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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 14 novembre 2025 24 min

Budget : "Ne laissons pas croire que l'environnement serait une variable d'ajustement"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Mathieu Lefèvre. Bonjour. C'est votre première interview en tant que ministre délégué chargé de la transition écologique.

On va prendre le temps de vous interroger justement sur vos ambitions en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Mais avant, on va parler du budget. Vous étiez il y a encore quelques jours un pilier de la commission des finances.

Ça tombe plutôt bien dans le contexte. On l'a appris dans la nuit. L'Assemblée nationale où les débats sur le budget se poursuivent justement.

L'Assemblée ne siègera pas ce weekend. Concrètement, ça veut dire que ça va être encore plus difficile de faire adopter le budget dans les temps. La gauche dénonce une décision inacceptable.

Est-ce que c'était vraiment indispensable de se reposer ce weekend ? Mathieu Le Fèvre ? Non, mais d'abord le premier ministre ne peut pas être soupçonné de faire de l'antiparlementarisme puisque c'est lui-même qui a renoncé au 493 et qui a fait du moment que nous vivons un moment pleinement parlementaire.

Les députés sont pleinement souverains et le gouvernement n'a d'ailleurs déposé, je crois qu'un seul amendement au projet de loi de finance. Euh les délais constitutionnels seront tenus. L'Assemblée nationale a jusqu'au 20, c'est une obligation constitutionnelle.

Il y a des centaines d'amendements à examiner. L'Assemblée nationale a jusqu'au 23 novembre pour se prononcer en première lecture sur le projet de loi de finance. Il reste encore 5 jours ouvrés et voilà donc c'est une décision cette condition ça va être très compliqué pardonnez-moi d'examiner de voter tous les amendements de se prononcer.

Le texte risque d'aller au Sénat en l'État. Euh certains cadres chez vous reconnaissent en en off que euh vu tout ce qui a été voté, qui ne convient pas forcément toujours à votre famille politique, etth ben ne pas aller en au vote, c'est peut-être plus pratique. Mais ce qu' a indiqué la ministre des comptes publics, c'est que tous les amendements qui ont été adoptés seraient transmis euh au Sénat, quel que soit d'ailleurs l'issue du scénario en première lecture à l'Assemblée nationale.

Mais je pense qu'il faut raison garder sur ce sujet. Encore une fois, l'Assemblée nationale est jusqu'au 23 décembre pour se 23 novembre pardon pour se prononcer. C'est me semble-t-il amplement suffisant pour examiner tous les amendement.

D'ailleurs, mais c'est malin stratégiquement de prendre de gagner du temps. Ça veut dire pas de vote, pas de rejet. qui s'agisse de gagner du temps, ministre des relations avec avec le parlement explique que il faut aussi tenir compte, je crois, de la fatigue des députés, des administrateurs, des des collaborateurs et c'était une demande qui a été manifestement je crois consensuelle dans l'ensemble des des groupes politiques.

Non, manifestement elle ne l'est pas vu que la gauche, les écologistes, les insoumis et le Parti socialiste, pardon, disent qu'il lui regrettent cette décision. D'accord. Je pense qu'il faut ne pas surestimer l'impact de cette décision sur le calendrier parlementaire. l'Assemblée nationale jusqu'au 23 novembre pour se prononcer en première lecture et elle le fera.

Donc il n'y a pas de malice ? Non, il y a aucune malice mais vous savez le premier ministre, il a une méthode qui est pas faite de malice, qui est faite de calme, de raison, de responsabilité et encore une fois, c'est une méthode parlementaire inédite que de renoncer a priori au 493. C'est peut-être ça qu'on a un petit peu trop banalisé.

Les conséquences de l'absence de recours au 493 sont extrêmement importantes. L'Assemblée nationale est pleinement souveraine. Dans le Parisien ce matin, votre collègue, le ministre du travail Jean-Pierre Farandou alerte sur le montant des dépenses prévues, notamment en matière de sécurité sociale.

Il dit "Quand l'État, au lieu d'être réduit, le déficit s'aggrave. C'est la faute des socialistes." Oh, vous savez euh on est à un moment où on a même pas fini la première lecture du projet de loi de finance.

Beaucoup font comme si ce texte était terminé et le ministre du travail a raison de rappeler que l'objectif à la fin de 4,7 % doit être tenu et sera tenu. Mais ne laissons pas croire à nos compatriotes que le projet de budget tel qu'il est en l'État est la copie finale. C'est le projet de budget du Parlement à un moment donné.

En revanche, le redressement des finances publiques n'est évidemment pas une option. Ce serait nous affaiblir au plan international. Je vous pose la question ainsi sur les socialistes parce qu'il y a quelques jours, on avait à votre place votre ancien collègue Jean-René Casneuve qui disait "On a déjà beaucoup, les socialistes ont déjà beaucoup obtenu, maintenant faut qu'il s'arrête.

Est-ce que vous êtes d'accord ? Est-ce que maintenant que la suspension des retraites a été votée mercredi, la réforme des retraite a été votée mercredi, il faut qu'il s'arrête de demander des concessions au macronistes ? Mais moi, d'abord, je saluer le courage des socialistes de rentrer dans le débat.

Il y a dans cette assemblée nationale des formations politiques qui font le choix du combat. Regardez la France insoumise, elle rejette la suspension de la réforme des retraites. Regardez le Rassemblement national qui fait le choix de conflictualiser la politique fiscale dans notre pays.

Et à l'intérieur des gens qui essaient de travailler, de trouver un chemin, il y a les socialistes. Mais encore une fois, on n'est que précisément le 14 novembre. Le chemin parlementaire est encore un chemin extrêmement long, mais euh je je je le redis aussi, je je crois pas que les socialistes euh n'aient pas envie de réduire les déficit publics.

Au contraire, à chaque fois qu'ils présentent un amendement ou leur copie parlementaire, leur copie budgétaire initialement, c'est une copie qui présente des réductions de déficit public. Donc soyons serein, le débat parlementaire va se faire, il y a des amendements et le projet de budget atterrira en temps voulu avec une réduction du déficit public. Vous croyez encore ?

Oui, vous bien sûr, bien sûr, j'y crois. Mais vous savez quelle est l'alternative au compromis dans ce pays ? L'alternative au compromis, c'est quoi ?

C'est la valce des gouvernements. C'est une instabilité qui serait dommageable pour nos compatriotes, qui serait dommageable pour les chefs d'entreprise. On parle beaucoup du coût des concessions, mais moi je rappelle que l'ascension de Michel Barnier, ça a coûté 12 milliards d'euros au pays.

Là, la réforme des retraites, on parle d'un petit peu moins de 2 milliards d'euros. Donc, il faut bien réfléchir à ce que serait l'alternative au compromis. C'est certain, le compromis ça peut pas plaire à tout le monde par définition et ça peut pas plaire tout le temps.

En revanche, c'est me semble-t-il la voie nécessaire, la voix indispensable pour assurer la stabilité du pays et rassurer les Français dans la période et puis et pour l'instant, l'objectif de de déficit n'est pas dégradé en l'état actuel. Non, mais attendez, là le la première partie n'est même pas votée. À l'Assemblée nationale.

À la fin de la première partie, on fait ce qui s'appelle un tableau d'équilibre avec les plus et les moins. On en est même pas encore là. Il reste précisément des amendements.

Donc l'essentiel c'est que à la fin l'objectif de finances publiques soit tenu et je crois que c'est un objectif partagé par toutes les forces politiques qui sont des forces politiques raisonnables. Sur l'écologie Mathieu Le Fèvre, votre budget a stagné, il a échappé au coup mais beaucoup d'enveloppes d'investissement sont à la baisse. Ma prime Rennove par exemple qui concerne beaucoup de français ou le fond vert pour les collectivités locales, ça a quel sens de réduire le fond vert par exemple ?

Mais euh l'an prochain, le fond vert, il sera à 650 millions d'euros et euh je rappelle qu'il n'existait pas il y a 3 ans encore. Donc ceux qui euh aujourd'hui nous disent était quasiment trois fois plus important. Oui.

Oui. Mais il existait pas avant le second mandat d'Emmanuel Macron. Donc ceux qui nous disent aujourd'hui il faut toujours plus euh il y a 3 ans euh ne nous reprochait de de l'avoir créé. simplement euh l'an prochain, on est dans une année électorale et donc il est évident que les décisions d'investissement des collectivités locales auront lieu par définition après euh les élections municipales, ce qui justifie le fait que l'enveloppe du fond vert soit un petit peu réduite.

Maintenant, encore une fois, ce projet de budget, c'est un point de départ. Ça n'est pas un point d'arrivé. Et euh si demain on a un débat sur la mission écologie à l'Assemblée nationale euh ou au Sénat et on aura ce débat, les parlementaires seront libres d'amender le fond vert de rajouter des crédits.

Je sais que les sénateurs sont notamment très attachés aux mesures pour le développement des plans climat et des collectivités. Ce projet de budget n'est qu'un point de départ. Mais vous savez aussi Mathieu Le Fèvre, la Cour des comptes l'a dit qu'un euro investi en prévention c'est une économie de 3 € de dommage qui sont évités.

Ça reste important de maintenir ces efforts de prévention de les inciter aussi. Sur les efforts de prévention, le fond qu'on appelle le fond Barnier est maintenu à un niveau historique de 300 millions d'euros. Les efforts qui sont faits pour le développement notamment des pompes à chaleur dans le pays sont maintenus à des niveaux historiques de 900 millions d'euros.

Les promesses du président de la République sur le leasing social sont assurées, financé. Ma prime rovancée l'an prochain. Les efforts de rénovation des renovés au plus modestes.

L'isolation des murs sera exclu. Ce ça sera seulement les logements qui ont le le diagnostic le plus défavorable qui pourront bénéficier de ces aides. Enfin, c'est plus du tout la même envergure que ce qu'on a pu connaître dans le passé.

Oui, mais c'est aussi un choix politique que de réserver les aides de la transition écologique au ménages les plus modestes. Il est assez On pourrait choisir de les élargir aussi. Oui, bien sûr, mais euh on a aussi un contexte de finances publiques qui euh euh impose le réalisme, mais moi, je veux dire que les crédits de la transition écologique prévu dans ce projet de budget euh sont stables, vous l'avez dit, et être stable au moment précisément où nous cherchons le redressement des finances publiques, c'est une vertu.

Donc, dans les conditions budgétaires qu'on connaît, c'est l'écologie qui doit payer un peu. Mais ça n'est pas l'écologie qui doit payer un peu puisque le budget est précisément stable. Je peux dire, regardez, les aides notamment au renouvelable, c'est 9 milliards d'euros.

Les aides à la mobilité décarboné, c'est 9 milliards d'euros. Ce sont des niveaux qui n'ont jamais été atteints. L'ensemble des crédits destinés à la transition écologique depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République sont beaucoup plus importants que ce qui n'était auparavant.

Il y a une planification écologique qui fait que l'ensemble des ministères sont concernés par la transition écologique. Donc ne laissons pas croire que l'environnement serait une variable d'ajustement. Bien au contraire.

Mathieu Lef pour penser la transition écologique, il faut avoir de la vision, il faut avoir de la stabilité. Toutes les professionnels de l'énergie réclament quelque chose d'important qui est le décret d'application de la PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie. En gros, notre feuille de route pour les trois prochaines années, elle a été votée.

Le décret attend la signature sur le bureau du Premier ministre. C'est une question de jour, une question de semaine où il est enterré ? Non, mais euh sur ce sujet, il est en effet important euh d'avoir euh de de la visibilité, mais ça doit aussi être concerté avec euh l'ensemble des force politiques.

Elle a été votée cette PPE. Elle attend le décret d'application. Elle voté, elle a été votée euh en première lecture.

Euh le texte la loi dite grémien n'a pas été euh euh votée définitivement au parlement. Non, je pas vous dire vous demanderez à mon collègue Roland l'escureli qui est en charge de l'énergie mais il faut de la visibilité mais il faut aussi trouver une voie de passage avec les formation politique pour que ce tex pour que ce sujet qui est un sujet difficile puisse devenir consensuel. On parle d'un on parle d'un moratoire sur l'éolien sur le solaire des domaines qui vous concernent quand même.

Est-ce que cette hypothèse cette option est sur la table aujourd'hui ? Non, mais euh le moratoire sur les énergies renouvelables, moi je ne sais pas ce que ça veut dire dans un monde qui précisément a besoin d'un mix énergétique nouveau pour euh sortir des ce que les oppositions reprochent le plus à cette trajectoire sur l'énergie justement à la place qu'elle c'est surtout le rassemblement national. C'est surtout le rassemblement national mais le rassemblement national dit euh quelque chose d'intéressant dans son programme.

Moi j'ai regardé hier le programme de Marine Le Pen en 2022. J'ai tapé écologie. Voilà.

J'ai pas trouvé de d'occurrence. Pourquoi pourquoi ne pas l'adopter cette Pardon ? Non mais mais cette question cette question elle est importante.

Tous les acteurs de l'énergie en France aujourd'hui attendent ce ce décret. Est-ce qu'il va être appliqué prochainement ? Je vous vous demanderez à mon collègue de l'énergie qui est en charge de de ces sujets.

En revanche, ce que je vous dis c'est que c'est un sujet qui mérite du consensus, du compromis et également des échanges entre les acteurs. Est-ce que par exemple on peut aller plus loin sur les objectifs régionaux en matière d'énergie renouvelable ? par exemple, c'est un sujet extrêmement important, mais vous vous interrogerez le ministre de l'énergie sur ce sujet qui est un sujet essentiel mais qui demande du consensus et du compromis.

C'est une méthode me semble-t-il qui était éprouvée. Vous ne vous êtes pas concerté entre ministres, il ne vous a pas donné d'information. Bien sûr, mais c'est pas c'est pas le sujet.

La question c'est si c'est la question qu'on vous pose. [rires] Non, mais la question c'est comment on arrive à bâtir un consensus avec les formations politiques sur ce sujet ? C'est me semble-t-il essentiel.

Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la transition écologique. Vous restez avec nous. Dans quelques instants, on va parler de la COP en cours en ce moment au Brésil.

Ce sera après le fil info à 9h mo avec Théo Méton réimbo. L'hypothèse d'un assassinat d'avertissement n'est absolument pas exclu, estime sur France info le procureur de la République de Marseille. Réaction après l'assassinat du jeune frère d'un militant écologiste engagé contre le narcotrafic [musique] à Kessassi.

Si tel est le cas, on aurait franchi une étape supplémentaire, prévient encore le magistrat. De vastes frappes russes sur des quartiers résidentiels de Kief la nuit dernière. Il y a quatre morts et au moins 15 blessés.

Plusieurs incendies se sont déclenchés selon le maire de la capitale ukrainienne. La Russie, elle dit avoir intercepté 200 drones ukrainiens qui visaient une raffinerie de pétrole. Israël confirme que la dépouille rendue hier par le Hamas est bien celle d'un otage israélien.

Il reste désormais trois corps d'otage à Gaza qui doivent être rendus dans le cadre de l'accord de Cesser le feu en vigueur depuis début octobre. Opération réussie pour la fusée de Jeff Bezos. Elle s'est envolée hier avec deux satellites de la NASA qui vont étudier la planète Mars.

Le propulseur a pu être récupéré une avancée majeure pour cette société concurrente de SpaceX. France info le 830 France info Benjamin Fontaine Camille Vigon Le Mathieu Lefèvre ministre délégué chargé de la transition écologique vous êtes toujours avec nous sur France info. On va vous parler de la COP la COP 30 ce grand rendez-vous mondial sur le climat qui s'est ouvert au Brésil se tient à Bem du 10 au 21 novembre.

Elle s'est ouverte sans de nombreux 16 chefs d'État, chefs de gouvernement qui n'ont pas fait le déplacement sans les États-Unis, sans sans la Chine. Ça a du sens. Ben, ça a du sens parce que euh le multilatéralisme, c'est-à-dire le fait que toutes les diplomaties se parlent pour parler d'environnement, euh a fonctionné.

L'accord de Paris il y a 10 ans, on en était à un réchauffement climatique de + 3 à + 4°. Et grâce à l'accord de Paris, on est aujourd'hui sur une trajectoire à + 2 + 3° et aujourd'hui on est à + 1,5° en même 29 chefs d'état à BLM contre 75 à Bakou l'an dernier. Oui, vous avez raison.

Mais regardez par exemple l'Union européenne c'est le seul continent qui parle d'une seule voie et avec force et avec un objectif qui est extrêmement clair. Ce sont 400 millions d'habitants, une économie substantielle et un objectif extrêmement clair de 90 % de réduction des émissions carbone d'ici 2040. Regardez la Chine qui est présente.

La Chine c'est un partenaire essentiel notamment dans la transition écologique. La Chine en 20 ans a réduit de 50 % ses émissions de carbone. Donc la diplomatie environnementale, ça a de la valeur.

C'est aussi une diplomatie des petits pas, il faut le reconnaître. Mais euh se réunir, essayer de définir des objectifs et de raller le plus de bonnes volontés possible pour préserver la cohérence de l'accord de Paris, ça a beaucoup de valeur et c'est indispensable parce que si nous ne faisons pas ces efforts, alors nous empirons le prix et le prix du dérèglement climatique, c'est un prix euh migratoire, c'est un prix économique et c'est un prix en terme de ressources qui va demain impacter le pouvoir d'achat des Français. En attendant, la Chine que vous citez n'est pas là pour discuter bien sûr, mais la Chine est un partenaire indispensable dans la transition école avec qui on peut pas parler dans de cette COP.

Oui, mais je vous dis encore une fois que les grands émergents et notamment la Chine font des efforts essentiels en matière de transition écologique et investissent de façon absolument substantielle. La Chine qui a envoyé uniquement son vice-premier ministre et Oui. Qui investissent de façon absolument substantielle.

Il y a aujourd'hui des domaines de transition énergétique dans laquelle la Chine est un très grand leader et je pense qu'une grande partie de la croissance de notre pays de demain repose essentiellement sur la transition énergétique. En attendant, il y a un discours qui a été très remarqué, c'est celui du président du du Brésil, Loula, à l'occasion donc de de l'ouverture de cette COP. On écoute à l'aire de la désinformation, les obscurantistes rejettent non seulement les preuves scientifiques, mais aussi les progrès du multilatéralisme.

Il s'attaque aux institutions, à la science et aux universités. Il est temps d'infliger une nouvelle défaite aux négationnistes. Les négationnistes, négationnistes du climat, vous utilisez cette expression vous aussi ?

Moi, je parle de désinformation climatique. C'est extrêmement important parce que la science aujourd'hui n'est plus une valeur de référence malheureusement à l'heure des réseaux sociaux, à l'heure également d'une recherche universitaire qui est essentiellement anglo-saxone. La science aujourd'hui n'est plus une valeur de référence et il faut impérativement lutter contre la désinformation climatique.

Et j'observe que y compris dans le débat national aujourd'hui, je dire moi j'ai vu encore une fois des députés du rassemblement national dire que le dérèglement climatique n'était pas une certitude. Dire que quand 700 scientifiques du J du JX se réunissait, ça n'était pas une évidence. Donc il faut continuer à lutter en luttant notamment grâce à ce que fait le président de la République sur les réseaux sociaux avec la dimension évidemment européenne, le DSA, le DMA qu'il faut continuer à embarquer.

Agn de régulation, Agnès Panier Runaché avait proposé notamment la création d'un porte-parole climatique. Moi, je pense que c'est une très bonne initiative qu'il faut aller dans ce sens parce que on ne peut pas laisser penser que la post vérité soit une vérité sur la base de laquelle fonder nos politiques publiques. Nos politiques publiques ont besoin de raison et ont donc besoin de science.

Mais est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal cette déclaration de Loula sur la désinformation et sur la lutte contre le climat ? Lui qui c'est vrai lutte contre la déforestation mais qui autorise aussi de nombreux forages notamment de pétrole en mer là où c'est très polluant. Oui, mais c'est la raison pour laquelle le multilatéralisme a toute son importance.

Si de nombreux pays sont capables de parler au président Lula pour essayer de peser, d'infléchir sa trajectoire, alors peut-être nous y parviendrons, ils parviendrons-nous dans les années à venir. Mais si le président Lula est seul dans son coin et continue à faire ça, ça ne peut pas fonctionner. Donc d'où l'importance du multilatéralisme environnemental et je crois que nous avons besoin précisément de prendre chacun notre part de responsabilité et de se mettre autour d'une table pour essayer de définir nos objectifs climatiques et de préserver encore une fois la cohérence de l'accord de Paris.

Mais parlons de la France justement sur cette question du forage Total énergie. Le géant français va investir environ 10 milliards de dollars dans les champs de pétrole et de gaz au Surinam. On l'a appris récemment.

Son PDG Patrick Pouillané était accrédité dans la délégation officielle du gouvernement français. C'est pas du négationnisme climatique ça. Non mais moi je suis pas là pour jeter l'eau propre sur les chefs d'entreprise français qui emploi de nombreuses personnes dans notre pays et qui contribue à la richesse nationale.

Non, mais bien sûr, bien sûr, mais simplement s'agissant des chefs d'entreprise, si on pense qu'on va réussir la transition écologique avec uniquement des crédit public, on y arrivera pas. Mais vous, ministre de la transition écologique, est-ce que c'est acceptable oui ou non de lancer aujourd'hui de nouveaux champgaziier ? La transition écologique ne se fera pas sans les entreprises de France.

Je rappelle aussi que on peut lancer une non mais c'est une question c'est une question très très importante parce que je rappelle que l'agence internationale de l'énergie vous parliez de l'importance de la science dans votre domaine a estimé dès 2021 que si on voulait respecter une trajectoire zrocarbone il fallait absolument cesser dès à présent tout nouveau projet d'extraction. Est-ce qu'on peut encore aujourd'hui lancer de nouveaux champs pétroliers ? Je vous l'ai dit, je suis comme la position française favorable à la sortie des génergies fossiles.

Donc par définition, non, ça n'est pas une bonne chose. Mais ce que je dis simplement, c'est que si on exclut les entreprises, on arrivera pas à faire la transition écologique. Un chiffre, la transition, la décarbonation, c'est 115 milliards d'euros dans notre pays et c'est environ 15 milliards d'euros de crédit public.

Oui, mais vous avez raison. Et il y a d'ailleurs de nombreux mécanismes qui visent à les rendre plus vertueux. Il y a des directives européennes sur la responsabilité sociale des entreprises, sur leur bilan écologique, sur leur bilan environnemental, sur leur bilan social.

Il faut évidemment aller plus loin. C'est d'ailleurs ce qu'on fait également sur les plateformes de type de type Chine. Mais exclure par définition des chefs d'entreprise, c'est faux.

Et j'ajoute par ailleurs que Total est aussi une entreprise qui investit massivement dans le développement des énergies renouvelables. Vous avez la discussion avec Patrick Pouyané justement sur cette question de de nouveaux champ d'extraction ? Non, je n'ai pas la discussion avec Patrick Pouyané, mais encore une fois, ça vous semble pas une priorité ?

Non, c'est pas ce que je vous ai dit. Voilà, la priorité, c'est de sortir des énergies fossiles. Je vous ai répondu très clairement.

Évidemment que ce type d'initiative n'y contribue pas. Il y a un endroit où la cause de l'écologie n'avance plus beaucoup, c'est l'Union européenne, en tout cas par rapport à la précédente mandature cette semaine, une grande avancée du pacte vert, ce gros paquet de lois adopté en 2024 pour le climat a été retoqué par le Parlement européen. C'est le devoir de vigilance.

Alors pour que les auditeurs suivent bien, c'est une loi qui a obligé les grandes entreprises à être responsables, y compris de leurs fournisseurs, de leurs souritants à l'autre bout du monde en matière social et environnementale. Et bien cette semaine, la droite et l'extrême droite se sont alliés au Parlement européen pour vider de sa substance ce dispositif. Est-ce que vous le déplorez ?

Oui, bien sûr qu'on fait ce qu'on vient de se dire, c'est-à-dire qu'il est indispensable que les grandes entreprises puissent se déployer à l'international sur la base d'un cahier des charges qui soit respectueux de l'environnement, respectueux également de de de la justice sociale et des progrès qu'ell qu' qu'elles émettent dans dans ces pays. Simplement, je peux pas vous laisser vous dire que l'Union européenne n'est pas un leader climatique majeur. Encore une fois à la COP, il y a un continent qui se présente de façon aujourd'hui.

Au nom de la simplification, il y a un certain nombre de reculs, il y a un certain nombre de détricotages de loi du pacte vert, y compris celles qui n'avaient pas jusqu'ici mis en place qui qui sont à l'vre à Bruxelles. Vous considérez que la droite, le PPE européen, la droite européenne est toujours un allié dans ce combat contre le réchauffement climatique ? Moi, je pense que la simplification, ça ne doit pas être le détricotage et ça ne doit pas être la dérégulation. qu'il faille en revanche simplifier l'accès des entreprises qui ont des projets industriels qui sont compatibles avec la transition écologique.

Oui, évidemment. Oui, c'est tout le sens d'ailleurs de l'initiative du président de la République avec Tru France dont on va peut-être parler puisque il y aura de nombreux investissements français qui seront faits annoncés lundi. Précisément parce que on a aussi mené une politique qui consistait à simplifier.

Mais simplifier encore une fois, ça ne veut pas dire déréguler. Mais s'agissant de l'Union européenne, ne laissons pas croire non plus que l'Union européenne est un continent euh naïf. On se fait reprocher à l'international d'être un continent euh extrêmement vertueux.

Euh ne tombons pas dans le piège d'être de penser nous-mêmes que nous ne soyons pas vertueux, hein. Hm hm. Sur la la pause réglementaire qu'Emmanuel Macron avait réclamé en 2023 au sujet justement de ce pacte vert européen, est-ce que c'est pas justement contradictoire avec le fait de vouloir faire avancer les choses ?

Mais vous savez un chiffre, Emmanuel Macron depuis 2017 c'est- 20 % d'émission de gaz à effet de serre. Sur les 25 dernières années, avant lui c'était 17 %. Donc Emmanuel Macron, c'est un leader climatique.

Regardez par exemple sur le traité sur la haute mer, le traité d'Bng, il a été adopté à son initiative l'an dernier. Donc pensez que le président de la République puisse avoir une inflexion sur la trajectoire climatique dans son quinquena, c'est une faute et c'est une c'est une aberration. Et je et par ailleurs, enfin ne l'oublions pas, c'est pas le président de la République euh qui euh qui vote ses reculs.

Encore une fois, h une question plus personnelle maintenant, euh c'est votre première interview, euh on le disait euh euh comme ministre, les Français ne vous connaissent pas encore dans ce rôle. Euh vous on était un peu surpris de votre nomination. Vous étiez plus connu jusqu'ici sur des sujets financiers, sécuritaires, migratoires avec l'étiquette un peu facile de Macronis de droite plutôt.

Euh qu'est-ce qui lui est passé dans la tête à Sébastien Lecornu en vous nommant la transition énerg énergique environnement ? La transition environnementale, ça n'est pas un sujet de droite ou de gauche, est un sujet de sécurité majeure pour l'ensemble des Français. C'est un sujet.

C'est pas du tout un sujet que j'ai découvert mais vous savez vous j'ai travaillé notamment par exemple sur la loi industrie verte avec Bruno Lemire mais moi je vois dans votre question une pointe pardon mais de peut-être de mépris pour pour la transition écologique c'est pas un petit sujet c'est un sujet extrêmement important c'est un sujet d'intérê qui intéresse massivement les Français moi par exemple j'ai voté contre la loi du pont parce que je je considérais que les conditions n'étaient pas n'étaient pas réunies mais encore une fois la transition écologique c'est pas un sujet annexe c'est pas un petit sujet, c'est un sujet qui intéresse tous les Français et je pense que les Français l'appréhendent sous l'angle de la sécurité climatique au sens large. Ce doit être considéré comme une dépense d'investissement, vous l'avez dit, mais aussi comme une dépense régalienne parce que les dépenses que nous ne faisons pas aujourd'hui au titre de la transition écologique, ce sont des dépenses que nous allons payer très cher dans le futur. Au plan migratoire, plus de migration écologique.

Au plan de l'inflation, plus de d'inflation sur les denrées alimentaires et sur l'eau et au plan également économique. Merci. Merci à vous. le fèvre ministre délégué en charge de la transition écologique.