Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 19 avril 2021 26 min

Drogue, laïcité, union de la gauche... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Emmanuel Macron s'exprime ce matin dans le Figaro. Il souhaite organiser un grand débat national, un de plus cette fois-ci sur la consommation de drogue en France et particulièrement du cannabis. Est-ce qu'il a raison de mettre ce sujet sur la table maintenant ? Je rappelle quand même qu'on est à un an de la présidentielle.

0:21
Yannick Jadot

C'est bienvenu un grand débat sur ce sujet parce que ça fait des années et des années qu'on voit la réalité, une grande consommation de cannabis dans notre pays. On voit la réalité, la France est le pays le plus répressif d'Europe et pourtant le pays où il y a la plus grande consommation, notamment chez les jeunes. Et moi ce qui me préoccupe dans la consommation de drogue douce, c'est évidemment les problèmes de sécurité dans les quartiers, des mafias, des trafics qui se sont emparés de certains quartiers. C'est le problème de l'addiction des jeunes qui est très lourde et qui fume en plus véritablement des substances qui pourrient leur cerveau.

Et donc il est temps qu'on en débatte objectivement, sereinement, avec les experts et qu'on tire les leçons de ce qui se passe dans les autres pays européens.

1:13
Invité

Emmanuel Macron veut en débattre pour effectivement mettre en exergue les effets délétères de ces drogues-là et vous, vous êtes pour la légalisation du cannabis.

1:19
Yannick Jadot

Écoutez, si comme d'habitude Emmanuel Macron veut lancer un débat en ayant donné les conclusions du débat avant que ce débat se soit tenu, c'est encore une erreur politique. Je l'ai dit, la situation française est particulièrement dramatique. C'est ce que disent tous les spécialistes des drogues, tous les spécialistes des trafics, tous les spécialistes des addictions. Ce que les écologistes défendent, mais ce ne sont pas seulement les écologistes aujourd'hui. Regardez le maire LR de Reims, regardez Muselier en PACA, toutes et tous défendent le fait de changer de stratégie, non pas d'aller vers la dépénalisation, parce que la dépénalisation voudrait dire qu'on ne s'attaque pas au trafic.

Ça veut dire qu'on ne met pas en place les outils de santé publique pour traiter les addictions.

2:09
Présentateur

Il faut organiser la production et la vente de cannabis au niveau de l'État.

2:13
Yannick Jadot

Il faut mettre comme ce qui se fait de plus en plus en Europe, ce qui se fait dans de plus en plus d'États aux États-Unis, où ils ont effectivement débattu, où ils ont regardé quelles étaient les solutions qui fonctionnaient le mieux, avec deux objectifs. La sécurité dans certains quartiers et le traité par la santé publique, l'addiction.

2:36
Invité

Donc pour vous, ça passe par la légalisation ?

2:38
Yannick Jadot

Oui, parce que quand vous faites de la légalisation, vous contrôlez la production, vous contrôlez la vente. La dépénalisation, vous laissez s'installer les trafics et vous n'avez pas de mesures de santé publique, notamment à l'attention des plus jeunes.

2:51
Invité

Mais il n'y a pas un risque de glissement vers des drogues plus dures ?

2:54
Yannick Jadot

Mais non, ce n'est pas toutes les expériences. Pardonnez-moi, justement, c'est pour ça que c'est important d'avoir ce débat. C'est qu'on mette les experts autour de la table. Et la réalité, dans les pays européens, où, justement, il y a une réduction des risques d'addiction, une réduction des maladies, et notamment psychologiques, liées aux addictions, la réduction des trafics, ce sont les pays qui ont légalisé et qui, justement, permettent de se concentrer en termes de répression sur les drogues dures.

Parce que ce qu'on voit aujourd'hui avec la politique du chiffre, qui n'a jamais fonctionné, ça ne fonctionne jamais en matière de lutte contre ce type de trafic, c'est qu'en fait, on détourne les forces de police des trafics dures, des drogues dures ou de toutes les autres formes de violence.

3:43
Présentateur

Dire que le hachiche est innocent est plus qu'un mensonge, déclare Emmanuel Macron ce matin. Est-ce que vous vous sentez visé par ce genre de phrase ?

3:51
Yannick Jadot

Non, pourquoi je me sentirais visé ? La question, ce n'est pas... Je viens de dire, c'est un enjeu de santé publique, c'est un enjeu de sécurité dans le nombre de nos quartiers. On a des quartiers où les trafiquants contrôlent l'ensemble de ces quartiers. Mais donc le hachiche, c'est dangereux ? C'est ce que vous dites aussi ? C'est une drogue. Personne ne dit que ce n'est pas une drogue. Après, c'est comme la consommation d'alcool, c'est plein de choses. Donc il faut absolument aujourd'hui avoir une production et une consommation contrôlées et puis surtout lutter contre les addictions et les trafics.

4:28
Invité

S'il y a un grand débat, est-ce qu'il doit s'achever sur un référendum ?

4:32
Yannick Jadot

Écoutez, je n'en sais rien. Moi, je ne suis pas toujours partisan des référendums.

4:35
Invité

Comment on prend les conclusions ?

4:37
Yannick Jadot

Vous savez, il y a dans notre pays, l'Assemblée nationale, le Sénat, il y a un Parlement qui légifère au nom des Français, pour les Français, et pourquoi pas référendum ? Je n'ai pas d'idée préconçue là-dessus. Mais ce n'est pas toujours le Président de la République qui donne son opinion et après on doit traiter par référendum. Moi, je pense qu'on va avoir des élections nationales en 2022.

Ça peut être un des débats, mais surtout, redonnons aussi toute sa place, tout son sens à la représentation nationale, pour justement traiter tous les enjeux sans se cacher sur les difficultés, sans se cacher sur les risques sanitaires, mais sans aussi perdre de vue, renforcer la sécurité, traiter, combattre les trafics et puis s'occuper de nos enfants qui tombent dans l'addiction.

5:27
Présentateur

Yannick Jadot, ce n'est pas le seul débat qu'Emmanuel Macron est en train de placer sur le devant de la scène. Marlène Schiappa, la secrétaire d'État déléguée à la Citoyenneté, lance deux mains des États généraux, cette fois-ci, ce n'est pas un grand débat national, des États généraux de la laïcité avec des religieux, des intellectuels, une grande consultation aussi avec des jeunes. Est-ce que c'est une bonne initiative ou est-ce que vous dites que c'est encore un grand débat qui pourrait accoucher d'une souris ?

5:52
Yannick Jadot

Moi, j'appelle le Président de la République et le Premier ministre à remettre un peu d'ordre dans nos institutions et en matière de débat politique. Vous vous rendez compte que le Parlement est en train de voter une loi sur le séparatisme qui veut traiter de la question de la laïcité, la renforcer, la défendre, et on organise des États généraux pendant que le Parlement est en train de voter ? Patrick Veil, qui est juriste, historien,

6:24
Présentateur

qui est une référence en matière de laïcité,

6:28
Yannick Jadot

que vous avez y compris interrogée hier sur votre antenne, il dit que c'est un objet pur de communication. Vous avez vu les déclarations de la CFDT qui refusent d'être instrumentalisées par Mme Schiappa.

6:42
Invité

Mme Schiappa dit, nous voulons sortir de la tenaille entre d'un côté les identitaires d'extrême droite et de l'autre les indigénistes et Europe Écologie Les Verts.

6:49
Yannick Jadot

On est aujourd'hui, de la part de cette ministre, de la part de certains ministres, sur le registre de l'insulte. Il faut que ça cesse, en fait. Moi, je le dis très solennellement. J'appelle le président de la République et le Premier ministre à faire en sorte que le débat dans notre pays, sur un sujet aussi sensible, ne soit pas un outil de propagande. Parce que vous voyez bien, la ministre qui organise des États généraux, après le vote de la loi, on est dans une logique totalement inversée. Indigéniste. On est dans une forme de désordre institutionnel et politique. Et on est sur le registre de la propagande.

C'est-à-dire qu'en fait, la ministre veut utiliser ce débat, qui est un débat extrêmement sérieux, tendu dans notre pays, pour faire de la propagande politique contre les écologistes. Mais est-ce que cette ministre n'a pas perdu de vue que la menace sur la République, c'est l'extrême droite ? Est-ce que cette ministre n'a pas perdu de vue les tensions qu'il a dans ce pays et le risque d'instrumentaliser ? Vous savez, moi, je suis cofondateur d'Europe Écologie et Vert.

7:51
Présentateur

C'est le mot indigéniste ? C'est une insulte indigéniste ?

7:53
Yannick Jadot

Non, ce qu'elle dit, c'est que les écologistes ont un problème avec la laïcité, ont un problème avec la République. Mais elle cherche quoi, cette ministre ? Ça suffit, les insultes des ministres.

8:05
Invité

Julien Bayou, le patron d'Europe Écologie et Verts, a décidé de porter plainte contre Marlène Schiappa, justement, et Gérald Darmanin, il a raison de le faire ?

8:12
Yannick Jadot

Écoutez, en tout cas, il faut absolument que ça cesse. Qui gagne dans tous ces débats ? Cette façon de faire de ces sujets, de la laïcité, c'est un joyau de la République. C'est un joyau de la République. Il faut que ce gouvernement arrête d'abîmer ce joyau de la République. On a la loi de 1905. On a des menaces de l'islamisme radical. Concentrons-nous sur les ennemis de la République. Concentrons-nous sur la défense et la promotion de la laïcité. Qu'elles deviennent un outil de propagande est absolument scandaleux. C'est une dérive très forte de ce gouvernement sur ces sujets.

8:52
Présentateur

On va parler du climat dans quelques instants et du retour des Etats-Unis annoncé dans l'accord de Paris sur le climat. D'abord, un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 20 avec Diane Ferchit.

9:00
Invité

La mère de Mia, entendu par les enquêteurs en Suisse, la France a demandé son extradition. C'est dans un squat en Suisse que la mère et l'enfant ont été retrouvés cinq jours après l'enlèvement de la petite fille. Dans les Vos, cinq hommes sont mis en examen dans cette affaire. Déplacement du chef de l'État à Montpellier sur la politique de sécurité au quotidien. La sécurité qui est au cœur de l'entretien d'Emmanuel Macron dans le Figaro. Il assure que chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu'en 2017, que son objectif de 10 000 policiers supplémentaires d'ici la fin du quinquennat sera tenu.

Réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne sur le sort d'Alexei Navalny, l'opposant russe emprisonné est malade. En grève de la faim, le chef de la diplomatie allemande évoque une dégradation très préoccupante de son État et demande aux autorités russes de lui fournir de toute urgence un traitement médical adéquat. Le projet défavorisera un grand nombre de clubs réactions sur France Info de la ministre des Sports, Oksana Maracinehanou, après que 12 grands clubs européens ont annoncé leur ambition de créer une super ligue de football en concurrence avec la Ligue des Champions. L'UEFA les menace d'exclusion des compétitions nationales et internationales.

Les joueurs pourraient se voir refuser la possibilité de représenter leur équipe nationale.

10:10
Locuteur non identifié

Avec l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot,

10:18
Présentateur

un sommet international sur le climat est prévu en fin de semaine avec autour de la table les deux plus gros pollueurs au monde, la Chine et les États-Unis, qui signent leur retour sur ce sujet avec le nouveau président Joe Biden. Ça, c'est une bonne nouvelle pour le climat au niveau mondial ?

10:32
Yannick Jadot

Bien sûr, bien sûr.

10:34
Présentateur

C'est significatif ?

10:35
Yannick Jadot

C'est très significatif, c'est un signal politique très fort. Vous savez que l'accord de Paris, qui avait été signé en 2015, était aussi le résultat d'un accord qui avait été passé entre les États-Unis, à l'époque c'était Obama et la Chine. Donc c'est très important. Ils comptent énormément, au-delà de leur pollution, dans la dynamique des politiques climatiques. On entend le président Biden qui va fortement renforcer les objectifs climatiques des États-Unis. Ça doit se faire dans le cadre des Nations Unies, des négociations de Glasgow qui vont se faire à la fin de l'année. Mais le signal politique est très important.

Ce qui est essentiel, et on le voit avec ce qui s'est passé sur l'agriculture en France, on le voit avec les feux de forêt, les inondations, les cyclones qui viennent percuter aujourd'hui nos sociétés, on a une violence du dérèglement climatique qui est en train de s'installer. Il faut agir beaucoup plus, beaucoup plus rapidement. Et surtout, moi ce que j'aimerais, c'est ce que fait Joe Biden aujourd'hui aux États-Unis, c'est qu'il met en scène, et il va le mettre en action grâce à un grand plan de relance, tous les bénéfices qu'on peut tirer de la lutte contre le dérèglement climatique.

Les emplois dans les énergies renouvelables, les emplois dans l'isolation de nos logements, dans la transition de notre modèle agricole, dans l'économie circulaire.

12:00
Invité

C'est ce que ne fait pas assez Emmanuel Macron en France ?

12:02
Yannick Jadot

On a vu avec la loi climat. Vous savez, il y a un juge de paix aujourd'hui sur le climat en France. C'est le Haut Conseil pour le climat, installé par le Président de la République. Ce sont nos meilleurs experts, nos meilleurs scientifiques, qui font un constat dramatique pour notre pays. Ils disent que la France doit faire 3 à 5 fois plus. 3 à 5 fois plus. Donc c'est un manque d'ambition. Et dit, la France est dans la queue de peloton européen sur la rénovation de nos logements, sur les énergies renouvelables. Donc il va être temps de faire beaucoup plus. Ce que moi je propose avec les écologistes, c'est qu'on ait un plan de relance dans notre pays autour de 40 milliards d'euros par an.

C'est l'équivalent rapporté.

12:51
Invité

Une partie du plan de relance, c'est 100 milliards, qui est consacrée à l'écologie.

12:54
Yannick Jadot

Oui, mais aujourd'hui, vous voyez bien que l'argent ne sort pas. Vous voyez bien qu'il n'y a rien sur les énergies renouvelables. Vous voyez bien qu'au contraire, l'attitude, le discours du gouvernement, c'est plutôt de dire, oh là là, l'éolien, ça ne marche pas, ça défigure. Oh là là, il ne faut pas investir sur telle chose, telle chose. Vous voyez bien que sur le quinquennat, on a réduit l'investissement sur la rénovation des logements. Donc, on n'est vraiment pas à la hauteur de ce qu'il pourrait faire, alors que c'est ce que dit Biden, c'est ce que nous proposons depuis tant d'années.

Nous devons, d'un côté, investir sur la recherche, l'innovation industrielle, la mise en œuvre de cette transition écologique. Ce sont des centaines de milliers d'emplois. Et de l'autre, comme le fait Biden, et c'est le contraire que veut faire ce gouvernement, investir sur la réparation de notre société, l'hôpital, l'école, la police.

13:47
Invité

Emmanuel Macron, on a parlé de la transition écologique, justement, dans un entretien à la chaîne américaine CBS. On l'écoute.

13:54
Locuteur non identifié

Si vous allez à la Maison Blanche ou au Palais de l'Elysée pour dire « Maintenant, il va falloir vous adapter et payer plus cher », je peux vous assurer que vous accroîtrez les inégalités sociales. J'ai moi-même fait une erreur de ce genre en 2018, lorsque nous avons sous-estimé les effets de ce type de mesures sur les classes moyennes.

14:18
Invité

Il met en garde contre l'écologie punitive, et là, il faisait allusion aux gilets jaunes qui sont descendus dans la rue, donc après la volonté d'instaurer une taxe sur les carburants. Là, il reconnaît une erreur. L'écologie, donc, à marche forcée, ça ne marche pas.

14:30
Yannick Jadot

Mais c'est quand même extraordinaire que le président de la République, qui sera quand même un président de l'échec sur l'action climatique, aujourd'hui considère que l'écologie, ça n'est pas bon pour le social. Écoutez ce que j'ai dit.

14:47
Présentateur

Il dit qu'il faut faire attention à la manière dont on met en place la forme de l'écologie.

14:51
Yannick Jadot

Mais vous savez, moi, j'ai participé aux négociations du Grenelle de l'environnement. C'était sous le président Sarkozy, quand il est arrivé au pouvoir en 2007. Qu'est-ce qu'on disait à l'époque ? Toute fiscalité carbone, toute fiscalité sur l'énergie pour réduire nos consommations, pour envoyer ce signal à l'industrie d'investir autrement, doit être compensée socialement. Sous la présidence Sarkozy, ça ne s'est pas fait parce qu'il ne voulait pas compenser socialement. Ça a été mis en place sous la présidence Hollande sans compensation sociale. Ça a été accéléré. Mais justement, ça se dit à Emmanuel Macron. Oui, mais...

Il dit j'ai fait une erreur et maintenant je ne l'en ferai pas à nouveau. Vous avez vu la compensation sociale ? se mettre en place ? Vous avez vu l'investissement se faire sur la rénovation du logement ? Vous voyez ? Pardon ?

15:37
Invité

Ma prime rénov', c'est quoi ?

15:38
Yannick Jadot

Ma prime rénov', c'est un slogan, très bien. En 2018, c'est plus qu'un slogan. En trois mois, il y a eu autant de... D'accord, 200 000. En 2018, on était un million de bénéficiaires sur le CITE. Un million de bénéficiaires. Ils ont, après 2018, réduit le budget sur la rénovation thermique à travers le plan de relance. Ils en remettent un peu, mais on n'est même pas au niveau de 2018. Mais ma prime rénov', c'est 200 000 en trois mois contre 200 000 l'an dernier. Mais tant mieux. Mais regardez... Donc ça marche. Mais tant mieux s'il y a déjà 200 000. Mais on a près de 5 millions de passoires thermiques dans notre pays, c'est-à-dire des logements qui consomment énormément.

On a 12 % de la population qui est en précarité énergétique. Je lisais encore il y a quelques jours...

16:23
Invité

Les passoires thermiques, c'est fini en 2028, selon l'OQIMA.

16:25
Yannick Jadot

Non, non, excusez-moi.

16:27
Présentateur

1 800 000 passoires thermiques, en tout cas, qui sont soit retirés du marché de la location, soit les propriétaires ont l'obligation de faire des travaux avant de louer.

16:34
Yannick Jadot

Ça ne veut pas dire que ce sera rénové. Malheureusement, on retarde en permanence les échéances. Je lisais le butin de la fondation Abbé Pierre. Je veux dire, il y a un enjeu tel de précarité énergétique et de lutte contre la pauvreté. Ce que je propose, moi, à travers ma plateforme 2022 L'Écologie, c'est qu'il n'y ait aucun coût, aucune charge pour les populations vulnérables, les familles en difficulté financière qui vivent dans des passoires énergétiques.

Malheureusement, ce gouvernement refuse de le faire, alors que d'autres pays européens, profitant aussi du fait que investir aujourd'hui, c'est créer de l'emploi, investir publiquement, se fait à très faible coût, puisque vous pouvez emprunter à 30-40 ans à 0%. C'est rentable, ça crée de l'emploi. Et malheureusement, le gouvernement refuse, avec le président Macron, de faire du climat, non pas une contrainte, mais une extraordinaire opportunité pour la recherche, pour l'emploi, pour nos industries dans notre pays.

17:34
Présentateur

Yannick Jadot, l'union de la gauche est-elle possible pour l'an prochain ? Vous répondez à cette question dans quelques instants, juste après un coup d'œil sur le fil, Info à 9h moins 10, avec Diane Ferchit.

17:42
Invité

La sécurité et la lutte contre la drogue, priorité d'Emmanuel Macron. Il annonce dans le Figaro la tenue d'un grand débat national sur les stupéfiants et leurs effets. Le chef de l'État, qui dit également souhaiter un changement de la loi après la décision de la Cour de cassation dans l'affaire Sarah Halimi. Changement pour que l'abolition du discernement causé par la prise de drogue n'exonère pas de responsabilité pénale. Le procureur de la République s'attend à de nouvelles interpellations dans l'affaire Mia, la petite fille enlevée de chez sa grand-mère maternelle. Mardi a été retrouvée hier dans un squat en Suisse aux côtés de sa mère.

Celle-ci est en garde à vue comme son mise en examen. La Super Ligue de football voulue par 12 grands clubs européens, ce serait un véritable séisme pour le foot mondial, réagit sur France Info. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, elle dit faire confiance aux instances européennes et internationales du football face à ce projet qui défavoriserait un grand nombre de clubs. C'est un exploit qui doit se dérouler sur mars ce matin. Le vol d'un petit hélicoptère Ingenuity, c'est son nom, embarqué sur le rover Perseverance, principale incertitude, les vents qui peuvent compromettre ce vol qui doit durer une quarantaine de secondes. France Info

18:47
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info, Saria Brachia, Laurence Enéchal.

18:52
Invité

Toujours avec Yannick Jadot, députée européen Europe Écologie Les Verts. Toutes les composantes de la gauche se sont réunies ce week-end à votre initiative, un peu plus de trois heures ensemble dans la même salle. On essaie de comprendre ce qui s'est dit parce que le problème c'est que selon les participants, les versions changent. Écoutez d'abord Olivier Faure, le patron des socialistes, suivi d'Éric Coquerel de la France Insoumise.

19:14
Locuteur non identifié

Dans un an, il y aura pour les écologistes, pour les socialistes, pour les radicaux, il y aura un candidat et un projet commun. c'est l'engagement que chacun a pris ce matin dans cette réunion. Bon, il fait le forcing. Il fait le forcing pourquoi ? Pour installer une candidature commune on va dire de centre-gauche. Voilà, on recommence avec Europe Écologie il pèse, on sait que c'est ce qu'il veut depuis longtemps et donc il tente comme ça de mettre tout le monde sur le fait accompli. Sauf que dans la réunion d'hier, toutes les autres forces, personne n'imaginaient un rassemblement sans Jean-Luc Mélenchon et France Insoumise.

19:51
Invité

Bon, alors qui dit la vérité ? Il s'est enflammé Olivier Faure ou Éric Coquerel se trompe ?

19:55
Yannick Jadot

Ce qui était important dans cette réunion, un, c'est que la gauche, toutes les sensibilités de la gauche et les écologistes se parlent. Ce n'était pas arrivé depuis des années. Deuxièmement, nous avons conclu sur le fait qu'il fallait se mobiliser ensemble sur un certain nombre de combats, que ce soit des combats en positif sur une vraie loi climat, sur...

20:17
Présentateur

Vous allez défendre des objectifs en commun y compris s'il y a plusieurs candidats.

20:22
Yannick Jadot

On peut se mobiliser ensemble. Vous voyez bien le scandale absolu de la réforme de l'assurance chômage qui va baisser les indemnités pour plus d'un million de personnes les plus vulnérables dans un moment de pandémie qui est une... On voit l'explosion de la pauvreté et de la précarité.

20:37
Invité

Donc vous allez trouver des causes communes.

20:38
Yannick Jadot

Mais il y a aussi évidemment la perspective de 2022. Il y a une perspective, un processus qui est engagé avec Jean-Luc Mélenchon, autour de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise. Lui, il est déjà candidat. Il est déjà candidat. Il porte son projet, il porte son programme, il fait campagne et c'est parfaitement légitime de sa part de vouloir faire ça. Mais vous vous rendez bien compte que pour le reste des formations politiques, ça ne peut pas être de se rallier à Jean-Luc Mélenchon ou à disparaître. Et pourquoi pas ? Parce qu'il y a aujourd'hui dans des aspects de fond, des différences notables entre ce que porte Jean-Luc Mélenchon et ce que moi, par exemple, je peux porter.

Donc on va en parler. Moi, j'espère qu'à la fin, nous allons converger. Mais ce que je souhaite, c'est qu'il y ait une candidature de rassemblement autour de l'écologie, du social, de la démocratie, de la République, de l'Europe. Mais ça veut dire

21:34
Présentateur

que vous demandez à Jean-Luc Mélenchon de changer son programme alors qu'il a déjà été...

21:37
Yannick Jadot

Si vous voulez faire un rassemblement, il faut qu'on puisse discuter d'un projet en commun. D'ailleurs, on s'est tranquillement expliqué... Donc là, c'est impossible de discuter. Non, on s'est tranquillement expliqué avec Éric Coquerel. Lui, il dit, moi, je ne veux pas discuter d'un projet commun. Je veux bien qu'on discute de nos projets respectifs. Tout ça est parfaitement légitime. Il est important que les formations politiques, que les électorats arrêtent de se disqualifier sur ce champ politique. Mais ce qui est certain, c'est que moi, je suis porteur à la fois d'un contrat de gouvernement, de celles et de ceux qui sont prêts à travailler à un contrat de gouvernement.

Donc ça veut dire quoi ? Un projet. Ça veut dire un accord en vue de l'Assemblée nationale. Mais ça veut dire aussi une candidature commune. C'est pas le projet de Jean-Luc Mélenchon, soit, mais ça ne peut pas empêcher les autres d'y travailler tranquillement.

22:29
Invité

Sauf que ce que vous proposez là, on l'a déjà vu en 2017, en fait, c'était la candidature de Benoît Hamon avec les socialistes et les écologistes réunis. Et ça a fait 6% à la présidentielle. Écoutez,

22:38
Yannick Jadot

on peut faire toutes les références qu'on veut.

22:41
Invité

Benoît Hamon lui-même l'a faite, cette référence.

22:43
Yannick Jadot

Eh bien, écoutez, moi, je pense qu'aujourd'hui, un projet autour de l'écologie, de la justice sociale, de la démocratie et de la République, autour de cette écologie innovante, responsable, cette écologie de solution que je défends, je pense que ce projet-là peut gagner l'élection présidentielle. Vous savez,

23:02
Présentateur

c'est pour ça qu'il faut

23:06
Yannick Jadot

une candidature de rassemblement. C'est pour ça qu'il faut une candidature commune.

23:09
Présentateur

La France Insoumise vous dit que c'est Yannick Jadot. C'est Yannick Jadot. C'est Jean-Luc Mélenchon qui est devant dans les sondages, donc Yannick Jadot devrait être à Yannou.

23:15
Yannick Jadot

Écoutez, regardez les sondages un an avant les élections de toutes les précédentes présidentielles. En 2006, c'est Ségolène Royal qui doit gagner, Bayrou est à 5%, il finira à 19%. En 2012, pour l'élection présidentielle, un an avant, c'est Dominique Strauss-Kahn qui doit gagner largement. En 2017, un an avant, c'est Alain Juppé qui doit gagner très largement. Donc je pense qu'il faut être extrêmement réservé sur le caractère prédictif des sondages. En revanche, ce que ces sondages disent, c'est que divisé, nous échouons. Et donc, moi, je veux porter ce processus de rassemblement et j'espère qu'à la fin, ça convergera avec Jean-Luc Mélenchon.

Mais ça ne peut pas être soit le ralliement à Jean-Luc Mélenchon, soit nous disparaissons.

24:03
Invité

Et qui pour porter cette candidature commune ? Parce qu'on rappelle que chez vous, chez les écologistes, il y a une primaire qui sera organisée en septembre. Vous-même, vous serez candidat ?

24:12
Yannick Jadot

Vous savez, ma position de cette élection présidentielle, ce n'est pas le moment des candidatures. Parce que si nous commençons par les candidatures, tout ce processus... Vous en parlez là, dès aujourd'hui, la candidature commune. Oui, je parle d'une candidature commune. Mais si nous commençons par les personnes, si nous commençons par les candidatures, nous échouerons collectivement. Donc là, l'engagement qui a été pris, c'est de travailler à ce contrat de gouvernement. Travaillons sur ce qui nous rassemble. Travaillons pour faire un projet qui répond aux difficultés du quotidien des Français et qui donne un grand dessin pour notre pays.

24:47
Présentateur

Mais là, potentiellement, les électeurs d'Europe Écologie Les Verts vont voter pour désigner un candidat en septembre et un mois plus tard, ils pourraient se désister au profit d'un autre.

24:56
Yannick Jadot

Il y a un processus qui se met en place. Laissons le temps. Voyez bien qu'il y a un processus qui se met en place qui est un processus enthousiaste, qui est un processus qui assume la gravité politique du moment. L'extrême droite peut, dans notre pays, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, accéder au pouvoir. Vous avez un président de la République qui, aujourd'hui, à la fois, on peut s'interroger sur sa gestion de la pandémie, on doit surtout constater l'échec sur l'écologie, l'échec sur l'égalité des territoires, l'affaissement de la démocratie. Et on ne peut pas se résigner à ce moment de déclassement de notre pays que chacune, chacun ressent.

On est le pays qui n'a pas de vaccins. On est des sous-traitants, des laboratoires pharmaceutiques où nous mettons juste en flacon. On ne peut pas se résoudre à ça et donc ayons une grande espérance, un grand espoir autour de l'écologie.

25:57
Présentateur

Yannick Jadot, bonne journée à vous. Merci beaucoup.

Drogue, laïcité, union de la gauche... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot — Yannick Jadot · Pourquijevote