Nathalie Delattre : « Les crues révèlent le décalage entre la transition écologique et le terrain »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Bonjour Nathalie Delattre. Bonjour. Vous êtes sénatrice RDSE de la Gironde. On va revenir sur toutes ces actualités. Mais d'abord, évidemment, un petit détour par la presse régionale. Vous connaissez le principe. Je vais vous montrer les titres de la presse régionale ce matin. À la une, le progrès qui revient notamment sur la mort du militant identitaire Quentin Deranque et les premières mises en examen dans cette affaire. La Marseillaise qui titre sur le livre de Gisèle Pellicot intitulé « Et la joie de vivre ». C'est publié chez Flammarion.
Après un long silence, la victime des viols de Mazan revisite cette terrible histoire et le républicain Lorrain s'inquiète de la dépendance des seigneurs. Une dépendance qui va crescendo. Quelle une vous inspire ? De quoi avez-vous envie de nous parler ce matin ?
Quentin, je crois que beaucoup en parlent. Vous savez, moi, je suis une maman de trois garçons qui ont 23, 21 et 19 ans. Donc, d'ailleurs, j'ai une pensée pour la famille de Quentin. Et puis parce que nous sommes dans la barbarie, la sauvagerie, c'est-à-dire qu'il n'y a plus d'humanité, plus de moralité pour ces jeunes qui ont lynché à mort Quentin. Je crois qu'aucune cause ne peut justifier ce type d'agissement. Donc, j'espère que la justice passera. Mais il faut aussi que ceux qui, aujourd'hui, surfent sur le populisme, qui attisent les haines, puissent être recherchées en responsabilité. Je pense aux responsables politiques que nous sommes. Nos voix portent.
Et quand, effectivement, on est capable, en hémicycle, d'éructer, de provoquer, et que l'on est capable de pouvoir... C'est facile d'exalter la jeunesse sur fond de populisme. – Vous pensez à la France insoumise. – L'histoire, malheureusement, se répète. Notamment, mais tous les discours qui peuvent être extrémistes, qui peuvent se radicaliser, qui peuvent radicaliser la jeunesse, doivent être mis en cause et poursuivis. Je pense qu'il n'y a pas simplement une faute politique. Il y a des fautes morales. Et il faut que nous puissions, que la justice puisse agir aussi sur ses responsables.
– Précisément, on a pris la mise en examen de deux assistants parlementaires du député LFI, Raphaël Arnault, pour homicide volontaire ou complicité. Pour l'instant, les Insoumis maintiennent le soutien au député Raphaël Arnault. Est-ce que ça vous choque ?
– Oui, bien sûr que ça me choque. Je veux dire qu'on ne peut pas imaginer qu'il n'y ait pas de responsabilité, encore une fois. Nous ne pouvons pas tenir n'importe quel propos quand nous sommes des femmes et des hommes publics. Il y a une retenue à avoir. On sait très bien, encore une fois, ce que l'on fait et comment on agit auprès de la jeune âgée et des jeunes. J'ai commencé la politique assez jeune.
– Mais plus précisément, sur le député Raphaël Arnault, qui n'est pas directement mis en cause par la justice aujourd'hui, vous dites qu'il ne peut pas rester, alors député, je crois que c'est à lui de choisir, mais il ne peut pas rester dans le groupe Insoumis. Vous appelez les Insoumis à l'exclure du groupe, très clairement.
– Écoutez, je crois que ça les regarde, mais nous verrons. Je pense que nous regarderons avec intérêt quelles seront les démarches envers ce député, mais de l'ensemble de la classe politique. qu'il faut condamner fortement. Je crois que toute absence de condamnation doit effectivement être examinée et nous devons en tirer des conclusions.
– Alors, vous appelez au calme ce matin. Il y a eu cette alerte à la bombe au siège de la France Insoumise, c'était mercredi. Clairement, vous dites qu'il faut redescendre d'un niveau. Là, ça commence à sentir mauvais. Il y a vraiment un climat de violence politique qui est en train de s'emparer de la France ?
– De violence politique et de violence tout court. Je veux dire qu'on a travaillé sur la violence à travers les réseaux sociaux. On travaille, vous avez parlé, Quentin, tout à l'heure, des actes antisémistes. Enfin, on voit bien cette violence monter dans notre société. C'est l'un des thèmes majeurs, d'ailleurs, la sécurité, est l'un des thèmes majeurs de ces municipalités, de ces élections municipales. Donc, on voit que nous sommes traversés par ces problématiques. Je pense que la classe politique a une grande responsabilité par rapport au fait d'appeler, effectivement, à plus de calme, plus de raisons.
– Alors, Emmanuel Macron s'est exprimé sur cette affaire. Il pointe du doigt les deux extrêmes ou les extrêmes de manière générale. Écoutez le chef de l'État.
– Mais rien ne saurait justifier, ni chez les uns, ni chez les autres. Et ni même dans un face-à-face qui est mortifère pour la République. Donc, tout le monde, partout, doit faire, en effet, le ménage. En République, il n'y a pas de place pour les mouvements qui adoptent la violence, qui légitiment la violence. Parce que la démocratie repose sur le respect et la paix.
– Clairement, il cible les insoumis et l'ERN. Et l'ERN doit aussi faire le ménage dans ses rangs. Vous êtes d'accord avec ça ?
– Vous savez, je partage cet avis, effectivement, tant politique que religieux. Nous avons aujourd'hui des mouvements terroristes. Voilà, tout ce qui est de nature à être excessif, radicalisé, extrémiste, doit effectivement être régulé aujourd'hui.
– Autre sujet, Madame Delattre, ce chiffre. Ce chiffre à peine incroyable, à peine croyable révélé par Public Sénat et par le Sénat, plus de 13 000 millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu. On doit cette information au Sénat, qui a obtenu de hautes luttes auprès du gouvernement. Comment vous expliquez ça ?
– Écoutez, moi j'attends de voir les chiffres. Là, nous avons des chiffres bruts, je pense. Et je compte sur le travail, nous savons qu'il est exemplaire de la Commission des finances du Sénat. D'ailleurs, je remercie Jean-François Husson et Claude Rénal de leur ténacité pour obtenir cette liste. Et maintenant, je crois qu'ils l'ont dit eux-mêmes. D'abord, cette liste existe. Et puis, il faut étudier. Certains ne payent pas d'impôts sur les revenus, mais vont payer des impôts sur les sociétés. D'autres, effectivement, vont par des mécanismes légaux de défiscalisation arriver à échapper. – Donc ce chiffre, à priori, ne vous choque pas.
– 13 000 millionnaires qui ne payent pas d'impôts sur les revenus ?
– Bien sûr qu'on peut être choqués. Ça veut dire qu'il faut que l'on repense aujourd'hui la politique de l'imposition et qu'on puisse effectivement faire en sorte qu'il n'y ait pas de fraude. Mais ce dont j'ai peur, c'est que ça ne soit pas des produits de la fraude. Puisque si nous avons ce type de liste, c'est parce que Bercy a des données et des données tangibles, mais que ce soit des mécanismes. Donc quand c'est sur du patrimoine acquis, évidemment, il faut que l'on regarde comment l'imposition peut. S'il y a des fraudes et des manipulations, nous devons trouver les mécanismes pour les éviter.
– Nathalie Delatte, l'actualité, c'est évidemment ces crues exceptionnelles qui frappent la France. Quelle est la situation chez vous en Gironde ce matin ?
– Eh bien, très disparate. C'est vrai qu'aujourd'hui, nous ne sommes plus en vigilance rouge au niveau du département, mais nous avons encore des communes isolées, sinistrées, encore des foyers qui n'ont pas d'électricité ou de moyens de communication. Voilà, donc nous amorçons une des crues. Nous avons eu la tempête Nils, la tempête Pedro, et puis ces pluies diluviennes qui ont créé ces crues, ces inondations. Mais parfois, par huissellement et par remontée de nappes, aussi des dégâts considérables sur les structures.
– Alors, on va rentrer plus dans le détail avec Quentin Calmet. Quentin, l'adjectif historique, historique revient souvent. Pourquoi ?
– Eh bien, déjà, on peut dire que l'ouest de la France a connu 35 jours de pluie consécutifs. C'est la plus longue période de précipitation depuis le début des mesures, en 1959. Et le passage de Pedro, une tempête hivernale que vous évoquez, Nathalie Delattre, c'est venu se rajouter à une situation déjà compliquée. Alors, ce matin, on peut regarder la carte à 6h. La vigilance rouge pour crues qui concerne encore le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, c'est un moment où je fais un peu la météo. Et puis au sud, la Charente-Maritime. On voit donc qu'effectivement, la Gironde n'est plus concernée par le rouge, mais ça reste tendu. C'est encore des zones qui sont oranges.
Et cette carte est maintenue aussi pour demain. Les images qu'on a vues hier, elles sont impressionnantes. L'eau qui a continué de monter toute la journée à Angers, dans le Maine-et-Loire. La Maine qui s'est rapprochée du niveau de cru de janvier 2000. Pas d'amélioration attendue avant le début de la semaine prochaine, a dit le maire Christophe Béchut. En Gironde, votre département dans le Lot-et-Garonne, ont redouté hier une remontée de la Garonne dans des zones touchées désormais depuis plus d'une semaine. À Libourne-en-Gironde, la Dordogne a ainsi tutoyé son record de 1999, avec la marée haute qui est venue en plus gonfler davantage le cours d'eau.
Et il y a des conséquences, notamment en matière de transport.
Voilà. En raison des inondations, rafales de vent, le trafic serre-envière a été fortement perturbé hier sur les lignes Nantes-Angers, Bordeaux-Narbonne. Et au niveau des autoroutes, la 9 qui relie Orange à Perpignan a connu des difficultés, tout comme l'A61 qui relie Toulouse à Narbonne et l'A62 entre Toulouse et Bordeaux.
Des conséquences aussi sur les commerces.
Exactement. Certains commerces sont fermés depuis dimanche, comme à côté d'Angers. Restaurants et boulangeries sont fermés à Bouchemaine. L'eau s'est infiltrée dans les bâtiments à Chalonne-sur-Loire. Il y a comme ça 45 cm d'eau dans les cuisines de certains restaurants, sachant que l'eau a continué à monter dans ces zones. Alors, on a vu Sébastien Lecornu tweeter hier. Il a dit « Les procédures de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle sont lancées. Les communes pourront déposer leurs demandes pour permettre une évaluation précise des dégâts. Les premiers dossiers seront examinés en commission interministérielle la semaine prochaine. On a eu la date, c'est mardi.
La reconnaissance interviendra rapidement pour permettre une indemnisation plus vite. Estive, mardi, la Caisse centrale de réassurance a estimé que la seule tempête Nils, donc la précédente, celle qui a traversé la moitié du pays mercredi, jeudi dernier, cette tempête, elle coûterait déjà environ un milliard d'euros. Le nombre de sinistres est estimé à 250 000. Les coûts des inondations qui ont suivi, toujours en cours dans certains départements, eh bien cela pourrait représenter 30 millions d'euros concentrés sur le sud-ouest. Roland Lescure qui doit recevoir les assureurs à Bercy aujourd'hui. Nathalie Delattre, quelles sont vos principales inquiétudes ?
Est-ce que la question des indemnisations dont on commence déjà à beaucoup parler, c'est une préoccupation ?
Bien sûr. Il y a d'abord les mesures d'urgence. Je crois que la catastrophe naturelle, la déclaration de catastrophe naturelle et de calamité agricole dont a parlé Annick Jouard, est attendue à minima. Ce qu'attendent les communes aussi, c'est des avances de trésorerie, des fonds de soutien parce qu'il y a des infrastructures, notamment les routes qui ont été immergées longtemps, qui le sont encore, qui vont être fragilisées, des ponts, des services publics qui ont été endommagés.
Ça va être très long de voir toutes les conséquences.
Bien sûr. Donc, il y a ces mesures d'urgence. On a bien vu. On a d'abord, et on est encore en train d'attendre des réparations sur le réseau électrique, sur le réseau des communications. Il y a eu des communes isolées aussi par communication. Donc, il y a toute cette partie d'urgence. Nous parlons de la GEMAPI aussi, mais il y a aussi... Voilà. On fait énormément de curatifs. C'est-à-dire que vous dites cru historique. Moi, j'ai l'impression que c'est toujours plus haut, toujours plus fort et que nous allons, de mois en mois, battre des années historiques. Ce n'est plus exceptionnel. Voilà. Nous allons rentrer dans ces épisodes réguliers et donc, nous ne pouvons plus faire de curatifs.
Là, il faut vraiment ne plus courir après, mais être en avance et donc faire du préventif. Et c'est cela que j'attends plutôt de l'État, c'est d'avoir ce coup d'avance.
On va aller sur le terrain en direction la Charente-Maritime qui est très durement touchée par les inondations. On retrouve Julie Sicot qui se trouve dans la commune de Sainte. Bonjour Julie. Beaucoup de dégâts. Déjà, le pire est peut-être encore à venir. Vous résidez vous-même dans un quartier qui est englouti par les eaux, c'est ça ?
Oui, vous voyez, je suis juste dans ma rue là, en fait, pour vous montrer. J'ai les pieds dans l'eau. Il y a effectivement plus de 1300 maisons qui sont inondées ici à Sainte, dans le centre-ville. Il y a plus de 2000 maisons qui sont touchées par ces inondations. L'eau a commencé à envahir les rues voilà une semaine et depuis, elle ne cesse de grimper. Les prévisions pour aujourd'hui sont autour de 6,45 m. Cela pourrait atteindre un plateau aux alentours de 6,50 m ce week-end avec aucune entrevue de décrus d'ici là parce qu'il y a encore beaucoup d'eau en amont à Angoulême et à Cognac notamment. Alors ici, nous sommes dans le quartier de la gare.
Pour vous donner une idée, nous avons voilà plus d'un mètre d'eau aujourd'hui dans notre sous-sol. Ce n'est évidemment pas grand-chose par rapport aux personnes qui ont aujourd'hui les pieds dans l'eau. Je vous disais près d'un millier de maisons qui sont inondées. L'électricité est bien sûr coupée dans de nombreux secteurs. Il y a évidemment aussi des problèmes d'assainissement. Des commerces sont évidemment touchés puisque l'une des principales avenues de la ville, l'avenue Gambetta et le pont Palissy qui traverse la Charente sont aussi impactés par ces eaux et sont fermés par endroits.
Une image assez impressionnante, Julie. La montée des eaux a été très rapide. Comment les autorités ont réagi ?
Oui, la montée des eaux a effectivement été très rapide. Ça a pris une semaine. On prenait environ 20 centimètres par jour. Selon nos informations, il y a plus de 200 personnes mobilisées, des bénévoles mais aussi des agents de la mairie. Et puis, la mairie a lancé appel au renfort aux bénévoles pour venir aider à déposer des parpaings, des madriers. Donc, c'est ces poutres de bois que vous voyez de moi quand cela est possible parce qu'évidemment, arrivé à une certaine hauteur, il n'y a plus que le bateau qui est utilisable dans certaines rues. Un centre d'urgence a été ouvert par la Croix-Rouge pour accueillir les personnes qui n'ont pas de possibilité de relogement chez des proches.
Voilà, des parpaings, des madriers sont distribués au fur et à mesure par la municipalité. Et puis, des questions se posent aussi sur la rentrée scolaire puisque les vacances se terminent ici en Charente-Maritime. et évidemment, il y aura sûrement des élèves, des étudiants, des collégiens qui ne pourront pas aller à l'école puisque vraiment, c'est tout le centre-ville qui est aujourd'hui touché, en tout cas, une très bonne partie du centre-ville de Sainte qui est touché par ces inondations.
Merci beaucoup, Julie Sico, journaliste à la Charente-Libre. La une aujourd'hui, c'est évidemment la lassitude des sinistrés. Quentin, vous aviez une question pour la sénatrice.
Oui, on l'a dit, le Premier ministre qui a annoncé que la procédure est lancée pour aller vers une reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Qu'est-ce que ça change exactement ?
Non mais, bien sûr, on va avoir des mécanismes financiers. Ce qui doit changer aujourd'hui, c'est de ne plus faire du curatif, c'est de faire du préventif et on a des actes isolés. Donc là, maintenant, il va falloir avoir un acte majeur. Des plans, on en a dans tous les sens. On a tous été mobilisés, donc je pense qu'aujourd'hui, il faut passer à l'action. Quand je vous parlais de la GEMAPI aujourd'hui, le problème des digues est entier. Et nous, la visite ministérielle de Dominique Barbu a beaucoup choqué parce qu'on voit ce décalage de la transition écologique a beaucoup choqué parce qu'on voit ce décalage entre...
Elle a pointé du doigt les collectivités locales qui n'avaient pas mis tous les efforts possibles selon elle pour lutter contre les crues.
Et je dois vous garantir que justement, elle est allée sur une communauté de communes qui a énormément fait de travaux. Simplement, c'est mathématique. D'ailleurs qu'on le dit, nous avons une proposition de loi qui est coincée depuis un an à l'Assemblée nationale qui est passée à l'unanimité au Sénat, la loi Rapin-Roux. Nous en avons une ici au Sénat en attente. C'est mathématique. Vous ne pouvez appeler en taxes que 40 euros par habitant sur la GEMAPI. 31 000 habitants à Cadillac, là où la ministre s'est déplacée, égal 2 millions par an. Pour 5 kilomètres de digues, 5 millions d'investissements en entretien chaque année. 2 millions d'un côté, 5 millions de l'autre.
Donc, ce n'est pas un problème effectivement d'appel de taxes. La commune et la communauté de communes ont fait ce qu'il fallait. C'est à l'État de repenser son modèle financier.
On continue cette couverture exceptionnelle de ces crues. On va prendre la direction d'un autre département qui a les pieds dans l'eau. C'est le Maine-et-Noir, victime d'inondations très importantes. Bonjour Stéphane-Pied-Noir. Vous êtes sénateur à l'ère du Maine-et-Noir. Quelle est la situation chez vous ce matin ?
Écoutez, nous sommes toujours en vigilance rouge et les constats du matin sont un petit peu supérieurs aux prévisions, même aux prévisions hautes d'hier après-midi lorsque nous faisions le point avec notamment les ministres que l'on voit à l'écran et le préfet. On est vraiment tout près des records de 1995. On ne cherche pas à battre les records mais c'est vraiment une année qui avait marqué l'ensemble du département parce que la Maine qui est un petit affluent de la Loire avait vraiment débordé et envahi si je puis dire une bonne partie d'Angers sur la partie basse autour du château. Ce sont des images qui ont frappé tous les habitants du Maine-et-Noir.
Donc là, on a d'est en ouest puisque la Loire traverse tout notre département. On a des situations extrêmement critiques avec deux villages désormais qui ont été évacués. Le préfet a donné l'ordre d'évacuer dans la journée notamment la commune de Cheff qui se trouve aussi à la confluence de la Sarthe. Donc voilà, une situation très préoccupante et des élus locaux qui sont sur le terrain comme je l'entendais pour fournir des parpaings, des poutres pour désormais sortir, longer les pâtés de maison puisque les rues sont désormais pour la plupart impraticables.
Stéphane Pinoir, vous estimez que vous êtes assez accompagné par le gouvernement aujourd'hui ?
Écoutez, moi j'ai entendu Françoise Gattel dire hier que la déclaration de catastrophe naturelle sera prise partout où il faut sont ses propres mots. J'étais à côté d'elle hier après-midi au Poncey. Évidemment, c'est une tâche supplémentaire qu'on va demander aux élus locaux pour faire l'inventaire des dégâts. C'est aussi un autre combat après la gestion de crise des inondations. Il y a aussi cette partie un peu administrative et un peu pénible à réaliser.
J'entends ce matin le Premier ministre dire une accélération des calendriers parce que souvent ce sont des temps très longs et on est dans l'après-crise, on est dans l'attente de la réparation pour, je parle évidemment des particuliers mais aussi des collectivités dont les structures, dont les bâtiments ont pu souffrir lourdement. On voit à l'image les Poncey dans le Maine-et-Loire où nous étions hier après-midi avec la mise en œuvre de moyens. On voit des boudins qui ont permis de retenir, de différer ou de retenir une bonne partie de la Loire que l'on voit à l'écran.
Donc les élus locaux depuis plusieurs décennies en fait dans le Maine-et-Loire se sont emparés de cette problématique des crues parce qu'on est un département particulièrement exposé. Il y a une sorte de culture de gestion de crise, inondation dans le Maine-et-Loire. Néanmoins, il faudra que l'État accompagne très rapidement et à la hauteur des dégâts qui seront évalués.
– Merci beaucoup monsieur le sénateur et bon courage. On vous souhaite bon courage pour ces prochaines heures. Merci d'avoir témoigné et d'avoir répondu à mes questions. Quentin, vous avez une dernière question.
– Oui, madame Delatte, vous avez dit attendre que l'État anticipe mieux ces phénomènes. On parle maintenant de travaux qui sont potentiellement pharaoniques pour adapter les territoires à ces phénomènes qui augmentent et sont de plus en plus importants.
– Oui, tout à fait. Mais il faut le faire parce que nous ne pouvons pas regarder crise après crise les mêmes dégâts arriver. Donc, il faut revoir tout notre système de digues. Nous avons aussi des zones d'expansion. C'est-à-dire que c'est vrai que beaucoup de fois on nous parle des règles d'urbanisme, etc. On voit qu'on ne peut plus construire n'importe où. Il faut que nous puissions avoir ces zones d'expansion d'eau. Réaménager les cours d'eau aussi. Il faut nettoyer les cours d'eau parce que les embâques, les obstacles font aussi déborder sur des zones qui ne devraient pas être inondées. Reméandrer les cours d'eau.
Nous, en Gironde, on l'a fait après les incendies dans les forêts de pouvoir allonger les cours d'eau et faire en sorte qu'ils mettent beaucoup plus de temps s'il y a un accroissement d'eau à déborder. Donc, il y a des travaux, certes, qui financièrement vont être lourds.
– Mais il faut les faire. – Je pense qu'il faut les faire
de façon coordonnée parce qu'on les fait de façon disparate aujourd'hui. On va là, on va boucher un trou parce que là, ça y est, on a eu une alerte.
– Est-ce qu'il y a un cap écologique au gouvernement aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a une ligne directrice ? Parce que, voilà, on évoque beaucoup de travaux, beaucoup de choses à faire, mais est-ce que vous voyez une vraie politique écologique coordonnée ?
– On l'a dit, le fonds Barnier n'est pas assez doté. enfin, il y a encore une ambition à avoir nette en la matière, mais je pense qu'il y avait à convaincre d'abord, et je pense que cette étape de la conviction que nous sommes arrivés avec ce réchauffement climatique à une succession et à un point de non-retour. Donc, nous avons dépassé maintenant ce stade, et donc, il faut rentrer maintenant sur des capacités financières
beaucoup plus importantes. – Sébastien Lecornu, il n'est pas vraiment sur le terrain. Vous savez ce qu'il devient, Sébastien Lecornu. Pourquoi il ne se déplace pas ? Pourquoi il n'y a pas un déplacement du Premier ministre ou d'Emmanuel Macron ? La situation n'est pas nouvelle. Ça fait un mois et demi que cette situation existe. Ça s'est un peu accéléré ces dernières heures, ces dernières semaines. Enfin, on reçoit des communiqués et c'est tout.
– Sébastien Lecornu, je l'ai vu hier soir au binet du CRIF. Donc, il est sur le terrain. – Donc, il va bien. Vous êtes en crise que vous attendez une visite ministérielle parce que cela demande des moyens de mobiliser la police, les pompiers autour pour vous expliquer. Je pense que ce qu'on attend, c'est des actes, pas forcément des visites ministérielles. Je pense que… – Vous avez été ministre,
vous savez que la communication, c'est important.
– Tout à fait, mais communication, il y a. J'en parlais avec la ministre Annie Genova. Je pense qu'elle va attendre que l'eau se retire parce que c'est là où on va aussi pouvoir mesurer les dégâts. Et c'est là aussi où on attend des annonces fortes.
– Il nous reste très, très peu de temps, Madame Delattre. Un mot peut-être de l'agenda parlementaire qui est connu jusqu'à cet été. Le texte fin de vie reviendra en deuxième lecture au Sénat après les élections municipales. Quel va être le rôle, très concrètement, du Sénat sur ce texte ? Est-ce que le Sénat va examiner avec attention ce texte ? Est-ce qu'il va être torpillé, comme ça avait été un peu le cas la dernière fois, sous l'impulsion de Brune Retailleau ? Quelle est votre position là-dessus ?
Écoutez, c'est très clair. Moi, je me bats depuis longtemps pour les soins palliatifs et ce texte fin de vie. J'étais désolée d'ailleurs qu'il soit scindé en deux parties, tant effectivement ils sont liés. – Est-ce que le Sénat peut adopter une définition ? – Ce texte revienne, ce qui n'était pas le cas de tous les groupes parlementaires. Je pense que ça va complètement dépendre de la lecture qui va en être faite à l'Assemblée nationale et j'espère que nous n'aurons pas le même comportement de certains, pas groupes, mais certaines personnes pour aller plus loin et être en face avec les attentes des Français aujourd'hui.
– Et le Salon de l'agriculture qui débute ce week-end, vous allez y aller ou non ? – Ah si, si, tout à fait,
lundi, mardi, mercredi, j'ai déjà beaucoup de rendez-vous, c'est important. Vous savez que je suis viticultrice, donc pour moi, c'est un rendez-vous incontournable et puis c'est l'occasion de faire un point avec l'ensemble des filières et des acteurs.
– Merci beaucoup Nathalie Delatte, merci d'avoir été notre invitée.
Nathalie Delattre