Budget, sécheresse, canicule... Le "8h30 franceinfo" de Sylvain Maillard
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:01OuverteRéponse directe
Bonjour Sylvain Maillard, on va parler avec vous de cybersécurité ce matin et de la réponse à apporter à ces attaques répétées que l'on voit venir depuis quelques semaines maintenant.
- 0:13OuverteRéponse directe
On va parler aussi de la présidentielle, mais avant cela, on l'a appris hier soir, le gouvernement renonce finalement au doublement des franchises médicales, ce reste à charge que l'on paye chez le médecin ou pour les médicaments. Le gouvernement souhaitait faire passer cette somme de 100 euros à 200 euros par an, c'était trop ?
- 0:46FerméeRéponse partielle
Vous le regrettez ?
- 1:17OuverteRéponse directe
Sylvain Maillard, la ministre, a aussi dit qu'il y aura une augmentation de cette franchise, on ne sait pas de combien. Est-ce que vous avez une idée de combien ?
- 1:27RelanceRéponse partielle
Mais c'est curieux, c'était présenté comme une nécessité début juillet, là, ce n'est plus le cas. Fin août, qu'est-ce qui s'est passé entre-temps, selon vous ?
- 1:58OuverteRéponse directe
En l'occurrence, la question des franchises médicales, c'était un point particulièrement urtiquant pour la gauche. La gauche avec laquelle le gouvernement espère nouer un accord, réussir peut-être à avoir une censure pour faire passer le budget.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Écoutez, il va falloir faire des économies, et donc on voit bien qu'il y a des ballons d'essai qui sont envoyés par le gouvernement, on en parlera sûrement sur d'autres pistes. »
- 0:54Invité politiqueFait
« En même temps, je pense qu'à un moment il va falloir quand même qu'on trouve des économies, et que les économies doivent être aussi partagées sur ces économies. »
- 1:08Invité politiqueFait
« L'idée, c'est tout simple, c'est qu'on n'ait pas chacun chez nous une pharmacie indépendante, tout simplement, et qu'on fasse un peu plus attention au coût des médicaments. »
- 1:35Invité politiqueFait
« On a trouvé de l'argent ? »
- 1:42Invité politiqueFait
« C'est une situation compliquée, on n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, et qu'il y a un budget qu'il nous faut absolument trouver. »
- 2:26Invité politiqueFait
« Oui, c'est toujours inquiétant. »
- 3:15Invité politiqueFait
« Moi, je pense qu'il faut absolument un budget. Ça, c'est certain. »
- 3:24Invité politiqueFait
« Vous savez, quand on passe en loi spéciale, il y a automatiquement des augmentations qui se font sans discussion. Par exemple, l'augmentation de la revalorisation des retraites, il est fait au 1er janvier. »
- 4:53Invité politiqueFait
« Moi, à titre personnel, j'y suis défavorable. Je suis défavorable parce que je pense que c'est l'arbre qui cache la forêt. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Ben oui, évidemment. Donc, nous, ce que nous proposons, c'est que nous voulons des réformes. »
- 5:18Invité politiquePromesse
« Et la réforme des retraites, par exemple, nous souhaitons qu'il y ait une retraite, qu'on lance la retraite par capitalisation. »
- 6:23Invité politiqueFait
« Comment vous faites pour trouver un équilibre ? Ça n'existe pas. Donc forcément, comme dans tous les autres pays, moi je suis beaucoup en Allemagne, il y a moitié par répartition, moitié par capitalisation. »
- 6:55Invité politiqueChiffre
« On est déjà les champions du monde. »
- 7:02Invité politiqueChiffre
« Je me souviens, au temps de Bruno Le Maire, les 10 milliards d'économies qui ont été brutales aussi, qui ont été faites dès 2024. »
- 8:17Invité politiqueChiffre
« 9 feux sur 10 partent du fait d'un geste humain. »
- 9:00PrésentateurChiffre
« 7300 morts en excès par rapport à un été normal. »
- 13:01Invité politiqueFait
« D'abord, il faut revenir sur ce qui s'est passé, qui est très grave, parce qu'on voit bien une démultiplication un peu partout à travers les grandes entreprises. »
- 13:33Invité politiqueFait
« Et évidemment, se dire que le fisc, les informations que nous donnons au fisc puissent être dans la nature, c'est quelque chose qui est juste insupportable. »
- 15:39Invité politiqueFait
« Non, mais en tout cas, ça fait... Est-ce que pense la France insoumise ? »
- 16:03Invité politiqueFait
« Moi, je veux saluer déjà la campagne de Gabriel Attal pendant tout l'été, qui s'est vraiment démenée, pour le coup, a fait vraiment campagne. »
- 17:11Invité politiqueFait
« Vous avez le Rassemblement national qui a déjà sa candidate, Marine Le Pen. Vous avez la France insoumise qui a déjà son candidat, Jean-Luc Mélenchon. »
Temps de parole
- Sylvain Maillard65 %
- Présentateur22 %
- Présentateur 213 %
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Bonjour Sylvain Maillard, on va parler avec vous de cybersécurité ce matin et de la réponse à apporter à ces attaques répétées que l'on voit venir depuis quelques semaines maintenant. On va parler aussi de la présidentielle, mais avant cela, on l'a appris hier soir, le gouvernement renonce finalement au doublement des franchises médicales, ce reste à charge que l'on paye chez le médecin ou pour les médicaments. Le gouvernement souhaitait faire passer cette somme de 100 euros à 200 euros par an, c'était trop ?
Écoutez, il va falloir faire des économies, et donc on voit bien qu'il y a des ballons d'essai qui sont envoyés par le gouvernement, on en parlera sûrement sur d'autres pistes. C'était un ballon d'essai ? Visiblement, puisque ça n'a pas été adopté, que la ministre dit qu'elle ne l'appliquera pas.
Vous le regrettez ?
En même temps, je pense qu'à un moment il va falloir quand même qu'on trouve des économies, et que les économies doivent être aussi partagées sur ces économies. Dire qu'il y a un forfait, puisque vous l'avez parfaitement expliqué, on passe de 100 à 200 euros, donc maximum une dépense de 200 euros, au-delà de 200 euros, ce ne sera plus facturé pour les constituants. L'idée, c'est tout simple, c'est qu'on n'ait pas chacun chez nous une pharmacie indépendante, tout simplement, et qu'on fasse un peu plus attention au coût des médicaments. Ça me semble assez logique.
Sylvain Maillard, la ministre, a aussi dit qu'il y aura une augmentation de cette franchise, on ne sait pas de combien. Est-ce que vous avez une idée de combien ?
Je n'ai aucune idée, on attend impatiemment ce que va proposer Stéphanie Riste.
Mais c'est curieux, c'était présenté comme une nécessité début juillet, là, ce n'est plus le cas. Fin août, qu'est-ce qui s'est passé entre-temps, selon vous ?
On a trouvé de l'argent ? Le gouvernement va devoir proposer un budget et ne veut pas se faire censurer. Et donc, il y a forcément des discussions les uns avec les autres. C'est une situation compliquée, on n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, et qu'il y a un budget qu'il nous faut absolument trouver. Donc, il y a des discussions avec les groupes, les uns et les autres. Donc, il y a des choses qui nous conviennent, ou à Renaissance, d'autres qui ne nous conviennent pas. On discute évidemment avec le gouvernement pour construire ce budget.
En l'occurrence, la question des franchises médicales, c'était un point particulièrement urtiquant pour la gauche. La gauche avec laquelle le gouvernement espère nouer un accord, réussir peut-être à avoir une censure pour faire passer le budget. L'Inspection générale des finances a alerté hier sur les risques majeurs en cas de loi spéciale prolongée. C'est ce texte d'urgence qui permet à l'État de fonctionner quand on n'a pas de budget, justement. Cette loi spéciale, elle risquerait de durer plusieurs mois jusqu'à la présidentielle. Elle pourrait coûter très cher. Est-ce que ça vous inquiète ?
Oui, c'est toujours inquiétant. Tout en sachant, en rappelant que les deux derniers budgets, cette année et de l'année précédente, ont été votés d'abord en loi spéciale. Et puis, on a eu un budget.
Mais ça n'a duré que quelques jours. Là, le risque qui est pointé, c'est que ça dure, en étant en pré-campagne électorale, que ça puisse durer pendant des mois et donc avoir des répercussions bien supérieures à ce qu'on a vécu avec des lois spéciales qui ont duré quelques jours.
Vous avez parfaitement raison. Vous avez parfaitement raison. Nous, on savait, on se disait qu'on allait trouver probablement un équilibre dès la fin février. C'est ce qui s'est passé à chaque fois. Mais là, évidemment, ce ne sera pas possible d'avoir un budget probablement après les élections législatives. Puisqu'il y aura évidemment une dissolution après l'élection présidentielle, c'est-à-dire un vote peut-être en septembre. Donc, on voit bien que ce n'est pas possible.
Ça veut dire que le gouvernement ne doit rien s'interdire, y compris passer par ordonnance ou un 49-3 ?
Moi, je pense qu'il faut absolument un budget. Ça, c'est certain. Enfin, de toute façon, la France a besoin d'un budget. Vous savez, quand on passe en loi spéciale, il y a automatiquement des augmentations qui se font sans discussion. Par exemple, l'augmentation de la revalorisation des retraites, il est fait au 1er janvier. Si vous n'avez pas voté un budget avant qui freine cette augmentation, d'un point de vue constitutionnel, il est automatiquement de l'inflation. Donc là, on voit bien qu'il y a des dépenses contraintes qui sont faites au 1er janvier. Si on n'a qu'une loi spéciale, ça va durer très longtemps et il y aura forcément un dérapage budgétaire.
Sylvain Maillard, le mode d'adoption du budget, il est important. Parce que dans un cas, si on ne julie pas de 49-3, pas d'ordonnance, on fait un accord plutôt avec les socialistes. Et dans l'autre, c'est ce que préconise une partie de la droite, on passe en force. Et donc, on n'a pas besoin de leur donner des gages. La dernière fois, c'était les retraites. On ne sait pas trop ce que ça pourrait être cette fois-ci. Vous qui êtes plutôt de sensibilité libérale, est-ce que vous vous dites, il ne faut pas donner autant à la gauche comme la dernière fois et assumons un passage en force ?
En fait, je ne comprends pas bien le raisonnement. Parce que de toute façon, s'il y a un passage qui est estimé en force par les oppositions, les oppositions coalisées, le RN avec LFI, avec l'EPS et les écologistes, s'ils sont coalisés ensemble, de toute façon, ils font tomber le gouvernement. Donc, je ne comprends pas bien le calcul de dire, on va faire en sorte d'avoir un texte et puis finalement, les oppositions pourront rien dire. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Il faudra négocier. De toute façon, vous devrez, il n'y aura pas le choix.
Et vous l'avez dit, il va falloir trouver des économies dans ce budget. On parle de sous-indexer les pensions de retraite des plus aisées. Est-ce que ça, ça pourrait être une solution satisfaisante ?
Moi, à titre personnel, j'y suis défavorable. Je suis défavorable parce que je pense que c'est l'arbre qui cache la forêt. L'année dernière, on nous a dit, on suspend les retraites, la réforme des retraites. Bon, nous, on a dit, si on suspend la réforme des retraites, il y aura d'autant moins d'argent pour les retraités. Et puis, l'année d'après, on nous dit, en fait, il n'y a plus d'argent pour les retraités. Ben oui, évidemment. Donc, nous, ce que nous proposons, c'est que nous voulons des réformes. On propose plusieurs réformes. Ah oui, c'est compliqué de porter des réformes. Mais il faut des réformes structurelles.
Et la réforme des retraites, par exemple, nous souhaitons qu'il y ait une retraite, qu'on lance la retraite par capitalisation.
Sylvain Maillard, il n'y a aucune majorité pour faire passer une réforme de ce type. Là, la question, c'est comment on fait pour le prochain budget, pour les prochains mois.
Mais je n'en suis pas certain de ce que vous dites. Que la majorité des députés sur des projets structurels ne sont pas là, je ne suis pas forcément d'accord avec vous. Moi, je pense qu'il faut... Un gouvernement, il est là aussi pour porter des réformes structurelles. Vous savez, le coup de rabot, c'est ce qu'on est en train de faire. C'est-à-dire trouver de l'argent de partout. À un moment, il y a des limites. Et d'ailleurs, on va en parler. Vous avez commencé en disant, regardez sur les franchises médicales, on est en train de revenir. On va parler de tout. Mais enfin, il y a des réformes structurelles à porter dans ce pays.
Et je pense que, par exemple, sur la réforme des retraites, sur une partie de capitalisation, je crois qu'il y a une majorité à l'Assemblée Nationale. Parce que de toute façon, nous n'avons pas le choix.
Vous la trouvez où, votre majorité ? Avec qui ?
On regarde le texte qu'on peut proposer. Mais comment vous pouvez imaginer qu'à terme, les Français ne veulent pas travailler plus ? On l'a bien vu. Ils ne veulent pas travailler plus. Vous voulez garder un niveau de pension alors qu'il y a de moins en moins de gens qui travaillent. Comment vous faites pour trouver un équilibre ? Ça n'existe pas. Donc forcément, comme dans tous les autres pays, moi je suis beaucoup en Allemagne, il y a moitié par répartition, moitié par capitalisation. Vous constituez votre retraite. Moitié une retraite de base par répartition. Et il reste par capitalisation qui permet d'avoir des niveaux de retraite plus importants.
Une question stratégique, ce sera celle de la fiscalité. Sébastien Lecornu a déclaré qu'il ne voulait pas de hausse d'impôt, pas de création d'impôt. Alors comment on finance les aides aux agriculteurs, les aides aux pompiers, l'adaptation au changement climatique ?
Il devra trouver à ce moment-là. Et il a raison. Sébastien Lecornu, il ne faut absolument pas augmenter les impôts. On est déjà les champions du monde. Par contre, ce qu'il va falloir, c'est faire des économies. Il y a déjà eu beaucoup d'économies qui ont été faites. Je me souviens, au temps de Bruno Le Maire, les 10 milliards d'économies qui ont été brutales aussi, qui ont été faites dès 2024. Et on continue à faire au fur et à mesure. C'est très bien. Par le moment, on arrive un peu aux limites. Si on ne fait pas des réformes structurelles, ça ne pourra pas tenir. Et évidemment, trouver des majorités pour faire des économies de ci, de là, ça devient de plus en plus compliqué.
On a évoqué avec Camille, effectivement, les aides à trouver pour les agriculteurs, pour les pompiers, qui ont souffert de cet été compliqué, puisqu'il a été caniculaire, avec une vague de chaleur qu'on vient de terminer, qui a été la plus longue depuis plus de 40 ans. On voit arriver les orages désormais. Est-ce qu'il faut craindre des orages, des inondations importantes, selon vous, dans cet automne qui arrive ?
Ça, je n'en ai aucune idée. Vous avez des spécialistes de Météo France qui seront sûrement plus efficaces que nous. En tout cas, c'est saluer le travail des pompiers tout l'été et qui continuent pour vaincre ces feux de forêt. Rappeler à la vigilance de chacun d'entre nous, chacun d'entre nous de faire attention. Il faut qu'on soit aussi protecteur de la forêt.
Justement, par rapport à la vigilance de prévention, on en a peut-être manqué sur les feux de forêt. C'est ce qui a été critiqué. Est-ce que là, il faut peut-être se mettre en amont, en préparation d'inondations ?
Ce que je veux dire, c'est que ça ne peut pas toujours tout être la faute du gouvernement et qu'on est toujours exonéré de tout. 9 feux sur 10 partent du fait d'un geste humain. Et puis, à côté de ça, de faire en sorte que, dans les Landes ou comme ailleurs, le débroussaillement soit fait de façon plus automatique. Comme il l'est fait d'ailleurs plus régulièrement que sur la Côte d'Azur, où je crois que le rythme a été beaucoup plus intense depuis plusieurs années. Et on voit que les feux sont moins importants. Donc, il est important de s'y adapter et que chacun d'entre nous soit à la hauteur de ce qu'il faut, du risque.
C'est une question individuelle, mais qui est aussi surtout une question collective. La question de l'adaptation au changement climatique, de la lutte contre le changement climatique, c'est une question politique. Vous êtes conseiller de Paris. Santé publique France a dévoilé hier les chiffres de la mortalité liés aux canicules. 7300 morts en excès par rapport à un été normal. Et ce n'est pas un bilan définitif loin de là. Beaucoup sont morts dans leur appartement. Et c'est aussi vrai, particulièrement à Paris, où les logements étaient en surchauffe cet été. Est-ce qu'il faut, par exemple, au niveau politique, réécrire le DPE, le diagnostic de performance énergétique ?
Aujourd'hui, il n'informe pas les Français sur le confort d'été. C'est comme ça qu'on appelle la façon dont on peut vivre ou pas dans son logement pendant l'été et l'effort de chaleur. Est-ce qu'il faut changer et le réécrire pour qu'il intègre cette question ?
Moi, c'est une vraie question que je vais poser au ministre du Logement dès la rentrée parlementaire. Parce que nous avons eu, vous avez raison de le souligner, une mortalité importante à Paris. Beaucoup aussi de personnes âgées, et souvent dans les sixièmes étages, vous savez, dans les Haussmanniens, avec des appartements qui ont été refaits, avec des DPE tout à fait acceptables, mais qui deviennent des bouilloires et qui sont invivables. Donc oui, je crois qu'il va falloir inscrire dans le DPE le chaud, la période caniculaire, et comment on fait en sorte que nos appartements soient évidemment chauds l'hiver, mais qui soient aussi vivables l'été.
Vous avez une idée du calendrier ? Le ministre s'est dit plutôt ouvert à une réécriture de ses diagnostics, sans donner de précision sur les modalités, sur le calendrier ?
Écoutez, il y a un travail jusqu'au mois de février. On va essayer de faire en sorte qu'avant février, le ministre puisse avoir des décrets qu'il puisse appliquer dès l'année prochaine, en tout cas dans les premiers travaux qui sont effectués. Et puis surtout que les professionnels sachent ce qu'ils doivent faire, et qu'ils ne fassent pas ou fassent des travaux qui seront pénalisés. Ce qu'il y a de pire pour un propriétaire qui fait les travaux, c'est de dire, dans six mois, en fait, on me demandera de faire l'inverse. Donc il faut vite une réglementation, et qui permettent de vivre l'hiver et l'été dans nos appartements à Paris.
En tout cas, en pleine canicule cet été, la loi d'urgence agricole a été adoptée, promulguée mercredi. LFI a annoncé dans la foulée qu'elle allait profiter de sa niche parlementaire à la rentrée pour tenter d'abolir l'article qui réintroduit les insecticides néonicotinoïdes dans la loi d'urgence agricole. Est-ce que vous allez soutenir cet amendement ?
Bon, écoutez, moi je me suis abstenu sur cette loi agricole, justement à cause des nicotinoïdes. J'ai toujours été contre, et donc je me suis toujours prononcé contre.
Donc vous pourriez voter l'amendement de LFI ?
Mais qu'on soit très clair, j'ai un peu l'habitude du Parlement maintenant. Vous voyez bien que ce sont des effets d'annonce. De voter quoi que ce soit dans une niche parlementaire n'aura aucune incidence. Ah, pardon. Oui, parce qu'en fait, il faut que le texte puisse après prospérer, puisse repartir au Sénat, puisse être voté dans les mêmes termes à l'Assemblée nationale. Tout ça me semble juste de l'affichage politique.
Mais vous voterez l'amendement de LFI ou pas ? C'est une vraie question.
Moi, je suis contre les nicotinoïdes.
Donc vous allez voter l'amendement de suppression qui sera inclus dans la niche parlementaire des insoumis ?
On regardera ce qui a été écrit les uns les autres.
J'ai pas compris la réponse, pardonnez-moi.
Je n'ai pas le texte sous les yeux. Moi, par principe, je me définis par rapport à un texte. Je vous dis, ma position de principe, qui a déjà été un vote public, je suis contre la réintroduction des nicotinoïdes. Voilà, point. Après, je regarderai ce que fait LFI. En général, ils écrivent des textes pour qu'on ne puisse pas les voter, de faire en sorte que ce soit une agression envers le gouvernement, envers notre politique. Parce qu'en fait, c'est uniquement de l'affichage pour venir...
Ça, c'est un procès d'attention avant même de connaître le texte, pour le coup.
Vous savez, sur la France insoumise et le Rassemblement national...
En tout cas, vous regarderez ce texte et vous verrez si vous le votez ou pas. C'est ce que vous venez de nous dire à l'instant. En tout cas, vous connaissez ma position. Sylvain Maillard, recrotez votre position.
Je suis contre les nicotinoïdes. Le 8.30 France Info, Benjamin Fontaine, Camille Vigogne-Lecouat.
Et nous sommes toujours avec Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris. L'actualité de la semaine, c'est aussi ce piratage du service des impôts. Trois attaques différentes, 678 000 contribuables, touchés, particuliers, professionnels et un gouvernement qui présente ses excuses. Les sénateurs socialistes demandent la création d'une commission d'enquête. Elle est justifiée, cette demande, Sylvain Maillard ?
D'abord, il faut revenir sur ce qui s'est passé, qui est très grave, parce qu'on voit bien une démultiplication un peu partout à travers les grandes entreprises. On avait SFR il y a quelques semaines, mais d'autres du fait du vol de données qui permet pour des bandits ensuite de construire un scénario pour pouvoir piéger les uns les autres avec une multitude d'informations sur nous. Et évidemment, se dire que le fisc, les informations que nous donnons au fisc puissent être dans la nature, c'est quelque chose qui est juste insupportable. Moi, je salue la position de David Amiel, le ministre des Comptes Publics, qui a dit très clairement qu'il s'est déjà excusé.
Je pense que ça, c'est très important que chacun l'entende. Ensuite, il faut trouver les mesures pour faire en sorte de pouvoir arrêter. Mais je vais vous dire une chose, le piratage, les cyberattaques, il y en aura tout le temps.
Est-ce qu'il y a justement le moment de mener une commission d'enquête, une mission d'information ? Vous siégez au sein de la commission en charge de la Défense Nationale, ça pourrait être un dossier ?
C'est très intéressant de pouvoir regarder ce que nous faisons. Est-ce qu'on peut donner plus de budget, d'organisation ? On peut toujours se poser des questions, c'est très bien dans ces cas de figure. Ce ne sont pas des sénateurs et des députés qui vont trouver la solution. La vérité, c'est qu'il faut se protéger par rapport à des systèmes qui changent tout le temps. L'arrivée de l'intelligence artificielle...
Il y a un problème de conception aussi, de sécurité. Ce n'est pas uniquement que des cyberattaques, il y en est toujours, on est d'accord. Mais qu'elles aient autant de succès et qu'ils arrivent aussi facilement à pénétrer à l'intérieur des systèmes, à récupérer autant de fichiers, c'est quand même un problème majeur.
Nous sommes en train de vivre une révolution numérique extraordinaire à travers l'intelligence artificielle qui a tout changé, qui fait que tous les six mois, ce qui était un référent en disant que c'est une structure parfaitement étanche, ne l'est plus derrière. Et donc, il faut en permanence pouvoir faire évoluer ces systèmes. Ce qu'a dit le ministre, c'est qu'il faut être probablement plus, d'un point de vue gouvernemental, plus à l'écoute des nouvelles technologies et d'avancer plus rapidement. Moi, je pense que c'est bien, c'est ce qu'il faut faire. Enfin, la vérité, ce sont les techniciens qui vont apporter des solutions. Ce n'est pas les députés ou les sénateurs.
Qu'on puisse accompagner, qu'on puisse le budgéter, qu'on puisse pousser, c'est très bien. Ne rêvons pas, ce n'est pas une commission d'enquête qui va rendre étanche l'ensemble des systèmes d'information, malheureusement.
Sylvain Maillard, on voulait vous entendre aussi d'un mot sur l'élection présidentielle. Raphaël Glucksmann devrait se déclarer candidat dimanche. Ça fait un candidat de plus dans l'espace central, avec Edouard Philippe au centre-droit, Gabriel Attal au centre. Est-ce que vous souhaitez que Gabriel Attal s'efface au profit d'Edouard Philippe, par exemple, pour maximiser les chances de votre formation politique, de votre courant politique d'arriver au second tour ?
Alors, je ne vois pas Raphaël Glucksmann comme un candidat du centre. Non, mais en tout cas, ça fait... Est-ce que pense la France insoumise ?
En tout cas, il peut prendre des voix à Gabriel Attal, qui est le chef de votre parti politique. Donc, c'est quand même une personne qui se rajoute dans un espace central assez large.
Moi, je veux saluer déjà la campagne de Gabriel Attal pendant tout l'été, qui s'est vraiment démenée, pour le coup, a fait vraiment campagne. Il nous faut un seul candidat, je l'ai toujours dit, partout, un seul candidat dans l'espace central. Lequel, Sylvain Maillard ? Au baril centre, à l'heure actuelle, le calcul qu'a fait aussi, qu'a annoncé Gérald Darmanin, en disant le mieux situé d'un point de vue baril centre, c'était Edouard Philippe.
Et vous êtes proche de Gérald Darmanin, qui a soutenu Edouard Philippe ? Est-ce que ça veut dire que vous soutenez aussi Edouard Philippe ?
Ça veut juste dire que moi, je souhaite qu'il y ait une solution qui soit trouvée avant, à l'automne. Il y a les élections sénatoriales. À l'automne ? Oui, il y a les élections sénatoriales.
Parce qu'ils s'étaient laissés tous les deux, le début d'année, en fonction des sondages. Moi, je crois que c'est trop tard.
Je crois que c'est trop tard. En tout cas, il y a des élections sénatoriales fin septembre. Laissons passer ces élections sénatoriales qui sont importantes. Et chaque courant, chaque famille politique doit se battre, renaissance, comme les autres, pour pouvoir avoir le maximum de sénateurs. Mais ensuite, il me semble important qu'on trouve une règle commune, rapidement, pour avoir un seul candidat, pour pouvoir porter un projet. Et pour moi, c'est ma feuille de route, ce que j'essaye de porter, à ma petite échelle, de faire en sorte que nous ayons le plus rapidement possible un seul candidat.
Mais pourquoi aller si vite ? Pourquoi ne pas laisser les sondages trancher, justement ? Quel est le risque, selon vous ?
Vous avez le Rassemblement national qui a déjà sa candidate, Marine Le Pen. Vous avez la France insoumise qui a déjà son candidat, Jean-Luc Mélenchon. Et nous, nous serions avec trois, quatre, cinq candidats, pendant un certain nombre de mois, avec les uns et les autres se faisant des croche-pattes, en expliquant qu'ils sont mieux les uns et les autres, parce qu'en fait, dans l'espace politique qu'ils doivent conquérir, c'est le même. Et donc, je pense que c'est très important de parler au français, pour parler au français le plus simple, d'avoir un seul candidat, et de pouvoir faire en sorte de lui donner la force pour pouvoir être au deuxième tour à gagner.
Donc, ça sera Édouard Philippe pour vous ?
Moi, je veux surtout qu'il y ait un seul candidat à la fin. Mais, vous savez bien, j'ai eu l'occasion de le dire récemment, je crois qu'à un moment, il faut choisir celui qui est au baris centre, de regrouper l'ensemble de la famille politique.
Donc, vous ne dites pas non, merci, Sylvain Maillard. Merci beaucoup, Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris. Merci beaucoup, Camille. On vous retrouve, bien évidemment, dans le journal Nouvelle Obs. Très bonne journée. Interview à retrouver en intégralité sur la page YouTube de France Info. L'info continue.
Sylvain Maillard