15h19. Thierry Cozic (PS). « Vous creusez le trou du déficit à la pelleteuse »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Pour le groupe socialiste, l'examen de ce PLF 2026 nous laisse un goût amer. Alors que la majorité sénatoriale n'a eu de cesse de nous parler de responsabilité et de compromis, c'est pourtant bien de dogmatisme qu'elle nous a gratifié le plus ces trois dernières semaines. Toutes les démagogies auront été portées dans cet hémicycle du refus poussé jusqu'à l'absurde de mettre à contribution les plus fortunés et les grandes entreprises en passant par les poncifes sur les jours de carence et la chasse incessante aux fonctionnaires.
Vous avez même fini par équilibrer votre copie en touchant à des crédits qui au final ne seront pas annulés. le tout pour finir avec un déficit affiché à 5,3 % en hausse de 5 milliards par rapport au texte initial du gouvernement. En bref, tout y est passé.
Je veux d'abord revenir sur la partie recette qui a été un véritable festival. On pourrait presque en rire si cela n'avait pas d'incidence sur notre déficit car avec cette partie recette votée, le solde budgétaire se dégraderait de 7,7 milliards d'euros et creuserait le déficit à 51 contre 4,7 dans le texte initial. Et il faut rappeler que cette dégradation dont la majorité sénatoriale vous seriez responsable s'explique principalement par le dogmatisme qui est le vôtre en matière d'impôt.
C'est ainsi que vous n'avez rien trouvé de mieux à faire que supprimer la surtaxe sur les grandes entreprises pour 4 milliards d'euros. Tout en vidant de sa déjà rachitique substance la taxe sur les holdings. Le tout pour 900 millions d'euros.
Vous avez aussi réduit le rendement de l'impôt sur la fortune immobilière pour 600 millions d'euros. Après de tels exploits, ne venez plus nous parler de sérieux budgétaires alors même que vous creusez le trou du déficit à la pelleteuse. Au moment même où notre pays se retrouve avec la dette la plus importante de son histoire dans une période à bien des égards semblable à celle qui a précédé la révolution et les deux guerres mondiales.
Ce budget n'est pas satisfaisant et notre satisfaction s'apprécie plus à l'ône de ce qu'il manque plutôt que ce que ce qu'il comprend. Mais nous l'avons tous compris, il existe des débats interdits que nous n'aurons pas pu avoir. Tout d'abord sur l'héritage.
Une fois de plus, cette chambre a fait preuve d'un dogm dogmatisme quasi unanime. Alors que ce mois-ci, un rapport de la Cour des comptes enjoint les pouvoirs publics à prendre des mesures fortes pour mieux encadrer l'héritage, aucun de nos amendements n'a trouvé grâce à vos yeux sur ces bancs. Pourtant, le temps presse, tant socialement qu'économiquement.
Mais l'héritage n'aura pas été le seul sujet qui aura été volontairement escamoté dans ce débat au-delà de l'urgence budgétaire. C'est l'urgence climatique qui n'est pas traitée dans ce budget. Pourtant le dérèglement climatique est là.
Il s'en boule des vies, il prend des vies. C'est une conséquence directe du capitalisme fossile et financier dans lequel se trouve coincé notre pays. Cette année encore, découpe dans le fond Barnier, une amputation des fonds à la rénovation thermique sont à l'œuvre.
Nous sommes bien loin des 37 milliards d'investissements publics qu'il faudrait mettre tous les ans sur la table pour être à la hauteur et protéger les Français. Et pourtant, vous avez refusé toute perspective au fond vert. Nos collectivités territoriales et nos élus locaux auront pu également constater votre double discours.
Après un congrès des maires durant lequel vous n'avez eu de cesse de vous ériger en défenseur de nos territoires et de la décentralisation, vos positions durant l'examen de ce PLF témoignent de l'exacte opposé. dotation d'un indexé, ponction dans les variables d'ajustement, maintien du dilico et j'en passe. Non, la droite sénatoriale ne protège pas les collectivités.
Alors certes, Alors certes, il y a eu il y a eu quelques avancées, notamment la suppression de la fusion des dotations territoriales et l'abendement du fond de sauvegarde des départements dont le groupe socialiste qui a joué un rôle central. clair, fidèle à ses engagements, mais ces avancées ponctuelles ne sauraient masquer l'essentiel. Vous continuez d'accompagner un projet centralisateur et vous sacrifiez une fois encore les collectivités territoriales sur l'hôtel de choix idéologique.
Il y a quelques années, à l'occasion de débat budgétaire, le président de la commission des finances, Claude Renal, évoquait un gouvernement Chadok qui creusait, creusait creusait sans qu'il ne se passe jamais rien. Je crains aujourd'hui de faire le même constat avec une majorité sénatoriale qui joue aussi très bien son rôle de Shadot. Ce budget ne résoudra aucun problème et risque même d'en créer.
Et comme je sais que cette assemblée n'aime rien moins que comparer notre pays à l'Allemagne, alors si vous me le permettez, je vais aussi y aller de ma comparaison. De part et d'autre du rein, nos pays traversent des crises analogues où la dégradation politique trouve son origine immédiate dans la question budgétaire. L'insistance du ministre libéral des finances, Christian Linder en faveur de baisse d'impôt pour les hauts revenus et d'une suspension des objectifs climatiques à paralysé l'exécutif.
Et l'arrivée de Fredrich Schmers à la Changellerie n'a apporté aucun rép. Les investissements pourtant aussi urgents dans les services publics, les systèmes de santé, de retraite et dans la transition écologique demeurent entravés par l'orthodoxie budgétaire allemande et par une dette qui est roulée comme un hamster tourne dans sa cage sans aucun horizon. L'ironie est frappante car tant qu'à Berlin, tandis qu'à Berlin, le désaccord sur la manière d'augmenter la dette publique a provoqué la chute du gouvernement.
À Paris, les gouvernements s'effondrent à répétition en essayant de la réduire. C'est au nom du budget qu'il pensait non votable à l'automne dernier que le président Macron a dissous l'assemblée l'assemblée cette situation en miroir de parédau du rein n'est cependant pas le fruit du hasard. La panique budgétaire qui saisit aujourd'hui notre pays comme l'Allemagne qui a avant tout d'un réflexe idéologique.
Nous ne sommes pas dupes. Les gouvernement centrist qu'il soi dirigé par monsieur Macron ou monsieur Mertz continue d'utiliser la crise des finances publiques pour masquer leur incapacité à élaborer un programme social et écologique réaliste et durable. Et c'est précisément derrière cet impensé que la majorité sénatoriale s'est cachée durant nos débats.
En conclusion, ce budget ne résout strictement rien. Pire, en supprimant et diminuant les rares dispositions qui ne pouvaient pas faire supporter de manière trop disproportionnée, vous avez réduit substantiellement l'échange de notre formation politique de trouver un compromis acceptable en CMP. conclure sans compromis vous risquez d'entraîner notre pays vers une impasse assistitutionnelle dont vous porterez l'entière responsabilité vous l'aurez compris mes chers collègues en l'état c'est donc naturellement que le groupe socialiste votera contre ce budget Yeah.
Thierry Cozic