"Si j’étais Amélie de Montchalin, je m’engagerai à partir au bout de 10 ans" (François Ecalle)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Quelle analyse vous inspire la nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Quel est le problème de son âge et de son inamovibilité ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Quel est le deuxième problème lié à son passage de Bercy à la Cour ?
- 6:10OuverteRéponse directe
Quel rôle pour la Cour des comptes vis-à-vis des commissions des finances ?
- 8:46OuverteRéponse directe
Quelle implication des entreprises dans les municipales ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:06Fait
« Migo a fait 10 ans. »
- 2:47Fait
« le record c'est 23 ans »
- 3:31Fait
« elle était ministre des comptes publics et du budget »
- 4:12Chiffre
« la partie strictement juridictionnelle de son activité c'est moins de 10 % de son activité »
- 4:51Fait
« le premier président n'est pas obligé de parler lui-même »
- 9:26Fait
« les premiers investisseurs, c'est quand même les collectivités locales »
- 13:41Fait
« la principale ressource de ce bloc communal [...] c'est la taxe foncière »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous venez de la cour des comptes François etcal et aujourd'hui il y a pour la première fois dans l'histoire de l'institution une femme une jeune femme de 40 ans, Améline Monchalin première première présidente de la Cour des comptes. C'est aussi la première fois qu'un ministre du budget passe directement de Bercy à la rue Cambon. Quelle analyse ça vous inspire ? Alors, d'abord, je crois et c'est assez largement reconnu euh par euh tous les observateurs que d'un point de vue personnel, elle a beaucoup de qualité qui euh voilà pour remplir ce poste. Une véritable maîtrise technique, maîtrise les sujets budgétaires. Euh, elle est paraît-il euh une grande bosseuse. Elle
a un certain sens de la communication. Donc, c'est une femme, elle a une fibre économique aussi, même si un agrégé d'économie vous dira que le diplôme d'HC, c'est pas un diplôme d'économie. euh mais quand même un peu plus économiste que juriste, ce qui est pas si mal. Voilà. Donc elle a elle a beaucoup bien d'avoir une économiste euh Oui, parce que le la cour des comptes des cherch traditionnellement la cour des comptes est quand même surtout composée de juristes. Euh donc c'est une juridiction hein, c'est normal mais enfin bon mais la partie strictement juridictionnelle de son activité c'est moins de 10 % de son activité. C'est la raison pour laquelle nous portons la robe. Voilà, nous sommes inamovibles. Voilà. Donc donc mais ça n'est qu'une toute petite partie de de son activité.
Donc il y a il y a deux problèmes euh qu'opposent la nomination de d'Amé Monchalin. Le premier c'est en effet son âge pas parce qu'elle est jeune mais parce qu'elle est inamovible. Alors il fautir sur ça expliquer François. Effectivement elle est magistrate donc à partir de ce moment-là elle ne peut changer de fonction que si elle est d'accord. comme on peut pas lui proposer une autre fonction à la cour que d'être première présidente, et bien elle est première présidente potentiellement jusqu'à l'âge limite de départ. Voilà, tous les fonctionnaires ont un âge limite qui est alors suivant le nombre d'enfants, c'est 67 68 grosso modo, elle est là pour 28 ans, sauf si elle-même elle s'en va. Donc c'est un problème parce que ben évidemment euh au bout de 10 ans vous
commencez à vous encroûter hein. Euh voilà, il y a il y a eu les précédents le jusqu'à présent le record c'est 23 ans hein. Premier président de la mais oui. A mais aujourd'hui bon ça à l'époque vent c'était je crois que c'était entre les deux guerres enfin voilà. Bon c'est une époque où la la cour des comptes avait un peu moins d'importance je dirais. Aujourd'hui c'est quand même fâcheux. Moi si j'étais à sa place, personne ne peut l'y obliger mais je m'engagerai dès aujourd'hui à partir au bout de mettons 10 ans. 10 ans, c'est Migo a fait 10 ans. Voilà donc 10 ans pourquoi pas. Après voilà, elle est elle en est totalement libre mais je pense que ça voilà et il est parti il est il est parti parce que il est parti volontairement parce qu'il a été euh voilà il
Ah ben parce qu'il y a pas une question d'âge avec Dia Migo non peut-être euh Migo je sais plus tout d'un coup si c'était la limite d'âge ou si il avait comme il a été nommé mini ouais euh je tout d'un coup j'ai un trou bon on peut se dire c'est monchain qui a quand même voilà deè Deuxième problème, celui dont on parle le plus, c'est qu'en effet, elle est aujourd'hui, elle est jusqu'à hier, elle était ministre des comptes publics et du budget. Vous anticip à la fois jugé parti. Bon, c'est vrai, mais d'un autre côté, moi je relativise beaucoup ce problème en rappelant que une des valeurs cardinales de la Cour, comme de toutes les juridictions d'ailleurs, c'est la collégialité. Donc les décisions de la cour, ce qui est écrit dans les rapports de la course,
c'est pas le premier président qui dicte au rapporteur. Moi, j'ai écrit pendant 8 ans le rapport annuel de la cour sur la situation des finances publiques qui est un des plus suivi par les médias. Absolument. C'est pas le premier président qui me disait ce que je devais écrire. Je le faisais moi-même et je discutais beaucoup plus avec mon président de chambre et avec les conseillers maîtres qui étaient dans la même chambre et cetera. On faisait le rapport. à la fin, il arrivait à un comité où il y avait les présidents de chambre et le premier président. Le premier président avait une voix sur les autres. Et puis si jamais il y avait éventuellement, et c'est arrivé à la fin, ce type de rapport est présenté devant l'assemblée des conseillers maîtres où il y a des
quelques dizaines de conseillers maîtres. En général, ils sont adoptés par consensus, ce qui fait la force de la Cour des comptes. Et il m il est arrivé une fois sur le rapport finances publique qui un vote hein parce que il y avait quelques conseill mail qui trouvaient quand même le message était un peu trop postéritaire et cetera. Voilà. Donc il y a eu un vote, ils étaient très très largement minoritaires. Voilà. Et le dans ces cas-là, le premier président, il a une voix sur une centaine de voies he c'est tout. Donc c'est pas lui qui écrit les rapports. Après le problème en revanche qui est quand même dans l'esprit du public, c'est pour ça quand même je dis il y a quand même un problème, c'est que c'est lui qui parle. C'est lui qui parle au journalisme. C'est le porte-parole. Donc alors
normalement il il ne dit que ce qu'il y a dans les rapports. Il ne va pas plus loin. Après euh quand vous êtes sur un plateau télé face à un journaliste qui vous presse de questions, qui essaie de vous faire dire ce que vous avez pas envie de dire, parfois vous dérapez un peu et voilà. Et donc là, en effet, en terme de communication, il peut y avoir un problème. Maintenant, le premier président n'est pas obligé de parler lui-même. Il peut très bien déléguer au président de chambre dans laquelle la chambre dans laquelle le rapport a été établi. Très bien demander au président de chambre d'aller le présenter à la presse ou d'aller le présenter à la commission des finances de l'Assemblée. C'est tout à fait possible. à sa place. Peut-être que je ferai en effet, je
demanderai à président de la première chambre d'aller présenter le rapport sur les comptes de l'État, le rapport sur les finances publiques et pour répondre aux questions de la presse. L'intérêt peut-être aussi d'avoir un premier ou une première présidente rompue à l'exercice de la communication. Après, on peut très bien dire que de toute façon le budget de l'année dernière de l'année dernière c'était c'était pas c'est enfin si elle-même si si elle avait si elle avait elle-même personnellement pu faire avoir toutes les manettes en main pour construire le budget de de 2026, elle aurait peut-être fait quelque chose de totalement différent. Non mais on peut se dire qu'elle va se déportter. Enfin moi ça me semble l'évidence. Je crois que pour son premier jour, elle va voir le comité de
déontologie, je crois. Voilà. Mais de toute façon, mais d'ailleurs le le je dirais le discours de la cour à la fois sur le budget sur les comptes de 2025 et le budget de 2026, il est déjà fait le rapport sur les finances publiques qu'il a été présenté la semaine dernière. Donc je dirais quasiment tout est déjà dit dans ce rapport. Ça posera un problème seulement sur ce budget là. Après on en parlera plus. Après on en parlera plus. Non puis enfin le rôle de la Cour des comptes faut pas le limiter. C'est très intéressant. d'information pour les journalistes et donc moi je suis assez d'accord elle peut se déorter et même si elle ne le faisait pas de toute façon elle pourrait dire que c'est pas son budget c'est pas forcément son budget idéal comme ça a été dit 3 est-ce qu'on doit se
concentrer simplement sur ce budget qui était quand même une situation un peu exceptionnelle d'un point de vue politique et pas plutôt sur ce que ce que n'a pas dit français et le rôle aussi de la cour des comptes vis-à-vis des commissions des finances des assemblées ? Moi je me souviens de la LOLF ces fameuses loi organiques relatives au loi de finance où on demandait qu'il y ait vraiment beaucoup plus de travail alors pour le coup sur les dépenses. Vieux sujet, vieux sujet mais vrai sujet. On a quand même fait avec cette réforme de des lois de finances œuvre utile. Ben faut encore faut-il s'en servir vraiment pour pouvoir offrir au aux députés notamment enfin aux parlementaires les moyens de contrôler de faire en en liaison avec la Cour des comptes un vrai contrôle au service de
quoi ? bah de l'efficacité de l'État de voir les dépenses inutiles. Ils ont des moyens de le faire. Donc peut-être ça pourrait être intéressant cette expérience parlementaire de ce budget du parlement sur lequel Amélite Monchalin a été finalement l'une des l'une des premières à pas avoir été effectivement à faire un budget de l'exécutif mais à faire une vraie négociation chercher des compromis. Bah moi je serai elle. J'utiliserai tous les leviers notamment constitutionnels avec la LOLF et avec ce travail parlementaire qui peut être fait de vraiment faire travailler ensemble les magistrats de la Cour des comptes et les commissions des affaires sociales ou des finances pour regarder ce qu'il y a dans les comptes publics, ce qu'il y a dans les dépenses publiques et comment
on pourrait rendre la dépense publique plus efficace. Ça nous ça nous ça nous changera un peu pour une fois. Alors c'est moins sexy même pour nous les journalistes parfois parce que c'est du long terme mais à l'intérieur de tout ça il y a quand même beaucoup à faire. Hm. Est-ce que c'est possible avant 2027 François ? Oui. Ah mais déjà enfin ça fait de depuis déjà en effet depuis la LOL c'est-à-dire maintenant ça va faire 25 ans. [rires] Non pas depuis la LOL baissé depuis 25. Voilà. En réalité c'est non c'est depuis la réforme constitutionnelle de Sarkozy de 2008 que on a écrit dans la Constitution que le les commissions des finances de l'Assemblée et du Sénat peuvent demander à la cour des contrôles et cetera et ils le font de plus en plus. Donc, il y a de
plus en plus de rapports de la cour des comptes qui sont demandés par les commissions des finances et donc la Cour des comptes est de plus en plus au service quand même de de l'Assemblée et du Sénat. Bon, euh dernier sujet, il nous reste 5 minutes. Allez, il est 10h53. Euh vous êtes toujours en direct sur BFM Business, c'est les experts. Quelle implication des entreprises dans les municipales ? Il y a eu des propositions. Bon, les municipales elles tardent un peu à monter en puissance, hein, dans la campagne. Je rappelle que c'est le 15 et le 22 mars. N'oubliez pas d'aller voter. Euh Philippe, allez, je me tourne vers vous. La CPME et MEDEF ont publié quelques propositions. Est-ce que c'est le rôle des chefs d'entreprise de s'engager comme ça dans une compagne municipale ?
Je crois que bien sûr à l'évidence puisque aujourd'hui c'est vraiment le sujet de proximité. Euh les premiers investisseurs, c'est quand même les collectivités locales. Ça se passe dans les régions, dans les villes, dans les intercommunalités. Euh là, le MEDF, je voyais a fait récemment euh euh c'est le président du MEDF qui parle à la tribune dimanche les municipales, premier scrutin économique du pays. Euh donc il ils ont raison de s'impliquer pour dire que euh voilà, il s'agit il y a a il y a des enjeux démocratiques, il y a les enjeux de la sécurité, il y a plein d'enjeux, mais il faut pas oublier l'enjeu économique. Réindustrialisation. derrière réindustrialisation, ce que disent le BDF, la CPME, c'est attractivité des villes et des territoires pour pouvoir s'y implanter.
Alors, il y a un peu de fiscalité là-dedans, taxe foncière, toutes les aides qu'on peut obtenir au niveau local et puis il y a le logement. Le logement, c'est quand même la crise, c'est c'est l'angle mort là, franchement de la politique de Macron, le sujet qu'il n'a pas traité. Alors, ça y est, enfin le Cornu a pris l'engagement, bah on va voir s'il y arrive de créer 2 millions de logements. Mais c'est vrai que pour les entreprises, quand vous dites "Je vais faire une usine à tel ou tel endroit", s'il y a pas les logements, s'il y a pas les écoles, si les villes ont pas les équipements nécessaires, les gens ont pas envie d'y aller. Et donc c'est un énorme sujet, je pense pour la France, c'est travailler ça sur la mobilité du travail. La mobilité du travail, c'est effectivement pour les
entreprises bah effectivement d'avoir des des bonnes relations avec les maires pour dire bah j'ai un projet, comment est-ce qu'on peut faire pour faciliter les choses ? Et on sait que les maires sont parfois réticents à créer des logements ma bâtisseur mer battu. Moi j'ai l'impression que c'est en train de se se transformer un peu parce que la crise de logement est devenue tellement forte. Voyez, les jeunes aujourd'hui ne qui sont attirés par les métropoles, mais pas que Paris, les grandes métropoles ne trouvent plus à se loger. Donc comment vous pouvez développer une activité économique si vous avez des gens qui sont de moins en moins bien logés, notamment les plus jeunes d'entre eux ou à des tarifs ça pose aussi des problèmes de pouvoir d'achat. C'est plus d'un tiers
aujourd'hui du budget des des jeunes ménages quand c'est pas 40 %. Voilà, un sujet pour euh en tout cas pour le MEDEF et pour la CPME, pour toutes les entreprises de communication positive sur ces municipal euh malgré les actualités parfois plus moroses qu'on a à entendre. Ça c'est un vrai sujet positif pour le pays. Puis ce qui est surprenant, c'est qu'il y a une véritable attente du public de la parole des chefs d'entreprise. Christian bah oui, mais je pense que c'est alors là c'est une contrepartie du budget qu'on a eu qui était un peu compliqué le dernier budget, c'est que les entreprises ont compris qu'il fallait qu'il communiquent et qu' et qu'il montrent qu'il existe parce que le côté on met des taxes sur les entreprises, ça aura pas d'impact. C'est vrai que pour
les ménages, ils se disent entre payer un impôt sur le revenu en hausse ou un ou un impôt sur l'impôt va être supporté par les entreprises, je le vois pas bien. Sauf que après à terme, ça joue sur l'emploi, ça joue sur les conduit sur les investissements et les entreprises. Donc je pense que les entreprises ont compris aussi que de pas suffisamment communiquer dans le milieu politique était quelque chose qui se traduisait par plus de fiscalité que c'était pas bon pour le business. Donc je pense qu'il y a eu un vrai réveil et je pense qu'il y aura un débat pour les prochaines présidentielles où les entreprises vont être sûrement beaucoup plus présentes. Alors après, est-ce qu'il fa voilà jusqu'à souhaiter que ça soit un chef d'entreprise qui soit le premier
prochain président ? Je pense pas parce qu'on gère pas une entreprise comme l'État et je pense que ça c'est un leur et c'est beaucoup plus c'est c'est bien différent. Il y a beaucoup plus de rapports de force et le raisonnement politique n'est pas le raisonnement de l'économiste aussi he on le voit souvent quand on discute avec des des politiques de plus en plus. Oui mais ça serait bien de rapprocher les deux un peu parfois. Oui, mais souvent ils comprennent très bien les logiques économiques, mais ils ont les contraintes politiques et de communication et des sondages. Et c'est ça souvent qui fait pencher quand on discute avec eux. Ils ont très ils ont souvent très c'est là où je pense qu'il y a vraiment un problème de communication parce qu' ils ont tendance
plus à raisonner en politique que en économiste et c'est pour ça qu'on se retrouve avec des lois qui sont aberrentes au niveau de leur rentabilité et au niveau de leur impact économique qui est plutôt négatif où on perd de la croissance mais ça se voit pas. et la croissance perdue se ne voit pas. Et ça c'est souvent ça qui est qui est sous-estimé par l'opinion publique. Allez, en 30 secondes euh François, on a abîmé un petit peu le le lien, non, entre développement économique et fiscalité locale ces dernières années. Euh bah oui, bah pour répondre à ces questions, les les entreprises ont raison quand même de s'intéresser au votes euh aux élections municipales parce que quand même le le principal impôt, si on prend le bloc communal, c'est-à-dire les communes et les
intercommunalités, la principale ressource de ce bloc communal, c'est la taxe foncière. La taxonère, elle est payé par les ménages et par les et parmi les autres impôts, il y a la cotisation foncière des entreprises. On oublie souvent que les les entreprises payent deux impôts fonciers, la taxe foncière et la cotisation foncière. La différence, il y a les deux, il y a la taxe foncière et les deux. Il y a les deux. [rires] La différence étant la même qu'entre taxe foncière et taxe d'habitation pour les ménages. Il y en a un qui est payé par le propriétaire et l'autre qui est payé par l'occupant. Merci. Merci à tous les trois. François Écal, Philippe Mabill et Christian Parizo pour cette émission passionnante disponible en podcast et replay sur l'application BFM Business.