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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 16 avril 2026 21 min

Annie Genevard : « Je veux mettre fin à la guerre de l’eau »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Annie Genevard

De l'entretien politique, aujourd'hui je reçois Annie Gennevard, la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Bonjour Annie Gennevard. Bonjour. On est ensemble pendant une vingtaine de minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Fabrice Vesserredon, rédacteur en chef au groupe Ébras des journaux de l'Est de la France.

0:46
Invité

Bonjour Alexandre, bonjour Annie Gennevard.

0:48
Annie Genevard

Bonjour, bonjour Fabrice. Alors on commence par les conséquences finalement en France de la crise au Moyen-Orient et avant de parler des conséquences pour les agriculteurs, les conséquences sur notre alimentation. Est-ce que vous pouvez nous dire que dans les prochains mois le prix de l'alimentation va augmenter, madame la ministre, à cause de cette guerre ?

1:06
Présentateur

Ça n'est pas une fatalité, j'espère que non. Les Français sont attentifs à juste titre à leur pouvoir d'achat mais il est clair que les conditions dans lesquelles on produit aujourd'hui sont plus coûteuses qu'elles ne l'étaient avant le conflit. Le GNR, les engrais...

1:24
Annie Genevard

Le GNR c'est le gazole non routier.

1:25
Présentateur

Le gazole non routier, l'augmentation du prix du gaz, enfin bref, un certain nombre de déterminants augmentent les coûts de production, ça c'est certain. Cela sera-t-il répercuté sur l'alimentation ? Là, c'est à voir, j'espère que non, mais il est clair que ça peut amener à renégocier ou à discuter des avenants dans les contrats qui viennent d'être signés entre les fournisseurs et la distribution.

1:57
Annie Genevard

Il faudra des nouvelles négociations commerciales ?

2:00
Présentateur

De réouvrir les négociations commerciales, peut-être pas, elles viennent de s'achever, elles ont été dures comme chaque année, mais il est clair que si l'augmentation des coûts de production était importante, il faudrait que les gens se remettent autour de la table pour voir comment cet effort peut être partagé.

2:17
Annie Genevard

Alors vous évoquiez les conséquences de cette guerre sur nos agriculteurs, sur le prix du carburant, sur le prix des engrais. Quelles sont les filières les plus touchées ? Est-ce qu'il y a des filières spécifiques qui sont sensibles ?

2:29
Présentateur

Alors toutes celles qui utilisent du gazole non routier pour faire fonctionner les engins agricoles, au moment où on fauchera l'herbe, au moment où on moissonnera, il est bien évident que ça pèsera lourdement sur les coûts de production. J'espère que d'ici là, le conflit au Moyen-Orient aura trouvé une solution, un aboutissement. Je l'espère de tout mon cœur, parce que le monde est en guerre et ça n'est pas sans conséquence sur chacune de nos démocraties.

3:02
Annie Genevard

Alors vous avez annoncé déjà des aides pour les agriculteurs les plus touchés, une prise en charge de leur cotisation sociale, une baisse de taxes sur le carburant, ça représente une enveloppe de quelques dizaines de millions d'euros. Que dites-vous au principal syndicat agricole, la FNSEA, qui estime que c'est largement insuffisant, c'est du saupoudrage, je cite, et ce syndicat demande une baisse de 30 centimes du litre de gazole non routier ?

3:25
Présentateur

Alors, les syndicats le savent, chaque année dans le budget, on met 1,3 milliard pour éteindre, compenser la fiscalité du carburant agricole. 1,3 milliard. Donc on ne peut pas dire que l'État ne soit pas au rendez-vous de la solidarité à l'égard des agriculteurs. Nous avons augmenté cette participation de façon à éteindre, enfin à compenser en totalité la fiscalité du gazole non routier. Aujourd'hui, ce qu'on appelle les droits d'accise sont entièrement compensés. Donc voilà le premier volet sur lequel nous agissons. Le second volet, c'est qu'il y a des exploitations pour lesquelles l'augmentation du carburant va poser des problèmes de trésorerie.

Pour ces exploitations agricoles-là, nous avons mis en place un dispositif de prise en charge de cotisations. Donc le dispositif va se déployer incessamment.

4:21
Annie Genevard

Donc pour l'instant, pas de mesures supplémentaires à l'étude ?

4:24
Présentateur

Écoutez, ce sont des mesures... Chaque semaine, nous avons annoncé des mesures complémentaires, mais vous le savez aussi, le quoi qu'il en coûte n'est plus possible compte tenu de l'état de nos finances. D'où le choix du gouvernement de conduire des actions ciblées, des aides ciblées. Pêcheurs, transporteurs, agriculteurs, agriculteurs en difficulté, voilà, c'est la ligne qui a été retenue.

4:48
Invité

Vous évoquiez les engrais par ailleurs. Cette nouvelle crise met quand même en évidence notre grande dépendance en matière d'engrais à l'égard de l'étranger.

4:57
Présentateur

C'est une immense fragilité pour notre agriculture. La dépendance dans laquelle nous sommes à l'égard des fournisseurs d'engrais. Alors avant, on se fournissait chez les Russes un engrais de bonne qualité. Aujourd'hui, pour des raisons évidentes, ça n'est plus possible. Mais l'essentiel de notre approvisionnement concerne une très large partie de nos besoins en engrais. Il faut absolument qu'on reconquière de la souveraineté en engrais, qu'on reconstitue, qu'on constitue une filière de production en France.

5:24
Invité

C'est possible, ça ? C'est possible ?

5:25
Présentateur

C'est indispensable. Il faut qu'on réduise nos dépendances, qu'on réduise nos fragilités. Dans un monde qui est devenu de plus en plus incertain, de plus en plus éruptif, tout ce qui nous met en dépendance à l'égard d'autrui est une fragilité maximale.

5:41
Annie Genevard

Et comment on fait pour retrouver cette souveraineté sur les engrais ?

5:43
Présentateur

Pour reconstituer un outil industriel de production d'engrais. Et nous y travaillons.

5:48
Annie Genevard

Alors, on va parler du projet de loi d'urgence agricole que vous avez présenté la semaine dernière. C'est, je crois, la troisième loi agricole en un an pour répondre à la colère des agriculteurs. En quoi cette loi, précisément, va changer le quotidien de nos exploitants ?

6:02
Présentateur

D'abord, ça répond à un engagement. Le Premier ministre a donné droit à la demande des agriculteurs d'un texte de loi. Il en a circonscrit le contour. La prédation du loup, l'eau et les moyens de production. Donc, nous sommes partis de cette base-là. J'ai fait beaucoup de consultations avec les professionnels, les syndicats. Et donc, nous avons progressivement, autour de ces trois thèmes, et en débordant même un peu, enrichi ce texte. C'est un texte concret. Vous évoquez les deux précédents. Moi, je ne voulais pas d'un texte de grande déclaration ou de principe. Ça, c'est fait. La loi d'orientation agricole y a pourvu.

Là, c'est vraiment un texte qui entend répondre concrètement aux besoins précis des agriculteurs. En matière d'eau, il faut davantage de stockage. Donc, on simplifie les procédures. On allège les procédures. Tout en demeurant, bien sûr, attentif aux conséquences sur l'environnement. Je m'inscris en faux contre le procès qui serait fait.

7:01
Annie Genevard

Justement, on en parle.

7:02
Présentateur

Les régulations environnementales aux bénéfices des agriculteurs, ça n'est pas le cas. Mais aujourd'hui, on est dans des complexités de procédures qui sont incomprises et surtout qui compromettent l'aboutissement de projets nécessaires à la production. En France, on irrigue 7% des terres. C'est très peu. Je ne demande pas à ce qu'on irrigue 50% des terres comme en Espagne. Enfin, entre 7 et 50%, il y a quand même une marge de progression. Il y a des territoires qui ont trop d'eau en hiver. Et avec le dérèglement climatique, on aura de plus en plus d'eau en hiver. Et qui en manquent en été.

Il serait absurde de prélever en été là où elle manque et de ne pas la stocker un peu, raisonnablement, pour un certain nombre de territoires.

7:45
Annie Genevard

En tout cas, les associations environnementales estiment que c'est un texte qui va favoriser la constitution de mégabassines. Avec par exemple une mesure, les réunions publiques sur ces projets de stockage de l'eau pourront être évitées. Ça veut dire que la ressource en eau ne doit plus faire l'objet d'un débat démocratique environnemental sur le terrain ? Non, pas du tout. On évite le débat ?

8:05
Présentateur

Non, absolument pas. Il prend une autre forme. On propose d'alléger, enfin de modifier un peu la forme que prendrait cette consultation du public qui est indispensable. La démocratie de l'eau, elle s'exerce dans des tas d'instances. Croyez-moi, le public se fait largement entendre.

8:22
Annie Genevard

Il y a parfois trop de pression des associations écologistes ?

8:24
Présentateur

Non, mais les réunions publiques, vous savez, dans ma vie d'élu local, je me suis livrée à l'exercice une fois. Ce n'est pas le lieu, la réunion publique, où s'expriment les points de vue de façon apaisée. Moi, je veux mettre fin à la guerre de l'eau. Il faut qu'on soit suffisamment mature pour apaiser ce sujet qui, chez nous, prend des proportions déraisonnables. Et donc, pas de réunion publique, mais des consultations en mairie avec un commissaire enquêteur, comme ça se fait pour la plupart des projets qui se mènent sur les territoires. C'est une procédure tout à fait classique, efficace. On va en mairie, on consulte le commissaire enquêteur, on lui fait part de ses observations.

9:05
Annie Genevard

Comme ça, il y aura moins d'affrontements entre militants écologistes et agriculteurs sur cette question de l'eau.

9:08
Présentateur

Chacun exprimera son point de vue de façon tout à fait libre et démocratique, mais dans un cadre qui favorise l'apaisement.

9:15
Annie Genevard

Il est aussi question d'élevage dans ce projet de loi d'urgence agricole, un texte qui simplifie les évaluations environnementales obligatoires pour des élevages qui rassemblent un grand nombre de bêtes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est la prime à l'élevage intensif aux fermes-usines ?

9:30
Présentateur

Non, pas du tout. Ce n'est pas du tout dans l'ADN de l'agriculture française, vous le savez, qui est une agriculture de taille familiale et qui entend le rester. C'est une des richesses. Il y a des tailles différentes d'exploitation et chacun peut y trouver matière à s'épanouir professionnellement. La disposition qui concerne le bâtiment d'élevage consiste à adopter une disposition qui concerne l'élevage. Aujourd'hui, vous avez une réglementation qui fait que pour créer, moderniser ou agrandir un bâtiment d'élevage, c'est la même procédure que si c'était une industrie lourde. Donc ce qui est proposé, c'est une simplification, un allègement.

De la même façon que pour l'eau, les consultations du commissaire enquêteur en mairie remplaceront les réunions publiques, on élève le seuil de nombre d'animaux raisonnablement comparé à d'autres pays européens. On n'est pas du tout dans les mêmes proportions. On n'est pas du tout dans les fermes-usines ou je ne sais quelle élucubration que je peux entendre ici ou là. Il s'agit simplement de passer d'un seuil d'autorisation à un seuil de déclaration quand ça reste dans une proportion raisonnable.

10:49
Invité

Sur quel délai ? Vous diriez qu'on passerait de quelle durée aujourd'hui de traitement à quel délai demain ?

10:56
Présentateur

En termes de durée ? Oui. Alors ça, c'est une question très importante que vous posez. Parce qu'aujourd'hui, quelqu'un qui a un projet, entre la lourdeur des procédures que nous lui imposons, entre les recours que font les ONG, parce qu'aujourd'hui, vous avez un projet de bâtiment d'élevage, vous avez un recours. Donc, si on veut être condamné à consommer de l'alimentation produite ailleurs que dans notre pays, continuons comme ça. Moi, je ne peux pas m'y résoudre. Moi, je suis là pour défendre la souveraineté alimentaire, pour défendre les agriculteurs et les éleveurs.

11:31
Annie Genevard

Donc, il faut limiter les recours sur les bâtiments d'élevage.

11:33
Présentateur

Alors, nous avons, dans la loi d'orientation agricole, déjà raccourci la durée des procédures d'un niveau de juridiction. Et puis, dans ce projet de loi, pour qui se rendrait, pour qui ferait un recours abusif, constaté par le juge, le porteur de projet peut se retourner contre celui qui aurait mené un recours abusif.

11:54
Annie Genevard

On va parler pesticides, Annie Gennevard, puisque le sénateur, les républicains, Laurent Duplomb, et la majorité sénatoriale ont déposé une proposition de loi, Duplomb 2, après celle de l'an dernier dont on avait beaucoup parlé. Un texte qui réautorise, une nouvelle fois, des pesticides néonicotinoïdes qui sont interdits en France. Personnellement, qu'est-ce que vous pensez de ce texte ?

12:14
Présentateur

D'abord, il n'est pas semblable au premier, puisque deux niveaux les plus hauts niveaux de juridiction se sont prononcés sur le texte. La Duplomb 1, le Conseil constitutionnel, qui n'a pas, je dirais, invalidé le texte sur le fond, mais qui a donné un certain nombre de préconisations pour qu'il soit acceptable. Et puis, la deuxième version, ce qu'on appelle la Duplomb 2, a été examinée à la demande du président du Sénat par le Conseil d'État. Chacune de ces juridictions a donné son avis, ses préconisations. Après, le texte vivra, vivra sa vie parlementaire.

12:52
Annie Genevard

Mais vous, qu'est-ce que vous en pensez ?

12:53
Présentateur

Bon, moi, j'ai toujours considéré que nous sommes dans un même espace de production qui est l'Union européenne. L'Union européenne a une agriculture exigeante, vertueuse, qui obéit à des règles, et dont il faut protéger les exigences et la qualité. Mais il faut que tout le monde soit mis à égalité de concurrence. Lorsqu'on impose à ces agriculteurs des règles qui sont différentes de celles de l'Espagne ou de l'Italie, ou de la Pologne, qui sont nos principaux concurrents, la concurrence dont est victime l'agriculture française, elle est d'abord européenne. Donc, il est important de se mettre au même niveau.

13:28
Invité

Vous êtes favorable à cette loi ?

13:30
Présentateur

Moi, je pense que si toutes les garanties sont données, nous verrons bien ce que les parlementaires en décideront. Chacun sait ce que j'en pense. J'ai eu l'occasion de m'exprimer suffisamment souvent. Mais, voilà, on verra ce qu'il en adviendra. En tout état de cause, les préconisations qu'ont faites, et le Conseil constitutionnel, et le Conseil d'État, restreignent énormément l'usage de ces produits phytosanitaires. Si demain, les autorités européennes décident d'interdire le produit, la substance sera interdite partout, évidemment.

14:07
Annie Genevard

Donc, vous êtes favorable, sur le fond, à cette proposition de loi du plomb 2. Mais, est-ce que, juridiquement, ce texte, il peut être intégré à votre projet de loi d'urgence agricole via un amendement qui serait voté par le Parlement ? Est-ce que c'est possible ?

14:18
Présentateur

Le Premier ministre n'a pas souhaité que la mesure figure dans la mouture initiale. Est-ce que c'était trop polémique ? Écoutez, moi, ce que je souhaite, c'est que ce texte soit adopté. Parce qu'il est utile, il y a des mesures sur l'eau, il y a des mesures sur l'élevage, le projet de loi d'urgence. Il y a des mesures sur le foncier agricole, il y a des mesures sur l'avenir agricole avec les contrats d'avenir que portent en particulier les jeunes agriculteurs. Donc, il y a beaucoup de choses utiles et attendues. Moi, je veux que ce texte aboutisse. Et que, donc, si les parlementaires décident d'y adjoindre les éléments contenus dans la duplomb 2, libre à eux, en tout cas…

14:58
Annie Genevard

– Si c'est possible, juridiquement, ce ne sera pas un cavalier législatif, comme on dit, c'est-à-dire hors-sujet ?

15:02
Présentateur

– Il appartiendra au Conseil constitutionnel d'en décider une fois que le texte sera adopté, s'il est adopté avec ses mesures. Moi, je n'en sais rien. Maintenant, il va vivre sa vie parlementaire.

15:13
Annie Genevard

– Et vous ne souhaitiez pas l'intégrer, car c'était trop polémique ce texte sur les pétitions ?

15:15
Présentateur

– Le Premier ministre n'avait pas souhaité l'intégrer d'emblée, parce que, bon, ce texte a une charge émotionnelle, je dirais. Il a fait l'objet de nombreux débats, d'une pétition, souvent d'ailleurs signée sans qu'on ait une parfaite connaissance du sujet, qui, comme toujours, les choses sont plus compliquées qu'il n'y paraît. Ce qui est vrai, c'est que le gouvernement est engagé dans un dispositif qui existe depuis plusieurs années, qui s'appelle Ecofito, qui vise à réduire l'empreinte phytosanitaire sur l'agriculture française.

Et il se fait que, et l'INRAE en a convenu, puisque je lui ai confié une mission à ce sujet, a convenu qu'il y avait un certain nombre de filières qui étaient en impasse de traitement. Donc, pour ces impasses, il faut bien trouver des solutions. Moi, quand je vais voir les arboriculteurs et qu'en pleure, ils me disent, voilà, la moitié de ma récolte est ruinée parce que les ravageurs se sont attaqués à mes productions, comment, moi, ministre de l'agriculture, puis-je y être insensible ?

16:18
Annie Genevard

Une question sur la concurrence déloyale

16:20
Invité

pour nos agriculteurs, Fabrice ? Absolument. Annie Gennevar a annoncé en janvier dernier la création de brigades spéciales qui visent à contrôler ces produits, ces denrées importées. Vous avez annoncé, tu crois, l'objectif de 3 000 contrôles sur 2026 avec une centaine d'agents. Vous avez annoncé ça à Roissy, aux douanes, si j'ai bonne mémoire. On en est où ? On arrive au mois de mai.

16:41
Présentateur

Alors, le projet de loi d'urgence parle de cette brigade de contrôle, en fixe les missions. C'est consécutif. La mobilisation de ces agents de contrôle, des agents de mon ministère, sera possible dès lors que l'accord entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne sera conclu. Ça va donc dégager des postes qui me permettront de les réaffecter sur des opérations de contrôle. Parce que nous sommes très exigeants avec nos agriculteurs, très exigeants sur les modes de production, sur l'utilisation des produits phytosanitaires, sur la façon dont ils travaillent. Ce niveau d'exigence, il faut que nous l'ayons aussi sur les produits importés de pays tiers.

Et c'est l'objet des contrôles de cette brigade.

17:34
Annie Genevard

Il nous reste 3 minutes. On finit par des questions politiques. Annie Genevard, avec une séance de questions au gouvernement hier au Sénat assez tendue. On a entendu le Premier ministre Sébastien Lecornu interpeller Bruno Retailleau, le président des Républicains, candidat à la présidentielle, pour lui demander de clarifier sa position entre une volonté de gouverner, de faire des compromis soit avec la gauche républicaine, soit avec l'extrême droite. Est-ce que Bruno Retailleau doit clarifier sa position sur ce sujet ?

17:56
Présentateur

Je crois qu'elle est assez claire. Bruno Retailleau a eu l'occasion de s'exprimer, y compris d'ailleurs, j'ai lu ça dans la bonne presse du groupe EBRAS ce matin, a eu l'occasion de s'exprimer sur ce sujet. Pas d'alliance avec le Rassemblement national qui ne cesse de proclamer son désir de nous voir mourir. En revanche, les électeurs doivent être convaincus par le projet que porteront les Républicains. Donc c'est assez clair, me semble-t-il. Je pense qu'il faut bien prendre la mesure de la situation du gouvernement sur la question du 1er mai, puisque c'était à l'occasion de ce sujet que le Premier ministre a été interpellé.

Ce que vous voulez, quand on est dans une situation d'impasse politique, que cette réforme attendue, espérée, sur le fond de laquelle la droite, le gouvernement sont parfaitement alignés, c'est-à-dire qu'il faut permettre à ceux qui le souhaitent de travailler le 1er mai, « Moi, je suis une femme de droite, je suis pour le travail et pour la liberté, donc forcément, je suis favorable à ce qu'on puisse laisser travailler. » Mais la cible, c'était quand même les boulangers indépendants et les fleuristes. Sans doute a-t-on trop élargi la cible et insuffisamment consulter les partenaires sociaux qui sont évidemment très attachés à ce 1er mai.

19:19
Annie Genevard

Justement, sur la droite, il y a beaucoup de candidats qui sont lancés pour la présidentielle. Le parti Les Républicains, d'ailleurs, dont vous êtes suspendu puisque vous participez au gouvernement, ce parti-là organise une consultation de ses militants sur le mode de désignation du candidat LR à la présidentielle. Qu'est-ce que vous pensez de cette stratégie de Bruno Rotaillot pour la présidentielle ? Il faut un champion LR pour la droite ?

19:41
Présentateur

Il faut incontestablement que LR puisse se désigner un candidat. Maintenant, on sait aussi que la configuration politique de notre pays nous met en risque si nous ne parvenons pas à nous organiser pour éviter un duel de deuxième tour où nous serions absents. Donc, la responsabilité d'un candidat Les Républicains sera d'évaluer ses chances de rassembler autour de lui. LR n'a jamais gagné tout seul. Il faudra donc que le candidat fasse la démonstration qu'il est en capacité de rassembler.

20:15
Annie Genevard

Il faudra une primaire, une grande primaire de la droite et du centre ?

20:18
Présentateur

Vous savez, moi, j'ai vu deux primaires qui n'ont pas produit les effets qu'on en attendait. Maintenant, y a-t-il une autre façon de faire ? C'est ce que détermineront les adhérents Les Républicains ce week-end.

20:30
Annie Genevard

Merci beaucoup, Annie Gennevard, d'avoir été notre invitée politique aujourd'hui. Merci Fabrice. On va regarder la une des dernières nouvelles d'Alsace, journal du groupe Ebra, une des DNA consacrée à l'épargne salariale au secours du pouvoir d'achat. Et cette proposition de loi adoptée par le Sénat pour débloquer, permettre aux salariés de débloquer une partie de leur épargne salariale.