Clémentine Autain : "LFI n'est pas d'extrême gauche"
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Jean-François Aquili, votre invité politique ce matin sur Sud Radio, c'est Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis, cofondatrice de l'après et candidate à l'élection présidentielle.
Bonjour Clémentine Autain. Une figure historique de la gauche emportée par l'affaire Epstein, Jack Lang, à vos yeux, a-t-il pris la bonne décision de démissionner de l'Institut du Monde Arabe ?
J'estime qu'il était temps qu'il prenne cette décision. Les premiers mots qu'il a posés donnaient à voir un homme qui ne comprend pas tout à fait ce qui se joue et en quoi le scandale qui éclate est choquant, très choquant, profondément choquant pour les Françaises et les Français. Je lisais parmi tous les flots de ce qu'on découvre jour après jour sur l'affaire Epstein, ces mots qui m'ont marquée. Il dialoguait avec un collaborateur de Nicolas Sarkozy et il comparait les femmes à des crevettes en disant que comme les crevettes, il faut enlever la tête et garder le corps. Et les manger évidemment.
Et je trouve que cette affaire Epstein, en fait, elle nous dit quelque chose d'assez profond sur ce qu'est le pouvoir dans sa trajectoire historique, c'est-à-dire un lien avec la domination, la possession des femmes. Et je crois que le moment est venu de faire une révolution, en fait, dans le rapport au pouvoir. Avoir du pouvoir, ça ne peut pas être singulièrement politique, rimer avec la possession des dorures, des voitures et des femmes.
L'argent, le sexe, à vos yeux, Clémentine Notin, est-ce qu'il faut rouvrir une enquête Epstein en France ?
Bien sûr que la justice doit pouvoir faire son travail et en France aussi. Je suis très sensible à la proposition de commission d'enquête parlementaire parce que c'est aussi un temps qui éclaire le débat public et qui permet d'avoir des témoignages qu'on n'a pas forcément dans une enquête judiciaire. Mais cette histoire ne restera pas et ne doit pas rester sans suite ni judiciaire, ni dans la transformation de notre rapport au pouvoir et dans ce combat contre les violences faites aux femmes et aux jeunes femmes. Ce sont quand même aussi beaucoup des adolescents et ça se croise.
Comme commission d'enquête parlementaire, la France insoumise, mais transpartisane, il faut le préciser. Jack Lang, il reste un homme de gauche à vos yeux, aujourd'hui ? Une figure de la gauche ?
Moi je n'aime pas me poser en estampilleuse, vous voyez ce que je veux dire, c'est pas moi qui décide des mots qu'on pose. C'est un homme qui a été ancré à gauche, qui a mené un certain nombre de combats de gauche. Maintenant, si être de gauche, c'est ne pas bien comprendre ce qu'est MeToo, c'est un problème et en tout cas ce n'est pas la gauche moderne.
Alors Clémentine Autain, on va venir à votre candidature à la présidentielle et à votre programme sur la vie meilleure.
Que j'ai présenté vendredi soir.
Les élections municipales approchent, c'est dans cinq semaines. Olivier Faure estime qu'il n'est pas juste que LFI soit classée à l'extrême gauche par le ministère de l'Intérieur. C'est ce qu'on appelle le nuançage en vue de ces municipales. Et vous ?
Je suis d'accord, je pense qu'il ne faut pas classer la France insoumise à l'extrême gauche. L'extrême gauche, ça existe en France. C'est par exemple l'UT ouvrière, le NPA. C'est une tradition qui est très critique à l'égard des institutions et qui ne concourt pas vraiment pour gagner les élections et passer par le suffrage. Donc je crois que c'est faux.
LFI, ce n'est pas la gauche radicale à vos yeux ? Ce n'est pas la même chose. Vous les avez quittés.
Non mais l'extrême gauche et la gauche radicale, ce n'est pas forcément la même chose.
Et vous les avez quittés parce qu'il y avait quand même des pratiques extrêmes qui vous dérangeaient chez LFI ?
Je ne les qualifierais pas d'extrêmes. Pas d'extrême ? J'ai eu des désaccords politiques, notamment sur le rapport à la démocratie et les pratiques internes. J'ai eu un désaccord sur l'affaire Quatennens. J'ai eu un désaccord sur la façon dont les mots ont été posés autour du 7 octobre. Donc j'ai évidemment des désaccords.
Une Rima Hassan qui est hautement protégée par Jean-Luc Mélenchon qui traite au hasard le sénateur du plan de Dordure. Ce n'est pas extrême ça ?
C'est l'outrance des mots. Mais je ne crois pas qu'on puisse prendre la décision de classer à l'extrême gauche un mouvement politique parce qu'il a des formulations qui sont emportées et parfois outrancières. C'est une question de fond politique. Mais surtout, il faut replacer ce choix dans un scénario politique qui est voulu par le pouvoir en place qui est au fond de banaliser l'extrême droite et de prendre un nouveau bouc émessaire qui est la France insoumise pour disqualifier l'ensemble de la gauche. C'est voulu par Sébastien Lecornu notamment. Mais c'est l'évidence. C'est un choix politique, absolument politique, et qui vise à discréditer la gauche.
Et méfions-nous parce que nous sommes dans un temps de très grande banalisation de l'extrême droite. Et pour moi, le fait de renvoyer dos à dos, voire même d'estimer parfois que c'est plus dangereux la France insoumise que l'extrême droite, pour moi c'est un bouger substantiel et qui est assez dramatique en réalité, à l'heure de la vague néofasciste que nous sommes en train de traverser.
Vous n'avez pas signé, puisque vous évoquez cela, cet appel, il y a une soixantaine de personnalités, dont François Hollande, Elisabeth Borne, Raphaël Kluxmann et d'autres, en faveur de la proportionnelle, vous avez vu ça, c'est publié dans la tribune dimanche, aux législatives avant 2027, pour faire justement, c'est ce qui est expliqué dans le texte, une sorte de barrage à l'extrême droite, je cite la tribune en question. Vous n'avez pas signé ça ?
Alors d'abord, je me méfie toujours des changements institutionnels pour faire barrage, parfois ça peut se retourner...
Pourquoi ? C'est du tripatouillage ?
Non mais, je veux dire, soit on veut un système institutionnel qu'on trouve juste sur un plan démocratique, soit on veut utiliser les institutions à des fins politiques. Bon, je préfère qu'on révise notre système institutionnel à l'aune, parce que c'est durable, c'est pas pour... c'est durable. À l'aune des ambitions aussi démocratiques qui sont les nôtres. Donc la proportionnelle, je suis pour qu'on introduise une dose de proportionnelle, mais pour moi ça ne doit pas être une réforme sèche, c'est-à-dire que ça doit s'inscrire dans des transformations de notre système démocratique qui à l'évidence est aujourd'hui à bout de souffle.
La vie meilleure, Clémentine Autain, c'est le thème de votre candidature à la présidentielle, c'est le slogan. Vous avez lancé une campagne sur le thème de la sécurité sociale, de l'alimentation, c'est-à-dire, vous allez dire, la carte vitale, c'est pour la grande précarité.
Alors, j'ai fait un projet qui est global, dans lequel, en effet, l'objectif est de sécuriser nos vies, c'est-à-dire de reprendre la main avec une méthode qui est la transformation de l'État, pour qu'il arrête de servir la compétitivité et la croissance comme objectif majeur et qu'il se tourne vers la satisfaction des besoins authentiques des Françaises et des Français.
Et dans ce cadre-là, oui, je pense que sécuriser nos vies, lutter contre l'insécurité, ça se joue aussi dans l'assiette, ça se joue dans nos maisons, et c'est pourquoi je veux une grande loi cadre contre les violences faites aux femmes, ça se joue dans l'emploi, et il nous faut, là aussi, sortir de la précarité généralisée et faire en sorte que celles et ceux qui produisent des richesses puissent vivre dignement de leur travail. Et sur la question de l'alimentation, je veux faire de la production et de la consommation d'une alimentation saine, accessible et durable, une grande priorité nationale.
Mais quoi, que ce soit, quoi, une branche de la...
Alors, après, on arrive à la sécurité sociale, mais qui est juste l'horizon dans lequel je m'inscris. C'est pas la mesure urgente dans laquelle... C'est une branche de la Sécu qui arrive ? Exactement. L'objectif serait d'imaginer... On peut imaginer les conquêtes, vous savez, on est beaucoup dans la régression en ce moment, on pense qu'on ne peut rien faire, que tout est figé, qu'à part la réduction de la dépense publique et la baisse du prétendu coût du travail, alors que le travail est une richesse, on ne peut rien faire. Eh bien, moi, je dis si. On peut imaginer des grandes conquêtes.
On a l'extrême droite qui veut détruire l'État, qui pense que parce que les Français ont le sentiment de payer toujours plus d'impôts pour en avoir toujours moins, eh bien, il faut supprimer la socialisation de tout. Eh bien, moi, je pense l'inverse.
Ce sera encore plus d'impôts, Clémentine Hotein. Oui, mais pour faire quelque chose d'intéressant,
aujourd'hui, il y a des prélèvements, on fait payer aux Français le fait qu'on déverse des dizaines et des dizaines de milliards auprès de multinationales qui contournent l'impôt, qu'on déverse des dizaines et des dizaines de milliards pour qu'il y ait moins de contributions des ultra-riches et des multinationales.
Vous l'avez chiffré, cette branche additionnelle ?
Je ne suis pas pour la faire en urgence immédiatement. Donc, je propose que ce soit notre horizon. Ce qu'on peut chiffrer, par contre, M. Aquili, si vous voulez chiffrer, c'est les coûts cachés, aujourd'hui, de l'alimentation sur notre santé. 19 milliards que nous payons chaque année. Donc, on a une précarité alimentaire, un Français sur six qui ne mange pas à sa faim, et on a un Français sur deux qui dit ne pas choisir son alimentation. Et pendant ce temps-là, vous avez des paysans qui ne peuvent pas vivre de leur travail.
Donc, oui, je suis pour un État stratège qui soit capable de transformer notre alimentation, notre production alimentaire, et qui soit capable de la sécuriser pour chacune et chacun d'entre nous. Et en bout de course, une fois qu'on aura utilisé des leviers comme la commande publique, comme la réglementation, je dépose avec mon collègue Benoît Biteau, qui est député et paysan, une proposition de loi de réglementation, cette semaine, sur le cadmium. Vous savez ce que c'est, Jean-François Aquili, le cadmium ? Vous en mangez comme moi ? C'est dans votre assiette ?
Le cadmium, c'est un métal lourd qu'il y a dans les pâtes, dans les pommes de terre, dans les céréales, que mangent en particulier les enfants, et qui est un cancérigène avéré depuis 1993. On fait quoi ? On attend que ça se passe ?
Une bonne alimentation, Clémentine d'Auto ? On attend que ça se passe ? Non, non, mais j'entends le message. Vous êtes d'accord avec moi ? J'entends le message. Je n'ai pas à vous dire si je suis d'accord ou pas d'accord. Il faut réglementer.
Il faut manger bien. Au pays de la gastronomie, je crois que c'est un grand projet fédérateur.
Vous écrivez, réduire l'insécurité, ce n'est pas accroître la haine des arabes aux musulmans et des étrangers, ni s'en remettre seulement à la police et durcir à l'infini des lois répressifs. C'est organiser donc la société pour qu'elle nous protège et prendre le mal à la racine. Vous venez de l'expliquer. Mais il n'y a pas d'insécurité en France ? Il n'y a pas de haute désagression ? Là, il n'y a pas cet aspect-là très sécuritaire qui sera au cœur de la campagne qui arrive.
Alors sécuritaire, je n'aime pas ce terme. Je propose, et c'est l'axe majeur de mon projet politique, de sécuriser nos vies. Ce que je dis, c'est que le sentiment d'insécurité qui nous pourrit la vie, qui nous empoisonne, c'est aussi plus qu'un sentiment, c'est une réalité. C'est ce que je suis en train de vous dire. Ce sentiment d'insécurité, il nous empoisonne et ce n'est pas qu'un sentiment. Simplement, il se joue dans tous les domaines de la vie.
Pas dans un seul sur lequel focalise l'extrême droite qui nous fait croire que parce qu'on mettrait les étrangers dehors ou parce qu'on s'en prendrait simplement de manière obsessionnelle aux arabo-musulmans, on aurait réglé le problème d'insécurité en France. Moi, je vous le redis, l'insécurité, elle est dans les maisons, elle est dans les assiettes, elle est dans l'emploi et elle est bien sûr aussi dans la rue. Elle est éminemment dans la rue. Elle est aussi dans la rue.
C'est le narcotrafic, par exemple, qui, dans un certain nombre de quartiers en France et en particulier des quartiers populaires parce qu'ils s'installent, les grands trafiquants, ils s'installent dans les quartiers populaires. Mais alors, comment on fait pour lutter contre ça ? Est-ce qu'on continue avec la voie qui ne fonctionne pas, qui est le tout répressif dans les quartiers et ne jamais s'attaquer aux têtes qui financent et, en fait, d'aller tracer celles et ceux, enfin, surtout ceux, d'ailleurs, qui commandent et alimentent ce trafic ?
Vous évoquez la haine, je vous cite, des arabos musulmans. Que dites-vous de cette initiative de la grande mosquée de Paris ? Elle fait la une du Parisien aujourd'hui en France d'un guide pour concilier foi et république. Alors, tout est passé en revue. Le voile, le ramadan, le mariage, le blasphème, l'antisémitisme. Le grand recteur de la mosquée dit qu'il ne faut pas instrumentaliser le conflit israélo-palestinien. Une sorte de guide de bonne conduite en adéquation avec la laïcité en France. Vous dites quoi ? C'est une bonne idée ?
Écoutez, je ne l'ai pas lue mais a priori, simplement le titre et l'initiative me paraît en effet très bonne et de bonne augure, bien sûr.
Dernière question avec vous Clémentine Autain. Vous êtes candidate à l'élection présidentielle. Vous irez à cette primaire unitaire du 11 octobre. J'y suis engagée,
Jean-François Killy, depuis Bagneux en juillet dernier où Lucie Casté a proposé à l'ensemble des forces du nouveau Front populaire de venir construire la candidature unique pour 2027.
Je vous la fais courte. Pas d'insoumis, pas de Glucksmann, pas de communiste, pas de Jérôme Gage, peut-être pas de socialiste. Vous n'en savez rien
pourquoi pas de socialiste. Ils vont voter, ils vont se prononcer. Et vous avez vu que nous en sommes à la troisième enquête d'opinion, troisième sondage qui nous dit quoi, Jean-François Killy ? Qui nous dit que près de 8 électeurs du nouveau Front populaire sur 10 veulent une candidature unique. Moi, c'est ça qui m'intéresse. Y compris chez les insoumis, ils sont 77%. Y compris chez les socialistes, ils sont 72%. Alors quoi, les partis politiques et les personnalités qui sont dans leur guerre d'égo vont massacrer cette possibilité.
Guerre d'égo, guerre de pouvoir, volonté de faire renaître les deux gauches irréconciliables, alors que nous avons une extrême droite menaçante, menaçante, qui a la vague planétaire trumpiste qui la porte, qui a le MEDEF à son service et des médias bolorisés. Alors moi, je dis qu'il n'y a pas d'autre solution que de construire cette union, c'est la condition de la victoire et tous les autres ce sont des prophètes de la défaite.
Prophètes de la défaite. Vous pensez que, pour conclure, parce que l'heure tourne, pardon mon cher Patrick, vous pensez qu'un Jérôme Gage qui dit que c'est baroque mais surtout il pèse lourd Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann dans les intentions de vote, c'est... C'est la candidature
de Jérôme Gage qui est baroque, pardon mais... Elle est baroque ? Elle est assez baroque, oui. Elle ne s'inscrit dans aucun cadre et elle montre une seule chose, c'est que la droite du parti socialiste en réalité n'a pas de stratégie. J'ai lu également Boris Vallaud. C'est les propos de Boris Vallaud. Il dit la primaire, ce n'est pas une bonne solution. Pourquoi elle serait plus baroque que la vôtre ? Mais il faut quand même faire une coalition. Eh bien, je vais vous le dire. Il faut... Alors, Boris Vallaud nous dit il faut... La primaire, ça ne va pas, d'accord, mais il faut quand même qu'il y ait une union. Alors, c'est quoi ? C'est en fait une proposition politique de l'ancien temps.
C'est-à-dire, les socialistes désignent un candidat et les autres doivent se ranger derrière le candidat socialiste. Mais je vous le dis, c'est un scénario qui n'arrivera pas. Ça n'existe pas, ce scénario. Donc, si on veut une candidature commune pour se donner les chances, toutes les chances de la victoire, il faut remettre dans les mains du peuple de gauche la désignation d'une candidature de rassemblement. Et moi, je suis candidate à ça.
Sinon, c'est la défaite.
Sinon, je pense qu'on est en train d'installer un boulevard à l'extrême droite. Nous n'en avons pas le droit. Nous n'avons pas le droit d'être irresponsables. Et je pense que nous ne le serons pas. J'ai confiance dans le vote des socialistes qui devrait avoir lieu en avril pour faire le choix de la responsabilité dans ce moment qui est un moment assez tragique. Et il faut prendre toute... Voilà, être à la hauteur du devoir qui est le nôtre. Merci à vous, Clémentine Autain. Merci à vous.
Merci, Clémentine Autain. Vous voulez réagir à ce que vient de dire Clémentine Autain qui dit que ce serait irresponsable pour certains. Qu'en pensez-vous ? Vous êtes d'accord ? Pas d'accord ? Sur cette idée autour de l'alimentation, ça tombe bien quand même avec cette enquête que vous avez dû voir et ce constat accablant pour le sport au collège. Un enfant sur cinq qui n'arrive pas à courir plus de trois minutes à son arrivée justement au collège en sixième. C'est vrai qu'on passe plus de temps chez certains ados aujourd'hui à scroller qu'à courir. Évidemment. Vous réagissez sur ce sujet.
L'alimentation est un enjeu de santé publique de premier plan.
Absolument. De premier plan. Non mais ça, bien sûr, ça c'est vrai. Le cadmium est évidemment aussi dans les...
Après l'épiface.
Et c'est pourquoi
je veux vraiment faire une grande priorité nationale.
Bon, vous appelez 0826 300 300 et puis il y a le monopoli de la présidentielle parce qu'il y a quand même beaucoup de candidats. Il y a un véritable monopoli. C'est raison de plus de faire une primaire.
Comme ça au moins on va rationaliser tout ça. Et vous verrez le cœur de la gauche en sortira gagnant.
Merci Clémentine Autain.
Clémentine Autain