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InterviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 13 janvier 2026 25 minContradictoireActualité / polémiqueTransportsBudget & impôtsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Philippe Tabarot : « Les usagers du train couvrent environ 25% du coût du transport »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous comprenez les menaces de censure de LR ?

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Vous appelez LR au compromis ?

  • 2:38RelanceRéponse partielle

    Les motions de censure sont-elles un chantage à la stabilité ?

  • 2:55RelanceRéponse partielle

    La dissolution en cas de motion de censure n'est-elle pas un chantage ?

  • 4:14RelanceRéponse directe

    L'organisation des législatives en même temps que les municipales n'est-elle pas une prise d'otage ?

  • 4:49OuverteRéponse directe

    Quels sont les vrais débats locaux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:08Invité politiqueFait
    « aujourd'hui on est dans une situation particulière pour notre pays, on est à la mi-janvier, on n'a toujours pas de budget »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « j'ai besoin de commander du matériel pour les trains de nuit, c'est indispensable »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « j'ai besoin de contrôleurs aériens pour que l'on retrouve une vraie qualité dans notre contrôle aérien »
  • 2:12Invité politiqueFait
    « Bien sûr que j'appelle mes amis LR au compromis, c'est indispensable dans l'intérêt du pays »
  • 4:29Invité politiqueFait
    « Non, bien sûr que personne n'a envie que les municipales ou que les législatives se tiennent le même jour que les municipales »
  • 4:51Invité politiqueChiffre
    « C'est un rendez-vous tous les six ans qui peuvent permettre dans tous les territoires de choisir 36 000 édiles dans notre pays »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « on doit parler de fiscalité locale, on doit parler de sécurité locale, on doit parler de transport public »
  • 5:20Invité politiqueFait
    « Si le gouvernement est renversé, il faut bien qu'il y ait un nouveau gouvernement »
  • 8:23Invité politiqueFait
    « Le transport, les recettes du transport reviennent au transport et se répartissent de manière, je dirais, solidaire entre les différents modes de transport »
  • 10:26Invité politiqueChiffre
    « 2 milliards et demi pour financer les autres modes de transport »
  • 11:25Invité politiqueChiffre
    « on a un niveau d'investissement sur le réseau ferroviaire aujourd'hui qui est environ d'un petit peu plus de 3 milliards »
  • 11:36Invité politiqueChiffre
    « Le souhait à l'époque de Jean-Pierre Farandou qui a été réaffirmé par Jean Castex, c'est de monter un niveau qui soit un niveau sur le ferroviaire de 4 milliards et demi »
  • 11:40Invité politiquePromesse
    « Nous avons passé commande à SNCF Réseau pour se préparer, dès 2027, 2028, d'investir à hauteur de 4 milliards et demi plutôt que 3 milliards aujourd'hui »
  • 14:30Invité politiqueChiffre
    « Ouigo a permis à 80 millions de personnes qui ne prenaient pas le train de prendre le train »
  • 18:16Invité politiqueChiffre
    « il y a pratiquement 90% des ouvrages d'art qui ont été réalisés »
  • 18:19Invité politiqueChiffre
    « Il y a 75% des terrassements qui ont été réalisés »
  • 21:00Invité politiquePromesse
    « nous souhaitons que le calendrier qui était prévu initialement de 2035 pour partir de 2037 pour l'autre partie ne soit pas trop retardé »

Temps de parole

  • Philippe Tabarot81 %
  • Présentateur9 %
  • Invité9 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Philippe Tabarro, merci beaucoup, merci d'avoir accepté notre invitation ministre des Transports. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Julien Lécué de La Voix du Nord. Bonjour Julien.

0:24
Invité

Bonjour Auriane, meilleur vœu. Meilleur vœu en cette nouvelle année, Julien.

0:28
Présentateur

On va évidemment longuement parler de la question des transports, et notamment dans le cadre des municipales. Philippe Tabarro, vos dossiers sont nombreux, mais d'abord un mot de politique, puisque aujourd'hui revient au Parlement la question du budget et des menaces de censure qui planent sur votre gouvernement, sur le budget, sur le Mercosur, menaces également en temps agité par votre parti, les Républicains. Est-ce que vous les comprenez ?

0:48
Philippe Tabarot

Écoutez, j'ai quelques fois des difficultés à les comprendre. Je comprends l'idée de se dire qu'on souhaite pour notre pays le meilleur budget possible, mais ça c'est dans un monde idéal, c'est dans un monde où on est au pouvoir, où il y a une majorité, une très large majorité à l'Assemblée et au Sénat, des années qu'on a connues il y a bien longtemps maintenant. Aujourd'hui on est dans une situation particulière pour notre pays, on est à la mi-janvier, on n'a toujours pas de budget, et c'est mauvais pour le pays.

La loi spéciale a été une rustine, comme ça a été dit, ça peut régler quelques petits problèmes dans le courant du mois de janvier ou tout début février, mais c'est quelque chose qui ne peut pas durer. La France a besoin absolument d'un budget, je le vois dans mon secteur des transports, j'ai besoin de commander du matériel pour les trains de nuit, c'est indispensable. J'ai besoin de contrôleurs aériens pour que l'on retrouve une vraie qualité dans notre contrôle aérien et qu'on ne soit pas en sous-tension dans les tours, et ça a des répercussions bien sûr nationales et internationales.

Je pourrais multiplier les sujets qui montrent les difficultés de fonctionner sans budget dans mon propre secteur, et je ne parle même pas des secteurs des collègues, vous avez entendu mon collègue ministre du Logement sur ma prime Rénov', je ne parle même pas de Catherine Vautrin avec les commandes particulièrement importantes pour notre souveraineté nationale, indispensable en matière des armées. Donc vous appelez LR au compromis ? Bien sûr que j'appelle mes amis LR au compromis, c'est indispensable dans l'intérêt du pays.

Viendra le temps d'avoir un débat politique pour la présidentielle, de faire part également de ce qui sont nos priorités, et puis de les défendre auprès d'un candidat pour un programme, mais en tout cas je pense que sincèrement dans ce contexte actuel, il faut de la stabilité, il faut un budget, aussi imparfait soit-il, mais c'est indispensable.

2:38
Invité

Vous avez parlé de stabilité, il y a deux motions de censure qui ont été déposées et qui seront examinées cette semaine. Le Premier ministre a laissé entrevoir la possibilité d'une dissolution si une motion de censure était votée. Est-ce que ce n'est pas une forme de chantage justement à la stabilité ?

3:00
Philippe Tabarot

Non, je crois que le Premier ministre a été toujours très constant dans ce qu'il a annoncé. Je pense que les Français ont bien compris qu'il n'y avait pas 50 plans supplémentaires si jamais le gouvernement était renversé. C'est-à-dire qu'on a eu le gouvernement de Michel Barnier, il y a eu le gouvernement de François Bayrou, il y a eu le Cornu 1, il y a eu le Cornu 2, tout ça en un petit peu plus de 14 mois. Donc tout le monde a conscience que si jamais le gouvernement est renversé par une des motions de censure... Mais elle a quasiment aucune chance de passer cette... Vous savez, dans motions de censure, il y a censure.

Quand elles sont déposées, ceux qui les déposent pensent toujours que ça peut se passer. Alors probablement que...

3:40
Présentateur

Vous pensez que oui, vous ? Comment ? Vous pensez que oui ? Vous pensez que vous serez pédiste ?

3:43
Philippe Tabarot

Moi, je suis toujours très vigilant par rapport à ça. On ne sait jamais, quand je vois que quelquefois le Rassemblement national a voté des motions de censure de LFI avec un texte improbable et notamment principalement contre eux et qu'ils le votaient pour autant, quand il y a une convergence des luttes et quand on trouve un ennemi commun qui en l'occurrence pourrait être le gouvernement, il faut toujours être très vigilant. Il faut expliquer les choses, dire les conséquences que pourraient avoir ces motions de censure. En tout cas, il ne faut jamais prendre ça à la légère.

4:14
Invité

Oui, mais il y a une forme de difficulté autour de l'idée de Sébastien Lecornu d'organiser des législatives, si c'était le cas, en même temps que les municipales. J'en veux pour preuve l'ancien Premier ministre, Michel Barnier, qui a parlé de prise d'otage des municipales,

4:29
Philippe Tabarot

si ça s'avérait. Non, bien sûr que personne n'a envie que les municipales ou que les législatives se tiennent le même jour que les municipales. Ce serait dommage pour le scrutin municipal. On va probablement en parler. On a enfin, peut-être depuis quelques jours, j'ai l'impression, un retour vers les thèmes locaux et c'est simple pour notre démocratie. C'est un rendez-vous tous les six ans qui peuvent permettre dans tous les territoires de choisir 36 000 édiles dans notre pays. Donc, oui, on doit parler des sujets locaux, on doit parler de fiscalité locale, on doit parler de sécurité locale, on doit parler de transport public. C'est ça, les vrais débats.

Et c'est vrai qu'une campagne législative ou une élection législative pourrait parasiter ce débat.

5:14
Présentateur

Est-ce que là, le Premier ministre ne contribue pas, lui, à la nationalité de l'État avec ces menaces ?

5:18
Philippe Tabarot

Mais si le gouvernement est renversé, il faut bien qu'il y ait un nouveau gouvernement. Et si on n'est pas en capacité de constituer un nouveau gouvernement, il faudra à un moment ou à un autre ou à une dissolution, je sais que le président ne le souhaite pas, parce que si on s'est engagé les uns et les autres en venant d'horizons différents, c'est pour justement éviter ce scénario catastrophe parce que le pays n'a pas besoin de ça au niveau national, au niveau international.

Mais tout simplement, ce qu'a dit le Premier ministre, c'est qu'on ne peut rien exclure par rapport à l'incertitude de la situation, même si nous espérons que la raison va prendre le pas, que les débats ont repris en commission, qu'ils vont redémarrer pour le budget à l'Assemblée dès aujourd'hui et que chacun fera preuve de responsabilité.

6:07
Invité

– Dernière question sur ce sujet budgétaire, mais tout le monde appelle, peut-être pas LFI ni le Rassemblement national, mais François Hollande, même Éric Lombard, l'ancien ministre de l'économie, appelle à une voie de passage via le 49.3. Qu'attend le Premier ministre pour le déclencher ?

6:24
Philippe Tabarot

– Écoutez, je pense qu'il a envie d'être cohérent avec ce qu'il a dit. La parole publique, ça a du sens pour lui quand il s'était engagé à ne pas porter le 49.3. Jusqu'à présent, je pense qu'on l'aime ou qu'on l'aime pas, tout le monde peut reconnaître qu'il tient ses engagements sur ce qu'il a annoncé, sur un certain nombre d'économies. – Il n'aura pas de 49.3 ? – Je ne sais pas si la priorité absolue n'est pas d'avoir probablement un budget pour notre pays, en tout cas. – Mais comment on l'a, 149.3 ? – Écoutez, j'espère que la voie de la raison, du consensus, du compromis entre certaines formations politiques va pouvoir permettre de faire voter ce budget, je l'espère en tout cas.

7:09
Présentateur

– Vous pensez vraiment que les LR et le PS vont voter pour le budget ?

7:12
Philippe Tabarot

– Que la solution du 49.3 ou que la solution des ordonnances ne seront que des solutions en cas d'extrême impossibilité de voter ce budget, mais il faut pousser jusqu'au bout pour essayer de l'obtenir, pardon l'expression, mais par les voies naturelles. Et là aussi, ceux qui demandent le 49.3 sont les premiers qui ont demandé pendant des années d'arrêter ou de ralentir le rythme des 49.3. Donc quand je les entends et je les vois, ça me fait un peu sourire. Même moi, au Sénat, je voyais d'un mauvais oeil le 49.3, même si c'était plus les députés qui étaient concernés.

En tout cas, ce n'est pas un instrument que les parlementaires ont appelé pendant toutes ces années de leur vœu et de voir que certains, maintenant, le voient comme la seule solution, me fait sourire et montre que les choses évoluent.

7:59
Présentateur

– Et on va parler, Julien, des conséquences de cette absence de budget pour le ministère des Transports.

8:04
Invité

– Oui, parce que pendant que les débats s'enlisent autour du budget, d'autres projets, pour l'instant, se font attendre et notamment votre projet de loi cadre qui doit arriver dans les prochaines semaines sur la table du Conseil des ministres. Est-ce que vous pouvez nous en parler, nous dire quand est-ce qu'elle arrivera très concrètement et puis qu'est-ce qu'elle a dedans ?

8:23
Philippe Tabarot

– Écoutez, je suis dépendante des débats budgétaires dans les chambres, comme vous l'imaginez. Il est très probable que ce projet de loi cadre pour lequel je me suis beaucoup battu et qu'il va être historique pour le secteur des transports. Et j'utilise ce terme à dessein parce que c'est l'avenir des infrastructures de transport qui se jouent pour les 20, les 30 prochaines années. C'est des débats qu'on a souvent eu ici sur ce plateau de se dire, on a des infrastructures, qu'elles soient ferroviaires, qu'elles soient routières, qu'elles soient fluviales, à moderniser, à régénérer et si on ne le fait pas, on a une dette grise qui s'accumule et qui pèse sur tous les Français.

– En quoi c'est historique du coup ? – C'est d'avoir pu enfin trouver le financement en face pour justement rattraper ce retard dans ces infrastructures et d'aller vers une loi de programmation comme c'est le cas dans les grands budgets du pays. Je pense aux armées, je pense aux régaliens, à la recherche, de pouvoir également l'avoir au niveau des transports et de prévoir nos infrastructures et leur financement.

9:27
Invité

– Mais alors quand, M. le ministre, très concrètement, quand est-ce qu'elle sera sur la table ?

9:31
Philippe Tabarot

– Très concrètement, la loi est partie aux différents organes de consultation comme le Conseil d'État, comme le Conseil économique, social et environnemental. Notre objectif, sous réserve de l'actualité, c'est de pouvoir en discuter en Conseil des ministres dans le courant du mois de février et dès que les discussions budgétaires, je l'espère, seront terminées, de pouvoir le présenter comme un des textes prioritaires de ce début d'année. Non, non, de ce début d'année, je souhaite que ce soit le cas avec un certain nombre de textes qui ont déjà été annoncés sur le régalien. Mais je souhaite vraiment que ce soit… – Donc ce sera quoi ?

10:11
Présentateur

Fin février, mars ?

10:12
Philippe Tabarot

– Écoutez, en tout cas, que ce soit dans ce premier semestre. Ça me paraît indispensable pour le secteur des transports parce qu'on a besoin de visibilité aussi, on a besoin de flécher les futures recettes de l'argent des autoroutes et en l'occurrence 2 milliards et demi pour financer les autres modes de transport. C'est un projet de loi qui va être particulièrement juste. Le transport, les recettes du transport reviennent au transport et se répartissent de manière, je dirais, solidaire entre les différents modes de transport.

Je pense que c'est ça sur le principe, en dehors de plein d'autres choses sur le sujet, comme le plan sur les cars scolaires également et leur sécurité, sur d'autres aspects. Mais en tout cas, c'est surtout préparer l'avenir du transport, pas à court terme, mais à moyen et à long terme.

11:01
Présentateur

– Mais juste, qu'est-ce que ça va changer pour les usagers qui nous regardent et notamment les usagers du ferroviaire ?

11:06
Philippe Tabarot

– Écoutez, les usagers du ferroviaire, ça va être pour eux d'avoir des lignes qui vont être régénérées, qui vont être plus modernes, qui vont tomber moins souvent en panne, moins de risques de voir fermer les unes après les autres nos lignes ferroviaires. – Mais ça, c'est à quelle échéance ? À quelle échéance ? Ils peuvent essayer d'avoir une amélioration sur le réseau ? – Écoutez, on a un niveau d'investissement sur le réseau ferroviaire aujourd'hui qui est environ d'un petit peu plus de 3 milliards. Le souhait à l'époque de Jean-Pierre Farandou qui a été réaffirmé par Jean Castex, c'est de monter un niveau qui soit un niveau sur le ferroviaire de 4 milliards et demi.

Nous avons passé commande à SNCF Réseau pour se préparer, dès 2027, 2028, d'investir à hauteur de 4 milliards et demi plutôt que 3 milliards aujourd'hui. Donc, ça veut dire la régénération de toutes nos lignes ferroviaires qui ont pour la plupart une moyenne d'âge de 30 ans, 35 ans, jusqu'à 40 ans pour certaines. Et on le voit notamment par rapport aux évolutions environnementales. On l'a vu avec la neige la semaine dernière. On a un réseau ferroviaire qui est fragile par rapport notamment aux évolutions climatiques, écologiques.

12:17
Invité

On parlait de la SNCF, monsieur le ministre. Une question qui va peut-être vous surprendre. Est-ce que la ligne droite, pour vous, est le meilleur moyen pour aller d'un point A à un point B ? Quelle question, peut-être ? A priori, oui. Bon, si je vous demande ça, c'est que les habitants du Massif Central sont bien en peine de comprendre pourquoi la ligne Bordeaux-Lyon annoncée par la SNCF ne passe pas par chez eux. Est-ce que vous comprenez un peu leur frustration ?

12:43
Philippe Tabarot

Bien sûr, je comprends leur frustration, surtout que ça vient après d'autres frustrations et notamment la détérioration de la ligne Paris-Clairement. Il faut se dire clairement les choses. Par contre, ce que je dis aux habitants du Massif Central, qu'aujourd'hui, le plus gros chantier de SNCF Réseau, financièrement, il est sur cette ligne. Il est sur Paris-Clairemont, il est sur Paris-Limoges, donc que le nouveau matériel arrivera enfin. Donc, tout ça pour dire que la qualité du service va s'améliorer sur cette ligne.

Après, concernant la ligne dont vous parlez, cette transversale, je vous rappelle qu'elle est fermée depuis 10 ans et qu'elle a été fermée parce qu'elle était peu fréquentée et justement parce qu'il n'y avait pas les investissements nécessaires pour qu'elle soit performante avec des temps de parcours qui étaient interminables et qui ont fait qu'elle était peu fréquentée aussi. Pourquoi certaines lignes ne trouvent pas un public ? C'est parce qu'il y a des ralentissements, c'est parce que, voilà, ça fait boule de neige.

Donc, bien sûr que je comprends que ça a pu choquer certaines personnes, mais concrètement, il était impossible de repasser par cette ligne qui n'a jamais été faite pour la grande vitesse et qu'il y a ce détour qui est opéré d'une offre supplémentaire qui est offerte en Ouigo et qui pourra avoir un service supplémentaire. Moi, je suis pour un choc d'offres. Par contre, je n'oublie pas les habitants du Massif Central et je peux vous dire qu'on met tous les moyens nécessaires pour qu'enfin, on puisse améliorer la robustesse de cette ligne Paris-Clairemont dont les difficultés n'ont que trop duré.

14:13
Invité

Bon, donc ils auront une compensation. J'avais une autre question sur la SNCF. Vous avez peut-être lu comme moi cette étude récente sur les tarifs de Ouigo qui aurait bondi de 73% en 6 ans. Est-ce que c'est de nature, comme disait la publicité, à nous faire préférer le train ?

14:30
Philippe Tabarot

Ouigo a permis à 80 millions de personnes qui ne prenaient pas le train de prendre le train ou en tout cas de 80 millions de trajets supplémentaires. Un Français sur deux qui ne prenaient pas le train l'a pris à travers Ouigo parce qu'il y avait au début, bien sûr, des tarifs attractifs. Pourquoi ? Parce qu'il pouvait se permettre d'Ouigo de partir de gare secondaire et c'était pour des trajets beaucoup plus réduits en distance. Les choses ont évolué aujourd'hui. Il y a eu une évolution tarifaire comme d'ailleurs les TGV inouï.

14:59
Invité

Et qui fait que les tarifs rejoignent quasiment ceux des trains inouï classiques.

15:03
Philippe Tabarot

Alors, pas systématiquement, pas quand on les prend en amont. Il y a eu une augmentation qui a été inférieure à l'augmentation sur les cinq dernières années de l'inflation mais qui, je le comprends, a fait évoluer les choses. Mais l'idée de Ouigo, c'était surtout d'être attractif au départ et ensuite, quand ils ont commencé à aller sur des gares, je dirais, principales. Pourquoi je parle de la différence de coût ? C'est un peu technique mais le péage ferroviaire n'est pas le même quand vous partez de la gare de Lyon ou que vous partez de Marne-la-Vallée ou que vous faites un trajet beaucoup plus court que beaucoup plus long. La question des prix du billet et des billets se pose.

Par contre, je rappelle en France qu'en gros, le client paye 25% du billet et que tout le reste est pris en charge alors que dans d'autres pays européens, on demande une contribution qui peut aller jusqu'à 50-60% du billet, notamment en Suisse, pour l'usager.

16:04
Présentateur

Est-ce qu'aujourd'hui, le train est trop cher, notamment par rapport à l'avion ? Par exemple, sur un trajet que vous faites souvent, le Paris-Nice, aujourd'hui, le train est plus long, plus cher que l'avion. Est-ce que vous trouvez ça normal ? Forcément,

16:14
Philippe Tabarot

ce n'est peut-être pas le bon exemple. Mais oui, je me suis battu, on en a souvent parlé là, pour se dire que, ne serait-ce qu'écologiquement, idéologiquement, on ne peut pas voir systématiquement des tarifs qui soient plus élevés sur le ferroviaire que sur l'aérien. Ce n'est pas le cas. Ça peut arriver, notamment sur des trajets à l'étranger. Les compagnies low-cost étrangères aériennes ont offert des tarifs particulièrement attractifs. Mais là aussi, je ne peux pas leur en vouloir. Moi, je ne peux pas en vouloir à certaines personnes qui ont pu connaître des pays qu'ils n'auraient jamais pensé connaître grâce à l'attractivité d'un certain nombre de billets d'avion.

Il ne faut pas opposer les modes de transport les uns après les autres. Et puis, tout ce qui est payé à la SNCF est réinvesti à travers notamment les péages. Et un fonds de concours dans les infrastructures aussi. La SNCF n'est pas une entreprise qui fait des bénéfices pour reverser à ses actionnaires privés. C'est une entreprise publique qui, ce qu'elle gagne, elle le réinvestit soit en gratifiant ses salariés, soit en investissant dans le réseau.

17:30
Présentateur

On va parler de l'A69, énième épisode de cette autoroute entre Toulouse et Castrier. La justice a ordonné la suspension des travaux sur certaines zones de cette autoroute, celles sur lesquelles le maître d'œuvre entreposait du matériel sans autorisation. Quelle est votre réaction ?

17:43
Philippe Tabarot

Oui, c'est important de le dire. Le chantier de l'A69 continue sur les emprises qui sont prévues et n'a pas été arrêté. Vous l'avez très bien expliqué. Peut-être certains de vos confrères n'ont pas eu cette précision. Le chantier continue. Le chantier a été définitivement, je vais dire, c'est un peu excessif, avec les voies de recours avant peut-être une cassation, mais en tout cas, a été jugé comme pouvant continuer à se développer. Et quand je dis se développer, il y a pratiquement 90% des ouvrages d'art qui ont été réalisés. Il y a 75% des terrassements qui ont été réalisés.

Et que ce soit, bien sûr, et je le précise, dans le cadre de l'emprise qui était prévue, le sujet qui a concerné le juge des libertés hier, ça a été le sujet de dépassement de l'emprise exacte par les entreprises ou l'entreprise et le maître d'œuvre du chantier qui pose un certain nombre de difficultés. Et ça, je dirais que ce ne sont pas que les associations qui ont réagi. L'État a réagi.

Moi, je défends bec et ong ce projet, vous le savez, pour le Tarn, mais je le fais aussi pour l'ensemble du territoire national parce que si la fameuse jurisprudence du tribunal administratif de Toulouse avait pu se développer, c'est tous les projets d'aménagement du pays avec la question et la raison d'intérêts publics majeurs qui n'auraient pu se dérouler dans notre pays. Ça aurait été un problème manifeste. Donc, je soutiens ce projet.

Par contre, bien sûr, je ne soutiens pas et au contraire, j'ai demandé au préfet que ce soit de Haute-Garonne ou du Tarn de prendre les mesures nécessaires sous astreinte le cas échéant et le juge a été dans ce sens de n'occuper que la parcelle qui est prévue et pas les parcelles à côté, ne serait-ce que pour entreposer du matériel du chant.

19:41
Invité

Vous croyez encore à une ouverture ou qu'on roulera sur la 69 dans un an malgré la guérilla judiciaire qui continue ?

19:50
Philippe Tabarot

Je l'espère et je le pense sincèrement. La décision de justice la plus importante était celle de la Cour administrative de Toulouse. Elle a été favorable à ce que le projet puisse se continuer. Et vous croyez encore

20:02
Présentateur

à la LGV Bordeaux-Toulouse ?

20:03
Philippe Tabarot

Écoutez, je reçois demain les présidents Rousset et Delga pour parler du sujet avec Jean Castex pour tout vous dire et on a ce rendez-vous dans la volonté de la mener à bien et là aussi, il y a eu des décisions de justice toutes récentes qui ont été favorables à continuer le projet qui me paraît également indispensable à la fois pour développer cette partie de la France qui a été oubliée en matière de grande vitesse et puis, n'oublions pas que c'est l'accès notamment par Dax à l'Espagne et que c'est une vraie liaison transfrontalière qui fait cruellement défaut entre nos deux pays.

20:39
Présentateur

Elle verra le jour à quelle échéance vous pensez ?

20:42
Philippe Tabarot

La réunion de demain va nous aider à en parler. Je ne vais pas vous dire que c'est pour demain. Il y a aussi eu beaucoup de recours sur ce sujet mais en tout cas, nous souhaitons que le calendrier qui était prévu initialement de 2035 pour partir de 2037 pour l'autre partie ne soit pas trop retardé et qu'on puisse se mettre d'accord sur les financements indispensables pour le mener à bien dans le cadre de toutes les procédures qui sont énormes.

Vous savez, quand il y a eu le recours sur ce fameux projet au site GPSO, à chaque fois, l'État ou les entreprises doivent fournir à la justice administrative un nombre de documents environnementaux qui sont assez impressionnants qui, certes, rentrent dans le cadre de la loi et tant qu'on ne changera pas la loi, il n'y a rien à dire là-dessus mais ça prend des plombes, excusez-moi, de ce langage un peu familier pour un ministre.

21:44
Présentateur

Alors, on le voit, les collectivités qui sont évidemment impliquées dans la question des transports. Il y a aussi des propositions dans le cadre des municipales, propositions des candidats. C'est le cas notamment de Jean-Michel Olas qui est candidat à Lyon soutenu notamment par les Républicains. Il propose lui la construction d'un nouveau tunnel sous la colline de Fourvière. Le coût, c'est 2 milliards. Est-ce que ce type de projet, vous le soutenez ?

22:03
Philippe Tabarot

Alors, je me félicite. Je vais vous faire des... Je me permets de faire des compliments. Ça faisait longtemps que je n'étais pas venu de vous voir et vous savez que je vous apprécie beaucoup et que j'apprécie cette maison. J'ai suivi le débat de votre collègue Thomas-Hugui hier soir sur le débat municipal sur les transports. Je me réjouis que les transports reviennent au premier plan du débat municipal. Il y a un sondage tout récent qui montre une augmentation du pourcentage de français, de préoccupations. C'est dans les 5 premières préoccupations, les transports en commun.

Et qu'on ait ces débats sur les aménagements aussi et sur le transport du quotidien, moi, va m'aider au niveau national pour faire avancer mes budgets, pour faire avancer mes projets. Je m'en réjouis. Et donc, le tunnel de Fourvière ? Le tunnel de Fourvière. J'ai appris ça. Pour tout vous dire, je vais être très franc avec vous, je ne connais pas le détail du projet. Je n'ai pas vu M. Hollas qui ne m'a pas présenté ce projet. Mais est-ce que c'est

23:01
Présentateur

un projet dans l'air du temps ? Parce que c'est un projet qui promeut la voiture.

23:04
Philippe Tabarot

La jurisprudence, je l'espère, future de la Cour administrative d'appel de Toulouse sur les raisons impératives d'intérêt public majeur va pouvoir permettre de continuer des projets d'aménagement importants dans notre pays. Si ça n'avait pas été le cas, je vous aurais dit d'ores et déjà, c'est totalement impossible. Après, il faut peser à chaque fois le pour et le contre sur le financement de l'opération, sur la question environnementale, sur l'apport également, et puis sur le temps imparti pour pouvoir mener un projet de la sorte... Alors, j'en discuterai si jamais il est élu, ce que je lui souhaite, M.

Hollas, maire de Lyon, mais je pense que par rapport à ce projet, il y a plus de chances que Lyon remporte avant la Ligue des champions qu'on soit à l'inauguration du projet. Mais bon, voilà, il faut porter des projets dans une campagne municipale, il faut mettre les sujets sur la table et je n'hésiterai pas à le rencontrer s'il est maire, comme j'ai des échanges avec le maire actuel. On lui dit que c'est un petit peu audacieux. Écoutez, j'attends de voir comment il souhaite, quel est son tracé, quel est son financement, comment il souhaite passer les différentes étapes environnementales, mais...

24:24
Invité

Vous qui connaissez les dossiers de la 69 et les autres qui ont fait de multiples recours, vous lui dites bon courage. On ne sera pas d'ici

24:30
Philippe Tabarot

la fin de son mandat. C'est un peu ça.

24:33
Présentateur

Un dernier mot, Julien, sur...

24:34
Philippe Tabarot

Mais pardon, il a montré dans sa vie passée... Il était capable de remporter des challenges. Et quand je vois le stade qu'il a réussi à construire avec pas mal d'opposants à l'époque, voilà, on ne peut que se dire que ce monsieur a peut-être quelque chose à apporter à la chose publique et à faire avancer les procédures.

24:53
Présentateur

Et on va parler de la question des municipales. C'est aussi notre débat dans 5 minutes, la question des transports dans les municipales avec nos experts et on sera également duplex avec des maires qui ont pris des initiatives justement pour sortir du tout voiture. Merci beaucoup, Philippe Tabarro. Merci à vous, merci de votre invitation, merci de parler

25:12
Philippe Tabarot

des transports et je suis heureux d'être venu vous voir ce matin, je le dis. Merci à vous,

25:17
Présentateur

la ligne de la Voix du Nord, c'est l'exil symbolique des médecins libéraux en Belgique. Merci beaucoup. Merci Julien, merci Philippe Tabarro. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.