Incendies Gironde : Laurent Nunez a déclaré « nous avons suffisamment de moyens »
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« Lundi matin sur France Interre, le ministre de l'intérieur, Laurent Nunes, a prononcé cinq mots. Retenez-les bien parce que toute cette vidéo tourne autour d'eux. Je cite "Nous avons suffisamment de moyens." »
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« Ce matin, au moment où je vous fais cette vidéo, à 4h, l'estimation de la préfecture est tombée. 42000 hectares de surface brûlé. 42000 quatre fois la superficie de Paris. »
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« Le feu est à 15 km de la métropole bordelaise. »
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« Mardi 21 juillet 14h8, un feu se déclare dans une pinède à côté du parking longue durée de l'aéroport de Bordeaux Méignac. »
- 4:16Invité politiqueFait
« Le feu de Somos n'est pas à ce stade un feu criminel. »
- 4:59Invité politiqueFait
« Qui a signé cet arrêté ? Sur quel critères autoris-on ces engins à étincell en pinide à midi en risque très élevé ? »
- 5:42Invité politiqueChiffre
« Pour 2026, 995 millions d'euros en autorisation d'engagement. 882700000 € en crédit de paiement. »
- 7:11Invité politiqueFait
« 12 Canadaes, tous animent. La France n'a qu'une seule base aérienne de sécurité civile. »
- 7:55Invité politiquePromesse
« Emmanuel Macron promet de remplacer les 12 Canadaires avant la fin du quinquena et de porter la flotte à 16 appareils avant la fin du quinquena, c'est-à-dire 2027. »
- 8:38Invité politiqueFait
« Promesse flotte entièrement renouvelée en 2027. réalité pas un seul appareil neuf avant 2028 et les derniers en 2032 et 2033. »
- 9:19Invité politiqueFait
« Gérald Darmanin annonce une seconde base aérienne de sécurité civile et précise où je cite "Nous allions la mettre à Monte Marsan dans les landes." »
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« En 2025, 527600 € ont été annulés sur le programme 161. »
- 10:45Invité politiqueChiffre
« Les 10 c'était 5ard390 millions de dépenses en 2022 contre 3liard240 en 2002 plus 66 % en 20 ans »
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Les amis, bonsoir les incendies. On va faire un petit peu le point et moi, je vais m'intéresser aux déclarations complètement hypocrite des politiques et vous allez voir que c'est terrible. Lundi matin sur France Interre, le ministre de l'intérieur, Laurent Nunes, a prononcé cinq mots. Retenez-les bien parce que toute cette vidéo tourne autour d'eux. Je cite "Nous avons suffisamment de moyens." C'était lundi dernier, le 20 juillet. Le lendemain mardi, deux sapeurs pompiers girondins mourent dans un camion piégé par les flammes. Et le surlendemain, mercredi à Bordeaux, 48 heur leur mort, le même ministre déclarait qu'il y en avait un peu assez des polémiques.
Alors, bien évidemment, ce soir, on va pas polémiquer, on va faire beaucoup plus embêtant pour lui. On va ouvrir les documents budgétaires de l'État et confronter et bien ces cinq mots aux propres chiffres du gouvernement. On va le faire calmement, mes sources seront en description. Vous pourrez aller vérifier vous-même. Si vous êtes sur Facebook, ça sera en commentaire épinglé. Si vous êtes sur YouTube, c'est en description. TikTok, Instagram et bien je vous invite à aller sur Facebook ou YouTube pour que vous puissiez aller vérifier. Mais avant les chiffres, il faut quand même mesurer le terrain sur lequel cette phrase a été prononcée.
Déjà ce qui se passe là là maintenant là, faisons un petit peu le point. Ce qui brûle là, mercredi 22 juillet vers midi, un feu part de la commune de Somos au nord du bassin d'Arcachon. Et ce matin, au moment où je vous fais cette vidéo, à 4h, l'estimation de la préfecture est tombée. 42000 hectares de surface brûlé. 42000 quatre fois la superficie de Paris. Je vous parle de ce qu'ils ont dit ce matin. Au moment où je vous fais cette vidéo, on est le soir, il est 19h. On n pas encore les derniers chiffres d'aujourd'hui. Ça tombera certainement demain matin, mais déjà ce matin, on était à 42000 quatre fois la superficie de Paris.
Cette nuit, une reprise du feu a provoqué des dizaines de milliers d'évacuations supplémentaires. Marche Prime, Lebrap, Biganos, Myos, Cestas, des communes aux portes de la métropole. 220000 personnes évacuaient rien qu'en Gironde. Avec les landes, plus d'un quart de million de Français jetés sur les routes. Le feu est à 15 km de la métropole bordelaise. Le maire de Bordeaux, Thomas Caznav, répète qu'une évacuation de la ville n'est pas à l'ordre du jour. L'autoroute A63 vers l'Espagne est fermée sur 60 km et le ministre de l'intérieur reconnaît lui-même ce dimanche une situation très défavorable. Sébastien Lecornu a employé le terme exact, un feu convectif.
Un feu qui fabrique ses propres vents et change brutalement de direction. Plus un incendie. On est sur un système météorologique autonome. Les trois feux hors norme de l'été euh 2022 par exemple en Gironde, pour vous donner un ordre d'idée, ceux qui avaient traumatisé le pays totalis 25000 hectares. À eux trois en un été. Un seul feu vient d'en brûler près du double en 4 5 jours. Et c'est pas que la Gironde. Biscaros dans les Landes 3500 hectares au dernier bilan, 105 bâtiments touchés. Pontevest dans le Var 3700. Et selon le ministère, vendredi et bien 32 autres feux en cours dans le pays. En Espagne, un nouveau front s'est ouvert cette nuit, près de Valence, par exemple. 15000 évacués.
Depuis le 1er janvier, plus de 50000 hectares brûlés en France, 12500 départs de feu, 128 personnes présumées incendiaires interpellées. Voilà l'échelle. Maintenant, revenons à mardi dernier parce qu'avant les hectares, il y a eu deux hommes, Anthony et Wilfried. Mardi 21 juillet 14h8, un feu se déclare dans une pinède à côté du parking longue durée de l'aéroport de Bordeaux Méignac. Des pains de 15 m, des vents tournants, la Gironde en vigilance rouge. Un camion citerne est encerclé par les flammes dans les premières minutes de l'intervention, pas au bout de 6 heures de lutte dans les premières minutes.
À l'intérieur, Anthony Bertom et Wilfried Schmetter Caporo au centre de secours de Saint-Marjal. Ces deux hommes sont morts 24 heures après qu'on nous a expliqué que les moyens étaient suffisants. Mais avant de parler des moyens, une question va tomber dans les commentaires et elle est légitime. Est-ce que quelqu'un a mis 1 feu ? La réponse du procureur ne va pas dans ce sens-là. Ici, on dit les choses de la manière la plus factuelle. Le feu de Somos n'est pas à ce stade un feu criminel. Renault Godel, le procureur de Bordeaux, l'a détaillé vendredi. Départ identifié, route de l'esquiro à Somos.
Hypothèse privilégié accidentelle, une débroussailleuse utilisée par une entreprise nettoyant les abords d'une ligne à haute tension pouredis. Et voici la phrase du procureur mot pour mot. L'usage de cet engin était autorisé par arrêté préfectoral à l'heure où l'incendie a démarré. Autorisé en vigilance rouge niveau 4/ 5. J'accuse pas les ouvriers bien évidemment, ils avaient une autorisation en règle. Je pose juste la question à l'État. Qui a signé cet arrêté ? Sur quel critères autoris-on ces engins à étincell en pinide à midi en risque très élevé ? Je pose la question. Cela dit, ailleurs, la piste volontaire quand même existe. La dune du pilata, Tarado dans le Var.
Là, en l'occurrence à Somos, c'est pas du tout ça qui est privilégié. Mais admettons l'accident. Alors, bien évidemment, personne ne peut demander à un ministre d'empêcher toutes les étincelles de France. Non, en revanche, l'État est entièrement responsable de ce qui vient après l'étincelle, les moyens, la vitesse, les avions. Et c'est là que les cinq mots de Nunes le de lundi là mais se fissure complètement le budget de l'État consacré à la sécurité civile s'appelle le programme 161. C'est public, c'est dans le projet de loi de finance. Pour 2026, 995 millions d'euros en autorisation d'engagement. 882700000 € en crédit de paiement.
882 millions pour protéger 68 millions de français contre les incendies, les inondations, les cyclones, les catastrophes industrielles. Remettons ce chiffre à sa place. Le budget total de la mission sécurité est de 25950 millions d'euros. La protection civile de la nation, c'est 3,4 % de cette mission. 2è chiffre rapport de la commission d'enquête du Sénat mars 2022 pour la seule année 2021 les dépenses les dépenses de conseil des ministères MINS et les autres donc les cabinets de conseil atteignent écoutez bien 893900000 € 894 millions d'euros quasiment pour des consultants sur un seul exercice 883 millions d'euros pour toute la sécurité civile française.
En 2026, ce pays a dépensé davantage en PowerPoint en fichier Excel qu'il ne dépense aujourd'hui pour protéger ses habitants. Ce ne sont pas des mots, ce sont de lignes budgétaires que vous pouvez vérifier vous-même dès ce soir. Et je précise parce que je vais être quand même exact, ce n'est pas un montant annuel récurrent, c'est l'année 2021. Le Sénat ajoute qu'il s'agit d'une estimation minimale. Voilà pour l'argent. Maintenant, bah il faut parler des avions et c'est là que ça devient difficile à entendre les mots de Nunes. Alors, voyons un petit peu tout ça avec le propre inventaire du ministre de lundi.
12 canadaes, 8 das DH, 12 hélicoptères bombardiers d'eau, six autres bombardiers d'eau et une trentaine d'appareils qui appartiennent aux 10, donc au département. 12 Canadaes, tous animent. La France n'a qu'une seule base aérienne de sécurité civile. Et maintenant le calendrier. Je vais être très précis les amis. Je donne tous les chiffres y compris ceux qui arrangent le ministère. Le 28 octobre 2022, en présentant son fameux plan d'action contre les feux de forêt, Emmanuel Macron promet de remplacer les 12 Canadaires avant la fin du quinquena et de porter la flotte à 16 appareils avant la fin du quinquena, c'est-à-dire 2027.
La réalité, deux appareils commandés en 2024 avec le soutien de la Commission européenne, livraison en avril et novembre 2028. Deux autres commandés le 4 juin dernier anime pour 209 millions. Livraison estimée 203233. Promesse flotte entièrement renouvelée en 2027. réalité pas un seul appareil neuf avant 2028 et les derniers en 2032 et 2033. 6 ans de retard sur un engagement présidentiel pris après les mégafeux de 2022 quand même on est en 2026 et c'est pas moi qui le dit les amis, c'est le rapporteur spécial du Sénat qui écrivait déjà que la date de livraison estimée par la sécurité civile et je cite sans cesse repousser.
Ces avions ne s'achètent qu'à une seule entreprise au monde, la canadienne de Aviland. Soyons honnêtes, deux sociétés françaises travaille sur des bombardiers d'eau inaéro, aïre et Kepler. Des lettres d'intention existent, mais ça reste des lettres d'intention mais rien n'est sorti d'usine. Et c'est bien ça le problème. On redécouvre l'urgence industrielle 4 ans après les mégafeux.
Alors le calendrier c'est une chose mais il y a pire et ça se passe exactement là où ça brûle ce soir le 2 août 2023 à Libourne, Gérald Darmanin annonce une seconde base aérienne de sécurité civile et précise où je cite "Nous allions la mettre à Monte Marsan dans les landes." Au printemps 2025, Bruno Rotaillot y renonce par courrier. Le 5 mai, Xavier Fortinon, président du conseil départemental des Landes, dénonce un revirement. Et ce jour-là, Jean-Luc Glaise, président du conseil départemental de la Gironde, prévient les Canadaires continueront de venir de Nî avec un délai qui peut s'avérer funestement trop long. Funestement trop long, ce sont ces mots. C'était il y a 14 mois.
Ce soir, les landes brûlent et 36000 personnes sont évacuées. Dernier élément écrit noir sur blanc dans un avis budgétaire de l'Assemblée nationale. En 2025, 527600 € ont été annulés sur le programme 161. Annulé sur la sécurité civile l'année dernière. Résultat ce weekend, la France active le mécanisme européen de protection civile. Donc on reçoit des avions du Portugal, de Croatie, de Tchéquie, de Slovaquie, de Suède. Le Portugal envoie des avions à la France. Et pendant que l'État nous explique qu'il a suffisamment de moyens, et bien il reste une dernière question, la plus simple et la plus gênante. Qui paye en réalité ?
Les 10 c'était 5ard390 millions de dépenses en 2022 contre 3liard240 en 2002 plus 66 % en 20 ans et ce budget est financé à 59 % par les départements pas par l'État lui-même par les départements. Cela même à qui Bercy demande chaque année de se serrer la ceinture. Voilà le vrai modèle français. L'État se donne le beau rôle en conférence de presse devant les caméras et laisse la facture au département et le risque aux 197000 pompiers volontaires de ce pays. Donc revenons à lundi matin et à ces cinq mots de monsieur le ministre. Nous avons suffisamment de moyens. Mais suffisamment pourquoi monsieur le ministre ?
Suffisamment pour promettre une flotte neuve en 2027 et livrer le dernier appareil en 2033. Ben oui, c'est ça. Ou alors pour annuler 52 millions l'année dernière ou pour enterrer mon marsan 14 mois avant que les landes ne brûlent pour demander peut-être aussi des avions au Portugal. Non, c'est pas suffisant, monsieur le ministre et c'est pas une polémique, c'est une addition. Et je précise pour être honnête jusqu'au bout, le budget de la sécurité civile augmente cette année. C'est vrai, mais on ne rattrape pas 15 ans de sous-dimensionnement avec une hausse annoncée en pleine saison des feux et on ne fait pas décoller à un Canadaire livré dans 7 ans.
La sécurité civile, les amis, c'est pas une ligne de dépense qu'on arbitre. C'est la définition même de ce à quoi sert un état. Et un état incapable de protéger ses forêts, ses soldats du feu, sa population, ses animaux et bien n'a plus grand-chose à venir expliquer au reste du monde. Ce soir, au moment que je vous parle, des milliers et des milliers de pompiers venus de toute la France sont sur le front avec les militaires déployés en renfort, les maires les agriculteurs et leurs citternes des entreprises. Ils font le travail avec ce qu'on leur donne. Le minimum qu'on leur doit, c'est pas qu'un hommage. Non, l'hommage c'est normal. Les hommages, ce pouvoir sait bien les faire.
D'ailleurs, bien hypocrite, le minimum c'est un véritable audit de votre chiant lit, de cette déchéance et un calendrier véritable et sincère tenu et des comptes devant la représentation nationale. Donc voilà les amis, je pense qu'il serait temps que les politiques qui sont responsabilité répondent devant la justice des conséquences de leurs actes. Je rends bien évidemment hommage à Anthony Bertom et à Wilfried Schmetter et à tous les pompiers et tout le personnel qui est en train de se battre contre les flammes aujourd'hui. Je vous souhaite une excellente soirée.
Laurent Nuñez