Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot du 31 mars 2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Emmanuel Macron a rendu public hier son plan eau qui était très attendu. 53 mesures pour mieux gérer cette ressource qui se fait de plus en plus rare en France. Alors avant de revenir sur le détail de ces mesures, qu'est-ce que vous vous êtes dit hier en écoutant le président présenter ce plan ?
C'est la fuite en avant. En fait, ce n'est pas un plan de sobriété pour l'eau. C'est un plan qui maintient l'ébriété dans la consommation de l'eau dans notre pays. On va faire avec l'eau comme on a fait avec l'énergie pour l'hiver dernier. C'est-à-dire qu'à la fois, on met beaucoup la pression sur les Françaises et les Français. Tant mieux si chacun, chacune chez soi, on réduit notre consommation d'eau. On a tous des efforts à faire et c'est tant mieux. Mais tout ce qui touche à les grosses consommations d'eau, notamment l'agriculture, est complètement laissé à part.
Et vous avez en même temps, c'est incroyable ce gouvernement et ce président de la République, en même temps que le président de la République dit qu'il faut faire des efforts sur l'agriculture, on ne va rien demander, mais on leur demandera quand même de faire des efforts sur les pesticides. Vous avez le ministre de l'Agriculture qui va à la FNSEA, qui est le syndicat qui défend aussi une forte ébriété en eau, une forte surconsommation d'eau, et qui dit qu'on a gagné, vous n'aurez rien à faire, vous consommez 60% de l'eau dans notre pays, plus de 80% l'été, vous n'aurez rien à faire.
Et pire, au moment où le président de la République dit mais ils feront quand même des efforts sur les pesticides, vous avez le ministre de l'Agriculture qui dit un herbicide, le S-métalochlore, peu importe, qui aujourd'hui est une saloperie pour les nappes phréatiques, considéré comme cancérigène. Il dit qu'on va revenir sur la décision de l'Agence française de sécurité sanitaire et de l'environnement.
On va revenir sur l'agriculture dans les détails.
Donc c'est affligeant.
Pour bien comprendre, vous ne faites pas partie de ceux qui disent qu'il y a une prise de conscience, on va dans le bon sens.
Il y a une prise de conscience des Françaises et des Français qui est incontestable. Ce que fait Emmanuel Macron, on l'a dit, sobriété énergétique. Il a dit aux Françaises et aux Français, faites des économies chez vous. Encore une fois, on a tous des gestes à faire. Tant mieux.
Globalement, ils ont dit, il faut des cols roulés. Mettez des cols roulés. En disant aussi, à l'ensemble des secteurs, dans le cas de l'eau, on va faire comme sur l'énergie, présentez-nous des propositions.
C'est toujours les démarches volontaires. Mais ça fait 30 ans que ce signal est envoyé. Moi, j'ai fait le grenelle de l'environnement. Vous vous souvenez, cette grande messe sous Sarkozy en 2007, l'accord avec toutes les forces vives du pays, y compris les agriculteurs, les agriculteurs, c'est de réduire de 50% l'utilisation des pesticides à l'horizon 2020, on a augmenté de 20%. Ces démarches volontaires, ça ne sert à rien. On met des centaines de millions d'euros pour soutenir des démarches volontaires que les acteurs évitent, contournent, reportent. On a 32 jours sans pluie cet hiver.
On a une vingtaine de départements qui sont déjà en vigilance sécheresse à l'époque où toutes les nappes phréatiques devraient être rechargées. On a des risques de sécheresse majeurs pour l'été prochain. Et on a un président de la République qui dit aux agriculteurs, vous pouvez continuer à surconsommer.
On va revenir sur l'agriculture, mais vraiment en détail. Pour commencer, je voulais qu'on s'arrête sur un point dans les grands volets de ce plan. Donc il y a la sobriété, il y a la réutilisation des eaux en général, les eaux usées, les eaux pluies.
On peut rattraper nos voisins européens, on est très en retard.
Et puis il y a la tarification progressive de l'eau. Donc le principe, c'est la consommation de base, les premiers litres d'eau à prix modéré, et puis la consommation de confort pour ceux qui consomment beaucoup plus parce qu'ils ont une voiture à laver, un jardin éventuellement à arroser. Eh bien les mètres cubes supplémentaires coûtent beaucoup plus cher. Vous, pendant la présidentielle...
Ça va dans le bon sens.
Vous proposiez une tarification sociale, pas progressive. Est-ce que c'est la même chose ou est-ce que ce n'est pas tout à fait la même chose ?
Oui, bien sûr. En fait, c'est de dire, c'est ce que certaines villes font.
Notamment des villes écologistes ?
Des villes écologistes. Il y a Dunker qui fait ça depuis une dizaine d'années. C'est-à-dire qu'en fait, sous 80 mètres cubes d'eau consommée, c'est un prix très bas. Entre 80 mètres cubes et 200 mètres cubes, on parle d'une famille, c'est un prix modéré. Et au-delà, vous payez plus cher. Donc au fond, c'est d'abord une tarification sociale. Parce que ce qui a marché à Dunkerque, notamment en matière de baisse de consommation de l'eau, c'est parce que aussi la commune a envoyé à toutes les familles des économiseurs d'eau à installer chez soi.
Donc, qu'on fasse de la tarification sociale, c'est ce que nous portons sur l'eau, sur l'énergie, sur un certain nombre de sujets ou de besoins absolument essentiels pour les familles. Mais ça n'est pas le facteur qui nous permettra de réduire profondément notre consommation d'eau. Bien sûr, investir sur les fuites. Ça fait longtemps que les réseaux, malheureusement, sont laissés à l'abandon. Mais mettre de côté le secteur qui, l'été, consomme 80% de l'eau, c'est quand même un déni absolu de réalité. Vous parlez encore de l'agriculture. Oui, parce que quand on parle de l'eau, l'été, là où ça va manquer le plus...
C'est le maïs qui a le plus besoin d'eau, effectivement, l'été.
C'est le maïs qui a le plus besoin d'eau. Il faut rappeler, parce que moi, je suis absolument affligé par les discours du ministre de l'Agriculture. Sur votre plateau, comme dans d'autres médias, il porte des discours de climato-sceptique. Quand il dit cette sécheresse, elle est exceptionnelle. Mais ne vous inquiétez pas. Ça ne reviendra pas ou ça ne reviendra pas aussi fort. C'est le contraire de ce que disent tous les climatologues.
Pour vous, par exemple, quand le préfet d'Ardèche suspend la délivrance de permis de construire dans 22 communes du département en disant que ça va mettre en difficulté les populations déjà présentes, en acceptant que de nouvelles personnes arrivent et qu'il n'y ait plus assez d'eau à partager, ça, c'est le sens de l'histoire. C'est-à-dire que c'est ça qui va nous arriver demain dans d'autres communes de France, dans d'autres départements de France.
C'est ça qui est en train d'arriver. Vous avez effectivement des régions qui sont en stress hydrique permanent et qui sont obligées de suspendre tous les permis de construire parce qu'ils ne peuvent plus assurer des quantités suffisantes d'eau potable. Et donc, c'est pour ça qu'il faut agir.
Il faudrait plus arrêter de construire, par exemple, dans le Var ou dans les Alpes-Maritimes, qui sont des départements qui attirent énormément de retraités, par exemple.
La difficulté dans ces départements, vous le savez, c'est que non seulement les gens arrivent, mais en plus, ils construisent une piscine en même temps. Donc, on a un vrai sujet de quantité d'eau potable. Est-ce qu'il faut au moratoire
sur la construction de piscines, par exemple ?
Dans certaines régions, c'est ce qu'ils sont en train de faire. Ils ont raison.
Mais est-ce que ça doit être une décision prise de manière nationale puisque le problème de la sécheresse...
Il faut s'adapter aux régions. Je veux dire, moi, je ne suis pas pour l'interdiction des piscines pour beaucoup de familles. Nous, la piscine, oui. Non, non, pour beaucoup de familles, c'est ce qui permet d'ailleurs parfois de compenser le fait de ne pas partir en vacances parce qu'on n'a plus les moyens de partir en vacances. On va mettre une piscine qui s'installe, qui est gonflable ou qui permet aux enfants de jouer, y compris en période de canicule. Donc, on a un sujet majeur. La disponibilité en eau. La loi est très claire. C'est un, la priorité. Première priorité, l'eau potable. Deuxième priorité, la nature, c'est-à-dire le maintien des milieux naturels.
Troisième priorité, les utilisations économiques. Donc, ça va être les centrales nucléaires. Emmanuel Macron nous a inventé encore une nouvelle technologie. Ça y est, des centrales de 40 ans vont avoir de l'eau en circuit fermé. On ne sait pas combien ça va coûter.
J'explique rapidement pour les centrales nucléaires parce qu'aujourd'hui,
l'eau,
pour refroidir les réacteurs, est prélevée dans les fleuves, dans les points d'eau alentours. Et elle est ensuite, une fois qu'elle a été utilisée pour refroidir les réacteurs, rejetée à une température plus chaude. Ce qui pose des questions sur la biodiversité notamment.
Pas seulement. Ça pose des questions sur la production. Parce que quand vous n'avez plus de débit, quand le niveau des rivières, des fleuves baisse et que vous n'avez pas assez de débit du fait de la sécheresse, eh bien, vous ne pouvez pas refroidir vos réacteurs. Donc, vous les arrêtez. Donc, ça pose un problème d'approvisionnement.
Mais ce n'est quasiment jamais arrivé pour l'instant d'arrêter des réacteurs à cause du débit. À chaque fois que vous avez
une sécheresse, c'est à certains réacteurs que vous arrêtez.
Mais ce n'est quasiment jamais arrivé l'été dernier. Par exemple, il y a eu quelques dérogations même aux règles de pollution pour pouvoir rejeter de l'eau qui est plus chaude.
Ce qui est déjà un peu presque scandaleux parce que c'est sortir de la loi. Ce qui a surtout arrêté
les réacteurs, c'était les problèmes de corrosion ou la maintenance. Éric Jadot, juste le temps du fil info parce qu'il est déjà 8h42. C'est vous qui me relancez, monsieur. On a beaucoup de choses à discuter avec vous, eurodéputé Europe Écologie Les Verts. 8h42, Maureen Suignard.
Est-ce un coup d'arrêt à la vie politique de Donald Trump ? La justice décide de poursuivre au pénal l'ancien président américain une première. L'affaire remonte à 2016. Il est soupçonné d'avoir payé une actrice porno pour qu'elle cache une supposée liaison entre deux. 100 euros pour les travailleurs modestes, une prime carburant que vous pouvez encore demander face à la flambée des prix de l'énergie. Vous avez jusqu'à ce soir pour faire une demande sur le site des impôts. 80 CRS mobilisés ce matin pour évacuer l'université de Bordeaux-Victoire, le site occupé depuis 10 jours par les opposants à la réforme des retraites.
Hier soir, ce sont des manifestants contre les violences policières qui ont défilé dans de nombreuses villes de France. Après la mobilisation de Sainte-Sauline dans les Deux-Sèvres, l'un des deux manifestants gravement blessés la semaine dernière est sorti du coma. Le ministre de la Santé va suivre l'avis de la Haute Autorité de Santé, la HAS, favorable à la fin de l'obligation vaccinale des professionnels de santé contre le Covid. Le vaccin reste efficace pour les personnes fragiles et les soignants, rappelle sur France Info Arnaud Robinet, le maire de Reims et président de la Fédération hospitalière de France.
France Info
Le 830 France Info Néhile à la Trousse Laurin Sénéchal
Toujours avec Yannick Jadot, eurodéputé Europe Écologie, les Verts, j'y arrive. Le volet agricole du plan O, on l'a déjà un peu abordé. Et effectivement, c'est sans doute celui sur lequel le gouvernement avance le plus prudemment. Il y a ce qu'on cultive, comment on les cultive.
C'est sur lequel il recule rapidement.
Pour vous, il n'y a aucune avancée dans ce qui a été annoncé hier.
Mais écoutez, c'est clairement mis de côté. Qu'est-ce que dit le président de la République ? Il dit qu'il faut adapter
nos cultures, par exemple. Oui. Il dit que si on construit des bassines, il faut qu'il y ait des contreparties, que les agriculteurs utilisent moins de pesticides et utilisent moins d'eau.
Et que l'eau bénéficie à plus de personnes.
On est dans un système qui est totalement dingue aujourd'hui. Un, il faut rappeler que 94% de notre agriculture n'est pas irriguée. C'est-à-dire que les agriculteurs, les agricultrices travaillent avec l'eau de pluie et le rechargement des nappes phréatiques. Le rechargement des nappes phréatiques est mis en cause par la construction des bassines puisque ces bassines vont aller pomper l'eau dans les nappes phréatiques de régions qui sont en déficit d'eau. On va en parler,
mais l'idée, c'est qu'elles en pompent l'hiver au moment où il y a un problème d'eau et qu'ensuite, on utilise les... C'est l'idée.
D'ailleurs, c'est assez extraordinaire dans ce programme qu'annonce le président Macron. Il met quelques dizaines voire centaines de millions d'euros sur la table. Il met moins que ce qu'il va mettre dans la construction des bassines parce que ces bassines sont financées à 70% par nos impôts. On finance les bassines avec nos impôts. Vous savez que sur votre facture d'eau, vous payez une redevance eau. La redevance eau, c'est ce qui permet à l'eau d'arriver chez vous et c'est ce qui permet de la traiter. 70% de cette redevance est payée par les consommateurs privés, les familles, qui en utilisent à peu près 20%. Les agriculteurs qui en utilisent 60% payent 5% de la redevance eau.
Donc, nous participons en permanence à travers nos impôts à une agriculture et un système d'irrigation qui est totalement incompatible avec le climat, totalement incompatible avec la protection. Mais alors qu'il faudrait
qu'ils payent plus les agriculteurs cette redevance eau ?
Non. Ils en ont les moyens ? Ah ben écoutez, il y a un moment donné, si vous voulez agir, c'est marrant de faire la tarification progressive pour les consommateurs, mais de laisser ceux qui consomment le plus d'eau, parfois de manière irresponsable, sans les qui cotisent davantage, sans qu'ils payent davantage. Beaucoup d'irrigation est parfaitement acceptable.
Quand vous faites des légumes, vous avez besoin d'eau, beaucoup moins, mais continuer encore une fois à faire du maïs irrigué sur quelques surfaces qui concernent quelques dizaines de producteurs et d'accaparer l'eau au détriment des autres paysans, au détriment de l'eau potable, au détriment dans cette région du Marais-Poix-de-Vin, au détriment des ostréiculteurs. Donc on est dans un système encore une fois qui est aberrant. Mais vous ne croyez pas Emmanuel Macron quand il dit
qu'elle sera mieux partagée cette ressource, ce ne sera plus des bassines pour quelques agriculteurs. Il faudra penser à inclure plus de monde dans le partage de l'eau.
Mais ça, c'est du blabla. Pardonnez-moi, mais c'est du blabla. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, vous avez y compris ce gouvernement et l'État est en illégalité puisque l'État, vous avez une dizaine de bassines qui ont été arrêtées par les tribunaux. Justement parce qu'il y a un problème de dimensionnement, il y a un problème de ressources en eau. L'État laisse ces bassines continuer à être construites. Vous avez des bassines interdites par la loi en Charente-Maritime. Elles fonctionnent aujourd'hui. Vous avez vu la retenue d'eau lac du Cossade en Lotte-Garonne où vous avez... C'est totalement interdit. C'est totalement interdit. Le président de la Chambre d'agriculture a été condamné.
Vous avez notre secrétaire nationale qui va dans la région qui est menacée. Marine Tandonnier. Le président de la Chambre d'agriculture, c'est une chambre consulaire. C'est une délégation de services publics. Et vous avez les autorités locales qui vous disent quoi ? Vous ne devriez pas venir. Vous savez, il a tout pouvoir. Bon, là, on s'éloigne du sujet
en l'occurrence de...
Non, parce qu'en fait, la réalité, c'est que vous avez beaucoup de paysannes et de paysans qui sont dans des difficultés majeures, qui ne vivent pas de leur métier. Et qu'au lieu de soutenir ces paysannes et ces paysans qui sont responsables, qui voient bien que les pesticides, ça tue la biodiversité, qui ont envie de faire des produits de qualité pour que nous puissions les manger, eh bien, ces paysans-là sont mis de côté au profit d'une toute petite, d'une minorité, très petite minorité de nos agriculteurs qui n'en ont rien à faire du climat, rien à faire de l'eau, rien à faire.
On ne convient pas non plus ce qui est évoqué par le gouvernement en disant c'est au nom de la souveraineté alimentaire aussi parce qu'on a besoin de produire ce que l'on mange.
Mais c'est là, en plus, là aussi où on aberra. Ce maïs irrigué à coup de subvention, encore une fois, c'est notre argent qui paye l'irrigation.
Dans le cas du marais de poids de vin, il n'y a pas que du maïs. Il me semble qu'il y a aussi d'autres types de céréales qui sont distribués.
On est sur le maïs irrigué encore une fois. Il y a des maïs qui ne sont pas irrigués. Je rappelle le problème du maïs.
Ça consomme en fait moins d'eau que le blé par exemple ou évidemment le riz. En revanche, ça demande de l'eau au pire moment, c'est-à-dire en été. Ce maïs-là,
il faut être très clair, on ne le met pas dans notre assiette. Non, c'est du maïs qui a des éleveurs. C'est du maïs pour l'élevage industriel qui est nourri en partie avec ce maïs-là, en partie avec le soja importé qui participe de la déforestation en Amazonie. À l'inverse, voilà typiquement ce qu'on devrait arriver à faire. On devrait arriver à dire plutôt que de faire du maïs qui est totalement inadapté aujourd'hui aux conditions de production de la Nouvelle Aquitaine, on fait par exemple de l'élevage en herbe. Vous savez, une vache, ça pâture, ça mange de l'herbe. Donc on contraindrait ou alors on donnerait de l'argent,
on subventionnerait un certain type de production plutôt qu'un autre.
Vous avez 400 millions d'euros. On accompagne les agriculteurs vers des systèmes qui, là, renforcent notre souveraineté. Là, permettent à des éleveurs de bien vivre et évitent la dégradation. Quand vous faites du bio, quand vous faites de l'élevage, vous protégez les terres et vous protégez la ressource en eau.
Yannick Jadot, est-ce que vous cautionnez l'action radicale en matière d'écologie ?
Je ne sais pas ce que ça veut dire l'action radicale. Vous êtes volontairement ambigus. Je condamne toutes les violences, si c'est la question. On va se le dire. Est-ce que le jeu
en valait la chandelle à Sainte-Solines ? Est-ce qu'il fallait défendre coûte que coûte, essayer coûte que coûte de se rendre sur ce terrain, cette bassine en construction face aux forces de l'ordre ?
Alors, un, j'ai toujours, et vous ne me prendrez jamais en défaut, condamné toutes les violences. Deuxièmement, je veux dire ma peine, ma sympathie pour toutes les victimes des violences, côté policiers comme côté manifestants. Troisièmement, dans ce pays, on doit réaffirmer le droit de manifester. Manifester n'est pas une menace. Vous avez de la part... Y compris quand on arrive avec des cocktails Molotov. J'arrive, j'arrive, j'arrive. Y compris de la part de ce gouvernement qui considère aujourd'hui que manifester est une menace. Quand vous avez un gouvernement, vous avez le président de la République, il a parlé de guerre hier.
Il a dit des milliers de gens qui étaient simplement venus pour faire la guerre, dit-il. Il a parlé de guerre hier dans différentes interventions quand il a fait son fameux 13 heures sur TF1 et France 2 pour parler du mouvement social. Il a parlé de factieux. Il avait parlé avant de foule pour parler du mouvement social. Vous avez un ministre de l'Intérieur qui parle de terroriste. D'éco-terroriste. D'éco-terroriste. En oubliant que notre pays a quand même été sérieusement victime du terrorisme. Ce qui est une insulte aux victimes du terrorisme. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a de la part de ce gouvernement la volonté. Et c'est ce que dit le rapporteur des Nations Unies.
Le rapporteur des Nations Unies qui se penche sur la France. Il dit qu'il y a l'organisation par l'État, par le gouvernement et le président de la République de contexte de violence.
Mais il n'y avait pas de factieux violents à Saint-Céline. Mais moi, je les condamne.
Je les condamne. Et comment on fait face aux factieux violents ? Mais quand vous avez un trou, c'est un terrain au milieu des champs avec un trou. S'il n'y avait pas eu la volonté d'organiser l'affrontement par le ministre de l'Intérieur. Pendant une semaine, il a dit que ça va être grave. Ils auraient démonté les installations. 5 millions, l'opération de maintien de l'ordre avec des blessés et peut-être des morts demain. Franchement, est-ce qu'on avait besoin de ça pour défendre des projets qui sont aberrants ? Je le répète. On a mis ces... Moi, je n'en veux pas aux policiers. Les policiers, ils agissent sur ordre. Il y en a quelques-uns qu'il faut sanctionner.
Mais la grande majorité est mise en danger. Et mise en danger parce que vous avez une chaîne de commandement avec à sa tête le président Macron et un ministre de l'Intérieur qui veulent embraser notre pays. Yannick Jadot,
8h52, c'est le Filinfo, Maureen Suinière.
L'inflation ralentit au mois de mars. 5,6% sur un an selon l'INSEE qui indique par ailleurs que les prises alimentaires continuent de grimper plus 15,8% sur un an au mois de mars. Au lendemain de la présentation par le président du plan eau pour préserver la ressource, l'eurodéputé Yannick Jadot dénonce une fuite en avant. L'élu Europe Ecologie Les Verts estime que la pression est mise sur les Français mais pas les professionnels, notamment les agriculteurs gros consommateurs d'eau. Washington se dit extrêmement préoccupé et juge ridicule les accusations de la Russie. Un journaliste américain arrêté en Russie vient de passer sa première nuit en prison. Il est accusé d'espionnage par Moscou.
Prudence dans les départements de la Manche et du Pas-de-Calais. Des rafales pouvant atteindre 120 km heure. Vigilance orange aux vents violents en cours aujourd'hui. Plus de Françaises en Ligue des champions de football. Le PSG éliminé par Wolfsburg. Les tenantes du titre, les Lyonnaises, quittent aussi la compétition en huitième de finale. Et ce soir à 21h, en Ligue 1 chez les hommes, l'OM affronte Montpellier et va tenter de rester le dauphin du Paris Saint-Germain. France Info. Le 8.30 France Info. Néhile à la trousse. Laurence Anéchal.
Toujours avec Annick Jadot, eurodéputé Europe Écologie et Verts. On parlait des violences à Sainte-Solines. Vous avez accusé juste avant le fil info le gouvernement, la chaîne de commandement, dites-vous. Est-ce que vous appelez Gérald Darmanin à démissionner ?
Oui. Oui. On a, si vous voulez, la stratégie d'affrontement, d'embrasement, elle est organisée au plus haut sommet de l'État. C'est une volonté du président de la République de considérer qu'en fait, on est dans un moment de guerre civile et qu'à un moment donné, il espère en récupérer le bénéfice politique avec une logique de loi et d'ordre. Et vous avez des syndicats de police qui disent vous avez des syndicats de police qui disent aujourd'hui ça n'est pas à nous par le maintien de l'ordre de régler un problème politique et une crise sociale.
Et c'est le départ de Gérald Darmanin qui règle la situation ? Vous avez une approche
qui n'est plus républicaine dans notre pays du maintien de l'ordre. Mais, donc, le ministre de l'Intérieur est un exécutant de la volonté du président de la République. Mais quand vous avez un ministre de l'Intérieur qui ment ouvertement, ouvertement, devant les Françaises et les Français, qui ment devant la représentation nationale à l'Assemblée nationale et au Sénat, on a un problème majeur de crédibilité et de légitimité politique. Donc, oui, Gérald Darmanin doit quitter ses fonctions parce qu'il n'est pas à la hauteur de la crédibilité que doit avoir un ministre de l'Intérieur pour garantir les libertés publiques dans notre pays, y compris le droit de manifester. Vous dites qu'il a menti
notamment sur l'usage de LBD sur les clades ?
Il a menti sur l'usage de LBD. Il a menti sur les armes de guerre. Il a menti sur la brave M. Il vient de se faire reprendre par le Conseil d'État parce qu'il avait annoncé que participer à une manifestation interdite était un délit. C'est faux. Donc, il est dans le mensonge permanent. c'est inacceptable en République.
Je précise qu'il sera auditionné mercredi par l'Assemblée nationale sur les techniques de maintien de l'ordre et pour s'expliquer sur les contradictions et les mensonges. Conseil de l'Europe, Amnesty International,
la défenseuse des droits. Tout le monde condamne la France aujourd'hui sur son maintien de l'ordre qui n'est plus républicain.
Yannick Jadot, je rappelle, vous êtes eurodéputé. Un compromis a été trouvé cette semaine entre la Commission européenne et l'Allemagne sur l'interdiction de vendre des voitures neuves équipées de moteurs thermiques à partir de 2035. Ce compromis, c'est qu'il y aura finalement une dérogation pour les e-carburants, les carburants de synthèse. Est-ce que ça vous convient ? Est-ce que finalement, ça ne remet pas en cause la fin du moteur thermique ou en tout cas, l'objectif d'avoir des véhicules qui émettent moins de gaz à effet de serre ?
On va se battre contre cette dérogation parce que, un, c'est une dérogation, ce n'est pas pour les automobilistes normaux. C'est pour les constructeurs. C'est Porsche qui demande ça et Ferrari. Donc, c'est des gens qui sont prêts à payer 5-10 fois le prix du carburant pour conserver un moteur thermique. Le problème, c'est pas...
Mais ça remet en cause tout ? Parce que les autres constructeurs disent, nous, de toute façon, on est engagés sur l'électrique.
Heureusement, le signal est envoyé, il est clair. Ce que ça remet en cause, c'est qu'en fait, ces carburants de synthèse, ils fonctionnent dans des moteurs thermiques classiques. Donc, ça peut, au fond, ils pourront aussi utiliser du diesel, ces moteurs thermiques. Donc, pour une petite minorité de privilégiés, on maintient la perspective du moteur thermique. Mais vous savez, je viens d'être désigné rapporteur du Parlement européen sur le CO2 et la pollution des camions. Eh bien, on va se battre aussi pour que nos camions, nos bus, nos cars passent au tout électrique, qu'on sorte des carburants fossiles. C'est aussi la survie de l'humilité qui en dépend.
Yannick Jadot, Emmanuel Macron avait promis pendant la présidentielle des voitures électriques en leasing, donc en location à 100 euros par mois. Ça prend du temps parce qu'il faut d'abord s'assurer qu'il y a bien une filière industrielle européenne et française, dit Pascal Canfin, ancien écologiste, aujourd'hui Renaissance. Vous comprenez qu'il faille un temps pour favoriser
la filière française ? C'est moi qui défend au Parlement européen ce qu'on appelle la préférence géographique pour nos marchés publics. Ce que les Américains, vous avez vu, avec leur grand plan de relance, ils vont mettre 370 milliards de dollars dans la transition climatique. Ils sont en retard sur nous, sur le climat. mais ils veulent gagner la bataille économique autour de la transition climatique. Je n'accepte pas ça. Moi, je veux que dans nos marchés publics, on favorise les boîtes européennes. Je veux que dans nos cantines...
C'est ce que demande aussi le gouvernement.
Non, je suis désolé, il ne le fait pas à Bruxelles. Il ne le fait pas à Bruxelles. D'ailleurs, le patron du groupe Renaissance au Parlement européen, Stéphane Séjourné, n'a pas voté l'amendement que j'avais posé sur le plan de relance européen pour qu'on favorise les entreprises européennes sur nos marchés publics. En Europe, c'est 1 800 milliards d'euros. C'est un levier extraordinaire pour réindustrialiser, relocaliser,
créer de l'emploi dans notre pays. Mais encore une fois, si on mette en place le leasing maintenant, ce seraient des entreprises chinoises qui pourraient en bénéficier. Justement, favorisons sur nos marchés publics. C'est ce que dit le gouvernement. Non, mais il ne le fait pas. Il faut attendre
qu'il ne le défend pas à Bruxelles. Il le dit sur votre plateau, mais il ne le défend pas à Bruxelles. Donc, il faut le faire rapidement. Il faut que nos constructeurs automobiles soient soutenus parce qu'en Europe, et notamment avec de l'argent, on fait de la réglementation, mais on ne fait pas de budget et on ne privilégie pas notre industrie. C'est une faute. Aujourd'hui, nous allons perdre la bataille économique face aux États-Unis ou en Chine si on ne change pas ça.
Yannick Jadot, merci beaucoup, invité du 830. Bonne journée à vous.
Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada
Yannick Jadot