Le ministre de l'Économie Roland Lescure revoit à la baisse les prévisions de croissance pour 2026
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« le diesel était à 2 ,30€, l 'essence ordinaire à 2 ,10€, on était à 2 ,40€ au printemps pour le diesel et le 2 ,10€ qu'on a atteint ce matin est un maximum pour l'année en ce qui concerne l'essence »
- 3:58Chiffre
« Hier, le taux des obligations d'État français à 10 ans était de 4 4 ,4%. Il était de 3 ,5 % il y a un an. C'est le chiffre le plus haut depuis 2008. »
- 3:58Fait
« le premier budget de l'État supérieur à celui de l'éducation nationale. ou encore celui de la défense »
- 6:05Chiffre
« En début d'année, nous tablions dans le cadre de la voie de finances sur une prévision de croissance de 1%. On a donc divisé par deux les estimations de croissance pour cette année. »
- 6:50Chiffre
« une baisse de la valeur ajoutée agricole de 8% »
- 6:50Chiffre
« Hormuz, qui a impacté nos perspectives de croissance de l'ordre de 0 ,2 % de croissance »
- 7:33Chiffre
« Pour 2027, nous tablons sur un rebond de la croissance qui amènerait la croissance Française à 1% »
- 8:15Chiffre
« une inflation qui, en 2026, serait en moyenne sur l'année un peu au-dessus de 2 %, 2 ,1 % pour être précis »
- 8:58Chiffre
« En juillet, le prix du pétrole était aux alentours de 70 dollars le baril, c'est-à-dire finalement un chiffre très proche de celui qui prévalait juste avant la crise. Il est aujourd'hui au-delà de 100 dollars. »
- 10:34Promesse
« Ce cadrage budgétaire y démontre la nécessité impérieuse d'adopter un budget le plus tôt possible, pour 2027, avant la fin d'année, je l'espère. »
Temps de parole
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Allez, on y va. Bonjour à toutes et à tous. Merci d'être là ce matin à Bercy pour un exercice inédit. Cette conférence de presse, c'est l'acte 1 de la séquence budgétaire qui entame une séquence qui se déroulera d'ici la fin de l'année qui vise à poser le décor macroéconomique, le cadre macroéconomique dans lequel va se dérouler l'examen budgétaire et dans lequel s'est déroulée la la fabrication du budget. Je pense qu'il est raisonnable de dire que les incertitudes économiques n'ont aujourd'hui jamais été aussi fortes. Elles sont internationales, elles sont nationale et à environnement
économique inédit, exercice donc inédit, un exercice de transparence qui nous permet de vous présenter notre prévision de croissance à la fois pour cette année et pour l'année prochaine. Notre fil rouge, il est clair, c'est la transparence qui est aujourd'hui un gage essentiel de crédibilité vis-à-vis de nos concitoyens, crédibilité vis-à-vis des parlementaires, crédibilité aussi vis-à-vis des marchés financiers. Nous disons la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'année 2026 n'a pas épargné
la France en termes de crises successives, multiples, qui se sont multipliées, des crises internationales, mais aussi des crises nationales. Cette année, elle a été marquée par des crises multiples avec quatre types de chocs. D'abord, un début d'année marqué par l incertitude. Une incertitude, je dirais traditionnelle du fait du cycle électoral à l'approche des élections municipales et tout de suite après les élections municipales, on a enregistré cet habituel, une baisse de l investissement des collectivités locales en travaux publics qui se reflètent dans les comptes de l'INSEE. Et une incertitude plus inhabituelle, liée à l'adoption tardive d'un budget,
la mise en place d'une loi spéciale jusqu'à la fin du mois de février, qui a introduit à la fois de l'incertitude et l'arrêt d'un certain nombre de politiques publiques qui soutiennent la croissance. À cette incertitude politique domestiques, c'est ajouté évidemment à partir du printemps un choc géopolitique d'ampleur, la crise du détronormus qui a conduit à la hausse des prix énergétiques pour nos concitoyens, nos entreprises mais aussi les ménages évidemment. Cette crise elle est loin d'être terminée, on voit encore avec les derniers chiffres, ce matin le diesel était à 2 ,30€, l 'essence ordinaire à 2 ,10€, on
était à 2 ,40€ au printemps pour le diesel et le 2 ,10€ qu'on a atteint ce matin est un maximum pour l'année en ce qui concerne l'essence. Cette crise elle est internationale, vous avez sans doute vu qu'aux Etats-Unis, le prix du galon puisqu'on le mesure en galon là-bas a dépassé pour la première fois les 6 $ cette nuit. Elle pèse évidemment sur le pouvoir d'achat, elle pèse aussi sur les coûts des entreprises. Troisième type de choc, un choc climatique, des épisodes climatiques inédits à la fois par leur intensité mais aussi par leur multiplication. Nous n'avons pas eu un choc thermique cette année mais 4. En mai, ce n'était jamais arrivé au auparavant, en juin, en juillet et en août,
avec en plus des incendies majeurs qui ont affecté directement des régions, la Gironde, l'Élande, l'Élevard, on le sait, et qui ont eu un impact réel sur la
qui pèse sur le budget de l'État, qui pèse aussi sur le budget de nos concitoyens, qui pèse notamment sur les perspectives d'investissement des entreprises. Hier, le taux des obligations d'État français à 10 ans était de 4 4 ,4%. Il était de 3 ,5 % il y a un an. C'est le chiffre le plus haut depuis 2008. 'ensuit une hausse de la charge de la dette. Notamment pour l'Etat, on est à 65 milliards d'euros juste pour l'Etat de charge de la dette dont 4 ,5 milliards de hausse liée à la La crise au détroit d'Harmouz, 4
,5 milliards d'euros de plus par rapport à ce qui était prévu dans la loi de finances. C'est aujourd'hui le premier budget de l'État supérieur à celui de l'éducation nationale. ou encore celui de la défense. J'en profite pour rassurer sur le fait que l'État français n'a aucun problème d'émission. Nous sommes aujourd'hui sur les marchés à près de 85 % de notre programme initial. Le papier français, comme on dit dans le jargon, se vend bien. Les investisseurs continuent à nous faire confiance. Mais il faut le reconnaître, nous payons plus cher notre dette qu'il y a un an. Alors quand on compare ces chiffres récents aux chiffres de nos voisins européens,
on a clairement un trou d'air spécifique à l'économie française. L'économie française... L'économie française croit moins que ce qui était prévu en début d'année et croit moins que ses partenaires, notamment européens. D'abord parce qu'on est victime à la fois de chocs internationaux qui s'imposent à tous, mais aussi de chocs nationaux spécifiques, le climat, les incertitudes politiques qui ont un impact réel. L'exposition peut être plus forte aux chocs climatiques. Et troisième point, il faut bien le reconnaître, nous n'avons pas de marge de manœuvre budgétaire. L'économie allemande bénéficie aujourd'hui d'un programme historique de relance de l'investissement dans la défense. L'économie italienne bénéficie du plan de relance européen dont nous avons
bénéficié au sortir de la crise Covid et dont l'Italie bénéficie depuis deux ans. C'est pour cette raison que nous annonçons aujourd'hui notre révision de croissance pour 2026, nos prévisions pour 2027, révisions et prévisions que nous avons construites de manière réaliste. Les chiffres sont les suivants. En moyenne, cette année, nous estimons la croissance française à 0 0 ,5 % en ligne avec les prévisions récentes, les estimations récentes des principaux instituts. L 'INSEE est sortie, vous le savez hier, avec une prévision de 0 ,4%. Le consensus des économistes de Laplace est aujourd'hui à 0 vir. Cirque 6%, nous sommes dans la moyenne.
Vous le savez, en début d'année, nous tablions dans le cadre de la voie de finances sur une prévision de croissance de 1%. On a donc divisé par deux les estimations de croissance pour cette année. C'est important, c'est majeur. Avec un effet estimé de la sécheresse, des vagues de chaleur, estimée à 0 ,1 point de PIB sur 2026, une baisse de la valeur ajoutée agricole de 8%. Hormuz, qui a impacté nos perspectives de croissance de l'ordre de 0 ,2 % de croissance, impacte à la fois sur la consommation des ménages et sur les dépenses des entreprises. puis les 0 ,2 restants sont liés d'écart entre 1 et 0 ,5%. Ils Ils sont liés à deux facteurs. 'incertitude politique, j'en parlais tout à l'heure,
qui a affecté la croissance en début d'année, mais aussi un hiver plus clément qui qui avait affecté de manière positive la consommation énergétique des ménages inférieure à ce qui était prévu. Pour 2027, nous tablons sur un rebond de la croissance qui amènerait la croissance Française à 1%. 1%, c'est à la fois un rebond lié à une hypothèse importante qui est une réduction progressive, mais une réduction quand même des incertitudes géopolitiques et un retour de la circulation dans le détroit d'Hormouz à la quasi normale dans les mois qui viennent. C'est inférieur à la croissance potentielle de la France, qui est à 1 ,2%, mais c'est une croissance qui rebondit,
évidemment, ces hypothèses restent des hypothèses incertaines. J'y reviendrai. Mais c'est une prévision de croissance qui, elle aussi, est dans la fourchette des principaux prévisionnistes, avec une inflation qui, en 2026, serait en moyenne sur l'année un peu au-dessus de 2 %, 2 ,1 % pour être précis, avec un pic d'ici la fin de l'année autour de 3 % et un retour progressif à une inflation en dessous de 2 qui amènerait la prévision en moyenne sur l 'année 2027 à 1 ,8 %. Évidemment, peut-être plus que jamais, comme toujours mais plus que jamais, ces ces prévisions sont entourées de fortes incertitudes sur l'évolution
des tensions géopolitiques, sur l'évolution des taux d'intérêt, sur l'évolution des aléas climatiques. Plus que jamais Mais en 2026, les incertitudes sont essentiellement liées à des révisions possibles de la croissance par l'INSEE. En 2027, par des aléas qui sont très présents. J'ai entendu que le président des États-Unis prévoyait une fin de la guerre en Iran dès les élections du mid-term, début novembre. Évidemment, si on réduit très fortement, très rapidement les tensions géopolitiques, ça se verra sur les prix de l'énergie, ça se verra sur les taux d'intérêt, ça Ça se verra sur la croissance française. Je rappelle qu'en juillet, le prix du pétrole était aux alentours de 70 dollars le baril, c'est-à-dire finalement un chiffre
très proche de celui qui prévalait juste avant la crise. Il est aujourd'hui au-delà de 100 dollars. Une réduction des incertitudes géopolitiques aurait évidemment un impact important. A l'inverse, évidemment, une dégradation de l'environnement géopolitique, des turbulences financières qui amèneraient les taux d'intérêt plus haut encore qu'ils ne sont aujourd'hui, ou j'insiste là-dessus, des incertitudes politiques franco-françaises pourraient affecter ce scénario à la baisse. C'est la raison pour laquelle je souhaite passer quelques messages qui me semblent important. Nous sommes dans un cadre budgétaire contraint, pour le dire simplement, nous n'avons plus de gras. Ce cadrage budgétaire y démontre la nécessité impérieuse d'adopter
un budget le plus tôt possible, pour 2027, avant la fin d'année, je l'espère.
Deuxième enseignement important, ce budget Il nécessitera un effort partagé. Oui, un effort partagé, mais un effort qui devra préserver nos moteurs de croissance. Il est impératif dans un monde où les risques sont plus élevés, que les moteurs de croissance soient préservés. C'est tout le sens de la lettre du Premier ministre qu'il a adressée aux chefs d'entreprise pour leur proposer un pacte de stabilité. Le budget que nous déposerons ne touchera pas au crédit import-cherche, ne tout touchera pas au pacte d'Utreil, préservera l'apprentissage et visera une baisse de la surtaxe de l'impôt sur les sociétés.
Avant de terminer, je voudrais insister quand même dans ces moments parfois un peu déprimants sur les facteurs de résilience réelle qui bénéficient à l d'économie française. D'abord son attractivité constante, les investissements directs à l'étranger en France, dans des secteurs liés à l'industrie verte, à la transition écologique, dans des secteurs liés à la transition numérique, à l'accélération de l'intelligence artificielle sont des facteurs de résilience, sont des facteurs de croissance. Nous devons continuer à les soutenir et soyons-en fiers. La France est à la pointe de la Révolution verte est à la pointe de la Révolution technologique. Nous pouvons, nous devons en profiter.
Le commerce extérieur qui a soutenu la croissance, ce qui signe notre agenda de compétitivité continue à porter ses fruits, la maîtrise du coût du travail, les efforts de l'innovation. J'insiste aussi sur le plan d'électrification avec des investissements majeurs dans le secteur énergétique, notamment évidemment la construction des EPR qui va débuter progressivement dans les semaines, dans les mois qui viennent, qui va soutenir la croissance. Et puis n'oublions pas que l'innovation technologique, la révolution technologique, c'est aussi de la croissance dure, de l On a aujourd'hui 450 000 salariés en France qui travaillent directement pour le secteur des technologies. La France est le premier pays d'attractivité dans les emplois, dans le secteur de l'intelligence artificielle.
Nous allons continuer à soutenir des champions en la matière. C'est essentiel pour nous, c'est essentiel pour l'Europe, puisque la France est aussi le fer de lance de la révolution technologique en Europe. Cette conférence de presse, c'est comme je le disais l'acte 1 de la séquence budgétaire, poser le cadre exigeant dans le cadre pour lequel nous construisons le projet de loi de finances que nous aurons l'occasion de présenter un peu plus tard avec mon collègue David Amiel, ministre des Comptes publics. Avant de passer la parole aux représentants du Trésor ici présent, Nathalie Georges, Dorothée Rouzet et Guillaume Cléo. Je voudrais les remercier sincèrement, eux trois mais aussi toutes celles et ceux qui travaillent à leur côté pour avoir fait leur métier il y a
maintenant un peu plus de 30 ans, je peux vous dire que le métier de prévisionniste il n'est pas facile et que ces temps-ci il est particulièrement difficile. Ils ont travaillé d'arrache-pied pour ces prévisions qu'on vous présente aujourd'hui, les équipes de Bercy travaillent d'arrache -pied pour finaliser un budget qu'on vous présentera dans les jours qui viennent. Merci à vous toutes et à vous tous, je sais que c'est pas facile mais voilà c'est votre métier et vous le faites bien. Merci à tous et à toutes et à vous.
Roland Lescure