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Discours / meetingyoutube.com· 23 février 2026 8 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Yannick Jadot - Discours sur l'avenir énergétique de la France

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:29Invité politiqueChiffre
    « En 2024, dans le monde, 93 %, c'est-à-dire la quasi totalité des nouvelles capacités de production électrique installée, sont des énergies renouvelables. »
  • 4:25Invité politiqueChiffre
    « 75 % de vos électeurs veulent des énergies renouvelables, deux fois plus que le nucléaire. »
  • 4:25Invité politiqueChiffre
    « 60 % de notre mix énergétique composé d'énergie fossiles pour 60 milliards d'euros d'importation par an. »
  • 5:10Invité politiqueChiffre
    « Vous êtes passé d'une loi de transition énergétique de 2015 où c'était - 14 réacteurs à + 14 réacteurs. Ça fait quand même une balance de 28 réacteurs. »
  • 5:55Invité politiqueChiffre
    « EDF vient d'annoncer que les deux EPR d'Incle Point 40 milliards. Donc on reste sur une base de 20 milliards la tête de pipe. »
  • 6:38Invité politiqueChiffre
    « Pour les trois premières paires envisagées, la facture annoncée est passée de 52 milliards en 2020 à aujourd'hui 100 milliards si on a quand même un peu l'honnêteté de travailler en euros courant. »
  • 7:23Invité politiqueFait
    « Vous allez taper 95 milliards à la caisse dépôt et consignation. Vous n'avez pas en réalité le financement. »

Temps de parole

  • Yannick Jadot100 %

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Yannick Jadot

Monsieur le ministre, chers collègues Abemous PPE, il aura fallu 3 ans, pas moins de 5 premiers ministres pour qu'enfin soit publié le décret de la programmation pluriannuelle de l'énergie. 3 années de tergiversation, de renoncement, parfois de manque de courage face aux pression de l'extrême droite et d'une partie de la droite, on s'en souvient à l'Assemblée empétré dans un délire de moratoire sur les énergies renouvelables. 3 années d'instabilité qui ont conduit ces derniers mois un moratoire de fête sur les projets d'énergie renouvelable en bloquant les appels d'offre et en mettant des centaines d'entreprises présentes sur tous nos territoires au bord de la faillite.

L'enjeu de la PPE, ça a été dit, est majeur. Il s'agit d'adapter notre système énergétique au plus grand défi du siècle, celui du dérèglement climatique. On connaît déjà le début du chaos. On a une partie des pays qui est sous l'eau, de tirer évidemment les conclusions de la guerre en Ukraine et puis de nos dépendances aux énergies fossiles et de nos complais vis-à-vis d'un certain nombre de dictatures et de régimes totalitaire. Il s'agit aussi de protéger les consommateurs face au choc de prix. On sait qu'on la la à quel point il y a une boucle aujourd'hui prix de l'énergie, rassemblement national, il faut faire attention.

Et puis évidemment, il s'agit d'engager des centaines de milliards d'euros pour bâtir les infrastructures énergétiques qui dessineront pour les décennies à venir nos modes de production, de consommation et de transport. C'est évidemment un sujet planétaire et là les chiffres ne manquent pas. Ne manquent pas. En 2024, dans le monde, 93 %, c'est-à-dire la quasi totalité des nouvelles capacités de production électrique installée, sont des énergies renouvelables. Près de 600 GW de capacité solaire ont été installées, 33 % de plus qu'en 2023.

En 2025, pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne, les énergies solaires et holiennes ont produit plus d'électricité que les énergies fossile. Une bonne nouvelle est notamment liée à l'effort et à la progression forte et continue du photovoltaïque. Pour le solaire, comme pour l'éolien, on le sait, les coûts ne cessent de baisser, les filières deviennent totalement matures, le déploiement est rapide. L'entreprise Vestas, on vient de l'apprendre, premier fabricant européen d'éolienne vient d'annoncer des records, 19 milliards de chiffres d'affaires en 2025 et un carnet de commande de 72 milliards d'euros.

Les capacités de stockage de l'électricité, l'élément structurant évidemment d'un modèle fondé sur les renouvelables progresse aussi très rapidement en Californie et en Chine. Elles peuvent désormais alimenter des régions entières pendant des heures.

C'est donc dans les filières des énergies renouvelables que se joue la grande bataille économique, que se déploie partout le génie de l'innovation, les compétences, la compétition économique, la création d'entreprises et d'emploi, la souveraineté de nos sociétés, loin des patriotismes de comptoir qui défendent le statut co si les filières françaises évitent le moratoire et c'est tant mieux et merci monsieur le ministre, les objectifs annoncés par la PPE placent quand même la France en rupture avec ce que je viens de décrire. car le déploiement des énergies renouvelables est ralenti. Au fil des projets de PPE, au fil des projets de décret, on a vu les objectif baisser.

48 GW de photovoltaïque en 2030, les filières pouvaient faire 60. L'éolien terrestre subit quand même un coup d'arrêt sur les nouveaux projets. Le président Patria en a parlé et on a une concentration sur les augmentations de puissance. l'objectif de 18 GW pour l'éolien en mer et quant à lui reporté à 2037. Enfin, aucun objectif en matière de stockage d'électricité n'est présent alors que cette technologie, je l'ai dit, est impérativement et rapidement utile au modèle des énergies renouvelables. Alors, qui veut la peau des énergies renouvelables ? certainement pas les citoyens ni les entrepreneurs.

D'ailleurs, toutes les enquêtes d'opinion confirment qu'en moyenne 8 français sur 10 soutiennent le développement de l'éolien et du solaire notamment, même lorsque c'est à côté de leur maison. Un soutien massif qui transcende toutes les groupes politiques. Collègues de droite, ici, heureusement, il y a pas l'extrême droite. 75 % de vos électeurs veulent des énergies renouvelables, deux fois plus que le nucléaire. Un sujet consensuel de souveraineté donc au moment où on a toujours 60 % de notre mix énergétique composé d'énergie fossiles pour 60 milliards d'euros d'importation par an.

Les filières des énergies renouvelables se battent, vous le savez, 2 milliards de retombées fiscales locales en 2024, un enjeu important pour nos collectivités, 84000 emplois directs et des ENR qui représentent un marché de 52 milliards d'euros en France. L'éolien qui compte plus de 900 entreprises sur notre territoire et quelqu'un l'a rappelé 30000 emplois dans le solaire. Pourtant cette PPE, il faut quand même le dire, c'est d'abord un paris impossible. celui d'une relance tous azimut du nucléaire. Faut remarquer que vous êtes quand même très fort. Vous êtes passé d'une loi de transition énergétique de 2015 où c'était - 14 réacteurs à + 14 réacteurs.

Ça fait quand même une balance de 28 réacteurs. Je reconnais là le la la force de frappe du lobby nucléaire dans notre pays. Parce que miser l'essentiel de notre avenir énergétique sur une seule technologie, c'est quand même jouer à la roulette russe. Et je dis pas ça parce que Poutine contrôle largement une partie de notre uranium naturel importé et de notre uranium enrichi. Qu'il faille entretenir, sécuriser et parfois prolonger le parc existant est une évidence mais le coût est déjà astronomique. 100 milliards sur 20 ans. Que dire du programme EPR ? La première génération est un fiasco, 12 ans de retard pour Framelville.

On passe de 3 à 20 milliards d'euros le coût par rapport au budget initial. un prix pour l'apprentissage même pas. EDF vient d'annoncer que les deux EPR d'Incle Point 40 milliards. Donc on reste sur une base de 20 milliards la tête de pipe. Ça fait cher. Que dire des EPR2 ? Un projet industriel qui n'est même pas finalisé. Pour les trois premières paires envisagées, la facture annoncée est passée de 52 milliards en 2020 à aujourd'hui 100 milliards si on a quand même un peu l'honnêteté de travailler en euros courant parce que c'est un peu facile pour EDF de travailler en euros constant. 16 milliards la tête de pipe. Là aussi ça fait cher.

Sachant qu'encore une fois on n' toujours pas le projet finalisé. Ce sont pas simplement les contribuables qui payent, ça va être les consommateurs. Alors, j'entends sur ces bancs interroger en disant "Mais alors, où est le financement des EPR ?" La réalité, les amis, c'est que ça coûte tellement cher que vous ne l'avez pas le financement. Vous allez taper 95 milliards à la caisse dépôt et consignation. Vous n'avez pas en réalité le financement. Faut reconnaître qu'ici dans ce Sénat où on est très sérieux sur le question budgétaire, là c'est la porte ouverte à toutes les fenêtre, c'est le quoi qu'il en coûte du nucléaire.

Il faut faire plus, ça a été dit, sur la sobriété, sur l'électrification du usage. Ça doit être absolument une une priorité. On l'a vu avec les budgets un peu sacrifiés sur la rénovation des bâtiments, l'électromobilité, la décarbonation des usines. Là encore, ça va remettre en cause notre perspective industrielle autour de la voiture, autour des batteries comme autour des giga factory de panneaux solaires. Donc là encore, il faut électrifier et il faut y aller. Donc engageons le débat sur l'énergie. Ça a souvent fait défaut mais chiffre à la pluie, pas simplement des postures pour nous c'est clair.

Sobriété, efficacité, renouvelable, réseau et stockage sont les cinq piliers d'une d'une transition responsable pour le pouvoir d'achat de nos concitoyens, pour des usines et des emplois sur tous nos territoires, pour le climat et la santé et pour notre souveraineté énergétique et industrielle. Je vous remercie. Je vous remercie, monsieur le ministre. M.