La réforme de la police judiciaire met en danger l’indépendance des enquêtes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Tous les ministères régaliens sont en conflit avec leurs ministres : justice, police, intérieur... »
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« On a une police judiciaire qui fonctionne, on a des taux d'élucidation, on a des taux d'investigation, qui sont considérés comme excellents, y compris en Europe. »
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« Placer toutes les investigations sous l'autorité in fine d'un préfet, qui lui-même est directement placé sous la responsabilité du gouvernement... »
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« Les préfets ont été de plus en plus instrumentalisés par les gouvernements successifs au cours des dernières années. »
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« La PJ n'a pas fait beaucoup de grèves dans son histoire. »
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« On en arrive à virer, par exemple, le patron de la PJ de Marseille, qui est reconnu par tous comme un fonctionnaire d'une intégrité remarquable. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Comme le disait mon collègue Julien Aubert, aujourd'hui, tous les ministères régaliens sont en conflit avec leurs ministres : justice, police, intérieur... - Gérald Darmanin fait valoir plus de coordination des services de police.
Elle n'est pas acceptable, cette réforme, en ce sens ? - Ce qui n'est pas acceptable, c'est d'abord de détruire un équilibre qui fonctionne. Parce qu'aujourd'hui, on a une police judiciaire qui fonctionne, on a des taux d'élucidation, on a des taux d'investigation, qui sont considérés comme excellents, y compris en Europe.
Donc on a un outil qui fonctionne. Et puis, ce qui n'est pas acceptable surtout, c'est que malheureusement, on voit très bien, et c'est quand même l'arrière plan de cette réforme, que placer toutes les investigations sous l'autorité in fine d'un préfet, qui lui-même est directement placé sous la responsabilité du gouvernement, et dont on voit bien comme les préfets ont été de plus en plus instrumentalisés par les gouvernements successifs au cours des dernières années... - Vous sous entendez quoi ?
Ça veut dire que le pouvoir politique pourra interférer dans les enquêtes judiciaires ? - On a besoin, en tous les cas, d'avoir une confiance absolue, dans le fait que le pouvoir politique ne détermine pas la manière dont sont conduites des enquêtes judiciaires. Et cette réforme n'est pas de nature à garantir cette clarté et cette confiance.
Et je pense, c'est un vrai problème pour l'équilibre de nos institutions. Et les policiers ont raison de faire valoir leurs inquiétudes. Ils le font non seulement pour défendre leur profession, mais ils le font aussi, et je crois que c'est très important, pour défendre une certaine idée de la séparation des pouvoirs, et une certaine idée de la manière dont aujourd'hui la justice peut faire son travail dans une vraie indépendance. - Mais est-ce qu'ils ont raison de le faire pendant leurs heures de service, dans leurs locaux, en utilisant leur matériel pour faire grève.
Vous trouvez ça normal ? - La question, c'est comment ? Comment est-ce qu'on peut en arriver à une situation où des fonctionnaires qui, tout le monde le reconnaît, sont relativement discrets - la PJ n'a pas fait beaucoup de grèves dans son histoire, vous en êtes d'accord, j'imagine ?
Comment des fonctionnaires qui sont discrets, qui sont dévoués, et qui sont engagés, peuvent en arriver à un tel point de crispation avec leur ministère de tutelle ? C'est quand même le signe que quelque chose a dysfonctionné dans le dialogue pourtant nécessaire. Mais comment ça se fait qu'on en arrive à virer, par exemple, le patron de la PJ de Marseille, qui est reconnu par tous comme un fonctionnaire d'une intégrité remarquable ?
Comment est-ce qu'on en arrive à écarter de leur service des gens qui sont à ce point dévoués, à la cause de la sécurité publique, à la cause de la justice ? Si on en arrive là, c'est que, vraiment, on est dans un moment de crispation tel, qu'il me semble que le plus important, ce n'est pas de commencer par critiquer, et surtout pas sanctionner tous ceux qui témoignent de leur désaccord, mais tenter, peut-être, de les écouter.
François-Xavier Bellamy