Vers la fin du logement social « à vie » ? - C à Vous l’intégrale - 18/11/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Nous sommes en direct jusqu'à 21h avec Emilie, Pierre, Patrick, Lorrain et Louis. Bonsoir à tous. A la une, le rêve d'un ministre. - V.Jeanbrun: Permettez-moi de rêver à un Notre-Dame du logement, à des JO de la construction.
Ce serait très attendu dans notre pays. - A.-E.Lemoine: Le ministre de la Ville veut relancer la création de logements.
Il veut en finir avec le bail à vie dans les HLM. - P.Cohen: Bail qui n'existe pas, mais le ministre voudrait fluidifier la rotation des locataires dans le parc social, alors que les listes d'attente pour obtenir un HLM augmentent. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, V.Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, ancien maire de L'Hay-les-Roses, dans le Val-de-Marne.
Cette proposition fait grincer des dents. Elle a été qualifiée de "mesure idéologique" par le mouvement HLM. Des logements qui sont souvent des passoires thermiques. - E.Tran Nguyen: Les Français sont toujours plus nombreux à avoir froid chez eux.
Ils redoutent d'allumer le chauffage. C'est ce qui ressort d'un rapport et des réactions qu'on a recueillies. - A.-E.Lemoine: Quand nos maires ont le blues... - Galère. - Lassée. - Inquiétude par rapport à nos budgets. - Administrativement, tout est compliqué. - L.Amar: Voilà les mots que j'ai entendus tout à l'heure au Congrès des maires de France qui s'est ouvert ce matin.
On est à un peu moins de 4 mois du premier tour des municipales et personne n'a la tête à faire campagne. - A.-E.Lemoine: Un rassemblement illégal de tuning qui dégénère.
Crissements de pneus. - L.Sénéchal: 3000 personnes et 800 véhicules.
C'était ce week-end sur le parking d'un hypermarché dans l'Ain, à Bourg-en-Bresse. Rassemblement évidemment interdit. Ils s'en sont pris aux véhicules des forces de l'ordre. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h: P.Arditi, Alain, Pierre et Ours Souchon.
Dans votre OEil? - P.Lescure: On parcourra l'histoire des Trente Glorieuses, la France de 45 à 75.
On s'arrêtera sur l'immédiat après-guerre. - A.-E.Lemoine: Votre enfance. - P.Lescure: Et celle d'A.Souchon et P.Arditi. - A.-E.Lemoine: On commence avec L'Edito de Patrick.
Notre invité, ministre de la Ville et du Logement, voudrait mettre fin à ce qu'il appelle le logement social à vie. Expliquez-nous. - P.Cohen: Le parc HLM est saturé.
Il est inaccessible à de très nombreuses familles. Près de 3 millions de personnes sont en attente d'un logement social. Un record, pour 5,2 millions de logements inexistants.
La liste d'attente est interminable. A peine 1 demande sur 10 est satisfaite. C'est un pourcentage qui ne cesse de diminuer.
C'était 13 % avant le covid. Il faut désormais attendre environ un an et demi pour voir sa demande acceptée. - A.-E.Lemoine: En cause: le manque de logements disponibles et le faible taux de rotation. - P.Cohen: Ce taux de rotation dans le parc HLM est tombé à 8 % dans la dernière période.
Dans le parc locatif privé, c'est 19 %. Or, c'est bien la rotation de logements qui crée l'offre de location. Votre idée d'instaurer des baux renouvelables dans le logement social de type 3-6-9 comme dans le privé, pour encourager la mobilité ou pour décourager les locataires qui gagnent trop.
Plusieurs études tendent à montrer que près de 8 % des locataires HLM ne rempliraient plus les conditions d'accès s'ils devaient renouveler leur demande. - A.-E.Lemoine: Ca autorise à parler de logements à vie? - P.Cohen: C'est un abus de langage.
Le bail n'est pas limité dans le temps, mais la situation financière des locataires est examinée tous les ans par le bailleur social. Si les revenus d'un locataire ont augmenté depuis son aménagement, il est théoriquement contraint de payer un surloyer pour avoir le droit de rester dans le HLM, ou l'encourager à partir ailleurs, à aller dans le privé. En théorie, un locataire dont les revenus ont trop augmenté ou dépassent une certaine limite peut être forcé de quitter son logement social, mais les expulsions de locataires "trop riches" sont extrêmement rares.
Est-ce qu'il faut en passer par là pour libérer des appartements, augmenter l'offre de logements à loyer modéré pour ceux qui en ont besoin? Le mouvement HLM trouve que votre idée n'est pas la bonne solution. - A.-E.Lemoine: Ca part d'un abus de langage.
Le logement à vie n'existe pas. - V.Jeanbrun: Merci pour cette invitation.
Ca va me permettre de faire des précisions. C'est important, quand on voit les chiffres que vous avez rappelés et l'urgence à pouvoir loger les 3 millions de familles ou presque qui attendent un logement social, les millions de Français qui cherchent à mieux se loger, il faut...
Il y a des questions qu'on ne s'est pas posées. Pourquoi je vous parle de logement social à vie? J'ai grandi dans les tours HLM de L'Hay-les-Roses.
Celui qui parle, ce n'est pas le ministre qui s'est réveillé un matin. C'est l'enfant de ces barres, le maire que j'ai été. Cette idée ne vient pas de nulle part.
Ca vient d'exemples que j'ai connus. Quand on a lancé les opérations de renouvellement urbain, c'est-à-dire la démolition et la construction de logements sociaux, quelle ne fut pas notre surprise en découvrant que vous avez des familles qui ont eu un bail en bonne et due forme, qui ont vécu dans un logement grand et qui ont vécu seules dans un logement très grand, même si le bailleur a essayé de récupérer le logement plus petit...
Pour ne pas rendre le logement trop grand, on met sur le bail soit un proche, soit des inconnus. Certains vont même jusqu'à se pacser pour mettre sur le bail des gens. Une fois que vous êtes sur le bail, vous ne passez plus par la case "candidature".
Vous êtes cotitulaire du bail. Quand la personne décède, par exemple, vous héritez de son logement social. Je l'ai vécu. - A.-E.Lemoine: Ca veut dire que c'est de la fraude? - V.Jeanbrun: C'est légal.
Quand vous êtes titulaire d'un bail... - P.Cohen: Pardon, mais c'est de la fraude. - V.Jeanbrun: Oui, mais quand vous êtes dans une période de transition, vous avez une économie parallèle qui permet...
Je ne dis pas que c'est la généralité. C'est quelques cas, mais ça illustre qu'on doit pouvoir se poser des questions sur les baux tels qu'ils sont signés dans le logement social. - A.-E.Lemoine: Combien de temps vous avez habité dans un logement social avec vos parents? - V.Jeanbrun: On est restés dans la tour une grande dizaine d'années, et dans ce quartier, toute mon enfance.
J'ai même vécu plus tard dans des logements sociaux à Nanterre, dans le fameux Pablo-Picasso. - A.-E.Lemoine: Ce qui a été une chance, vous dites, pour vous, mais vous dites que certains le considèrent comme une rente? - V.Jeanbrun: Je voudrais terminer sur le logement social à vie.
Je ne voudrais pas inquiéter les gens qui sont à la retraite...
Ces personnes ont vocation à rester dans le logement social. Il faut les préserver, évidemment. Mais c'est sain qu'un propriétaire, que le bailleur social et ses locataires se revoient tous les 3 ans.
Le bailleur qui dit: "Vous avez fait des troubles de jouissance..." Quand 3 millions de personnes attendent et dorment dans leur voiture...
Vous avez des familles qui pourrissent la vie de tout le monde et menacent la sécurité des autres avec des allers-retours en prison. Peut-être qu'en tant que bailleur, il est temps de dire que la période de 3 ans est terminée et qu'on va laisser la place à la maman méritante. - A.-E.Lemoine: C'est à ce moment-là qu'on expulse? - V.Jeanbrun: Si vous êtes dans un bail qui se renouvelle ou pas tous les 3 ans...
C'est fin du bail. On serait dans un pays où on peut loger tout le monde, on loge tout le monde, mais là, on est en difficulté. Vous avez des mamans et des familles honnêtes qui dorment à la rue ou dans des conditions qui ne sont pas acceptables alors que parfois, vous avez des familles qui posent problème et qui continuent de bénéficier d'un logement social.
Ce qui est important pour moi en tant que ministre de la Ville, c'est de bien distinguer les 5 à 6 millions de personnes qui vivent en respectant nos règles et qui, non seulement, ont la vie pourrie par une ultra-minorité très déterminée...
Ces familles se sentent en insécurité permanente. On le voit avec le narcotrafic. On n'a pas besoin de développer tellement l'actualité bouillonne d'exemples terrifiants.
Il ne faut pas que les concitoyens confondent les 2. En tant que ministre de la Ville, j'ai entendu dire qu'il y avait beaucoup d'argent donné pour ce quartier. Ce n'est pas vrai. - A.-E.Lemoine: Vous voudriez Que les expulsions qui s'appliquent dans la loi narcotrafic s'étendent à d'autres infractions ou délits majeurs?
Si on commet des violences, une violence aggravée ou d'autres délits majeurs... - V.Jeanbrun: Je me mets à la place des Français qui nous écoutent.
Ca ne vous paraît pas évident que le logement social, qui est un beau cadeau, financé par la solidarité nationale...
Ca me choque que ces logements restent... - E.Tran Nguyen: A partir de quand on ne mérite plus le cadeau? - V.Jeanbrun: Ils sont accessibles à des personnes condamnées à des violences graves. - P.Cohen: A quel point vous étendez la responsabilité à leurs proches? - V.Jeanbrun: Dès qu'il y a son nom sur le bail, on doit pouvoir l'expulser du logement.
Il y a des situations où vous voyez les préfets, les maires qui constatent qu'il y a une criminalité organisée au sein de la cellule familiale...
Permettez-moi d'insister: on parle d'une minorité qui pourrit la vie de tout le monde mais qui ne représente pas l'ensemble de nos quartiers. Il faut qu'on débarrasse nos quartiers de ces familles, compositions familiales qui sont délinquants de grand frère en petit frère et, parfois, avec l'assentiment des parents. Il faut qu'on puisse remettre en question le bail dans son intégralité. - A.-E.Lemoine: Ca ne va pas résoudre la trop faible rotation dans les logements sociaux.
Les revenus, on a vu qu'ils étaient étudiés tous les ans avec la déclaration de revenus qui doit être soumise par le locataire au bailleur. Ca, ce n'est pas appliqué? Ca permettrait de dire à certaines familles dont les revenus ont augmenté de libérer leur logement social. - V.Jeanbrun: Ce serait une erreur.
Je ne suis pas pour qu'on sorte du logement social des familles qui gagnent un peu plus que le plafond car il y a déjà un mécanisme d'équilibre. Il y a le surloyer. "J'ai le droit de rester dans mon logement social, mais je paye un peu plus cher mon loyer." Ca permet d'avoir de la mixité sociale.
Quand je parle du bail 3-6-9, ce n'est pas pour faire partir les gens qui auraient des revenus supplémentaires. C'est pour qu'il y ait une relation régulière entre bailleur et occupants et qu'on puisse adapter la typologie du logement. Si vous occupez un F5 et que vous êtes à 2 dedans, il faut qu'on puisse le remettre en question tous les 3 ans.
Il ne faut pas faire la chasse à ceux qui gagnent un peu plus. Ils participent à la mixité sociale. En revanche, il y a la question du bail qui permet au bailleur de rompre le contrat avec des familles qui ne mériteraient plus cette solidarité nationale.
C'est aussi un enjeu de sécurité. Je n'en fais pas un argument de droite dure. La sécurité, c'est une politique sociale.
Quand vous habitez dans ces quartiers, c'est que vous cumulez un certain nombre de difficultés sociales et que vous n'avez pas les moyens de vous protéger par vous-même. Si ce n'est pas l'Etat qui sécurise et protège les habitants de ces quartiers, personne ne le fera. Si on veut que des familles aillent plus facilement dans certains grands ensembles pour recréer de la mixité sociale, il faut qu'on leur promette la sécurité.
C'est la première des libertés et c'est l'honneur de la République que de garantir la sécurité de ces familles. - A.-E.Lemoine: On vous entend prôner la fermeté face à la violence et la délinquance.
En juillet 2023, durant les émeutes consécutives à la mort de Nahel, vous étiez maire de L'Hay-les-Roses et votre domicile a été attaqué à la voiture-bélier. Votre femme a été blessée. Elle a dû prendre la fuite avec vos 2 enfants.
Cette attaque a beaucoup choqué dans votre commune, mais aussi à travers la France. - En tant que père de famille, quand on voit des choses comme ça, on va se demander où tout ça va s'arrêter. On est dans l'escalade de la violence. - C'est un maire comme tout le monde.
Il protège sa ville et sa population. - S'attaquer à sa famille, je ne suis pas d'accord. Il était à la mairie, paraît-il.
Il avait des enfants, je crois, de 5 ans et 7 ans. Ce n'est pas normal qu'on s'attaque à des enfants. - A.-E.Lemoine: C'est une attaque qui vous marquera à vie? - V.Jeanbrun: Oui, car rien qu'en regardant les images, beaucoup d'émotions reviennent.
Bien sûr, ça marque. On ne s'engage pas pour ça. On n'imagine pas qu'en s'engageant, on mette en péril sa famille.
En tant que maire, vous avez envie d'aller au-devant des populations, de proposer que la République tienne sa parole, qu'on mette en place des outils de méritocratie républicaine pour que tout le monde soit tiré vers le haut. Quand vous vous rendez compte Que quelques jours d'émeutes terrifiants sur ma commune peuvent conduire jusque-là, ça vous challenge. C'est quelque chose de fort.
En étant ministre de la Ville, donc de ces quartiers populaires, et du Logement, c'est ce qui m'anime toujours et encore, avec l'idée que la bataille n'est pas perdue. Si on prend les bonnes décisions maintenant, on peut aller replanter le drapeau de la République, y compris dans ces quartiers où on a été remplacés, nous, les institutions républicaines, par des narcotrafiquants, parfois. Parfois, on a été remplacés par des séparatistes qui essaient de briser les fondamentaux de la République.
Après ces attaques, avec ma femme, on s'est posé la question. Je me suis dit que s'il fallait tout arrêter, j'arrêtais tout. Il n'a jamais été question de les mettre en danger.
Je revois encore son visage: "Il est hors de question qu'on arrête. Ce sont ceux qui ont semé la peur qui gagnent. " Les images sont encore difficiles à regarder.
C'est avec toute cette envie de ne pas céder du terrain, faire en sorte que la République devienne partout chez elle, que je mène très modestement cette mission qui m'a été confiée. - P.Lescure: On reste sur le même type de sujet.
E.Macron a demandé ce matin d'amplifier la lutte contre le narcotrafic lors d'une réunion d'urgence qui s'est tenue à l'Elysée, organisée après l'assassinat du frère du militant écologiste, à Marseille, A.Kessaci. "Un crime d'intimidation"", selon le gouvernement, marquant un point de bascule.
On peut dire qu'on a trop tardé pour prendre ce problème à bras le corps? - V.Jeanbrun: En tout cas, il est urgent de réagir très fort.
Ce qu'on a commencé à dire en début d'émission sur les attributions de logements dans ces quartiers sera un petit bout de la réponse. Plus de place pour les délinquants dans les logements sociaux. Il faut aller plus loin.
Il y a aussi des enjeux sur la rénovation urbaine qui sont considérables. Je pense notamment aux copropriétés dégradées. Vous avez aujourd'hui, parfois, des logements sociaux mieux gérés que des copropriétés car elles se sont petit à petit enkystées, paupérisées.
On ne sait plus quoi en faire, aujourd'hui. Il y a des outils qui sont dans mon périmètre, mais ce sera une réponse intergouvernementale car il y a des enjeux de sécurité, de justice, du territoire. Il y a des questions de politique de quartier de la ville.
J'ai entendu des gens nous dire: "Vous payez des vacances aux jeunes des quartiers. Vous feriez bien de les mettre au boulot." Ce discours, "toujours de l'argent pour les quartiers...", c'est parce qu'on ne veut pas laisser tomber des quartiers où ça tient encore, où les narcotrafiquants n'ont pas tout conquis.
Vous avez des narcotrafiquants qui font les bonnes oeuvres, qui donnent des kits scolaires en début d'année. Pourquoi font-ils ça? Ils veulent reprendre complètement la place de la République.
Ils veulent nous séparer définitivement des habitants de ces quartiers. Or, je considère que c'est une urgence pour nous d'aller réparer ces quartiers. C'est peut-être ce qui a fait que j'ai été nommé à cette fonction...
J'avais écrit sur ces émeutes un plan, une interpellation sur ces quartiers populaires. Je l'avais appelé "Réparer les quartiers, rétablir la République". Si on répare ces quartiers où c'est le pire, alors, on pourra réparer tout ce qui ne fonctionne pas dans le pays.
Je veux garder ce message d'espoir. Dans ces quartiers que certains décrient, il y a aussi plein de talents. Il y a toutes celles et ceux qui sont en première ligne, qui font que ce pays tient debout.
Il faut qu'on aille les aider. Les quartiers ne sont pas un problème en soi. Il y a des gens qui posent problème à ces quartiers.
C'est une minorité. Si on s'y met tous, on pourra gagner la partie. - E.Tran Nguyen: Autre sujet qui vous concerne: le froid.
La baisse des températures est une mauvaise nouvelle pour beaucoup de Français. Selon un rapport, plus de 1 Français sur 3 dit souffrir du froid dans son logement. Même proportion de Français qui affirment avoir des difficultés à régler leurs factures d'énergie.
Ce sont des chiffres qui ont doublé en 5 ans. On ne compte plus ce genre de réaction qu'on a pu recevoir de la part de nos téléspectateurs. ...
Même réaction à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, où nous nous sommes rendus aujourd'hui. - On peut atteindre 200 euros par mois. Sur un salaire, on le sent. - Pour l'instant, je ne mets pas le chauffage car je ne veux pas avoir des factures exagérées. - Quand on peut se mettre un pull, on évite de trop allumer le chauffage. - J'essaie de pallier par des couvertures un peu plus chaudes, des pyjamas pour les enfants, pour éviter qu'elles aient froid. - Je reste dans le lit tout le temps.
Je mets le plaid quand je joue à l'ordi et je vais chez les potes qui ont un appart un peu mieux. - E.Tran Nguyen: Des restrictions, des sacrifices, alors que les aides concernant l'énergie sont discutées en ce moment dans le cadre du budget 2026, et qu'elles pourraient baisser.
Le chèque énergie pourrait baisser. Le budget de MaPrimeRénov', pour améliorer l'isolement de son logement, devrait encore perdre 500 millions d'euros, alors qu'il a déjà été amputé de 1 milliard cette année. La demande augmente.
Conclusion: en 2026, il y aura encore plus de Français qui auront froid chez eux? - V.Jeanbrun: Permettez-moi de penser à tous ceux qui n'ont même pas de chez-eux.
Quand la période hivernale s'ouvre, ça fait partie des missions qui sont les miennes, de penser aux personnes qui sont à la rue et à qui il va falloir trouver une solution. Il est hors de question de les laisser dans le froid. C'est important de le rappeler.
Ensuite, vous avez raison de le dire: il y a tout un tas de passoires thermiques qui peuvent être des bouilloires thermiques l'été. Il va falloir continuer nos efforts pour avoir une ambition à ce niveau. Vous avez raison de rappeler qu'il y a des chiffres budgétaires.
Vous avez aussi des financements hors budget, notamment les fameux C2E, des contrats sur l'environnement. On rachète des contrats et ça permet de financer. MaPrimeRénov' va garder sa capacité à agir financièrement.
En revanche, il y a un débat, qui est celui de voir si on recentre encore plus ces primes pour qu'elles aillent vraiment en priorité sur les passoires thermiques les plus importantes et sur les familles qui y habitent et qui sont les plus démunies pour faire un impact majeur à ces endroits. C'est important. Sur le chèque énergie, même si ce n'est pas directement lié à mon ministère, il y a la même réflexion.
On concentre l'effort sur ceux qui en ont le plus besoin. C'est un enjeu majeur qui va compter de plus en plus. - E.Tran Nguyen: Ca veut dire qu'on augmente l'aide pour les plus démunis? - V.Jeanbrun: En tout cas, il faut avoir un effet levier là où c'est le plus important.
Vous avez des personnes qui vont finir par être dans des logements insalubres car elles n'allument pas le chauffage l'hiver. Au-delà de la souffrance que ça implique, ça peut aussi nuire terriblement au logement, donc le dégrader. La situation empire d'année en année. - A.-E.Lemoine: Votre choc du logement, un choc de simplification pour le logement, vous l'avez présenté entre autres au Congrès des maires de France aujourd'hui.
Il en est question dans la Story de L.Amar. - L.Amar: Si vous deviez résumer en un mot l'état d'esprit des maires aujourd'hui, ce serait quoi? - Inquiétude par rapport à nos budgets, surtout. - Administrativement, tout est compliqué. - C'est décourageant d'essayer de faire quelque chose alors que l'Etat fait tout l'inverse. - L.Amar: C'est l'histoire d'un spleen, celui des maires de France, qui ont ouvert aujourd'hui leur congrès annuel. 35 000 élus en qui les Français ont encore largement confiance.
Près de 70 %, selon un sondage. Mais ils sont globalement découragés. En première ligne face à la colère, à la violence parfois, et aujourd'hui relégués à l'ombre de la politique nationale et de ses incertitudes.
Pas de budget avec le peu de stabilité, avec peut-être une dissolution dans les semaines à venir...
Tout cela à moins de 4 mois du premier tour des municipales. Pour l'instant, la campagne ne prend pas, éclipsée par la crise budgétaire. Il paraît qu'il y a des élections municipales dans 4 mois.
Vous êtes au courant? - Peut-être. - On a cru que ça risquait d'être décalé.
On ne savait plus trop si ça allait se faire ou pas. Il paraît que c'est compliqué au niveau national. - Le débat politique est tellement accaparant...
C'est une véritable hypothèque sur le débat des prochaines municipales. - Nous souhaitons que le budget 2026 soit annoncé pour qu'on puisse commencer à préparer nos budgets 2026. - L.Amar: Vous en parlez entre vous? - Tout à fait. - L.Amar: Il y a un côté thérapie de groupe? - Certainement. - L.Amar: En nous promenant tout à l'heure dans les allées du congrès, on est tombés sur ce tableau.
C'est une revue de presse qui compile les articles de ces derniers jours sur l'actualité des maires. En fait, une collection de mauvaises nouvelles et de motifs d'inquiétude. On a demandé à une élue si ça reflétait son quotidien. "Un congrès sous haute tension." "Le blues des maires"...
Ca fait beaucoup, non? - Oui. Je suis maire d'une commune de 950 habitants.
Je suis sur tous les fronts, 7j/7, 24h/24. - L.Amar: Vous vous reconnaissez dans l'ensemble de ces titres? - Dans l'ensemble, on va dire que oui.
Le métier de maire est compliqué. On est à 4 mois des municipales. Je me demande si je vais y retourner ou si je jette l'éponge et je laisse la place à quelqu'un d'autre.
Mais il n'y a personne d'autre, en fait. - L.Amar: Il n'y a personne d'autre pour prendre votre succession? - Non.
Il n'y a plus les mêmes motivations. - L.Amar: Cette élue ne trouve personne pour relever le gant dans sa commune.
Ca illustre la crise des vocations. 40 % des maires ont d'ores et déjà décidé de ne pas y retourner, selon une étude. Trop de contraintes, pas assez de moyens et pas assez d'énergie pour mener à bout de nouveaux projets. - Je me rends compte que ce mandat, c'est le mandat de trop. - L.Amar: Pourquoi? - Les contraintes, les responsabilités...
On a de moins en moins les coudées franches. Même dans nos petites communes, on est de moins en moins aidés. Il faut laisser la place aux jeunes, à ceux qui ont envie d'y aller, mais je les plains. - L.Amar: Vous avez hâte que tout ça se termine? - Je compte les mois.
Il en reste 4. J'ai dit à mon conseil municipal que le soir des élections, on sabrera le champagne pour mon départ. - L.Amar: Je vous présente Hugo Biolley.
Il a 24 ans. C'est le plus jeune maire de France. Il a été élu à 18 ans en Ardèche.
Il poursuit en parallèle ses études à Grenoble. - Il y a des moments où les études, c'est un peu plus dense. Il faut que j'aille à Grenoble plusieurs fois dans la semaine.
Je passe plus de temps à bosser le week-end. Je réduis les temps personnels. Ce sont aussi des sacrifices personnels qu'on fait. - L.Amar: Vous avez parfois l'impression de passer à côté de votre jeunesse? - Pas du tout.
On fait ça ni pour l'argent ni pour la gloire, quand on est élu. C'est la passion. On a réussi à rouvrir un 1er commerce, dans mon village.
Le bonheur que j'ai eu à prendre mon premier café sur une terrasse, ça n'a pas de prix. - L.Amar: Il a créé une association pour convaincre d'autres jeunes de s'engager.
Une vraie fracture générationnelle chez les maires. V.Jeanbrun, vous étiez au Congrès des maires tout à l'heure.
Vous avez entendu cette incertitude provoquée en partie par l'incertitude au niveau national? - V.Jeanbrun: On l'a beaucoup entendue.
J'aime votre expression, "fantassins de la République". Il faut qu'ils soient bien accompagnés, équipés, outillés, et avec une feuille de route claire. Aujourd'hui, c'est compliqué.
Il n'y a pas si longtemps, j'étais maire. Il y a une complexité administrative terrifiante, une exigence de nos concitoyens qui est bien légitime mais qui s'exprime parfois au rythme de Twitter, avec la violence de Twitter...
C'est très compliqué pour beaucoup de collègues de subir cette agression digitale permanente. Ce n'était pas le cas il y a quelques décennies. Ca fait beaucoup de choses qui pèsent sur le moral des troupes.
En même temps, j'aime la fin de votre reportage. Etre maire, c'est une vocation. On n'y va pas pour l'argent ou pour la gloire.
Il n'y a ni l'un ni l'autre, contrairement à ce que beaucoup pensent. En revanche, il y a cette satisfaction de transformer concrètement la vie des gens. Ca n'a pas de prix.
C'est un maire qui a payé un prix très fort qui vous le dit. Je le dis à ceux qui hésiteraient: allez-y parce que c'est magnifique. Vous serez récompensés au centuple.
Il ne faut pas hésiter. Un mot un peu plus politique...
Le Premier ministre a été maire. La 1re chose qu'il a faite en tant que Premier ministre, c'est d'écrire aux maires. Il a dit: "On sera à vos côtés.
On connaît la complexité." Là, on a une phase complexe, avec le budget. Il faut qu'on l'enjambe.
Sans budget, il n'y a plus rien. - A.-E.Lemoine: S.Lecornu a évoqué l'hypothèse d'un échec du processus budgétaire en cours. - V.Jeanbrun: Personne ne sait comment cette affaire va se terminer.
Ce qui est sûr, c'est qu'on donne la parole au Parlement. On croit dans la capacité des parlementaires à créer du consensus et avancer. Le Premier ministre a dit: "Si on passe ce budget, on proposera un grand projet de clarification et de décentralisation." On va ramener toutes les politiques publiques qui le peuvent au plus près du terrain et au plus près des maires.
Ca leur donne un sens. La clarification, c'est aussi faire en sorte que l'Etat ne parle que d'une seule voix. En tant que maire, vous êtes tout seul de votre côté de la chaise.
De l'autre côté, le préfet, les agences environnementales, l'architecte des Bâtiments de France...
Ils vont tous dire quelque chose de différent. Quand vous êtes maire, vous voulez parler à un interlocuteur de l'Etat, vous avez 6 voix différentes. C'est comme la maison des fous dans "Astérix"!
Ce sera vrai sur tous les sujets et encore plus sur mes missions. - A.-E.Lemoine: Encore faut-il que le budget passe. - V.Jeanbrun: La responsabilité est entre les mains des parlementaires. - A.-E.Lemoine: Merci.
Arnaud, Nicolas, Didier et Adrien avaient 8, 9, 11 et 13 ans quand ils ont été agressés sexuellement par des hommes en qui ils avaient confiance. - J'avais cette gueule, celle qu'on remarque, celle qui a réveillé une pulsion chez un type de 40 balais, un ami de mon père. Un soir, il est venu dans ma chambre.
Je dormais. Plus rien n'a été pareil. On ne raconte pas ça, pas dans ma famille, pas quand on est un garçon, pas dans un monde qui ferme les yeux.
Alors, on se tait pendant des années. On devient expert en silence, on survit. Un jour, ça sort parce qu'on croise d'autres mômes devenus hommes, cabossés pareil. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, N.Bourgouin.
Merci d'être avec nous ce soir. Dans un documentaire diffusé ce soir sur LCP, "Didier, moi et les autres...
Les Enfants du silence"...
Vous êtes ce qu'on appelle "un enfant du silence", qui se taisent parce qu'on ne les a pas crus. Votre mère ne vous a pas cru la première fois que vous lui avez parlé du viol que vous avez subi. - N.Bourgouin: J'ai été agressé sexuellement à 9 ans.
De 9 à 25 ans, je n'ai pas eu d'amnésie traumatique, comme ça a pu arriver à Didier, Adrien ou Arnaud. A 25 ans, la parole...
Je me souviens d'une amie qui me raconte exactement la même histoire que ce que j'ai vécu. Elle me dit: "Ce que j'ai vécu est très grave." Donc j'ai déduit que ce que j'avais vécu était grave aussi.
La personne qui m'a agressé était un ami de mon père. J'en parle à mes parents. Ma mère me dit: "Si c'était vrai, tu me l'aurais dit à 9 ans." On était très proches.
J'avais 25 ans à l'époque. J'en ai 53 aujourd'hui. Depuis, on n'en a jamais reparlé jusqu'à l'an dernier avec le doc.
J'ai eu envie de le faire un peu grâce à vous. Adrien était sur ce plateau quand j'ai eu le déclic de dire "il faut donner la parole aux hommes". - A.-E.Lemoine: Vous dites que parler, c'est devenir radioactif.
C'est peut-être pour ça que ça engendre ces réactions. Tout d'un coup, ça dérange dans un monde qui ferme les yeux. Vous avez attendu 22 ans pour évoquer les violences subies chaque matin pendant 7 jours en colonie de vacances alors que vous étiez adolescent. 22 ans de silence avant de ressentir ce que vous appelez "une pulsion de publicité".
Tout d'un coup, il fallait en parler, le faire savoir. - A.Borne: Oui.
Le mot "publicité" n'est pas vulgaire. C'est "bah, regardez, regardez-moi". Dans ce que je suis, il y a aussi cette histoire que je n'arrive pas à raconter car je suis aussi victime d'amnésie traumatique.
J'ai envie de partager cette histoire, pas du tout par vulgarité ou par esprit de créer un malaise. Si on ne le fait pas, on va continuer comme ça. Je vous suis hyper reconnaissant.
Grâce à vous, j'ai rencontré Nicolas, qui est plutôt sympa. On a fait un bout de chemin ensemble. Vous m'avez écouté il y a un an et demi.
Il n'y a pas grand monde qui écoute les victimes. Or, c'est une clé, la clé d'une contagion positive. Je parle, je me reconnais... - A.-E.Lemoine: "Je ne suis pas seul." - A.Borne: On peut avancer. - A.-E.Lemoine: Avant de parler, ces viols avaient été rayés de votre mémoire.
Ils ont ressurgi presque par hasard avec des douleurs dans les jambes. - A.Borne: La mémoire, est-ce qu'elle vous protège quand elle vous envoie au silence ou est-ce qu'elle vous trahit?
L'agresseur s'en prenait d'abord à mes jambes. C'est comme ça que je le comprends. Mes jambes m'ont envoyé un signal très douloureux.
J'ai demandé à des médecins de me soulager. Ils n'y arrivaient pas. Un jour, la vérité m'est apparue.
Ca a été un cataclysme, mais je l'ai digéré. - A.-E.Lemoine: On peut se dire qu'un souvenir peut être une libération.
Ce n'était pas le cas. Une autre question a pris le dessus: "Qui étais-je toutes ces années alors que j'oubliais ce qui était grave?" - A.Borne: On court tous après quelque chose.
Didier court après quelque chose, littéralement. Arnaud, Nicolas...
Moi, j'ai couru après ces 19 ans où je ne savais pas qui j'étais. Je suis qui? Si je connais pas ma vérité, ma vie, alors je suis qui?
J'ai fini par me dire "arrête de te poser la question car ça va te mener nulle part". - A.-E.Lemoine: Nicolas, vous donnez la parole à Didier, un ex-caméraman agressé à 9 ans.
Il ne s'est souvenu de rien pendant 30 ans. Il a fallu 2 séances de psychanalyse pour que tout resurgisse. Cette amnésie a laissé place à une obsession: retrouver et traquer son agresseur. - Je vous emmène à l'endroit où je suis passé, repassé, retourné avec mon scooter pour arriver au moins à le voir.
Je suis dans le Sud. Tout le temps où je venais à Paris, je passais ici. C'était un peu obsessionnel.
Quand je l'ai vu, j'ai pu faire une photo, de loin. J'ai su que c'était lui. - A.-E.Lemoine: C'est l'histoire de Didier qui vous a vraiment donné envie de faire ce film, de comprendre cette obsession?
C'est à la fois une peur, une angoisse et l'envie de retrouver son agresseur, de le revoir. - N.Bourgouin: Il vit dans les Cévennes.
A chaque fois qu'il remonte à Paris, il passe devant. Il s'arrête, il photographie, il filme. Il traque ce mec, en fait.
Pourquoi? Je sais pas exactement. Il a besoin de le voir.
Il a besoin de se dire...
Il l'a reconnu. "Je sais que c'est lui. J'ai reconnu son nez, sa bouche et sa pomme d'Adam quand il m'embrassait." C'est glaçant.
Il le filmait. J'ai récupéré cette matière cinématographique absolument incroyable. C'était incroyable, flippant.
J'ai voulu qu'il me raconte ça parce que je me suis dit que ce type d'agression, ça provoque aussi ce type d'obsession dont il n'arrivait pas à se défaire. La fin de l'histoire, c'est qu'il va à la rencontre de son agresseur ou pseudo-agresseur. - A.-E.Lemoine: Ca veut dire qu'on ne guérit jamais vraiment de ses blessures? "Guérir" n'est peut-être pas le bon mot. - N.Bourgouin: Non.
Je crois qu'on vit avec. Mais on vit beaucoup mieux une fois qu'on a parlé. - A.Borne: On aborde comme ça...
Nicolas questionne une psychologue en lui demandant si on guérit. J'aurais rêvé qu'un jour, un ange vienne me dire "c'est bon, t'es guéri". En fait, on est en bouillie, quand on est agressé.
Je ne vous dis pas que vous allez éclater de rire toutes les 20 secondes, dans ce documentaire, mais il est lumineux. De cette boue, on arrive à faire un truc à notre manière, plus ou moins laborieusement. On arrive à refaire une statue.
Elle ressemble un peu à quelque chose. - A.-E.Lemoine: Didier qui traque son agresseur dit une chose extraordinaire dans le film: "Les faits sont prescrits.
Et alors? Je veux qu'un pédophile sache que même 50 ans après, la victime peut venir taper à sa porte." La prescription, la justice... - N.Bourgouin: La justice n'a pas suivi, en fait.
Ce qui lui importe, c'est que son agresseur sache qu'une plainte a été déposée contre lui. Ca lui suffit. C'est cette reconnaissance que ce qu'il a vécu est vrai.
Comme la justice n'a pas suivi, il s'est dit qu'il allait aller à la rencontre de cet agresseur pour lui signifier que c'était le petit Didier, qu'il avait 9 ans, qu'il était dans sa colonie de vacances et qu'il lui avait fait tout ça. C'est le point de départ de sa reconstruction, pense-t-il. - E.Tran Nguyen: Aujourd'hui, en France, on se demande encore comment lutter contre la pédocriminalité.
Hier, une plainte a été déposée par la mère d'un petit garçon de 4 ans contre un animateur scolaire. Beaucoup parlent d'une omerta immense face au silence des institutions. Des animateurs ont été suspendus pour des faits à caractère sexuel. 1 enfant toutes les 3 minutes en est victime.
Il faut écouter les enfants, mais parfois, on se dit que ça ne suffit pas? - N.Bourgouin: Hélas...
Le fait divers que vous rapportez est abominable. C'est un enfant de 4 ans, je crois. - E.Tran Nguyen: Ce n'est pas le seul.
Une trentaine d'animateurs... - A.Borne: Il faut commencer par les écouter.
On estime qu'il n'y a que 8 % des enfants qui sont crus quand ils racontent. Que 8 %! Ensuite, c'est la responsabilité de tous.
Une société qui ne protège pas ses enfants est une société qui ne croit pas en son avenir. Il y a beaucoup de choses à faire encore en la matière. J'espère que ce documentaire servira aussi à ça.
Didier conclut en disant "la vie est belle". On va se raccrocher à ça. - A.-E.Lemoine: "Didier, moi et les autres...
Les Enfants du silence", c'est signé N.Bourgouin et c'est diffusé demain sur LCP à 20h40 et en replay sur LCP.fr.
Le 5/5 de L.Sénéchal. B.Sansal est arrivé en France. - L.Sénéchal: L'écrivain franco-algérien reçu tout à l'heure à l'Elysée par E.Macron.
Il a été emprisonné près d'un an en Algérie malgré son cancer et son âge. Il a été au coeur d'un bras de fer diplomatique et politique. Il a été gracié par le président algérien, rapatrié en Allemagne la semaine dernière avant d'arriver en France tout à l'heure.
Le président a salué sa libération. Ses mots étaient en opposition avec la ligne ferme défendue par B.Retailleau à l'époque. - A.-E.Lemoine: La préfecture de l'Ain porte plainte après un rodéo géant. - L.Sénéchal: C'était à Bourg-en-Bresse, sur le parking d'un supermarché. 3000 personnes et 800 véhicules sur place malgré l'interdiction de cette manifestation.
Il y avait un risque évident de trouble à l'ordre public. Les voitures frôlent la foule. Des voitures retouchées pour plus de puissance.
Quand les forces de l'ordre sont arrivées, elles ont été prises pour cible par une partie des manifestants. Feu d'artifice. - L.Sénéchal: Plusieurs véhicules ont été dégradés par ces tirs de mortier.
Le syndicat policier Alliance, proche de l'extrême droite, affirme qu'on a tenté de mettre le feu à un véhicule de police avec un jerrican. La police a repoussé les individus à l'aide de gaz lacrymogènes. On ne sait pas encore combien de personnes ont été interpellées.
V.Jeanbrun, j'imagine que vous condamnez... - V.Jeanbrun: La plus grande fermeté. - L.Sénéchal: Il y a même eu des morts lors de rodéos urbains. - V.Jeanbrun: C'est pareil quand on a une rave party.
Il faut que notre arsenal législatif soit beaucoup plus puissant pour qu'on puisse saisir tous les véhicules, sanctionner beaucoup plus fermement. Là, on est sur de la tentative de meurtre, s'ils ont tenté d'allumer une voiture avec un jerrican, s'il y avait des policiers dedans. - A.-E.Lemoine: La carte Vitale dématérialisée sur tous les téléphones, c'est aujourd'hui. - L.Sénéchal: En principe, vous pouvez dès maintenant télécharger l'application, générer un QR code que pourront scanner votre médecin et votre pharmacien.
Vous pourrez trouver vos dernières factures et vos remboursements. Est-ce que ça marche? On a testé. - Les conditions générales, on les accepte. "Préparez votre carte Vitale.
Recevez un code par mail." Je clique. "Vérification de votre identité." J'ai une carte d'identité française. "Préparez-vous pour une vidéo de votre pièce d'identité et de votre visage." Ca mouline.
C'est très long. Ca fait 15 minutes qu'on est bloqué sur la page de chargement. On ne va pas pouvoir se créer un compte aujourd'hui. - L.Sénéchal: P.Cohen fait une démonstration.
Si vous passez par France Identité, c'est plus simple. - A.-E.Lemoine: On peut zoomer pour voir l'âge de Patrick?
Rires. - L.Sénéchal: A terme, vous aurez même sur cette application, pas France Identité, mais carte Vitale, le tiers payant et le carnet de santé numérique.
Encore faut-il que les pharmacies soient équipées. Là non plus, c'est pas encore gagné. - On a 2 possibilités: lire la carte Vitale dans le lecteur qui est ici, la méthode classique, ou l'application carte Vitale.
C'est ce que toutes les personnes auront sur leur téléphone et qu'on pourra scanner. Avec notre matériel, ça ne fonctionne pas. Il faut un scanner plus adapté que le nôtre. - L.Sénéchal: Le gouvernement et l'Assurance maladie espèrent franchir encore une étape dans la lutte contre la fraude sociale avec cette nouvelle appli. - A.-E.Lemoine: Vous l'avez, vous? - V.Jeanbrun: Pas encore. - A.-E.Lemoine: Eh bah voilà! - V.Jeanbrun: J'ai France Identité.
Grâce à la démonstration de P.Cohen, je pense que je vais pouvoir l'installer rapidement. En tout cas, c'est une bonne nouvelle.
Ca va dans le bon sens. Ca prépare le grand plan loi antifraude sur lequel travaille le gouvernement. On luttera contre les fraudes sociales, les arnaques à la carte Vitale, mais aussi les fraudes fiscales, les évasions fiscales.
Je pense que ce texte est très attendu et il peut rassembler très largement sur les bancs du Parlement. - A.-E.Lemoine: V.Zelensky a remercié les pêcheurs bretons. - L.Sénéchal: Les filets de pêche bretons sont recyclés et envoyés à plus de 3000 km de Bretagne, en Ukraine.
Ils servent à protéger les routes et les bâtiments des drones russes. Les pêcheurs bretons sauvent des vies. Ca valait bien une rencontre avec V.Zelensky.
Il a même reçu une doudoune sans manches made in Finistère. - L.Sénéchal: Les filets de pêche bretons font des petits.
En Occitanie, les agriculteurs donnent cette fois leurs filets antigrêle. - A.-E.Lemoine: C'est formidable.
En RDC, des images impressionnantes du crash d'un avion ministériel. - L.Sénéchal: Un avion s'écrase au moment de l'atterrissage.
A son bord, le ministre des Mines et sa délégation. Tous vont miraculeusement s'en sortir. - Vite!
Ca presse! Mama! Laisse ça! - L.Sénéchal: Ce qui est encore plus incroyable, c'est que ce crash a eu lieu dans une région minière du sud du pays.
Là même où, samedi, une mine de cobalt s'est brutalement effondrée sur les centaines de mineurs qui étaient sur place. Ce sont des creuseurs, des mineurs clandestins. C'était en RDC.
Les survivants parlent de l'arrivée de militaires dont les tirs ont provoqué un mouvement de panique et un effondrement. La RDC produit 70 % du cobalt mondial, matériau essentiel à la fabrication de batteries. Pour son robot Optimus, E.Musk voit grand, comme toujours.
Il lance l'an prochain une première ligne de production. 1 million d'exemplaires vont en sortir. 10 millions d'unités promises dans un avenir proche.
Il a déjà du retard. Les robots sont déjà une réalité. Voici Neo.
Il peut passer l'aspirateur ou prendre vos courses. Il coûte 20 000 dollars. Le chinois Ubtech a lancé la production de son robot humanoïde. 112 millions de dollars de commandes, déjà.
Il espère en livrer 500 d'ici la fin de l'année. Il s'occupe tout seul de la manutention, le robot. Bruits de pas métalliques.
Il s'autolivre. Entre Chine et Etats-Unis, la Russie essaye de se faire une place. Là, on parle du petit robot humanoïde made in Russia.
Il a pas tenu une minute. - A.-E.Lemoine: A 1 mois des fêtes, vous donnez des conseils pour déguster des huîtres. - L.Sénéchal: La mode, c'est l'huître à la boisson énergisante.
C'est un chef étoilé qui le dit. - L'accord le plus problématique de l'histoire. Une huître, un Red Bull.
C'est toujours aussi délicieux. - L.Sénéchal: Ca intéresse les ostréiculteurs.
Ils trouvent ça bon. - Je m'attends à rien. C'est parti.
Ca me fait chier de le dire, mais ça se marie super bien. - Tu as le petit côté pétillant sur la langue. Incroyable. - Ouais. - L.Sénéchal: Je vous ai préparé un petit assortiment. - P.Cohen: Non! - A.-E.Lemoine: Monsieur le ministre, Nicolas, Adrien... - V.Jeanbrun: J'adore les huîtres, mais...
J'étais député du marché international de Rungis, temple de la gastronomie. - A.-E.Lemoine: On dirait des fraises Tagada.
C'est dégueulasse! Elles sont même pas fraîches! Il m'a empoisonnée!
Le 5/5 de Lorrain est désormais disponible en podcast. J'ai une huître dans la bouche...
Merci, monsieur le ministre, Nicolas, Adrien.
Vincent Jeanbrun