Instabilité au Royaume-Uni : des conséquences pour l’UE ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
britannique. - J.-N.Barrot: On en a nous aussi.
Ils ont exercé le pouvoir et ont fini par se faire chasser du pouvoir, comme en Hongrie récemment. Ils captent pour eux-mêmes le pouvoir alors même qu'ils promettent au départ cette reprise du contrôle. Jusqu'à ce que le système craque, comme ça a été le cas en Hongrie, où le peuple a chassé des dirigeants prorusses et corrompus du pouvoir. - A.-E.Lemoine: Une mesure à l'aune de l'exemple britannique, la difficulté de la politique à l'heure des réseaux sociaux.
Le premier a avoir tweeté, c'est D.Trump. E.Musk relaie les actions de T.Robinson, l'activiste d'extrême droite anti-immigration, anti-islam qui appelle régulièrement à des manifestations qui tournent parfois à l'émeute, des chasses aux migrants.
Cette radicalisation et polarisation est inquiétante? - J.-N.Barrot: Elle a des conséquences.
L'une des conséquences est le Brexit. On n'a pas eu un débat éclairé où les divergences d'opinion sont confrontées et tranchées par le vote. Le grand risque pour notre démocratie, c'est qu'ayant laissé l'espace public numérique être délocalisé sur des plateformes dont les règles sont fixées par des milliardaires chinois ou américains, nous vivons dans une société de bulles où on n'arrive même plus à s'informer et à confronter les points de vue et les trancher par le vote.
Il est urgent de reprendre le contrôle sur votre espace démocratique. Sans des consciences éclairées et la capacité de débattre et de trancher les différends par le vote, la démocratie s'affaisse. Quand elle s'affaisse, ces substituts sont connus.
Ce sont des régimes très verticaux, autoritaires, voire totalitaires. - P.Cohen: On parlait des forces nationalistes qui montent en puissance et gagnent en influence au Parlement européen.
C'est grâce à eux et leur force que le Parlement a approuvé le règlement sur le retour des migrants. Il y a 2 textes qui parlent du paiement pour installer des centres en dehors des frontières de l'UE. C'était sous les cris de joie de l'extrême droite européenne comme l'a montré S.Knafo sur TikTok. - P.Cohen: Vote par une union des droites, le Parti populaire européen et plusieurs groupes d'extrême droite au Parlement européen, mais aussi par une partie d'eurodéputés de Renew.
Comment vous appréciez cet événement politique? - J.-N.Barrot: Ces images sont glaçantes, même effrayantes et choquantes.
Voir des cris de victoire sur un sujet comme celui-ci alors que ces députés de droite et d'extrême droite jamais ne sont entendus quand il s'agit de défendre notre indépendance, notre liberté, notre souveraineté. L'extrême droite en France et en Europe a renoncé à tout espoir, considère que la France et l'Europe ont déjà perdu. Comme ils ont perdu tout espoir, la seule politique qu'ils se donnent et qu'ils proposent est de dresser les Français et les Européens les uns contre les autres et de désigner des boucs émissaires.
C'est ce spectacle qu'on voit au Parlement européen, qui devrait au contraire être un lieu où l'Europe est ambitieuse, audacieuse et qui traite des problèmes et n'en fait pas l'alpha et l'oméga. Ces textes qui viennent d'être adoptés, ce ne sont pas les populistes qui les ont mis à l'ordre du jour, c'est la France. Lorsque nous avons présidé le Conseil de l'UE, en 2022, le président de la République a voulu que nous traitions de manière pragmatique de la question de l'immigration et notamment de la maîtrise de l'immigration irrégulière.
Un pacte a été bâti et comporte un grand nombre de lois. Ce règlement des retours qui était à la peine a été réactivé. Nous considérons qu'il ne s'agit pas de créer des boucs émissaires...
Ils attendent des actions publiques qui permettent de réguler l'immigration irrégulière. On filtre à l'entrée et, quand quelqu'un n'a pas vocation à rester sur le territoire, qu'il soit reconduit. Dans le règlement en question, il y a une disposition à laquelle nous sommes opposés, c'est la création de ce qu'on appelle pudiquement des "hubs" mais qui sont au fond des camps pour le retour des étrangers en situation irrégulière en Europe, dans des pays tiers, qui ne sont ni leur pays d'origine ni leur pays de destination.
Nous sommes opposés à cette mesure pour des questions de principe. Il n'y a pas besoin de réfléchir longtemps pour s'apercevoir que le principe de créer des camps dans des pays tiers n'est pas conforme à la vision que nous avons de nous-mêmes. Les pays qui ont tenté de mettre en place ces centres de retour ont échoué.
Dans un moment où nous bataillons pour nous libérer de nos dépendances, voulons-nous vraiment créer auprès de pays tiers ce type de dépendance nouvelle? En accueillant les étrangers en situation irrégulière...
La priorité, c'est d'obtenir des concessions de la part du pays d'origine pour qu'ils puissent être repris. L'Europe a des moyens puissants. Elle peut activer ses visas, ses mesures commerciales pour que ce soit fait par des pays qui coopèrent mais aujourd'hui ne le font pas suffisamment. - P.Lescure: Ce soir, M.Bloch, historien et résistant assassiné par la Gestapo, entre au Panthéon.
Une cérémonie voulue par E.Macron. La famille de M.Bloch a demandé à ce que l'extrême droite soit exclue de la cérémonie, voeu auquel le RN a l'intention de se conformer.
S.Knafo a prévu de s'y rendre. Ca a provoqué la réaction de la petite-fille de M.Bloch sur France Inter. - Elle essaie de faire du buzz, mais c'est un scandale.
C'est un parti qui tente de réhabiliter Pétain. Mon grand-père a été assassiné. Ma grand-mère est morte de privation, de maladie. - P.Lescure: S.Knafo, invitée de droit car élue de la nation selon les règles du protocole, ne devrait pas aller au Panthéon ce soir? - J.-N.Barrot: Non.
Il faut respecter la volonté des familles. C'est le b.a.-ba de la dignité. - P.Cohen: Un mot pour revenir sur ce dont on parlait, la situation politique au Parlement européen.
Est-ce que ça préfigure ou annonce quelque chose de l'élection présidentielle, que vous le souhaitiez ou le redoutiez? - J.-N.Barrot: S'agissant de l'alliance des droites selon S.Knafo, l'alliance de la droite conservatrice et de l'extrême droite?
Je ne le souhaite pas. Il y a dans le pays des familles politiques comme la droite et la gauche qui ont vocation à animer le débat démocratique, à exercer des responsabilités et qui n'ont rien à faire avec l'extrême droite ou l'extrême gauche. Mais c'est à ces forces politiques de clarifier leurs orientations.
On sent un trouble, une ambiguïté. Pour ce qui nous concerne, au centre, il n'y a aucune
Jean-noël Barrot