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InterviewSUDRADIO· 18 août 2026 12 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & élections

Aides en Gironde : « On nous promettait l’artillerie lourde, c’est un pistolet à eau »

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous avez pensé de cette visite, vous, M. le maire ?

  • 1:58OuverteRéponse partielle

    Quelles sont les aides précises ?

  • 2:19RelanceRéponse directe

    C'est-à-dire que tant toutes les expertises ne sont pas faites, de toute façon le début des travaux ne peut pas commencer.

  • 3:29OuverteRéponse directe

    Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faudrait faire des investissements tout de suite pour éviter ces inondations ?

  • 4:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que le département peut le faire ? Est-ce que la région peut le faire ? Ou bien, est-ce qu'il aurait fallu que des investissements plus lourds proviennent de Paris, comme on dit ?

  • 5:03OuverteRéponse directe

    Vous en avez parlé avec le Premier ministre ou avec les services de l'État de cela, hier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:06PrésentateurChiffre
    « Alors les chiffres ont varié, on a parlé de 12 millions d'euros, et puis maintenant on parle de 100 millions d'euros d'aides au total consacrées à la région. »
  • 0:24InvitéFait
    « Écoutez, sur les chiffres, 12 millions, ça concerne en réalité l'aide aux collectivités locales, et le chiffre de 100 millions, c'est la prise en compte d'allègements de cotisations sociales ou d'impôts pour les entreprises qui ont été impactées. »
  • 0:39InvitéFait
    « Mais voilà, on voit bien que c'est un pistolet à eau, on nous promettait l'artillerie lourde, c'est ce qu'a dit M. Lecornu. »
  • 2:46InvitéChiffre
    « D'abord, la forêt, il va falloir couper 42 000 hectares pour que les pertes soient les plus limitées possibles et réutilisées en énergie bois, par exemple, ou pour les papeteries. »
  • 3:06InvitéChiffre
    « Pourquoi ? Parce qu'en pain maritime, ça consomme 125 litres d'eau par jour. Vous multipliez par 42 000 hectares et vous voyez le résultat que ça peut donner. »
  • 5:16InvitéFait
    « on nous avait annoncé des Canadair dans le Sud-Ouest. On les attend toujours. »
  • 5:33InvitéChiffre
    « Hier, on avait cinq ministres avec le Premier ministre, tout ça pour annoncer 12 millions d'euros pour les collectivités, si vous voulez. »
  • 6:40InvitéFait
    « puisqu'on fait partir les missiles pour Brest depuis Saint-Médard-Angeal. »
  • 7:06InvitéFait
    « des pyrots cumulonimbus, par exemple. »
  • 10:19InvitéFait
    « ces aides sont valables à condition que le budget soit voté. »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur24 %

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0:00
Présentateur

Mais tout d'abord, on va avec vous évoquer le déplacement de Sébastien Lecornu, le Premier ministre, qui estime... Alors les chiffres ont varié, on a parlé de 12 millions d'euros, et puis maintenant on parle de 100 millions d'euros d'aides au total consacrées à la région. On ne sait plus très bien qui croire et comment sont faits les additions. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette visite, vous, M. le maire ?

0:24
Invité

Écoutez, sur les chiffres, 12 millions, ça concerne en réalité l'aide aux collectivités locales, et le chiffre de 100 millions, c'est la prise en compte d'allègements de cotisations sociales ou d'impôts pour les entreprises qui ont été impactées. Mais voilà, on voit bien que c'est un pistolet à eau, on nous promettait l'artillerie lourde, c'est ce qu'a dit M. Lecornuillet. Mais en réalité, on a des mesurettes d'urgence qui permettent certes d'accompagner les sinistrés, donc ça c'est plutôt positif, mais qui ne permettent pas d'envisager l'avenir avec sérénité, de faire les investissements dont on aurait besoin. C'est une question de sécurité nationale aujourd'hui.

Les canicules, les incendies, la pollution de l'air qui s'en est suivie, l'évacuation de villes entières, de sites industriels, voilà, c'est ça à quoi nous sommes confrontés aujourd'hui, dès cet été. Et l'avenir s'annonce quand même difficile si on écoute les scientifiques et ce qu'ils imaginent pour les 30 années qui arrivent. Donc on attend autre chose de l'État quand même qu'un comportement d'assureur qui accompagne les gens pour remplir leur déclaration de sinistre, c'est bien, mais 12 millions pour les collectivités concernées Girondelande, c'est l'équivalent de mon budget d'entretien des bâtiments, si vous voulez. Donc ça vous donne un ordre de grandeur.

1:47
Présentateur

Effectivement, Stéphane Delpera-Vincent, je rappelle que vous êtes maire de Saint-Médard-Angeal, vous dites, on attend autre chose qu'un comportement d'assureur. Quelles sont les aides précises ? On a parlé de délivrance de permis de construire de moins d'un mois. Bon, ça j'imagine que c'est positif, mais ça n'enlève pas toute la période durant laquelle il va falloir dépolluer, nettoyer, puis ensuite, et toute cette période incompressible dont les assureurs sont responsables. C'est-à-dire que tant toutes les expertises ne sont pas faites, de toute façon le début des travaux ne peut pas commencer. Et ça, ce temps-là, il va durer probablement au moins une année.

2:27
Invité

Oui, c'est ça, parce qu'en réalité, le permis sur un mois, toutes les mairies savent faire ça. Si l'État, en effet, ne prend pas six mois pour nous répondre ou ne met pas des bâtons dans les roues, c'est quelque chose de très facile. Mais vous avez raison de dire qu'il y a des choses très lourdes à faire. D'abord, la forêt, il va falloir couper 42 000 hectares pour que les pertes soient les plus limitées possibles et réutilisées en énergie bois, par exemple, ou pour les papeteries. Mais ça ne suffira pas. On risque d'avoir des inondations cet hiver et importantes, notamment du côté du bassin d'Arcachon avec le bassin versant. Pourquoi ?

Parce qu'en pain maritime, ça consomme 125 litres d'eau par jour. Vous multipliez par 42 000 hectares et vous voyez le résultat que ça peut donner. Si on a des pluies abondantes en plus cet hiver, ça va être catastrophique. Donc, c'est des investissements énormes. Et puis, surtout, pour préparer la sécurité du pays. Qu'est-ce que ça veut dire ?

3:24
Présentateur

C'est intéressant ce que vous nous dites, Stéphane Delpera, Vincent. Sur ce point précis, parce que vous nous prévenez de possibles inondations, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faudrait faire des investissements tout de suite pour éviter ces inondations ? Quel type d'investissement ?

3:36
Invité

Il faudrait évidemment entretenir les fossés, mais il va falloir prévoir également des travaux plus importants pour essayer de conduire l'eau sans qu'elle aille polluer, par exemple, les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon, voir qu'elle déboule dans certaines communes du bassin d'Arcachon. Donc, il va falloir creuser, modifier les fossés, faire des tranchées, s'assurer que l'eau reste au maximum sur place. Et ça, c'est des travaux très importants.

4:05
Présentateur

Ce sont des travaux d'aménagement, en réalité. Est-ce que le département peut le faire ? Est-ce que la région peut le faire ? Ou bien, est-ce qu'il aurait fallu que des investissements plus lourds proviennent de Paris, comme on dit ?

4:18
Invité

C'est-à-dire qu'il faut que les sylviculteurs, dont c'est la responsabilité, le fassent. Mais vous imaginez qu'ils ne peuvent pas faire ça dans la situation économique dans laquelle ils se trouvent. Donc, il faut qu'en effet, l'État soit au rendez-vous, et qu'il soit au rendez-vous pour préparer la suite, la reconstitution de cette forêt, alors qu'il ne peut pas se reconstituer à l'identique, même si ça restera du pain maritime. Il faut aussi des zones agricoles, des zones tampons, pour protéger les villes. Il faut faire en sorte que l'eau soit gardée dans les sols. Voilà, c'est des investissements très importants.

De manière générale, nous ne sommes pas prêts aux événements climatiques auxquels nous allons faire face dans les prochaines années. Vous savez, quand on peut l'adaptation...

5:00
Présentateur

Il y a quelque chose que je ne comprends pas, Stéphane Delpera, Vincent. Vous en avez parlé avec le Premier ministre ou avec les services de l'État de cela, hier ?

5:08
Invité

Oui, on parlait et crie depuis déjà des années, puisqu'en 2020... Bon, si vous voulez, en 2022, on nous avait annoncé des Canadair dans le Sud-Ouest. On les attend toujours. Donc, si vous voulez, moi, je crois plus trop à ce genre de discours, de promesses, de communication gouvernementale. Hier, on avait cinq ministres avec le Premier ministre, tout ça pour annoncer 12 millions d'euros pour les collectivités, si vous voulez.

Non, il faut vraiment prendre le taureau par les cornes, parce qu'encore une fois, c'est une question de sécurité pour les Françaises et les Français, est-ce qu'ils vont pouvoir vivre dans un pays en sécurité, qui préserve leur santé, avec une autre qualité, avec un air respirable, des températures supportables, des bâtiments publics adaptés ? C'est ça, l'enjeu, tout simplement, des années qui viennent. Ce n'est pas avec 12 millions d'euros, si vous voulez, qu'on va arriver à faire ça, quoi.

6:00
Présentateur

Oui, Stéphane Delpera, Vincent, maire de Saint-Médard-Angeal, il y a aussi un autre enjeu, c'est les aménagements autour de la forêt, parce qu'il y a un certain nombre d'interlocuteurs et d'acteurs locaux qui nous disent qu'il faut créer des pare-feux beaucoup plus larges. Ça nécessite peut-être des destructions et des réaménagements. Est-ce qu'on est prêt à ça dans les environs ?

6:23
Invité

Oui, bien sûr. Moi, j'en parle avec les civiculteurs. Si vous voulez, on a eu un méga-feu qui avançait à 1 km par heure, qui s'est arrêté à 7 km de ma ville, ville dans laquelle j'ai des sites industriels extrêmement sensibles, y compris un site nucléaire, puisqu'on fait partir les missiles pour Brest depuis Saint-Médard-Angeal. Donc, vous imaginez la situation. Donc, évidemment qu'il faut des bandes, notamment d'exploitation agricole, autour des villes. Il faut restaurer des zones humides, parce que la lutte contre les incendies dépend beaucoup de l'hygrométrie. Dans les périodes de sécheresse, si on a des sols comme ils sont aujourd'hui, les pompiers ne peuvent pas travailler.

Ils sont face à des feux absolument monstrueux, des pyrots cumulonimbus, par exemple. Et donc, c'est des travaux d'aménagement importants, mais c'est vrai aussi pour isoler nos écoles, nos EHPAD, changer les systèmes de chauffage climatisés, bien sûr, pour les plus fragiles. Enfin, voilà, ce sont des travaux absolument énormes. Il faudrait un... Moi, je parlais d'effort de guerre, c'est-à-dire qu'il faut qu'on mobilise nos ingénieurs, nos agriculteurs, nos entreprises, bref, que tout le monde s'y mette pour préparer le pays, comme les Hollandais l'ont fait après avoir été noyés sous la mer après-guerre.

Il y a eu des milliers de morts, ils ont fait les polders, ils ont travaillé sur leur paysage, sur l'eau, pour éviter de nouvelles catastrophes. Bon, ben, c'est à ça que nous sommes aujourd'hui confrontés. Rendez-vous compte, il y a même des feux en Belgique. Donc, il faut vraiment que l'Europe se réveille et se mette en tête de protéger ses citoyens, parce que l'enjeu, il est là.

7:56
Présentateur

Vous citez l'Europe, justement, Stéphane Delpera-Vincent, et d'ailleurs, vos propos nous font vraiment mesurer l'ampleur des investissements qu'il faudrait consacrer à la région. Est-ce qu'avec la région aquitaine, vous pourriez porter le fer, justement, auprès de l'Union européenne ? Parce que j'ai envie de dire, c'est un peu peine perdue, Paris, en ce moment. Donc, est-ce qu'il n'y a pas peut-être un coup à jouer avec l'Europe ? Parce que là, les investissements sont plus lourds, sont plus importants. Et puis, on peut planifier sur un certain nombre d'années.

8:28
Invité

Ah oui, je partage complètement votre avis. C'est vrai que la France, aujourd'hui, a des difficultés budgétaires, même si elle se les fabrique parfois elle-même. Mais en tout cas, l'Union européenne a des capacités d'intervention. D'abord, ça sera nécessaire pour la protection civile. Il va falloir doubler les moyens, parce que vous l'avez vu cet été, la Grèce, l'Espagne, la France, l'Allemagne, la Belgique, les feux sont partout. Donc, à un moment, nos moyens seront limités. Et puis, l'Europe, elle doit choisir son avenir. Est-ce qu'elle veut devenir un continent qui décline ? Un continent dont le climat change, qui est en manque d'eau, qui est face à des canicules, à des méga-feux ?

Où est-ce qu'elle se réveille ? Et elle fait les investissements qui vont bien pour assurer la sécurité de sa population et sa compétitivité. Parce que l'économie, l'agriculture, moi, j'ai une pensée pour nos agriculteurs qui vivent des moments absolument terribles avec la sécheresse que nous connaissons depuis maintenant quelques semaines et qui se demandent quel sera leur avenir. Est-ce qu'on veut rester un continent où c'est possible de travailler, c'est possible d'investir, d'avoir une économie qui fonctionne, une agriculture qui fonctionne ? C'est ça, les vraies questions à se poser pour l'Union européenne aujourd'hui.

Plutôt que de multiplier les règlements qui fatiguent tout le monde et qui compliquent la vie de tout le monde, il faut que l'Europe devienne le fer de lance de l'investissement pour garder un continent habitable, compétitif et qui reste un continent où on peut vivre et travailler.

9:52
Présentateur

Monsieur le maire de Saint-Médard-Angeal, pour finir, vous diriez que la visite de Sébastien Lecornu hier, c'était une opération de communication parce qu'à vous entendre là, on a l'impression qu'on est quand même très loin du compte.

10:04
Invité

Ah oui, moi je suis dégoûté et je suis vraiment en colère quand j'ai vu ce matin qu'il en faisait un argument de chantage pour le vote du budget à l'Assemblée nationale. Quand j'ai ouvert mon quotidien régional ce matin, j'ai vu une déclaration de Monsieur Lecornu, ces aides sont valables à condition que le budget soit voté. Non mais franchement, refuser d'aller voir les habitants du port, hier comme il l'a fait, je les ai eus, je peux vous dire qu'ils sont très remontés, et nous dire le lendemain après avoir annoncé quelques mesurettes, ah non mais c'est pas sûr, pour ça il faut que le budget soit voté.

Je ne sais pas si c'est de l'incompétence ou si c'est du cynisme, mais franchement ça m'a fait mal au cœur ce matin.

10:43
Présentateur

Et en plus ça c'est quelque chose qu'il ne vous a pas dit sur place, vous l'avez découvert vous dans les journaux ce matin ?

10:47
Invité

Oui, on l'a découvert ce matin dans la presse, que c'était en réalité une opération politique avec quelques mesurettes pour nous dire après mais attention, il faut bien voter à l'Assemblée nationale, sinon vous ne l'aurez pas. Franchement, on est tombé bien vers dans ce pays.

11:02
Présentateur

On vous sent écoeuré, Stéphane Delpera, Vincent.

11:04
Invité

Oui, franchement, je suis écoeuré parce que moi ce qui me préoccupe dans la vie, vous savez, ce n'est pas les petites polémiques, c'est la sécurité de mes concitoyens. Moi j'ai vu les évacuations dans des EHPAD, j'ai vu le retour des personnes âgées dans des états de souffrance importants, je vois la détresse psychologique, les problèmes de santé, les difficultés auxquelles nous devons faire face nos agriculteurs aujourd'hui qui sont en train de mourir et tout ça pour avoir des petites opérations de com et des menaces sur les votes à venir à l'Assemblée nationale. Franchement, ce n'est pas à la hauteur.

11:35
Présentateur

Merci infiniment, Stéphane Delpera, Vincent, maire de Saint-Médard, de nous avoir consacré du temps sur Sud Radio.