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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 12 janvier 2026 26 min

Yannick Jadot : « Le Mercosur est un accord du XXème siècle qui poursuit le dérèglement climatique »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Yannick Jadot, merci beaucoup d'être notre invité ce matin, sénateur écologiste de Paris, ancien candidat à la présidentielle. On va montrer votre livre Climat, la drôle de guerre. Sommes-nous condamnés à une France caniculaire dirigée par l'extrême droite ? On va en parler avec Stéphane Vernet. Bonjour Stéphane, merci beaucoup d'être avec nous Stéphane de West France qui représente la presse quotidienne régionale. Bonne année à vous Yannick Jadot. On va commencer en parlant de la crise agricole et des agriculteurs qui maintiennent la pression, notamment sur le Mercosur.

Ursula von der Leyen qui confirme qu'elle signera bien l'accord samedi malgré l'opposition de la France. De qui est-ce l'échec pour la France, cette signature du Mercosur ?

0:52
Yannick Jadot

C'est d'abord l'échec pour l'Union Européenne en fait. Quel est le modèle que veut porter l'Union Européenne ? Est-ce que c'est un modèle où on continue à détruire l'Amazonie ? Vous savez que l'Amazonie est dans un point de bascule, c'est-à-dire que c'est le premier poumon terrestre de la planète avec un front pionnier sur le soja, le bœuf, dans le Cerrado, dans l'Amazonie qui est absolument dramatique et donc cet accord va contribuer à renforcer la destruction de l'Amazonie liée à la production de soja, de bœuf, d'éthanol. C'est aussi l'échec d'une capacité à créer avec l'Amérique du Sud, avec les pays du Mercosur, une relation politique et commerciale du XXIe siècle.

Cet accord, il date de 1999, il a été lancé en 1999. Depuis, en France, il y a 200 000 fermes qui ont été abandonnées, qui ont disparu. Il y a l'équivalent du Portugal et de l'Espagne en surface qui a été détruit dans l'Amazonie. Et donc, au fond, on est encore dans une logique où on est dans les accords de commerce du XXe siècle, des accords de commerce qui, au fond, du point de vue économique, rapportent pas grand-chose. Les estimations, c'est 0,05% du PIB en 2040.

Mais dans une logique, encore une fois, qui renforce la mondialisation du dérèglement climatique, de la disparition des paysans, de l'effondrement de la biodiversité, de la malbouffe, et qui ne nous protège ni du point de vue énergétique, ni du point de vue industriel, ni du point de vue agricole en termes de souveraineté.

2:35
Invité

– Alors, vous avez qualifié cet accord d'accord d'inosaure. Pour vous, il ne présente aucun avantage pour l'économie. Vous l'avez dit, 0,05% de croissance d'ici 2040. Mais pourtant, il y a quand même certaines filières, y compris agricoles en France, qui peuvent en profiter. Je pense à la viticulture, le lait.

2:51
Yannick Jadot

– Pourquoi est-ce que les Français et l'opinion publique, dans beaucoup de pays européens, sont remontés contre cet accord ? Parce qu'en fait, on ne veut pas voir nos fermes, et notamment les plus petits des paysans, disparaître. Le bénéfice qu'auraient les Européens en matière, par exemple, laitiers, c'est d'exporter de la poudre de lait. Qui va supporter le coût de nos exportations de la poudre de lait, notamment au Brésil ? Le lait au Brésil, ce n'est pas du tout la production de bœuf. La production de bœuf est très industrielle, avec des cheptels gigantesques, dans des conditions dramatiques. Le lait au Brésil, c'est les petites fermes familiales, en fait.

Et donc, exporter le bénéfice que nous aurions, c'est la disparition des petits paysans familiaux brésiliens qui produisent le lait et qui rejoindraient les favelas. C'est ça qu'on veut. En fait, ce qu'on ne veut pas pour nous, on trouve que c'est intéressant de le faire aux autres. De la même façon, en fait, c'est un accord, on l'a souvent dit, voiture, allemande, bœuf, brésilien. Qu'est-ce qu'on veut faire, nous, pour notre industrie automobile ? Pour notre industrie automobile, on veut aujourd'hui essayer de relocaliser, protéger nos usines et autour de l'électrification, encore une fois, réindustrialiser, relocaliser notre industrie automobile.

Ce qu'on gagne dans cet accord, effectivement, si c'était considéré comme un gain, c'est, au fond, d'empêcher que la production automobile en Amérique du Sud se fasse localement. Aujourd'hui, dans le système des pays du Mercosur, si vous voulez vendre beaucoup de voitures dans les pays du Mercosur, il faut produire localement. Ce n'est pas idiot, c'est ce qu'on veut faire pour l'Union européenne. Et ce que nous gagnons, c'est, au fond, de casser cette dynamique d'industrialisation chez eux comme d'industrialisation chez nous. Et enfin, vous avez dans cet accord un mécanisme qu'on appelle mécanisme de rééquilibrage.

Le nom est Tapscon, mais ça veut dire que dans cet accord, si, par exemple, nous appliquons les clauses de sauvegarde qui sont censées protéger le secteur agricole en cas d'augmentation très forte de nos importations agricoles des pays du Mercosur, ou si nous imposons des restrictions aux échanges parce qu'ils ont des produits qui contiennent des pesticides qui sont interdits chez nous, il va falloir compenser financièrement les pays du Mercosur pour la protection de l'environnement, de la santé ou de nos filières. Donc, encore une fois, c'est un accord qui est totalement déconnecté des impératifs du monde d'aujourd'hui.

5:17
Présentateur

Mais est-ce que la partie est perdue ? Vous étiez parlementaire européen, il y a encore quelques mois. Yannick Jadot-Jordan, Bardella, il veut déposer une motion de censure au Parlement européen contre la Commission. Est-ce que les parlementaires européens, notamment les écologistes, doivent la soutenir ?

5:29
Yannick Jadot

L'urgence absolue, puisque la cession de Strasbourg, c'est la semaine prochaine, c'est le vote pour la saisie de la Cour européenne de justice. C'est ça qui compte. Le bazar de Bardella, qui, au fond, connaît très mal les procédures européennes, vu le peu de temps qu'il y passe, ça ne sert à rien. L'impératif, si on veut protéger nos filières, c'est que le Parlement européen votent cette saisie de la Cour de justice de l'Union européenne qui suspendraient la ratification de l'accord. Et donc, il faut, ça va se jouer à quelques voix, parce qu'en fait, là, on est au-delà du contenu de l'accord. On est même sur des principes juridiques.

Vous savez que la Commission européenne contourne la démocratie des paiements, puisque ce n'est pas seulement un accord commercial. L'accord avec le Mercosur, c'est un accord politique. Quand c'est strictement commercial, c'est une compétence européenne, donc ça ne relève que des institutions européennes. Quand c'est aussi un accord politique, ça relève de la ratification des parlements nationaux. Et la Commission européenne contourne la ratification des parlements nationaux. Et pour ça, il va falloir que tout le monde s'y mette, parce que le groupe écologiste au Parlement européen, il vote contre.

Mais quand j'entends Bruno Retailleau menacer le gouvernement, le président de la République, en cas de ratification du Mercosur, mais qu'il aille faire le boulot, moi, j'attends que M. Retailleau, il soit au sein du groupe de la droite au Parlement européen, pour les convaincre de ne pas voter. Parce que c'est bien la droite qui soutient cet accord. Et de la même façon, pardon, mais Olivier Faure, il faudrait qu'il aille voir ses collègues allemands et espagnols qui soutiennent l'accord de la même façon, M. Attal devrait aller voir.

Donc, si vous voulez, les leçons sur, y compris le président de la République qui n'a pas fait le boulot, et je confirme, il n'a pas fait le boulot, mais chacun doit prendre sa part pour convaincre sa famille politique de saisir au moins la Cour de justice.

7:36
Invité

– C'est vrai aussi des syndicats agricoles, en fait, au lieu de mettre la pression sur le gouvernement et sur les politiques français qui, de manière quasi unanime, sont contre le merveilleux. – Bien sûr. – Ils n'avaient pas intérêt, plutôt, à aller voir leurs homologues des autres pays européens. – Ils le font. – Ils le font, mais ils ne l'ont pas fait suffisamment. Par exemple, l'Italie a fait défaut au dernier moment. Il n'y avait pas moyen, en fait, de créer une espèce de pression internationale, intersyndicale, au-delà des politiques, en Europe.

8:01
Yannick Jadot

– Écoutez, il y a eu des manifestations régulières à Bruxelles et à Strasbourg. – Non, mais évidemment, là où vous avez raison, c'est qu'il y a de l'ambiguïté du point de vue de certains syndicats agricoles. C'est-à-dire que, par exemple, la FNSEA, non, la FNSEA, par exemple, va dire il faut absolument interdire les importations du Mercosur parce que nous voulons protéger la santé et l'environnement. Et ils soutiennent au Parlement français la loi Duplon, par exemple, qui vise à casser la protection de l'environnement et de la santé. Moi, je n'ai pas entendu les syndicats agricoles.

Vous savez que Mme Gennevard, ministre de l'Agriculture, souhaite interdire un certain nombre de produits goyaves, pas goyaves, avocats, mangue, papayes, venant d'Amérique du Sud et qui contiennent des résidus de pesticides interdits en France. La moitié de ces pesticides interdits, c'est nous qui les exportons. Vous vous rendez compte que la France exporte 6600 tonnes de pesticides interdits dans notre pays et nous les exportons largement au Brésil. C'est-à-dire qu'il y a une sorte de cynisme absolu qui veut dire que ces pesticides sont dangereux pour la santé et l'environnement.

Il faut protéger les citoyens et les agriculteurs de ces pesticides, mais nous les produisons et nous les exportons. Donc un peu de cohérence ne ferait pas de mal.

9:23
Présentateur

Juste un dernier mot sur ce que doit faire la France, puisque le Sénat avait voté pour que le gouvernement saisisse la justice européenne. dans un entretien à Ouest-France ce week-end, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, dit que la France ne saisira pas la Cour de justice de l'UE, que c'est au parlementaire européen de le faire. Vous le regrettez ?

9:38
Yannick Jadot

Oui, vous savez, sur le CETA, la Wallonie avait saisi la Cour de... Parce qu'en Belgique, il faut que les trois régions valident l'accord. Je regrette, je regrette. Après, si vous voulez, la France est très isolée. La France est très isolée, y compris parce que le président de la République a été régulièrement très ambigu sur l'accord. Moi, je me souviens, en 2018, quand la Commission européenne a remis cet accord, qui était totalement dans les placards sur l'agenda européen, le président de la République, au Salon de l'agriculture, avec la filière bovine, avait dit « Écoutez, acceptez les importations de bœuf brésilien, je vous ouvrirai des débouchés sur la Chine.

» Est-ce que vous pensez que l'agriculture qu'on aime, l'agriculture paysanne, l'agriculture des estives, l'agriculture de la bonne bouffe, est-ce que vous pensez qu'elle va résister aux importations du Mercosur pour tenter d'être compétitive sur le marché chinois ? Tout ça est une aberration, encore une fois, c'est la mondialisation de la disparition des paysans, de la malbouffe et de l'effondrement de la biodiversité.

10:50
Invité

Ce que dit surtout Jean-Noël Barraud dans Ouest-France, c'est que seule la saisine de la Cour… Par le Parlement est suspensif. Voilà. Et vous avez parfaitement raison. Mais il est d'accord avec vous, en fait. Ça, c'est vrai. Il faut que ce soit le Parlement qui fasse la délire.

11:01
Yannick Jadot

Mais ça n'empêche pas la France d'envoyer le signal, encore une fois, mais nous sommes face à une commission qui, sur ce sujet-là, est parfaitement cynique, comme elle est lâche et cupide vis-à-vis de Donald Trump ou des Iraniens, des Iraniennes aujourd'hui.

11:18
Invité

Juste pour terminer et faire la transition avec le sujet suivant, on aura deux motions de censure qui seront examinées à l'Assemblée mercredi, qui sont deux motions de censure qui ont été déposées pour faire tomber le gouvernement parce que, sous fond de Mercosur, à quoi ça servirait aujourd'hui que le gouvernement français tombe ?

11:31
Yannick Jadot

Écoutez, moi je ne soutiens pas ces motions de censure. Vous savez, ça fait 20 ans, même plus que ça, avant que je sois parlementaire européen, je me suis toujours battu contre une certaine mondialisation, notamment ce libre-échange aux services, non pas d'époque, mais d'un certain nombre de secteurs industriels prédateurs. Donc là-dessus, je n'ai pas de leçon à recevoir de mobilisation. Donc je ne soutiens pas l'émotion de censure.

11:57
Présentateur

Est-ce que les députés écologistes vont le voter ?

11:57
Yannick Jadot

Écoutez, ils vont se réunir aujourd'hui, ils vont en décider aujourd'hui. Pour ma part, je considère que ce n'est pas ce gouvernement-là, en plein débat budgétaire, on a suffisamment de sujets très lourds et à tenter un peu de stabiliser politiquement, y compris notre pays, notre paysage politique dans le pays. Le budget, c'est suffisamment lourd. Je pense qu'il faut arrêter les diversions.

12:27
Présentateur

Donc ce serait une erreur si les députés écologistes la votaient ?

12:28
Yannick Jadot

Écoutez, je ne dis pas que c'est une erreur.

12:30
Invité

Moi, je pense qu'il ne faut pas la voter. Et le budget, qui arrive en séance publique à l'Assemblée de mardi, est-ce qu'il a une chance d'aboutir, d'atterrir en seconde lecture ? Autrement dit, est-ce qu'à un moment donné, il faudra en passer par un 49-3 ?

12:43
Yannick Jadot

Je crois. Vous savez, moi, j'ai soutenu l'abandon du 49-3 parce que c'était la condition pour qu'on relance le parlementarisme dans notre pays. La défiance entre les gouvernements dont on connaît les conditions de nomination et l'Assemblée nationale était telle qu'il fallait abandonner le 49-3 pour remettre le parlementarisme. Mais le parlementarisme, il ne fonctionne pas avec 2500 amendements par texte. Ça, ça ne fonctionne pas. Il faut qu'il y ait des accords. Il faut qu'il y ait une entente entre les différents groupes sur les équilibres. C'est ce que j'ai souhaité. C'est ce qu'on a à peu près réussi à faire pour le PLFSS. C'est ce que je... Enfin, le budget de la Sécu.

C'est ce que j'espérais pour le budget de l'État. Bon, c'est incontestablement plus compliqué. Aujourd'hui, est-ce qu'il faut utiliser un 49-3 pour s'en sortir si c'est la condition nécessaire ? Allons-y. Ce que j'aimerais, c'est qu'y compris les écologistes se mettent en situation de discuter des conditions d'une non-censure. Qu'est-ce qu'on obtient sur les recettes ? Parce que c'est quand même d'abord un enjeu de recettes. Et qu'est-ce qu'on obtient sur des sujets de préoccupation essentielle des Françaises et des Français ? La protection de la santé ? La sécurité, évidemment. Le logement ? Qu'est-ce qu'on fait sur l'agriculture ?

Pour que ce modèle change et que la colère des agricultes, des paysans s'éteignent parce qu'enfin, on s'occupe de leurs revenus, qu'est-ce qu'on fait sur l'école où on voit bien qu'aujourd'hui, ça reste extrêmement compliqué ?

14:10
Présentateur

Mais est-ce que les écologistes pourraient s'abstenir sur le budget ?

14:13
Yannick Jadot

Ah non, sur le budget, ce n'est pas possible. Je pense que même les socialistes ne s'absteniront pas sur le budget. Parce qu'on est quand même parti. Il faut se remettre dans le contexte. Là, on parle de la copie du Sénat. La copie du Sénat, c'est une copie absolument radicalisée. Ici, la droite sénatoriale n'a voulu faire aucun compromis. Tout ce qu'on avait gagné en fiscalité sur les entreprises qui font des dividendes, qui donnent des dividendes en veux-tu, en voilà, sur les plus grandes fortunes, tout ça a été raboté, tout ça a été remis en cause, stoppé par le Sénat pour aller faire des économies sur les plus fragiles d'entre nous.

Donc, ce point de départ du débat parlementaire à l'Assemblée, il va être extrêmement compliqué. Ça ne peut pas être réamendé à votre sens, en fait, pendant le mondial ? On va tenter. On va tenter. Mais là, j'ai l'impression…

15:08
Présentateur

Mais est-ce que pour vous, le Sénat doit rediscuter encore du budget ou faire comme il l'a fait sur le budget de la Sénat ? Le problème, c'est que si vous voulez,

15:13
Yannick Jadot

la droite sénatoriale a été au pouvoir après la dissolution et les élections de juillet 2024. Ils ont, encore une fois, donné la ligne au pouvoir. Et puis là, ils sont dans une forme de revanche avec le départ de Bruno Rotaillot, mais il y en a qui restent. Ils ont toujours détesté les macronistes et Macron. Donc, là-dessus, ça, ça ne bouge pas. Et donc là, au fond, ils se sont dit que ça va se jouer à l'Assemblée. Donc, on va, encore une fois, avoir une version extrêmement radicalisée, antisociale, anti-écolo. Et à mon avis, ça n'est pas responsable. Je pense que le Sénat a perdu l'opportunité de montrer que ça pouvait être une chambre de compromis, ce que la droite sénatoriale a refusé.

15:58
Invité

– Qu'est-ce que vous pensez de la menace de dissolution brandie par l'exécutif ce week-end en disant… Parce qu'en gros, elle n'est pas sur le Mercosur, elle est sur le budget, en disant si il y a censure au moment du budget, on dissoudra l'Assemblée nationale et on organisera des législatives en même temps que les municipales. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

16:16
Yannick Jadot

– Tout le monde connaît la situation politique. Je pense que ce coup de pression n'était pas nécessaire de la part du Premier ministre. On sait l'ambiguïté du Président de la République vis-à-vis de la dissolution, y compris de l'arrivée au pouvoir du RN. Vos collègues ont quand même parfaitement documenté qu'en juillet 2024, le Président de la République souhaitait la victoire du Rassemblement national. Pour un Président élu deux fois contre le Rassemblement national, c'est quand même une triste ironie politique. Et on sait que potentiellement, il envisage de se représenter en 2032, mais qu'il considère que pour ça, vaut mieux que ce soit le RN qui gagne en 2027.

Bon, tout ça est affligeant. Affligeant au regard des enjeux pour notre pays, pour l'Europe et pour le monde. Donc, ce coup de pression du Premier ministre, que je ne crois pas être sur cette ligne-là, est inutile.

17:05
Invité

Et on est d'accord pour dire que des municipales et des législatifs qui auraient lieu le même jour, potentiellement, c'est une prime au vote protestataire, contestataire, et donc à l'extrême-droite ? C'est de toute façon,

17:17
Yannick Jadot

toute élection précipitée qui n'abordera pas les préoccupations des Françaises et des Français, c'est une prime à l'extrême-droite. Puisqu'on sait que le programme de l'extrême-droite est totalement inepte, indigne, que leur seul sujet, c'est de pointer du doigt les étrangers, l'étranger essentialisé, qu'il soit effectivement étranger ou parce qu'il n'y a pas la bonne couleur de peau, la bonne religion. Donc, en fait, tout débat de fond est toujours une mauvaise nouvelle pour l'extrême-droite. Et puis, franchement, les élus locaux sont les élus qui restent dans le cœur des Françaises et des Français.

faire les législatives en même temps que les municipales, c'est tuer les enjeux des municipales, c'est tuer la résolution des problèmes du quotidien à l'échelle des communes. Et ça, ce serait une faute politique majeure.

18:12
Présentateur

Et justement, on va parler des municipales, notamment à Paris, vous êtes opposé, vous, à tout...

18:17
Yannick Jadot

Un mot quand même, si vous me permettez, sur l'Iran, parce que j'ai entendu votre débat avant. Là encore, l'acheté et impuissance de l'Union européenne, il y a une chose à faire pour aider les démocrates et les laïcs iraniennes, iraniens, c'est de mettre le corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. Parce qu'en fait, les gardiens de la révolution, ce n'est pas simplement celles et ceux qui ouvrent le feu aujourd'hui sur les manifestants. C'est le noyau corrompu. Il touche à la finance, il touche à l'économie.

Donc, les inscrire sur la liste des organisations terroristes, c'est nous donner les moyens sur toutes les activités extérieures de l'Iran, de contrer ce régime corrompu et qui aujourd'hui assassine son peuple. Donc, c'est ça que doit faire l'Union européenne aujourd'hui. Pardonnez-moi, mais je trouve que l'Europe n'est pas toujours impuissante. Elle a été lâche, cynique sur Gaza, elle ne peut pas être lâche et cynique sur l'Iran en disant que c'est une affaire avec les États-Unis, c'est tout.

19:19
Présentateur

On revient juste au municipal et notamment à Paris. Vous êtes opposé, vous, à toute alliance avec la France insoumise, ni au premier ni au second tour, mais où aller chercher les réserves de voies. Est-ce que vous tendez la main à Pierre-Yves Bournazel ?

19:31
Yannick Jadot

Non, je tends la main aux Parisiennes et aux Parisiens. Qu'est-ce qui est en jeu ? Est-ce que la capitale de la France reste ce modèle de transition écologique où la qualité de vie s'améliore incontestablement, une ville à hauteur d'enfant, comme on dit, une ville qui s'empare de la question du logement qui devient extrêmement difficile à Paris comme partout ailleurs ? Ou, est-ce qu'à un moment donné, on a... Alors bon, Madame Chikiru, quand on parle de démocratie internationale, elle considère que le Parti communiste chinois est un parti démocratique. Donc, et je ne rappelle pas ses positions sur la Hamas, donc ce n'est pas possible.

Ou est-ce qu'on a Madame Dati qui, potentiellement, six mois après son élection, perdrait son mandat local du fait de son procès et qui veut faire du trumpisme le cœur de la politique parisienne ? Après, ce seront aux électrices et aux électeurs. Vous savez, de moins en moins, les électrices et les électeurs appartiennent à une candidature ou à un parti politique. Donc, je suis convaincu qu'au deuxième tour, il faut les démocrates parisiens comme les électrices et les électeurs de gauche à Paris voteront pour la liste qui peut gagner et continuer encore une fois cet agenda social et écolo.

21:03
Présentateur

Mais est-ce que Pierre-Yves Bournazel qui est le candidat à Horizon Renaissance vous souhaitez ? Je n'en sais rien ce que fera Bournazel.

21:10
Yannick Jadot

Bournazel à titre personnel a souvent des positions qui se préoccupent d'environnement ou de choses intéressantes. Je pense que ce qu'il a écrit dernièrement sur Mme Dati l'éloigne définitivement de Mme Dati. En revanche, il est proche d'Edouard Philippe. Est-ce qu'Edouard Philippe un an avant la présidentielle va dire allons-y soutenons Grégoire parce que ça a quand même plus de gueule et c'est quand même plus sérieux que Mme Dati et mettre un coin dans sa relation avec l'LR à un an de la présidentielle ? Bon, il ne fait que des erreurs stratégiques. Edouard Philippe donc il peut faire aussi celle-là mais reconnaissons que pour Paris ce serait bien mais pour son avenir plus compliqué.

21:58
Présentateur

Justement, puisqu'on parle de la présidentielle, Marine Tondelier défend une primaire de la gauche, elle défend un rapprochement entre la France Insoumise et le Parti Socialiste. Est-ce que vous la soutenez vous, Marine Tondelier, à la présidentielle ?

22:09
Yannick Jadot

Je ne soutiens certainement pas cette stratégie, je l'ai dit et répété.

22:13
Présentateur

Autant, c'est la plus date de votre parti pour la primaire, vous ne la soutenez pas ?

22:17
Yannick Jadot

On est aujourd'hui dans une situation où, avec cette histoire de primaire qui réduit NPA à François Hollande, avec Jean-Luc Mélenchon et Gloucet, cette histoire-là n'existe pas. C'est une illusion. Personne ne croit qu'à un moment donné, Jean-Luc Mélenchon potentiellement irait faire des meetings en disant Raphaël, président. Oui, inversement. Donc, ça n'existe pas. Donc, en fait, on est en train de créer un objet politique qui ne se transformera jamais en réalité politique, donc qui va être déceptif pour le peuple de gauche qui, de fait, a envie d'union.

Mais les différences entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Gloucet, pour ne prendre que ces deux-là, ce n'est pas un problème d'égo, de mal, de 50 ans, de plus de 50 ans. C'est où Raphaël Gloucet a un peu moins, je crois. Mais ce que je veux dire, c'est que c'est des divergences politiques. Donc, moi, je souhaite qu'on arrête le cirque avec Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon sera candidat sur ses idées. Moi, je veux qu'il y ait une candidature qui rassemble ce que j'appelle la sociale-écologie.

23:22
Présentateur

Mais est-ce que vous soutenez celle de Marine Tongelier ?

23:24
Yannick Jadot

Ah ben, aujourd'hui, je ne soutiens pas cette ligne politique-là. Donc, moi, je dis que je ne souhaite pas que l'écologie politique, aujourd'hui, devienne simplement, ce que j'ai dit plusieurs fois, un psychothérapeute de couple entre Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure et Raphaël Guzman, entre les insoumis et les socialistes. On n'est pas là pour dire papa et maman s'engueulent matin, midi et soir. On veut qu'il se réconcilie l'écologie politique dans ce moment où vous voyez bien qu'avec Trump, c'est le retour du pétrole partout. On ne s'occupe pas des Françaises et des Français dans leur quotidien, dans leur territoire.

Je ne veux pas que l'écologie politique disparaisse du paysage politique et soit juste un animateur de la gauche.

24:10
Présentateur

Vous pouvez rester pour soutenir la candidate de votre parti à la présidentielle ?

24:12
Yannick Jadot

Non, mais pour l'instant, elle n'est pas candidate à la présidentielle.

24:15
Présentateur

Elle est candidate à la primaire.

24:16
Yannick Jadot

Ah non, elle est candidate à une primaire. Que je conteste. Donc, je ne vais pas soutenir une candidature dans un processus avec lequel je ne suis pas d'accord. Marine Tondelier a plein de qualités, incontestablement, je veux dire. Mais, moi, cette stratégie-là qui est au fond une stratégie de disparition de l'écologie politique au profit d'un rôle d'animateur de la gauche, ça ne me convient pas du tout.

24:40
Invité

Et vous, vous pourriez être le candidat qui incarne cette ligne-là ? Vous avez posé des bases intéressantes dans votre essai Climat, la drôle de guerre. Sommes-nous condamnés à une France caniculaire dirigée par l'extrême-droite ? C'est ce que vous voulez empêcher ? Est-ce que vous pouvez être le candidat ? Moi, aujourd'hui,

24:55
Yannick Jadot

je n'exclus aucune option. Je n'exclus aucune option. Le temps de la présidentielle n'est pas venu. On sait bien que tout va s'accélérer après les municipales. vous savez l'importance qu'accordent les écologistes aux municipales et à la gestion dans les communes. Donc, il ne faut pas anticiper le calendrier. Mais moi, je ne laisserai pas l'écologie politique disparaître du paysage politique en 2027 au profit soit de Mélenchon, soit d'une disparition. Ça ne me convient pas.

25:25
Présentateur

Merci Yannick Jadot. Et on remonte votre livre « Climat, la drôle de guerre séchée de Noël ». Merci beaucoup Yannick Jadot d'avoir été notre invité. Stéphane, la une de West France à quoi ressemblera le futur service national volontaire ? C'est à la une de votre journal. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

Yannick Jadot : « Le Mercosur est un accord du XXème siècle qui poursuit le dérèglement climatique » — Yannick Jadot · Pourquijevote