RDLS #8 : FILLON, NUCLÉAIRE, PRISON FERME POUR UN VOLEUR AFFAMÉ
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Locuteur 1Promesse
« Je me bats pour le 100% renouvelable aux alentours de 2050. »
- 20:00Locuteur 1Chiffre
« Il y a neuf millions de pauvres dans ce pays. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bon, cette fois-ci c'est le numéro huit de la revue de la semaine, et alors je suis très content parce que la précédente a vraiment bien marché. Il y a eu 100 000 vues. Alors, d'abord moi ça me donne du courage, ceux qui font le montage et la prise de vue aussi.
Même si on est tous des bricoleurs, hein ? Mais on le fait, on essaye de le faire avec un maximum de sérieux ; c'est pas parce qu'on est des bénévoles qu'on est des amateurs, comme on dit. Bon.
Alors, ça a bien marché. Du coup, ça déclenche des crises de jalousie terribles auprès de mes concurrents. Et moi je n'hésite pas à dire que ça me fait jubiler de voir ça.
Parce que, soi-disant, c'est les autres les modernes et l'archaïque ce serait moi. Et bien on voit bien qui est-ce qui connaît à peu près son époque et qui est-ce qui n'y comprend rien du tout. Et puisqu'on parle de gens qui ne comprennent rien à leur époque.
Je vais évoquer deux sujets : Monsieur Fillon, et le nucléaire. Alors, sur Monsieur Fillon, moi, ce qui m'a bien fait rire, c'est de voir tous ces gens qui sont tellement surpris, tellement étonnés ! Enfin bon...
C'est devenu un métier d'être surpris pour eux ! Parce qu'ils passent leur temps à annoncer des choses qui n'ont pas lieu. Et quand elles ont lieu, le spectacle continue.
Ils poussent des cris. « Ah comme c'est surprenant ! » « C'est un coup de tonnerre ! » « On n'avait pas prévu ! » Bon d'accord, mais c'est pas le sujet.
Le sujet, c'est qu'est-ce qui est vraiment en train de se passer dans ce pays. Alors, là nous avons eu une primaire, et tu parles d'une découverte : les gens de droite votent à droite...
On ne peut pas dire que ce soit spécialement neuf comme comportement. Et puis c'est bien normal Les gens de droite, ont voté à droite ; Et, à l'intérieur de la droite, il y a un secteur qui est plus important que les autres, qui s'est mieux mobilisé, autour de monsieur Fillon. Bon, et bien ça, ce n'est pas à moi de le commenter.
Ce sont leurs affaires, et je ne suis pas commentateur. Mais, ce qui dans cette histoire me percute, c'est que, avant qu'il y ait ce vote là, vous avez eu pendant un an, toutes les unes...
Un peu comme Macron si vous voulez, mais la même chose à droite ; c'était pour Juppé. Il n'y avait rien au dessus de Juppé, tout le monde en avait envie, c'était formidable et tout ça, enfin bon : plein de journaux, et des sondages, et des interviews, comme s'il en pleuvait...
Il n'y avait rien au dessus. Et puis à la fin c'est pas du tout ça qui se passe. Mais avant qu'il ne se fasse éliminer - ce qui n'est pas mon affaire, Ce qui m'a vraiment fait de la peine, c'est de voir tous les beaux esprits de cette gôche...
Hein ? Qui disaient : « On va aller voter Juppé, pour empêcher M. Sarkozy, pour... » Bon alors : tout d'abord c'est malhonnête !
C'est la primaire de la droite ! Quand vous arrivez vous signez un papier pour dire que « Je me reconnais dans les valeurs de la droite et du centre ». C'est quand même le moins qu'on puisse faire !
Donc c'est malhonnête ! Vous allez dans un exercice qui est consacré à la démocratie interne de la droite, Et vous vous arrivez, vous êtes de gauche, et vous venez mettre des bulletins pour fausser le résultat ! Et ils y sont arrivés !
Parce qu'il y a comme ça, quatre à cinq cent mille personnes, paraît-il, - c'est pas rien ! - qui se sont déplacés, qui ont été donner 2€ au parti "Les Républicains" - qui n'est pas le leur, qui ont signé qu'ils étaient de la droite et du centre, alors que ce n'est pas vrai...
Et pour finir, pour mettre un bulletin de vote, et lequel ? Juste le bulletin de vote qui empêche M. Sarkozy d'arriver au deuxième tour de la primaire de la droite.
C'est la Magouille « M » majuscule ! Bon… Et maintenant ça recommence ! Comme tout d'un coup il y a toute une série d'observateurs qui se sont réveillés en découvrant que M.
Fillon est de droite - - tu parles d'une découverte ! - - ils font comme si M. Juppé ne l'était pas.
Et ça recommence ! Allez venez, il faut voter pour M. Juppé, et blablabla ...
C'est-à-dire qu'après avoir eu des candidats, politiciens cyniques qui mentent à tout le monde, on est en train de fabriquer des électeurs cyniques, qui mentent à tout le monde, et d'abord à eux-même ! Parce que c'est quand même eux qui devraient avoir la honte d'aller fausser une élection. Bon, alors...
On en était là. On en était là, ce qui était déjà quand même pas mal, et là-dessus, qu'est-ce que je lis ? Que Monsieur Montebourg dit aux électeurs - de droite, cette fois-ci : "Et ben venez à l'élection interne à la primaire du PS et de ses alliés pour m'aider", dit M.
Montebourg, "à battre monsieur Hollande." le président de la République dont il a été ministre, et du parti duquel il est membre lui-même ! Alors ça, ça dépasse tout ce qu'on peut imaginer.
Depuis quand on a vu un truc pareil ? Alors voilà des gens de gauche qui appellent des gens de droite à venir voter pour eux, pour éliminer le président sortant ! Bon, personnellement ça m'est égal, le président sortant ou n'importe quel autre j'ai bien l'intention de l'éliminer et moi d'être au deuxième tour, c'est pas le sujet !
Le sujet, c'est l'honnêteté ! C'est la loyauté ! Qu'est-ce que ça veut dire cette histoire ?
Alors à quoi bon faire semblant que tout ça, c'est censé être démocratique et organiser la vie entre soi comme gens civilisés et que font ceux qui l'organisent ? Des coups tordus, les uns contre les autres pour fausser l'élection du voisin ! Moi je livre tout ça à votre réflexion, pour vous dire, voilà ce que c'est qu'une primaire : primo, c'est un tamis social, parce que ne vont voter dans ces élections-là pas seulement ceux qui peuvent mettre deux euros (après tout, c'est pas une somme si importante que ça) mais ceux qui vivent aux alentours des bureaux de vote qui ont été organisés.
Clairement, ça veut dire que les gens qui d'habitude votent pour moi dans les élections à celles-là ils n'y vont pas, parce que c'est pas chez eux. Et puis, deuxièmement, c'est une énorme machine à tout fausser, tout falsifier et tout truquer et raison de plus pour moi : je n'irai pas. Je n'irai pas, d'abord parce que je ne reconnais pas le résultat d'avance.
On me dit : "Oui mais si vous y allez vous allez gagner!"...
Ah tu parles d'un argument ! Alors maintenant on va dans les élections parce qu'on pense gagner. Et si on perd ?
Qu'est-ce qu'on fait ? Quand vous allez à une élection, comme...
Une élection normale, ben vous y allez vous vous soumettez au résultat ! Moi si je suis battu en 2017, j'accepte le résultat ! La démocratie c'est aussi d'accepter de perdre !
Donc je le fais pour mon pays, je ne vais pas aller voter au truc du PS, alors ça pas question. et me soumettre au règlement intérieur du PS et de ses alliés, pas question. Voilà, mes amis : les primaires je n'irai pas, n'y allez pas, c'est pas votre affaire.
Maintenant je vais parler d'un autre sujet qui va pas me faire que des amis, mais je crois que je serais pas content de moi si j'en parlais pas. Voilà, le président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire déclare que la situation du nucléaire en France est très préoccupante. Bon.
Et bien je le pense aussi. Bon…Je vais pas parler d'économie là, c'est pas le sujet pour l'instant (peut-être dans un instant j'en parle, si ça me dit de le faire) mais c'est le fond de l'affaire. Il y a un risque avec le nucléaire ; je dis pas ça pour jeter la pierre à ceux qui ont construit les centrales, ce qui les ont fait tourner sans catastrophe depuis quarante ans.
Il ont fait leur boulot, et ils l'ont fait bien. Mais maintenant on sait tous que c'est dangereux - peut-être qu'à l'époque on se rendait pas compte de l'ampleur du danger, mais maintenant on le sait tous. Parce qu'il y a eu Tchernobyl, avant il y avait eu Three Mile Island, une autre catastrophe, et Tchernobyl, bon...
On a vu que non seulement le risque existait, mais quand le risque se concrétise l'accident a une conséquence gigantesque ! Y'a toujours personne qui peut habiter là-bas, aux alentours de la centrale de Tchernobyl, et on continue à avoir des cancers, qui sont liés à la circulation du nuage chargé de déchets radioactifs. Et puis il y a eu Fukushima quand même !
Ça c'est le plus important, pour moi en tout cas. Ça montre qu'il n'y a plus à tergiverser, il faut passer à autre chose ; il faut sortir du nucléaire. Alors, le plus souvent, ça fait des histoires : on me dit « ah, vous vous rendez pas compte, c'est pas possible ! » Mais j'ai jamais dit qu'on allait appuyer sur un bouton, et qu'il y avait plus de nucléaire dans le pays !
Il faut démonter les usines, mais il faut les remplacer - par autre chose. Donc, il faut arriver à faire un travail, où on installe d'autres ressources d'énergie, et moi je me bats pour le 100% renouvelable aux alentours de 2050. "Ah oui, mais 2050 c'est bien loin !" Bah peut-être bien, mais faut commencer maintenant !
Parce que sinon, on parle, on parle, mais on fait rien ! Sur le nucléaire, c'est ce qu'ils ont fait. Le Parti Socialiste avait fait un accord avec Europe Écologie Les Verts Ils ont signé toutes sortes de choses Nous voilà rendus à la fin du mandat, ils n'ont rien fermé, même pas Fessenheim !
Bon, alors, je vais vous parler de Fessenheim Mais ça s'est trouvé comme ça, que cette semaine Il y avait un groupe d'associations qui lutte contre l'implantation des énergies nucléaires Qui est venu au parlement européen et je les ai rencontrés Alors ils m'ont montré une carte de l'est de la France Et ils disent : "c'est bon, qu'est-ce qu'on vous a fait vous pour que vous mettiez tout chez nous ?" Parce qu'il y a plusieurs centrales nucléaires, dont Fessenheim et Cattenom, et ainsi de suite tout ça c'est sur la frontière. Y'a la future poubelle de Bure, et ainsi de suite, y'en a une autre qui est juste à côté, mais tout ça est en train de prendre des proportions qui sont pas raisonnables.
Pourquoi? Parce que les centrales maintenant elles sont bien vieilles, les voisins ne sont pas d'accord, les Suisses, les Allemands disent « mais qu'est-ce que vous êtes en train de faire là, parce que c'est pour nous aussi hein ! » d'autant que le vent souffle dans leur sens !
C'est-à-dire que s'il y avait le moindre problème, c'est pour eux l'essentiel de la dégustation. Donc on comprend que ça les rende nerveux. Mais nous aussi ça nous rend nerveux ; parce que les poubelles nucléaires qu'on a installées, elles sont sur la Champagne, vous voyez ?
Alors attendez le jour où on va trouver du Césium dans le champagne, vous allez voir le coup qu'on va se prendre sur le plan économique, et surtout l'horreur que c'est, quoi, parce que c'est là un bon vignoble, et puis les populations qui sont là elles méritent mieux que d'être logées dans la poubelle nucléaire de la France. Donc, je veux que vous sachiez tout ça. En en particulier, qu'il faut sortir du nucléaire.
Si on le décide, on s'y met. Ça se fera pas du jour au lendemain. Il faut d'abord commencer par fermer les plus dangereuses !
Donc moi je dis, déjà on fermera Fessenheim. C'est pour ça que je vous dit, ça va pas me faire des amis ! Parce qu'il y a mille personnes qui travaillent là.
Je les comprends ! Ils me disent, mais si on ferme Fessenheim c'est fini, on aura plus de travail on saura plus où aller, bah évidemment ! Mais si on ferme Fessenheim, c'est qu'on prend les dispositions pour s'occuper de ces mille personnes, pour que leur paye soit garantie jusqu'à la retraite !
Donc on prend les dispositions pour ça. C'est pas si difficile que ça quand on veut le faire. Mais comme les autres voulaient rien faire - moi je le savaient qu'ils feraient rien, parce qu'ils faisaient rien pour les gens...
Bon, donc, il faut fermer cette centrale parce que c'est une centrale que moi je juge dangereuse. Ça fonctionne, on est d'accord ! Mais quand le danger se concrétise, alors il est à 100%.
La centrale de Fessenheim, c'est Tchernobyl. Il n'y a qu'un seul coffrage hein, il n'y en a pas deux. Donc comme à Tchernobyl, quand le coffrage a un problème, et bien c'est fini, Il n'y en a pas un deuxième pour arrêter l'affaire.
Quant aux piscines dans lesquelles on fout les déchets, elle est sur le côté, et parfois c'est protégé par un toit en tôle, voilà. Bon, c'est bon quoi, maintenant il faut être raisonnable, et il faut se mettre au travail pour passer à une autre source d'énergie. Je pense en particulier aux éoliennes, à terre et en mer.
Bon, tout le monde sait que ma préférence va à celles qu'on met en mer, je sais que c'est pas le plus facile, mais on peut mettre le paquet. Et si on met le paquet, la filière elle est là, elle est prête. Et c'est pas que les grosses boîtes qui produisent des turbines, comme Alstom ou l'entreprise d'Areva qui a été vendue aux Allemands et aux Espagnols, bon.
C'est aussi tous les équipementiers qui vont autour ; y'a pas que la turbine. Bien sûr, la turbine c'est important. Et tout ça on peut l'installer sur les côtes, vraiment !
Vous savez, le plan est au point ! Moi j'y passe du temps Je vous avais pas raconté qu'on allait sortir de l'énergie nucléaire et qu'on allait passer à 100% renouvelable juste en écrivant ça sur mon programme, et puis en disant "après on se débrouillera, on verra bien, les promesses n'engagent que ceux qui les croient". On s'est réellement occupé de faire en sorte que ça tienne la route.
Qu'on sache comment on va faire, par quel bout on commence, et comment. Tout à l'heure, j'ai rencontré les représentants de l'association qui s'occupe justement de développer l'énergie qui vient des éoliennes. Franchement, ce sont pas mes amis politiques, enfin je sais pas ce qu'ils sont, je leur ai pas demandé, c'est pas le sujet.
Mais on a fait le tour, un peu, de ces questions. Donc moi cette semaine, pour moi - alors peut-être pas pour vous parce qu'il y a eu des tas d'autres sujets qui ont été dans l'actualité - mais moi cette semaine je me suis beaucoup occupé d'énergie ; du nucléaire, et des énergies de substitution. En plus mardi soir, j'ai déjeuné avec un type formidable, parce que c'est un scientifique, c'est Jean-Marie Brohm, qui est une sorte de...
Ça va pas lui plaire que je dise ça, une sorte de pape de l'antinucléaire, qui moi m'apprend beaucoup de choses. Beaucoup, beaucoup parce que quand on veut connaître un sujet, faut pas se contenter seulement de connaître la partie économique ou la partie sociologique, faut aussi connaître un peu, discuter de la partie scientifique, pour bien comprendre de quoi on parle : les risques, bien sûr, mais aussi les atouts. C'est intéressant de voir un homme qui est un spécialiste de l'énergie nucléaire être contre le fait qu'on continue à développer cette filière.
Voilà, je voulais vous dire tout ça pour vous dire que plus vous tardez à décider, plus vous ferez des bêtises. Et un jour vous vous rappellerez de ces images que vous venez de voir. Je souhaite que non.
C'est pas mon rôle de vous faire peur, mais j'ai besoin que tout le monde réfléchisse. Vous venez d'avoir une primaire de la droite, ils ont fait au total si je me souviens bien quatre débats, pas une fois ils n'ont parlé d'écologie, de climat et de ressources énergétiques. Et quand par hasard il en ont parlé, c'était pour dire des bêtises !
Qu'il y avait rien au-dessus du nucléaire, et qu'il fallait arrêter de faire un prix de faveur aux énergies alternatives qu'on va remettre dans le circuit. Ça s'est passé au cours du dernier débat. Ces gens n'ont pas réfléchi une seconde au problème.
Leur attitude n'est pas sérieuse. Et elle met notre pays en danger, parce que nos centrales sont maintenant bien âgées et que c'est le moment de commencer à passer à autre chose. Si vous les avez à la tête de l'État, ils ne changeront rien !
Jusqu'à ce qu'ils aient un accident dans les jambes, ils ne changeront rien, ils ne comprendront rien, ça ne les intéresse pas, ils vivent sur de la propagande, et pas sur des réalités. Et je sais pas si vous vous rappelez Les Misérables, de Victor Hugo. Vous l'avez peut-être pas lu ; il faut le lire, parce que tout le monde doit lire Les Misérables au moins une fois dans sa vie.
Et pas que les Français hein ! Au Venezuela, ils l'ont traduit en espagnol, et Chavez en lisait des morceaux, parce qu'évidemment il parlait interminablement, donc il en a lu des bouts et en a distribué des milliers d'exemplaires des Misérables en espagnol à toutes sortes de Vénézuéliens de tous les milieux sociaux. C'était très émouvant pour un Français de voir ça.
Bref, je reviens aux Misérables. Dedans, il y a Jean Valjean, qui est le personnage principal. Et vous vous rappelez qu'il avait été envoyé au bagne pour avoir volé du pain.
Parce qu'il était très pauvre. Alors évidemment, chaque fois que moi je parle de la pauvreté, de la dureté de la condition au travail, de gens qui travaillent et qui sont pauvres, de gens qui sont au travail et qui sont mal payés, de gens qui sont au travail et qui sont traités d'une manière tellement inhumaine qu'ils finissent par avoir des troubles psychologiques, ou même des fois se suicider ! Alors à chaque fois on me dit "oh la la, t'en fais trop !" Bon d'accord, j'en fais trop.
Il y a neuf millions de pauvres dans ce pays, j'en fais pas trop ! Mais en tout cas, ceux qui en font trop, c'est ceux qui veulent pas regarder, parce qu'il faut vraiment se boucher les yeux avec les deux mains pour pas se rendre compte de ce qui se passe. Vous vous rappelez de ce type qui avait volé des pâtes et du pain, qui s'était ramassé deux mois de prison ferme.
Je suis pas en train de défendre les gens qui volent des pâtes et du pain, hein...
Et là, voilà que c'est un gars qui a volé une bûche de chèvre. Déjà, quand vous entendez dire qu'un type a volé une bûche de chèvre, vous voyez bien qu'il est pas en train de vous piquer votre vison...
Bon, cet homme, juste il avait faim. Il n'avait pas mangé depuis plusieurs jours. Il vole une bûche de chèvre.
On va pas lui dire « bravo, faut voler », mais y'a une limite non ? Il y a une limite...
Non, lui il a pris de la prison ferme. Vous entendez ? De la prison ferme.
Parce qu'il a volé une bûche de chèvre, du fromage de chèvre...
Pour manger. Parce qu'il avait faim. Moi quand j'ai lu ça, j'étais révolté.
Je me suis dit "bah voilà, c'est Jean Valjean qui recommence !" Des pauvres, y'en a partout. Alors quelqu'un vient et me dit : "oui mais tu comprends, c'était un Marocain, et il était pas en situation régulière".
Alors donc, parce que c'est un Marocain et qu'il est pas en situation régulière, il aurait mieux valu qu'il meure de faim ? C'est ça que vous me dites ? C'est ça que vous voulez ?
Faut réfléchir avant de parler. Tout être humain a le droit à la considération, et à sa part d'amour, d'affection, et de solidarité des autres. Et le dire, Mesdames, Messieurs, ce n'est pas encourager les gens à aller voler du chèvre !
Bien sûr que non ! C'est juste obliger tous les autres à réfléchir. Comment c'est possible ?
Qu'on soit entouré d'autant de gens qui vont mal ? Et qu'on ne les voie pas ? Et qu'on ne fasse rien ?
Voilà, moi je voudrais que vous réfléchissiez à ça. Et comme le cas a l'air compliqué pour certains, et bien justement, comme c'est compliqué, ça oblige à réfléchir. Mais vous verrez qu'à la fin vous avez toujours la même conclusion : vous parlez d'un être humain ou pas ?
Et si c'est un être humain, qu'est-ce qui l'emporte, votre devoir de compassion ou quoi d'autre ? "Ou quoi d'autre?" Voilà.
Maintenant je conclus, parce que j'ai déjà assez assez parlé, faut pas que ça dépasse vingt minutes on m'a dit hein déjà vingt minutes c'est long. Alors évidemment, si vous êtes d'accord, mettez des petits pouces bleus, parce que ça rend fou de rage tout le monde, parce que ça veut dire que j'ai bien travaillé, et que ceux qui sont là avec moi ont bien travaillé. Et puis abonnez-vous, parce qu'il suffit juste de cliquer, et quand vous cliquez et qu'on voit monter le niveau des abonnements, bah nous ça nous rend heureux.
Et puis peut-être qu'à la fin, vous allez voir qu'il y en a qui vont être tellement jaloux qu'il vont essayer de faire aussi bien que nous. Bah ils ont qu'à essayer, c'est comme ça qu'on progresse tous, non ?
Jean-Luc Mélenchon