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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 3 mai 2026 55 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Présidentielle 2027 : même sans François Bayrou, le MoDem compte "peser sur le débat", assure Marc F

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 28 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Marc Fénaud, vous, qu'est-ce que vous dites au tofeur ?

  • 4:13RelanceRéponse directe

    Mais là, vous êtes déjà sur les conséquences-là. C'est le texte de loi.

  • 4:47RelanceRéponse directe

    Certains disent que c'est de la répression. C'est de l'autoritarisme plus que de la sécurité des organisateurs.

  • 5:13RelanceRéponse directe

    Mais si tout se passe bien, si vous pénalisez les organisateurs et les participants...

  • 7:14OuverteRéponse directe

    On passe à une préoccupation plus quotidienne des Français après deux mois de conflit au Moyen-Orient. C'est le prix du pétrole.

  • 8:38OuverteRéponse directe

    Dans votre circonscription, est-ce que c'est une politique à petits pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:40Invité politiqueFait
    « Le sujet n'est pas d'interdire ce type de manifestation, c'est de dire, quel est le responsable ? »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « La liberté s'arrête quand on vient nuire aux autres. »
  • 7:40Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas à petits pas. »
  • 8:16Invité politiqueFait
    « Nous n'avons pas la capacité financière à faire une politique à tout azimut de chèques. »
  • 8:20Invité politiqueChiffre
    « La dernière fois que ça a été fait, c'était au moment de la crise ukrainienne, c'est entre 6 et 8 milliards d'euros qui ont été mis sur la table. »
  • 8:30Invité politiqueFait
    « Autant qui a été mis dans la dette. »
  • 10:26Invité politiqueFait
    « Total a décidé dès le début de la crise de plafonner ses prix. »
  • 10:40Invité politiqueFait
    « Ils ont bien vu qu'il fallait qu'ils fassent leur part de l'effort qui devait être nécessaire. »
  • 10:45Invité politiqueFait
    « On est dans un pays où en permanence on tape sur nos fleurons. »
  • 11:46Invité politiqueFait
    « Le vrai bouc émissaire, c'est ceux qui ont décidé de cette guerre de façon complètement incongrue et qui ont décidé sans savoir quel était leur objectif de guerre. »
  • 12:51Invité politiqueChiffre
    « Le temps moyen d'une loi, même en procédure accélérée, c'est entre 6 et 12 mois. »
  • 18:40Invité politiqueFait
    « Le 49-3, on l'a beaucoup vilipendé, est un outil constitutionnel. »
  • 32:36Invité politiqueFait
    « Mais avec Bernard Cazeneuve, sur les sujets régaliens, est-ce qu'on a des points de désaccord majeurs ? Je n'ai pas l'impression. »
  • 32:44Invité politiqueFait
    « Est-ce que la politique, contrairement à ce que dit le Parti Socialiste, qui est maintenant sans défaut, ce qui a été mené par le président Hollande, était une politique qui n'était pas plutôt favorable à l'attractivité du pays, avec les baisses de charges massives et autres ? Non. »
  • 35:32Invité politiqueFait
    « C'est d'ailleurs un C singulier qui vient de s'interroger sur la question de la neutralité quand le rapporteur du texte est arrivé avec tout sauf de la neutralité. »
  • 36:04Invité politiqueFait
    « C'était un très mauvais rapport, mais vous voyez, je serai aujourd'hui à l'antenne et nous n'aurions pas laissé publier ce rapport. »
  • 37:21Invité politiqueFait
    « Il y a sans doute, comme dans toute structure, des économies à faire, on ne peut pas dire qu'il faut faire des économies partout et pas dire qu'on ne peut pas en faire dans l'audiovisuel public. »
  • 45:14Invité politiqueFait
    « Nous avons une politique française de forestière depuis plus de 350 ans. C'est sous Colbert qu'on s'est interrogé sur la question de la déforestation. »
  • 45:36Invité politiqueChiffre
    « Puisque le puits de carbone que constitue la forêt a diminué de moitié en une quinzaine d'années. »
  • 45:44Invité politiqueChiffre
    « Puisque la moitié quasiment d'ici 2030 ou 2050. »
  • 45:50Invité politiquePromesse
    « Il faut qu'on poursuive ce qu'on a lancé avec le président de la République, la plantation d'un milliard d'arbres. »
  • 47:16Invité politiqueFait
    « D'abord, l'élargissement a été fait sans règle. »
  • 49:56Invité politiqueFait
    « Les Américains se sont désintéressés de l'Europe depuis 20 ans considérant qu'il n'y avait plus d'enjeu géostratégique et que c'était la Chine l'enjeu géostratégique. »
  • 50:56Invité politiqueFait
    « J'ai trouvé qu'on s'était humilié ce jour-là. »
  • 54:25Invité politiqueFait
    « ce qu'on veut dire parce que ça a l'impression d'être simplement un schéma en contre et on ne propose rien d'autre. »
  • 54:31Invité politiqueFait
    « Le Front républicain, c'est qu'est-ce qu'on a comme valeur républicaine. »
  • 54:37Invité politiqueFait
    « On a fait le Front républicain en 24 et après, tout le monde a voté contre tous les textes. »
  • 54:42Invité politiqueFait
    « Master Poulet peut s'installer à Blois. Vous n'y voyez pas de problème, vrai ou faux ? »
  • 54:55Invité politiqueFait
    « dans la nourriture et la gastronomie et les produits de qualité, le rapport que nous avons avec toutes ces chaînes, celles-là comme les autres, qui au fond galvaudent la gastronomie française. »
  • 55:04Invité politiqueFait
    « Allez en Italie, vous verrez si vous avez autant de magasins de ce type. »

Temps de parole

  • Marc Fesneau69 %
  • Présentateur17 %
  • Locuteur 96 %
  • Locuteur 75 %

5,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions Politiques. Il y aura peut-être ce soir une candidature de plus pour 2027. Jean-Luc Mélenchon pourrait être désigné dès aujourd'hui par la France Insoumise pour prendre le départ de la course à l'Elysée une quatrième fois. Candidat déclaré, candidat potentiel, la liste est déjà longue, vous la connaissez. François Hollande, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Retailleau et puis au Rassemblement National, dans l'attente du jugement du 7 juillet, Jordan Bardella et Marine Le Pen. Tout à gauche et tout à droite, aux extrêmes, la situation est donc à peu près claire.

Entre les deux, c'est la grande recomposition du paysage politique. Alors que veulent y porter ceux qui estiment qu'ils sont le centre ? Comment peser sur les programmes ? Y aura-t-il un candidat centriste ? Pour en parler ce dimanche, Marc Fénaud est en direct avec nous. C'est le président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée Nationale. Il est député du Loir-et-Cher. Une émission sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé et en partenariat avec le journal Le Monde, nous sommes ensemble jusqu'à 13h. France Inter, questions politiques, Alexandra Ben Saïd. Bonjour et bienvenue Marc Fénaud. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation.

J'aurais dû ajouter que vous êtes aussi le premier vice-président du Modem. Ça, c'est le parti de François Bayrou qui, lui, a déjà été trois fois candidat à la présidentielle. Est-ce qu'il le sera une quatrième fois ? Évidemment, ça viendra peut-être quelque part durant cette question. À mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Brigitte Boucher de France Télévisions. Bonjour, Brigitte. Bonjour, Alexandra. Bonjour, Marc Fénaud. Bonjour à tous. Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait de Marc Fénaud. Eh oui, Marc Fénaud, un homme discret qui cache peut-être une ambition. Et Françoise Fressos du journal Le Monde est également en plateau. Bonjour, Françoise. Bonjour à toutes et tous.

Vers 12h50, la séquence France 2027, ça se rapproche de plus en plus. C'est toujours l'idée de se centrer sur une question qui sera au cœur des débats. Et ce dimanche ?

2:07
Locuteur 9

L'Europe, évidemment. L'Europe en laquelle le Modem, les centristes ont tellement cru. A-t-elle encore un avenir alors que les régimes autoritaires patous s'affirment et que l'allié américain est en train de flancher ?

2:18
Présentateur

Et d'abord, Marc Fénaud, nous allons dérouler un peu d'actualité. Cinq minutes entre quatre yeux avant d'ouvrir la conversation. Dans le Cher, une free party est toujours en cours. C'est comme une rêve-party, mais c'est gratuit, une free party. Encore 17 000 personnes fans de techno étaient rassemblées ce matin sur un terrain militaire jugé dangereux. Les organisateurs ont choisi la ville de Bourges car c'est le lieu de naissance du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes, qui vient d'ailleurs de survoler la zone.

Les organisateurs de cette fête libre veulent justement protester contre une proposition de loi déjà votée à l'Assemblée qui va arriver au Sénat et qui vise à pénaliser ce type d'événement. Marc Fénaud, vous, qu'est-ce que vous dites au tofeur ?

2:58
Marc Fesneau

Bon, je dis deux choses. La première, c'est qu'on a le droit, je comprends tout à fait, le concept qui décide de pouvoir se réunir gratuitement, qu'il n'y ait pas d'enjeu d'argent et que des jeunes puissent se réunir avec les musiques qui sont celles de leur époque et de leur choix et donc pas de difficulté avec ça. La difficulté, ce n'est pas tant... Vous parlez d'organisateurs, ce n'est pas tant qu'ils se réunissent, c'est de ne pas trouver de responsable. Et la difficulté de ce genre d'événement, c'est qu'au fond, quand il y a des incidents, quand il y a des dégradations...

3:25
Présentateur

Pour l'instant, tout se passe bien. Quand il y a des nuisances... Sauf un obus découvert en bord du terrain.

3:28
Marc Fesneau

Vous en parlerez probablement aux maires de la commune, aux agriculteurs voisins, de voir ce qu'ils vont retrouver demain matin, après-demain ou dans quelques jours sur le terrain considéré, terrain militaire ou aux abords du terrain militaire. Donc le sujet n'est pas d'interdire ce type de manifestation, c'est de dire, quel est le responsable ? Qui se sent en responsabilité de rendre le terrain dans le même état que celui qui l'a trouvé ? Je rappelle qu'ils sont par ailleurs, même si je sais que c'est obsolète, toute notion comme celle-là, mais c'est un terrain qui ne leur appartient pas. On est sur le terrain d'autrui. C'est une violation stricte de la propriété privée.

Mais disons que c'est une free party et que ça fait partie du concept. Mais par ailleurs, qu'on vienne dégrader et qu'on n'est pas de responsable à mettre en face de cette dégradation, et qu'au fond, chacun dit que c'est libre. Alors comme c'est libre, c'est libre aussi de responsabilité.

4:13
Présentateur

Mais là, vous êtes déjà sur les conséquences-là. C'est le texte de loi.

4:16
Marc Fesneau

C'est ça ce que cherche à faire le texte de loi. Vous êtes co-signataire de cette proposition qui a été portée par Laetitia Saint-Paul. Ça n'est pas quelque chose qui vient interdire les rêves parties. C'est quelque chose qui vient dire, on a besoin d'avoir des responsables. La liberté s'arrête quand on vient nuire aux autres. Il est très ferme ce texte.

4:35
Présentateur

Il prévoit une peine de 6 mois d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende pour sanctionner les organisateurs. Certains disent que c'est de la répression. C'est de l'autoritarisme plus que de la sécurité des organisateurs. On a besoin dans ce genre de manifestation.

4:48
Marc Fesneau

Vous êtes sur des organisations ou des organisateurs. D'ailleurs, c'est le principe même des rêves parties ou des free parties, c'est de ne pas avoir de responsables. Ils ont décidé d'aller sur un terrain militaire avec manifestement du matériel militaire dormant, si je peux dire. Dormant qui peut exploser à tout moment. Si demain matin ou ce soir, ce que je ne souhaite pas évidemment, et c'est le rôle des forces de l'ordre qu'il faut saluer dans cette affaire-là, quelque chose explose, qui va être responsable pénalement ? Qui va être responsable juridiquement ? Personne.

5:13
Présentateur

Mais si tout se passe bien, si vous pénalisez les organisateurs et les participants...

5:18
Marc Fesneau

On va dire, j'organise une grande manifestation sportive, des Jeux olympiques, des rencontres sportives de foot sur tous les terrains de France et de Navarre, tous les week-ends. Dire, j'ai besoin d'un responsable, d'un organisateur qui tient la buvette. Il faut une licence 4. On vérifie les circuits d'argent. Et dans ce simple événement-là, dire, il n'y a pas de responsabilité, c'est tellement libre que c'est libre d'aucune responsabilité. Non, il faut un peu de responsabilité. Ça ne vient pas obéirer. Ce que je comprends est que j'ai passé l'âge de passer pour un jeune, largement. Donc je ne veux pas donner le sentiment que je viens obéirer cette volonté-là de liberté.

Mais enfin, il y a une partie de responsabilité. C'est assez de cette société où au fond, personne ne veut jamais prendre de responsabilité. C'est des forces de l'ordre qui sont pleinement mobilisées. Jusque dans mon département du Loir-et-Cher, j'ai des gendarmes qui sont mobilisés pour encadrer une manifestation qui n'a pas été prévue. Quand vous avez des manifestations...

6:03
Présentateur

600 gendarmes, 14 points de contrôle.

6:05
Marc Fesneau

Mais oui, mais c'est des gendarmes qui ne sont pas par ailleurs sur d'autres secteurs et pour contrôler d'autres méfaits. Et donc je pense qu'il faut que chacun prenne ses responsabilités. C'est le sens de ce texte de loi.

6:16
Présentateur

Vous avez entendu les partisans de ce genre de fait et les acteurs de la musique électronique qui ne sont pas du tout d'accord avec le niveau.

6:22
Marc Fesneau

Moi, je pose une question simple. S'il y a de la dégradation, qui paye ? C'est ça ma question. Et à la question que je pose, il n'y a pas de réponse depuis des années, pour ne pas dire des dizaines d'années. C'est un problème.

6:32
Présentateur

Donc ça, c'est la conséquence. Mais le texte, il est délamant.

6:35
Marc Fesneau

La conséquence de ne pas avoir de responsable et de laisser faire comme ça, c'est que vous avez des dégradations. Dans la plupart des cas, vous demanderez à tous les voisins qui ont assisté à ce genre d'événement, avec des feux, des incendies, des dégradations de parcelles agricoles, des dégradations de forêts. Parfois sur des zones, y compris qui sont des zones protégées. Tout ça n'a pas d'importance parce qu'on serait libre. La liberté quand même s'arrête au moment où on nuit à l'autre. C'est dans l'article 4, je crois, de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Donc, faire respecter la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ce n'est quand même pas quelque chose d'invraisemblable dans une démocratie.

7:06
Présentateur

Je crois qu'on a compris, Marc Fénon, votre point de vue sur les free parties. On passe à une préoccupation plus quotidienne des Français après deux mois de conflit au Moyen-Orient. C'est le prix du pétrole. Depuis hier, on connaît les conditions exactes pour bénéficier de l'indemnité carburante. C'est une aide de 50 euros pour les grands rouleurs aux revenus modestes. Ça ferait environ 3 millions de personnes. Ce dispositif, Sébastien Lecornu, il l'a annoncé le 22 avril. Il a donc été publié au journal officiel hier, le 2 mai. Il sera accessible d'ici la fin mai sur le site des impôts. On peut appeler ça une politique à petits pas quand même.

7:39
Marc Fesneau

Ce n'est pas à petits pas. On nous reprocherait de mettre en place un dispositif s'il n'était pas cadré et bordé pour vérifier que ceux qui sont bénéficiaires sont bien ceux qui sont la cible du dispositif tel qu'il a été prévu. Donc qu'il faille un mois pour mettre en place un dispositif comme celui-là, ça ne me paraît pas invraisemblable. Deuxième élément, comme vous l'avez compris, le gouvernement et Sébastien Lecornu singulièrement, ils ont eu raison de le faire à décider de mettre en place un dispositif ciblé. Pourquoi ?

D'abord parce qu'on ne sait pas, on en reparlera peut-être ce que va devenir ce conflit, les aternoiements ou je ne sais pas comment les qualifier, en tout cas les prises de position erratiques du président des États-Unis, Donald Trump. Et donc on a besoin d'avoir une visibilité que nous n'avons pas aujourd'hui. Et deuxième élément, il faut dire les choses comme elles sont, nous n'avons pas la capacité financière à faire une politique à tout azimut de chèques. La dernière fois que ça a été fait, c'était au moment de la crise ukrainienne, c'est entre 6 et 8 milliards d'euros qui ont été mis sur la table. Autant qui a été mis dans la dette.

Parce que quand on dit on va donner 6 milliards d'euros aux Français ou 8 milliards d'euros, comme il n'y a pas de cagnotte cachée, c'est 6 milliards ou 8 milliards d'euros qui viendront gonfler la dette. Et les mêmes viendront nous dire qu'après la dette augmente.

8:38
Présentateur

Dans votre circonscription, est-ce que c'est une politique à petits pas ? Vous nous dites que c'est bien pensé, vous êtes d'accord avec la politique ciblée.

8:44
Marc Fesneau

Ça nécessite d'être ajusté en continu.

8:45
Présentateur

Mais ça fait déjà deux mois que le conflit dure. Comme vous dites, on ne voit pas le bout de ce conflit. Qu'est-ce qu'ils vous disent les Français dans votre circonscription ? Est-ce que vous voyez un risque d'explosion sociale, de colère type gilet jaune ? Parce que mine de rien, ils ont besoin tous les jours, eux, ces gros rouleurs au revenu modeste de prendre leur voiture.

9:01
Marc Fesneau

C'est pour ça qu'il y a un dispositif. Parce que je sens bien que dans l'opinion et dans la population, le premier mois, on peut dire, bon, on va passer ce premier mois. Et que petit à petit, les uns et les autres rognent sur qui les vacances ou les congés, qui tel ou tel déplacement personnel, de nature personnelle. Et donc on a besoin pour les gros rouleurs, c'est-à-dire ceux qui font plus de 30 km à les retours. C'est ça la base du dispositif par jour. De pouvoir leur apporter une aide qui leur permettra de soulager le surplus lié à l'augmentation du carburant.

50 euros, ça fait, je faisais le calcul en venant jusque chez vous, ça fait à peu près l'équivalent de l'augmentation sur 3 ou 4 pleins pris en charge.

9:36
Présentateur

On peut dire sur un mois ? Oui, on peut dire sur un mois.

9:38
Marc Fesneau

Et donc je trouve que c'est plutôt un dispositif qui est calibré. Après, ne nous faisons pas le reproche collectivement d'essayer d'ajuster au fur et à mesure. On a les agriculteurs, on a les pêcheurs, on a les artisans, on a eu les chefs d'entreprises qui tiennent des entreprises de transport. Il faut qu'on essaye d'ajuster, mais dans la limite qui est celle quand même d'argent que nous n'avons pas. Et donc il faut qu'on essaye d'être raisonnable.

9:59
Présentateur

Qui doit payer ? Vous connaissez le débat sur Total. On a à la fois les prix qui grimpent à la pompe et puis les bénéfices de Total au premier trimestre, plus 51% du bénéfice net. Ça a fait bondir. Certains disent que Total est une fierté nationale, d'autres disent que c'est un profiteur de guerre. Est-ce qu'il faut taxer Total ? Est-ce qu'il faut qu'il aille plus loin dans son plafonnement ? Parce qu'il a annoncé, Sébastien Lecornu appelle à un plafonnement généreux des prix à la pompe. Qu'en pensez-vous ?

10:26
Marc Fesneau

D'abord, sans qu'on lui demande vraiment quoi que ce soit, Total a décidé dès le début de la crise de plafonner ses prix. C'est le seul qui les fait. À moins de 2 euros ? Oui, à moins de 2 euros sur le gasoil, sur le diesel et sur le super.

10:37
Locuteur 7

Le gasoil juste au-dessus de 2 euros.

10:38
Marc Fesneau

Voilà, juste au-dessus de 2 euros pour le gasoil. Au fond, ils ont décidé, ils ont bien vu qu'il fallait qu'ils fassent leur part de l'effort qui devait être nécessaire. Deuxième élément, on est dans un pays où en permanence on tape sur nos fleurons. On adore taper sur les fleurons industriels ou les fleurons économiques. On peut à la fois dire qu'on reconnaît la puissance de Total, le fait que ce soit un fleuron, et que ça participe d'ailleurs de notre souveraineté énergétique, de ce point de vue-là. Et deuxième élément, de regarder dans quelle mesure il y a du super profit ou il y a des marges qui sont indus, qui seraient mises sur la table.

Et c'est là le travail qui est à faire aussi par les services de la DGCCRF. Et à ce moment-là, de réclamer notre dû. Mais Total a une situation particulière parce qu'ils sont à la fois foreurs, extracteurs, ils sont raffineurs et ils sont distributeurs. Et parfois pour le compte de tiers. Donc quand on parle de bénéfices supplémentaires, est-ce que c'est sur les Français ou c'est sur d'autres ? C'est ça la question qu'il faut regarder. Et je ne sais pas, ça serait peut-être intéressant d'ailleurs de savoir, le coût du plafonnement pour Total. Qu'il y ait une mise à contribution à un moment ou à un autre qui soit demandé, moi je n'ai pas d'ailleurs le Premier ministre, n'a pas fermé la porte.

Mais en permanence chercher un bouc émissaire. Le vrai bouc émissaire, c'est ceux qui ont décidé de cette guerre de façon complètement incongrue et qui ont décidé sans savoir quel était leur objectif de guerre.

11:46
Locuteur 9

Le Premier ministre dit peut-être que Total peut faire peut-être un effort un peu plus important sur le plafonnement. C'est-à-dire de ne pas aller juste en dessous de 2 euros, mais peut-être aller un peu plus en dessous. Est-ce que vous appuyez ou pas ?

11:57
Marc Fesneau

Oui, je trouve que c'est à Total de faire en sorte d'aller à la limite. On ne peut pas vendre à perte en France, d'ailleurs en général, mais on ne peut pas vendre à perte. Donc dans la limite de cette bordure-là, il me semble que Total peut peut-être regarder ce qu'il peut faire en plus. Mais reconnaissons que depuis 2 mois, Total l'a fait. Vous allez sur toutes les pompes, les pompes Total, je ne veux pas faire de la promotion pour eux, mais enfin, vous parlez de Total, alors je réponds sur Total. Reconnaissons que c'est eux qui ont le plus plafonné leur carburant.

12:20
Locuteur 7

Quand même, Total, plus 50% de bénéfices au Premier trimestre par rapport à l'année dernière. Forcément, ils se sont enrichis sur cette crise, on ne peut pas l'inier. Mais c'est au niveau mondial. C'est au niveau mondial. Il y a une proposition de loi socialiste qui a été déposée, notamment Boris Vallaud en a parlé, qui vise à taxer en moyenne les bénéfices qui seront au-delà de 20% sur 3 exercices. Est-ce que vous pourriez la voter, cette proposition de loi ?

12:44
Marc Fesneau

D'abord, on a une maladie française, c'est un président de groupe, ancien ministre des Relations à Parlement qui vous le dit, c'est de faire des lois. Quand vous faites une loi, le temps de voter une loi, vous savez, le temps moyen d'une loi, même en procédure accélérée, c'est entre 6 et 12 mois. Bon, c'est très sympathique d'aller dire aux Français, attendez, c'est très déclaratif tout ça, c'est très totémique. On fait semblant de, si tant est, que la loi soit votée. Donc je trouve que ce n'est pas opérant par rapport à la réalité de nos concitoyens.

Je préfère avoir le dispositif qui a été disposé sur la table par le Premier ministre, qui lui est opérant, plutôt qu'une loi sur des profits qu'on ne saura pas qualifier et qu'on ne saura pas qualifier. Distinguer entre les profits nationaux et les profits internationaux. C'est vrai qu'en plus, on ne peut pas taxer à l'international. Si sur les 2 ou 3 milliards de profits supplémentaires, il y en a 2,8 milliards qui sont à l'extérieur de nos frontières. Qu'est-ce qu'on dit ?

13:27
Locuteur 7

Donc ça veut dire qu'en fait, on est impuissant.

13:28
Marc Fesneau

Non, on n'est pas impuissant, puisque la preuve, on met en place un dispositif. Par contre, la vérité m'oblige à dire que nous ne sommes pas en situation, nous tout seuls, de faire en sorte. Parce que le seul sujet, c'est qu'on arrive à faire baisser les prix du pétrole. Et là, c'est la question de l'impuissance collective que nous avons face à un conflit que personne n'arrive à maîtriser, pas même les auteurs de ce conflit d'ailleurs.

13:45
Locuteur 9

Il y a quand même une initiative européenne, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, le Portugal ont demandé au fond à l'Europe d'étudier l'établissement d'une taxe européenne sur les super profits pétroliers. Est-ce que vous, qui êtes un pro-européen, vous dites que c'est peut-être la voie ?

14:00
Marc Fesneau

Moi, je trouve que dès lors qu'on parle de fiscalité, plus on le fait au niveau européen, pardon, je vous ai coupé, mais plus on le fait au niveau européen, plus c'est opérant. Parce que sinon, il y a des effets d'évitement que chacun connaît.

14:07
Locuteur 9

Donc ça, vous ne ferrez pas la voie ?

14:08
Marc Fesneau

Non, non, non, je trouve que, mais c'est un sujet global d'ailleurs, quand on a évoqué l'affaire de la taxe d'Ukman, le problème de la taxe d'Ukman, si c'est au niveau mondial, il n'y a pas de sujet, si c'est au niveau que français, ça en fait fuir tous les autres. Bon, donc il faut qu'on essaie de regarder sur la fiscalité, Dieu sait s'il y a des besoins d'harmonisation sur la fiscalité européenne. Et donc s'il y a la capacité au niveau européen de regarder ça, quels sont les super profits qui sont faits par les uns ou par les autres ?

Nous nous acharnons pas que sur Total, par les uns ou par les autres, il y a les distributeurs, il y a les raffineurs, et tout le monde n'est pas Total, si je peux dire. Et à ce moment-là, on pourrait éventuellement regarder les choses. Donc on n'y va pas tout seul ? Mais ça ne sert à rien d'y aller tout seul, en tout cas sur la fiscalité, ça ne sert à rien d'y aller tout seul.

14:44
Locuteur 7

Est-ce qu'il ne faut pas baisser les taxes sur le carburant ? Le Rassemblement National en parle beaucoup, mais ce matin, sur France Info, Agnès Sévren, sénatrice Les Républicains, disait qu'il fallait baisser les taxes. Il y avait trop de taxes sur les carburants par rapport à nos voisins européens, si bien qu'il y a des gens qui vont faire leur plein en Espagne ou à l'étranger.

15:02
Marc Fesneau

Le système fiscal français global, il est basé sur une fiscalité des carburants qui est assez élevée. Donc ça marche très bien, ce système-là, si on sait où on fait des économies pour équilibrer le budget. Pardon, c'est le choix qu'on a fait depuis des lustres, d'avoir une fiscalité sur les carburants qui est plus élevée que dans d'autres pays européens.

15:15
Locuteur 7

Est-ce qu'il faut remettre ça en question ? Est-ce qu'il faut se poser la question ?

15:18
Marc Fesneau

On a une électricité qui est par ailleurs moins élevée que dans... Oui, mais on ne va pas le faire là dans l'urgence de la crise. Non, il y aura d'autres crises, Marc. Oui, mais qu'on ait besoin de se poser... Est-ce qu'en soi, les taxes sur les carburants sont trop élevées ? Parce qu'on a tout à dire, il faut faire une transition du fossile vers l'électrique et vous êtes en train de me dire qu'il faut encourager le fossile. Parce que si vous baissez la taxe sur les carburants, vous encouragez le fossile. Donc vous préparez les futures crises parce que vous dites, continuez comme ça, puisque de toute façon le prix du carburant sera...

On le baisse, j'entends les Indiens, on va le baisser de 50 centimes. Ça va rendre attractif donc le prix du fossile et puis le jour où ça remonte, on aura un problème. Et c'est de l'argent, par ailleurs, indistinctement distribué. Quand vous dites faire baisser les taxes, comment je choisis celui qui a les moyens un peu de faire face et celui qui n'en a pas du tout la capacité ? Et deuxième élément, je serais curieux de savoir comment vous vérifiez que cette baisse des taxes, elle se répercute à la pompe intégralement. Parce que quand on l'a fait, le risque...

16:07
Locuteur 7

On l'a fait dans la restauration, ça n'a pas fonctionné.

16:09
Marc Fesneau

On nous avait beaucoup vendu qu'on allait baisser la TVA et qu'on allait le voir dans le prix des repas. Et la vérité oblige à dire que ce n'est pas ce qui s'est passé. Bon, donc cette baisse aveugle est inopérante et par ailleurs, à mon avis, pas du tout dans la trajectoire qu'il faut trouver. Question de François Sressos.

16:23
Locuteur 9

Toutes ces questions, elles s'inscrivent dans un contexte qui est quand même très préoccupant. On voit croissance zéro au premier trimestre, retour de l'inflation. Est-ce que vous dites qu'on est à un tournant dans ce conflit pétrolier ? Est-ce qu'on a vraiment un risque aujourd'hui de staginflation ? Et donc, au fond, un décor pour l'élection présidentielle qui devient extrêmement noir.

16:41
Marc Fesneau

Peut-être un peu tôt pour le dire, mais en tout cas, les nuages sombres s'accumulent. On ne va pas dire le contraire. Parce que quand vous avez une croissance qui est aussi affaiblie et qui va se contaminer, cette baisse de croissance à l'ensemble du monde, et par ailleurs, une inflation, parce que là, on est sur les carburants, mais les carburants, ils produisent les plastiques, les emballages, ils produisent les engrais. Enfin, les agriculteurs en savent quelque chose, ceux qui nous écoutent le savent. Bref, tout ça va avoir un effet inflationniste. D'ailleurs, il y a eu quelques révisions déjà à la hausse de la inflation.

17:04
Présentateur

Le budget 2026, il est par terre ?

17:06
Marc Fesneau

Non, il n'est pas par terre, mais ça va nécessiter en cours d'exécution budgétaire. Et je sais que le Premier ministre Cornu y est très vigilant. C'est qu'en cours d'exécution, il va falloir qu'on fasse des économies parce que ça ne tiendra pas sinon. Et donc, oui, il y a un grand risque systémique si la crise dure. Alors, ce qui est un peu incompréhensible, c'est qu'elle existe aussi aux États-Unis, cette crise qui est en train de naître. Et ce qui est un peu hallucinant, si vous me permettez cette expression, c'est que le président des États-Unis continue à laisser faire et à souffler sur le chaud et le chaud, et pas sur le chaud et le froid d'ailleurs.

17:32
Locuteur 7

Une question sur les gros rouleurs, puisque vous avez dit tout à l'heure, il faut s'ajuster en continu. Sébastien Lecornu, dans la Tribune dimanche, dit aujourd'hui qu'il faut s'adapter en fonction de la durée du conflit. Est-ce qu'il faut comprendre que les aides aux gros rouleurs dureront, enfin, seront distribuées jusqu'à la fin de la guerre en Iran ?

17:50
Marc Fesneau

Je ne sais pas si c'est jusqu'à la fin de la guerre, ce n'est pas la fin de la guerre. Le sujet, c'est la fin de la hausse des prix. Oui, enfin, c'est lié. Oui, je reconnais que c'est assez lié. Mais en tout cas, je ne sais pas si c'est une guerre qui va se terminer, parce qu'au fond, il n'y aura pas de vainqueurs. Il y a beaucoup de vaincus dans cette affaire-là. Je ne vois pas où vont être les vainqueurs. Les vaincus, les premiers, c'est les citoyens du monde, parce que c'est à nous.

18:09
Locuteur 7

À partir du moment où, en tout cas, le baril m'a refué.

18:13
Marc Fesneau

Je ne suis pas à son porte-parole directe, mais ce que je comprends, c'est qu'il y a des besoins d'ajustement. Parce que si on n'est pas capable d'ajuster un peu les dispositifs en fonction de ce que vivent les Français, alors on n'est là pour rien.

18:22
Présentateur

Marc Fénault, je vous parlais du budget 2026. Et quid du budget 2027 ? Ça va être compliqué à adopter. Dans Le Parisien, Yael Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, se dit plutôt favorable à l'utilisation d'un 49-3 pour faire passer le budget pour l'année 2027, donc sans vote des députés. Qu'est-ce que vous en pensez ?

18:40
Marc Fesneau

Le 49-3, on l'a beaucoup vilipendé, est un outil constitutionnel. Ce n'est pas hors de la démocratie, le 49-3. D'ailleurs, c'est un outil très puissant, parce qu'il permet de renvoyer un Premier ministre.

18:50
Présentateur

Mais est-ce qu'il faut aller vite sur le budget 2027 ? Non, mais je vous prie.

18:54
Marc Fesneau

Le problème, c'est que le 49-3, il peut avoir comme conséquence de renvoyer un Premier ministre. On l'a vu à deux reprises, 49-3 ou 49-2. Et deuxième élément, c'est que si un 49-3, je ne vois pas qui voterait pas la censure, l'extrême-gauche la votera, le RN la votera et probablement la gauche la votera. Donc on n'aura pas de budget. Si vous avez un 49-3 et qu'il y a une censure... Vous craignez une nouvelle dissolution ? Non, il n'y a pas de dissolution. Je parle de quelque chose qui n'est pas entre mes mains, donc c'est toujours un peu compliqué.

19:21
Locuteur 9

En fait, il vaut mieux un 49-3 qu'une loi spéciale, selon vous ?

19:23
Marc Fesneau

Ce qu'il faut, c'est qu'on ait un budget qui ne soit pas simplement un expédient. Pourquoi ? Pour répondre à votre question. Parce que la dette continue à cavaler. L'an prochain, c'est 80 ou 90 milliards. L'année d'après, c'est 100 milliards. 100 milliards, c'est à peu près le double de la plupart des budgets militaires, éducation nationale et autres. Donc on est en train de s'entraver, de se rendre inopérant, y compris pour le quinquennat qui viendra. Donc si certains veulent prendre ces responsabilités, ce n'est pas la nôtre. Vous connaissez le combat qui a été celui de François Bayrou sur le sujet. Ce n'est pas un combat pour l'esthétique, c'est un combat concret.

Mais si vous dites que je fais une loi spéciale, ça veut dire que toutes les augmentations sont naturelles, il n'y a pas de réduction globale des dépenses, et que neuf mois plus tard seulement, au mieux, vous pouvez rectifier le tir. Neuf mois plus tard, ça veut dire que vous perdez une année. Donc le mieux, c'est d'avoir un budget qui soit sérieux. Est-ce qu'il peut passer par 49.3 ? Je n'en sais rien. S'il passe par 49.3 ou s'il passe par les voies normales, parce qu'après tout, s'il passe par 49.3, il peut passer par les voies normales. Puisque le 49.3, c'est un outil pour contraindre une majorité. Il n'y a pas de majorité. Donc ce n'est pas la peine d'aller au 49.3.

Et donc on a besoin simplement d'essayer, je vais au bout quand même, parce que cette question, vous avez raison, budgétaire est importante, c'est est-ce qu'il y a des gens responsables autour de la table, et pas seulement responsables de leur petite boutique d'ici la présidentielle ? Responsables après la présidentielle. Parce que le budget qu'on vote pour 2027, il engage la France pour 28, 29 et 30.

20:37
Locuteur 7

Oui, mais on sera en pleine campagne présidentielle.

20:38
Marc Fesneau

D'accord, mais est-ce qu'on peut penser qu'on n'est pas forcément condamné et à l'impuissance, et deux, à l'irresponsabilité quand il y a une campagne présidentielle ? Moi, je pense que ce sera d'ailleurs un des débats, responsable par responsable, vérité ou mensonge, ce sera un des débats qu'il faudra poser sur la table.

20:52
Présentateur

Marc Fénaud, le temps fort de la semaine, ça a été le 1er mai. Les manifestations traditionnelles, bien sûr, pour cette journée des travailleurs. Et puis, un autre débat, ce jour doit-il rester férié, chômé et payé dans les cortèges ? Vous les avez entendus, les représentants syndicaux ont apporté, eux, une réponse tout à fait claire. Nous, on ne dit pas touche au 1er mai, tout simplement. C'est le fruit de l'histoire des conquêtes sociales, c'est le fruit de l'histoire ouvrière. Il est né quand même ce 1er mai du combat pour la journée du 8h. Il est né de la répression anti-ouvrière extrêmement sanglante, notamment en 1886, il y a 140 ans, à Chicago.

Mais il y a eu d'autres événements en France.

21:30
Locuteur 5

Heureusement, comme les travails du dimanche, en fait, pour Noël, on voit bien que c'est un volontariat très forcé par les employeurs, puisqu'on voit des patrons qui passent dans les entreprises en disant « je n'ai pas le nombre » et qui poussent et qui poussent jusqu'à ce que la personne décide et accepte.

21:43
Présentateur

Pas touche au 1er mai, c'est donc le slogan qu'on a entendu dans les cortèges. Mais mercredi, le gouvernement a présenté un projet de loi qui permettra aux artisans fleuristes et aux boulangers de faire travailler leurs salariés ce jour-là, sous condition, donc à partir du prochain 1er mai 2027, est-ce que vous voterez ce texte ?

21:58
Marc Fesneau

Alors, d'abord, rappelez que la loi n'avait pas changé depuis 1947. Le 1er mai, il est chômé, férié, payé. C'est le seul jour comme ça dans l'année. Donc il est particulier, y compris pour la symbolique des luttes syndicales.

22:10
Présentateur

Et ça doit rester comme ça, c'est ça la question.

22:12
Marc Fesneau

Et donc il faut que, principiellement, il reste comme ça. Par ailleurs, qu'est-ce qui s'est passé il y a 2 ou 3 ans, il y a 2 ans, je crois, il y a eu des contrôles chez des boulangers, singulièrement, un peu quelques fleuristes, qui ont fait que des gens se sont retrouvés condamnés alors qu'il y avait une forme de tradition, coutume, je ne sais pas comment dire, qui s'était installée chez ces simples professions. Et donc il y avait besoin, par la loi, de restabiliser quelque chose qui s'était installé depuis des dizaines d'années. Et la loi n'avait pas changé, il y a 2 ou 3 ans.

C'est simplement l'application de la loi qui avait fait qu'il y avait eu peut-être des rigidités qui étaient apparues. Bon, l'objectif pour moi d'un texte, et c'est le texte du gouvernement, c'est de dire boulanger, fleuriste, sous réserve d'ailleurs d'un accord syndical, et pour le reste, non, sauf s'il y a un accord de branche. Mais j'entends les syndicats, s'il n'y a pas d'accord de branche, il n'y a pas d'accord de branche. Et puis, il me semble donc que bordé comme ça, c'est votable. Ce qui n'était pas... Il y avait deux sujets sur la première version alpha, si je peux dire. La première, c'était question de procédure.

Vous ne pouvez pas sur un texte aussi emblématique que celui des luttes sociales dans un pays comme le nôtre, mais même dans tous les pays, dire on balaye ça par une motion de rejet. Et par ailleurs, intellectuellement, dire je vote une motion de rejet sur un texte que je défends, moi j'ai un petit peu du mal à comprendre comment on arrive à faire ça. Et donc, j'ai dit, pour ce qui nous concerne au groupe Les Démocrates, que nous ne ferions plus ça, parce que je pense que c'est contre-intitif par rapport à la réalité.

23:25
Locuteur 6

C'est Gabriel Attal qui a déposé une proposition de loi et voulait faire voter une motion de rejet ?

23:31
Marc Fesneau

Et donc, collectivement, il faut qu'on s'interroge sur les procédures parlementaires comme on les manœuvre aujourd'hui. On parlera peut-être de commissions d'enquête tout à l'heure, pour ne pas les dévoyer. Et donc, il y avait ça. Et deuxième élément, c'est qu'on ouvrait la panoplie à des tas de métiers qui n'étaient pas en question. Et donc, si c'est restreint, si c'est le produit d'un accord syndical, et d'ailleurs, j'ai entendu y compris les responsables syndicaux dire, pour les boulangers, on veut bien entendre éventuellement parler de ce sujet. Parce qu'il y a un accord de branche. S'il y a un accord de branche. Eh bien, allons là-dessus.

23:55
Présentateur

Donc, restreint, borduré.

23:57
Marc Fesneau

Borduré, restreint. Et le 1er mai reste un jour chômé, férié, payé. Parce que c'est l'histoire de la France. Et c'est l'histoire aussi des luttes syndicales.

24:03
Locuteur 9

Alors, c'est intéressant ce que vous dites. Parce que François Bayrou avait, lui, essayé de supprimer le jour férié. Vous, vous mettez le...

24:09
Marc Fesneau

Mais ce n'était pas le 1er mai.

24:10
Locuteur 9

Non. Et vous, vous mettez vraiment le 1er mai à part. C'est vraiment le symbole. Oui, mais parce qu'il est à part.

24:14
Marc Fesneau

C'est le symbole des luttes sociales. Mais parce qu'il est juridiquement à part. C'est le seul jour de l'année chômé, férié, payé. Chômé, obligatoirement chômé. Ce n'est pas la même chose qu'un jour férié. Il n'a pas le même statut. Donc, ce n'est pas la même chose que le lundi de Pentecôte. D'ailleurs, le lundi de Pentecôte, on est revenu dessus. Ou d'autres jours. Le 8 mai, ce n'est pas le produit des luttes syndicales. C'est le jour qu'on s'est choisi. D'ailleurs, parce que c'est le jour où il y a eu l'armistice avec les Allemands. Ce n'est pas la même chose et le même statut. Donc, ce n'est pas la même chose.

Par ailleurs, je l'ai dit récemment dans un texte que j'ai produit, je pense qu'on s'interroge sur la capacité que nous avons à soutenir notre système social. Parce que c'est ça, la question du travail qui est posée. Ce n'est pas la question de est-ce qu'on travaille le 1er mai chez les fleuristes et les boulangers.

24:54
Présentateur

La question, c'est les cotisations sociales pour rentrer sur le système.

24:57
Marc Fesneau

Est-ce qu'on fait peser le système social sur les salariés, les entreprises et sur rien d'autre ? Ou sur très peu d'autres choses ? Ça, c'est un sujet. Parce qu'il faut qu'on produise de la richesse. Mais si la richesse, elle est complètement absorbée, et c'est le problème d'ailleurs de la différence entre le brut et le net sur les salaires, si elle est complètement absorbée par le système social, ça veut dire qu'il faut qu'on trouve d'autres moyens. Et ça, ça peut être un joli débat présidentiel.

25:16
Locuteur 9

Mais il y a un autre sujet aussi, c'était un peu comme le sujet du travail du dimanche il y a 10 ans. Est-ce qu'il n'y a pas des gens qui ont envie de travailler le 1er mai, payer double, parce que c'est un problème de pouvoir d'achat ?

25:28
Marc Fesneau

Je pense que c'est à nous, le législateur. Parce qu'il y a un problème de salaire, alors, non ? Oui, non, mais c'est d'abord parce qu'il y a un problème de salaire. Absolument. C'est-à-dire que les gens veulent être payés double, parce que sans doute la rémunération n'est pas assez élevée. Ça revient à mon premier problème, qui est celui d'un net et d'un brut, qui sont trop différenciants, parce que les charges brutes sont trop élevées.

25:42
Locuteur 7

Mais vous dites aujourd'hui, en France, on vit mal de son travail ?

25:44
Marc Fesneau

Oui, en tout cas, on n'a pas le même espoir que ceux qui nous ont précédés, c'est-à-dire que quand on rentrait à 25 ans, on pouvait espérer un peu s'enrichir, si je peux dire, avoir un peu de capital, peut-être pouvoir faire l'acquisition d'une petite maison ou d'un petit appartement. La plupart de nos concitoyens aujourd'hui n'ont plus cette perspective-là. Et par ailleurs, ils pensaient pourvoir aux besoins de leurs enfants qui allaient en études. Tout ça a disparu. Le différentiel s'est accéléré. Et donc, on a un sujet quand même de travail globalement. Mais ce n'est pas de travailler plus seulement. Est-ce que le travail rémunère ?

Et quelle est la charge que prend le travail dans le système social ?

26:22
Présentateur

Ça, ça fera partie sans aucun doute des débats pour 2027. C'est un beau débat présidentiel, mais ce n'est pas un débat.

26:26
Marc Fesneau

Et justement, Marc Fénaud. Oui, c'est le mal français, si je peux me permettre de dire ça. Vous voyez, on prend un totem, on l'agite, on range le totem, parce qu'évidemment, ça agit tout le monde, parce que ça marche bien, c'est fait pour ça. Et à la fin, on n'a pas avancé.

26:36
Présentateur

Alors, moi, j'aimerais... Ça, c'est pour tous ceux qui sont allés à la boulangerie ? Gabriel Attal qui s'est retrouvé derrière la caisse ? Non, mais si, quand même, il faut le dire. Ce 1er mai, ça a été l'occasion de faire de la politique. Vous n'êtes pas allé acheter une baguette, Marc Fénaud. Comment ? Vous n'êtes pas allé acheter une baguette.

26:48
Marc Fesneau

Je n'ai pas été acheter une baguette. Figurez-vous qu'à la campagne, on n'est pas toujours très près du boulanger. C'était possible d'être ouvert, mais ce n'était pas toujours ouvert.

26:56
Présentateur

Non, mais alors là, c'est pour qui votre petite pique ?

26:58
Marc Fesneau

C'est pour Gabriel Attal. Non, mais ce n'est pas ça. Non, non, j'essaie de nous interroger collectivement. J'essaie de ne pas rentrer dans les sujets de personne.

27:03
Présentateur

Vous dites que c'est devenu un objet politique qu'on agit.

27:05
Marc Fesneau

Mais c'est devenu un objet politique pour tout le monde. C'est-à-dire qu'on adore en France ériger les totems, se bagarrer, et à la fin, on n'avance pas.

27:12
Présentateur

Sébastien Lecornu et Laurent Wauquiez sont allés aussi à la boulangerie.

27:14
Marc Fesneau

Non, mais ce n'est pas la question d'aller dans une boulangerie, puisque le sujet, on travaille tous le 1er mai, c'est sur ces métiers particuliers, il y a quelque chose qu'on peut faire. Donc ce n'est pas la même chose que de dire, on agite l'idée que, c'était ça votre question, est-ce qu'il ne faudrait pas que les gens puissent librement travailler le 1er mai ? Et par ailleurs, j'entends les mêmes qui nous disent, attention la société de consommation n'est pas que des consommateurs, on peut aussi un jour par an, ou un jour par semaine, ne pas être simplement des consommateurs, et avoir une vie d'une autre nature que celle de la consommation.

Ce n'est pas une philosophie qui m'est étrangère en tout cas.

27:48
Présentateur

Marc Fénaud, vous avez vu qu'on a commencé déjà à parler de 2027, les candidatures se déclaraient ou murmuraient, ou supposaient, se multiplient. Je répète un petit peu la liste, François Hollande, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Jean-Luc Mélenchon pourrait l'apprendre aujourd'hui, Edouard Philippe, Bruno Retailleau, on n'oublie pas Gabriel Attal. Donc où se situe le centre dans ce paysage ? Question de François Sfressoz.

28:10
Locuteur 9

Où est passé François Bayrou depuis sa défaite aux élections municipales de Pau ?

28:14
Marc Fesneau

Écoutez, il est à Paris, il est en train de finaliser l'écriture d'un livre, qu'il avait commencé d'ailleurs il y a quelques temps. Il est très engagé, il voit beaucoup de monde d'ailleurs, et nous voyons beaucoup de monde pour essayer de regarder comment on peut aborder cette question précédentielle. Donc François Bayrou, si la question de François Bayrou a disparu, non, François Bayrou n'a pas disparu. C'est pas parce qu'il n'a pas décidé...

28:32
Locuteur 7

Ah, ça veut dire qu'il est candidat ?

28:33
Marc Fesneau

Non. Attendez, laissez-moi finir. Il n'est pas candidat ou il hésite ? C'est pas parce que vous apparaissez ou vous êtes dans le paysage, vous êtes obligé d'être candidat. Il y a une espèce de réflexe pavlovien. Avant c'était pour avoir réussi dans sa vie il y a 50 ans, il faut l'avoir une Rolex, maintenant il faut être candidat.

28:46
Présentateur

Enfin tous ceux, vous avez remarqué qu'il y a eu beaucoup de livres ces dernières semaines, et que tous ceux-là sont... Non, non, non. C'est généralement pour être candidat.

28:52
Marc Fesneau

Non, non, pas toujours. Pas toujours, pas toujours. Aussi ça peut être pour poser un certain nombre de choses et de réflexions qu'on a sur le débat. En revanche, François Bayrou a bien l'intention... Il l'avait dit et il l'a réexprimé à une occasion, je ne sais plus laquelle, qu'il ne souhaitait pas lui-même être candidat à la présidentielle.

29:05
Locuteur 9

Mais c'est toujours vrai ça ou pas ? Oui, oui.

29:07
Marc Fesneau

D'accord. Je répète ce qu'il dit en on et en off, à ceux qui le voient et à ceux qui l'attendent. Donc c'est vrai aujourd'hui ? Mais oui, si je vous dis c'est vrai aujourd'hui ou c'est vrai pour toujours, ça ne veut rien dire. C'est vrai, c'est vrai. Voilà, c'est ce qu'il a dit. Et je peux témoigner du fait que François cherche une seule chose, c'est de regarder quelle est la meilleure équation pour que, au fond, ceux qui sont des responsables politiques, au sens étymologique du terme, se rassemblent pour faire en sorte que nous ne menions pas notre pays au chaos. La question, ce n'est pas seulement de battre tel ou tel, de battre Mélenchon, de battre Bardella ou Mme Le Pen.

La question, c'est qu'est-ce qu'on propose aux Français qui soit un point d'équilibre ? Et donc François, Bayrou a bien l'intention, et nous avons bien l'intention avec lui, de faire en sorte que nous posions les limites et les balises qui permettent...

29:47
Locuteur 6

Et parmi tous les candidats qui ont été cités par Alexandra, lequel se rapproche le plus de vos idées, Marc Fénault ?

29:53
Marc Fesneau

Si vous êtes capable de me donner le moindre début du commencement d'un programme pour l'un ou l'autre de ces candidats nommés, on est plutôt dans une espèce de pré-pré-pré-figuration de dire « je suis là ».

30:04
Locuteur 7

Gabriel Attal a dévoilé pas mal d'un texte. Non, non, non, ça n'est pas un programme présidentiel,

30:07
Marc Fesneau

mais ça n'est pas un reproche. Nous ne sommes pas autant du projet présidentiel. Donc, nous avons l'intention de peser sur le débat présidentiel en disant « voilà ce que devrait être un projet sur la France, sur la question de la démocratie, sur la question du travail, sur la question de l'Europe. » Alors attention, quand allez-vous présenter ce projet ? Il me semble que l'horizon pour présenter ça, c'est début d'été ou rentrée d'automne. Parce que ça permettra de mettre dans le débat, et ça permettra que cet espace du centre, on va l'appeler comme ça, puisse dire ce en quoi il se reconnaît, et quelles sont ses valeurs ?

30:37
Présentateur

Avec qui cet espace du centre ? Parce que Gabriel Attal, justement, a souhaité la création d'un comité de liaison avec Horizon et le Modem en vue de fédérer un espace du centre et du centre droit. Est-ce que cette proposition vous intéresse ? Est-ce que c'est la bonne méthode ?

30:50
Marc Fesneau

Mais d'abord, j'étais à ce rendez-vous avec d'autres collègues, avec l'UDI d'ailleurs aussi. Et donc, vous êtes la bonne personne à qui poser la question ? Oui, mais la question, c'est, dans le moment qu'on traverse, c'est de continuer à se parler et de regarder qu'est-ce que peuvent être les points de convergence. Est-ce que ça veut dire que, pour l'instant, on est au point de convergence ? Non, parce que vous voyez bien que, pour l'instant, on est au stade d'émergence des candidatures.

31:08
Présentateur

Mais comité de liaison, ça, ça veut dire des rayons régulières ? Non, le comité de liaison,

31:10
Marc Fesneau

c'est justement pour maintenir un lien. Liaison. Ce n'est pas un comité présidentiel, c'est un comité de liaison. Donc, l'idée, c'est de se dire qu'on puisse se parler, qu'on évite les embûches qui vont être les nôtres, quelle est la limite dans laquelle on se met ? Par exemple, il y a un certain nombre de sujets. Certains disent, est-ce que ça va des LR à la social-démocratie ? Ce qui me paraît, l'espace qui doit être le nôtre. Mais quand j'entends parfois des propositions de M. Retailleau, je me dis que ça ne marche pas. Ah oui, donc Retailleau, pour vous, il n'est pas dégant. C'est pour ça que je ne veux pas parler des personnes, je veux parler du projet.

Parce que si je commence à m'attacher à telle proposition de tel ou tel, je veux que nous...

31:50
Locuteur 7

Est-ce qu'il y a un risque que ce centre ne soit pas représenté au deuxième tour de la présidentielle ?

31:54
Marc Fesneau

Mais il sera forcément représenté, parce que, je vais vous dire une conviction qui est certaine, si ce que nous pesons électoralement et ce que nous sommes n'est pas incarné au travers d'un candidat, il n'y a aucune chance qu'il soit au deuxième tour. Donc la question, ce n'est pas que ce soit un candidat qui vienne du Modem, de l'UDE ou de je ne sais pas où. La question, c'est que ce que nous représentons soit posé sur la table par le candidat qui sera à un moment désigné par les uns ou par les autres.

32:17
Locuteur 9

Donc on entend un peu de chemin. Vous parlez de la social-démocratie. Est-ce que vous pensez qu'un pont est possible aujourd'hui avec des hommes comme François Hollande ou Bernard Cazeneuve ? Est-ce qu'on peut arriver à la constitution

32:29
Marc Fesneau

d'un centre-gauche, centre-droit ? J'ai vu un certain nombre d'entre eux. Nous avons des points de divergence, par exemple, sur des sujets économiques. Mais avec Bernard Cazeneuve, sur les sujets régaliens, est-ce qu'on a des points de désaccord majeurs ? Je n'ai pas l'impression. Est-ce que la politique, contrairement à ce que dit le Parti Socialiste, qui est maintenant sans défaut, ce qui a été mené par le président Hollande, était une politique qui n'était pas plutôt favorable à l'attractivité du pays, avec les baisses de charges massives et autres ? Non. Donc, est-ce qu'on ne peut pas trouver... Je ne dis pas qu'on pense la même chose. Le sujet, ce n'est pas qu'on pense la même chose.

Est-ce qu'il y a des points de convergence ? Est-ce qu'avec Cazeneuve, Hollande, Attal, Edouard Philippe, on pense...

33:06
Locuteur 9

Philippe, vous les cité en dernier ?

33:08
Marc Fesneau

Non, non. Vous le mettez à droite ou au centre-droite ? Si vous voulez, je vous le refais dans l'autre sens.

33:12
Locuteur 7

Mais vous ne citez aucun républicain ?

33:14
Marc Fesneau

Non, mais attendez, laissez-moi finir. Est-ce qu'on a la même vision sur les questions européennes ? Non, mais je ne vais pas faire la litanie, parce que sinon, je fais ce que vous avez fait tout à l'heure, vous en avez pour 10 minutes, si vous voulez, parce que là, vous n'avez pas tout... Allez-y, allez-y, non. Donc, est-ce que nous avons le même regard sur le projet européen ? C'est-à-dire, qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui marchera pas ? On en reparlera peut-être tout à l'heure. C'est ça qui compte. Ce n'est pas de savoir quel est le meilleur au casting, parce que le meilleur en février, ou en avril, ce n'est pas forcément le meilleur en décembre, et tout le monde le sait.

En revanche, la question qui nous est posée devant les Français, c'est qu'est-ce qu'on va leur dire ? Qu'est-ce qu'on va leur proposer ? Pas « je suis le meilleur », on s'en fiche à date. À date, c'est qu'est-ce qu'on leur dit ? Qu'est-ce qu'ils attendent de nous ? Quelle est la part de ce que nous avons réussi et en lucidité de ce qu'on n'a pas réussi ? Et qu'est-ce qu'elle est la part de ce qu'il n'a pas réussi ? D'ailleurs, de la capacité... D'ailleurs, c'est peut-être le principal difficulté, c'est qu'on a donné le sentiment qu'on rassemblait dans tout le monde et qu'on était tous d'accord. La vérité, les LR viennent très tard à l'esprit de responsabilité en 2024 avec la dissolution.

Jusqu'alors, ils étaient dans l'opposition. Et désormais, qu'ils sont au pouvoir, ils voient bien que les contingences, évidemment, y compris pour faire des chèques, sont plus compliquées à faire que celles qui réclamaient quand ils étaient dans l'opposition. La question, c'est de trouver autour de la table des gens qui ont une conscience aiguë de la crise devant laquelle nous sommes, qui va venir du fait du contexte international et du fait des propres difficultés françaises. C'est ça qu'il faut mettre autour de la table. Et après viendra la candidature.

34:29
Présentateur

Marc Fénault, et donc, on comprend que ça n'est pas encore fait. Vous êtes ce midi sur un plateau de l'audiovisuel public avec nos amis du monde. Vous voyez où je veux en venir. Demain, le rapport du député UDR, allié du RN, Charles Aloncle, sera rendu public. C'est un document de 400 pages. Il est consacré à la neutralité, au fonctionnement et au financement de l'audiovisuel public. Il a été approuvé par la commission d'enquête par 12 voix contre 10. Que doivent retenir les citoyens et contribuables de ces 6 mois d'audition mouvementées au sein d'une commission d'enquête qui a été critiquée jusque par son président, le député Horizon, Jérémy Patrier-Lethius.

35:04
Locuteur 2

La vraie question, c'est d'où parle-t-il et c'est ce qui devrait intéresser nos auditeurs. Est-ce que l'extrême droite dans ce pays souhaite la privatisation de l'audiovisuel public ? Pour le dire plus clairement, est-ce que demain, Charles Aloncle, ministre de la Culture de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, mettra en œuvre le programme de privatisation de l'audiovisuel public du Rassemblement National ?

35:23
Présentateur

Est-ce que vous partagez cette grille de lecture ? Est-ce que la commission a été instrumentalisée ? Le rapport ? Est-ce que Charles Aloncle est là pour préparer des esprits ?

35:30
Marc Fesneau

C'est d'ailleurs un C singulier qui vient de s'interroger sur la question de la neutralité quand le rapporteur du texte est arrivé avec tout sauf de la neutralité. Il n'avait pas un échantillon sur lui de neutralité. Il avait décidé quelles étaient les auditions. Il les a d'ailleurs par ailleurs orientées comme ça, de démontrer que le service public dysfonctionnait dysfonctionnait de façon très majeure et deux, qu'il fallait le conduire vers la privatisation. Vous me disiez à quoi sert le rapport ? Malheureusement...

35:56
Locuteur 7

Vous êtes abstenu sur le rapport.

35:57
Marc Fesneau

Oui, alors j'explique pourquoi nous sommes abstenus. C'est un peu une procédure qui est un peu bizarre encore.

36:01
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que vous n'avez pas d'opinion sur la qualité des pages ?

36:04
Marc Fesneau

C'était un très mauvais rapport, mais vous voyez, je serai aujourd'hui à l'antenne et nous n'aurions pas laissé publier ce rapport. On aurait dit qu'il cache des choses et on aurait dit que le service public cache des choses. Et vous voyez, c'est des gens qui ne veulent pas dire. Il y a des choses qu'on ne veut pas nous dire et qu'on ne veut pas exprimer. Tant qu'à dire des bêtises, autant qu'elles soient publiques. Parce que sinon, ça pourrait rendre des choses intelligentes alors que les cachés auraient donné le sentiment qu'il y avait des choses superbes, intelligentes. Autant voir la bêtise de ce rapport et voir la vacuité de ce rapport et voir à quel point...

36:31
Locuteur 9

C'est quand même terrible ce que vous dites. Est-ce qu'on n'est pas quand même face à une crise de la démocratie ? Mais c'est exactement ce que je vous dis.

36:36
Marc Fesneau

C'est le deuxième point que je voulais dire. Parce qu'on est dans un espèce de schéma binaire et vous savez ça très bien. Quand un rapport est mis sur la table, soit vous le votez, il est publié, soit vous ne le votez pas, il n'est pas publié. Il n'était pas question pour nous qu'il ne soit pas publié. Parce qu'il fallait montrer à quel point il était uniquement à charge et sans intérêt dans ce qui doit être quand même une réflexion sur la question du service public.

36:56
Présentateur

Alors justement, vous voulez publier un contre-rapport. Qu'est-ce que vous voulez faire ?

37:00
Marc Fesneau

L'idée avec Erwan Balanant et Sophie Mecq qui étaient membres de cette commission, c'est de regarder nous pied à pied ce qu'il y a dans ce rapport et en quoi il doit être contrecarré. Qu'est-ce qu'apporte l'audiovisuel public en termes de création, en termes de diversité, en termes de diversité ?

37:10
Locuteur 7

Qu'est-ce qu'il faut réformer aujourd'hui pour vous dans le service public ?

37:13
Marc Fesneau

Il y a sans doute des synergies qui peuvent être faites entre telle ou telle chaîne. Il y a sans doute, comme dans toute structure des économies à faire, on ne peut pas dire qu'il faut faire des économies partout et pas dire qu'on ne peut pas en faire dans l'audiovisuel public. Ce n'est pas parce qu'on veut protéger le service public et qu'on en a un défenseur qu'on ne doit pas y toucher et qu'on ne doit pas s'interroger. C'est d'ailleurs le problème de ce rapport. C'est qu'au fond, ça vient... C'est comme l'affaire du premier, mais à la fin, on sort et il n'y a plus rien. C'est-à-dire qu'on sait qu'il ne va rien se passer avec M. Alloncle et du coup, ça braque tout le monde.

Est-ce qu'on a besoin de s'interroger ? Oui, et donc moi, je n'ai pas de mal à dire qu'on peut s'interroger sur les synergies, sur les économies qui peuvent être faites, sur des choses... Bref, il y a plein de choses qui peuvent être interrogées. Et donc, notre volonté, c'est de dire au-delà de ce rapport, d'une certaine façon, qui n'a pas d'intérêt dans le débat public, au-delà de braquer les uns contre les autres et de jeter à l'opprobre collective qu'il ait publicité par les Français. Donc, manifestement, il répond à une demande de nos concitoyens. Et donc, je pense qu'on a besoin aussi de dire et de faire porter la voix pour pas que ce soit simplement la voix de M. Alloncle.

Et puis, ça pose un deuxième problème démocratique, c'est le dévoiement continu, je l'ai dit à plusieurs reprises, d'ailleurs à la présidente de l'Assemblée en conférence... Des commissions d'enquête ? Des commissions d'enquête. Les commissions d'enquête, maintenant, ça sert à se faire une notoriété quand on n'en a aucune et se choisir un thème sur lequel on est à charge et jamais à charge et à décharge. On devient le procureur d'un thème. Et je trouve que ça n'est pas rendre service à la démocratie.

Les bonnes commissions d'enquête, c'est des commissions d'enquête qui essaient justement, au-delà de l'actualité chaude, de regarder ce qui peut être amélioré, ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas. Et là, on est en train de dévoyer totalement les commissions d'enquête de leur objet initial. D'abord, il y en a trop. Et il n'y a personne dedans, à la vérité, celle-là, il y avait du monde...

38:48
Locuteur 7

Il y en a trop, elles sont réglementées.

38:49
Marc Fesneau

Non, non, oui, non, sauf qu'il y en a une par groupe et que la conférence des présidents de tirage, qu'on appelle le droit de tirage, vous connaissez ça par cœur, une fois par an. Bon, on n'est pas obligé de faire des commissions d'enquête, surtout, on aurait pu faire un rapport d'information, ça aurait suffi. La commission d'enquête, elle a des vertus, c'est qu'on ne peut pas être parjure et deux, qu'on peut convoquer de force les gens. Très bien. Enfin, peut-être qu'on peut avoir un rapport démocratique qui soit un peu plus sérieux que d'avoir 12-14. Donc à réfléchir. À réfléchir. Mais c'est vrai que c'est un dysfonctionnement démocratique.

39:18
Présentateur

Marc Fénaud, vous êtes l'invité de Questions politiques. On va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui. France Inter. Alexandra Ben Saïd. Questions politiques.

39:31
Locuteur 7

Avec les questions de Brigitte Boucher. Vous êtes entrée très jeune en politique, Marc Fénaud, puisqu'à 24 ans, vous êtes déjà élu local d'une petite commune qui s'appelle Marche Noire dans le Loir-et-Cher, 677 habitants, dont vous deviendrez maire en 2008, pendant 9 ans. Entre-temps, vous êtes élu conseiller régional, puis député en 2017. Vous devenez président du groupe Modem à l'Assemblée nationale. En 2018, vous êtes nommé ministre des Relations avec le Parlement, puis ministre de l'Agriculture. Parallèlement, vous grimpez dans les instances du parti secrétaire général du Modem, vice-président, puis premier vice-président en 2021.

Un mode d'emploi que vous revendiquez dans une vidéo de votre parti en 2010.

40:08
Locuteur 3

C'est le parcours, finalement, de tout engager dans un mouvement politique que celui d'être militant, puis après, petit à petit, progresser, de franchir les échelons un par un et de pouvoir accéder à un certain nombre de responsabilités. C'est mon cas.

40:21
Locuteur 7

Une ascension discrète, mais remarquable. À quoi vous pensez en vous rasant, Marc Fénaud ?

40:26
Marc Fesneau

À ne pas me couper. Quand je me rase, je pense à bien me raser. Non, ce n'est pas dire que je n'ai pas d'ambition, mais je n'ai pas d'obsession. Ce qui m'est arrivé est sans doute le produit de mon travail et de mon engagement, mais je n'ai jamais été dans un endroit en me disant quelle est l'étape suivante. Personne ne peut me prendre en défaut d'avoir jamais été comme ça, c'est-à-dire d'être entré au Modem en me disant quelle place je veux prendre au Modem, d'avoir été ministre et de me demander le soir même de ma nomination ministre en relation avec le Parlement si j'allais être ministre d'autre chose. Et ça, pour moi, c'est une force.

C'est-à-dire que je n'ai pas d'obsession ni de visibilité ni de faire autre chose que de peser sur la décision publique. Alors ça, j'ai envie... Mon ambition, c'est de peser sur la décision publique. De peser sur la décision publique locale. J'avais envie d'être maire de mon village. Ce n'est pas un grand village, mais je sais ce que j'ai fait dans mon village et ce qui reste aujourd'hui de ce que j'ai fait dans mon village. Et je sais ce que j'ai essayé de faire comme ministre des Relations avec le Parlement. On parlera tout à l'heure des questions forestières, ce que j'ai essayé de faire au ministère de l'Agriculture sur les questions agricoles ou sur les questions forestières.

Mon ambition, c'est vraiment d'être utile et pas, comment dirais-je, d'avoir la prétention que c'est un droit de tirage qui est celui d'avoir des fonctions. J'ai eu beaucoup de chance. J'ai été ministre six ans sous le président Macron et sous plusieurs premiers ministres. On a pu faire des choses. Et maintenant, je suis président de groupe et je pèse aussi sur la décision. Je vous pose la question de cette ambition.

41:41
Locuteur 7

C'est parce qu'il paraît que vous avez refusé une première fois d'entrer au gouvernement en 2017. Pourquoi ? Est-ce que c'est Édouard Philippe qui vous avait appelé ?

41:50
Marc Fesneau

C'était Édouard Philippe et François Bayrou. Je pense que l'un et l'autre se souviennent de cette conversation. J'ai dit que ce n'était pas le moment. Parce que je venais d'être élu député pour la première fois.

41:59
Locuteur 7

Vous vous proposez quel ministère ?

42:01
Marc Fesneau

C'était soit sur les questions de ruralité agricole ou sur les questions peut-être de relations avec le Parlement. Mais enfin, c'était déjà, je crois, Christophe Castaner. Donc, je me suis dit que d'abord, je venais d'être élu député et que, arrivant député les gens qui m'avaient élu, que je partais tout de suite et que je vaquais à une responsabilité ministérielle. C'était curieux par rapport au sens que je donnais à la démocratie. Les gens avaient voté pour moi et donc, il fallait quand même que je puisse exercer mon mandat.

Deuxième élément, j'avais la responsabilité de faire émerger un groupe qui n'avait jamais existé à l'Assemblée nationale parce que le groupe Modem n'avait pas de groupe depuis sa création, depuis dix ans. Et donc, j'avais une équipe de gens que j'avais sélectionnés, fait élire, aidés et je trouvais que ma place et mon rôle, je me sentais utile là. Et donc, je me souviens très bien de la phrase, j'avais dit c'est ni oui ni c'est non. C'est non parce que je ne sentais pas dans ce moment-là que je sois ministre et je pense que d'autres pouvaient l'être à ma place sans que ce soit une grande perte pour la France. Vous voyez ce que je veux dire ? On continue à parler

42:57
Locuteur 7

d'ambition quand même parce que vous avez été candidat au Perchoir. Perchoir, c'est la présidence de l'Assemblée nationale. Vous avez recueilli deux fois plus de voix que le nombre de personnes de votre groupe. Mais l'ambition,

43:06
Marc Fesneau

c'était de se faire entendre. C'était une candidature

43:08
Locuteur 7

de témoignage

43:08
Marc Fesneau

ou c'est un poste

43:10
Locuteur 7

qui vous intéresse dans l'avenir ?

43:11
Marc Fesneau

Non mais le poste de président de l'Assemblée nationale est un poste intéressant mais ce n'était pas la question qui était posée à cette époque-là. La question qui était posée, c'est, et je me suis très bien entendu avec Richard Ferrand comme vous savez après, donc ce n'est pas le sujet, mais je me souviens très bien dans quelles conditions ça s'est fait. Ça s'est fait, nous avions l'impression et reconnaissons qu'au début c'était comme ça que nous ne faisions pas grand cas toujours, on ne faisait pas grand cas de ce qu'était le mouvement démocrate. J'ai dit, puisqu'on ne fait pas grand cas, on va se mesurer.

Et comme on s'est mesuré qu'on a fait le double de voix, que j'ai fait le double de voix, et bien ça a un peu éveillé les consciences sur peut-être peut-on parler aux voisins, amis, partenaires du mouvement démocrate. Et donc je ne l'ai pas fait. Je vous prie de croire que je ne croyais pas que je serais président de l'Assemblée nationale mais un seul objectif c'était de montrer qu'on était plus puissant que certains ne voulaient qu'on ne le soit. Et donc c'est ce qu'on a fait. Ça c'était une ambition. C'était de dire l'espace du centre dont nous sommes un peu les dépositaires et pour lequel nous nous sommes beaucoup battus. Moi je suis avec François depuis 1997.

Cet espace il existe et donc ne marchez pas dessus parce qu'il dira ce qu'il a à dire.

44:05
Locuteur 7

Marc Fénaud, vous chassez à l'arbalète et à l'arc dans les bois.

44:08
Marc Fesneau

À l'arc dans les bois, c'est interdit.

44:09
Locuteur 7

Ne me mettez pas en contravention,

44:11
Marc Fesneau

je n'ai plus d'arbalète depuis très longtemps.

44:13
Locuteur 7

Alors à l'arc dans les bois comme à l'Assemblée. Est-ce que dans les bois comme à l'Assemblée, vous ratez rarement votre cible ?

44:19
Marc Fesneau

Ça dépend. Non, non. Ah non, l'arc n'est pas réputé pour être l'outil de chasse le plus performant. Mais en même temps, c'est celui qui est le plus en connexion avec la nature. C'est pour ça que, entre autres, quand je chasse, il m'arrive de prendre un arc parce que je trouve que c'est une connexion à la nature qui est très particulière. Est-ce que je rate ma cible ? Je suis comme tout le monde. Je rate ma cible aussi à l'Assemblée comme ailleurs. En tout cas, j'ai de la persévérance dans les idées. C'est-à-dire qu'il y a des sujets que je porte depuis très longtemps et que je continue à porter.

44:48
Présentateur

Transition avec la nature. Marc Féneau, vous a demandé de venir avec une carte blanche. Vous l'avez faite tout seul. Sans le vouloir, en plus. Carte blanche. Et vous l'avez déjà dit, vous avez envie de parler de questions forestières. Une minute pour nous dire, pour mettre la lumière sur ce sujet.

45:00
Marc Fesneau

Tout ça pour dire... D'abord, la forêt, ça parle à tous nos imaginaires d'enfants, d'adolescents. C'est un lieu à la fois récréatif et d'imaginaire pour beaucoup d'entre nous. Puis en même temps, c'est quelque chose de très concret. Après les océans, c'est le deuxième puits de stockage de carbone. Nous avons une politique française de forestière depuis plus de 350 ans. C'est sous Colbert qu'on s'est interrogé sur la question de la déforestation. Le grand mouvement de déforestation, c'est au Moyen-Âge et le XXe siècle, c'est un mouvement de reforestation. Puisqu'on a gagné quasiment 50% de la surface forestière dans le XXe siècle. Et malheureusement, la forêt est malade.

Elle est malade non pas de ce que font les hommes, elle est malade du dérèglement climatique. Autre produit de l'activité des hommes. Puisque le puits de carbone que constitue la forêt a diminué de moitié en une quinzaine d'années. Alors que les surfaces augmentent et que les risques incendies augmentent. Puisque la moitié quasiment d'ici 2030 ou 2050.

45:47
Présentateur

Alors vous dites quoi ? Vous dites qu'il faut un programme... Il faut porter des idées écolo.

45:50
Marc Fesneau

Il faut qu'on poursuive ce qu'on a lancé avec le président de la République, la plantation d'un milliard d'arbres. Alors il y a des contingences budgétaires actuellement. Mais il faut qu'on ait un programme d'attention à la forêt. Et l'attention, ce n'est pas le laisser aller ou le laisser faire. Degrader par la sécheresse ou par les maladies et replanter avec des essences qui correspondent mieux au moment dans lequel on est. La difficulté, c'est que ce qu'on plante aujourd'hui, on ne le verra pas. Nous. Mais il faut juste penser qu'il faut que nos enfants, nos petits-enfants le voient. Et donc c'est un formidable modèle de développement durable. C'est-à-dire que ça rend modeste la forêt.

Parce que ce qu'on fait là, on n'est pas sûr de le voir, mais on est sûr que ça sera utile.

46:25
Présentateur

Ça sera sans doute aussi en débat pour 2027. En tout cas, si on vous écoute.

46:28
Marc Fesneau

C'est 30% de la surface de la France. On en parle assez peu.

46:31
Présentateur

Ce qui nous amène à la séquence France 2027, Françoise Fresseuse, et à la question de l'Europe. Oui, cette Europe,

46:37
Locuteur 9

le modem, les centristes, y ont vraiment cru. Ça a été l'utopie de l'après-guerre. C'était éviter les guerres intestines de l'Europe, garantir la prospérité économique. Et on voit aujourd'hui l'Union européenne lâchée par Donald Trump, menacée par la montée des régimes autoritaires comme la Chine et la Russie. Faut-il y croire encore malgré tout ?

46:55
Marc Fesneau

Alors, c'était une utopie, mais une utopie qui a eu sa traduction. Parce que nous n'avons pas eu de conflit jusque très récemment sur le continent européen. Deux, il y a plutôt eu de la prospérité durant cette période-là. Il y a eu un endormissement aussi, peut-être ? Oui, c'est ce que j'allais dire. Non, mais je ne saute pas comme un cabri en disant Europe, Europe, Europe, comme aurait dit le général de Gaulle. Je dis, qu'est-ce qui ne va pas ? D'abord, l'élargissement a été fait sans règle. Et on peut...

Tous ceux qui nous ont vendu que c'était bien de rejeter le traité institutionnel ont fait que nous ne pouvons pas prendre des décisions à la majorité ou à la majorité qualifiée sur les questions fiscales et qu'on a maintenu le régime de l'unanimité. Le régime de l'unanimité, c'est qu'un État, parmi 27, peut s'opposer à une mesure dont nous aurions tous besoin. C'est quand même... Parce que personne ne rend jamais des comptes chez les populistes. M. Mélenchon nous avait dit qu'il y a un plan B. Le Pen nous avait dit la même chose. En fait, il n'y avait pas de plan B. Le plan B, c'est qu'on est encalminé depuis qu'on n'a pas réussi cette réforme institutionnelle.

Donc, on a un problème d'institutions qui sont beaucoup trop lourdes. Moi, je l'ai vu quand j'étais ministre de l'Agriculture. Quand on vous dit la perspective de solution, c'est dans 18 mois, 24 mois, 36 mois, mais de quoi... Deux, c'est que l'Europe, elle doit penser à ses intérêts. Et ses intérêts, c'est parfois aussi de regarder que les États-Unis, et ce n'est pas seulement du côté du temps de Donald Trump, les États-Unis défendent d'abord leurs intérêts. Et donc, l'Europe, elle a à la fois trouvé de la souplesse d'organisation pour prendre des décisions dans les temps qu'il faut. Deux, de faire en sorte de sortir de la naïveté.

Relisons et relisez le discours du président de la République. C'est ce qu'il a dit depuis dix ans. C'est le seul qui a porté cette voix à l'époque. Et je pense que, dans le malheur qui est celui du monde aujourd'hui, entre les velléités de M. Trump, qui n'est plus objectivement notre allié, en tout cas, qui le montre ostensiblement désormais, M. Poutine, qui est à nos portes, la puissance chinoise d'où la puissance indienne, pensez qu'on le fera seul sans l'Europe. Alors, ceux qui se mettent sur ce chemin-là, je leur souhaite bien du courage.

48:42
Locuteur 9

Alors, question vraiment d'actualité, vendredi 1er mai, Donald Trump annonce que 5000 militaires américains vont quitter l'Allemagne. C'est une rétorsion parce que le chancier allemand a émis des critiques sur sa politique au Proche-Orient. Alors, est-ce que vous pensez que le moment est venu maintenant d'une clarification entre l'Allemagne et les États-Unis ? Ou est-ce que, au fond, l'Allemagne va quand même rester dépendante des États-Unis ?

49:07
Marc Fesneau

Mais c'est pas l'Allemagne, c'est les peuples européens. L'Allemagne est plus

49:11
Locuteur 9

que nous, peut-être.

49:14
Marc Fesneau

À l'Est, comme il y avait le risque URSS, le bouclier américain, les Polonais, etc., ils ont peut-être pris plus conscience que les Américains ne les protégeaient pas de leurs grands voisins russes et que donc, il y avait besoin de se rassembler. Sans doute, le point déterminant désormais, c'est du côté des Allemands. Mais j'en fais pas une cible.

49:33
Locuteur 9

Parce qu'ils sont très dépendants quand même du marché américain.

49:36
Marc Fesneau

Oui, mais ils sont très dépendants du marché américain. Mais dès lors que vous avez à vos frontières, pas lointaines, une puissance comme la puissance russe qui vous menace et qui menace les équilibres du monde et que, par ailleurs, les Américains disent que ce n'est plus nos affaires. Et reconnaissons que ça a commencé probablement sous M. Obama, cette question-là. Trump a tous les défauts, pas celui d'avoir été le premier, malheureusement, sur ce sujet-là. les Américains se sont désintéressés de l'Europe depuis 20 ans considérant qu'il n'y avait plus d'enjeu géostratégique et que c'était la Chine l'enjeu géostratégique. Et donc, il faut qu'on se prenne en main.

Et donc, si au fond, ça permet d'accélérer le processus de reprise en main intellectuelle, de réarmement intellectuel, de se dire qu'il n'y a pas que des amis ou des adversaires, il y a des gens qui jouent leurs propres intérêts, chacun sous leurs intérêts. Nous sommes 480 millions avec de la richesse, avec de l'innovation, avec de la puissance, y compris militaire, qu'il faut renforcer pour ne pas la rendre dépendante des États-Unis. Je pense qu'on aura fait une œuvre commune et une œuvre utile. Mais ça, c'est dans le cadre européen. Parce que si ce n'est pas dans le cadre européen, ça n'existe pas.

50:31
Locuteur 9

Autre question d'actualité, c'est au fond aussi la menace de Donald Trump d'augmenter les droits de Dan sur les automobiles européennes. Est-ce qu'il faut se coucher ou est-ce qu'il faut dire que maintenant, c'est œil pour œil, que non, pendant ?

50:45
Marc Fesneau

Mais moi, je pense, j'ai beaucoup regretté, d'ailleurs, vous vous souvenez que François Bayrou l'avait dit lui-même que la signature d'un accord sur un terrain de golf privé de M. Trump avait eu quelque chose pour moi, et pour moi français, et pour moi européen. Du million. J'ai trouvé qu'on s'était humilié ce jour-là. Résultat des courses, il s'affranchit totalement de cet accord. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui ne perd pas ces deals.

51:04
Locuteur 9

Il n'est pas entré en vigueur aussi, l'accord.

51:06
Marc Fesneau

Oui, d'accord. Mais enfin, il le dénonce avant de le faire rentrer en vigueur. Alors, à quoi servent les accords ?

51:10
Locuteur 7

C'est la faute de Ursula von der Leyen.

51:11
Marc Fesneau

Quelle est la valeur d'un deal avec le président des États-Unis aujourd'hui ? Égal, zéro. Donc, il faut qu'on fasse autrement. Et donc, je pense que M. Breton, Thierry Breton, l'a dit à plusieurs reprises, il y a besoin que l'Europe s'assume. Et peut-être que Mme von der Leyen devrait aussi s'inspirer de ce qui s'est passé pour ne pas recommencer la même sérénade et aller sous les fourches codines de Trump. Regardez ce qu'a fait M. Zelensky. C'était courageux ce qu'il a fait parce qu'il a pris tous les risques. Il s'est fait insulter dans la Maison-Blanche. Il a dit « Je pars ». Est-ce qu'il a perdu du crédit auprès de Trump ? Je ne suis pas sûr.

Donc, je pense que dans un schéma de puissance, quand vous montrez que vous êtes puissant et que vous ne faites pas marcher sur les pieds pour ne pas dire sur les godasses, je pense que vous donnez le sentiment quand même que vous avez un interlocuteur avec lequel de challenger. Et Trump, il ne connaît que ça. Et Poutine, il ne connaît que ça. Et les autres, il ne connaît que ça. Et nous, si on est toujours faible, faible, faible, on va disparaître. Quand vous décrivez ce que vous dites,

51:57
Locuteur 9

est-ce qu'il faut repartir de zéro, tenter de construire une Europe souveraine à quelques-uns ? C'est ce que je suggère notamment dans son livre « Le temps d'une décision », l'ancien ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui a vu de très près le fonctionnement de l'Europe.

52:09
Marc Fesneau

Mais c'est peut-être un des chemins pour... Alors, soit on arrive à changer un schéma institutionnel, mais tous les populistes de la Terre qui ne servent jamais les intérêts nationaux, au fond, ceux qui ont détruit l'accord européen institutionnel de 2005. Ils ont détruit la capacité à être puissants, y compris nous, Français. Est-ce que si on n'arrive pas à ça, il faut repartir d'un cercle de gens qui seraient extrêmement... Déterminés. Déterminés à faire... Y compris les fondateurs. Et d'abord les fondateurs. Mais je suis sûr que les autres suivraient. Mais à ce moment-là, on se recrée des règles qui fonctionnent et pas des règles qui entravent. Mais vous êtes pour vous ou pas ?

Moi, je trouve que l'idée est intéressante. Alors, il ne faut juste pas... Quand je dis intéressante, c'est vraiment intéressant. Ce n'est pas pour éluder la question. Il ne faut juste pas donner le sentiment que les autres seraient des secondes zones. Donc, il faut engager un dialogue où on dise... On crée quelque chose de nouveau où chacun est bienvenu mais dans les règles qu'on nous fixons qui soient des règles plus opérantes et qui permettent d'assumer une souveraineté plus forte.

53:02
Présentateur

Marc Fénaud, ce sont les dernières minutes de cette émission. Vous connaissez le vrai-faux. C'est parti ? C'est parti. Free-party ou rêve-party, justement. En tout cas, vous n'y avez jamais mis les pieds. Vrai ou faux ? Faux. Vous avez déjà fait une rêve-party ? Je savais que ça vous ferait lever la terre.

53:15
Marc Fesneau

Allez-y. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dis ? Vous me demandez de vrai ou faux. Je vous dis faux, ça vous bloque.

53:20
Présentateur

C'est moi que vous bloquez.

53:22
Marc Fesneau

J'ai été jeune et que donc... Donc, vous avez investi un verre interdit. On n'est pas obligé de devenir un vieux, je ne sais pas quoi. Quand on a été jeune.

53:29
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, quatrième candidature en 2027. Vous ne seriez pas surpris. Vrai ou faux ?

53:33
Marc Fesneau

Je ne serais pas surpris, non. Vrai.

53:35
Présentateur

Vous avez complètement...

53:37
Marc Fesneau

Un petit peu de lassitude, peut-être.

53:38
Présentateur

Vous avez complètement enterré l'idée que François Bayrou soit candidat en 2027. C'est vrai ou c'est faux ?

53:43
Marc Fesneau

Je n'en tiens jamais des idées comme ça.

53:44
Présentateur

Edouard Philippe serait le meilleur candidat du Bloc central en 2027. Vrai ou faux ? Trop tôt pour le dire. Un peu de politique fiction. Vous vous en doutez. 2027, deuxième tour. Mélenchon Bardella. La question, c'est est-ce que vous vous abstenez ? Vous vous abstenez ? Vrai ou faux ?

53:56
Marc Fesneau

Je refuse de répondre à cette question pour le coup, très clairement, parce que je veux m'éviter ce débat-là. Je veux m'éviter ce cauchemar-là.

54:02
Présentateur

D'autres avant vous,

54:02
Marc Fesneau

personne ne l'a évité jusqu'à vous ? Non, je veux m'éviter ce cauchemar-là, parce que je pense que dans l'un et dans l'autre cas, c'est le chaos pour la France. Et Mélenchon est un peu l'idiot-utile, si je me permettais cette expression de Mme Le Pen ou de M. Bardella, en disant qu'on ne fêterait pas avec M. Mélenchon. Déjà, essayons de nous occuper que nous n'ayons ni l'un ni l'autre, ça ne serait pas mal.

54:18
Présentateur

Le Front républicain face au Rassemblement national, ça ne sert plus à rien. Vrai ou faux ?

54:22
Marc Fesneau

Vrai. Je pense que les gens ne comprennent pas ce qu'on veut dire parce que ça a l'impression d'être simplement un schéma en contre et on ne propose rien d'autre. Et immédiatement après, on montre qu'on n'est plus d'accord sur rien. Le Front républicain, c'est qu'est-ce qu'on a comme valeur républicaine. Donc ça peut se réactiver dès lors qu'on se dit de quoi on est capable, qu'est-ce qu'on est capable de faire ensemble. On a fait le Front républicain en 24 et après, tout le monde a voté contre tous les textes. S'il le souhaite, Master Poulet peut s'installer à Blois. Vous n'y voyez pas de problème, vrai ou faux ?

Si, j'y vois un problème dans la nourriture et la gastronomie et les produits de qualité, le rapport que nous avons avec toutes ces chaînes, celles-là comme les autres, qui au fond galvaudent la gastronomie française. Allez en Italie, vous verrez si vous avez autant de magasins de ce type. Merci Marc Fénaud d'avoir répondu aux questions politiques.

55:10
Présentateur

Merci à toute l'équipe. Merci à Marius Serriès et à Fabienne Lemoyle, la rédactrice en chef. Merci à Marius Serriès