L'invité politique Sud Radio - Vincent Jeanbrun, Ministre de la Ville et du Logement et Nicolas Mayer-Rossignol, Maire PS de Rouen, sont les invités politiques.
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Chapitres
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Comment pouvez-vous caractériser ce qui s'est passé ce week-end ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a perdu notre autorité ce week-end ?
- 2:57OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est une fraction délinquante de la banlieue qui a mis à sac une partie de la France ?
- 5:03OuverteRéponse directe
Le fait que Jean-Luc Mélenchon ne condamne pas le terme ACAB, ça vous choque ?
- 6:14RelanceRéponse directe
C'est ce double jeu de la France insoumise que vous dénoncez ?
- 8:05FerméeRéponse directe
Ça veut dire des sanctions ? Contre les députés de la France insoumise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« On a eu un phénomène insurrectionnel qui a d'ailleurs été une forme de conjugaison nouvelle de violences d'ultra-gauche inspirées de la Bonne Vieille Commune. »
- 0:25Invité politiqueFait
« On a eu un phénomène insurrectionnel qui a d'ailleurs été une forme de conjugaison nouvelle de violences d'ultra-gauche inspirées de la Bonne Vieille Commune. »
- 0:32Invité politiqueFait
« des criminels et des délinquants qui ont rejoint une forme de lutte pour agresser les forces de l'ordre et piller, saccager et détruire les symboles de la République. »
- 3:21Invité politiqueFait
« notamment nourries par les narcotrafiquants. »
- 3:56Invité politiqueChiffre
« Nos quartiers populaires abritent 6 millions de personnes qui aspirent à vivre honnêtement, et une petite fraction qui leur pourrit la vie matin, midi et soir. »
- 4:27Invité politiquePromesse
« par une justice qui doit être implacable et faire preuve d'une tolérance zéro »
- 4:32Invité politiqueFait
« quand M. Mélenchon hier dit à l'antenne d'une de vos consoeurs « Oui, je reprends un peu à mon compte, ça dépend des heures et des jours, l'expression « tous les policiers sont des bâtards » »
- 10:46Invité politiqueFait
« Je pense notamment à la loi Riposte qui a été portée par le ministre de l'Intérieur qui a permis de booster notre arsenal contre les rodéos, contre les tirs de mortier, contre un certain nombre de choses, y compris le squat pour ce qui me concerne en matière de logement. »
- 10:58Invité politiqueFait
« On a la loi Casseur-Payeur qui a poursuit son chemin et qui va être une avancée significative notamment pour des violences urbaines comme celles qu'on a rencontrées aujourd'hui. »
- 15:09Invité politiqueFait
« La mairie de Limoges en flamme maintenant, je crois, est gravée dans nos mémoires collectives. »
- 18:00Invité politiqueFait
« Et oui, dans ce point de vue-là, il y a un problème d'assimilation puisque vous avez des enfants de la République qui vont à l'école de la République mais qui ne se reconnaissent pas dans la République, qui ne se reconnaissent pas dans la nation française. »
Temps de parole
- Vincent Jeanbrun80 %
- Présentateur17 %
- ?3 %
≈ 15,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoz.
Notre premier invité politique de la matinée, Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement. Vous êtes donc en charge des banlieues. Bonjour Vincent Jambrun. Bonjour. Comment pouvez-vous caractériser ce qui s'est passé ce week-end
? De
forme d'insurrection.
En
parallèle de manifestations légitimes et globalement très pacifiques, on a eu un phénomène insurrectionnel qui a d'ailleurs été une forme de conjugaison nouvelle de violences d'ultra-gauche inspirées de la Bonne Vieille Commune et de ceux qui ont pensé qu'on pouvait aller faire son shopping gratuit, que c'était le Black Friday, c'est-à-dire des criminels et des délinquants qui ont rejoint une forme de lutte pour agresser les forces de l'ordre et piller, saccager et détruire les symboles de la République.
D'ailleurs, on voit que ce phénomène qui s'est allié, qui a fusionné, a essayé de déborder partout où c'était possible les forces de l'ordre qui ont été extrêmement courageuses et qui, il faudrait quand même le rappeler ce matin à votre micro, ont permis, malgré la vague de haine, de violence qu'ils ont affrontée, de protéger nos concitoyens parce que, globalement, on s'en tire en termes de dégâts sur les personnes de façon extraordinaire. Et on le doit au courage de nos policiers qui n'ont pas été mobilisés que pendant les cortèges, mais dès le matin très tôt, par ces criminels qui sont venus défier la République.
Vincent Jambrin, est
-ce
qu'on a perdu notre autorité ce week-end
?
Elle a été mise en défaut à certains endroits, elle a été très clairement ciblée. Je crois que déjà, c'est le premier constat. Et d'ailleurs, dans son allocation, le président de la République disait qu'on a essayé de s'attaquer à la République, de déstabiliser la République. C'est évidemment un souvenir douloureux des émeutes de 2023, où déjà à l'époque, j'étais encore maire, on expliquait que c
'est
bien les bâtiments pavoisés des drapeaux tricolores qui étaient d'abord pris pour cible, d'abord et avant tout. Et donc, on voit bien qu'il
y
a cette volonté de s'attaquer à nos institutions. Maintenant, nos policiers, nos pompiers, nos gendarmes, les forces de l'ordre et de sécurité ont tenu bon dans des conditions qui étaient extrêmement difficiles. Et je crois que justement, ils ont montré que la République était là. Maintenant, on a été blessés hier.
On
a été blessés collectivement. Notre pays, notre société, notre République a été blessés.
Il
s'agit d'en tirer toutes les conséquences. Mais je veux aussi dire à votre antenne, blessés, mais pas morts. Notre pays tient debout. Il y
a
des millions de Français qui se réveillent ce lundi matin
se
disant que tout ça n'est pas possible, mais il faut qu'on y mette un terme. C'est la volonté du gouvernement,
c
'est la volonté de tous celles et ceux qui sont responsables de la tranquillité publique dans notre pays. Je veux dire, et c'est la bonne nouvelle, c'est la volonté de millions de Français qui considèrent que ces casseurs, ces voyous, ces délinquants sont une petite minorité dont il faut, une bonne fois pour toutes, se prémunir.
Est-ce que c'est une fraction délinquante de la banlieue, vous qui êtes un observateur, forcément, puisque vous êtes ministre de la ville et du logement ? Est-ce que c'est une fraction délinquante de la banlieue qui a mis à sac une partie de la France
?
Il y
a
des enquêtes qui permettront de déterminer d'où viennent ces individus, mais là aussi, je prends appui sur la mémoire qu'on a des émeutes de 2023, il y a une petite partie de nos quartiers populaires qui abritent ces formes de délinquance, notamment nourries par les narcotrafiquants.
Certains
le disent, justement,
qu'il y
avait un certain nombre de narcotrafiquants.
Je le dis depuis les émeutes de 2023,
à
savoir que vous avez des jeunes et moins jeunes qui sont parfaitement formés à cette espèce de violence, à cette espèce de guérilla urbaine, et ça ne
s
'apprend pas à l'école. Donc ça s'apprend où ? Dans les rues de certains quartiers, avec des forces, j'allais dire obscures, des narcotrafiquants qui apprennent à notre jeunesse très tôt à attaquer la police et à la détester. Je veux dire deux choses à votre micro. D'abord, c'est une minorité. Nos quartiers populaires abritent 6 millions de personnes qui aspirent à vivre honnêtement, et une petite fraction qui leur pourrit la vie matin, midi et soir, et qui les met en danger. Il ne
faut
pas confondre les deux, d'une part. Et deuxièmement, ces gens doivent être mis hors d'état de nuire, tous les jours dans les quartiers, et a fortiori quand il
y
a des éruptions comme ce qu'on a vu samedi et hier encore avec les pillages. Et ça passe par de la fermeté, par nos policiers qui sont encore une fois très courageux d'aller se battre tous les jours dans ces quartiers, mais aussi par une justice qui doit être implacable et faire preuve d'une tolérance zéro, et pardon de le dire, par des responsables publics qui arrêtent de jeter de
l
'huile sur le feu. Quand M. Mélenchon hier dit à l'antenne d'une de vos consoeurs « Oui, je reprends un peu à mon compte, ça dépend des heures et des jours, l'expression « tous les policiers sont des bâtards », pardon je cite, mais ça, ça me scandalise, parce que c'est humilier des personnes qui ont choisi de mettre leur vie en péril pour protéger les citoyens français. C'est absolument inadmissible, et ça mériterait objectivement que tout le monde, unanimement, condamne ces propos qui sont dangereux, parce qu'en fait, on monte la jeunesse contre ceux qui sont censés protéger les citoyens. C'est inadmissible. Ces propos de
Jean-Luc Mélenchon, qui fait référence au terme et à l'acronyme ACAB, qui précise, enfin, qui dit que les policiers seraient, et je mets ça évidemment entre parenthèses et avec du conditionnel, et surtout avec des guillemets, seraient des bâtards, le fait qu'il ne condamne pas ce terme-là, ça vous choque ? Pardon,
c'est pire que ne pas le condamner. Il le reprend à son compte, hier, dans l'émission. Quand, justement, votre consoeur journaliste dit « Est-ce que vous reprenez ce terme à votre compte ? » « Oh, ça dépend
des jours et des heures.
» Ça dépend des heures et des jours. C'est scandaleux, c'est honteux, bien sûr, que je condamne ces propos. Et de manière générale, ça fait des semaines qu'on voit cette mouvance politique, la France insoumise, qui met de l'huile sur le feu, qui incite, qui légitime la violence, qui aiguillonne les uns et les autres. Et en même temps, est-ce qu'on doit être surpris quand on connaît la situation de M. Raphaël Arnaud et de ses assistants parlementaires, un député France insoumise, multirécidiviste en matière de violence, quand on sait qu'à Marseille, M. Delogu a été condamné, il a frappé à coups
de
pied des représentants de l'éducation nationale. Effectivement, on ne devrait pas être surpris. Mais ça mérite une condamnation totale et absolue.
Eux vont vous dire qu'ils ont, dans les derniers jours, appelé au calme. Le Premier ministre a une autre lecture des événements, puisqu'il a dit ce week-end qu'on ne peut pas, le lundi, tenir des propos qui incitent à la violence, le mercredi, sans prendre aux forces de l'ordre, et le vendredi, appelé au calme. C'est ce double jeu de la France insoumise que vous dénoncez ? Mais
bien sûr,
mais
il n'y a même pas... C'est une hypocrisie absolue. Il n
'y a
même pas de double jeu. Moi, j'entends la violence est légitime du maire de Saint-Denis. J'entends le fait que ce n
'est
pas devant, dans les quartiers, qu'il faut manifester, mais bien à l'Élysée. C'est un appel à aller attaquer les symboles de la République. Vous avez quasiment autant de citations qu'il y
a
de parlementaires et les filles qui, d'une façon ou d'une autre, plus ou moins déguisées, appellent à cette insurrection et à cette violence. C'est
quoi la finalité
de
ce
que vous dites ? Aujourd'hui, il faut les interdire ? Le sujet, c'est qu'il faut d'abord les combattre, les condamner. On doit porter plainte systématiquement.
C
'est ce qu'a commencé à faire le ministre de l'Intérieur à chaque fois qu'il
y a
une incitation à la violence ou à la haine. Et de manière générale, moi, ce que surtout j'espère, c'est que nos concitoyens ouvrent les yeux sur ce qu'est la réalité de ce mouvement et surtout ouvrent les yeux sur ce qu'ils sont en train d'essayer de faire. Parce que ce chaos qu'ils essayent de semer dans le pays, il n'a qu'un but, c'est leur permettre d'accéder au pouvoir de façon légale ou non. C'est ça qu'on est en train de ressentir dans ce pays. C'est une volonté insurrectionnelle de prendre le contrôle du pays.
Quand vous entendez hier les slogans « C'est la Bastille, c'est la Bastille, c'est la Bastille », on voit bien cet esprit révolutionnaire qui est en train de souffler dans le pays et qui fait ça toute la journée ? Qui inonde les réseaux sociaux de ce genre de principe ? Qui, à leurs universités d'été, la France insoumise, a, avec ce magnifique spectacle de drones, mis le portrait de Robespierre en lumière dans la nuit et a été acclamé comme si c'était un héros national ? Robespierre qui a fait tant de mal. Mais il faut qu'on se réveille tous ensemble. Mais Vincent Jambrun,
la suite de ce que vous dites, ça veut dire quoi ? Ça veut dire des sanctions ? Ça veut dire qui
?
Contre les députés de la France insoumise
?
Contre toute personne dans notre pays qui inciterait à la haine. Et c'est vrai, quand on a des propos antisémites, c'est vrai quand on appelle à la violence, c'est vrai quand on va défier les policiers sur des barricades, c'est vrai quand on assiste sans réaction à des mises à feu de lycées comme on a pu voir. Je vous rappelle que quand on est élu de la République en France, il y
a
un truc qui s'appelle l'article 40. C
'est
un article de loi qui dit que non seulement vous ne
pouvez
pas rester sans rien faire quand vous voyez un crime ou un délit, mais mieux, il faut absolument le dénoncer au procureur de la République. Et si vous ne respectez pas cet article 40, vous pouvez avoir des poursuites. Je suis désolé, il faut qu'on mette notre droit en application, y compris pour faire en sorte que la France Insoumise soit responsable de ses comportements. Jean-Luc Mélenchon dit que c'est le Premier ministre qui joue le pourrissement. Ça fait des mois que M. Mélenchon joue l'attention et lui-même le pourrissement de la situation. En fait, il joue le chaos. On a aujourd'hui un M. Mélenchon qui joue de toutes ses forces le chaos.
Et ce qui est terrible là-dedans, c'est qu'avec beaucoup de mépris, il instrumentalise des revendications légitimes parce que moi, je ne confonds pas celles et ceux qui vont manifester pacifiquement parce qu'il y
a
un enjeu de pouvoir d'achat, parce qu'il y
a
un enjeu de confiance dans l'avenir pour nos lycéens, parce que nos agriculteurs se demandent comment ils vont finir les fins de mois. Tout ça, ce sont des expressions légitimes. Moi, je suis heureux et fier de vivre dans un pays démocratique où chacun peut s'exprimer librement dès l'instant. Il respecte les règles de droit et donc l'ordre public. Et on a besoin, une bonne fois pour toutes, d'expliquer que M. Mélenchon joue contre l'ordre public et au fond, contre la République.
J'entendais des commerçants dire que certains d'entre eux avaient des barres de fer ce week-end à la main et que ce serait peut-être la prochaine étape. Est-ce que vous redoutez un affrontement ?
Bien sûr que je le redoute.
Vous
savez, entre guillemets, d'où je parle. J'ai vécu en tant que maire les
émeutes
de 2023. Et on rappelle que vous avez été attaqué vous-même dans votre domicile par une voiture bélier en 2023. On sait
jusqu'où cette sauvagerie peut aller. Et c'est là où, effectivement, moi, je me souviens déjà qu'en 2023, il y avait des barres de fer, il y avait des haches,
il
y avait des piolets, il y avait des disqueuses professionnelles thermiques pour aller scier tout et n'importe quoi.
Mais les gens
qui vous écoutent, Vincent Jambrun, vous disent mais c'est très bien de caractériser tout ça. Mais qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?
Deux choses. D'abord, il faut sincèrement que chacun se dise comment on fait changer les règles du jeu. Pour ça, dans un pays démocratique,
il
faut des lois. Et comme il faut des lois, il faut qu'au Parlement, ça vote. Et comment se fait-il et
c
'est parce que vous avez des forces à l'Assemblée Nationale notamment, et notamment la LFI, qui ont empêché énormément de choses de se faire. Pour autant, on a quand même eu des avancées. Je pense notamment à la loi Riposte qui a été portée par le ministre de l'Intérieur qui a permis de booster notre arsenal contre les rodéos, contre les tirs de mortier, contre un certain nombre de choses, y compris le squat pour ce qui me concerne en matière de logement. On a la loi Casseur-Payeur qui a poursuit son chemin et qui va être une avancée significative notamment pour des violences urbaines comme celles qu'on a rencontrées aujourd'hui.
Mais bien sûr qu'il faut aller beaucoup plus loin et faire en sorte que les condamnations soient exemplaires.
Et là
tout de suite, qu'est-ce qu'il faut faire
? Gérald Darmanin
a réagi dès ce dimanche en demandant à l'ensemble des procureurs de la République d'avoir une vision extrêmement ferme de la situation. Je vous dis, je parle en
mon
nom personnel, il faut une tolérance zéro. Tolérance zéro et absolue. Vous savez, moi je crois à la certitude de la peine et à son immédiateté. Vous
savez
bien que ça ne sera pas le cas. Vous savez bien qu'il y a déjà, je crois qu'il y a déjà ce week-end eu une comparution immédiate avec quelqu'un qui a été relâché immédiatement.
La politique, la vraie avec un grand P, c'est rendre possible ce qui est nécessaire. Et aujourd'hui, tous les Français ont bien compris qu'il était nécessaire de mettre hors d'État de nuire ces casseurs délinquants. C'est ça le vrai sujet pour nous. Il faut rétablir l'ordre. Moi je m
'y
emploierai et dans les fonctions qui sont les miennes, je m'emploierai aussi une fois que l'ordre est rétabli à rétablir l'espoir. Parce que la vérité c'est que dans ce pays, on est en train de les uns les autres, chacun dans nos domaines, dans nos univers, de baisser les bras alors que ce pays reste merveilleux. Et je pense que dans ce contexte extrêmement difficile, il est bon aussi de se rappeler qu'on est à la tête d'un grand pays. On a des richesses extraordinaires à condition de le vouloir. Mais pour ça, il faut aussi de la fermeté.
Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement est notre invité ce matin. On considère que le président de la République aurait pu
être
plus ferme et annoncer des mesures plus spectaculaires. Est-ce que vous imaginez un couvre-feu dans les jours à venir ? Est-ce que c'est à exclure ?
Ou
bien est-ce que vous y pensez au sein du gouvernement un couvre-feu, des interdictions de manifestation, à essayer de passer un cap
au
-delà de ce qui a déjà été fait
? Écoutez,
le droit français en cela est assez bien fait. Et ça permet d'ores et déjà, sans avoir besoin de faire des annonces grandiloquentes, pour rien,
de
permettre à chaque maire qui le souhaite de demander un couvre-feu, c'est le cas par exemple en Outre-mer, de permettre au préfet et le président de la République l'a dit, d'interdire des manifestations ou des rassemblements si on ne se sent pas en capacité de maintenir l'ordre public. Tout ça est possible déjà dans notre droit. Et ce que je veux dire, c'est que là, la détermination, elle est partout. Le ministre de l'Intérieur l'a rappelé encore ce matin sur une autre antenne en disant qu'on ferait tout ce qui est nécessaire pour que l'ordre soit maintenu dans ce pays.
Vous
savez, il faut avoir l'humilité de reconnaître que ce qui s'est passé samedi est nouveau.
On
connaissait les manifestations qui pouvaient, en fin de cortège, dégénérer. On connaissait les pillages et on connaissait les violences urbaines type guérilla. Là, ce qui est nouveau, c'est la conjonction des trois. C'est le fait que tout ça est venu se mêler, j'allais dire, se soutenir. Les manifestants n'ont pas voulu soutenir positivement ni les casseurs ni les pilleurs, mais ce que je veux dire, c'est que la masse gigantesque de ces rassemblements vient créer, effectivement, des complexités pour nos forces de l'ordre.
C'est ça qui est nouveau et il faut qu'on en tienne compte et qu'on ait une nouvelle doctrine pour pouvoir faire en sorte que l'ordre soit respecté même dans ces conditions. Une nouvelle doctrine, dites
-vous, avec des récits qui sont effroyables. Le maire de Limoges qui nous dit qu'à 15h, 15h30, les policiers n'avaient plus de munitions. On en est là aujourd'hui en France. Lorsque je lui ai demandé tout à l'heure ce qu'il restait comme munitions, il me dit des balles réelles.
Voilà,
à 15h30. Et c'était avant la prise de la mairie. Je veux redire
tout mon soutien au maire de Limoges et plus largement à tous les élus locaux. Moi,
je vous
le dis, j'étais maire en 2023, je me souviens malheureusement de
tout ce
que ça...
Vous
savez, pour être honnête, moi, ça fait deux jours que je ne dors pas très bien. Je ne dors pas parce que tout ça ravive des souvenirs qui sont extrêmement douloureux. Et j'ai souvent dit aux différents micros après que les flammes s'étaient éteintes mais que les braises étaient toujours là. Ce qu'on a vu samedi,
c
'est qu'il suffit que quelques-uns soufflent sur ces braises pour qu'elles se rallument. Nos policiers ont été extrêmement courageux dans des conditions y compris matérielles difficiles. Ils ont tenu bon. partout où c'était possible mais ça n'a pas empêché les choses effroyables. La mairie de Limoges en flamme maintenant, je crois, est gravée dans nos mémoires collectives et ça doit être l'alerte qui nous pousse tous collectivement au sursaut.
C
'est inacceptable de poursuivre. C'est aussi pour ça qu'il faut que le ministre de l'Intérieur qui s'y emploie dès aujourd'hui puisse trouver les outils pour qu'on ait la bonne doctrine, les bonnes méthodologies pour faire en sorte que
ça...
Les Français se
demandent pourquoi les millions de la politique de la ville n'ont pas servi à répondre aux besoins de ceux qui viennent des banlieues et pourquoi ceux qui viennent des banlieues sont venus détruire les centres-villes. C'est aussi ce récit-là ce week-end.
Attention à ne pas tout confondre. On a dans nos banlieues comme on dit dans ces quartiers populaires nos infirmières, nos caissières, nos chauffeurs de bus, toutes celles et ceux qui sont en première ligne et qui étaient les essentiels au moment du Covid. On
peut le dire
autrement Vincent
Gembrun, une
minorité est en train de gâcher tout le reste. Et il
y
a par contre des minorités criminelles qui ont prospéré et on en a bien sûr qui pourrissent la vie de tous les honnêtes gens qui vivent dans les quartiers qui sont là. Maintenant, en tant que ministre chargé de la politique de la ville, depuis quelques mois maintenant, je passe une consigne systématiquement au préfet en charge de ces questions et je le dis à toutes les associations qui sont en partenariat avec l'État, il faut qu'on remette la méritocratie au cœur de nos politiques publiques et l'amour de la République. J'ai souvent eu cette expression qui m
'est
parfois reprochée mais il faut qu'on assume de refaire du prosélytisme républicain, c'est-à-dire aller planter des drapeaux tricolores dans le cœur et dans l'esprit de notre jeunesse. Parce que vous avez une jeunesse qui grandit dans ces quartiers et ailleurs objectivement, nourrie, biberonnée par des réseaux sociaux qui leur apprennent tout un tas de choses mais certainement pas à faire partie de la grande communauté nationale et si on veut faire nation, il va falloir aussi leur redonner le goût de la nation. Justement,
sans le dire, vous nous dites que c'est aussi des enfants de l'immigration qui n'ont pas été intégrés. C'est
aussi beaucoup ce qu'on a observé dans les images ce week-end.
Vous avez des gamins qui ne sont pas issus de l'immigration,
qui
grandissent dans des quartiers populaires ou pas d'ailleurs et qui aujourd'hui se sentent plus proches d'une communauté qu'elle soit une communauté d'origine ou tout simplement choisie, je n'en sais rien moi, sur une communauté de personnes qui aiment telle ou telle chose ou une communauté autour de l'environnement par exemple et qui en font un
appartenance supérieur. Vous ne faites pas de lien entre l'immigration
et les événements de ce week-end ? Vous savez combien de policiers sont issus de l'immigration
?
Combien de policiers qui ont été victimes des violences ce week-end, de tentatives d'assassinat sont issus de l'immigration ? Combien de nos infirmières sont issus de l'immigration ? Le sujet, il n'est pas là. Le sujet, c'est comment on donne l'amour de la France, qu'on soit fils d'immigrés ou qu'on soit enfant de France depuis quatre générations. Quand le
ministre
de l'Intérieur dit qu'on a une perte de contrôle, elle est due à qui
? Cette
perte de contrôle ce week-end ?
Aujourd'hui, vous avez des
personnes
qui habitent sur notre territoire national
qui
ne se reconnaissent pas dans notre nation. Et c'est un drame. Et oui, dans ce point de vue-là, il y
a
un problème d'assimilation puisque vous avez des enfants de la République qui vont à l'école de la République mais qui ne se reconnaissent pas dans la République, qui ne se reconnaissent pas dans la nation française. Et c'est un problème. Vous avez raison de le dire. Pour autant, je considère que
d
'où convienne cette question se pose. Et d'ailleurs, quel que soit son âge, parce que vous avez aussi des adultes qui ont tenu des propos scandaleux, vous avez des parents qui ont laissé leurs enfants à les piller. On a même vu des images où vous aviez les parents qui pillaient avec leurs enfants. Donc ce combat-là, il est gigantesque, il est devant nous. Mais à titre personnel, ma détermination sera totale. Si j'ai continué la politique après l'attaque de mon domicile et après les émeutes, c'est justement parce que je refuse qu'on baisse les bras et je me dis que ce pays a les fondamentaux pour pouvoir s'en sortir.
Vincent Jambrun était notre premier invité ce matin dans le Grand Matin de Sud Radio. Vous avez parlé de phénomènes insurrectionnels à notre micro ce matin. Merci Vincent Jambrun. Bon courage. Vous êtes ministre de la Ville et du Logement.
Et
donc, on l'a bien compris, en charge de fait des banlieues. Dans un instant, Nicolas Maillard-Rossignol, il est l'un de ses maires, maire de Rouen, qui lui aussi a dû subir les violences. On a beaucoup parlé de celle de Paris, de Lyon, Marseille.
Il
y a tout un tas d'autres villes qui ont dû subir ces saccages. On se retrouve dans quelques secondes.
Vincent Jeanbrun