens ont décidé que ça existe.
Parce qu'il y a au moins maintenant plus de 450 milliards qui sont une dette que nous avons à l'égard de nous-mêmes et qui est dans le coffre de la BCE. C'est pas ce soir-là que je vais recommencer à zéro pour vous expliquer pourquoi. Mais tout le monde comprend. Ils ne doivent pas vous impressionner. Vous ne devez pas vous laisser impressionner. Parce que les risques de l'élection présidentielle, on peut les lui raconter à l'avance. C'est pas les groupuscules de l'ultra-gauche, ? C'est monsieur Netanyahou qui pèse sur les élections à Marseille, à Toulouse, à Roubaix et à Paris. Voilà. Celui-là, oui. Et puis, paraît qu'il y a les Russes. Alors, c'est open bar ce pays, ?
Tout le monde peut y aller. Voilà, nous on peut en parler. Mais ce qu'on va leur dire, nous on vient ici pour discuter avec vous des revendications. Quand est-ce que vous donnez une réponse aux revendications qu'ont présentées les lycéens, les étudiants et les ? Et le reste, allez discuter avec qui vous voulez, avec les directeurs de la police, de ce que vous voulez, parce que c'est vous qui êtes responsable du maintien de l'ordre, c'est-à-dire de la défense de libertés de libertés constitutionnelles, c'est pas nous. Parce que nous, nous les faisons vivre les libertés constitutionnelles. La liberté constitutionnelle, c'est le droit que j'ai de me moquer de vous, en plus.
C'est la première fois qu'on voit un Premier ministre accuser le principal parti d'opposition de gauche et vouloir le dissoudre. Le président du Sénat dire que la question se pose. Des gens tirer sur des manifestants et n'avoir pas un mot de regret à ce sujet. Des gens qui prétendent que l'élection présidentielle est mise en danger, ce dont aucun d'entre nous n'avait entendu parler. C'est une situation grave. La crise sociale est devenue une crise politique d'un pouvoir qui ne sait plus quoi faire.
Jean-Luc Mélenchon