Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie Les Verts - 06/09
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BFM Politique, comme chaque semaine, avec Edwige Chevrillon de BFM Business et David Ducan du Parisien. Bonjour à tous les deux. Notre invité est Yannick Jadot, Euro, député Europe Écologie Les Verts. Bonjour, bienvenue. Bonjour. Commençons, s'il vous plaît, avec la disparition de deux nouveaux soldats français dans l'opération Barkhane au Mali. Il y a un blessé français toujours grave. Son état de santé est extrêmement préoccupant. 45 soldats sont morts depuis 7 ans dans cette opération. Ce matin, la France Insoumise demande un débat à l'Assemblée nationale et estime que la France n'a pas vocation à rester au Mali. Est-ce que la France doit rester au Mali ?
Aujourd'hui, je pense que la France doit rester au Mali. On a un État qui s'est totalement affaissé. On a eu un coup d'État il y a quelques jours, quelques semaines. Et la France n'est pas simplement au Mali. La France, c'est dans le Sahel. On a une menace terroriste qui est maintenue. Mais il est évident qu'on ne peut pas uniquement intervenir militairement sur le Sahel et laisser la politique s'affaisser, les États s'affaisser, les États restés dans une corruption et une incapacité à sortir économiquement ce pays de la NAS. Il faut faire du militaire. Aujourd'hui, il faut rester. Il faut rendre hommage aux soldats de la France, aux enfants de la France qui sont morts.
— On peut rester quasi indéfiniment, Yannick Jadon.
— Non, la question... Oui, mais vous ne pouvez pas en sortir et laisser ce pays totalement s'effondrer du point de vue de la lutte contre le terrorisme, du point de vue de son développement, du point de vue économique, du point de vue politique. Donc il faut rester pour l'instant militairement. Mais il faut être beaucoup plus exigeant du point de vue de la politique, du point de vue de ces États qui, encore une fois, on l'a vu avec le président sortant qui a été renversé, étaient un État corrompu, qui n'aidait pas ces populations à sortir du sous-développement.
Et quand vous avez des populations qui sont dans le sous-développement sur des territoires aussi gigantesques, les groupes mafieux, les groupes terroristes s'emparent de ces territoires trop aisément.
— Bonjour, Yannick Jadon. Je vous ramène en France. Le Conseil d'État doit se prononcer aujourd'hui. Est-ce qu'on peut obliger nos concitoyens dans nos villes, dans nos rues, à porter le masque tout le temps, partout, tout le temps ? Des tribunaux administratifs ont dit non à Strasbourg, à Lyon. La question est la suivante. Est-ce que le principe de précaution, selon vous, doit l'emporter sur celui des libertés individuelles ?
— La question, c'est l'efficacité de la mesure. On a un risque majeur que personne ne voudrait voir advenir, qui est le reconfinement. Personne ne veut être reconfiné. Là, il faut absolument éviter ça du point de vue de la société, de la façon dont elle fonctionne, du point de vue économique, du point de vue social, du point de vue psychologique. Il faut absolument éviter le reconfinement. On voit l'accélération de la propagation. Moi, je crois qu'aujourd'hui, il faut responsabiliser davantage nos concitoyens. Évidemment, dès qu'il y a concentration de population, il faut mettre un masque. Dès qu'il y a concentration de population, y compris dans la rue, il faut mettre un masque.
Quand on se balade dans la rue, qu'il n'y a personne, je ne vois pas pourquoi on serait obligé de mettre un masque, si vous voulez. On voit bien la nécessité de se protéger et de protéger les autres. Quand on est tout seul dans la rue, qu'il n'y a personne, est-ce qu'il faut forcément que le masque soit obligatoire ? Je n'en suis pas convaincu.
Oui, mais Yannick Jadot, bonjour. Je ne comprends pas très bien. Vous avez parlé il y a quelques temps d'infantilisation, de culpabilisation des Français. Là, au contraire, on voit bien que la confiance, ça ne suffit pas. Il faut quand même être un peu plus coercitif. Il y a sept nouveaux départements qui ont été placés en vigilance rouge. Donc on va bien. Et vous-même, vous venez de le dire, il y a une propagation de la Covid.
Il y a une propagation, mais n'allons pas dans des excès qui sont inefficaces du point de vue des mesures de protection. Si vous êtes seul dans la rue, même à Paris, à Lyon ou à Bordeaux, où il y a une accélération de la diffusion du virus,
si vous êtes seul dans la rue, le fait d'être masqué ne vous protège pas, vous, et ne protège personne. Vous entendez bien que les Français, Yannick Jadot, parfois sont paumés quand on les interroge. Ah ça, c'est sûr. Ils disent, alors là, au bout de cette rue, je peux le porter, là, je ne le porte pas, à telle heure j'arrête, à telle heure je remets.
Ce que j'aimerais, moi, c'est qu'à un moment donné, effectivement, on n'infantilise pas les Français, qu'on les responsabilise. Aujourd'hui, vous avez aujourd'hui sur la question des tests. Depuis trois mois, on nous explique, on a été très en retard sur les masques, sur les tests. Depuis trois mois, on nous explique qu'il faut arriver à un million de tests semaine. Depuis trois mois, on arrive à un million de tests semaine et c'est le bazar absolu. Les personnes, on fout la trouille aux gens. Les personnes qui y vont, on leur dit, mais qu'est-ce que vous faites là ? Vous n'avez pas de symptômes ou vous n'êtes pas une personne contacte, vous ne devriez pas être là.
On a des queues interminables, des résultats de tests qui arrivent tardivement. Et donc, ce processus qui était essentiel, la question du test, quand on arrive à l'objectif fixé, c'est le bazar absolu. Alors, ça, ce n'est pas normal. Bon, mais qu'est-ce qu'on proposait ? On avait largement le temps de se préparer pour avoir suffisamment de personnes pour gérer les files d'attente.
D'accord, mais ça, c'était avant. Là, David vous dit, on fait quoi maintenant ? On vous proposez quoi ? Je l'ai dit, on ne peut pas remonter le temps.
Il faut recruter, il faut mettre des personnes pour gérer les files d'attente. Il faut accélérer effectivement le traitement par les laboratoires des tests. Il faut, je l'espère, arriver très vite à des tests salivaires qui iront beaucoup plus vite et seront beaucoup plus efficaces. Mais il est quand même invraisemblable qu'on se soit fixé un objectif d'un million de tests semaine et qu'on n'ait pas le dispositif humain pour accueillir autant de personnes. Juste dans mon recruter qui ? Mais il y a plein de gens aujourd'hui.
Mais qu'est-ce qu'il doit recruter ? Les laboratoires parce qu'ils font passer les tests ? C'est à l'état de mettre des gens ?
Mais à la fois, les laboratoires qui font payer les tests, qui sont remboursés par la Sécurité sociale, peuvent recruter puisque c'est une augmentation d'activité. Et on peut parfaitement imaginer que l'État, moi je l'ai dit, on est dans une période où, à l'école, dans la santé, dans toutes les associations, qui voient une explosion des colis alimentaires parce qu'il y a une explosion de la paupérisation, de la précarisation. On peut parfaitement avoir des emplois aidés. On connaît ce dispositif. Il y a plein de jeunes qui cherchent un emploi et qui n'en trouvent pas. On a un dispositif d'emplois aidés. Mettons des personnes pour réparer la société et pour l'empêcher de retomber.
Parlons des vaccins. Absolument. Sur les vaccins, juste sur ce que vous venez de dire, ça ressemble un peu à du Yaka Faucon. Ah non, on parle d'une urgence absolue. Yannick Jadot, il faut régler ce problème des tests dans la semaine qui vient. Vous me dites qu'il faut recruter en magiement. Vous faites comment pour recruter les gens compétents ? Qui ont la compétence pour effectuer ces tests et obtenir les résultats.
Vous voyez bien que l'embolie du système n'est pas simplement liée à la prise de tests. C'est lié à la gestion des files d'attente. C'est lié à la gestion des priorités. Les médecins n'arrivent pas à contacter les laboratoires. Ils sont renvoyés sur une plateforme. Mais tout le monde arrive en disant « Mais moi, j'ai des symptômes ». Donc au fond, finalement, tout le monde veut passer sur la file d'attente prioritaire. Donc il y a à organiser ce système. Ce n'est pas du « il y a qu'un faucon ». Il y a à organiser ce système. Les vaccins, si vous voulez.
Oui, absolument. Une clarification est sans doute pas inutile. Je vous pose la question ainsi. Le gouvernement, Jean Castex, a l'espoir qu'un vaccin contre le SARS-CoV-2 sera disponible au début de l'année 2020. C'est l'espoir du gouvernement. 21, pardon, bien sûr. Yannick Jadot, si cela se produit, est-ce que vous appellerez nos concitoyens... Attendez, vous n'avez pas la question. Est-ce que vous appellerez nos concitoyens à aller se faire vacciner ?
Mais bien sûr. Mais bien sûr. Vous voyez dans quel état est la société. Y compris, et c'est légitime, pour protéger le corps biologique du risque de la Covid, du risque d'explosion de cette pandémie, on met en difficulté le corps social, nos relations sociales, notre capacité à se déplacer, notre capacité à échanger, à être avec les autres, notre capacité à travailler. Et donc, évidemment, il faut faire... Et moi, je suis un... Vous savez, je suis au Parlement européen. On se bat pour qu'il y ait le plus gros budget possible au niveau européen pour concentrer, rendre plus efficace la recherche sur un vaccin pour qu'on puisse se vacciner le plus vite possible.
Alors, il faut que vous parlez de cette pandémie. Vous parlez de la capacité à avancer, à travailler, la capacité à s'instruire aussi. La rentrée des classes a eu lieu mardi. 22 établissements ont déjà été fermés. Des classes également. Est-ce que vous estimez que le protocole sanitaire mis en place est suffisant, en tout cas de nature, à protéger les enfants et leurs parents ?
C'est très difficile. C'est très difficile. Il est heureux que la rentrée ait eu lieu. Elle se passe quand même, généralement, plutôt bien. Et il faut remercier les enseignants, les directeurs, directrices d'établissements de s'adapter aux circonstances sanitaires qui sont très, très difficiles. Ils font un boulot extraordinaire pour accueillir les enfants. Et vous savez qu'il y a beaucoup d'enfants, y compris qui ont besoin de retourner à l'école, mais beaucoup d'enfants qui étaient en difficulté, liés au confinement, en difficulté psychologique. Donc, la reprise de l'école est une excellente nouvelle.
Maintenant, on va être dans cette situation qui fout la trouille à tout le monde, qui fout la trouille aux enseignants, qui fout la trouille aux parents d'élèves, où il y a des classes qui sont fermées quasiment pendant 15 jours pour une suspicion de contamination. Parfois, y compris parce que ça met du temps à faire le test, à avoir les résultats, on ferme l'école pour une suspicion de, ou une classe, pour une suspicion de contamination. On en fait trois, en fait, c'est ce que vous dites ? Non, ce que je veux dire, c'est que là aussi, il va falloir trouver les moyens pour aider les parents. Parce que les parents, ils n'ont pas envie de se retrouver confinés de nouveau.
Parce que si on n'a pas des tests rapidement, en fait, comment ? Quand l'enfant revient 15 jours à la maison, vous le mettez en contact avec ses grands-parents, pour la garde ? Alors que c'est les grands-parents qui sont les plus fragiles. Là aussi, il faut accélérer la mise en place de dispositifs qui aident les parents dans cette situation-là. Mais bravo aux enseignants, bravo aux parents qui s'adaptent aussi pour que nos enfants puissent de nouveau aller à l'école.
Bon, en cette rentrée, il y a un sujet qui occupe l'esprit de nos concitoyens, celui de la sécurité. Est-ce que vous faites, Yannick Jadot, comme Emmanuel Macron, le diagnostic que la violence se banalise dans notre société ?
Bien sûr, bien sûr. Vous savez, je suis extrêmement inquiet d'une forme de banalisation de la violence. Et ce n'est pas simplement un sentiment d'insécurité, c'est une réelle insécurité. Et comme beaucoup de Françaises et de Français, j'avais été très surpris que quand le président de la République est interrogé sur un chauffeur de bus qui se fait tuer par une aide-soignante qui se fait tuer en étant traîné 800 mètres dans la rue, par une infirmière ou des parents qui se font tabasser simplement parce qu'ils réclament le port du masque, tout ça est absolument insupportable. Le président de la République avait qualifié ça d'incivilité.
Il avait repris le mot du journaliste à l'époque, je le rappelle. Oui, mais enfin...
Est-ce qu'il fallait mieux utiliser le mot d'ensauvagement ?
Non, justement, c'est ça le problème. Vous savez, moi j'ai écouté le président de la République dans son discours sur la République. Le président de la République fait le bon diagnostic dans son discours. Il fait toujours des bons discours. Il parle de l'insécurité à laquelle sont confrontés les Françaises et les Français. Insécurité liée aux personnes. Insécurité économique. Insécurité sociale. La trouille de ce qu'il appelle le séparatisme. Il va falloir qu'on s'explique sur ce qu'est le séparatisme. Mais justement, ça fait trois ans qu'il est là le président de la République. Et de mon point de vue, le président de la République n'a pas restauré le respect de la règle commune.
Mais comment ? N'a pas restauré le civisme dans notre pays. Mais que proposez-vous, Yannick Jadot ?
Est-ce que par exemple, vous dites qu'il faut baisser la majorité pénale à 13 ans, comme le dit Orashid Adati ?
Mais la question aujourd'hui, ça n'est plus de rajouter des lois. C'est ce qu'a fait la droite. Moi, je trouve extraordinaire les leçons de la droite sur la question de l'insécurité, sur la question de la police. C'est quand même Nicolas Sarkozy. Et ils étaient tous là, ceux qui hurlent aujourd'hui sur l'insécurité. D'accord, mais attendez, qu'on réduit de 10 000 postes dans la police et la gendarmerie ? Eh bien nous, nous souhaitons réinstaller la police de proximité. Ce que nous faisons avec nos élus en nouvellement arrivés dans les municipalités, c'est de travailler avec les populations à l'échelle des quartiers, à l'échelle des immeubles.
Attendez, de travailler avec les populations et la police et la justice et les animateurs sociaux. Parce que l'insécurité n'est pas simplement... C'est une réalité. Quand vous voyez, pardonnez-moi, c'est un sujet extrêmement important.
Oui, mais justement, on va rebondir dessus avec la loi anti-séparatisme.
Quand vous voyez comment aujourd'hui, les policiers sont mal rémunérés, mal traités par l'État. Ils travaillent dans des conditions inacceptables. Personne n'accepterait de travailler dans ces conditions-là. C'est les plus jeunes, les moins expérimentés qu'on envoient dans les lieux où il y a le plus de tensions. Ils sont mal formés. Eh bien, révisons tout ça avant de faire de nouvelles lois.
Alors, vous dites, voilà, vous dites qu'il ne faut pas faire de nouvelles lois. Maintenant, le président de la République a annoncé pour le mois de novembre une loi anti-séparatisme, justement. Est-ce que vous, vous le soutenez ? Est-ce que vous dites, effectivement, il y a un vrai risque, il y a un vrai risque communautaire et il y a un vrai risque de séparatisme en France ?
Mais c'est marrant parce que le président de la République s'exprime. Vous-même, vous vous exprimez. Vous ne mettez pas les mots que tout le monde entend. Quand le président parle de séparatisme, il parle de quoi ? Il parle de l'autonomisme corse ou basque ? Il parle... Non. De quoi on parle ? On parle de l'islamisme radical. Mettons les mots sur ce dont on parle.
Il devrait parler d'une loi anti-islamique radicale.
Quand on commence par ne pas utiliser les bons mots, on ne trouve jamais les bonnes solutions. Donc, ce dont parle le président de la République, c'est de l'islamisme radical qui existe dans notre pays. Donc, est-ce qu'il faut une loi ? Il faut en débattre. Est-ce qu'il faut une loi pour faire quoi ? Vous savez, les premières victimes de l'islamisme radical dans notre pays, c'est la communauté musulmane. Ce sont les musulmans de notre pays. Aujourd'hui, ils sont pris en étau. En étau d'un islamisme radical qui essaye de leur imposer un mode de vie qui n'est pas compatible ou qui ne veut pas respecter les valeurs.
Bien sûr, ce sont les femmes aussi.
Bien sûr, les valeurs de la République. Et puis, de l'autre côté de la pince, vous avez toutes celles et tous ceux qui, aujourd'hui, agitent en permanence un racisme anti-musulman. Et donc, il faut agir pour aider cette communauté musulmane qui est française. Prenons plusieurs exemples. Prenons plusieurs exemples. Un, qu'est-ce qu'on fait sur le financement de l'islam dans notre pays ? Est-ce qu'on continue notre complaisance vis-à-vis de l'Arabie saoudite parce qu'elle nous achète des armes ? Ou qu'on considère que le wahhabisme est incompatible avec les valeurs de la République ?
Vous faites quoi, vous ?
J'entends, on peut vous diagnostiquer très bien. Non, mais je vous dis, par exemple, moi, je ne suis pas totalement opposé à ce qu'il y ait un financement étranger. Simplement, ça passe par une fondation publique contrôlée par l'État. Et transparente.
Par exemple, sur les associations, il y a des cadeaux. Attendez, sur les associations, il y a des cadeaux. Est-ce que vous êtes d'abord, un, pour qu'il y ait une signature d'une charte des valeurs républicaines ? Et puis, éventuellement, arrêt de subvention si on voit qu'il y a des dérapages ?
Mais, Mme Chevrillon, le problème qu'on a, c'est qu'en fait, beaucoup d'associations qui devraient relever de la loi de 1905 s'inscrivent dans la loi de 1901 sur le mode d'une association classique, l'association ONG, quasiment, pour ne pas avoir de contrôle, y compris sur la façon dont ils dépensent l'argent et qui le recrute. Eh bien, une association qui va s'occuper d'une mosquée relève de la loi de 1905, et comme ça, on peut la contrôler. De la même façon, vous savez à quel point certaines agences de voyage profitent du pèlerinage pour se faire beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent. Est-ce qu'on ne peut pas contrôler les frais liés au pèlerinage ?
Est-ce qu'on ne peut pas contrôler l'attitude de l'Arabie saoudite vis-à-vis de nos jeunes qui vont faire le pèlerinage ?
Tout ça est à l'étude dans le cadre du projet de loi séparatienne que vous soutiendrez et qu'il contient ces mesures-là.
Et puis surtout, vous savez, les musulmans de notre pays sont attachés à la République. Les musulmans de notre pays, ils aiment la France. Les musulmans de notre pays, ils sont français très majoritairement. Pourquoi est-ce que quand l'islam de France s'exprime, c'est l'islam qui vient de Turquie, c'est l'islam qui vient du Qatar, de l'Arabie saoudite ou l'islam qui vient du Maghreb ? Eh bien non. Il est temps que ce soit les musulmans de France qui s'expriment pour les musulmans de France. Et à partir de là, il ne s'agit pas simplement de lutter contre l'islamisme radical.
Il faut aussi, pour que la communauté musulmane se sente bien dans notre pays, il faut aussi lutter contre toutes les discriminations. Il est insupportable. Le président de la République peut le dire. Il faut agir. Il est insupportable que parce qu'on s'appelle Rachid, parce qu'on s'appelle Aïssa, eh bien on ait moins de chances de trouver un logement, moins de chances de trouver un boulot, parce que dans notre pays, il y a une discrimination profonde vis-à-vis des Noirs et des Arabes.
On va poursuivre cette conversation dans un instant. FM politique continue. Nous allons parler du plan de relance, évidemment. Il y a tout un volet consacré à la transition écologique. Vous l'avez noté, beaucoup d'argent. Vous nous direz si ça vous convient. Et on parlera politique aussi. La présidentielle arrive vite. A tout de suite. La suite de BFM politique sur BFM TV avec Edwige Chevrillon de BFM Business, David Ducan du Parisien, notre invité, et Yannick Jadot aujourd'hui. Parlons plan de relance. Tiens, c'est une des grosses, importantes actualités de cette semaine qui vient de s'écouler, Edwige.
Yannick Jadot, le gouvernement a donc présenté son plan de relance, France relance, avec trois priorités, mais notamment la priorité à l'emploi, 15 milliards mis sur la table, et la transition écologique. Et on voit que c'est un plan qui a été plutôt bien apprécié par les Français, si l'on en juge les derniers sondages. Vous, vous avez émis quelques doutes, justement, sur ce plan de relance, et justement sur les moyens mis en œuvre pour la transition écologique. Alors avant que vous nous répondiez, je voudrais vous faire écouter Pascal Canfin, que vous connaissez bien. Il répondait à une question de Bruce Toussaint, où il était un peu étonné de votre réaction.
Comme ça, vous pourrez réagir à ce que dit Pascal Canfin.
Vous savez que j'ai choisi votre émission pour réagir pour la première fois. C'est quand même étonnant qu'il préjuge de ma réaction.
On va l'écouter, comme ça, ça vous permettra de répondre.
Pascal Canfin, Yannick Jadot, le leader des écologistes, n'est absolument pas convaincu. Il dit que ce sont des grands chiffres, des grands slogans. Il dit que sur le sujet de la transition écologique, le gouvernement procrastine. Ce qui signifie qu'il repousse à demain ce qu'il pourrait faire aujourd'hui. Qu'est-ce que vous répondez à cela ? Écoutez, les bras m'en tombent. Ça va être hyper concret, hyper concret, le plan de relance. C'est à la fois 100 milliards. Donc oui, Yannick Jadot a raison de dire que c'est un très grand chiffre. C'est même le plus grand chiffre jamais réalisé par un plan de relance. Et je m'en félicite, bien évidemment.
Mais c'est du très concret qui va se diluer, diffuser, dans tous les territoires au quotidien pour tous les Français.
Les bras liens sont tombés à Pascal Canfin et Yannick Jadot.
Vous savez, pour certains, l'amour de la Macronie aujourd'hui fait perdre un peu de lucidité.
Oui, mais est-ce que vous, vous n'êtes pas dans l'idéologie politique ?
Non, mais j'ai pensé, moi je veux bien qu'on m'attribue une réaction à ce plan de relance. C'est la première fois que je réagis sur le plan de relance et c'est chez vous.
Est-ce que la part consacrée à la transition écologique est suffisante ?
Première chose, et vous savez que les écologistes ont toujours soutenu toutes les mesures qui se retrouvent y compris dans le plan de relance, notamment sur le chômage partiel, sur l'aide aux entreprises pour faire face aux difficultés. Tout ça, c'est très très bien, tant mieux, ça se prolonge. J'espère que ça sera à la hauteur des enjeux. Deuxième chose, pour moi ce n'est pas un plan de relance, c'est un plan d'investissement. Et je vais vous dire pourquoi il y a une différence. L'essentiel des milliards qui sont mis sur la table vont vers les entreprises. On est d'accord ?
Mais la grande difficulté qu'on a, c'est qu'on a une reprise balbutiante ce mois-ci et que pour travailler justement au Parlement européen, je peux vous dire que l'argent européen, il ne va pas arriver demain matin. 40 milliards pour les 100 milliards. C'est malheureux, mais il ne va pas arriver demain matin. Ce que disent les représentants de la Commission européenne, c'est qu'on sera probablement sur 10% de l'argent européen en 2021. Donc pour la France, 4 milliards en 2021. Le risque est énorme que notre économie n'ait pas l'impulsion pour se relever.
Et de ce point de vue-là, il aurait fallu, comme l'a fait l'Allemagne, faire beaucoup plus sur les ménages, faire beaucoup plus sur le social. Et vous savez à quel point le social est le grand oublié de ce plan.
Il y a 15 milliards sur le chômage partiel, vous-même, vous venez de le souligner.
Il y a le chômage partiel, mais vous avez une explosion. Vous savez que sur le chômage partiel, on va changer de catégorie, c'est-à-dire que les salaires vont être beaucoup plus impactés à l'avenir qu'ils n'ont été pendant les derniers six mois. Mais on a une paupérisation, une précarisation très forte d'une partie de nos concitoyens, au moins 10% de nos concitoyens. Et ces concitoyens-là sont totalement laissés de côté. Attendez, l'Allemagne fait 30 milliards sur les ménages pour booster aussi par la consommation. Ce que nous avons proposé et qui reprend une idée...
Sur l'Allemagne, le gouvernement a répondu en disant que ce ne sont pas les mêmes niveaux de TVA. Chez nous, par exemple, pour les services, on a un niveau TVA plus bas. Est-ce qu'il y en avait intérêt à les baisser pour les réaugmenter ensuite ?
Les Français ont épargné près de 100 milliards, 85 milliards d'euros. L'Allemagne fait 300 euros d'augmentation de la prime pour la rentrée. Nous faisons 100 euros. Nous avons toute une partie de nos concitoyens qui sont en difficulté aujourd'hui. Plus de 2 millions de personnes qui tentent d'accéder à des colis d'aide alimentaire.
Donc il fallait y aller plus fort sur les aides directes.
Il fallait aller beaucoup plus fort. C'est notamment ce que propose Laurent Berger, qui est très bien, qui est le chèque relance. Donner du pouvoir d'achat à nos concitoyens, nos concitoyennes les plus en difficulté pour faire face à leurs difficultés et pour acheter. On a une excellente proposition de la Convention citoyenne sur le climat. Les chèques alimentaires.
L'idée, c'est qu'on donne aux classes populaires et aux classes moyennes aujourd'hui qui sont en difficulté, on donne un chèque alimentaire pour acheter de l'alimentation en circuit court, l'alimentation bio, à la fois parce que, comme tous les Français, ils veulent une alimentation de qualité, et que nous avons besoin de soutenir nos paysans et de protéger l'environnement. Vous avez plein de...
Sans votre raison, mais là, c'est un plan de relance. Vous-même, vous l'avez dit. Enfin, si vous me permettez. Pour relancer l'économie française.
Tout le monde a applaudi les soignants. Et derrière, on applaudissait toutes les personnes qui travaillent dans les services et qui nous ont permis de vivre le confinement. Les caissières, les personnes qui ramassent les déchets, tout ça. C'est là encore totalement les grands oubliés de ce plan de relance. Donc je trouve que sur la dimension sociale, le compte n'y est pas. Et c'est... On ne peut pas faire un discours sur le pacte républicain et l'égalité, et continuer à faire des mesures qui ne servent que les premiers deux cordées. Sur la question écologique...
Pardon, Yannick Jadot, juste un mot, parce que le plan de relance, son objectif, c'est de sauver l'emploi. Et de relancer l'économie. Ce n'est pas de générer une sorte d'assistance au pouvoir d'achat. Voilà, c'est un choix stratégique. Mais c'est-à-dire... La priorité, c'est l'emploi.
C'est un choix stratégique qui est la priorité... Non, parce que si votre priorité, c'est l'emploi, Évidemment, vous investissez dans l'économie. Mais vous mettez quelques conditionnalités, M. Doucan. Quand... Les contreparties. Quand vous baissez... Quand ce gouvernement fait le choix tout seul de baisser de 10 milliards par an la fiscalité des entreprises qui, normalement, va aux régions. Ce sont les impôts de production. Vous baissez de 10 milliards. Sans aucune conditionnalité. C'est-à-dire qu'Amazon, qui participe à détruire les petits commerces dans notre pays, qui a fait beaucoup... Non, attendez. Qui a fait beaucoup d'argent... C'est étonnant quand même.
Vous savez bien que ça pénalise toutes les PME dans les territoires.
Qui a fait beaucoup d'argent pendant cette crise. Mais c'est facile de prendre Amazon. Eh bien, Amazon va récupérer de l'argent public. Mais mais qu'en est-il... Qu'en est-il des PME de ces pays dont vous parlez ? Je veux soutenir les PME. Mais non, il bénéficie de cette mesure. Il bénéficie de 10 milliards.
Au nom d'Amazon, il vous dit qu'il ne faut pas baisser les impôts de production.
10 milliards. C'est la moitié du budget de l'enseignement supérieur. Ça mériterait quand même le début d'un débat public, sachant que cette mesure-là, à la différence de toutes les mesures en faveur de l'écologie, elle est pérennisée. Vous savez qu'on est... Vous êtes député européen, Elie Gado.
Vous savez bien que la moyenne européenne est 35 milliards. La France est 35 milliards au-dessus, justement, de la moyenne européenne et 75 milliards au-dessus de l'Allemagne.
Madame Chevrillon, vous ne pouvez pas, sur BFM Business, tous les jours dire que la France est au top des pays d'accueil en matière d'investissement étranger. De dire que pourquoi ces entreprises ou ces investisseurs viennent en France ? Parce qu'il y a une qualité d'infrastructure, il y a une qualité de service, il y a une qualité de vie qu'ils ne retrouvent pas ailleurs. Eh bien, ça, à un moment donné, il faut aussi le payer. Parce que moi, je veux bien que vous fassiez le compte du côté de ce que payent les entreprises. J'aimerais qu'on fasse aussi le compte du côté de ce que reçoivent les entreprises en infrastructure, en qualité de formation et en...
Pardon, juste pour terminer, parce que je voudrais qu'on avance, mais il ne faut pas faire... Après, sur l'agricologie. Il y a un risque à faire des raccourcis aussi, Yannick Jadot, parce qu'entre Amazon et le reste des entreprises implantées en France, il y a quand même un monde. Et là, il y a des chefs de... Et pourquoi on ne ferait pas la distinction ? Mais au contraire, je vous dis qu'il faut la faire, non ? Eh bien non, mais c'est ce que fait pas le gouvernement. Là, vous ne pensez pas qu'il y a des chefs, des patrons de PME qui vous regardent et qui disent, mais attendez, ils ne font pas Amazon ?
Attendez, attendez. Je me bats au Parlement européen en ce moment, sans le soutien du gouvernement français, sans le soutien du gouvernement français, pour que nous introduisions dans les marchés publics la préférence pour les petites et moyennes entreprises. Vous savez que dans les marchés publics européens, malheureusement, vous ne pouvez pas privilégier une entreprise locale ou une entreprise européenne, par exemple, sur les médicaments. Et donc, je me bats, justement, pour qu'on relocalise. Quand je me bats, j'ai la responsabilité du dossier sur la taxe carbone aux frontières.
Cette idée qu'on n'importe pas de produits issus de pays qui ne font pas d'efforts sur le climat, c'est le combat pour la relocalisation,
c'est le combat pour le développement du PME.
Quand je me bats contre l'obsolescence programmée, vous avez tous ces produits électroniques qui sont en fin de vie et que vous êtes obligés de payer pour les renouveler, je me bats pour qu'on baisse la TVA sur la réparation, pour les artisans, pour qu'on ait des artisans en centre-ville. Donc, les écologistes, au Parlement européen, comme à l'échelle locale, sont les premiers alliés des PME. Mais attention, nous avons l'obligation aujourd'hui, pour chaque euro d'argent public dépensé, de s'assurer que ça sert l'emploi, justement. Que ça sert la cohésion sociale et les territoires. Que ça sert l'environnement.
Et le gouvernement, malheureusement, dans ce plan de relance, dans ce plan d'investissement, ne conditionne socialement, écologiquement,
pour qu'un euro d'argent public. Yannick Jadot, vous parlez d'environnement, des sujets qui touchent les écologies. Je voudrais qu'on parle de chasse, David. Oui, absolument. Et puis, juste un dernier mot,
parce que ça touche le concret des Françaises et des Français. J'y arrive sur la chasse. On vous retrouve en pleine forme, Yannick Jadot. Vous n'avez pas changé. C'est-à-dire que... C'est une bonne nouvelle, ça. C'est une bonne nouvelle, ça. C'est une bonne nouvelle, ça. On l'a toujours connu comme ça. Vous avez vu que le président de la République fasse son temps à dire « Je vais changer, je vais me réinventer. » Vous, vous ne changez pas. C'est la réinvention permanente. Vous êtes en meeting. Vous êtes à la télévision en meeting.
Non, non, non. Quand vous avez des convictions, vous changez peu sur vos convictions. C'est ça, la réalité. Mais un sujet essentiel pour les Françaises et les Français, la rénovation thermique de leur logement. Vous voyez. Là, le gouvernement va mettre un milliard par an dans le plan de relance sur deux ans. C'est même pas ce qu'il y avait il y a deux ans. On ne revient même pas au budget qu'il y avait il y a deux ans sacrifié. La Caisse des dépôts qui va mettre une 22 milliards. Et c'est terrible. Et c'est terrible parce que vous avez là les PME, les artisans, qui ont le pied à l'étrier pour, et sur tous nos territoires, y compris des territoires où il n'y a plus d'emploi.
C'est 500 à 600 euros de pouvoir d'achat pour les familles. Eh bien, ce poste-là, pourquoi ce gouvernement n'investit pas pour les artisans, pour les Français, pour les économies d'énergie, eh bien, c'est la triste réalité de la vérité de ce plan de relance sur l'écologie.
Nous avions beaucoup d'autres questions sur ce plan de relance. Vous avez été trop long. Tant pis pour vous. C'est essentiel. La chasse. La chasse. Yannick Jadot. Yannick Jadot. La chasse. Le président de la République a dit qu'il suspendait cette pratique de la chasse à la glu. Ça concerne très peu de monde. De manière plus générale, vous vous dites, la France, en France, il faut que progressivement on sorte complètement de la chasse ?
Je crois qu'à terme, il faudra sortir de la chasse. Vous savez, on est loin de la chasse où tuer un lapin, un lièvre, c'était une nécessité pour se nourrir. la chasse aujourd'hui est très largement un loisir. Et je considère... Et une tradition. Et culturelle aussi. D'accord. Mais il y a plein de traditions. C'est important aussi. Il y a plein de traditions. Il y a plein de traditions. Et c'est pas parce que c'est une tradition que c'est une bonne chose. Vous savez, dans notre pays, traditionnellement, jusqu'après la Seconde Guerre mondiale, les femmes ne votaient pas. Est-ce qu'il fallait maintenir cette tradition ? Non. Non, mais c'était une tradition.
On parle de préservation de culture, de territoire. Beaucoup de nos concitoyens, ils sont attachés. Mais beaucoup de nos concitoyens, pas tant qu'on le dit, ils sont attachés.
Le ministre de l'Agriculture dit que vous ne faites pas de l'écologie, mais de la politique.
Mais c'est incroyable. Le ministre de l'Agriculture qui raconte sur les plateaux qu'heureusement qu'il y a des chasseurs pour tirer les sangliers qui abîment l'agriculture, ce sont les chasseurs qui nourrissent les sangliers un peu partout pour qu'ils se développent. Ce sont les chasseurs qui font venir des sangliers de Pologne, y compris parfois avec un risque de peste. Ce sont ces chasseurs qui font des croisements sur les sangliers, ce qui fait que les sangliers ont beaucoup plus de portée, il y a beaucoup plus de sangliers. La seule chose que je dis, il y a aujourd'hui dans notre pays des chasses terriblement cruelles. Terriblement cruelles.
La chasse à la glu a été suspendue parce que l'Europe l'impose. On a arrêté dans ce pays la chasse au courlissandré parce que le Conseil d'État a rappelé le gouvernement à l'ordre. Il y a des espèces en voie de disparition. Est-ce qu'à un moment donné, la tourterelle des bois et d'autres qui doivent être protégés, qui sont en voie de disparition, est-ce qu'à un moment donné, on peut en faire autre chose qu'un tableau de chasse et rester émerveillé par la nature et le vivant et le respecter ?
On parle des néonicotinoïdes. Ça, c'est un point important parce qu'au moment où il présentait son plan de relance, le gouvernement est revenu un peu en arrière sur les conditions justement d'application de ces néonicotinoïdes. J'y suis arrivé. Il est dur à dire ce mois. Mais est-ce que vous pensez que c'est un vrai recul en arrière ? En même temps, est-ce que c'est vrai que dans les betteraves, les abeilles, elles ne vont pas butiner sur les betteraves et pour cause ?
Est-ce que vous vous estimez que c'était une mesure qu'il fallait prendre au nom de l'emploi, justement puisqu'on parle d'emploi et de souveraineté alimentaire parce qu'on a vu immédiatement l'impact sur les betteraves et le sucre ?
Est-ce qu'il y a une jeunisse qui attaque les betteraves ? Oui. Lié à ce fameux puceron qui attaque les betteraves ? Oui. Est-ce qu'il y a des baisses de récolte ? Oui. De manière très inquiétante. Ça dépend aussi des cultures. Il faut regarder aussi. Mais la réalité est là. Incontestablement. Pour ma part, comme le défendent les syndicats agricoles de la Confédération Paysanne ou du MoDef, je pense que la mesure qu'il fallait prendre et qu'il faut toujours prendre, c'est d'activer le Fonds national sur les risques agricoles pour, justement, pallier la perte de revenus pour les betteraviers. Mais attention. Mais pardon. Mais donc ça veut dire qu'il fallait éteindre.
Non, non, mais c'est pas... Vous vous attaquez
sur le risque de l'emploi. Non, non, c'est... Donc, j'ai de souveraineté alimentaire. Excusez-moi, justement, c'est une question précise que je vous posais et qui concerne ce que vous venez de dire. Est-ce que ça peut être pérenne ? Parce que là, on ne parle pas d'une menace un an, six mois, huit mois. Est-ce que ce Fonds de sauvegarde pour l'emploi, c'est peut-être une solution pérenne ? On ne peut pas l'activer
pendant 20 ans. Non, mais ce qui n'est pas pérenne et ce qui est en train de totalement disparaître, c'est la biodiversité et les abeilles. Mais est-ce qu'il faut qu'il fait les betterapés ? Vous avez bien... Moi, je veux bien que vous envoyiez les questions et après, vous me dites que vous ne répondez pas, vous ne me répondez pas. Donc, je vous ai répondu sur le revenu de nos agriculteurs et sur l'emploi. Deuxièmement, les néonicotinoïdes sont une saloperie pour la biodiversité. C'est interdit en France, c'est interdit au niveau européen.
L'Agence nationale de sécurité environnementale et sanitaire en France, l'Agence européenne de sécurité sanitaire à l'échelle européenne, ont dit qu'on pouvait se passer de néonicotinoïdes pour la betterave. Qu'est-ce qu'ils ont ajouté, Mme Chevrillon ? Oui, la betterave, on va les récolter avant de fleurir. Et je viens de l'Aisne, grand département betteravier qui a vu disparaître une bonne partie de ces sucreries, ce n'est pas lié aux néonicotinoïdes. Mais ce que dit l'EFSA, donc l'Agence européenne, c'est 80 à 98% des produits dangereux d'enrobage des semences liées aux néonicotines. ça reste dans le sol pendant plusieurs années et ça contamine profondément l'environnement.
Vous savez par exemple que si on change les pratiques culturales, on remet des haies, on remet des bandes enherbées, on cultive par exemple de la févrole l'hiver, on réduit, rien qu'avec la févrole l'hiver, on réduit de 30% la présence des pucerons. Ils ont toujours existé ces pucerons, mais c'est cette agriculture intensive qui fait qu'elle est de plus en plus vulnérable. Et pourquoi ? Il ne faut pas me parler de souveraineté alimentaire. Le sucre, on l'exporte très largement. Le sucre, on l'exporte très largement. Si on parle de souveraineté alimentaire, moi j'aimerais qu'on ne dépende pas du soja qui détruit l'Amazonie, mais qu'on cultive les protéines végétales en France.
quand il y a des cultures qui sont trop polluantes, trop impactantes du point de vue de l'environnement qui crée feu d'emploi. Il y a de la betterave bio.
Une ou deux questions politiques avant qu'on passe aux questions plus personnelles parce qu'on est très en retard pour dire la vérité. Est-ce qu'il faut une première chez les Verts ? Est-ce que vous êtes candidat à l'élection présidentielle ?
Vous savez, là, j'ai parlé de la situation de notre pays, de ce plan de relance qui ne le répare pas.
Non, je vous en supplie. Non, mais c'est sérieux. Je ne veux pas des oui de non. Mais pardon, si, c'est des oui de non. Je vous demande s'il faut une première chez les Verts.
Est-ce que vous êtes candidat ? Ma conviction, monsieur, c'est qu'il faut préparer une alternance en 2022. D'accord. Ma conviction, c'est que ce président de la République, avec sa majorité, continue à abîmer ce pays, à le diviser et ne le répare pas. J'entends, mais ce n'est pas ma question,
Yannick Jadot. Est-ce qu'il faut une première chez les Verts ? Est-ce que vous êtes candidat ?
Moi, pour ma part, je vais travailler à ce que cette alternance ait lieu parce que j'ai une conviction. Donc, ça veut dire oui. C'est qu'on peut gagner. Vous êtes candidat. C'est que l'écologie sociale peut battre ce technocratisme et cette extrême droite. Pardon.
L'écologie sociale peut gagner en 2022. Vous nous dites depuis tout à l'heure, vous avez dit en début d'émission, il faut dire les choses, il faut utiliser les bons mots, il ne faut pas faire semblant, il ne faut pas faire circonvolution. Vous savez,
je prendrai mes responsabilités le moment où il faudra déposer des candidatures. Moi, ce dont je suis certain, ce dont je suis certain, c'est que nous pouvons gagner ça, il faut y travailler très sérieusement dès maintenant. Toutes celles et tous ceux qui veulent reporter à très loin la préparation de l'élection présidentielle construisent notre défaite. Je sais qu'on peut gagner.
Avec beaucoup de talent qui émergent, par exemple, Éric Piolle ferait un très bon candidat à l'élection présidentielle. On ne sait pas.
Mais Éric Piolle est un très bon maire, il n'est pas candidat non plus. Vous savez, moi, les petites phrases, les guerres picro-collines chez les écologistes, ça nous a fait beaucoup de mal. beaucoup de mal à l'écologie. Depuis des années, je pense avoir contribué à rendre l'écologie plus responsable, plus apaisée, avec beaucoup d'autres. Eh bien, je ne rentrerai pas là-dedans. Et je ne veux surtout pas qu'on laisse l'écologie qui est en train de recomposer le paysage politique être divisé par un Jean-Luc Mélenchon dont je ne ferai pas offense à son intelligence pour dire Éric Piolle était à la rentrée politique de Jean-Luc Mélenchon.
C'est un sacré roublard d'essayer de nous diviser et d'autres qui veulent s'emparer de l'écologie, il faut qu'on porte notre rappot, il faut qu'on fasse des propositions sur tout ce que vous avez évoqué aujourd'hui. Évidemment, le changement de modèle, il y a une aspiration populaire très profonde à transformer la société et puis, le pacte républicain, la laïcité, les affaires étrangères, tous ces sujets essentiels pour une présidentielle.
Nouvelle tradition dans cette émission, une question un peu plus personnelle maintenant. S'il vous plaît, parce qu'il y a des questions courtes. Est-ce qu'il y a un homme ou une femme politique qui vous inspire en France ou à l'étranger ?
Aujourd'hui ? Oui. Je trouve que la nouvelle ou là j'espère la future vice-présidente américaine, la colistière de Joe Biden et m'apparaît une femme d'envergure est assez exceptionnelle. Surtout que comme je pense que Joe Biden a toutes les qualités certainement pour gagner l'élection mais je ne suis pas sûr qu'il se projette sur deux mandats, je trouve que si cette femme devient présidente des Etats-Unis, ça aura vraiment de la gueule.
Quel est votre meilleur ami en politique ?
Moi, j'ai plein d'amis en politique mais je ne fais pas de la politique. Il n'y a pas quelqu'un qui vous passe un coup de fil le soir ? Je ne fais pas de politique pour avoir des amis, je fais des politiques pour les Françaises et les Français. Est-ce que vous avez
un bouquin à nous conseiller ?
Alors, sur la question de la chasse, M. Ducan, je vous conseille Les Racines du Ciel de Romain Garry. C'est un bouquin absolument magnifique qui explique pourquoi protéger, en l'occurrence, les éléphants en Afrique, c'est protéger notre humanité. Qu'est-ce que vous possédez de plus précieux ? Une famille, une compagne, des enfants.
C'est rigolo
parce que ça fait deux semaines que je pose... C'est pas possédé.
C'est le terme possédé, pareil, pas bon. Vous imaginez bien que la question est posée à dessein. Ça fait deux semaines que je pose cette question et à chaque fois... La semaine dernière, on nous a dit le courage, je crois. Elisabeth Borne, le courage, vous, c'est votre famille. Non, mais c'est un gros mot quand on est politique de dire j'ai une montre que je tiens de mon père que j'adore ou j'ai une belle voiture que j'aime conduire. Écoutez,
j'ai une très belle montre qui a été faite en France et je vous invite à participer comme ça aussi à la relocalisation d'une très belle industrie, l'industrie des montres.
Dites-nous s'il vous plaît quelque chose de surprenant que personne ne sait à votre sujet.
Je l'ai confié à un journal il n'y a pas longtemps, j'adore les westerns. Mais du coup, on le sait déjà. Oui. Qu'est-ce que vous voulez ? J'adore les BD. Est-ce que... Ouais, c'est pas très surprenant. Ah oui, je sais pas, qu'est-ce que vous voulez que je vous dis ? Je vais pas vous confier un truc personnel. La politique, c'est pas simplement une sorte d'exhibitionnisme de sa vie privée ou de choses personnelles. C'est un combat de conviction. C'est un combat, pas tellement, je crois pas, non. Non ? Peut-être mes adversaires me donnent un surnom, mais dans ma famille ou dans mes amis, non. Et dernière question, où est-ce que vous serez dans deux ans, Yannick Jadot ?
Dans deux ans, exactement, ça sera quelle date ? On sera au même moment, c'est-à-dire début septembre 2022. Septembre 2022 ? Donc après,
écoutez, j'espère que je participerai avec d'autres, des femmes et des hommes de conviction, à redonner de l'enthousiasme, à redonner un projet partagé à notre pays qu'on a tellement besoin. De la protection, de l'enthousiasme et un avenir pour nos enfants.
Merci Yannick Jadot d'avoir été invité de BFM Politique aujourd'hui. Merci Edwige, merci beaucoup David. On se retrouve la semaine prochaine. Restez avec nous sur BFM TV. Moi, je vous retrouve à 18h. A tout à l'heure. Merci.
Yannick Jadot