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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 3 juin 2025 52 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéEnvironnement & énergieSanté

Crime raciste d’Hichem Miraoui : l’enquête - C à Vous l’intégrale - 03/06/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi le ministre de l'Intérieur a-t-il attendu pour qualifier le crime d'Hichem Miraoui de raciste ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce crime est lié à un climat politique qui favorise le racisme ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment freiner le succès des enseignes de fast fashion comme Shein et Temu ?

  • 8:00RelanceRéponse directe

    Pourquoi la loi sur la fast fashion ne cible-t-elle que les entreprises non européennes ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi les députés ont-ils voté la suppression des zones à faibles émissions ?

  • 12:00RelanceRéponse directe

    Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas reçu les représentants de Shein ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Me M.BattikhFait
    « Il y a clairement un racisme d'atmosphère qu'on vit aujourd'hui tous les jours, quotidiennement. »
  • 6:00P.CohenChiffre
    « Près d'un quart des colis acheminés par La Poste viennent de ces plateformes asiatiques. »
  • 8:00A.Pannier-RunacherFait
    « Ce que j'ai trouvé profondément choquant dans ce qui s'est passé la semaine dernière, c'est qu'à aucun moment on n'a parlé de qualité de l'air et de santé publique. »
  • 10:00A.Pannier-RunacherChiffre
    « En 15 ans, on a augmenté de 40 % l'achat de vêtements et ils durent 2 fois moins longtemps. »
  • 12:00A.Pannier-RunacherPromesse
    « La fast fashion, comme nous le faisons sur l'ensemble des secteurs qui sont soumis à ce qu'on appelle la responsabilité élargie des producteurs... Ils vont payer l'amont de leurs filières. »
  • 14:00A.Pannier-RunacherFait
    « Aujourd'hui, les océans sont à l'origine de 50 % de notre oxygène. »
  • 16:00P.CongeFait
    « Il y a généralement un rapport entre l'état politique, dans une société, et le fait de commettre des violences par des groupuscules radicaux. »
  • 18:00A.Pannier-RunacherFait
    « Toutes les formes de parole excessives telles qu'on les entend en politique aujourd'hui, qu'il s'agisse de la dénonciation de telle religion, de telle origine, c'est insupportable. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Bonsoir à tous les 5.

Emilie? - E.Tran Nguyen: La mort d'Hichem Miraoui, assassiné samedi soir par un voisin qui a revendiqué son acte au nom du drapeau français.

Le voisin tenait des propos racistes dans des vidéos postées sur les réseaux sociaux. - A.-E.Lemoine: L'avocat de la famille de la victime sera sur notre plateau, aux côtés de P.Conge, journaliste police justice BFMTV, qui signe "Les Tueurs d'extrême droite: enquête sur une menace française" disponible en librairie à partir de demain.

Mohamed? - M.Bouhafsi: Vous connaissez l'expression "super héros du quotidien"?

Parfois, elle est galvaudée. Elle ne l'est pas pour Sylvain. Il veut aider les autres.

Il le fait aujourd'hui avec son corps. - A.-E.Lemoine: Patrick? - P.Cohen: Comment freiner le succès fulgurant de ces enseignes de mode ultra éphémères qui permettent de vendre des vêtements à prix cassés, la plupart du temps venant de Chine, dans des petits colis?

Près d'un quart des colis livrés par La Poste viennent de ces enseignes, notamment Shein et Temu qui font l'objet d'une demande d'interdiction des commerçants et d'une proposition de loi qui a été discutée hier au Sénat. - A.-E.Lemoine: Elle est soutenue par la Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche.

Je n'ai pas dit dans le bon ordre, mais tout y est. Bonsoir, A.Pannier-Runacher.

Lorrain? - L.Sénéchal: Un hommage à un très grand historien, académicien, éditeur, P.Nora, qui nous a quittés. - P.Lescure: Je vais vous parler du festival de Montreux.

Ce festival suisse présente sans doute une des meilleures sélections de toutes les musiques. - A.-E.Lemoine: Où il ne s'agit jamais d'interrompre N.Simone. - P.Lescure: Un spectateur a fait un peu de bruit.

Il s'est fait réprimander par la diva. Le programme est magnifique cette année. - A.-E.Lemoine: On aura G.Gallienne, qui signe son premier livre, le récit de sa nuit dans un musée en Géorgie sur les traces de ses ancêtres.

Zaz est de retour après quelques années d'absence, avec 2 nouveaux titres, dans un album à venir en septembre. Dans un des titres, elle pardonne à tous les haters qui l'ont critiquée depuis 15 ans sur son physique, parfois très violemment. Voilà pour le programme.

On est ensemble jusqu'à 21h en direct. On commence par l'édito de Patrick Cohen. La guerre est déclarée contre les enseignes de la fast fashion. - P.Cohen: Qui connaissent un essor fulgurant.

Avant de vous parler des chiffres considérables, impressionnants de cette mode ultra éphémère venue de Chine, 2 images qui en traduisent les effets. D'abord, ces vitrines devenues vides, de magasins qui ont définitivement baissé le rideau. Ici, c'est dans une rue commerçante de Strasbourg.

Mais c'est pareil dans toutes les grandes villes, même moins grandes. Des dizaines de milliers d'emplois ont déjà été détruits. Des grandes marques ont été liquidées.

On en a parlé toutes les semaines quasiment depuis des mois. 2e image: la filière de recyclage des vêtements, dépassée par l'explosion des déchets car la consommation est devenue frénétique. - Les gens achètent.

C'est normal. Mais on a inventé une espèce de mode jetable qui fait qu'on consomme, qu'on consomme comme on a consommé des assiettes jetables, du plastique jetable. - Beaucoup de polyester, de l'élasthanne beaucoup de matières qui ne sont pas recyclables. - P.Cohen: On a 2 images de ce que vous avez caractérisé hier à la tribune du Sénat comme le triple fléau de ces enseignes ultra éphémères, A.Pannier-Runacher.

Il y a l'incitation à la surconsommation, la concurrence déloyale pour la filière textile et les commerçants additionnels est un désastre écologique. Le géant chinois Shein est le premier émetteur mondial de CO2 du secteur de la mode. Près d'un quart des colis acheminés par La Poste viennent de ces plateformes asiatiques. - M.-E.Leclerc: Ce n'est pas parce que ce n'est pas cher que c'est mal.

Il ne faut pas stigmatiser...

A chaque fois qu'il y a une offre un peu intéressante...

On y va un peu systématiquement...

J'ai vécu ça tous les 10 ans. Quand mes parents ont commencé à vendre moins cher, on a tout de suite dit que c'était parce que ce n'était pas le même produit. Il y a un mouvement systématique.

Celui qui vend moins cher prend à défaut ceux qui vendent plus cher. Dans le vêtement, il y a aussi Kiabi, Leclerc, Carrefour, H&M. - P.Cohen: L'argument prix, toujours efficace, pour convaincre les plus modestes. - A.-E.Lemoine: On parlait de guerre.

Qui mène l'offensive? - P.Cohen: Les commerçants, qui se sont alliés pour demander le déréferencement de Shein et de Temu, c'est-à-dire l'interdiction.

Plus de 80 % des produits proposés par ces dernières ne respecteraient pas les normes européennes. C'est ce que souligne notamment la Fédération du prêt-à-porter. - On a des sociétés qui ont décidé d'utiliser ce qu'on peut faire avec la technologie pour à la fois détruire notre économie et la planète.

Les produits présentés sont des produits dangereux ou toxiques. On peut avoir des produits qui ne correspondent pas aux normes qui ont été décidées pour qu'on ait des vêtements sains où, avec Temu, la Fédération de l'ameublement a montré un lit qui pouvait étrangler un enfant. On doit absolument avoir des produits de qualité. - P.Cohen: Interdiction demandée officiellement au gouvernement. - Aujourd'hui, il s'avère que la loi telle qu'elle a été votée, telle qu'elle a été discutée au Sénat hier se centre et ne cible que des entreprises non françaises et non européennes.

Ce n'est pas comme ça que nous allons réussir à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile qui représente 10 % des émissions de gaz à effet de serre en 2024. Pour réduire cet impact environnemental, il faut un effort collectif. Nous appelons à ce que l'ensemble de l'industrie fasse partie de cette loi et s'engage collectivement à travers une feuille de route pour une industrie textile durable d'ici 2030. - P.Cohen: Ce porte-parole a aussi un message pour vous, A.Pannier-Runacher. - Contrairement au reste de l'industrie textile qui a été reçu par l'ensemble des ministres qui ont suivi ce texte, par l'ensemble des sénateurs et députés qui ont suivi ce texte et qui ont reçu la majorité des acteurs de l'industrie, nous n'avons pas été reçus par ces institutionnels.

Je réitère ma demande à madame la ministre. Nous serions heureux d'échanger avec elle en toute humilité sur ce que nous faisons pour réduire notre impact environnemental. - A.-E.Lemoine: Pourquoi ne pas avoir reçu les représentants de Shein? - A.Pannier-Runacher: Moi, je travaille au service des Françaises et des Français, de l'intérêt général. - P.Cohen: Et eux non? - A.Pannier-Runacher: Je crois que vous l'avez très bien exposé...

Aujourd'hui, nous sommes exposés à un triple fléau: un fléau écologique, c'est-à-dire que l'empreinte environnementale de l'ultra fast fashion est astronomique. Je veux préciser une chose. Le texte qu'on a discuté hier vise ces plateformes.

Mais il vise aussi à favoriser les pratiques les plus durables. Dans les acteurs européens qui n'ont pas des pratiques durables, il y aura un jeu de pénalités et de soutiens de façon à permettre... - A.-E.Lemoine: Mais ce sont des incitations. - A.Pannier-Runacher: Et des pénalité La fast fashion, comme nous le faisons sur l'ensemble des secteurs qui sont soumis à ce qu'on appelle la responsabilité élargie des producteurs...

Ils vont payer l'amont de leurs filières, c'est-à-dire comment on collecte, comment on trie et comment on recycle ou réutilise leurs biens. Quand vous polluez...

Quand vous polluez, il faut qu'à la fin, vous puissiez contribuer à faire en sorte de ne pas mettre en difficulté la planète. - A.-E.Lemoine: Mais pourquoi ne pas les avoirs reçus pour leur expliquer ça?

Puisqu'ils sont effectivement...

Ils ont beaucoup de clients français. De plus en plus. - A.Pannier-Runacher: Bien sûr qu'ils ont beaucoup de clients.

Leur courrier était suffisamment édifiant et complet pour savoir ce qu'ils avaient à nous proposer. Ce que j'ai constaté, c'est la très grande agressivité de ces plateformes pour essayer de nous faire croire qu'ils allaient, parce qu'ils produisaient à la demande, ils avaient une empreinte environnementale plus faible qu'aujourd'hui des commerçants qui vendent dans des boutiques physiques qui ne produisent pas à la demande. C'est vrai, sauf qu'on ne renouvelle pas les gammes aussi rapidement.

On ne ment pas sur les promotions. La Commission européenne vient de déclencher une enquête sur cette plateforme car on les a pris la main dans le pot de confiture à faire de fausses promotions, à utiliser des mentions qui sont déloyales d'un point de vue commercial, à utiliser un marketing très agressif. Ce sont des plateformes qui utilisent des dizaines de millions d'euros pour inciter à passer à la consommation, qui vous font croire que, dans 15 minutes, il n'y aura plus la promotion, et qui agissent sur tous les leviers du marketing pour faire en sorte que vous achetiez. - A.-E.Lemoine: L'urgence est d'interdire la publicité? - A.Pannier-Runacher: L'urgence, c'est d'abord de sensibiliser les consommateurs à l'empreinte environnementale de ces plateformes.

C'est de rééquilibrer le rapport de force entre David et Goliath. Les dizaines de millions d'euros qui sont consacrés à utiliser vos données personnelles pour essayer de vous cibler par le marketing, faire des propositions d'achat et vous attirer sur le champ de la dépense compulsive...

En 15 ans, on a augmenté de 40 % l'achat de vêtements. Ces vêtements durent 2 fois moins longtemps. - A.-E.Lemoine: C'est de l'achat compulsif ou une augmentation du pouvoir d'achat en faisant appel à ces sites de mode ultra éphémère? - A.Pannier-Runacher: En 15 ans, on a augmenté de 40 % l'achat de vêtements et ils durent 2 fois moins longtemps.

Est-ce qu'on est 40 % plus heureux? Je ne crois pas. Ce sont des plateformes qui font croire qu'elles renforcent votre pouvoir d'achat et qui grignotent votre pouvoir d'achat.

Beaucoup de gens vous disent: "Je n'aurais pas dû l'acheter. Ca n'a pas tenu un lavage." C'est vrai qu'il y a un problème de qualité.

Il y a un problème de durabilité. Un t-shirt acheté 20 euros mais qui vous dure 5 ans, c'est 4 euros par an. - E.Tran Nguyen: Mais là, le t-shirt est encore moins cher.

Vous avez vu les dernières campagnes de Shein? Ils disent que la mode est un droit, pas un privilège. Pourquoi la mode ne serait réservée qu'aux riches?

C'est l'argument. - A.Pannier-Runacher: C'est tout l'argument utilisé aujourd'hui par 2 catégories: les gens qui font leur beurre sur le dos des Françaises et des Français en leur faisant croire qu'on défend leur pouvoir d'achat et en leur faisant acheter des choses qu'ils mettent à la poubelle au bout de 3 jours car ça ne tient pas au lavage...

C'est la première catégorie. La grande internationale réactionnaire, ensuite, qui dit que l'écologie est contre les classes populaires. C'est faux.

La durabilité, ça coûte moins cher dans le portefeuille. Il y avait un adage des grands-parents qui disaient: "Je n'ai pas les moyens d'acheter bon marché." C'est ce qui est en jeu.

Aujourd'hui, un t-shirt que vous pouvez remettre dans 4 mois, il est probablement beaucoup moins cher que ce que vous mettez à la poubelle au bout de 2 mois. - A.-E.Lemoine: Autre mauvaise nouvelle pour l'écologie: la décision des députés la semaine dernière de voter la suppression des zones à faibles émissions.

Une décision approuvée par certains automobilistes, mais pas tous. - Ils ont bien fait. Une fois de plus, c'était une liberté de déplacement pour moi. - Vous n'avez pas le bon Crit'Air.

Du coup, vous n'avez pas le droit de venir à Paris. C'est injuste. - Ce n'est pas une décision intelligente.

On ne peut plus continuer à polluer. - A.-E.Lemoine: Une suppression adoptée grâce aux voix du RN, de la droite LR, mais aussi les députés de LFI.

Ce sont des intérêts électoraux qui ont été préférés à la lutte contre le réchauffement climatique? - A.Pannier-Runacher: C'est un enjeu de qualité de l'air et de pathologies liées à la qualité de l'air.

Ce que j'ai trouvé profondément choquant dans ce qui s'est passé la semaine dernière, c'est qu'à aucun moment on n'a parlé de qualité de l'air et de santé publique. Ce dont on parle, c'est plusieurs dizaines de milliers de décès précoces liés à la qualité de l'air. Certes, la circulation routière, ce n'est pas toute la pollution, mais c'est quand même un gros morceau.

Ce dont on parle aussi...

On le voit très bien sur des territoires très pollués...

C'est que vous avez des gamins qui se retrouvent en soins critiques dans les épisodes de pics climatiques et de pics de pollution et que, à aucun moment, on n'a eu la moindre parole ou la moindre empathie pour ces gamins et pour ces familles qui sont les plus modestes sur notre territoire. Ce qui me choque profondément, ce pour quoi j'ai eu honte, c'est d'avoir balayé d'un revers de main un sujet de santé publique majeur qui concerne des centaines de milliers de personnes. - A.-E.Lemoine: Pour des raisons électorales? - A.Pannier-Runacher: Très probablement.

On sait que les municipales arrivent dans un an. Comme par hasard, les députés de Seine-Saint-Denis qui sont, pour beaucoup, LFistes votent en ligne sur ce projet de loi. Je ne suis pas la ministre qui a mis en place les ZFE.

Je n'étais pas députée au moment du vote. Je reconnais humblement que c'est un dispositif qui peut être amélioré. Ce que je trouve insupportable, cynique ou lâche, c'est de ne pas s'intéresser à l'éléphant dans la pièce qui est la question de la santé publique. - P.Cohen: Ils défendent aussi, les députés qui ont voté ça, des automobilistes qui peuvent être dans l'impasse dans leur usage quotidien.

Il n'y a pas encore de contrôles et de sanctions à Paris et Lyon, qui sont les 2 agglomérations où c'est appliqué. Mais ça concerne plus de 700 000 véhicules dans ces 2 agglomérations. - A.-E.Lemoine: Ca peut être considéré comme une punition pour certains. - A.Pannier-Runacher: Vous avez raison.

Le sujet sur lequel on aurait dû passer du temps au Parlement, c'est comment on fait pour apporter des solutions à ces 600 000 personnes. Déjà, comment on nomme et on chiffre le problème? J'ai entendu des députés du RN nous expliquer que c'était 13 millions de véhicules.

C'est faux. Ils nous ont expliqué que plus personne n'avait le droit d'accéder aux grandes agglomérations. C'est totalement faux.

Il y a eu une instrumentalisation du débat à des fins électorales. Ensuite, Que l'on dise que le gouvernement soit chahuté sur le thème "donnez-nous plus de moyens"...

Je suis la première à dire qu'il faut rétablir la prime à la conversion, qui permet d'acheter une voiture, qui n'est pas une voiture électrique, mais une voiture thermique qui pollue beaucoup moins bien. Une voiture Crit'Air 3, ça pollue 15 fois plus, en termes d'émission qu'une voiture Crit'Air 1 aux NOx. - P.Cohen: C'est un diesel de plus de 15 ans et une essence de plus de 19 ans. - A.Pannier-Runacher: C'est un diesel... - P.Cohen: De plus de 15 ans... - A.Pannier-Runacher: C'est ça. - A.-E.Lemoine: Mais sans budget pour aider... - A.Pannier-Runacher: Mais il y a des budgets! - P.Cohen: Ils ont diminué. - A.Pannier-Runacher: Oui, mais ils sont de 10 000 euros pour le changement vers une voiture neuve, de 5000 euros pour une voiture d'occasion.

L'année dernière, ils étaient à 22 000 euros, y compris des soutiens des régions, qui ont disparu, sur la métropole du Grand Paris, qui est la grosse zone. 22 000 euros pour l'achat d'une voiture neuve, 10 000 euros pour l'achat d'une voiture d'occasion. Avec un prêt pour le reste à charge.

Personne n'en a parlé. J'ai de la colère. Etre responsable politique, c'est protéger les gens.

C'est ce qu'attendent les Françaises et les Français, de se dire "si on vous a mis là, vous avez les moyens, avec les scientifiques, avec vos services de l'administration, de prendre des décisions. Vous savez des choses et vous pouvez nous protéger." Ce qu'ont fait les députés LR, RN et LFI, c'est de mettre la santé des Françaises et des Français en risque. - E.Tran Nguyen: Lundi prochain, la France va organiser la 3e conférence des Nations unies sur l'océan.

Les Etats-Unis sont le premier domaine maritime au monde, mais ils devraient ne pas envoyer de délégation là-bas. On peut vraiment avancer sur cette question sans les Etats-Unis? - A.Pannier-Runacher: Oui, parce que tous les autres pays du monde seront réunis à Nice.

C'est une occasion de mobilisation générale sur la protection des océans avec tous les pays qui forment la planète. C'est ce qui est en jeu. Pourquoi c'est absolument nécessaire de se mobiliser?

Aujourd'hui, les océans sont à l'origine de 50 % de notre oxygène. C'est essentiel pour vivre. Ils absorbent une très grosse partie des émissions de gaz à effet de serre.

C'est un régulateur du climat formidable qui est en train de se dérégler. Il faut vivre avec la biodiversité marine, avec les poissons, avec les coquillages...

Protéger les océans, c'est nous protéger. Ce qu'on veut faire, c'est nous donner les moyens de mettre en place le pendant de la COP climat. Ca peut paraître complexe, mais c'est très simple.

C'est une instance internationale qui décide de comment on agit sur les océans et qui fait qu'on arrête d'avoir des océans où c'est le Far West. - P.Cohen: Un mot sur l'affaire Nestlé et Perrier.

L'UFC-Que Choisir annonce lancer plusieurs actions en justice face à ce qu'elle qualifie de scandale des eaux minérales, pour dénoncer l'immobilisme des pouvoirs publics. Il y a une plainte contre Nestlé Waters et une contre la Cour de justice de la République, qui vise des membres du gouvernement, dont vous. - A.Pannier-Runacher: Je suis à la disposition de la justice.

Comme vous, je l'ai appris par la presse. Je suis très sereine. Je suis la ministre qui a enclenché les enquêtes de la direction générale de la consommation, de la concurrence, de la Répression des fraudes et de l'Inspection générale des affaires sociales, avec B.Le Maire et O.Véran, qui étaient ministre de l'Economie et ministre de la Santé à l'époque.

Ca a mis en évidence ces pratiques de Nestlé. Je n'ai pas d'autres choses à ajouter si ce n'est que j'attends assez sereinement cette possible convocation. - A.-E.Lemoine: Vous restez avec nous pour commenter le reste de l'actualité.

La Story de M.Bouhafsi. - J'en suis à 170 chimios.

J'ai eu ma dernière vendredi. Avant, j'allais au travail pour fabriquer du pain. Maintenant, quand je vais à ma journée de travail, c'est ma journée de chimiothérapie.

Pour l'instant on est à match nul. On a autant de chance que lui de gagner. Si je n'avais pas fait tous ces traitements, je ne serais plus là pour vous parler. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un super héros du quotidien.

On a découvert la vie d'un survivant. Le monde n'est pas galvaudé. Sylvain a 41 ans et a déjà subi 150 chimiothérapies.

Il affronte un cancer du pancréas, un des cancers les plus mortels. On lui a annoncé qu'il était atteint de 2 cancers, un au foie, un au pancréas. - On est tombés des nues.

Les médecins ont été droits dans leurs explications. "Il vous reste moins de 6 mois à vivre." J'étais boulanger-pâtissier.

Tout se passait bien. Des enfants en bas âge...

On avait tout pour être heureux. Là, la maladie vient vous mettre un coup de massue sans prévenir. Il faut savoir réagir.

C'est ce qui est le plus dur. Je suis quelqu'un de positif dans la vie. Mais là, ça a été très compliqué.

Jeune, j'ai eu une tumeur au cerveau. Je me suis guéri d'une tumeur au cerveau. Je me suis dit: "On a gagné une guerre.

On va essayer d'en gagner une 2e." - M.Bouhafsi: A l'époque, le personnel soignant donne entre 3 et 5 mois d'espérance de vie à Sylvain.

Quelques semaines avant, tout allait bien, hormis des douleurs abdominales qui se sont faites plus importantes. A 4 semaines près, si Sylvain n'était pas allé chez le médecin, il ne serait plus là. - J'en suis à 170 chimios.

J'ai eu ma dernière vendredi dernier. Je sais qu'il va falloir être bon ce jour-là, être costaud. Il va y avoir des vomissements.

On part, on est bien. On revient, on n'est pas bien. Si je n'ai pas ça, ça peut aller très vite.

J'en suis à 5 ans et demi. Si je n'avais pas fait tous ces traitements, je ne serais plus là pour vous parler. Je fais les efforts pour moi, pour les traitements, parce que je les accepte.

C'est aussi pour les autres. Si ça peut aider les autres, je serais le plus heureux. - M.Bouhafsi: Les médecins sont admiratifs du courage de Sylvain.

Des médecins viennent de toute la région pour comprendre son dossier médical. Lors d'un cancer du pancréas, la seule mission est de ralentir l'agrandissement de la tumeur. Mais surprise, chez Sylvain, la tumeur réduit.

Il a intégré la base de données mondiale des survivants de cancers les plus graves. - L'idée était de renverser la façon de faire de la recherche et de trouver des moyens de guérir le cancer en s'intéressant aux gens qui survivent et non pas aux raisons pour lesquelles les gens meurent du cancer. On est allés chercher une population de patients qui avaient un très mauvais pronostic et qui ont survécu plus de 5 ans, qui sont des miraculés.

On analyse leur biologie pour comprendre pourquoi ils sont encore en vie et pour trouver de nouveaux traitements. - Quand on me l'a proposé, je demandais ce que je devais faire pour participer. Il suffit de donner son consentement.

Pour le patient, c'est neutre. Il n'y a pas d'autres choses à faire. - M.Bouhafsi: Le corps de Sylvain est analysé pour comprendre pourquoi il résiste autant à la maladie.

Sur les 10 traitements qu'il a reçus, tous ont fonctionné sur lui. Il est aujourd'hui un modèle. Il reçoit des dizaines de messages de patients qui ont le même cancer. - Chez les plus jeunes, autour de 20 ou 40 ans, on a une incidence des cancers importante.

Les facteurs environnementaux, l'alimentation, la sédentarité sont des explications. Est-ce que c'est la seule raison? C'est difficile à dire.

Je pense plutôt qu'il y a des causes multifactorielles. Quand il y a une anomalie responsable d'un cancer, on arrive assez facilement à la détecter. Quand c'est une combinaison de plusieurs facteurs, c'est plus difficile à mettre en évidence. - M.Bouhafsi: Des chercheurs français travaillent d'arrache-pied pour trouver un remède.

Ces dernières semaines, l'espoir est de plus en plus grand. L'Institut Curie a trouvé un nouveau traitement. - Si on pouvait modifier ce métabolisme du fer dans les cellules cancéreuses, on peut peut-être faire en sorte qu'elles s'auto-détruisent.

Une molécule a été synthétisée. Elle pourrait rentrer dans les cellules tumorales concernées par cette surcharge en fer et renverser ce mécanisme du fer en le rendant toxique pour la cellule, détruisant spécifiquement les cellules cancéreuses. - M.Bouhafsi: Il n'existe malheureusement toujours pas de test de dépistage du cancer du pancréas.

Le problème avec le cancer du pancréas, c'est la prise en charge. - P.Lescure: Le week-end de l'Ascension a été marqué par de fortes chaleurs sur une bonne partie de la France.

Mais vous pensez déjà aux prochaines semaines. Un décret visant à renforcer les obligations des employeurs en matière de prévention du risque de la chaleur envers leurs salariés a été publié dimanche dernier au journal officiel. Si les températures grimpent trop, les horaires de travail devront être aménagés, les postes de travail aussi.

Qu'est-ce qu'on peut demander en dehors de cela aux employeurs? On ne va pas leur demander de mettre la clim. - A.Pannier-Runacher: On leur demande de donner de l'eau.

Ca a l'air simple, mais ça fait partie du protocole. On leur demande aussi de donner aux travailleurs, aux salariés, des équipements adaptés quand ils portent un uniforme ou des équipements de protection. De quoi parle-t-on?

De se préparer et de s'adapter au changement climatique. Ce sur quoi je travaille, c'est un changement climatique qui s'est invité dans notre quotidien. C'est des aléas climatiques majeurs.

On a vu la semaine dernière les images de ce village suisse qui a été enseveli sous un éboulement de glacier. C'est faire prendre conscience à tout un chacun que, dans des événements de type canicule, il faut avoir les bons réflexes, protéger les plus vulnérables, les enfants, les personnes âgées, travailler autrement. On a quelques décès liés à des canicules.

Il serait insupportable que le chiffre soit multiplié par 10 ou par 100. On va rentrer, et on le sait, car c'est prévisible...

Il suffit de se pencher sur les prévisions météorologiques de Météo-France à l'horizon 2050...

Ce sera des épisodes où, pendant 3 ou 4 semaines, on aura des épisodes de canicule sur le territoire français. Gouverner, c'est prévoir. Mon travail, c'est de faire en sorte d'anticiper, de développer une culture de risque à tous les étages: dans les écoles, les Ehpad, chez les élus locaux, pour apprendre à construire différemment et éviter les zones à risque.

On a de nouvelles zones à risque, d'inondations, de submersions marines...

On affronte aussi l'érosion côtière. Beaucoup de ministres mobilisés. Là, c'était A.Panosyan-Bouvet et C.Vautrin.

C'est l'écologie concrète, l'écologie du quotidien. C'est l'écologie qui protège les gens. - A.-E.Lemoine: Hichem Miraoui, un coiffeur de 45 ans installé dans le Var a été abattu dans la nuit de samedi à dimanche de 5 balles parce qu'il était tunisien.

Le suspect, son voisin, interpellé peu après les faits, a diffusé 2 vidéos de nature raciste, l'une avant et l'autre après son passage à l'acte. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'affaire et a ouvert une information pour assassinat et tentative d'assassinat commis en raison de l'ethnie, de la nation ou de la religion. - B.Retailleau: Ce crime a été prémédité.

Il est signé. C'est un crime raciste. C'est un crime sans doute aussi anti-musulman et peut-être aussi un crime terroriste puisque le Pnat a été saisi.

Je veux dire de la façon la plus nette, que le racisme n'a pas sa place en France. Le racisme est un poison. C'est un poison qui tue.

J'espère que la justice sera intraitable et implacable pour ce qui constitue un crime anti-Français. Chaque crime raciste est un crime anti-Français. - A.-E.Lemoine: M.Battikh, bonsoir.

Vous êtes l'avocat de la famille d'Hichem Miraoui. A vos côtés, Paul Conge. Merci d'être avec nous.

On vient d'entendre le ministre de l'Intérieur dénoncer un crime raciste, peut-être même un acte terroriste. Cette mise au point claire nette et précise, vous l'attendiez? - Me M.Battikh: Oui, mais elle est un peu tardive.

C'est le minimum légal, le minimum syndical qu'un ministre puisse faire. Dans ses déclarations, qu'est-ce qu'il fait? Il dénonce un crime, met à l'index le racisme qui est celui que l'on vit aujourd'hui dans notre pays, mais il ne dit pas l'amour pour cette population.

Il ne dit pas que quand on touche à un musulman, on touche à la France, à la République. Il ne dit pas que l'immigration est une chance, que la mixité dans laquelle on a vécu depuis maintenant des dizaines d'années est une chance pour la France, pour la République. Il n'envoie pas un message fort à ces populations. - A.-E.Lemoine: Vous reprochez à certains responsables politiques d'envoyer un message qui pourrait cultiver l'atmosphère dont ce crime raciste pourrait être le fruit? - Me M.Battikh: Il y a clairement un racisme d'atmosphère qu'on vit aujourd'hui tous les jours, quotidiennement, qu'une certaine frange de la population vit au jour le jour.

Elle le vit durement. - A.-E.Lemoine: Encouragée par des responsables politiques? - Me M.Battikh: Directement.

La course à l'élection présidentielle, il y a plus d'hommes politiques qui souhaitent aller au bout de leur mandat ou de ces élections sans le faire sur le dos des étrangers, des musulmans, des uns et des autres. Il y en a très peu. Quand je dis qu'il y en a plus, c'est peut-être caricatural, mais on n'est pas loin de la vérité.

Ceux qui nous écoutent le savent, l'entendent, l'écoutent et le vivent durement chaque jour. - A.-E.Lemoine: Hichem était la cible d'attaques racistes de la part de son voisin.

Il en avait parlé à sa cousine. - A.-E.Lemoine: Vous confirmez ces insultes? - Me M.Battikh: Oui.

Des insultes quotidiennes pour un homme de 45 ans, coiffeur, qui ne pose de problème à personne, qui subissait ces insultes, ces dégradations...

Il n'a pas déposé plainte. Il a cuisiné un plat, un couscous. Il l'a apporté à son voisin pour apaiser les choses et créer un bon sentiment de bon voisinage.

On voit le résultat. - A.-E.Lemoine: Il n'imaginait pas que sa vie puisse être menacée? - Me M.Battikh: Pas au point...

Il a subi des insultes, des dégradations, mais à aucun moment il ne s'imaginait perdre la vie sans aucune raison. Il n'a pas perdu la vie pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il est, un individu d'origine maghrébine, musulman au demeurant. C'est pour ça qu'il a été tué. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'on sait si un élément a déclenché le passage à l'acte à ce stade de l'enquête? - P.Conge: Ce n'est pas clair.

Un conflit de voisinage depuis un certain temps entre les deux. Les facteurs explicatifs du passage à l'acte doivent encore être élucidés. Ce qui est clair, c'est que Christophe B.

Est descendu avec une arme à feu. Il a tiré directement sur Hichem. - A.-E.Lemoine: Il était déterminé. - P.Conge: Il n'y avait pas de soirée qui se déroulait.

Les voisins étaient sur le point de se coucher. Ils sont descendus dans la cour et ont vu Christophe B. En train de s'affairer.

Il s'est retourné. Ce voisin d'origine kurde s'est fait pourchasser par Christophe B., qui lui a tiré dessus à plusieurs reprises.

Peut-être une dérive violente, une étincelle, je ne sais pas. - A.-E.Lemoine: Le principal suspect a reconnu les faits mais a contesté le mobile raciste de son acte.

C'est totalement contradictoire avec les vidéos qu'il a diffusées sur les réseaux sociaux et dans lesquelles il appelle à se révolter contre les personnes d'origine maghrébine. Il dit qu'il faut prêter allégeance au drapeau français. - P.Conge: Il dit aussi aux Français de se réveiller.

Il appelle à un nettoyage ethnique. Il parle de "bicots". Ce sont des messages d'une extrême virulence.

Il en diffuse un certain nombre. C'est une logorrhée qui dure pendant des minutes. C'est un développement constant, raciste et assumé. - A.-E.Lemoine: Il était inconnu des services de police? - P.Conge: Pas totalement.

Il était connu pour des faits de violence conjugale mais aussi pour conduite sous l'emprise de stupéfiants. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'on est en présence d'un potentiel tueur d'extrême droite comme ceux que vous décrivez dans votre livre? - P.Conge: Je vois beaucoup de parallèles affaires avec beaucoup d'affaires que je couvre dans le livre, notamment le fait que le mis en cause a fait part d'un racisme obsessionnel, assumé.

C'est un tireur sportif qui a beaucoup d'armes en quantité. Il fait une référence à J.-M.Le Pen dans une de ses vidéos de revendication et tire sur un Tunisien, un Kurde, des cibles pas choisies au hasard.

Ca me fait penser à la tuerie de la rue d'Enghien. Un conducteur de train à la retraite, lepéniste, avait aussi cette référence à J.-M.Le Pen, aussi tireur sportif et avait aussi une haine pathologique des étrangers. - E.Tran Nguyen: Il avait reconnu en garde à vue avoir voulu faire un attentat avant de revenir sur ses propos.

Il parle plus d'une envie suicidaire. Le parquet antiterroriste avait estimé que son acte ne voulait pas troubler... - P.Conge: Des avocats de la partie civile estimaient qu'en arrivant devant le centre démocratique kurde avec une arme, avec la volonté de tuer des Kurdes, il a troublé l'ordre public, du moins aux yeux des Kurdes touchés dans leur chair.

Beaucoup ne comprennent pas pourquoi la qualification terroriste n'a pas été retenue. La différence entre la tuerie de la rue d'Enghien et les faits à Puget-sur-Argens, c'est qu'en l'occurrence, le tueur présumé de Puget-sur-Argens a ce manifeste, ce message de revendication extrêmement assumé que n'avait pas forcément le tueur de la tuerie de la rue d'Enghien. Dans le terrorisme d'extrême droite, ce qui fait la différence, c'est la publication d'un manifeste.

Dans la tuerie en Nouvelle-Zélande, avec plus de 50 musulmans abattus, le tueur avait cité le grand remplacement et avait publié un manifeste. De même pour le tueur de la tuerie d'Oslo. Il avait publié un manifeste dans lequel il dénonce l'Europe colonisée par l'islam.

C'est souvent à ça qu'on reconnaît le terrorisme d'extrême droite. - A.-E.Lemoine: Vous regrettez que ce soit seulement la première fois que le Parquet national antiterroriste se saisisse dans un attentat d'ultradroite ayant fait des victimes.

Vous pensez que ça aurait dû être le cas notamment lors de l'assassinat d'A.Cissé? - Me M.Battikh: Oui.

Il faut que le Parquet national antiterroriste se saisisse pour envoyer un signal fort. Je n'ai été malheureusement pas compris. On m'a dit que c'était seulement un fait divers, un acte isolé. - A.-E.Lemoine: Sans revendication idéologique. - Me M.Battikh: Malheureusement, les faits démontrent que j'avais raison et que le Parquet national antiterroriste doit se saisir, doit comprendre ce qui se passe dans ce pays en ce moment, le climat dans lequel nous vivons.

On part d'un individu qui prête allégeance. Les mots ont un sens. C'est fort.

Il prête allégeance au drapeau français. Il le dénature. Il oublie la liberté, l'égalité, la fraternité, les droits de l'homme, ce que représente la France pour nous tous autour de cette table, pour en faire un drapeau guerrier, un drapeau conquérant, un drapeau qui exclut, qui pointe du doigt.

C'est extrêmement grave. Il faut que le Parquet national antiterroriste l'ait bien en tête. Malheureusement, le phare qu'était la France se rabougrit chaque jour un peu plus.

Il n'éclaire plus grand-chose, pas même lui-même. Des temps sombres nous attendent. Il va falloir y faire face et faire une introspection collective pour savoir comment on en est arrivés là. - E.Tran Nguyen: Cette atmosphère dont parle M.Battikh, vous en parlez un peu plus généralement dans votre livre, P.Conge.

Vous décrivez plusieurs faits. Est-ce que, selon vous, il y a un lien entre le climat politique, les mots prononcés, et la hausse de ces violences idéologiques? - P.Conge: Il y a généralement un rapport entre l'état politique, dans une société, et le fait de commettre des violences par des groupuscules radicaux.

Les faits que je pointe dans le livre remontent à 2022, année présidentielle sous haute tension avec une banalisation de paroles haineuses. Ca peut inspirer certains individus radicaux déjà acculturés à une forme de violence. C'est un peu ce qui se passe dans cet ouvrage.

Ce contexte politique a pu galvaniser des groupuscules. 2022 a été un moment où on a assisté à une explosion de violence de rue commis par des groupuscules d'extrême droite. On a eu plusieurs attentats d'ultradroite déjoués, notamment en quelques semaines autour des dates de l'élection présidentielle.

La mouvance était extrêmement présente. La mouvance d'ultradroite en France, c'est 1400 fichés S, 3300 membres. Ce sont des chiffres qu'on relaie peu mais qui mériteraient de l'être.

Si on compare à la menace djihadiste, la menace djihadiste, c'est une quarantaine d'attentats déjoués depuis 2017. Pour un attentat d'ultradroite déjoué, 2 djihadistes sont déjoués. - A.-E.Lemoine: Sur la responsabilité du discours politique dans la façon de nourrir cette atmosphère qui peut conduire à des passages à l'acte aussi dramatiques, A.Pannier-Runacher? - A.Pannier-Runacher: Permettez-moi d'avoir un mot pour les proches de la victime.

Comme vous le dites, c'est un crime gratuit et manifestement prémédité. C'est absolument terrifiant. Ca vise quelqu'un pour ce qu'il est et pas pour ce qu'il a fait.

C'est quelque chose d'abominable. Je veux dire que toutes les formes de parole excessives telles qu'on les entend en politique aujourd'hui, qu'il s'agisse de la dénonciation de telle religion, de telle origine, c'est insupportable. On doit se rappeler ce qu'est la République française.

La République française, c'est les valeurs des Lumières, l'universalisme, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en 1789. Avec les Etats-Unis, à l'époque, nous sommes les 2 nations qui portons une certaine vision des droits de l'homme, pas par nos origines mais par ce que nous construisons. Je dénonce tout aussi bien les paroles violentes à l'encontre de n'importe quelle communauté.

Il y a une explosion des actes antisémites. C'est insupportable. Ces 2 événements très proches sont insupportables.

C'est intéressant de rappeler que les fichés S sont des radicaux. Ca peut être des radicaux de toute obédience. 1600 fichés S d'extrême droite, c'est une menace qui doit être connue, traitée.

Il est très clair que le ministre de l'Intérieur a dénoncé sans ambiguïté la situation. - A.-E.Lemoine: Un peu tardivement, selon M.Battikh, avocat de la famille de H.Miraoui.

Je rappelle votre livre, P.Conge, "Les Tueurs d'extrême droite: enquête sur une menace française". C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.

La disparition de l'historien Pierre Nora à 93 ans. - L.Sénéchal: Son épouse Anne Sinclair a annoncé la nouvelle.

P.Nora, immense historien et éditeur, académicien connu pour ses lieux de mémoire. Il a publié des ouvrages sur les monuments français.

Il a présenté le 1er tome en 1984. - P.Nora: Plutôt que de faire des généralités sur la nation, il m'a paru plus excitant d'étudier les emblèmes, les symboles, les fêtes, les commémorations, les musées, les archives, tous ces lieux où s'est condensée et exprimée la mémoire nationale. - Les monuments, c'est le Panthéon, le monument aux morts, la mairie...

Il y a des symboles, comme "La Marseillaise", les 3 couleurs. - P.Nora: Et le calendrier républicain.

Ca n'a pas l'ambition d'être complet. Ce n'est pas une encyclopédie. - L.Sénéchal: Il a ainsi créé un nouvel objet d'histoire, a estimé à l'époque l'éminent René Rémond.

Il a aussi fondé la collection Archives chez Julliard avant de rejoindre Gallimard en 1965. Il a fondé la revue Le Débat avec le philosophe M.Gauchet.

Il entendait dépasser le climat gauche-droite bien avant le macronisme. Dans "C à vous", il disait son pessimisme sur la situation politique actuelle. - P.Nora: Deux partis de gouvernement se sont totalement effondrés.

Il y a une multiplicité de partis, dont 2 extrêmes. La Constitution n'est pas faite pour eux, pas faite pour ça. C'est fait pour que l'un des extrémismes s'empare du pouvoir, mais c'est tout.

Ce n'est pas ce qu'elle voulait. - L.Sénéchal: P.Nora était un cartographe de la France, selon la ministre de la Culture, R.Dati. - A.-E.Lemoine: Le policier qui a tué Nahel renvoyé en procès pour meurtre. - L.Sénéchal: Il avait dit être menacé par l'adolescent.

Les vidéos qui sont sorties plus tard l'ont contredit. Les forces de l'ordre contrôlaient Nahel, qui roulait vite dans les rues de Nantes. Le policier a finalement tiré sur Nahel, qui a refusé d'être contrôlé.

Le policier avait été écroué pendant 5 mois. Ca avait provoqué une forte émotion à droite. F.Veaux, qui dirigeait la police nationale, avait été choqué et avait dit ceci. ...

La défense de ce policier fait appel du renvoi en procès. - A.-E.Lemoine: L'ombre de la Russie plane derrière la dégradation de plusieurs lieux de mémoire. - L.Sénéchal: 3 Bulgares avaient été arrêtés il y a un an après des tags de mains rouges sur le monument de la Shoah.

A chaque fois, ce sont des opérations de déstabilisation russes. Le Mémorial de la Shoah a encore été visé, tout comme 3 synagogues et un restaurant juif aspergé de peinture verte. 3 suspects sont en garde à vue.

Ce sont des étrangers serbes. Ils étaient en train de quitter le pays au moment de leur arrestation. Les enquêteurs suspectent à nouveau une tentative de déstabilisation russe qui avait provoqué la colère, notamment d'Israël.

Le président d'Israël s'était dit concerné par ces dégradations. - A.-E.Lemoine: La Corée du Sud choisit un président après 6 mois d'instabilité.

Une campagne délirante. - L.Sénéchal: Chez nous, quand on apprend le résultat des élections, c'est sobre.

En Corée du Sud, ça ressemble à ça. - L.Sénéchal: Ils donnent les résultats de chaque circonscription.

Il n'y a pas seulement la course de Formule 1. Il y a aussi la version vélo d'appartement avec les têtes de candidats incrustées sur les corps des gens. C'est la première chaîne privée de Corée du Sud.

Il y a la version "Squid Game", la série télévisée à la mode où des adultes font des jeux d'enfants. Toute la campagne a été comme ça. Les candidats ont été mis en scène.

Tout est assumé par la chaîne. Il pense que ça intéressera les Coréens à la politique. Le taux de participation a été élevé. 77,8 %.

Le vainqueur, Lee Jae-myung, a gagné en popularité il y a 6 mois. Quand la loi martiale a été proclamée, Lee Jae-myung dirigeait l'opposition. Il avait appelé en direct à la mobilisation populaire.

Il s'est filmé tout du long au parlement quadrillé par l'armée. Il a réussi à rentrer en sautant le mur du Parlement. Au sein du Parlement, il a pu voter pour lever la loi martiale.

Ca été une mise en scène payante. Il n'y a qu'un tour dans les élections en Corée du Sud: - A.-E.Lemoine: On ne sait pas s'il faut se réjouir ou pas... - L.Sénéchal: De la manière dont ils mettent en scène? - A.-E.Lemoine: La fin justifie les moyens. - L.Sénéchal: C'est ce que dit la chaîne privée. - P.Lescure: C'est de la K-politique. - L.Sénéchal: Après la K-pop. - A.-E.Lemoine: Les héros du PSG... - L.Sénéchal: Plusieurs joueurs ont rejoint l'équipe de France. - D.Deschamps: Un grand bravo aux 5 nouveaux champions d'Europe.

On peut les applaudir. Applaudissements. - L.Sénéchal: Il a été beau joueur, K.Mbappé.

Il a tout de suite félicité les Parisiens après leur victoire. - A.-E.Lemoine: On termine avec des images impressionnantes de l'éruption de l'Etna. - L.Sénéchal: Le plus grand volcan actif d'Europe est rentré en éruption hier.

Son éruption a déclenché une nuée ardente. Ca a surpris des randonneurs. ... - Tout le monde est en panique, tout le monde descend.

Truc de ouf! - L.Sénéchal: Rassurez-vous, aucun danger pour la population.

Le domaine de l'Etna est très large et inhabité. On est quand même à 3300 m d'altitude. Les personnes que vous voyez sont assez loin de l'éruption en elle-même. - A.-E.Lemoine: Mais elles courent vite. - L.Sénéchal: Je pense que j'aurais couru aussi. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation à tous les 3.

P.Conge, votre livre a été confisqué par Patrick. "Les Tueurs d'extrême droite: enquête sur une menace française" est disponible demain.

Dans un instant, le reste de nos invités, L'OEil de Pierre,

Crime raciste d’Hichem Miraoui : l’enquête - C à Vous l’intégrale - 03/06/2025 — Bruno Retailleau · Pourquijevote