Le "8h30 franceinfo" de Bruno Retailleau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteÉludée
Est-ce que vous dites vous aussi, on ne peut pas se permettre de faire plus ?
- 1:03OuverteRéponse directe
Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?
- 2:16FerméeRéponse partielle
En moins ? Quel manque à gagner dans les caisses de l'État ?
- 4:15RelanceRéponse directe
Vous ne dites pas, vous n'avez pas répondu à la question tout à l'heure, combien coûtent les deux mesures que vous avez proposées sur les prix des carburants ?
- 4:52OuverteRéponse directe
Donc, vous dites que c'est plus rentable que de baisser les taxes ou que de plafonner les prix, comme le propose d'un côté de l'Assemblée nationale et de l'autre, les insoumis ?
- 6:12OuverteRéponse directe
Vous rejoignez le programme et les mesures annoncées par Marine Le Pen il y a deux jours sur le logement.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04InvitéPromesse
« J'ai mis sur la table deux propositions. La première, c'est la suppression des certificats d'économie d'énergie. »
- 2:00InvitéPromesse
« Je dégèle le barème fiscal qui permet à ceux qui travaillent de déduire de leurs impôts un montant qui est un montant kilométrique qui les gelait depuis à peu près trois ans. »
- 4:27InvitéFait
« Le barème fiscal, quand il y a un barème fiscal, il doit être dégelé. Ça, c'est la règle. »
- 5:15InvitéChiffre
« Dans deux ans, la totalité de ce que rapporte l'impôt sur le revenu, on en a parlé il y a quelques instants, sera dévorée seulement par le paiement, non pas de la dette, des intérêts de la dette. »
- 5:31InvitéPromesse
« Je propose, moi, de restituer l'équivalent de deux mois d'une facturation, si on est raisonnable. »
- 5:55InvitéChiffre
« Quand il est arrivé de 420 000 logements mis en chantier par an, aujourd'hui, 270 000. »
- 7:42InvitéChiffre
« Quand je suis né, il y avait quatre cotisants aujourd'hui pour un retraité. Aujourd'hui, il y a 1,6 cotisants pour un retraité. »
- 8:37InvitéFait
« Aujourd'hui, le niveau de vie des Français, il est inférieur à la moyenne du niveau de vie des Européens. »
- 8:44InvitéChiffre
« La croissance cette année, trois fois moindre que la moyenne en Europe. »
- 8:54Invité politiqueFait
« Est-ce que vous dites comme Marine Le Pen que vous préférez un budget imparfait à une loi spéciale ? »
- 13:36InvitéPromesse
« J'inscrirai dans la Constitution un droit à la sécurité. »
- 17:21InvitéFait
« Dernière décision, mois de mai dernier, du Conseil constitutionnel, qui dit, voilà, parce que dans la loi narcotrafic, on avait dit, eh bien, il faut que lorsque un narcotrafiquant est condamné, on puisse en même temps, automatiquement, saisir ses biens. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Bruno Retailleau12 %
- Présentateur11 %
- ?9 %
≈ 39,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour
Agathe.
Bonjour.
Et bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Simon Lebarron, bonjour Agathe. Bonjour
Bruno Retailleau.
Commençons par le grand sujet de préoccupation de beaucoup de Français en ce moment, c'est le prix des carburants. On voit que le prix du litre de sans plomb 95 a dépassé son record de juin 2022. Le litre de gasoil est à 3 centimes de son pic historique, mais le gouvernement s'en tient pour l'instant aux aides ciblées pour les gros rouleurs et les agriculteurs, les pêcheurs notamment, et le BTP. Et est-ce que vous dites vous aussi, on ne peut pas se permettre de faire plus ?
On
ne
peut
pas se permettre de faire n'importe quoi, mais là où les prix des carburants sont arrivés, c'est énorme.
Et
ça frappe d'abord, et c'est très injuste, la classe moyenne.
Les
gens qui travaillent, qui ont besoin chaque matin de leur voiture pour se déplacer, donc de faire le plein, ça frappe la France périphérique, celle que je connais bien, j'en viens,
où
on n'a pas d'autres moyens que d'avoir la voiture pour aller travailler. On n
'a
pas de transport en commun par exemple.
Je
pense que ça n'est pas suffisant.
Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?
J'ai mis sur la table deux propositions. La première, c'est la suppression des certificats d'économie d'énergie.
C
'est plusieurs milliards,
c'est à peu près par plein, ça fait à peu près 8,50
euros.
Et une autre proposition,
c'est de déjeler. C
'est ce que payent les fournisseurs d'énergie et ce qui sert à financer la transition énergétique.
Mais dans la plus totale opacité,
c
'est ce que la Cour des comptes a dit par trois reprises depuis 12 ans.
Un
exemple, EDF, il y a quelques semaines, dont on a appris que grâce à cette taxe cachée, ils subventionnaient des voitures électriques chinoises, BYD. Alors on va imposer les automobilistes pour faire ce genre de choses ? Non, ça n'est pas un mécanisme qui est suffisamment transparent. Donc première proposition, je supprime les certificats d'économie d'énergie, 8,50
euros
par plein. Et ensuite,
ce
que je fais, c'est que je dégèle
le
barème fiscal qui permet à ceux qui travaillent de déduire de leurs impôts un montant qui est un montant kilométrique qui les gelait depuis à peu près trois ans. C'est l'équivalent, ce dégel, c'est l'équivalent à peu près de restituer deux pleins par an.
Et ça fait combien
en moins ? Quel manque à gagner dans les caisses de l'État
?
Ça n'est pas un manque à gagner parce que les certificats d'économie d'énergie, ça n'est pas une ressource budgétaire. Et d'ailleurs, ça n'est même pas voté. C
'est ce que je conteste aussi
dans
ce
mécanisme-là. On peut trouver des crédits d'impôt, par exemple, pour isoler, bref. Mais là, c'est totalement opaque. Mais
ça sert à financer la
transition écologique
?
Non, mais franchement, très franchement, on ne peut pas financer
sur
le dos des travailleurs la transition écologique. Quand le gazole, quand l'essence sont à un tel niveau, ça, ça n'est pas possible. J'en ai marre, vous voyez, des écolobobos qui veulent que les pauvres, les modestes, les travailleurs financent la transition écologique. Mais
en même temps, on parle de solution
de court terme, là, Bruno Retailleau. Parce que la solution
de court terme, ce n'est
pas au lieu de subventionner le carburant et de prendre l'argent qui sert à financer la transition écologique. Est-ce que ce n
'est
pas plutôt d'aider les gens à se passer de leur voiture
? La
solution de court terme, bien sûr, d'ailleurs, il y
a
une explosion. Vous savez que je crois que le mois dernier, il y
a
à peu près, sur les ventes de nouvelles voitures, un tiers pratiquement, pratiquement un tiers, autour de 30% qui sont des voitures électriques. Les Français ne sont pas fous, mais ça coûte cher. Ça coûte trop cher, notamment pour ceux qui ont des revenus modestes. Non, ce qui est structurel est ce que je propose. Parce que le problème, ce n
'est
pas seulement les carburants. Le problème, c'est que les carburants, ce problème-là, vient sur des Français qui s'appauvrissent. On est, la France est en voie de tiers-mondisation. Deux chiffres.
On
est le 16 septembre. Demain, c'est le 17.
Eh
bien, il y a un tiers des Français,
chaque
17 du mois,
qui
se retrouvent dans le rouge pour leur compte. Un tiers des Français
n
'ont pas eu des soins qu'ils auraient dû avoir, ou ont sauté des repas, parce qu'ils manquent de pouvoir d'achat. Moi, ce que je propose, justement, c'est que le travail enfin paye.
Mais justement, tout ça est dû, notamment, à une situation budgétaire qui est catastrophique. Vous ne dites pas, vous n'avez pas répondu à la question tout à l'heure, combien coûtent les deux mesures que vous avez proposées sur les prix des carburants ? Pour
les caisses de l'État.
Je redis...
Mais il y a le barème
fiscal aussi, c'est des rentrées
fiscales à moins ?
Le barème fiscal, pardon, le barème fiscal, quand il y
a
un barème fiscal, il doit être dégelé. Ça, c'est la règle. Chaque année, d'ailleurs, en loi de finances, l'impôt sur le revenu, vous faites bouger le barème à proportion de l'inflation. Et ça, c'est absolument naturel. Et je vous ai redit que la proposition que je faisais sur les certificats d'économie d'énergie, ça n'était pas une ressource budgétisée. C'est absolument neutre vis-à-vis du
déficit de l'État. Donc, vous dites que c'est
plus rentable que de baisser les taxes ou que de plafonner les prix, comme le propose
d'un côté de l'Assemblée
nationale et de l'autre, les insoumis
?
Non, mais la solution de M. Mélenchon, bloquer les prix, c'est la pénurie. La solution de Mme Le Pen, c'est 15 milliards, c'est plus de déficit et ce sera la crise. On est au bord de la crise. On est quasiment entré dans la crise. La dette, désormais, n'est plus soutenable. Il y
a
un effet de boule de neige quand les taux atteignent quasiment 4,5%. Dans deux ans, la totalité de ce que rapporte l'impôt sur le revenu, on en a parlé il y a quelques instants, sera dévorée seulement par le paiement, non pas de la dette, des intérêts de la dette. Ce que moi, je propose, c'est que l'électricité soit moins chère. Et c'est possible en s'appuyant sur le nucléaire. Je propose, moi, de restituer l'équivalent de deux mois d'une facturation, si on est raisonnable. Je ne propose que sur le logement. Vous savez que ce qui pèse le plus sur le pouvoir d'achat des Français, c'est le logement. Mais la crise du logement, on l'a fabriqué. C'est la faute, notamment, d'Emmanuel Macron.
Il n'y a jamais eu
autant... C'est la faute d'Emmanuel
Macron, la crise
du logement ? Bien
sûr, bien sûr. Absolument. Quand il est arrivé de 420 000 logements
mis
en chantier par an, aujourd'hui, 270 000. Parce qu'il a multiplié les normes,
que
ce soit le ZAN, l'encadrement des loyers. Il a découragé l
'investissement. Vous rejoignez le programme et les mesures annoncées par Marine Le Pen il y a deux jours sur le logement. On met à bas toutes les normes.
Pardon ? C'est elle qui m'a rejoint.
C
'est elle
qui m'a rejoint. On met à bas toutes les
normes ?
Et priorité nationale pour les logements sociaux ? Non, moi,
c'est priorité aux travailleurs. Je veux que le logement social aille en priorité aux travailleurs, à ceux qui travaillent et à leur famille. Simplement, les propositions sur le logement,
où
je veux effectivement une déréglementation sur le ZAN, sur le
DPE, sur la CRU,
etc. Je les ai faits il y a quasiment cinq mois. Et chacun peut
l'ouvrir sur le site internet. Bruno Rotec, dans
ce contexte... C'est pas mal d'ailleurs d'être pompé. Ça veut dire que de temps en temps, on a raison, non ?
Vous peignez un tableau très sombre dans
ce contexte. Il est sombre.
Et le gouvernement cherche 30 milliards d'économies pour boucler le budget 2027. Il rencontre les groupes politiques cette semaine. Vous dites que la situation est grave. Quelle sera l'attitude des Républicains ? Est-ce que vous serez responsables
? Nous
serons responsables et nous demanderons. que nous puissions remettre dans le texte la réforme des retraites.
Ce
sont des milliards et des milliards.
Donc
revenir sur la suspension qui avait été accordée aux socialistes.
Vous savez que vous ne l'obtiendrez pas, là.
Très rapide. Oui, mais vous me demandez d'être responsable. Je demande au gouvernement de l'être. La première dépense, un quart de la dépense publique, ce sont les retraites.
Qu
'est-ce qu'on fait ? On fait comme le gouvernement. On veut taper les retraités, tout en s'exonérant de la moindre responsabilité. Quand je suis né, il y avait quatre cotisants aujourd'hui pour un retraité. Aujourd'hui, il y a 1,6 cotisants pour un retraité.
On
va à la faillite.
Et
demain, on se prépare à un effondrement du système par répartition.
Et donc s'ils ne remettent pas la réforme des retraites
? Mais
il est hors de question de voter justement un appauvrissement des retraités quand le gouvernement n'est pas à l'heure et au rendez-vous de sa propre responsabilité.
Donc
vous mettez sur la table une condition que vous n'obtiendrez pas pour la
censure ensuite ?
Mais attendez, on est au bord d'une crise. Et je pense même d'ailleurs que la crise a commencé.
Quand
on regarde l'attitude des marchés financiers, c'est-à-dire ceux qui nous prêtent l'argent,
pas
pour payer la dette, simplement aujourd'hui on emprunte pour rembourser des emprunts. C'est de la cavalerie. Voilà. Explosion, notamment des taux d'intérêt et un affaiblissement, un appauvrissement des Français. Aujourd'hui, le niveau de vie des Français, il est inférieur à la moyenne du niveau de vie des Européens. C'est ça qui se passe. La croissance cette année, trois fois moindre que la moyenne en Europe. Le chômage, nous sommes le seul pays où le chômage augmente autant.
Est-ce que vous dites comme Marine Le Pen que vous préférez un budget imparfait à une loi spéciale ?
Elle
laisse entendre donc qu'elle pourrait ne pas censurer cette fois le gouvernement ?
Je fais la proposition que j'ai déjà faite il
y
a plusieurs mois au gouvernement. Ce sont les ordonnances. Ce sont les ordonnances parce qu'il faut que le gouvernement mette sur la table un budget raisonnable, un budget responsable. Et puis, au bout de 70 jours, si le Parlement, conformément à la Constitution, ne l'a pas examiné, le gouvernement peut prendre ce budget par ordonnance. S'il y a une motion de censure, le gouvernement tombe peut-être, mais au moins, on a un budget responsable.
Plusieurs catégories de Français se mobilisent déjà. Il y
a
des appels à manifester pour le mois d'octobre pour protester contre cette situation que vous dénoncez et contre la vie chère parmi les catégories et les professions qui se mobilisent. Les policiers, vous étiez hier dans la manifestation aux côtés du syndicat Alliance. Ils réclament notamment des augmentations.
Est
-ce qu'il faut les augmenter
?
Vraiment, je les connais bien, les policiers. Pendant plus d'un an, j'étais à leur tête. Et l'une des plus grandes fiertés de ma vie aura été de commander les hommes et les femmes de Beauvau, qui ont le sens de l'État, qui ont l'amour de la France chevillée au corps.
Et vous ne les avez pas augmentés ?
Est-ce
qu'il faut le faire
maintenant ? Non, attendez, attendez. J'ai été un des ministres, d'ailleurs, dans une situation budgétaire très difficile, qui a respecté la LOPMI, la loi de programmation. Ça n'était pas rien. Et j'ai été celui, d'ailleurs, qui a mis sur la table le problème de l'investigation. On en a parlé depuis l'affaire Liana. Parce qu'il y avait une crise et pas suffisamment de moyens. C'est moi qui ai fait le plan, justement,
pour
pouvoir, notamment pour ceux qui travaillent sur l'investigation. Ça vous tombe, en général, une affaire, vous savez, criminel ou autre, ça vous tombe le week-end. Vous restez des nuits pratiquement sans dormir, le week-end. Et notamment pour revaloriser la prime d'investigation. Il faut simplement aussi, ils demandent de la considération. Ils veulent être soutenus. Ils veulent une chaîne pénale qui soit ferme.
Ils
ne
veulent pas... Augmentation de salaire, oui ou non ? Attendez,
non mais ponctuellement sur des primes, bien sûr, il faut les encourager. Mais simplement, ce qu'ils veulent avant tout, c'est de la considération et une réponse pénale qui soit à la hauteur. Il n'y
a
rien qui ne supporte moins que lorsqu'ils prennent dans la rue, après des enquêtes parfois, des délinquants, et que la justice les relâche au bout de quelques jours et qu
'ils
le retrouvent
dans la rue. On en parlera tout à l'heure
de ce que vous proposez en matière de justice. Non, ce n'est
pas la faute au magistrat. C'est qu'on a construit, franchement, un droit qui est un droit laxiste. On
va en parler dans un
instant, Bruno Retailleau, mais d'un mot, on parlait des prix, du carburant, la colère des policiers, les appels à manifester qui se multiplient sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous redoutez un automne social ou est-ce que vous le souhaitez
? En
tout cas, il y
a
une immense angoisse. Je ne sais pas si cette angoisse-là, quelques mois avant la présidentielle, parce qu'un vote et une présidentielle, c'est aussi une forme d'exutoire. On sait qu'on va pouvoir prendre la parole, essayer de renverser la table. Et moi, si je me présente, justement, c'est pour renverser la table. C'est pour accomplir une rupture, parce qu'on a un système qui est à bout de souffle.
Est-ce que vous
soutenez potentiellement un retour des Gilets jaunes ? Fabien Roussel appelle, lui, à descendre
sur les ronds-points. Olivier
Faure dit « je serai à leur côté s'ils se soulèvent ».
Écoutez, être à côté des hommes et des femmes, justement, de la classe moyenne, des travailleurs. Moi, je ne suis pas à côté des profiteurs, je suis aux côtés des travailleurs. Et mon projet, tout mon projet, ce sera de faire en sorte de
donner plus à ceux qui
méritent et moins à ceux qui profitent. On a développé une assistance aujourd'hui et un assistana qui est en train de tuer notre système social. Est-ce que vous soutenez ce mouvement ? Mais d'abord, il n
'est
pas arrivé. Et je pense que le rôle d'un homme ou d'une femme politique,
c
'est d'abord de faire des propositions. C'est d'essayer
de donner de l'espoir. C'est pas de dire « je vais
accompagner, je vais soutenir ou sortir dans
la rue ».
Mais ça, c'est de la démagogie. On peut parfaitement aller sur les ronds-points. Et j'ai toujours laissé ma porte ouverte, notamment aux Gilets jaunes, que je respectais profondément, lorsqu'ils n'ont pas été totalement infiltrés par l'extrême-gauche française, avec des violences que j'ai toujours condamnées. Mais l'écoute, oui. Mais quand on est en situation de responsabilité, on prend ses responsabilités. On met sur la table une rupture. On renverse la table, justement.
Et pas de soutien à l'appel à manifester, on l
'a
bien compris.
J'ai
pris juste une question avant le fil info sur les policiers dont on parle beaucoup en mal en ce moment, notamment ceux de Carcassonne, après ses vidéos. La première, dans laquelle on entend un policier municipal proférer une litanie d'injures racistes, complotistes, misogynes, etc. La seconde, dans laquelle on voit un policier national jeté très violemment à terre à SDF. À partir de quel moment, Bruno Retailleau, ça devient systémique
? Non,
mais ça n'est absolument pas systémique. Moi, ce que je veux dénoncer, d'ailleurs,
ce
que je dis aux policiers et aux gendarmes,
c
'est que j'inscrirai dans la Constitution un droit à la sécurité. Pour que la jurisprudence puisse peser
et
mettre le
curseur... Ça veut dire quoi, un droit à la sécurité ? Un droit
à la sécurité pour faire en sorte qu'on prenne en compte... Il y a les libertés publiques
et
il
y
a la sécurité. Et ce que j'observe, moi, c'est que trop souvent, les jurisprudences, les décisions des tribunaux veulent d'abord préserver la liberté publique, c'est très bien, mais il faut aussi préserver la sécurité collective. Et je dénonce toutes les violences de policiers, de gendarmes. Et à chaque fois, croyez-moi, j'étais au ministère de l'Intérieur, vous avez des milliers de gendarmes, de policiers qui sont blessés tous les ans.
Et
vous n'avez que quelques dérives, quelques dérives individuelles qui, à chaque fois, sont sanctionnées. Pardon, ne mettez pas les propos terriblement sexistes et racistes de ce chef de la police, donc qui est de Carcassonne...
En l
'occurrence, ça fait des mois
et il n'avait pas été sanctionné. ...qui est par ailleurs encarté dans un
parti politique. Voilà. Non, mais ce n
'est
pas moi, ce n
'est
pas nous qui... Et bien sûr,
les élus devront rendre des comptes. Donc la sanction, ce n'est pas toujours très rapide ni très efficace.
Mais je dis non. Moi, je ne suis pas le parti des insoumis, qui est un parti à la fois anti-flic et anti-républicain.
Le
8.30 France Info, Simon Le Baron, Agathe Lambret.
Avec
Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à la présidentielle, au cœur de votre programme pour 2027, ce que vous appelez un Big Bang constitutionnel. Vous proposez notamment de redonner la parole aux Français pour, dites-vous, qu'ils puissent censurer la censure du Conseil constitutionnel. On a demandé à l'ancien Premier ministre Edouard Philippe ce qu'il en pensait, il était à votre place.
Je
ne crois pas qu'on gagne quoi que ce soit à instiller un rapport de défiance avec les juges. Il y
a un Conseil
constitutionnel. Ne dénigrons pas un système qui a pour objectif de vérifier que le Parlement écrit bien la loi. Ce que je veux, c'est conserver ce qui fait la force
de
la Constitution de la
5e.
Conserver la force de la Constitution de la 5e, dit Edouard Philippe. Que lui répondez-vous ? Est-ce que c'est de la soupe centriste ? Ça aussi pour vous, pour reprendre votre expérience
? Ça
y ressemble pas mal. Ça y ressemble pas mal. Que dit Edouard Philippe, en réalité
?
Il dit qu'il faut que le Conseil constitutionnel fasse son travail. Oui, mais je suis d'accord qu'il regarde, notamment sur chaque loi, si elle est conforme à la Constitution. Mais je veux que le Conseil constitutionnel
ne
fasse pas dire à la Constitution ce qu'elle n'a jamais dit. parce que le pouvoir constituant n'appartient pas au Conseil constitutionnel. Il appartient au peuple de France. Et ce qui est intéressant d'ailleurs, et c'est là toute la différence que j'ai avec les candidats, notamment macronistes, et notamment Edouard Philippe.
Que
propose-t-il ? Il dit s'il y a des jurisprudences, des décisions du Conseil constitutionnel qui posent problème, il l
'a
dit ici, devant vous. Alors, on fait une sorte de comité avec des juristes. Ça, c'est typique, voyez, comme réaction de la haute administration. Il y
a
un problème.
C'est un truc de techno, vous dites. Démocratique,
exactement. Il y a un problème démocratique, vous lui apportez une solution technocratique.
Vous dites qu'il
est techno, mais vous, Bruno Retailleau, vous dites
que vous voulez redonner la parole aux Français, quand vous critiquez le gouvernement des juges, en fait, vous jouez le peuple contre les juges. Est-ce que ce n
'est
pas du populisme, ça ? Est-ce que vous assumez un
discours populiste
? Vous savez, l'article 2 de la Constitution, le principe de la République, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Ce que je conteste aujourd'hui,
ce
n'est pas l'état de droit.
En
rendant la parole...
Si vous l'avez contesté, vous avez dit qu'il n'était ni intangible, ni sacré.
Oui, parce que certains
ont
pris en otage l'état de droit,
non
pas pour lui donner un cadre juridique, une définition d'un cadre juridique, mais un contenu progressiste, un contenu idéologique.
Et
je conteste des décisions, par exemple, dernière décision, mois de mai dernier, du Conseil constitutionnel, qui dit, voilà, parce que dans la loi narcotrafic, on avait dit, eh bien, il faut que lorsque un narcotrafiquant est condamné, on puisse en même temps, automatiquement, saisir ses biens. C'est normal, on les tape au portefeuille. Il dit, ah mais non,
parce
que cette automaticité contrevient au principe de personnalisation des peines. On
n'en peut plus de cela. Les
juges interprètent et appliquent les textes.
C
'est leur travail. Non,
non,
non, non, et non. Non.
Les juges sont
les agents de la démocratie, car ils sont les
garants de la règle. C'est ce que dit l'historien Pierre Rosanvallon. Ils sont
les
garants de la règle commune pour
tous.
Pierre Rosanvallon, dans Le Monde, l'article que vous citez très précisément, il confond le législateur et l'interprète le juste. Il dit, les juges, les magistrats, incarnent autant le principe de souveraineté populaire que les représentants du peuple. Non, ils confondent tout. Et voyez, l'état de droit, c'est la séparation des pouvoirs. Je pense qu'il y a les représentants du peuple, les députés, les sénateurs, ils font la loi. Et ensuite, il y a ce que Montesquieu appelait les bouches de la loi, les interprètent. Mais aujourd'hui, le gouvernement des juges, c'est la confusion des pouvoirs.
C'est certains magistrats qui font dire au texte ce qu'ils n'ont jamais dit et qui donc prennent en quelque sorte le rôle de législateur. Ça, ça n'est pas
possible. Vous ne dites
pas si vous assumez le terme populiste juste ?
Non,
mais je veux rendre la parole au peuple. Le populisme ne gêne pas du tout. C'est la démagogie qui me gêne. C'est quand on fait de la
démagogie qu'on caresse
toujours le peuple dans le sens du poil.
Je suis capable de dire
que dans les difficultés que nous allons connaître, chacun devra faire aussi des efforts. Ça, ce n
'est
pas du populisme au sens de la démagogie.
Vous venez de dire, Bruno Retailleau, qu'Édouard Philippe faisait plus ou moins de la soupe centriste. C
'est Agathe Lambrecht, c'est Agathe Lambrecht. Je
reprends
l'expression des
retaillistes.
Je n
'ai
pas trouvé que l'expression était totalement
dépourvue de bon sens. Voilà. Le rassemblement de la droite et du centre, bon, ça va être compliqué.
Non, mais comprenez-moi bien. Je pense d'ailleurs que cette élection présidentielle ne se gagnera pas au centre.
Je
pense surtout que le système est tellement épuisé
que
tous ceux qui représentent quelque chose et qui ont eu partie liée avec Emmanuel Macron qui sont responsables du bilan. Comme vous, par exemple. Non,
parce que j'étais un
ministre de cohabitation.
Je
me suis opposé régulièrement, Simon le Baron, vous le savez parfaitement, au président de la République sur la question algérienne, sur la question migratoire, sur beaucoup d'autres sujets. Est
-ce que vous regrettez d
'avoir accepté cette
mission d'avoir été
ministre d'Emmanuel Macron ?
Non, j
'ai démissionné.
Non,
non,
quand on aime son pays. Moi, je suis rentré au gouvernement de Michel Barnier, pas au gouvernement d'Emmanuel Macron, de Michel Barnier, parce que je voulais empêcher
la
gauche mélenchonnisée de prendre le pouvoir en France.
Et quand on
est de droite, on fait barrage à
la gauche. Vous expliquez aujourd'hui pourquoi vous avez été là.
comme Gabriel Attal, appelé à voter LFI aux législatives. Pour moi, le réflexe,
c
'est qu'on doit faire barrage à la gauche.
Aux législatives en
2024.
Bruno Retailleau,
vous avez sèchement refusé la main tendue d'Édouard Philippe qui proposait de réunir les différents candidats de la droite et du centre début novembre pour discuter rassemblement. Mais dans les sondages, face à Édouard Philippe, vous plafonnez en général autour de 7%. Vous êtes entre 6 et 9%. Est-ce que vous êtes dans le
déni ? Dans un sondage, vous voyez, je suis même passé devant Gabriel Attal.
Est-ce que vous êtes dans le déni,
Bruno Retailleau ? Parce que vous espériez
faire 10
% à la fin de l'été,
ce n'est pas le cas.
Vous tous, les journalistes, vous nous expliquez aujourd'hui, preuve à l'appui, que seraient les sondages, que ça sera immuable. Mais vous oubliez toute l'histoire. Mais pour l'instant, ça ne bouge pas. Si moi, je vous écoutais, Chirac n'aurait jamais été élu. Et Macron n'aurait jamais été élu. Etc. Donc vous,
vous
vous trompez comme les sondages à chaque fois.
Vous, vous pensez
que vous pouvez déjouer
tous les pronostics et qu'Édouard Philippe, quand même, a une base plus solide que vous. Il est devant vous dans tous
les sondages. Et encore plus, si Gabriel Attal n'est pas là. Vous me réinviterez
dans quelques mois et vous regretterez vos propos. J'en suis persuadé parce qu'on est à l'heure de la grande rupture. Les propos que vous avez vous-même d'ailleurs souligné. Naturellement, vous avez tout à l'heure pris un exemple qui est frappant avec Édouard Philippe. Il refuse de renverser la table. Moi, je dis l'impuissance de l'État aujourd'hui, le fait que l'État soit totalement ligoté, ça vient de cet état de choses.
C
'est-à-dire qu'on passe des lois et malheureusement, ces lois sont censurées. La justice des mineurs censurée, etc. Tant de lois, l'immigration censurée. Eh bien, lui, devant ce fait-là, il ne fait rien.
Si
ce n'est de créer un comité. Moi, je veux renverser la table. Je veux une rupture franche et très très nette. Et je serai une offre entre le bloc central qui, en réalité, porte malheureusement les reliques de ce quinquennat, ce double quinquennat désastreux de M. Macron et les démagogues que ce soit M. Mélenchon ou Mme Le
Pen. Si on vous
parle des sondages, c'est parce que vous ne voulez pas à la droite et au centre vous départager par une primaire. Donc, il faut bien prendre une donnée et actuellement, selon les requêtes d'opinion, il n
'y a
aucun scénario dans lequel vous vous ralliez à Édouard Philippe.
Mais vous croyez sincèrement que les gens qui me soutiennent et qui voteront pour moi voteraient ou soutiendraient M. Édouard
Philippe ?
Les
électorats
sont assez proches.
Il y a aujourd'hui une différence qui n'est pas seulement de degrés mais de nature dans
l'approche des
choses. Le constat
que je fais... Vous êtes
enregistré, Bruno Retailleau, vous nous dites qu
'il
n
'y
a aucun scénario où je rejoins Édouard Philippe. Est
-ce que vous pouvez dire solennellement aujourd'hui
? Je ne sais pas quelle langue. Quand je dis que...
Jamais, jamais.
Je ne sais pas quel mot. Vous ne comprenez pas, Agathe
Ambré. Vous aviez dit que vous n
'entreriez jamais dans un gouvernement d'Emmanuel Macron. Finalement, vous êtes
devenu ministre de l'Intérieur. Je suis
rentré.
Certains se disent que
vous vous rallierez de toute façon et qu'aujourd
'hui, vous dites que non mais que vous le ferez. Je suis rentré
dans
un
gouvernement de Michel Barnier et j'étais le ministre de l'Intérieur le plus libre et sans doute le plus en désaccord avec le président de la République. Quand j'ai vu que j'arrivais au bout du bout, j'ai quitté le ministère de l'Intérieur.
Donc vous ne dites jamais
Édouard Philippe aujourd'hui, vous ne
le
dites jamais
?
Vous ne vous rendez pas compte de ce que veulent les Français. Ils ne veulent pas la continuité avec les héritiers d'Emmanuel Macron. Ils ne veulent pas poursuivre cette aventure-là. Ils ont payé pour savoir. Ils veulent autre chose. Et je suis
justement
cette alternance. Je serai le changement.
Merci beaucoup Bruno Retailleau, candidat LR donc à l'élection présidentielle. Merci à vous.
Agathe, merci beaucoup.
Merci à vous. Et on se retrouve demain. À demain.
Bruno Retailleau