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InterviewAurore Bergé· 3 septembre 2026 10 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéJusticeSolidarités & familleInstitutions & élections

Aurore Bergé sur France Inter - 17 juillet 2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la loi actuelle ne permet pas ? Pourquoi un nouveau texte était nécessaire selon vous ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous avez cité quelques mesures. Revenons sur la peine automatique d'inéligibilité pour les élus.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un sentiment d'urgence de faire passer des textes avant la fin de l'année ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    La loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles est-elle lancée pour l'automne ?

  • 8:00RelanceRéponse directe

    Beaucoup d'ambitions à temps très court. Comment justifiez-vous ce rythme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Aurore BergéFait
    « Demain, c'est PhaOS. Pharaos, c'est le bras armé de l'État qui permet le retrait des contenus et qui ordonne aux plateformes le retrait. »
  • 4:30Aurore BergéFait
    « Il y a pas d'automaticité des peines. Par contre en fait ce qu'on vient changer c'est que le magistrat s'il ne retient pas la peine complémentaire il va devoir le justifier. »
  • 7:00Aurore BergéFait
    « Il y a un sentiment d'urgence parce que on a un temps parlementaire qui est évidemment plus contraint dans une année qui est une année présidentielle. »
  • 8:30Aurore BergéFait
    « On a besoin d'abord de moyens humains. C'est aussi ce que l'affaire Liana a démontré. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

France Interre 69 et bonjour Aurore Berger. Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Hinter.

Vous êtes ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Vous avez présenté il y a quelques jours en conseil des ministres un nouveau projet loi destiné à lutter contre le racisme et l'antisémitisme. Qu'est-ce que la loi actuelle ne permet pas ?

Pourquoi un nouveau texte était nécessaire selon vous ? Déjà parce qu'on a une recrudessescence très forte de l'antisémitisme depuis 7 octobre 2023 et qu'on a aussi une permanence du racisme dans notre pays, a eu trois homicides raciste en 2025 et qu'aujourd'hui il y a des sujets qu'on ne peut pas aggraver sur le mobile antisémit raciste. Je vous donne des exemples qui sont d'exemples que malheureusement beaucoup de Français vivent dans leur quotidien.

Une gifle, un crachat, un tag. Comme ça relève d'une amende ou d'une contravention, bah en fait peu importe si ça a un motif et un mobile antisémite ou raciste, on peut pas le retenir comme une circonstance aggravante. Or si vous êtes délibérément ciblé à raison de votre origine, de votre identité réelle ou supposée ou de votre couleur de peau, évidemment, ça n'a pas la même signification.

Et donc évidemment ce caractère antisémite ou raciste doit pouvoir être retenu. Ça c'est l'un des éléments qui va pouvoir changer grâce à la loi. Il y a aussi la question de la haine en ligne.

On sait qu'on a un continent entier de haine qui se déverse sur les réseaux sociaux, sur les plateformes, qui touche aussi beaucoup nos enfants et nos adolescents malheureusement qui changent aussi leur représentation. Et bien aujourd'hui, on voit bien que tout cela dépend encore trop de la bonne volonté des plateformes pour supprimer des contenus à caractère aineux. Demain, c'est PhaOS.

Pharaos, c'est le bras armé de l'État qui permet le retrait des contenus et qui ordonne aux plateformes le retrait. Il pouvait pas le faire sur le racisme ou l'antisémitisme. Demain, ce sera le cas pour vous prendre voilà deux exemples très concrets.

Vous estimez que ce sont les mêmes ressorts qu'on lutte de la même manière contre le racisme et l'antisémitisme ou qui n'aurait pas fallu séparer les deux comme ça avait été dans l'idée de la précédente proposition de loi de la députée macroniste Carolinead. Il y a des spécificités, il y a évidemment des spécificités historiques sur ce qu'est l'antisémitisme, sur ce qu'est le racisme. Évidemment, la question par exemple de l'esclavage et de la traite négrière, ça continue aujourd'hui à infuser malheureusement des représentations sur le racisme antinoir de la même manière que les théories complotistes continuent à alimenter ce qu'est l'antisémiste.

Donc il y a des spécificités historiques mais il y a le volonté, le caractère universaliste de la France qui fait qu'on lutte de la même manière contre toutes les formes de haine. Et en tout cas, il y a pas de hiérarchie ou de tri qui doit être fait, mais il y a des spécificités à connaître, à reconnaître pour ensuite réussir évidemment à mieux les combattre. Je cit tout à l'heure la proposition de loi Yadan sur les formes renouvelées de l'antisémitisme qui a été accusé par ces détracteurs, ils étaient nombreux de menacer la liberté d'expression.

Est-ce qu'on peut dire là maintenant que la proposition de loi euh a été retirée, que il s'agit d'une reprise en main du gouvernement sur ce problème de loi ? Il y a une proposition de loi et une députée qui a eu du courage aussi en l'apportant et qui a fait face à une campagne très massive aussi de désinformation. Maintenant c'est une nouvelle loi et vous êtes si c'est si c'est nous qui nous a eu un choix qui a été fait il y a eu un choix qui a été fait par son groupe le groupe ensemble pour la République de retirer le texte de l'ordre du jour.

Donc de toute façon, il y avait le choix. Soit on faisait rien et moi je considérais, le gouvernement considérait que malheureusement il y avait encore matière à agir face à l'antisémitisme et au racisme, soit on agissait. et donc agir, ça voulait dire et bien consulter consulter très largement les associations, les collectifs qui accompagnent au quotidien les victimes d'antisémitisme et de racisme, tous les parlementaires, tous les groupes politiques représentés à l'Assemblée nationale et au Sénat sont venus autour de la table pour qu'on discute ensemble de ce que serait ce projet de loi.

Ils ont tous accepté par exemple qu'on l'élargisse à la question du racisme et je pense que à un an d'une élection présidentielle, autant de Français quand même s'inquiètent sur ce que pourrait être le second tour de cette élection présidentielle. ce que ça pourrait dire vouloir dire pour eux-mêmes par rapport à ce qu'ils sont, par rapport à leur parcours, par rapport à leurs origines. Si l'Assemblée nationale et le Sénat arrivent à voter dans le même mouvement et d'une même voix un texte qui lutte contre le racisme et l'antisémitisme, je crois que ce sera un signal utile de concorde pour le pays.

Donc ça veut dire que vous y croyez un mouvement transpartisan pour soutenir ce texte. En tout cas, c'est dans cet esprit que j'ai construit cette loi et oui, j'y crois parce que je crois que ce serait compliqué pour un parti politique, un groupe politique aujourd'hui, soit de minorer l'antisémitisme et le racisme qui continue à exister dans notre pays et qui même ont augmenté ces dernières années quand on parle de l'antisémitisme. Et puis de dire aux Français qui aujourd'hui pour beaucoup d'entre eux doutent doute de leur place, doutent de leur avenir ici chez eux en France et bien que tout ça on peut passer à côté.

Non, il y a des choses qui méritent d'être changé encore dans la loi, qui méritent d'être changé beaucoup dans les esprits, dans la culture, dans la formation. La loi, elle résout pas tout, mais la loi, elle va permettre, je pense, de mieux accompagner, de mieux protéger les victimes et puis de lutter contre le sentiment d'impunité des auteurs. Parce qu'à la fin, ce qu'on veut c'est quand même réduire le nombre d'actes, le nombre d'atteintes antisémités racistes dans le pays.

Vous avez cité Aurore Berger quelques-unes des des mesures qui sont dans ce projet de loi. Je voudrais qu'on on revienne sur une autre. C'est cette peine automatique d'inéligibilité pour les élus coupables d'actes ou de propos discriminatoires dans les cas les plus graves.

Euh pourquoi cette mesure est-elle nécessaire selon vous ? Ça finalement quel type de situation ? Alors il y a pas d'automaticité des peines.

Par contre en fait ce qu'on vient changer c'est que le magistrat s'il ne retient pas la peine complémentaire il va devoir le justifier, il va devoir le motiver. Donc on inverse en fait la logique avant il pouvait le faire mais il n'avait pas besoin d'expliquer pourquoi ou pas il le retenait. Il y a deux cas.

Il y a des cas de contestation de crime contre l'humanité dans notre pays. C'est pas le cas aux États-Unis. Aux États-Unis, je pourrais venir sur votre micro et votre antenne et dire que la choa n'a pas exister.

Et bien en France, on considère qu'on joue pas avec la vérité historique, la vérité des faits. Et donc quelqu'un qui serait un élu de la République et qui viendrait contester l'existence même d'un crime contre l'humanité, l'existence d'un génocide, le génocide rwandais, le génocide arménien ou la choa et bien pourrait avoir une peine complémentaire d'inéligibilité. Et puis en effet les cas les plus graves qui suscitent des peines d'emprisonnement pour des atteintes racistes ou antisémites.

Parce que je crois qu'il y a une exemplarité. Quand on est un élu de la République, on peut venir à votre micro. Ça veut dire qu'on a accès à la parole publique.

Et quand on a accès à la parole publique, ça veut dire qu'on a une responsabilité supplémentaire. Et dans un moment qu'il y a suffisamment de fractur dans notre pays, se dire que des élus joueraient avec ça et viendraient attiser ces fracturesl attiser ces ain antisémitourciste, je pense que ça les disqualifierait aux yeux des Français et je pense que ça justifie que la justice dise si oui ou non il mérite et pourquoi il ne mériterait pas encore une fois une peine d'iningibilité. Vous avez cité tout à l'heure le contexte politique, la campagne présidentielle qui est déjà bien lancée même si elle va monter en puissance bien sûr au cours des prochains mois.

Est-ce qu'il y a un sentiment d'urgence de dire si on veut faire passer des textes en finalement c'est maintenant ? Alors, il y a un sentiment d'urgence parce que on a un temps parlementaire qui est évidemment plus contraint dans une année qui est une année présidentielle euh puisque le parlement s'arrête plutôt euh que des années euh ordinaires hors campagne présidentielle. Et puis il y a surtout un sentiment d'urgence à se dire qu'il y a des sujets qu'il faut traiter et que ça veut dire qu'on peut avoir une année qui est une année utile.

Euh et je crois à ça. Je crois que jusque la fin de l'année 2026 et même début de l'année 2027, on a un gouvernement, j'y suis, qui peut continuer à agir et à faire. Moi, c'est le cas sur l'antisémitisme et le racisme.

C'est le cas sur le projet de loi sur la protection de l'enfance qu'on a commencé à examiner. C'est le cas aussi demain sur la loi intégrale puisque c'est un engagement qu'on a pris. Justement, j'allais y revenir à cette future loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles sur les femmes et les enfants dans le sillage de l'affaire Liana.

Il y a eu de grandes manifestations organisées ces dernières semaines pour réclamer cette loi. Vous aviez indiqué vous euh que vous alliez très rapidement recevoir les parlementaires pour arbitrer les mesures. Ça veut dire que ça y est, c'est lancé et vous avez la garantie que l'examen sera sera à l'automne prochain.

Exactement. Ça veut dire que c'est lancé. Il y a une dynamique.

Alors cette dynamique, elle a commencé dès l'examen du projet de loi protection de l'enfance. Il y a eu un vote très important hier à l'Assemblée nationale qui est l'insprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les enfants. Ça veut dire que et bien le temps ne protégera plus les bourreaux comme c'est le cas aujourd'hui.

On le sait, les victimes, elles peuvent prendre des décennies à réussir à révéler leurs paroles, à dire ce qui s'est passé. Aujourd'hui, la justice leur répondait prescription comme si les victimes avaient pu parler plus tôt. Et bien aujourd'hui, le temps, enfin demain grâce à cette loi, le temps ne protègera plus les bourreaux.

Donc ça veut dire là encore qu'on peut continuer à agir. Et on l'a dit, il y a des avancées qu'on a ajouté au texte sur la protection de l'enfant. Je pense notamment au fait que quelqu'un qui a commis plusieurs viols à l'encontre de nos enfants doit pouvoir être condamné à perpétuité.

C'est pas de la surenchère, c'est garantir que chaque victime voit le crime qu'elle a eu à subir être reconnue par une peine. Mais en effet, ça ne suffira pas. Donc oui, il y aura une loi intégrale.

Mais vous savez qu'il y a la question des moyens aussi qui a été mise au cœur du débat. Presque autant finalement que la question du cadre législatif. Est-ce qu'il y a une réponse à portée sur ce point-là ?

Oui, parce que on a besoin d'abord de moyens humains. C'est aussi ce que l'affaire Liana a démontré. Il y a sans doute des erreurs, des fautes individuelles et les enquêtes administratives l'ont dit, mais au-delà d'éléments individuels, on a quelque chose de systémique qui est comment on accueille la parole de l'enfant, comment on cesse de douter de la parole de nos enfants, comment on cesse de douter aussi de la parole de celles qui protègent leurs enfants.

Je pense aux mères qui ont accompagné leurs enfants, qui ont dénoncé des incestes qu'ils ont eu à subir dans leur propre famille et qui aujourd'hui se retrouvent en accusation, sont condamnés pour non présentation d'enfants, sont mis en garde à vue. Ça c'est des choses qu'on doit changer dans la loi et ça suppose évidemment de continuer à augmenter de manière très importante les moyens de la justice. Et quand on parle de moyens de la justice, c'est d'abord des moyens humains évidemment de procureur, de magistrats, de greffiers pour garantir qu'on ait les moyens d'enquête nécessaires.

Ces moyens, ils ont augmenté, ils vont continuer à augmenter. On le fait aussi sur les maisons de santé des femmes par exemple pour avoir un continuum d'accompagnement dans chaque département. Ce sera bien le cas d'ici fin d'année 2026.

Il y aura une maison de santé des femmes dans chaque département. Mais beaucoup d'ambitions à temps très court quand même auorberger. Oui mais enfin on n'a pas commencé hier.

On n' pas commencé hier parce que depuis 2017 on a travaillé de manière extrêmement importante sur la lutte contre les violences faites aux femmes à la fois la loi qui a changé sur des délais de prescription sur les violences intrafamiliales, sur l'autorité parentale. Moi, je me souviens qu'en 2017, j'entendais encore des paroles qui m'expliquaient qu'un homme qui avait été condamné pour des violences à l'encontre de son épouse pouvait quand même être un très bon père. Voyez, il y a des choses qui culturellement ont changé et heureusement, il y a des choses qui ont changé dans la loi.

Mais oui, on ira au bout et donc on fera la loi intégrale. Merci Aurore Berger d'être venu ce matin dans le studio de France Inter, ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. le journal de 8h à suivre.