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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 10 décembre 2015 10 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsEurope & international

Florian Philippot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Donald Trump qui voudrait interdire l'entrée des Etats-Unis à tous les musulmans. Vous le prenez au sérieux ou il raconte n'importe quoi ?

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Marion Maréchal Le Pen, les musulmans ne peuvent en France avoir le même rang que les chrétiens.

  • 3:17OuverteRéponse directe

    La laïcité intransigeante passe-t-elle par le maintien du Concordat en Alsace et Moselle ?

  • 3:42OuverteRéponse directe

    Vous considérez ça comme une anomalie ?

  • 6:14RelanceRéponse partielle

    Toutes les mesures de renforcement du renseignement au Front National, Florian Philippot ?

  • 6:42RelanceRéponse directe

    Mais toutes les mesures de renseignement depuis janvier, vous y êtes opposé.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « Non, là pour le coup il raconte n'importe quoi, je crois qu'il est en campagne à la recherche de buzz. »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « Je crois que quand M. Valls, hier, fait lui-même la confusion en faisant croire qu'on combat les français musulmans lorsqu'on combat le fondamentalisme islamiste, je ne sais pas qu'elle... »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « On combat le fondamentalisme islamiste. C'est ce combat que vous ne menez pas, que vous ne menez pas, alors qu'il a tué 130 personnes il n'y a pas si longtemps. »
  • 2:25Invité politiqueFait
    « Le programme du Front National, il ne fait aucune distinction entre les français. »
  • 2:31Invité politiqueFait
    « Il y a même de plus en plus de compatriotes musulmans qui votent Front National parce qu'eux-mêmes, comme les autres français, ont besoin qu'on rétablisse l'ordre. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Le Concordat, ça fait des dizaines d'années qu'il est dans la République française pour le Haut-Rhin, le Barin et la Moselle, et j'y tiens, et je le protégerai, et je le défendrai tel quel. »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « Je ne suis pas pour l'intégration de l'islam, ni d'aucune autre religion d'ailleurs au Concordat. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « Quand on voit ce qui se passe à Molenbeek, quand on voit le communautarisme énorme, le fondamentalisme énorme en Belgique, je pense que ce n'est pas un modèle vers lequel on doit aller. »
  • 4:37Invité politiqueFait
    « Je demande par exemple qu'on interdise les signes religieux ostensibles dans le voile, bien sûr, dans l'université ou dans les crèches. »
  • 6:20Invité politiqueChiffre
    « Nicolas Sarkozy, 54 000 militaires en moins ? »
  • 7:27Invité politiqueChiffre
    « Il faut les renforcer, les outiller et les concentrer sur ces 20 000 fichés S, dont 10 500 pour radicalisation islamiste. »
  • 9:19Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, il y aura 169 élus dont le conseil régional, c'est beaucoup trop. Un tiers de cela suffirait. »

Temps de parole

  • Florian Philippot74 %
  • Présentateur26 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Florian Philippot, vous nous parlez ce matin depuis Metz, c'est les studios de France Bleu. Lorraine, je rebondis juste un instant sur la chronique de Bernard Guetta, Donald Trump qui voudrait interdire l'entrée des Etats-Unis à tous les musulmans. Vous le prenez au sérieux et il correspond à votre idéal politique ou il raconte n'importe quoi ?

0:23
Florian Philippot

Non, là pour le coup il raconte n'importe quoi, je crois qu'il est en campagne à la recherche de buzz. On connaît ça aussi de temps en temps dans d'autres pays comme en France.

Mais moi je n'ai jamais fait la confusion et je crois que nous sommes très nombreux en France à ne pas la faire entre les français musulmans, nos compatriotes musulmans qui travaillent, qui sont dans la société comme tout le monde, qui respectent la loi, qui ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres et dont on se moque un peu de savoir quelle est leur religion d'ailleurs, puisque moi comme responsable politique je ne vois que des citoyens français, et le fondamentalisme islamiste qui lui doit être combattu. Mais il ne faut pas oublier de le combattre, voilà.

Et ce combat-là, j'estime qu'il doit être mené de manière impitoyable et que ça n'a strictement rien à voir avec une confusion qui serait menée avec nos compatriotes musulmans. Je crois que quand M. Valls, hier, fait lui-même la confusion en faisant croire qu'on combat les français musulmans lorsqu'on combat le fondamentalisme islamiste, je ne sais pas qu'elle... Il a dit ça ? Ah bah écoutez, quand il dit, quand certains s'en prennent à l'islam, je crois qu'il parlait du Front National. On a compris, puisqu'on était à quelques jours des élections, donc il nous ressort toujours son petit couplet, son petit cinéma hystérique...

1:36
Présentateur

Ah oui, mais peut-être pensait-il à Marion Maréchal Le Pen et à ses déclarations, Florian Villippo.

1:41
Florian Philippot

Et à ce moment-là, il nous dit que vous combattez les français musulmans. Non, non, M. Valls, vous-même vous faites la confusion. On combat le fondamentalisme islamiste. C'est ce combat que vous ne menez pas, que vous ne menez pas, alors qu'il a tué 130 personnes il n'y a pas si longtemps. Peut-être que vous ne le menez pas parce que vous êtes obsédé par les résultats électoraux de dimanche prochain. Mais vous êtes chef de gouvernement et vous avez donc des responsabilités.

2:02
Présentateur

Marion Maréchal Le Pen, les musulmans ne peuvent en France avoir le même rang que les chrétiens. Voilà, c'est une déclaration qu'elle a faite en meeting juste avant le premier tour.

2:13
Florian Philippot

Oui, je crois qu'elle est revenue sur ses propos qu'elle a voulu expliciter par un communiqué de presse.

2:17
Présentateur

Ah, je ne crois pas qu'elle soit revenue sur ses propos ?

2:20
Florian Philippot

Si, je crois qu'elle a fait un communiqué d'explication. Mais pour le coup, moi je sais ce que je dis. Je sais ce qu'est le programme du Front National. Et le programme du Front National, il ne fait aucune distinction entre les français. Et rendez-vous compte même, je crois que ça a horrifié quelques observateurs, mais il y a même de plus en plus de compatriotes musulmans qui votent Front National parce qu'eux-mêmes, comme les autres français, ont besoin qu'on rétablisse l'ordre, qu'on lutte contre le laxisme, qu'on lutte contre le fondamentalisme islamiste et même que la laïcité intransigeante les protège des radicalités de l'islamisme. Voilà.

Alors moi, je pense que nous avons notre part à prendre comme candidat au régional dans cette lutte contre le fondamentalisme islamiste, que l'essentiel du combat, bien sûr, doit être mené par l'État parce que c'est lui qui a les outils principaux, mais que ce combat aujourd'hui, il n'est plus mené. Il n'est pas mené parce que nous avons un gouvernement qui est tout tourné vers les élections régionales, vers la tambouille politicienne, avec l'UMP d'ailleurs, l'UDI, tout cela, ça fait de la tambouille politicienne, mais ça ne s'occupe plus de la France, ça ne s'occupe plus des problèmes réels des français.

3:17
Présentateur

La laïcité intransigeante, avez-vous dit Florian Philippot, elle passe, à votre avis, par le maintien du Concordat en Alsace et Moselle ? C'est fait partie de votre programme. On peut être champion de la laïcité et vouloir le maintien du Concordat ?

3:32
Florian Philippot

Mais écoutez, vous savez, aujourd'hui, le Concordat, ça fait des dizaines d'années qu'il est dans la République française pour le Haut-Rhin, le Barin et la Moselle, et j'y tiens, et je le protégerai, et je le défendrai tel quel.

3:42
Présentateur

Vous considérez ça comme une anomalie ? Je rappelle que ça permet à les curés, des prêtres, des rabbins d'être rétribués par l'État.

3:46
Florian Philippot

Ça devrait être considéré comme une anomalie si ça posait des problèmes. Mais aujourd'hui, le problème pour la laïcité en France, il ne vient pas, excusez-moi, du Concordat, dans le Haut-Rhin, le Barin et en Moselle.

3:55
Présentateur

Non, mais si vous vous présentez comme un laïc intransigeant, on peut estimer que le Concordat devrait être revenu, ou intégré l'islam qui n'était pas présent au moment, évidemment, de la loi de séparation de l'Église et de l'État il y a 110 ans.

4:08
Florian Philippot

Je ne suis pas pour l'intégration de l'islam, ni d'aucune autre religion d'ailleurs au Concordat. Voilà, je vous souviens qu'un pays a fait cela, c'est-à-dire de subventionner, financer tous les cultes, c'est la Belgique. Franchement, le résultat n'est pas terrible. Quand on voit ce qui se passe à Molenbeek, quand on voit le communautarisme énorme, le fondamentalisme énorme en Belgique, je pense que ce n'est pas un modèle vers lequel on doit aller. Non, non, le Concordat, je le défendrai parce qu'il est menacé par cette fusion des régions Alsace-Champagne-Indienne-Lorraine que moi j'ai combattu et qui a été imposée aussi par l'UMPS, il y a un risque de dilution.

Mais aujourd'hui, les problèmes pour la laïcité, oui, je suis intransigeant sur ce sujet-là. Je demande par exemple qu'on interdise les signes religieux ostensibles dans le voile, bien sûr, dans l'université ou dans les crèches. Et je m'étonne que ce ne soit toujours pas fait, alors que ce serait un beau message de la République que de dire, moi je lutte en tant que République française contre le communautarisme pour la laïcité. Mais le gouvernement, encore une fois, et l'UMP ont d'autres chats à fouetter. Je crois qu'ils ont d'autres choses à faire.

Ils sont entièrement tournés vers les élections et les petits accords entre eux, les petits retraits, les petites fusions, tout ça est assez triste. Moi, je parle des élections parce que je suis candidat, mais avec des propositions concrètes et un projet. Je veux dire, c'est tout à fait différent. Eux parlent de quoi ? Eux vous parlent d'accords entre listes, etc.

5:17
Présentateur

C'est leur problème, c'est leur tambouille. Pendant que vous parliez, j'ai tenté de chercher un communiqué de Marion Maréchal-Le Pen. Je n'ai pas trouvé de démenti très net à ses propos qu'elle a quand même développé dans son discours. C'était lors d'un meeting, je crois, à Toulon.

5:32
Florian Philippot

Les musulmans ne peuvent être vraiment français que sous conditions. Les musulmans ne peuvent être vraiment français que sous conditions. J'assume, j'aurais pas dit des choses comme elles, c'est tout.

5:40
Présentateur

Non, mais il ne s'agit pas de formulation, il s'agit de principe. Est-ce que les musulmans sont vraiment des français comme les autres ou pas ? Bien sûr, bien sûr.

5:47
Florian Philippot

Je lui dis bien sûr. Je n'ai jamais dit l'inverse. Les fonds nationales ne disent pas l'inverse. Par contre, ça ne doit pas empêcher ce discours-là, ne doit pas stériliser la lutte contre le fondamentalisme islamiste. Est-ce que je rappelle que ce fondamentalisme a tué 130 de nos compatriotes il y a moins d'un mois ? Et qu'aujourd'hui, je ne vois plus grand-chose qui est mené. J'attends toujours la fermeture des mosquées radicales. On en a fermé deux, trois, c'est ça ? Il y en a une centaine en France, au moins, selon le ministère de l'Intérieur, peut-être même un peu plus.

Qu'est-ce qu'on fait en matière de renforcement des moyens du renseignement réel, de la police, de la gendarmerie, de l'armée, détruite par Nicolas Sarkozy, 54 000 militaires en moins ?

6:22
Présentateur

Toutes les mesures de renforcement du renseignement au Front National, Florian Philippe ?

6:27
Florian Philippot

Non, c'est faux. On a lutté contre l'austérité qui a supprimé 15% des effectifs du renseignement sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Vous êtes opposé à la loi renseignement ? On s'est opposé à la suppression des RG aussi qui a complètement désorganisé le renseignement en France. C'était aussi sous Nicolas Sarkozy,

6:40
Présentateur

ça n'a pas été rétabli par Hollande. Mais toutes les mesures de renseignement depuis janvier, vous y êtes opposé. Et au nom aussi de...

6:47
Florian Philippot

Ah, si vous parlez de la loi renseignement, oui !

6:50
Présentateur

Et au nom aussi d'un principe de liberté, liberté totale et absolue sur Internet, c'est votre position ?

6:55
Florian Philippot

Non, application des lois. Application des lois comme les autres lois sur Internet. Vous n'avez pas le droit d'appeler au meurtre ou la diffamation ?

7:03
Présentateur

Vous êtes contre la fermeture des sites djihadistes, par exemple ?

7:06
Florian Philippot

Non, mais s'ils sont illégaux, si, bien sûr que si. Mais je pense que la loi... Vous savez, la loi renseignement, c'est tout à fait autre chose. Ne faites pas croire aux éditeurs que c'est ça. Ce n'est pas ça la loi renseignement. La loi renseignement, c'est de mettre en place des balises. On peut capter sans contrôle judiciaire les textos de tout le monde, les mails de tout le monde. Vous pensez que c'est efficace ? Je pense que ça dilue les moyens du renseignement. Qu'il faut les renforcer, les outiller et les concentrer sur ces 20 000 fichés S, dont 10 500 pour radicalisation islamiste.

Ça serait beaucoup plus efficace, ainsi que de retrouver de vrais contrôles aux frontières, des contrôles d'ailleurs intelligents avec des passes pour les travailleurs frontaliers et de mettre en place de vrais moyens pour l'armée, la police, la gendarmerie, les douanes, ceux qui ne sont pas mis en place aujourd'hui.

7:46
Présentateur

Un dernier mot, Florian Philippot, avant la revue de presse et puis aussi avant les questions des auditeurs d'Inter tout à l'heure. Vous avez grandi dans le Nord, vous envisagiez un moment de vous présenter aux élections, vous habitez Paris, vous êtes candidat dans l'Est où vous vous installerez en cas de victoire dimanche prochain ?

8:03
Florian Philippot

Je serai, vous savez, j'ai souhaité mettre le siège du conseil régional à Metz, parce que ça me semble très central, de me battre pour que la préfecture de région soit à Chalons, pour ne pas oublier la Champagne-Ardenne, ce serait un beau geste de l'État, et de renforcer Strasbourg comme capitale économique, capitale de l'innovation économique, il y a beaucoup à faire. Mais donc je serai entre Metz essentiellement, Paris, parce qu'il y a des combats à mener, Strasbourg et Bruxelles, où je suis déjà comme parlementaire européen. Et Strasbourg, ça tombe très bien, c'est dans ma grande région. Bon, eh bien, on souhaite un...

8:32
Présentateur

Il faut mener tous les combats. Un bon abonnement, grand voyageur. Florian Philippot...

8:36
Florian Philippot

Vous savez, si on ne mène pas les combats aujourd'hui, quand on est un responsable politique et un grand élu local, comme un président de conseil régional d'une grande région, je crois qu'on n'est pas à la hauteur de la fonction. Il y a des choses à aller voir au gouvernement, il y a des choses à aller voir à Bruxelles, malheureusement, qui contrôlent beaucoup, et se battent, par exemple, ça aurait pu empêcher la fusion des régions. Mais les présidents sortant d'Alsace et de Lorraine n'ont pas su l'empêcher.

8:54
Présentateur

Ah oui, vous voulez démanteler la région dont vous briquez la présidence, en fait.

9:01
Florian Philippot

Mais là, elle existe, cette fusion, donc moi, je ne pourrais pas la bouger en tant que président du conseil régional.

9:05
Présentateur

Je la gérerai dans l'équité et la justice. Vous dites qu'il faut en finir avec la fusion imposée de cette région.

9:13
Florian Philippot

Si nous revenons au pouvoir national, nous reviendrons aux anciennes régions territorialement, mais avec beaucoup moins d'élus qu'avant. Il y en a beaucoup trop, on n'a pas besoin. Aujourd'hui, il y aura 169 élus dont le conseil régional, c'est beaucoup trop. Un tiers de cela suffirait. Et aussi, avec suppression de structures par administratives qui ne servent pas à grand-chose, réduction forte, comme les conseils économiques et sociaux régionaux, par exemple. Je pense que... Mais ça, ça peut se décider au niveau national. Là, au niveau régional, la fusion existe.

Je la gérerai dans l'équité en utilisant le service public pour qu'aucun département, notamment dans la ruralité ou dans les petites communes, les communes moyennes, ne soit abandonnée. Ça me semble être une vision juste des choses.

9:48
Présentateur

Florian Philippot, invité de France Inter ce matin, on vous retrouve dans quelques minutes après la revue de presse qui arrive dans une minute.

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