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interviewC à vous (sur YouTube)· 23 juin 2026 52 min

Brexit : dix ans après - C à Vous l’Intégrale - 23/06/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h avec Pierre, Patrick, Lorrain, Louis et M.Pirzadeh.

Bienvenue et bonsoir à tous les 5. A la une, des drames qui se multiplient. - S.Lecornu: Un triste fléau sur les noyades.

Ce sont essentiellement des jeunes. - L.Sénéchal: Le bilan continue de grimper et le thermomètre aussi.

On a battu des centaines de records. On a vécu la journée la plus chaude jamais enregistrée en France. - A.-E.Lemoine: Et le pic est attendu demain.

La chute du 6e Premier ministre britannique depuis 10 ans. - A.-E.Lemoine: Une démission 10 ans jour pour jour après le Brexit. - P.Cohen: Que les Britanniques en majorité disent regretter, mais le rejet des 2 grands partis traditionnels, conservateur et travailliste, favorise les brexiteurs pour les prochaines élections qui doivent avoir lieu en 2019...

Avant 2029. - A.-E.Lemoine: J.-N.Barrot, bonsoir.

Merci de votre présence pour évoquer les leçons de la chute de K.Starmer. On revient sur le 1er round des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis. - L.Amar: 3 heures 48 entre le coup d'envoi et le coup de sifflet final.

France-Irak est devenu le match le plus long de l'histoire de la Coupe du monde, interrompu plusieurs fois à cause de la pluie et des orages. La France a gagné 3-0. On est en 16es de finale.

Tout va bien. - A.-E.Lemoine: Mais on ne sait pas si on est 1ers ou 2ds du groupe.

On va en parler avec N.Iannetta, qui consacre un podcast au combat de C.Biétry pour le droit à mourir dans la dignité.

Après 20h, J.Weber, S.Biasini, C.Squitieri, la fille de C.Cardinale. - P.Lescure: On va parler de celui qui a écrit "Mélissa" de J.Clerc avec un nouvel album et un livre exquis pour sa passion pour les voitures rouges. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, l'Edito de P.Cohen.

Le 23 juin 2016, une majorité d'électeurs britanniques décidaient de sortir le Royaume-Uni de l'UE. Aujourd'hui, on parle de "Bregret". - P.Cohen: Entre Brexit et regret. 52 % des électeurs votaient pour sortir de l'UE.

Aujourd'hui, selon un dernier sondage publié il y a 15 jours, 57 % des Britanniques estiment que leur pays a eu tort de partir, contre seulement 30 % qui considèrent qu'il a eu raison. C'est l'écart le plus important depuis le référendum. Le regret de vote n'a jamais été aussi fort et, pourtant, ceux qui en sont à l'origine n'ont jamais semblé aussi proches d'accéder au pouvoir.

Le parti Reform UK est en tête des sondages et N.Farage pourrait devenir Premier ministre. Avant d'expliquer ce paradoxe, un détour par un autre néologisme, le "Breturn", le retour du Royaume-Uni dans l'UE.

Certains en parlent, comme ces citoyens qui ont manifesté à Londres le week-end dernier. - P.Cohen: Précisons que c'est une perspective lointaine.

Un retour au bercail de la Grande-Bretagne serait techniquement très compliqué et obligerait les Britanniques à de nouveaux sacrifices. Les 27 ne sont pas tous emballés à l'idée de leur ouvrir les bras à nouveau. Certains estiment que l'UE se porte mieux et que c'est plus facile depuis que Londres est parti. - A.-E.Lemoine: Comment expliquer les sondages en faveur de N.Farage? - P.Cohen: Même s'il a une popularité réelle, il n'est pas consensuel.

Il profite de l'effondrement de 2 grands partis traditionnels. N.Farage a fait campagne pour le Brexit mais il n'a pas gouverné.

Il n'a pas de bilan à défendre, contrairement aux conservateurs, punis pour leur bilan, et aux travaillistes, qui ont déçu au pouvoir. Il faut revenir à la promesse initiale du Brexit 2016. - Les partisans du Brexit découvrent les résultats définitifs.

Le Royaume-Uni tourne le dos à l'Europe. Près de 50 % des Britanniques l'ont décidé. - C'est agréable de penser qu'on va être gouvernés par notre propre pays et pas par quelqu'un d'autre.

C'est bien de savoir que, si on n'est pas content de notre gouvernement, on peut en élire un autre. A Bruxelles, on ne sait même pas qui est derrière le bureau. - P.Cohen: Un mot pour se souvenir des larmes de 2 députés conservateurs...

J'étais à Londres pour France Inter. On a découvert les résultats une heure avant l'antenne. C'était à 6h du matin.

Je me souviens de l'émotion des personnalités politiques qui ont presque disparu, les conservateurs, favorables au maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE. Aujourd'hui, le Parti conservateur s'est profondément transformé. On a entendu "reprendre le contrôle du pays" et notamment des flux migratoires.

Ca n'a pas marché. Si l'immigration européenne a plongé, l'extra-européenne a explosé. Si l'économie n'a pas décroché, si la City reste indétrônable en matière d'investissements étrangers en Europe, le commerce entre le Royaume-Uni et l'Europe s'est affaissé et le pays n'a pas tiré profit de son affranchissement, contrairement aux promesses mirobolantes des partisans du Brexit.

Voyez la façon dont N.Farage en parle aujourd'hui. - P.Cohen: Le ciel ne s'est pas effondré.

La catastrophe annoncée n'a pas eu lieu. Mais si les Britanniques n'ont pas une vie meilleure, c'est que le Brexit leur a été volé. C'est ce que les conservateurs au pouvoir ont mal négocié leur sortie.

Voilà ce que pense N.Farage et ses partisans, comme cette fleuriste vue dans un reportage de franceinfo. - Le gouvernement britannique n'a pas fait le Brexit.

C'est faux. Ils nous ont trahis. Prenez la pêche.

Ils ont abandonné nos eaux aux Européens alors qu'elles auraient dû appartenir à nos pêcheurs. - P.Cohen: Le vote Brexit n'est pas seulement un calcul économique, il exprimait un sentiment identitaire, une revendication de souveraineté et un rejet de la libéralisation.

En attendant, un nouveau visage va incarner la Grande-Bretagne dans les prochaines semaines: Andy Burnham, 56 ans, qu'on dit plus charismatique que K.Starmer qui devrait le remplacer à Downing Street et qui déclarait ceci après son retour au Parlement jeudi dernier. - P.Cohen: La dernière chance d'A.Burnham, qui a été élu contre le candidat de N.Farage, et qui, dans les sondages, est la personnalité politique préférée des Britanniques mais pour combien de temps? - A.-E.Lemoine: Vous lui donnez combien de temps? - J.-N.Barrot: Je lui souhaite de pouvoir accéder à la fonction à laquelle il aspire.

Il y a un certain nombre de procédures internes. Et le maximum de stabilité malgré et en dépit du Brexit qui continue de produire ses effets...

Sans me mêler des affaires de politique intérieure britanniques, ce que dit P.Cohen est très juste. Le Brexit n'a tenu aucune de ses promesses.

Avant le Brexit, la richesse par habitant du Royaume-Uni était de 3000 euros supérieure par habitant et par an à celle de l'UE. Désormais, la richesse par habitant du Royaume-Uni est inférieure à celle de l'UE. - A.-E.Lemoine: Il a été mal négocié, ce Brexit.

C'est ce que disent les partisans de N.Farage. - J.-N.Barrot: Chacun voit bien que dans le monde si brutal dans lequel nous sommes entrés, nous avons besoin de ces mécanismes de solidarité qu'offre l'UE pour résister aux guerres commerciales, à la pression des empires et investir pour être plus souverain.

Quand on est tout seul, on se fragilise et on s'affaiblit. - A.-E.Lemoine: La perspective d'un Breturn, c'est de la politique-fiction? - J.-N.Barrot: Vous avez entendu la voix de certains citoyens britanniques.

Pour notre part, nous sommes tout à fait prêts à ouvrir la porte au Royaume-Uni pour un retour dans l'UE qui vient avec des droits, mais aussi des devoirs. Des négociations ont déjà commencé entre le Royaume-Uni et l'UE pour retisser des liens. C'était la volonté de K.Starmer, qui vient de démissionner.

C'est difficile. C'est un divorce qui a été acté il y a 10 ans. Pour que chacun s'y retrouve, il faut que des discussions puissent se poursuivre et que des compromis soient faits. - A.-E.Lemoine: L'instabilité politique, ça concerne toutes les grandes démocraties libérales.

Et la France aussi. C'est l'une des leçons de cette crise politique britannique. - J.-N.Barrot: Tous les partisans du Frexit, J.-L.Mélenchon, M.Le Pen qui n'avaient que le Frexit à la bouche, ont changé de disque.

Ils se sont aperçu que ça ne produisait pas les effets escomptés. On aurait tort de penser que la colère a disparu, que le sentiment de dépossession des classes moyennes et populaires au Royaume-Uni a disparu ou va disparaître. Il est là et il attend qu'une réponse soit apportée.

Soit qu'elle soit apportée par des populistes à tendance autoritaire comme monsieur N.Farage ou comme d'autres outre-Atlantique, soit ce sont des propositions qui leur seront faites de redistribution massive du pouvoir pour que chacun puisse maîtriser son destin. C'est ce qu'attendent les citoyens européens. - A.-E.Lemoine: Ces partis qui n'ont jamais gouverné et qui sont en tête des sondages, ce n'est pas une spécialité britannique. - J.-N.Barrot: On en a nous aussi.

Ils ont exercé le pouvoir et ont fini par se faire chasser du pouvoir, comme en Hongrie récemment. Ils captent pour eux-mêmes le pouvoir alors même qu'ils promettent au départ cette reprise du contrôle. Jusqu'à ce que le système craque, comme ça a été le cas en Hongrie, où le peuple a chassé des dirigeants prorusses et corrompus du pouvoir. - A.-E.Lemoine: Une mesure à l'aune de l'exemple britannique, la difficulté de la politique à l'heure des réseaux sociaux.

Le premier a avoir tweeté, c'est D.Trump. E.Musk relaie les actions de T.Robinson, l'activiste d'extrême droite anti-immigration, anti-islam qui appelle régulièrement à des manifestations qui tournent parfois à l'émeute, des chasses aux migrants.

Cette radicalisation et polarisation est inquiétante? - J.-N.Barrot: Elle a des conséquences.

L'une des conséquences est le Brexit. On n'a pas eu un débat éclairé où les divergences d'opinion sont confrontées et tranchées par le vote. Le grand risque pour notre démocratie, c'est qu'ayant laissé l'espace public numérique être délocalisé sur des plateformes dont les règles sont fixées par des milliardaires chinois ou américains, nous vivons dans une société de bulles où on n'arrive même plus à s'informer et à confronter les points de vue et les trancher par le vote.

Il est urgent de reprendre le contrôle sur votre espace démocratique. Sans des consciences éclairées et la capacité de débattre et de trancher les différends par le vote, la démocratie s'affaisse. Quand elle s'affaisse, ces substituts sont connus.

Ce sont des régimes très verticaux, autoritaires, voire totalitaires. - P.Cohen: On parlait des forces nationalistes qui montent en puissance et gagnent en influence au Parlement européen.

C'est grâce à eux et leur force que le Parlement a approuvé le règlement sur le retour des migrants. Il y a 2 textes qui parlent du paiement pour installer des centres en dehors des frontières de l'UE. C'était sous les cris de joie de l'extrême droite européenne comme l'a montré S.Knafo sur TikTok. - P.Cohen: Vote par une union des droites, le Parti populaire européen et plusieurs groupes d'extrême droite au Parlement européen, mais aussi par une partie d'eurodéputés de Renew.

Comment vous appréciez cet événement politique? - J.-N.Barrot: Ces images sont glaçantes, même effrayantes et choquantes.

Voir des cris de victoire sur un sujet comme celui-ci alors que ces députés de droite et d'extrême droite jamais ne sont entendus quand il s'agit de défendre notre indépendance, notre liberté, notre souveraineté. L'extrême droite en France et en Europe a renoncé à tout espoir, considère que la France et l'Europe ont déjà perdu. Comme ils ont perdu tout espoir, la seule politique qu'ils se donnent et qu'ils proposent est de dresser les Français et les Européens les uns contre les autres et de désigner des boucs émissaires.

C'est ce spectacle qu'on voit au Parlement européen, qui devrait au contraire être un lieu où l'Europe est ambitieuse, audacieuse et qui traite des problèmes et n'en fait pas l'alpha et l'oméga. Ces textes qui viennent d'être adoptés, ce ne sont pas les populistes qui les ont mis à l'ordre du jour, c'est la France. Lorsque nous avons présidé le Conseil de l'UE, en 2022, le président de la République a voulu que nous traitions de manière pragmatique de la question de l'immigration et notamment de la maîtrise de l'immigration irrégulière.

Un pacte a été bâti et comporte un grand nombre de lois. Ce règlement des retours qui était à la peine a été réactivé. Nous considérons qu'il ne s'agit pas de créer des boucs émissaires...

Ils attendent des actions publiques qui permettent de réguler l'immigration irrégulière. On filtre à l'entrée et, quand quelqu'un n'a pas vocation à rester sur le territoire, qu'il soit reconduit. Dans le règlement en question, il y a une disposition à laquelle nous sommes opposés, c'est la création de ce qu'on appelle pudiquement des "hubs" mais qui sont au fond des camps pour le retour des étrangers en situation irrégulière en Europe, dans des pays tiers, qui ne sont ni leur pays d'origine ni leur pays de destination.

Nous sommes opposés à cette mesure pour des questions de principe. Il n'y a pas besoin de réfléchir longtemps pour s'apercevoir que le principe de créer des camps dans des pays tiers n'est pas conforme à la vision que nous avons de nous-mêmes. Les pays qui ont tenté de mettre en place ces centres de retour ont échoué.

Dans un moment où nous bataillons pour nous libérer de nos dépendances, voulons-nous vraiment créer auprès de pays tiers ce type de dépendance nouvelle? En accueillant les étrangers en situation irrégulière...

La priorité, c'est d'obtenir des concessions de la part du pays d'origine pour qu'ils puissent être repris. L'Europe a des moyens puissants. Elle peut activer ses visas, ses mesures commerciales pour que ce soit fait par des pays qui coopèrent mais aujourd'hui ne le font pas suffisamment. - P.Lescure: Ce soir, M.Bloch, historien et résistant assassiné par la Gestapo, entre au Panthéon.

Une cérémonie voulue par E.Macron. La famille de M.Bloch a demandé à ce que l'extrême droite soit exclue de la cérémonie, voeu auquel le RN a l'intention de se conformer.

S.Knafo a prévu de s'y rendre. Ca a provoqué la réaction de la petite-fille de M.Bloch sur France Inter. - Elle essaie de faire du buzz, mais c'est un scandale.

C'est un parti qui tente de réhabiliter Pétain. Mon grand-père a été assassiné. Ma grand-mère est morte de privation, de maladie. - P.Lescure: S.Knafo, invitée de droit car élue de la nation selon les règles du protocole, ne devrait pas aller au Panthéon ce soir? - J.-N.Barrot: Non.

Il faut respecter la volonté des familles. C'est le b.a.-ba de la dignité. - P.Cohen: Un mot pour revenir sur ce dont on parlait, la situation politique au Parlement européen.

Est-ce que ça préfigure ou annonce quelque chose de l'élection présidentielle, que vous le souhaitiez ou le redoutiez? - J.-N.Barrot: S'agissant de l'alliance des droites selon S.Knafo, l'alliance de la droite conservatrice et de l'extrême droite?

Je ne le souhaite pas. Il y a dans le pays des familles politiques comme la droite et la gauche qui ont vocation à animer le débat démocratique, à exercer des responsabilités et qui n'ont rien à faire avec l'extrême droite ou l'extrême gauche. Mais c'est à ces forces politiques de clarifier leurs orientations.

On sent un trouble, une ambiguïté. Pour ce qui nous concerne, au centre, il n'y a aucune compromission possible, ni avec l'extrême droite ni avec extrême gauche, ni au 1er tour ni au 2d tour. Même si ce sont 2 poisons différents, ce sont des poisons mortels pour notre pays. - A.-E.Lemoine: On continue d'évoquer l'actualité avec M.Pirzadeh.

On évoque la fin du 1er round des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis. - M.Pirzadeh: Une négociation en 14 points, un texte qui signe un renoncement américain sur des points majeurs et notamment sur la pression maximale des sanctions américaines contre la République islamique en place depuis 1980 pour assécher l'économie iranienne.

Pourtant, à l'issue de ces négociations, le régime va récupérer beaucoup d'argent. - M.Pirzadeh: 6 milliards de dollars gelés au Qatar et la levée des sanctions jusqu'à fin août sur ses produits pétroliers.

Une manne financière essentielle pour les Gardiens de la révolution qui leur permet d'acheter tout leur équipement militaire, de livrer à leurs proxys dans la région comme le Hezbollah. C'est du jamais-vu depuis 40 ans. En échange, les Etats-Unis se félicitent de débloquer le détroit d'Ormuz, qui était ouvert avant la guerre.

Pour nos téléspectateurs, ces négociations ne vont rien changer. D.Trump a qualifié la semaine dernière les dirigeants iraniens de personnes "sympa et pas du tout radicalisées".

La réalité pour la population iranienne montre l'inverse. Un régime qui continue de pendre. 45 personnes ont été pendues depuis le début de l'année et notamment depuis ces 3 dernières mois...

On va montrer 2 visages. Ils ont été pendus à l'aube, mardi dernier, au lendemain de l'annonce de l'accord par le président américain. Ils ont été accusés et condamnés pour avoir participé aux manifestations massives contre le régime iranien de janvier dernier.

Un régime qui continue de condamner également des milliers d'arrestations. Un autre exemple, pour avoir chanté en Iran bras nus et tête découverte en décembre 2024, elle a été condamnée à 74 coups de fouets, une interdiction de sortie du territoire et d'exercer une profession artistique. 8 autres personnes ont connu la même sentence, comme cette photographe.

Qu'est-ce que vous dites à cette population iranienne à qui Trump a promis de se débarrasser du régime et de les aider en janvier et qui, finalement, le renforce de manière inédite? - J.-N.Barrot: La 1re chose, c'est que nous n'oublions rien de la répression sanglante et des massacres dont ils ont été les victimes au début de cette année.

Ca qui nous a conduit à prendre des sanctions à l'encontre des dirigeants du régime, des responsables du blocage d'Internet qui a permis à cette répression de prendre une ampleur sans équivalent dans l'histoire contemporaine de l'Iran, c'est d'inscrire le corps des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. Nous allons continuer à le faire tant nous réprouvons cette attitude inqualifiable du régime vis-à-vis de son peuple. Les principaux perdants de la guerre de ces derniers mois, ce sont les populations civiles, en Iran, pris entre 2 feux, celui de la répression et celui des bombardements.

Nous n'avons pas toujours été nombreux à le dire, mais nous l'avons dit: il n'y aura pas de paix et de stabilité dans cette région sans que ce régime ne puisse se résoudre à des concessions radicales, un changement radical de posture qui permet la coexistence pacifique de l'Iran avec son environnement régional et qui permet aux Iraniens de construire librement leur avenir. Vous m'interrogez sur un certain nombre de choses qui ne dépendent pas intégralement de moi. Pour ce qui dépend de moi, nous avons un certain nombre de leviers, que nous entendons mettre à profit pour que le règlement de cette crise soit durable et pas une sorte d'entre-deux qui place les populations civiles, et notamment le peuple iranien, dans la continuité des épreuves qu'il a subies et qui place la région dans une forme d'instabilité dont nous pourrons ou devrons payer les conséquences. - A.-E.Lemoine: C'est une voix qui a révolutionné le sport à la télévision, là où, à la tête du service sports de Canal+, il a réinventé une autre manière de filmer les champions, leurs émotions, celle des victoires et des défaites.

A 82 ans, cette voix s'est presque tue. La maladie de Charcot l'a privée de la parole mais pas de ses mots toujours aussi puissants. - C.Biétry: Moins bien qu'hier mais mieux que demain.

Je ne veux pas me laisser emporter par une vague noire. Je n'ai pas peur de la mort. J'ai peur de mal mourir.

Je vis dans un fauteuil ou accroché à un déambulateur. Je suis sans cesse fatigué. J'ai perdu l'usage de la parole.

Pourtant, j'arrive encore à être heureux. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, N.Iannetta, directrice des sports de Radio France.

On parle du podcast en 4 épisodes disponible sur l'application de Radio France qui est le résultat d'une conversation enregistrée en mai avec C.Biétry et son épouse. Parler avec C.Biétry, vous le faites depuis toujours.

Vous n'avez jamais cessé de le faire. Aujourd'hui encore, vous le faites, malgré la progression inexorable de la maladie. - N.Iannetta: Plus encore.

On sait qu'il ne reste pas beaucoup de temps et qu'il faut profiter de la puissance de ces gens. C'est aussi une histoire personnelle. Il a changé ma vie, en partie grâce à ce monsieur, P.Lescure.

Je lui devais ça aussi, de lui redonner la parole, lui dont le verbe était si merveilleux. - A.-E.Lemoine: Mais il n'a rien perdu de son amour des mots, même s'il souffre de ne pas penser assez vite... - N.Iannetta: Il pense vite, mais sa pensée va plus vite que son expression. - A.-E.Lemoine: C'est souvent des métaphores sportives qui racontent la maladie.

Il parle de combat, d'objectifs à atteindre, de temps additionnel...

C'est tout ce vocabulaire qui frappe. - N.Iannetta: Il a toujours repoussé les limites.

Il a toujours innové. Depuis lui, on n'a rien inventé à la télévision sur le sport. C'était en 1984, tout ça.

C'est aussi parce que, y compris dans ces moments-là, il faut avancer et donner du sens à cette maladie. Il parle pas seulement pour lui mais pour les autres. - A.-E.Lemoine: Il ne lâche rien comme il n'a jamais rien lâché. - P.Lescure: C'est ça qui frappe.

C'est cette obsession de toujours maîtriser sa vie et ses décisions. - N.Iannetta: Ca a été très clair.

Il le raconte entre l'annonce de la maladie et sa décision de choisir de partir dans la dignité...

Il ne s'est pas passé beaucoup de temps dans sa réflexion. C'était presque une évidence. "Je ne veux pas faire subir ça à mes proches et je ne veux pas m'infliger une mort indigne qui susciterait de la pitié." - P.Lescure: Ne jamais subir... - N.Iannetta: On l'a admiré et on l'admirera jusqu'au bout. - A.-E.Lemoine: Il vous épate et son épouse aussi. - Je le connais par coeur.

Il m'épate. - N.Iannetta: Elle est épatante aussi. - On a toujours fonctionné comme ça.

Ca fait 45 ans qu'on fonctionne comme ça. 46, 47! - N.Iannetta: Il tient les comptes. - Noces de cachemire dans un mois! - A.-E.Lemoine: Elle a prononcé une phrase mythique: "On rira jusqu'au bout." - N.Iannetta: Voir l'homme qu'on aime dans cette situation, la situation des aidants...

Cette incapacité aussi de la classe politique d'accepter de prendre en charge enfin le désir et la liberté de ceux qui veulent choisir de vivre dans la dignité. La liberté, ça n'enlève rien à personne. Les médecins pourront aider ou pas s'ils le souhaitent.

Tout ça se fait dans un profond respect, mais c'est bien d'avoir le choix. Monique est magnifique. Elle est d'une allure, d'une élégance, d'une classe...

Vivre aux côtés de C.Biétry, il fallait avoir du tempérament. On l'appelait "le menhir".

Elle est le menhir à côté du menhir. Sans elle, sans les enfants, sans les petits-enfants...

C'est toute une famille qui combat quand il vous arrive quelque chose comme ça. - A.-E.Lemoine: Et la lenteur du processus politique, les retards pris dans les débats autour de la loi sur la fin de vie, ça le met en colère. - C.Biétry: Je crois avoir bien résumé ce débat sur la fin de vie le jour où j'ai écrit: "C'est simple, les patients pourraient choisir leur mort.

Le médecin pourrait les aider ou non. Ca file la liberté." Ne perdez pas trop de temps au Parlement.

Les malades n'en ont pas beaucoup. Je respecte les convictions intimes. - A.-E.Lemoine: C.Biétry ne pardonne pas. - N.Iannetta: Il leur en veut.

Chacun a bien le droit de poser les arguments qu'il souhaite, mais il y a des mots qui blessent dans ces moments-là. Quand il parle de "liquider", de "euthanasier", plutôt que de parler de "mort dans la dignité", quand il dit que certains soupçonnent des familles de vouloir capter des héritages, c'est insupportable d'entendre des mots aussi outranciers. C'est cette outrance plus que le désaccord.

Les termes employés...

Il en veut beaucoup aux sénateurs. - P.Cohen: C'est une affaire de semaines.

Nouveau vote à l'Assemblée cette semaine. Vote définitif mi-juillet. - N.Iannetta: C'est l'objectif et l'ambition du gouvernement et du président de la République.

Charles l'a interpellé dans une émission. Il a promis que cette loi serait votée avant l'été. - A.-E.Lemoine: C.Biétry ne veut pas aller en Suisse.

Le voyage aller, il l'a intégré. Le voyage retour... - N.Iannetta: Celui de ses proches...

Il dit qu'ils vont revenir à 3, avec une urne. Cette douleur, la leur, il a du mal avec ça. Quand on y pense, dans notre for intérieur, on se dit qu'évidemment, c'est mieux à la maison.

C'est mieux dans tout ce qui a fait une vie de famille et une vie tout court. - A.-E.Lemoine: C'est à écouter sur l'application Radio France.

Merci de nous avoir donné à entendre sa voix. Cette prouesse qui est rendue possible par l'IA... - N.Iannetta: Merci à vous de mettre sa voix en lumière.

Il a écrit un livre il y a un an et demi dans lequel il raconte son combat. Il y a beaucoup de dernières. Les droits d'auteur de ce livre...

On peut encore l'acheter partout. Ils vont à la recherche pour les maladies neurodégénératives, pour les bénévoles qui travaillent tout autour de tous ces malades. Il n'y a plus d'argent dans les caisses.

On sait qu'il va falloir aussi penser...

Donner, c'est aussi penser un peu à nous. Peut-être que demain, c'est nous. - A.-E.Lemoine: On imagine que C.Biétry suit avec beaucoup d'attention la Coupe du monde. - N.Iannetta: Il envoie des messages pour dire que c'était bien, pas bien, qu'untel est bien, pas bon... - A.-E.Lemoine: C'est l'objet de la Story de L.Amar. - Le match de l'équipe de France devenu la nuit dernière le plus long de la Coupe du monde. - Un match sans fin interrompu pendant 2 heures à cause des orages. ... - L.Amar: C'est l'histoire d'une nuit d'orages, d'éclairs, de déluge et de stade évacué.

L'équipe de France a affronté l'Irak. Les Bleus ont gagné 3-0. Ce que qu'on retiendra, c'est les plus de 2 heures d'interruption à cause de la météo.

Les supporters ont dû se réfugier dans les coursives, agglutinés à la buvette, puis assis par terre pour lancer un paquito au retour du soleil. - C'est hallucinant! On est trempés.

On a tous nos petits k-way. On attend pour rentrer. - Je suis pieds nus.

J'arrive pas à vivre avec les pieds mouillés. - On vient de voir un éclair. On attend...

On entend le tonnerre. - Le soleil! - L.Amar: Si ça a duré si longtemps, c'est à cause du protocole.

Au moindre éclair, 13 km à la ronde, 30 minutes de pause et on fait sortir tout le monde. C'est une mesure de précaution imposée par les autorités américaines. Résultat: la mi-temps aura duré 2 heures 12, interminable pour les joueurs et D.Deschamps. - D.Deschamps: On avait des créneaux.

Sans arrêt, ils étaient repoussés. C'est la 1re fois que ça m'arrive et j'espère que c'est la dernière. - J.Koundé: Il n'y a pas vraiment d'heure qui nous était donnée.

On a eu le temps de discuter, de plaisanter, de se relâcher un peu. Après, quand on a su que le match allait reprendre, on a pu se reconcentrer. - L.Amar: Il a fallu se fader la pluie après les éclairs.

Regardez comment notre confrère de RMC s'est protégé après la reprise du match. La pelouse était gorgée d'eau. Avant d'attaquer sur une barque, comme ça a été imaginé sur les réseaux...

K.Mbappé est même agacé de l'attitude des jardiniers. - K.Mbappé: C'était un peu comme notre partie...

Ils ont passé 20 minutes à nettoyer la partie où on défend. Ils n'ont pas nettoyé la partie où on attaque. C'est un désavantage...

Quitte à choisir, nettoyez celle où on attaque. Après, ils n'y étaient pour rien. L'autre groupe n'était pas prêt. - L.Amar: Ca a été long pour les joueurs et les supporters.

Imaginez pour nous, en France, en pleine nuit. Le match a repris vers 2h du matin. Certains ne se sont pas découragés et sont restés au bar jusqu'au bout, mais en silence. ... - On est en séminaire. - On a rendez-vous demain à 8h45.

On y sera pour 9h, et ce sera déjà bien. - L.Amar: Une nuit comme ça, ça laisse des traces.

On a vu des petits yeux dans les rues de Paris ce matin. - On s'est couchés à 3h30 du matin. - On ne savait pas quand ça allait reprendre.

On a bu de l'eau... - Je me suis endormi.

Je me suis réveillé, il était 5h du matin. J'ai juste regardé le résultat sur le téléphone. - Je regarde tous les matchs de la Coupe du monde. - Ca valait le coût. - L.Amar: France-Irak a été suivi par à peu près 5 millions de téléspectateurs.

M6 a même publié un mot d'excuse pour ceux qui sont arrivés en retard en cours ou au bureau ce matin. On annonce à Boston des orages vendredi soir. - A.-E.Lemoine: On n'est pas à l'abri que ça recommence? - N.Iannetta: L'année dernière, la Coupe du monde des clubs s'était tenue aux Etats-Unis sur la même période.

Avaient été interrompues. Ca peut recommencer. - A.-E.Lemoine: Et ça peut poser des problèmes sérieux. - N.Iannetta: Il n'y a pas de règle dans les protocoles Fifa pour reporter les matchs.

On ne sait pas comment ça se passe si ça dure 6 heures. On étudiera au cas par cas. Il y a un problème d'équité sportive par rapport au match d'après...

Tout ça est très compliqué. - A.-E.Lemoine: On est qualifiés, mais on ne sait pas encore si on va finir 1ers ou 2es du groupe.

Ca va se jouer contre la Norvège face à un joueur qui est costaud. - P.Lescure: Même s'il dit qu'il se fout du match. - P.Lescure: On peut imaginer... - N.Iannetta: Il est bon.

C'est l'un des plus grands attaquants, à Manchester City. C'est un bombardier. Ils se tirent la bourre avec K.Mbappé pour le nombre de buts marqués en Europe régulièrement. - P.Lescure: Il dit que le match ne compte pas. - N.Iannetta: Il va marquer, évidemment.

On a pas mal de certitudes avec les 2 premiers matchs. Il y a encore une incertitude parce qu'on n'a pas suffisamment été challengés. C'est la défense.

Lui, il va bien nous la mettre d'équerre. - A.-E.Lemoine: On n'a pas la date du tournoi? - N.Iannetta: Bien sûr que si.

Est-ce que notre défense est au niveau? Pour le moment, ils n'ont pas suffisamment été mis en danger. Ce sera pour vendredi. - A.-E.Lemoine: Il y a un match dans le match entre Mbappé et Messi.

Lequel va entrer dans la légende en atteignant le nombre maximum de buts dans une Coupe du monde? - N.Iannetta: 18 pour L.Messi.

Il est en mission. Toute l'équipe argentine joue pour lui. On a cru pendant longtemps que c'était le cas en 2022.

C'était le seul trophée qui manquait à Messi, 8 Ballon d'or et il a tout gagné. Il sera encore plus fort cette année. Ils se sont mis au service du bijou argentin qui a bien envie de faire le back to back.

Tout le monde connaît cette expression en France grâce au PSG. - A.-E.Lemoine: Doublé. - P.Cohen: C.Gleizes étant absent dans cette Coupe du monde.

Depuis sa prison, via l'intermédiaire de V.Duluc, il a pu poser une question à D.Deschamps.

Est-ce qu'il faut en parler le moins possible? La discrétion diplomatique, est-ce encore efficace pour C.Gleizes?

Est-ce que ça peut accélérer sa libération? - J.-N.Barrot: Je le souhaite.

Je salue l'intervention du monde du sport. C.Gleizes est apprécié des joueurs et aussi des supporters.

Je salue au passage la dignité et le courage de sa famille qui a adressé des messages d'une grande hauteur de vue aux autorités algériennes. En parallèle, nous continuerons de nous mobiliser. On a pu lui rendre visite le mois dernier.

On espère lui rendre visite prochainement. Il fait preuve d'un immense courage dans cette épreuve très difficile. On souhaite qu'il puisse être de retour parmi nous le plus tôt possible, et peut-être avant la fin de cette Coupe du monde. - N.Iannetta: Il a une accréditation symbolique pour la Coupe.

On sait que le numéro 3 de la Fifa était au procès en appel de C.Gleizes pour essayer, à travers le président de la Fédération algérienne, de convaincre aussi le gouvernement algérien de la bonne foi de ce garçon, qui est juste allé faire son boulot, un reportage dans l'un des clubs les plus mythiques de Kabylie. On espère tous que le 19 juillet, on verra la finale ensemble.

Peut-être que ce sera un France-Argentine. - A.-E.Lemoine: Merci.

Vous restez avec nous. Le 5/5 de L.Sénéchal.

La canicule au menu de ce 5/5, qui fait des dizaines de victimes. - L.Sénéchal: Il faudra des mois pour faire le bilan humain de cette canicule, déjà historique.

C'était la plus chaude jamais enregistrée. Ce sera sans doute battu demain. 58 départements en vigilance rouge.

Il y a des centaines de records de températures qui ont encore été battus aujourd'hui. Des records qui battaient ceux de la veille et des dizaines de morts victimes de noyade, selon un premier bilan du Premier ministre. - S.Lecornu: Un triste fléau sur les noyades. 40 morts depuis le 18 juin.

Ce sont essentiellement des jeunes. Ce sont les 1res victimes de la crise que nous connaissons. - L.Sénéchal: Les monuments s'adaptent aussi.

La tour Eiffel a fermé à 16h. Le Louvre imitera ce monument à partir de demain. Le Mont-Saint-Michel conseille aux touristes de reporter leur visite.

Il a fait 41 degrés à Caen. Le précédent record a été pulvérisé dans la capitale normande. La chaleur est mortelle.

Ceux qui souffrent le plus sont les plus démunis, dans les bouilloires thermiques ou dehors, les sans-abri. Il a fait 42 degrés à Bordeaux. - Que tu sois en appartement ou dehors, il fait chaud pour tout le monde.

On ne va pas se mentir, c'est canicule. Quand tu es dehors, tu subis un peu plus. Des fois, on se baigne dans la fontaine des Quinconces.

Il fait tellement chaud que la police ne dit rien. - L.Sénéchal: Il va faire 40 degrés encore à Paris pendant 3 jours.

On est loin d'en avoir fini. La nuit prochaine sera encore une nuit tropicale, des températures bien au-delà de 25 degrés. C'est dangereux.

C'est la nuit blanche assurée et il faut aller au travail ensuite. Parfois, le bureau est la planche de salut. - J'ai pas la clim chez moi.

Je me suis dit que je ne prenais pas de télétravail cette semaine. - L.Sénéchal: Le travail peut être une bénédiction ou l'enfer sur terre. - Je cuisine ici le midi.

Là, j'ai du chaud, là, chaud. C'est pas vivable. C'est notre 1re fermeture pour canicule.

Ca nous inquiète énormément. Quand on voit la météo prévue pour les années à venir, on se demande comment on va adapter nos étés. - L.Sénéchal: Mais pas de trêve pour les confiseurs.

Avec des fours à 140 degrés, ceux qui confectionnent les bonbons étalent la pâte chaude à la main. - On est cuits. Ici, on mouille le maillot. - On est à 5 ou 6 bouteilles d'eau par jour.

Il faut s'hydrater. Sinon, on perd le fil de la journée. - L.Sénéchal: Eux aussi sont au travail, les agriculteurs.

C'est la moisson en ce moment. Ils ne peuvent pas retarder ce moment. Même une simple étincelle peut embraser tout un champ. 100 ha ont brûlé dans la Vienne, un département peu habitué à de telles chaleur et de telles sécheresses. - Avec le changement climatique, on se retrouve dans des situations qui n'étaient pas vécues par les agriculteurs et par la population ni par les pompiers.

On est en train de vivre les grands incendies qu'on imaginait autrefois dans le Sud, au centre de la France. C'est là où il y a un problème à suivre sérieusement. - L.Sénéchal: C'est l'autre carte de cette canicule, le risque incendie.

Il est élevé. Couleur orange dans plus d'un tiers du pays. - A.-E.Lemoine: La galère continue pour les élèves et leurs parents. - L.Sénéchal: Ce sont les oraux du bac.

La région Ile-de-France a débloqué 1 million d'euros pour équiper les lycées centres en brumisateurs ou en ventilateurs. Les parents et les professeurs naviguent à vue. 8000 établissements aménagent leurs horaires. 1800 fermés au moins partiellement.

C'est le cas à Tours où les salles de classe sont dangereuses. - Il est 10h. Il fait 38 degrés.

Ca dépasse la température du corps. On ne peut pas tenir. Il n'y a pas d'aération. - L.Sénéchal: E.Macron avait promis de rénover 40 000 écoles en 10 ans.

Puisque les promesses peinent parfois à se concrétiser et qu'il y a urgence, certains parents ont pris les choses en main et donnent même un coup de main aux enseignants en allant bricoler les écoles ce week-end. - Ils disaient que c'était dur dans les classes, qu'ils ne travaillent plus. On a essayé de trouver des couvertures de survie.

Les instits nous ont remerciés. - On a trouvé quelques éponges et pinceaux. Ca fait plusieurs années qu'il y a des épisodes de canicule et qu'on soulève les mêmes problématiques. - L.Sénéchal: Quand le bâtiment est neuf, il est forcément bien isolé.

En général, c'est l'ambition. Pour la gare de Nantes, inaugurée en 2020, c'était l'ambition. - Elle est non chauffée, non climatisée. ... - L.Sénéchal: Est-ce que la promesse est tenue?

Réponse des usagers. - Vous allez souvent dans la mezzanine? - Non. - Là-haut, le problème, c'est la circulation d'air. - C'est pas du tout climatisé.

Ca monte vite en température. - L.Sénéchal: Il faisait plus chaud dedans que dehors dans la gare de Nantes.

Il y a quand même des réussites en la matière. La médiathèque James Baldwin à Paris, un ancien lycée hôtelier réhabilité avec une réfrigération garantie sans clim. Un patio au centre du bâtiment et des tourelles de ventilation.

C'est plutôt efficace. - Nous avons une vraie volonté de n'avoir aucune ventilation. On a développé la ventilation naturelle.

On a des entrées d'air en partie basse. Cet air va être retiré pour être ramené à la partie haute des menuiseries extérieures qui donnent sur un patio. Dans ce patio, un élément rafraîchi puisque végétalisé, on vient ramener de la fraîcheur au coeur de ce bâtiment.

On a 25 degrés actuellement alors que dehors, on est aux alentours de 35. On a réussi à stabiliser la température intérieure. - L.Sénéchal: Le gouvernement a été accusé d'avoir mal préparé cette canicule.

J.-N.Barrot, qu'est-ce que vous répondez?

Pourquoi ne pas avoir fait de consignes nationales pour les écoles? Pourquoi ne pas avoir décidé de fermer? - J.-N.Barrot: Quand on prend une décision centralisée depuis un bureau à Paris, souvent climatisé, d'ailleurs, ça tombe à côté des nécessités ou des difficultés que rencontrent les Français.

S'agissant des écoles tout particulièrement, même si nous avons encore un gros effort à faire pour les adapter à des épisodes de plus en plus spectaculaires et meurtriers, vous en avez...

Des écoles ont été rénovées. Ca n'a pas été le cas pour d'autres. Appliquer une mesure d'ordre national alors que vous avez des réalités locales qui varient, ça aurait sans doute manqué une partie de l'objectif. - A.-E.Lemoine: Vous nous donnez vos astuces canicule. - L.Sénéchal: Ca fait quelques heures, la canicule.

Vous vous souvenez du monsieur qui faisait des crêpes avec sa poêle? Il a récidivé. Maintenant, il fait des côtes de boeuf. - On met la côte de boeuf en cuisson.

Au bout de 10 minutes, on retourne. Au bout de 1 heure 20, elle est cuite. Vérifions la cuisson. - L.Sénéchal: Waouh, la perfection.

Appétissant. Les glaçons. Vous les mettez bêtement devant le ventilateur.

Regardez comment on s'en sert. - Est-ce qu'il fait vraiment chaud? Pour moi, il ne fait pas chaud.

J'ai un gros glaçon sur la tête. Canicule? - L.Sénéchal: Il faut un gros glaçon. - A.-E.Lemoine: Bonne astuce.

Merci. J'y penserai. C'est pratique.

Revenez demain. N.Iannetta, C.Biétry, "Son dernier match",