#RDLS134 - Votation eau, question sociale, unité, Jadot, appel aux communistes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:52Invité politiqueFait
« produire du maïs qu'on arrose, en veux-tu, en voilà, en plein été, pour alimenter des animaux je ne sais où dans le monde, parce que, en France, on a pas besoin de tout ce maïs »
- 5:43Invité politiqueFait
« certaines activités ne peuvent plus continuer comme c'est le cas aujourd'hui, qu'on prenne comme ça tant qu'on veut dans les nappes phréatiques et dans les rivières pour arroser »
- 6:28Invité politiqueChiffre
« dans certains territoires et départements d'outre-mer, jusqu'à la moitié de l'eau se perd en route »
- 20:37Invité politiqueChiffre
« 5 milliards d'aide à Renault, 4 600 postes supprimés, Air France 7 milliards d'euros d'aide, 7500 postes supprimés, Airbus 1 milliard d'euros d'aide, 4000 postes supprimés, Auchan 500 millions d'euros d'aide, 1500 postes supprimés »
- 22:03Invité politiqueFait
« il y avait un impôt qui a été inventé sur les profiteurs de crise, et qui est profiteur ? Ben, ça se voit tout de suite, c'est ceux dont les chiffres d'affaire connaissent des bons inhabituels par rapport à ce qu'ils faisaient jusque-là »
- 26:04Invité politiqueChiffre
« le nouveau régime d'indemnité va intervenir en juillet et vous allez voir, alors au début on a dit 800 000, puis après c'était 1 400 000, maintenant c'est 1 700 000 personnes qui vont être directement touchées »
- 28:01Invité politiqueFait
« l'Europe a inventé un plan minable de relance de l'activité, ils ont fait du tam-tam tant qu'ils pouvaient, ils se sont bien gardés de vous dire qu'il n'y a pas 1 € de débloqué encore du plan en question »
- 33:40Invité politiqueFait
« la société du plein-emploi, parce que il y a beaucoup, beaucoup, de travail à faire, mais qu'il n'y a pas les postes d'emploi pour faire le travail en question »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon100 %
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Bon c'est la 134e édition de la Revue de la semaine, nous atteignons 517 000 abonnés, c'est-à-dire que nous avons fait 40 000 abonnés de plus en quelques cinq petits mois, bon alors donc on est très fiers, merci, générique ! [Générique] Vous avez peut-être vu que nous avons démarré très fort sur une campagne sur l'eau, alors évidemment, ça peut paraître bizarre que, en pleine crise sociale, en pleine pandémie, on soit en train de parler de l'eau, mais quand on y va comme ça, à la fin on ne parle plus de rien parce qu'il y a toujours une actualité qui bouscule et qui empêche.
Ce qui est le plus important, comme on vient de le voir justement dans l'actualité, c'est de penser avant, de prévoir, d'anticiper, et donc de comprendre le monde dans lequel on vit et comment les crises, les chocs et les défis, qui sont le propre de la vie humaine, nous arrivent. La question de l'eau, c'est une question qui est mal connue, mal comprise.
Alors évidemment, à force de m'entendre répéter que l'eau c'est important et que à -10 % on délire et à -12 % on est mort, qu'il n'y a que 2 % d'eau potable, les gens qui gravitent dans nos centres d'intérêt, ils ont compris qu'il y avait une question qui était posée, mais je crois que le très grand nombre non, il n'a pas encore pris conscience, par exemple : la France peut penser que bon, le problème de la sécheresse, c'est une question qui concerne les pays où il fait très chaud, c'est-à-dire que la conscience n'est pas arrivée en profondeur du fait que la France connaît déjà des sécheresses à répétition, et dans des régions où on ne l'attendait pas, comme par exemple dans l'Est du pays qui est une région extrêmement boisée, le bois ayant un rapport avec la régulation du climat et avec l'humidité qui règne dans une région, on imagine donc pas que dans l'Est du pays où il y a tant de forêts, il puisse y avoir un problème d'eau, ben si !
C'est au point qui il y a déjà des poches de sécheresse extrêmement intense, qu'on a eu jusqu'à 84 départements qui ont été déclarés en état de stress hydrique, ça veut dire qu'il y a eu des rationnements de l'accès à l'eau les gens ne le savent pas mais par exemple il y a 2 ans de ça, l'Irlande a fait une restriction de l'usage de l'eau, un rationnement de l'usage de l'eau, et ça m'amène à vous dire que le problème de la détresse hydrique, du manque d'eau, ça concerne beaucoup de pays en Europe, et donc ça signifie que le problème est déjà entré dans nos mur.
Alors bon, il manque d'eau, bah oui, s'il manque d'eau, toute la chaîne des activités qui en dépendent est immédiatement mise en cause. Alors je ne dis pas que ce ne soit pas nécessaire de la mettre en cause, notamment les arrosages agricoles, qui nous conduisent à nous interroger sur la valeur de ce qu'on produit de cette manière là, parce que produire du maïs qu'on arrose, en veux-tu, en voilà, en plein été, pour alimenter des animaux je ne sais où dans le monde, parce que, en France, on a pas besoin de tout ce maïs.
Vous voyez que ça interroge, mais quand même, le point de départ c'est que ça manque d'eau, et puis comme ça manque d'eau, il y a ensuite un effet d'entraînement, si j'ose dire.
Il y a moins d'eau dans la rivière, elle disparaît comme c'était le cas pour un bout du Doubs comme on l'a montré dans un de nos reportage, et puis la nappe phréatique descend, c'est à dire l'eau qu'il y a sous terre, la rivière commence par descendre sous le niveau où vous la voyez d'habitude, et la nappe phréatique qui est encore en dessous, ben elle descend aussi parce qu'elle se vide, et elle se remplit plus lentement, si elle descend, si son niveau descend, la concentration qu'il y a dedans des sels, qu'ils soient naturels ou des autres produits qui sont arrivés jusque-là par ruissellement dans le passé, s'aggrave, et donc on a une eau de plus en plus difficile à utiliser comme eau potable, ou pour quelque usage humain que ce soit.
Vous voyez, il y a une sorte d'entraînement dans cette affaire, alors ça, sur le plan géopolitique, ça a des conséquences d'ores et déjà, les pays qui se disputent la ressource en eau, soit parce qu'il y a moins d'eau, soit parce qu'il y a moins d'eau parce que tel ou tel pays a créé un barrage, soit parce que ça n'a jamais été bien clair de savoir qui avait le droit de prendre quoi dans les rivières et dans les fleuves, soit parce que les uns polluent et les autres transportent les pollutions.
En Europe, ces questions aussi elles viendront à se poser qui tiennent à la qualité de l'eau, à la manière de la traiter, à la quantité dont on peut disposer chacun le long des cours d'eau qui parfois nous servent de frontières les avec les autres. Alors notre campagne elle a pour but de sensibiliser, de faire comprendre et donc ensuite d'engager des actions pour que les gens comprennent maintenant ce qu'il faudra faire demain si par exemple nous gagnons l'élection présidentielle de 2022, c'est un chantier, celui de l'eau, autour duquel se construiront beaucoup d'autres choses.
D'abord il faut faire un diagnostic précis et complet de ce qui se passe, ça c'est en train de se faire, de toute façon la France a une bonne connaissance de ses systèmes d'eau, ensuite il va falloir évaluer la qualité de l'eau qu'il y a là, les principaux problèmes qui nuisent à cette qualité, ensuite il va falloir voir comment se fait l'approvisionnement, qui peut continuer, qui ne peut pas continuer à pomper dans les nappes phréatiques et dans les fleuves, parce qu'il faudra prendre des décisions étant entendu que certaines activités ne peuvent plus continuer comme c'est le cas aujourd'hui, qu'on prenne comme ça tant qu'on veut dans les nappes phréatiques et dans les rivières pour arroser, ici des cultures, où là parce qu'une multinationale comme Danone a besoin de l'eau qui se trouve sous terre, ça, ça ne va pas pouvoir continuer et si ça ne continue pas, il faut l'organiser, il faut organiser l'arrêt, il faut organiser la réparation, il faut organiser de nouvelles clés de répartition, et puis, dès qu'on va parler d'extraire de l'eau, qu'on va parler de la transporter, il faudra s'occuper de la transporter et de l'extraire avec des méthodes plus modernes, plus efficaces, qui évitent qu'on perde ici 1 litre sur 5 sur le territoire de l'hexagone, et dans certains territoires et départements d'outre-mer, jusqu'à la moitié de l'eau se perd en route, et donc en se perdant, se charge des mauvaises choses qui se trouve dans la terre comme les pesticides ou le chlordécone en Guadeloupe et retourne en profondeur polluer, donc tout ce qu'on aura fait en perdant de l'eau, c'est de gâcher la réserve souterraine ou la rivière à venir.
Et puis, il va falloir trouver le moyen aussi d'intervenir dans le cycle de l'eau pour qu'il nous aide à produire l'énergie dont on a besoin et qui nous manque aujourd'hui ou qui nous manquera si nous venions à fermer les réacteurs nucléaires sans accéder en même temps à d'autres ressources de production d'énergie, et ça ne peut pas être avec du charbon qu'on va le faire, il faut que comme les Allemands, on arrive à compenser le nucléaire par autre chose, et que cet autre chose soit d'abord et surtout essentiellement, et à 100 % si on peut, des énergies renouvelables, donc il va falloir installer un certain nombre de choses, d'hydroliennes, parce que pour dire les choses avec un nom un peu pédant plutôt que des moulins comment on disait autrefois partout dans les rivières, il y en a eu des milliers dans notre pays, c'était le lieu numéro 1 où se retrouvaient les agriculteurs qui produisaient des céréales, ils attendaient leur tour et donc, le moulin était le réseau social numéro 1 parce que tout le monde venait là pour discuter, échanger des nouvelles des rumeurs et tout ça, bref !
C'est pour dire que dans l'histoire profonde de notre pays, tout ça ce sont des situations qu'on a connues, qu'on sait gérer, qu'on sait faire, il y a d'autres endroits où, comme je viens de le voir sur le bord de la Durance, et bien on a un système d'irrigation qui est très ancien, mais qui est très bien fait, qui est de type plutôt antique, parce qu'on le retrouve dans plusieurs pays du monde dans l'antiquité, c'est un système où on compte sur la gravitation, c'est-à-dire l'eau ruisselle, donc elle part de haut et elle va en bas, tout doucement hein, c'est pas des cataractes, et il y a un système de réseaux et de canalisations qui amènent l'eau pile-poil où il faut dans les champs pour abreuver convenablement et selon les besoins des plantes, alors bon, on le fait aux meilleures heures pour que l'évaporation soit la moins grande possible, et puis à partir de là, si on a un certain respect de la terre, eh bien on n'y met pas de pesticides, et comme ça, l'eau qui retourne dans la profondeur n'est pas polluée, mais on arrive à contrôler tout ça beaucoup mieux que quand on laisse faire ou qu'on ferme les yeux ou que personne ne contrôle rien ou qu'on ne se pose pas de question comme ça a été le cas trop longtemps.
Alors comme tout ça c'est un plan, on pourrait même imaginer qu'on refasse la carte de France le moment venu, et que plutôt que de garder ces régions absurdes qui n'ont pas de sens aujourd'hui, qui sont de pures découpes administratives sans signification, ni naturel, ni même administratives, ni même historiques hein, ces 13 grosses régions "n'importe quoi" qu'on a aujourd'hui, bon, pas n'importe quoi, il y a une partie qui a un sens, mais enfin, on voit bien qu'il y a un problème, que quelque chose a été fait surtout avec le souci de réduire le nombre des régions mais pas tellement de construire des ensembles cohérents qui ont un sens.
Alors moi j'ai une idée, c'est de faire les régions de France d'après les grands bassins d'eau du pays, alors aujourd'hui, on a une carte de ces bassins, et puis on a aussi des agences qui existent déjà qui sont les agences de l'eau, qui elle-même se déclinent en organismes départementaux et ensuite locaux, donc on a toute une structure qui nous permet de connaître l'eau et de suivre l'eau, et donc si on prenait cette découpe, et bien on pourrait reposer les questions de la formation, des transports, du passage des routes, où elles passent et où elles ne passent pas, de l'agriculture, de toutes les productions, en fonction de l'objectif zéro pollution des masses aquatiques dont on dispose dans notre pays, Alors on aurait une structure administrative qui correspondrait à une structure naturelle, un cours d'eau, et qui permettrait de donner des objectifs de connaissances, d'action, de recherche, de production etc.
Alors pour nous cette campagne, elle est en ce moment axée autour de la question du droit de chacun d'accéder à l'eau, alors certains d'entre vous font un sourire en coin : "Bon ça va on a compris, accéder à l'eau, ben j'ai qu'à ouvrir le robinet", ben non justement ballot, c'est pas le cas, il y a des tas d'endroit où on ouvre le robinet et il n'y a rien qui coule, donc il est temps de s'emparer de l'affaire, d'affirmer un droit, et donc de prendre les dispositions pour que ce droit puisse être satisfait partout et pour chacun.
Alors notre campagne c'est une votation citoyenne, on espère s'approcher le plus possible du résultat qu'on avait fait pour la précédente votation citoyenne qu'on avait fait sur le nucléaire, on avait été un peu au-delà de 300 000 votes, bon c'est une question qui est mieux connue le nucléaire. L'eau, on sait très bien qu'elle est moins bien connue, et qu'on est dans une phase de sensibilisation, mais ce qui est formidable c'est qu'on voit des gens partout, bon partout où on installe des points de vote, ben les gens viennent, alors ça c'est notre campagne, elle dure jusqu'au 13, il faut qu'on arrive à rassembler le plus possible de votants.
Alors on sait bien que les gens qui vont venir voter vont venir voter oui, ben justement, c'est l'équivalent d'une pétition, mais c'est fait d'une manière plus sympa, et puis c'est un vote, et c'est un vote sérieux parce qu'on ne peut pas voter deux fois, on enregistre les votes sur nos tablettes, et elles sont raccordées à une liste électorale nationale que nous avons constituée, je crois, si j'ai bien compris ce qu'on m'a dit, ou bien c'est autrement, mais peu importe, ça recoupe avec la liste électorale, bref, on ne peut pas voter deux fois et tant mieux. Ça c'est notre campagne eau.
Pour ma part je pars en Amérique du Sud le dimanche 11, Je suis invité en Bolivie pour la "journée de la Terre" par le nouveau gouvernement démocratique qui a été élu après le coup d'état qui a eu lieu contre le président Evo Morales, on a eu pendant un an une dictature de type fascisante avec une espèce d'illuminée qui se trimballait avec une bible devant les caméras du monde entier, et qui pendant un an ont persécuté les Indiens, les syndicalistes, la gauche, le retour au bon vieux temps des mauvaises habitudes des fascistes dans cette région, bon, il y a eu un vote et au premier tour on a gagné, et le président est maintenant Monsieur Arce et son vice-président est David Choquehuanca, qui est un indien bolivien qui a participé à la fondation du mouvement populaire qui avait obtenu la victoire d'Evo Morales et maintenant celle de de monsieur Arce, et eux, ils m'invitent parce que c'est la journée de la Terre, ils voudraient que je m'exprime devant un comité parlementaire, mais surtout les Boliviens, ils nous ont fait un cadeau formidable c'est que sous la présidence d'Evo Morales, c'est eux qui ont fait adopter par les Nations Unies une résolution prévoyant que l'accès à l'eau soit un droit pour chaque être humain, et donc d'inscrire ce droit partout où on le peut dans nos constitutions respectives, et c'est le sens de la campagne que nous sommes en train de faire en ce moment pour les votes citoyens, demain ce sera un vote en réel si nous gagnons l'élection Présidentielle, parce que nous ferons prendre position au peuple français sur cette question, pour qu'il se garantisse ce droit.
En plus en Bolivie ils ont un ministère de l'eau, et j'aimerais bien voir comment ça marche, comment ils s'y prennent, quelles sont les structures qu'ils ont mises en place dans le pays parce que je connais un peu celles de mon pays, et j'aimerais bien voir tout ce qu'on pourrait apprendre d'eux, parce que pour eux, ces choses-là sont d'une évidente actualité depuis maintenant un certain nombre de siècles et même de millénaires, puisque c'est ce qui a rendu possible tout simplement l'agriculture dans les Andes.
Donc ça c'est le point que je voudrais souligner pour vous appeler à venir si vous le pouvez, là où vous en entendez parler, ou en allant vous même directement voter, parce que nous avons besoin du plus de votes possibles, ça valide le procédé "Votation Citoyenne", et ça valide évidemment la démarche qu'on a engagée.
Vous allez sur www.eau.vote, et là vous pourrez accéder à la possibilité de voter et ça donnera un bon coup de main, et si vous pouvez faire voter ou proposer de voter à deux ou trois personnes autour de vous, ben c'est bienvenu aussi, vous savez c'est beaucoup de boulot tout ça et ça mérite d'être encouragé, il y a toute une série d'associations qui y participent en même temps que la "France Insoumise", et Mathilde Panot, députée insoumise du Val-de-Marne est celle qui mène, coordonne cette affaire avec l'énergie qu'on lui connaît, mais surtout la connaissance des problèmes qui est la sienne à cette heure.
À l'Assemblée nationale nous avons été assez actifs, d'abord parce qu'on avait mis cette question de l'eau dans la première niche parlementaire des Insoumis, vous voyez que nous, on fait les choses, on lâche rien, on s'accroche, on continue, plusieurs des nôtres ont déposé des rapports, en particulier Loïc Prudhomme, député insoumis de la Gironde qui a fait ce rapport d'information numéro 11.01 : "Ressources en eau, comment préserver notre bien commun le plus précieux face au changement climatique", ça vous pouvez vous le procurer en accédant directement sur le site de l'Assemblée nationale, vous pouvez l'acquérir, il se vend au prix de 6,50 €.
Et il y a également ce rapport : "Réguler et anticiper les conflits d'usage pour éviter une guerre de l'eau", de Loïc Prudhomme et Frédérique Tuffnell, là aussi c'est disponible à la boutique de l'Assemblée nationale et il se vend 5 €. Quand à moi, si vous avez un peu de patience jusqu'au mois de mai, vous pourrez acheter un livre que j'ai, je vais dire : "mis au point" parce que c'est mieux dis que "écrire".
C'est un livre que j'ai mis au point après mon intervention à l'Assemblée nationale à l'occasion du débat sur la loi tirée de la "Convention citoyenne", enfin soit disant tirée de la "Convention citoyenne" parce qu'il n'en reste rien, "Convention citoyenne" sur le changement climatique, et évidemment ça intègre les grands cycles perturbés de l'existence humaine, le cycle de l'eau, le cycle de la terre et le cycle de l'air.
Et tout ça nous l'avons fait vivre au démarrage de ce débat, de mon côté avec une motion pour rejeter la loi, parce que comme elle est insuffisante elle est donc dangereuse, parce qu'il y a des moments où être insuffisant c'est dangereux, l'intervention de Mathilde Panot dans la discussion générale qui a fait plutôt, elle, le procès de ce que n'avait pas fait le gouvernement ou de ce qu'il avait fait, et puis Eric Coquerel qui avait une explication de vote sur la motion de rejet que je déposais et qui a fait aussi un petit résumé de situation, et on a mis les textes des interventions tels quels, avec les interjections, je pense que ça va vous faire marrer de voir les gens qui essayent sans arrêt de nous couper, alors bon, ce sont de pauvres ignorants, ils disent : "Vous ne proposez rien, ça suffit on est au courant", bon bref, ils voulaient surtout que je me taise, et parce que bon, si il y a un groupe parlementaire qui a déposé des choses sur le climat, l'eau et le reste c'est bien le nôtre, mais bon, on les a laissé pour que ça fasse sourire ceux qui lisent le texte et qui verront dans quelle ambiance ça se passe de parler au milieux de gens qui vous lancent comme ça des vannes à deux balles pour essayer de vous faire sortir de vos gonds, et bon alors, il y a donc des discours et puis des encadrés qui précisent, et ça s'appelle : "Députés du peuple humain", là on avance sur le concept de "Peuple humain" qui est un concept nouveau mais qui vient de naître avec la pandémie, parce que sur la terre entière, des gens ont compris que l'humanité était tellement semblable biologiquement que ben, quand il y a un virus, c'est pour tout le monde, donc nous appartenons bien tous à la même espèce et nous sommes bien tous semblables et notre sort est bien lié au même équilibre que nous saurons ou nous ne saurons pas trouver avec la nature qui nous environne, et en même temps dont nous sommes une composant par notre corps et, par l'eau que nous contenons puisque que 70 % d'un être humain, c'est de l'eau, hein, il y en a qui sont surpris compte tenu de leur libations habituelles de s'entendre dire ça, mais c'est comme ça, et bon, 70 % c'est beaucoup plus pour un bébé, un gamin, bref, le monde entier c'est de l'eau, beaucoup d'eau, encore de l'eau et ça vaut la peine donc qu'on en prenne conscience.
Je veux vous parler de la situation sociale du pays, rapidement mais assez fermement pour que la plupart d'entre vous entendent bien le fait que à nos yeux toutes ces polémiques à la noix sur l'islamisme de gauche, je sais pas quoi, enfin tout ça, c'est vraiment des diversions.
Pendant qu'on parle de ça, on parle pas du reste, et le reste c'est d'abord comme caractéristique, une nouvelle récession de la production dans le pays et une quatrième vague, si on ose dire sociale, de licenciements et de destructions de poste d'emploi, et quand on dit des postes d'emploi, c'est des grands mots pour dire des gens dont la vie est fondamentalement et radicalement perturbée par le licenciement et pour certains c'est une sorte de mort sociale qui est décidée à leur sujet.
Par conséquent, il est honteux qu'on ne puisse pas en débattre, que l'on ne puisse pas avoir ça comme premier sujet, que matin midi et soir et sans trêve et sans pause, ce soit un défilé constant de gens qui disent des choses contradictoires et incompréhensibles le plus souvent sur le covid, et le reste du temps, des sottises sur l'islamogauchisme et des querelles sur des sujets qui n'ont pas de contenu et de réalité. Et bon, je voudrais, comme tous mes camarades "Les Insoumis", faire ce qu'il faut pour comme on dit : "Mettre le pied dans la porte" et empêcher qu'elle ne se referme, et qu'on entende pas les cris des victimes mais franchement, ça passe les bornes.
l’État, avec l'argent des impôts parce qu'il n'y a pas d'autres sources que ça, a arrosé une série de très grandes entreprises, et celle-ci utilisent cet argent pour financer leurs plans de licenciements c'est quand même énorme hein ? Ils financent les plans de licenciements avec l'argent qui est donné pour empêcher leur activité de s'effondrer, voilà ce qui se passe en ce moment, et je je vous en donne des exemples : 5 milliards d'aide à Renault, 4 600 postes supprimés, Air France 7 milliards d'euros d'aide, 7500 postes supprimés, Airbus 1 milliard d'euros d'aide, 4000 postes supprimés, Auchan 500 millions d'euros d'aide, 1500 postes supprimés.
Alors je ne vais pas me contenter de montrer du doigt ceux-là, il y en a d'autres, la liste est longue, elle est trop longue, elle est insupportable, et c'est ce qui nous conduit à dire, nous : "Il faudrait que dorénavant les choses soient claires : c'est ou l'aide public ou les licenciement, mais c'est pas les deux en même temps, on ne paiera pas pour licencier, et donc interdiction de licencier à toutes les entreprises qui bénéficient d'un plan d'aide de l'État pour empêcher leur activité de s'effondrer", c'est aussi simple que ça.
De la même manière, les profiteurs de crise, c'est à dire ceux qui se sont enrichis pendant la crise et à cause de la crise sanitaire, ils doivent mettre la main à la poche et cotiser plus que d'habitude, compte tenu du fait qu'ils se sont beaucoup enrichis pendant cet épisode, et l'idée qu'on avait, c'était qu'on augmentait de 30 % l'impôt pour ceux dont les revenus, les résultats ont augmenté eux de plus de 20 %. Il est temps que les profiteurs de crise sanitaire mettent la main à la poche, et c'est exactement ce qu'on avait fait au lendemain de la première Guerre mondiale, où il y avait un impôt qui a été inventé sur les profiteurs de crise, et qui est profiteur ?
Ben, ça se voit tout de suite, c'est ceux dont les chiffres d'affaire connaissent des bons inhabituels par rapport à ce qu'ils faisaient jusque-là, et donc ça se repère très facilement, de la même manière, nous disons qu'il va falloir organiser de quoi faire face au fait que les entreprises qui ont reçu des prêts garantis par l’État, et notamment les petites et moyennes entreprises, sont prises à la gorge et ne savent pas comment elles vont faire face aux remboursements quand l'heure du remboursement va sonner, il faut donc qu'on organise une caisse de défaisance de la dette, je ne veux pas encombrer la Revue de la semaine de considérations techniques à nouveau sur la dette, mais comme vous le savez, je milite pour l'annulation de la dette publique, je milite pour que la quantité énorme de dettes privées résultant de la crise sanitaire soit gérée différemment de ce qu'elle est d'habitude, et je pense qu'il faut le faire et ne pas attendre comme d'habitude le dernier moment quand tout va mal pour se demander ce qu'il faut faire.
Comme en ce moment, vous savez, on me dit : "Alors vous êtes d'accord ou pas avec le confinement ? Qu'est-ce que vous feriez ? " Ben oui, chaque fois qu'il y a une catastrophe on arrive à la catastrophe et je dis : "Attendez, je voudrais dire qui est responsable", "Non non non, dites nous Monsieur Mélenchon, vous êtes pour ou vous êtes contre ? " Enfin bon, des questions comme toutes celles que vous voyez se poser, qui sont absurdes parce qu'on ne réfléchit jamais à rien, on ne se donne jamais le temps du recul et surtout le temps de l'anticipation.
Donc je dis : "Le problème de la dette va devenir explosif dans ce pays, pas seulement la dette publique si jamais les taux d'intérêt remontent, mais c'est surtout la dette des privés, que ce soit la dette des petites et moyennes entreprises, ou la dette des ménages qui pendant une période n'ont pas eu leurs revenus assurés ou garantis parce qu'on dit : "Oui ben, le chômage partiel est remboursé", ben peut-être bien, mais ça rembourse des salaires qui mettaient des gens à la limite de l'étranglement, alors ça c'est le premier aspect de ce que je veux relever ici à ce moment, et vous dire que de toute façon cette question viendra dans l'actualité.
Alors les "importants" peuvent inventer des débats de diversion, mais il y arrive un moment où les gens eux, ils ne vivent pas de débats, ils vivent dans le concret, dans les besoins qui sont les leurs, dans la nécessité de se financer pour faire vivre la famille, payer le loyer, l'électricité et le reste, et là aussi il y aurait beaucoup à dire, puisque vous savez que tout ça augmente en même temps au moment où les revenus des gens diminuent, donc les problèmes sociaux sont les premiers problèmes de la vie d'un groupe humain, c'est le 1er, même les questions écologiques dépendent des questions sociales, et je pourrais vous le démontrer de mille manières, que ce soit dans les grandes questions, comme par exemple le rapport qu'il y a entre la déforestation et les zoonoses, c'est-à-dire les virus qui passent aux animaux dans des élevages hyper intensifs et ensuite aux êtres humains qui tombent malades, et leurs maladies et la dislocation de l'économie coûtent des milliards, notamment quand pour faire des économies de bout de chandelle, on a détruit l'hôpital public, que du coup on ne peut plus accueillir assez de gens à l'hôpital, et que le résultat, c'est qu'on confine et qu'il faut mettre des milliards en circulation pour rattraper l'effondrement de l'activité des entreprises, vous voyez tout ça se tient, et ce qui tient et lie tous ces phénomènes, c'est la cupidité, le mépris de l'intérêt général humain, l'indifférence au long terme et la passion pour les 5 minutes qui viennent, le nez dans le guidon, à prendre des décisions sans avoir tous les moyens de comprendre quelles seront les conséquences à long terme de ces décisions.
Et il y en a une qui est particulièrement douloureuse, insupportable et scandaleuse, c'est d'avoir décidé de réformer le régime de l'indemnisation du chômage, et peut-être que si vous suivez les travaux de l'Assemblée nationale, vous vous êtes rendu compte que Madame Borne sort de sa boîte à chaque fois en disant : "Mais quoi ? Vous défendez un système injuste, ce que je vous propose, c'est beaucoup plus juste", etc. Pas un syndicat n'a signé cet accord, pourtant il y a toujours quelqu'un qui est d'accord d'habitude, mais là personne ! Donc ça devrait être un signal, cette femme devrait peut-être plus modestement se dire qu'elle pourrait remballer sa copie, ben pas du tout.
Le nouveau régime d'indemnité va intervenir en juillet et vous allez voir, alors au début on a dit 800 000, puis après c'était 1 400 000, maintenant c'est 1 700 000 personnes qui vont être directement touchées, et qui vont toucher moins d'argent qu'elles n'en touchaient jusque-là, sans aucune raison, ça va s'arrêter d'un coup, et elles vont être plus pauvres d'un seul coup.
C'est une honte et il faut obtenir le retrait de cette décision, donc nous on y travaille ici, mais en tout cas, je voudrais que ceux qui nous écoutent propagent le message de manière à ce qu'on voit, le moment venu, par exemple pour le 1er mai, s'il y a moyen de faire une démonstration de force sur le sujet, et vraiment j'aimerais que, bon, il y ait une initiative sociale d'ampleur qui nous permette de faire face, parce que je me rappelle assez bien qu'on m'a reproché d'avoir organisé, avec mes amis, des marches contre la destruction du code du travail, on m'a dit : "Ah, vous vous occupez de questions syndicales, ce n'est pas à vous de faire ça, vous allez tout rendre plus compliqué", bon ben très bien, nous n'appelons plus à des marches à caractère social, mais j'ai pas encore bien vu où est la relève de l'action de masse qui est nécessaire aujourd'hui pour retourner la situation, parce que si c'est comme ça, vous allez être tondus jusqu'à la peau et même au-delà.
Eh bien il faut donc que l'intervention sociale ait lieu dans ce pays et moi je la souhaite, et dès que nous aurons des appels à l'action par les syndicats, des actions évidemment groupées, des actions fortes, des actions construites dans le temps, eh bien nous répondrons présent, ça va de soi, en attendant vous autres, regarder, ouvrez les yeux tout grands, parce que ce que vous voyez, ce n'est que le début d'une situation qui va tourner à des difficultés croissantes, voyez-vous l'Europe a inventé un plan minable de relance de l'activité, ils ont fait du tam-tam tant qu'ils pouvaient, ils se sont bien gardés de vous dire qu'il n'y a pas 1 € de débloqué encore du plan en question, et c'est pas demain la veille que ça va se faire, parce que le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe en Allemagne a décidé que ce plan n'était pas constitutionnel, donc l'Allemagne ne peut pas ratifier, ni participer à l'exécution d'un plan dont elle a reçu de sa Cour constitutionnelle l'injonction qu'il n'était pas constitutionnel.
Donc il n'y a rien de prévu en Europe, pendant ce temps-là, les États-Unis d’Amérique déchargent une quantité gigantesque de milliards de dollars sur leur économie pour la remettre en route, et il semble qu'ils soient en train d'y arriver, alors c'est de la méthode, pour ceux qui connaissent, ultra keynésienne, ils font des ponts, des routes, des choses comme ça, on remet des infrastructures publiques, comme tout est détruit aux États-Unis il y a du travail, et de cette manière là, ils mettent un volant d'entraînement de toute leur économie.
Nous on est là à pétouiller avec un plan européen qui est déjà d'un niveau insuffisant, qui ne s'applique pas, et avec un chef de l’État qui pense qu'en distribuant de l'argent à quelques grosses holdings, il va sauver l'économie du pays, c'est complètement à côté de la plaque, et je voulais le dire dans cette Revue de la semaine pour que vous sachiez que ça, ça va être le tableau de fond des mois, mais vous n'en entendrez pas parler, parce que la décision du pouvoir et ses complices, c'est de faire comme si la passion des français c'était l'islamo-gauchisme et la discussion avec Madame le Pen, voilà, pour eux il n'y a que ça qui les intéresse ou plutôt il n'y a que ça à quoi ils voudraient que vous vous intéressiez, alors que la vie c'est tout autre chose.
Je traite maintenant d'une question en vue de la présidentielle de 2022, peut-être va-t-on en faire une vidéo séparée pour qu'elle soit entendue en temps et en heure par ceux à qui elle est destinée. D'abord je veux mettre en cause un raisonnement et vous en proposer un autre, il n'est pas vrai qu'à répéter tous les jours, matin midi et soir qu'il faut l'union, on fasse vraiment avancer, ou l'union, ou la capacité de rassemblement dans ce que j'appellerai une idée d'une alternative au libéralisme, à Monsieur Macron, à l'extrême droite, à la droite, ce n'est pas vrai.
D'abord parce que dans notre histoire, il est prouvé que l'union, bien sûr, nous a souvent fait avancer, mais le fait de ne pas être unis ne nous a pas toujours faire reculer et même l'inverse, ça nous a fait gagner, notamment en 1981 où il n'y avait pas de candidature unique, tandis qu'en 1974, il y en avait une et nous avons perdu, tandis qu'en 81, on a gagné. Ça ne veut pas dire que mieux vaut être divisés qu'unis, mais ça veut dire qu'il y a des équations simplistes qui ne fonctionnent pas.
Et puis j'ai observé que, avec beaucoup d'intérêt, beaucoup de commentateurs, beaucoup de journalistes, qui le reste du temps n'ont pas l'air si intéressés que ça à la promotion de nos idées, à notre victoire, insistent lourdement sur cette question, pourquoi le font-ils ?
Et bien parce qu'ils savent qu'à force de le répéter, ils incrustent dans l'esprit que nous avons perdu d'avance et c'est ça qui les intéresse, c'est de montrer qu'on a perdu d'avance, la question de l'union comme condition de la bataille présidentielle de 2022 fonctionne comme une manière de nous déclarer perdus d'avance, Je rappelle qu'en 2017, il y avait de notre côté ma candidature, portée à la fois par le mouvement Insoumis et le Parti communiste français, et de l'autre coté une candidature PS-Verts, et il s'en est fallu de peu que nous n'accédions au deuxième tour, et après bon… c'est l'Histoire ! Mais il s'en est fallu de peu.
Vous ne m'avez pas entendu dire que j'en faisais porter la responsabilité aux autres, mais ce n'est pas comme ça que je prends le problème, pour moi, la question de l'élection présidentielle repose d'abord sur la capacité à fédérer, à agglomérer, non pas des partis politiques et leur États Major, mais le peuple français lui-même, sur la base d'une adhésion, c'est-à-dire un processus où on ne passe pas son temps à dire : "C'est madame Le Pen, ah c'est Monsieur Macron, quelle horreur ! Votons contre Le Pen, votons contre Macron".
Bien sûr qu'on va voter contre eux, mais il vaudrait mieux qu'on vote d'abord, surtout "pour" quelque chose, et comme ce quelque chose, ça ne peut pas être une personne, d'abord on est tous fatigués du leader génial type Macron, type Hollande, type Sarkozy qui tous ont prétendu être exceptionnels dans leur genre, et qui au fond appliquaient tous la même politique plus ou moins cruellement, plus ou moins violemment, mais la même.
Donc, il s'agit cette fois-ci de marquer une rupture avec ces politique qui n'ont pas marché, qui ne marcheront pas sinon pour quelques-uns, pour les enrichir au détriment de tout les autres et surtout au détriment du pays qui, pendant ce temps-là, s'est vidé de son sang industriel, s'est vidé toutes sortes de capacités de production, d'invention, il n'y a plus de médicaments produits en France, il n'y a plus de ceci, il n'y a plus de cela, enfin bref, vous avez suivi ça comme moi, la rage au cœur. Par conséquent c'est ça notre plan stratégique, regrouper sur des idées claires qui changeront la vie. Alors toute la vie, comme on répète sans arrêt, je vais recommencer.
Premièrement le changement des institutions pour mettre fin à la Monarchie présidentielle avec la 6ème République. La planification écologique pour organiser la rupture avec le système actuel de production, d'échanges, de consommation, pour passer à autre chose.
Le partage des richesses, c'est-à-dire le partage de ce qui est produit d'une manière beaucoup plus égale, avec une limitation pour les hauts revenus et les hauts rendements financiers, de manière à ce que toute la société puisse profiter des bienfaits du travail accompli par ceux qui ont du travail, Troisièmement, la société du plein-emploi, parce que il y a beaucoup, beaucoup, de travail à faire, mais qu'il n'y a pas les postes d'emploi pour faire le travail en question, il y a la finance, croyez-moi elle y est, mais telle qu'est organisée la société, pour qu'il y ait du profit, il faut qu'il y ait cette situation de chômage de masse c'est avec tout ça qu'il faut rompre, et qu'il faut tourner de même dans les relations internationales et ainsi de suite, je ne veux pas faire le tour de tout le programme, mais c'est pour indiquer que si on parle comme ça, alors on sait de quoi on parle, mais si on passe son temps à agiter la question de l'union, on avance pas d'un mètre et ce qu'on fait est inutile.
Alors dans ce contexte, à plusieurs reprises, les Insoumis, que ce soit moi ou d'autres, ont pris l'initiative de propositions de travail commun aux uns et aux autres. Bon, ça n'a jamais rien donné, mais il faut savoir être malin et profiter des circonstances donc, tout d'un coup, un jour monsieur Jadot a dit : "Ah ben il faut qu'on se parle tous, ça ne peut pas continuer comme ça". Bon ben très bien, on était très contents parce que jusque-là il disait : "Nous devons organiser un espace entre Macron et Mélenchon", et monsieur Jadot dit : "Bah je parle aussi à Mélenchon".
Parfait, moi je veux bien participer à un espace entre Macron et moi-même en me mettant moi-même dedans, ça c'est juste pour blaguer, mais je suis d'accord, j'ai dit : "Moi je veux bien qu'on parle, il n'y a pas de problème", et aucun de mes amis ne m'a dit : "Non non, ne fais pas ça". Donc on est tous d'accord pour dire que ça vaut la peine de parler, et puis évidemment on le fait, pourquoi ? Ben parce qu'on a essayé de le faire et qu'on n'y est pas arrivé, mais vous avez comment c'est, il y a une certaine malice hein !
Dans la sphère médiatique ça tombe bien à ce moment-là, ça intéresse, ça amuse, donc bla bli bla bla, ça fait du feuilleton, mais aussitôt tout s'embrouille, parce que nous, on avait compris qu'il s'agissait de s'accorder pour arrêter les mauvais comportements de mise en cause des uns par les autres, nous de se faire insulter continuellement. Bref, pour arrêter ça, au moins ça, c'est-à-dire un pacte de non-agression, et alors on découvre qu'il s'agirait de discuter d'une candidature commune aux élections présidentielles, et puis à d'autres heures, c'est un programme pour des législatives qui auraient lieu après, donc on considère qu'on a perdu, tout ça ne peut pas fonctionner.
Une candidature commune, mais on a déjà la réponse d'Europe Écologie-les Verts, ils ont dit qu'ils feraient une primaire, et quand Monsieur Jadot a dit : "Il faut qu'on se voie pour parler de tout ça", le responsable d'Europe Écologie-les Verts, Julien Bayou, a dit : "Mais nous on a une primaire et c'est ça qui s'impose".
Bon, donc les "Verts" ont une primaire et les "Socialistes" aussi, ils ont une primaire dans leurs statuts, alors peut-être qu'il ne participeront pas à leur propre primaire ou qu'ils vont l'annuler, mais en tout cas, aujourd'hui, on part sur cette base, on part de ce qu'on connait, et puis ils ne sont pas tous d'accord, il y en a qui disent : "Bah on va soutenir Monsieur Jadot", donc Monsieur Jadot pourrait être le candidat des socialistes mais pas d'Europe Écologie-les Verts, On y perd son latin dans cette histoire. Donc nous on se tient à distance de ça, d'accord ?
On veut bien parler, on veut bien surtout parler d'actions à mener dès maintenant, on veut même bien, ça va de soi, parler de programme, parce que ça vaut la peine, ça intéresserait, ça ferait réfléchir, ça permettrait aux gens de savoir ce qui nous distingue, mais parler de candidature à l'élection présidentielle, moi je ne peux pas dire mieux que ce que j'ai déjà dit : "Je me sens une vocation de candidat commun", mais je n'oblige personne à trouver ça intéressant, je n'oblige personne, je dis que ça se pourrait, alors la discussion aurait lieu, mais on ne tournera pas autour du pot, on ne fera pas des phrases alambiquées de tambouille et de ratatouille pour dire : "Oui mais non, mais en même temps, bla bla bla bla bla bla, la 5ème République on ne sait pas ce qu'on fera, la planification écologique, boh, on verra…
parce que, sous-entendu le marché ça marche bien, enfin bref. Pas question, donc la clarté sur le programme, parce que après, il faudra l'appliquer, je sais qu'il y en a que ça va surprendre mais il faudra l'appliquer, et pour l'appliquer il faut qu'il y ait des masses de gens qui comprennent bien ce qu'on est en train de faire, et qui puissent le cas échéant, si elles en ont envie, participer, s'inclure dans une bataille où on ne les dupe pas, on ne leur raconte pas d'histoires, on ne va pas dire : "La finance est mon ennemi", pour ensuite faire le contraire, hein ?
Alors je prends cet exemple, je pourrais en prendre d'autres, mais je me tiens à celui-là, alors dans ces conditions, comprenez que des fois, on a la tête qui tourne quoi, parce que la même semaine, nous on nous dit : "Ah ben il faut qu'on se réunisse, on va le faire tout de suite", nous, on dit : "Ben oui, on pourrait déjà commencer par faire une réunion pour tous décider ensemble une action commune pour défendre notre liberté dans ce pays", tout le monde vient sauf : le PCF qui pourtant dit, par la voix de Fabien Roussel, que lui il est génétiquement unitaire, ben là, voilà une occasion, c'est sur une action, c'est pas un ralliement qu'on demande, c'est une action ensemble.
Le PS qui avait dit qu'il pourrait venir mais que finalement il ne vient pas et "Europe Écologie-les Verts", qu'est-ce que c'est que ces gens ? Ils proposent des choses, ils proposent de faire de l'union, mais dès qu'on parle de quelque chose de concret c'est fini, donc on va se réunir pour quoi faire, ? Est-ce qu'on peut me dire une fois à quoi ça peut bien servir ? Sinon à démoraliser tout le monde, parce qu'on rentre tous dans la pièce et puis après on sort, les Communistes disent qu'ils ont un candidat, les Socialistes disent qu'ils aimeraient bien en avoir un, les Verts aussi et nous on en a déjà un.
Donc on ressort et on démoralise tout le monde, donc on met en scène nous-même ce qu'on voudrait éviter, c'est-à-dire une sorte d'émulation pour savoir qui va entraîner le grand nombre dans ce pays, voilà. Et les élections, c'est à ça que ça sert, il faudrait quand même bien s'en souvenir, c'est pas l'occasion de vérifier une martingale où on a trouvé une combine et puis grâce à cette combine on gagne, et puis bon, le reste et ben on verra une autre fois.
Non, c'est pas notre manière d e voir les choses et compte tenu du niveau d'abstention qui s'observe dans ce pays, compte tenu du niveau de bassesse auquel se sont abandonnés certains en donnant raison à l'extrême droite, à la droite et au Gouvernement Macron dans la haine des musulmans, demain on ne sait pas sur quoi ce sera, après avoir donné raison, tant de fois, d'une manière aussi lamentable, sur le fait que c'était le marché qui devait l'emporter, et bien il faut comprendre qu'il y a des millions de gens dégoûtés dans ce pays de la politique, c'est eux qu'il s'agit d'aller convaincre de se mouiller, de prendre parti et puis ma foi de voter, et de voter pour faire quelque chose, pas simplement pour faire plaisir à 3 ou 4 partis ou parce qu'on a peur de Monsieur Macron, peur de Madame Le Pen, peur de notre voisin, et ainsi de suite, moi je ne suis pas le candidat de la peur, d'accord, et les Insoumis c'est pas les peureux réunis, ni non plus les castors qui font barrage d'une élection à l'autre à je ne sais pas qui et ensuite pour servir de passerelle.
Alors ça c'est le cadre général, après arrive un sujet qui est lié, c'est la relation que nous, les Insoumis, nous avons eu et voulons avoir avec le mouvement communiste, je ne raconte pas d'histoire, nous sommes liés avec les Communistes par une histoire commune dans deux élections présidentielles, c'est pas rien, avec des programmes d'action qui sont souvent à 90 % semblables, alors c'est vrai, pas identiques, bon, mais précisément, dans une alliance on allie des gens qui ne sont pas identiques, donc il ne faut pas s'étonner qu'on soit différents, si on était tous les mêmes, on serait tous dans le même parti, mais la question de l'élection présidentielle ne se résume pas à la question d'une candidature liée à un parti, aussi bien, sans faire injure à personne, quand on veut lier un site de parti à une candidature, il faut savoir qu'après on est lié au résultat, et je ne suis pas sûr que quand on fait un mauvais résultat on est plus fort que quand on en fait un bon, je pense même le contraire.
Et puis si vous voulez bien réfléchir sur le fond, qu'est-ce qui est en jeu ?
Ce n'est pas nos partis, c'est la direction dans laquelle on veut faire aller le pays, et c'est pas la peine de raconter d'histoires, oui c'est vrai, il y a au fond deux grandes tendances : L'une est décidée à faire avec le système, alors ils pensent qu'ils peuvent le réparer ici, là, le rendre moins cruel, ou plus vert, mais qui évolue dans le cadre du système, et puis d'autres qui pensent qu'il faut qu'on rompe, alors on le fait de manière méthodique, de manière pas toujours romantique, très méthodique, très précise, avec des plans, des chiffres, des objectifs, on sait où on va mais on rompt, on arrête cette manière de gérer la société, de faire du chômage de masse, de détruire la nature, d'épuiser les êtres humains, qui travaillent au travail, et là c'est ça l’enjeu, qui pilote le changement qui est à l'ordre du jour dans notre pays et qu'il faudra de toute façon faire puisque le changement climatique va nous imposer de tout changer ?
En tous cas nous, c'est l'idée qu'on a sur le sujet. Qui va diriger ça ? Est-ce que c'est la famille du populaire en quelque sorte ? Ou est-ce que c'est la famille des classes moyennes supérieures de la société qui sont dans les partis traditionnels de la gauche ?
Voilà la question posée, c'est une question de stratégie, et la stratégie pose la question du contenu du programme, tout ça est lié, c'est pas juste une affaire comme je vois de temps à autre certains qui s'amusent à ça, parce qu'eux-même ils sont un peu perturbés, alors ils disent : "C'est une bataille d'ego", mais bon, alors on rêve, on a psychologisé la politique, psychologiser la politique c'est la dépolitiser, comme si le sujet c'est mon caractère, ma psyché, celle de Monsieur Roussel, celle de Monsieur Jadot, celle de Madame Le Pen, et ainsi de suite, mais non c'est pas le sujet, le sujet c'est ce que chacune de ces personnes veut mettre en œuvre.
Donc moi j'ai espoir, et je l'assume et le dis haut et fort, j'ai espoir et je voudrais avoir une alliance privilégiée, d'abord pour constituer le pôle populaire, le pôle de la rupture, avec le parti communiste, je dis bien le pôle de la rupture, avec un accord sur les législatives qui soit un accord avant l'élection présidentielle, moi je me méfie des accords après, parce que soit c'est dans la défaite et la débandade et puis ça tourne mal, tout le monde est énervé, l'élection présidentielle s'est pas passée aussi bien qu'on veut, donc ça ce n'est pas bon, il faut s'entendre avant, l'erreur qu'on a fait la dernière fois, les communistes et nous, c'est de ne pas s'entendre avant, donc au dernier moment, c'était mal, les tensions étaient à leur comble et ça ne s'est pas bien passé, on le sait tous, mais on a quand même vu le résultat que ça donnait, parce que sur 11 députés membre du parti communiste français, il y en a 6 qui ont ont été élus sans avoir en face d'eux un candidat insoumis, ça veut dire que ça peut être mutuellement profitable du moment qu'on discute, qu'on fait les choses tranquillement et qu'on sait où on va, mais je le rappelle, il s'agit de créer une énergie, un pôle de rassemblement, il ne s'agit pas de dire : "On est la gauche, alors donc toutes nos étiquettes, tout le monde est là, ah c'est bien, pour quoi faire ?
Chut chut, ne dis rien ça va faire des histoires". Pourquoi faire ? Eh bien "chut chut ne dis rien, ça va faire des histoires", c'est pas bon, ce ne sera pas notre ligne. Je dis aux communistes que la méthode que je suis en train de vous décrire, c'est celle qui nous a déjà réunis deux fois, alors qu'est-ce qui a changé ? Qui fait que on ne peut pas le faire une 3e, qu'est-ce qui fait que on ne peut pas espérer qu'après être passés de 3,5 à 11, puis de 11 à 19, on ne pourrait pas faire plus la prochaine fois ?
Et que si nous étions unis Communistes et Insoumis, alors nous sommes un pôle attractif, et que si vous attendez passivement que les Socialistes et "Europe Écologie –les Verts" se mettent d'accord, et bien vous leur donnez une occasion de reprendre un leadership que nous avons sué sang et eau pour construire, alors après hein, c'est les électeurs qui tranchent, si ils préfèrent eux à nous, eh ben ils préfèrent eux à nous, mais notre rôle dans l'histoire, c'est pas simplement une compétition électorale, c'est le changement profond qu'il faut déclencher dans la société, changement profond écologique et social, social et écologique, les deux se tiennent, les deux sont intimement liés, on ne fera aucune politique écologique si on a pas une rupture sociale avec les méthodes du capitalisme, voilà, tout le monde sait ça, tout le monde l'a compris aujourd'hui, notamment après la pandémie, je veux dire tout le monde dans nos rangs.
Donc moi je souhaite, je le redis, un accord privilégié qui nous unisse pour l'élection présidentielle, où ma candidature et la campagne qui l'accompagnerait menée en commun, sur un programme partagé, nous permettrait d'arriver en tête de notre large camp, et surtout d'accéder au 2e tour de l'élection présidentielle.
Vous savez quand on remonte l'Histoire et qu'on va dans le congrès de Tours de 1920, vous savez ce qui est hallucinant, c'est que ça ne s'est pas du tout passé comme on le raconte maintenant, il n'y avait pas d'un côté les réformistes et de l'autre côté les révolutionnaires, ça n'existe pas ça, il suffit de lire le discours de Léon Blum pour s'en rendre compte, Léon Blum dit : "Mais la dictature du prolétariat pas de problème, la conquête du pouvoir par tous les moyens y compris les moyens légaux, mais nous en sommes d'accord", alors quel est son problème à cet homme ?
C'est la forme du parti, le parti, il dit : "Ben, on n'est pas d'accord avec votre histoire d'internationale et le comité de l'internationale qui dirige les partis", donc à ce moment là, au moment où il parle, on est en 1920, il y a la révolution en Russie, elle est loin d'avoir été terminée, elle continue, il y a la grève générale dans toute l'Allemagne, il y a un bazar pas possible, la même chose en Italie et en partie en France, et au milieu de cet immense tumulte où la suite de l'Histoire du monde va se jouer et s'est jouée, parce que la durée de l'Union soviétique a modifié l'Histoire du monde, et notamment rendu possible la victoire contre les Nazis, donc c'est à ce moment-là que s'est joué l'Histoire, et quel est l'argument de Léon Blum ?
"Ah ben nous on n'est pas d'accord à cause du parti, à cause de la forme du parti", eh bien, que cet exemple montre le caractère dérisoire qu'il y a à s'obséder de questions d'affirmation identitaire de parti, au moment où la terre entière est en train d'entrer en tumulte, où il y a des révolutions citoyennes partout, où l'ordre de la géopolitique est changé, et quel serait l'événement inouï, extraordinaire, positif, lumineux, pour l'histoire du monde ?
Que ce soit nous qui gagnions et qui faisions de la France l'avant-poste du nouvel âge qui commencerait, celui du changement social et du changement écologique, celui de la solidarité, de l'entraide face au changement climatique qui va déferler sur nos économies et nos pays.
Voilà, je demande à chacun, dans le respect des liens qui nous unissent, parfois des amitiés qui se sont créées entre nous, de bien réfléchir à tout ça, c'est ça qui est en jeu, moi tout cas, c'est à ça que je voue ma vie, pas une étiquette, je l'ai prouvé, j'ai su quand il le fallait rompre, pas par inimitié, j'avais beaucoup d'amis mais j'ai rompu, parce que je savais que ce qui se passait au parti socialiste nous conduirait inéluctablement à la destruction de la gauche historique dans notre pays, comme ce fut le cas et comme c'est le cas encore aujourd'hui en Italie.
Voilà le sens de ce que nous faisons, il ne faut pas le ramener à une petite compétition électorale, à une petite différence de pourcentage dans une campagne, après ma foi, vous ferez bien comme vous voudrez hein, comme d'habitude, mais il ne sera pas dit que je ne me sois pas adressé directement à vous d'abord mes camarades communistes, je suis en train de le faire.
Je vous ai écrit une lettre où je vous explique mes raisons, vous trouverez le lien à la fin de cette vidéo je l'ai envoyée à vos dirigeants, au Secrétaire Général du parti au Président des deux Groupes dans les deux Assemblées, je ne peux pas faire mieux, au Président de votre Conseil National, je n'ai jamais eu de réponse, alors on fait 2 campagnes ensemble, ici à l'Assemblée nationale, on vote 90 % des cas ensemble, et quand j'écris, même pas une réponse ?
Même pas un signal amical, on peut être en désaccord et se le dire, non, je ne le crois pas, je crois qu'il y a beaucoup de gêne et je vous appelle à la faire voler en éclats, et faire le choix du chemin commun, alors il y a eu des erreurs, bien sûr vous en avez fait, j'en ai fait, tout le monde en fait, qui n'en a jamais fait ? Mais je trouve que nous avons eu l'erreur brillante, parce que pour finir nos résultats étaient extraordinaires, et nous pouvons encore avoir un résultat extraordinaire, c'est à cet extraordinaire que je vous appelle. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -
Jean-Luc Mélenchon