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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 juin 2017 25 min

Affaire Ferrand. "Un mélange des genres incompatible avec la demande citoyenne", juge Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

France Info. Bonjour à tous. Voilà, c'est les 30 ans de France Info et pour la première fois depuis le début de la saison, Fabienne Sintès est un petit peu en retard au rendez-vous, mais de quelques secondes. Mais pas du tout. Mais c'est très bien, vous avez couru. Chacun a remarqué l'effort que vous avez fourni.

0:19
Yannick Jadot

Est-ce que vous avez remarqué que... Parce qu'il y a du champagne à gogo dans tous les locaux de France Info. Pas encore. Il faut que les auditeurs soient au courant.

0:25
Invité

Non, pas encore. Je m'inscris en faux. Est-ce que vous avez remarqué que je suis assortie aux deux points du micro France Info. Jaune et gris. Et là, vous allez reprendre votre souffle.

0:33
Présentateur

C'est jamais facile de faire la radio quand on a couru

0:35
Invité

juste avant. Et je l'ai repris. Bonjour à vous, Jean-Michel Apaté. Bonjour Fabienne. Comme si de rien n'était. Bonjour Gilles Bernstein. Bonjour Fabienne. Et bonjour à vous, Guy Birenbaum également. Notre invité ce matin est eurodéputé Europe Écologie Les Verts.

0:45
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Nous allons commencer avec ces affaires et qui polluent un peu la campagne des élections législatives. Nous venons d'apprendre l'information à peu près un quart d'heure et que le parquet de Brest, après avoir visiblement beaucoup tergiversé mais un peu poussé par certaines plaintes notamment celle de l'association Anticor, le parquet de Brest donc a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire sur le dossier de Richard Ferrand.

Je ne vous demande pas de commenter les allers-retours intellectuels de la justice qui a quelquefois des voies mystérieuses mais ça vous paraît bien qu'on se soucie de savoir ce qu'a fait, dans quelles conditions il l'a fait Richard Ferrand quand il dirigeait les Mutuelles de Bretagne. Bien sûr.

1:21
Yannick Jadot

Bien sûr, c'est normal que la justice engage ce travail. Après, si vous voulez, il y a un tel mélange des genres qui a été mis sur la place publique ces derniers jours qui sont avérés. Là, ce n'est pas un travail d'enquête. On sait que M. Ferrand a fait travailler son ex-campagne puis sa compagne. C'est quoi le problème ? À partir du moment où vous avez quelqu'un qui est amené à avoir des responsabilités politiques importantes sur la question de la cohésion territoriale, c'est quand même le ministre qui va annoncer à toutes les collectivités la réduction de leur budget.

À partir du moment où on est dans cette situation-là que lui, député, a engagé y compris le conjoint de la personne qui lui a succédé à la direction des Mutuelles de Bretagne, je pense qu'il y a là des mélanges de genres qui font qu'ils sont incompatibles avec la demande citoyenne aujourd'hui.

2:15
Présentateur

Est-ce qu'on ne va pas trop loin ? Parce que si je suis votre raisonnement, il suffit d'avoir un lien quelconque avec une personne pour ne pas pouvoir l'embaucher, sa compagne, sa femme, pardon ?

2:24
Locuteur non identifié

Il y a huit ans

2:26
Présentateur

qui se passent, excusez-moi, entre le divorce et le moment où cette artiste plasticienne, puisque c'est sa qualité professionnelle, a signé un contrat avec la Mutuelle de Bretagne. Donc, le seul fait qu'elle ait fréquenté à Rens, c'est une mort sociale finalement.

2:39
Yannick Jadot

C'est aussi une accumulation, sa conjoint qui monte une SCI pour être en situation d'avoir un local pour les Mutuelles, qu'elle met 99 euros dans la SCI et chaque euro va devenir 3000 euros. Franchement, il y a un souci, surtout qu'en fait, on est dans une ampleur qui est tout autre avec l'affaire Fillon, mais avec les mêmes leviers. C'est-à-dire que Fillon avait gagné sa primaire sur la probité, sur le renouvellement dans les pratiques, et finalement, il se fait prendre la main dans le pot de confiture. Et là, Ferrand participe à un gouvernement qui revendique le même renouvellement des pratiques politiques, et on voit que finalement, il a baigné dans ces pratiques de confusion.

Donc, je crois qu'il faudrait partir. Ça démission vous paraît logique ? Elle est logique, bien sûr.

3:32
Invité

Mais quand c'est pas le même pot de confiture, est-ce que c'est pareil, justement ? Parce qu'argent public, pas argent public, ça fait quand même deux poids, deux mesures, non ?

3:38
Yannick Jadot

C'est vrai, vous avez parfaitement raison. Là, on est dans beaucoup de mélanges des genres autour de ses fonctions privées, mais également, encore une fois, quand il était député, il a continué à travailler en cachetonnant pour son ancienne boîte. En échange, il a embauché le conjoint de la directrice. Tout ça fait un mélange qui est assez inacceptable aujourd'hui dans la politique. J'ai le bon chine.

4:05
Locuteur non identifié

Alors, il y en a un qui n'a pas l'air de trouver ça inacceptable, c'est le président de la République. Il en a parlé pour la première fois hier. Et il veut que chacun reste à sa place. On l'écoute, c'était à Saint-Nazaire.

4:15
Invité

Je pense qu'il y a un gouvernement de gouverner, que la presse doit faire son travail de questionnement, de révélation de la vérité et qu'ensuite, il y a une justice indépendante en France qui fait son travail et qu'il ne faut confondre aucun de ses rôles. Et j'afferre à votre confiance ? Oui, j'ai déjà répondu à cette question.

4:32
Locuteur non identifié

La dénonciation d'une campagne de presse par le président de la République, qu'est-ce que vous en pensez, vous ?

4:36
Yannick Jadot

Écoutez, je trouve qu'on est dans les mêmes stratégies de dénique autour de l'affaire Fillon. À un moment, on renvoie aux électeurs la responsabilité de trancher. On invoque légitimement la présomption d'innocence. Mais là, encore une fois, les faits sont avérés. D'ailleurs, M. Ferrand ne les conteste pas. Et puis, on a un Premier ministre qui nous dit s'il y a mise en examen, il y aura des paris médias. Je suis désolé. S'il y a vraiment présomption d'innocence, même une mise en examen ne dit pas la culpabilité de la personne mise en examen. Donc, on voit qu'on est dans toutes les confusions pour essayer de contourner le problème.

Ils sont face à quelque chose qui est inacceptable aujourd'hui et légitimement inacceptable pour l'opinion publique. Donc, il faut trancher. Et moi, il y a un argument que je ne supporte pas ni pour l'affaire Fillon ni pour l'affaire Ferrand. C'est qu'on nous explique, y compris Édouard Philippe à la télévision, qu'on nous explique qu'avant, les Français toléraient et qu'aujourd'hui, c'est intolérable. Comme s'il y a 15 ans, 20 ans, ou même à la naissance de France Info, on pouvait, les électrices et les électeurs, trouver acceptable qu'il y ait ces confusions des gens, qu'il y ait des élus qui agissent au détriment de l'intérêt général.

5:47
Présentateur

Il suffit de quelques papiers pour qu'on s'entraîne une démission ? Il suffit qu'il y ait un article pour qu'une démission ? Excusez-moi, M. Patry,

5:54
Yannick Jadot

mais les faits sont avérés. Les faits sont avérés. On n'est pas dans une situation où il y a simplement une dénonciation dont la personne pourrait considérer qu'elle est calomnieuse avec des faits qui ne sont pas avérés. M. Ferrand reconnaît tous les faits. Donc, à partir de là, est-ce que c'est éthique ? Est-ce que ça n'est pas éthique ? Lui, il pense que oui. Après, c'est un débat. Je pense que non. Et visiblement, l'opinion publique pense que non. C'est la justice qui doit trancher ou pas ? M. Macron a fait campagne en considérant que ça n'était pas aujourd'hui acceptable. Qu'on ne nous dise pas parce que les faits étaient cachés avant que les Français l'accepteraient.

Je trouve ça, franchement, insupportable de dire « Ah ben maintenant, c'est sur la presse, c'est sur la place publique. Évidemment, on ne peut plus le faire et on ne le fera plus. Mais il y a encore trois mois, c'était acceptable. » C'est scandaleux de dire ça.

6:38
Locuteur non identifié

Et en 13 secondes, que le président de la République mette en cause la presse, est-ce que ça vous a choqué ?

6:42
Yannick Jadot

Écoutez, il a un rapport construit, pour le coup, ce président de la République avec la presse parce que visiblement, il veut choisir les journalistes qui vont l'accompagner. Je trouve qu'on est encore une fois dans toutes les stratégies de déni, les mêmes que pour Fillon. À la fois, c'est le complot, à la fois, la présomption d'innocence, à la fois, on acceptait ça avant, on ne l'accepte plus aujourd'hui et vous allez voir, demain, tout va être beau. Franchement, non, là, ce n'est pas au niveau.

7:08
Invité

Yannick, j'ai de vous resté avec nous. On se retrouve dans une minute tout pile, il est 8h40 et voici Victor Matej.

7:13
Locuteur non identifié

Le parquet de Brest décide finalement d'ouvrir une enquête préliminaire sur les activités passées de Richard Ferrand. L'association Anticorruption Anticor avait adressé hier une plainte pour demander l'ouverture de cette enquête sur l'affaire immobilière révélée la semaine dernière dans la presse et qui concerne donc le ministre de la Cohésion des Territoires. La CGT Transport annonce que la reprise du travail dans les dépôts de carburant devrait être effectif ce jeudi. Le syndicat est ressorti confiant hier soir d'une réunion au ministère des Transports.

La grève débutée vendredi paralyse toujours de nombreux automobilistes avec des centaines de stations-services à sec, principalement en Ile-de-France. La suite du déplacement d'Emmanuel Macron dans l'Ouest, rencontre prévue ce midi avec des pêcheurs à l'Orient. Hier, lors de l'inauguration d'un paquebot géant à Saint-Nazaire, le président de la République a annoncé vouloir revoir l'accord conclu en avril pour le rachat des chantiers navals STX. La mise en examen de Marcel Campion, 77 ans, celui que l'on surnomme le roi des forains et soupçonné de favoritisme, d'abus de biens sociaux et de blanchiment de fraude fiscale.

Cela concerne notamment la convention passée avec la ville de Paris il y a deux ans sur l'installation de sa grande roue place de la Concorde.

8:21
Invité

France Info, Yannick Jadot est avec nous ce matin sur France Info jusqu'à 9h. Question, Jean-Michel Apatis.

8:25
Présentateur

Vous êtes vous-même accusé, Yannick Jadot, d'avoir employé dans des conditions qui ne seraient pas tout à fait normales, légales, un collaborateur au Parlement européen. C'est le Front National, une députée européenne, Sophie Montel, qui a saisi la justice de votre cas. Vous allez démissionner ?

8:38
Yannick Jadot

Non, parce que là, on est dans le cadre d'une dénonciation calomnieuse. Vous savez que le Front National, particulièrement au Parlement européen, est empêtré dans de multiples affaires. On va probablement bientôt savoir que le Front National a détourné des millions, des millions d'euros d'argent public, d'argent européen. Ils sont aujourd'hui régulièrement sanctionnés. Madame Montel, elle-même, doit 77 000 euros au Parlement européen pour des faits d'emplois fictifs avérés. et donc pour faire construire un écran de fumée, elle est partie dans cette dénonciation calomnieuse d'une vingtaine ou peut-être trente, on ne sait plus combien en a mis sur la table de députés européens.

9:18
Présentateur

19 cas pour l'instant ?

9:19
Yannick Jadot

19 cas pour l'instant, mais moi, je n'ai pas le dossier.

9:22
Présentateur

Vous dites des millions, vous exagérez ? Quand vous dites que le Front National est des millions ?

9:25
Yannick Jadot

Vous verrez que le Front National, l'addition entre Le Pen Père, Goldnich, Le Pen Fille, les différents élus du Front National, vous verrez que ce seront bientôt les millions qu'ils devront au Parlement européen et aux contribuables européens. Donc là, on est dans le cadre d'une dénonciation calomnieuse. Typiquement, Mme Montel s'est fait prendre là aussi la main dans le pot de confiture. Vous, il n'y a pas de problème ? Ah non, je peux vous dire qu'y compris, on était tous au Parlement européen encore hier ensemble. Au début, on pensait que c'était un canular.

On pensait que c'était un canular que cette dame qui, encore une fois, d'un seul coup, s'est fait prendre en flagrant délit de tricherie. Vous savez, c'est comme dans les films. La police arrive, la personne est en train de braquer un coffre-fort, elle est toute seule, la police arrive et dit ah non, c'est pas moi. Donc, on est dans un truc où finalement, ils cherchent à banaliser leur comportement à, par cette dénonciation calomnieuse, à faire en sorte qu'il y ait le sentiment du tous pourri alors que pour le coup, là, c'est eux qui ont eu des comportements pourris.

10:28
Invité

Pardon, du coup, est-ce qu'il faut prouver réellement que vous êtes innocent ou pas ? Est-ce qu'il faut vraiment fournir des choses ? Quand il s'agit d'une dénonciation calomnieuse, est-ce qu'il faut vraiment fournir la preuve que c'est pas vrai ?

10:37
Yannick Jadot

Bah écoutez, moi j'ai aucun problème puisque j'ai tous les documents, y compris celui-là, sur la question de mes assistants parlementaires signés par le Parlement européen où j'ai à chaque fois qu'un assistant parlementaire a voulu avoir des activités en dehors du rôle d'assistant parlementaire, l'évolution du contrat, l'information auprès du Parlement européen et la validation par le Parlement européen. Ce sont des documents que peuvent évidemment pas montrer les membres du Front National parce qu'ils ont triché. Donc moi c'est fait en toute transparence avec le Parlement européen donc il n'y a aucun problème.

On est dans le cadre d'une dénonciation calomnieuse d'un écran de fumée pour essayer de cacher. Bah écoutez, au tout début, quand on m'a posé la question quand cette affaire est sortie, j'ai dit c'est tellement grotesque que je ne veux pas alourdir le travail de la justice avec une plainte. Et puis à un moment donné, quand on a discuté avec les collègues, on ne peut pas laisser le Front National mettre le doute sur une institution et sur le travail des eurodéputés.

Et puis vous savez, de toute façon, pour les élus du Front National, comme ce sont des élus fictifs, qu'ils ne travaillent pas au Parlement européen, évidemment, potentiellement, ils ont des équipes fictives, des assistants parlementaires fictifs. Quand vous faites votre boulot au Parlement européen et tout le monde reconnaît que je fais mon boulot au Parlement européen, vous ne pouvez pas fonctionner avec une équipe fictive. Vous avez besoin du boulot sur le climat, sur le TAFTA, sur le CETA, sur la transition énergétique, sur la pêche, sur tous ces dossiers-là. Je suis très impliqué. En ce moment, on a une énorme négociation européenne sur l'anti-dumping.

Vous savez à quel point c'est important pour protéger l'économie européenne. Je peux vous assurer que j'ai besoin d'une équipe qui travaille.

12:11
Présentateur

Et donc, vous allez porter plainte ?

12:12
Yannick Jadot

Je pense, oui.

12:13
Invité

Mais individuellement, tous les 19 en même temps, puisque vous êtes 19 mis en cause. En fait, visiblement,

12:16
Yannick Jadot

c'est assez compliqué, mais je ne pense pas qu'on puisse porter plainte collectivement. Je pense que chaque cas doit être géré individuellement. Jean-Michel. Gilles Borchner.

12:25
Locuteur non identifié

Dans 10 jours, premier tour des élections législatives. Alors, on n'entend pas tellement les écologistes dans cette campagne. Les candidats que vous soutenez, qui sont-ils ? Sont-ils dans l'opposition ou dans la majorité par rapport au président Macron ?

12:38
Yannick Jadot

Ils sont écologistes. Ils sont écologistes. On a... Ni droite ni gauche. Non, non, non. Ils sont écologistes. Ils sont... On a 460 candidates et candidats et 460... Écologistes dans l'opposition. Suppléantes et suppléantes. Écologistes dans l'opposition ? Écologistes dans l'opposition ? Écologistes dans la majorité. Mais ils sont écologistes et à partir du moment où vous êtes écologistes, à chaque fois qu'un gouvernement s'attaque à l'urgence écologique, s'attaque au renouvellement des institutions, à la refondation de l'Europe, nous sommes prêts à être des acteurs constructifs. Vous savez, moi, j'ai fait le grenelle de l'environnement... On entend ça

13:09
Présentateur

avec Sarkozy. On entend ça chez les républicains. Mais j'ai fait le grenelle de l'environnement avec Sarkozy

13:13
Yannick Jadot

et on a préparé Copenhague qui était le grand sommet du climat qui malheureusement a échoué avec Sarkozy. Même quand on a quitté le gouvernement, on a contribué avec ce gouvernement et avec l'équipe d'Hollande, avec la diplomatie française, au succès de la COP21. Et vous avez Nicolas Hulot qui est au gouvernement. Évidemment, il est un peu isolé, Nicolas Hulot. Vous avez un Premier ministre qui a été dans un grand poste de direction à Areva au moment quand même de pas mal de turpitudes d'Areva pour le coup. C'était l'époque du Ramin et de tout ça.

Vous avez un président de la République qui a toujours dit le nucléaire, c'est beau, le diesel, c'est bon et les sociétés autoroutières, quel bonheur.

13:54
Présentateur

On s'éloigne un peu. Là, vous voulez direz quand même parce que ça, c'est important que les candidats écologistes, si certains d'entre eux deviennent députés, pourraient voter au cas par cas pour les projets présentés par Emmanuel Macron. Mais comme on l'a toujours fait. Souvenez-vous.

14:06
Locuteur non identifié

C'est très différent de ce que dit le PS qui dit il faut voter pour nous pour infléchir à gauche le quinquennat. Vous vous dites c'est pour aider le président Macron.

14:16
Yannick Jadot

Non, je dis qu'il faut, si on veut défendre l'écologie dans ce pays, il faut des députés écologistes. Ce que prouvent toutes ces dernières années, ce quinquennat comme le précédent, comme le travail au Parlement européen, comme dans les collectivités, si vous n'avez pas des élus écologistes, à un moment, les actes écologiques ne sont pas posés. Vous avez des discours, vous avez des promesses, mais les actes ne sont pas posés parce que trop souvent, l'ambition écologique s'arrête au moment où interviennent les intérêts des lobbies.

Et c'est pour ça qu'il faut des députés écologiques pour écologistes, pour que ce quinquennat soit au maximum écolo, parce que l'urgence écolo elle n'attend pas 5 ans. Et si Nicolas Hulot arrache des arbitrages sur Notre-Dame-des-Landes, sur la transition énergétique et l'arrêt d'une quinzaine de réacteurs nucléaires sur le quinquennat. C'est ça l'enjeu. L'application de la loi de transition énergétique, c'est ça. Non, EDF est en train de mourir du nucléaire. Areva est quasiment morte du nucléaire. EDF est en train de mourir du nucléaire.

15:12
Présentateur

En tout cas, vous validez la stratégie d'Emmanuel Macron en disant ça. C'est-à-dire, il peut y avoir des majorités d'idées, il n'y a plus de droite, il n'y a plus de gauche.

15:20
Yannick Jadot

Il ne vous a pas échappé, M. Apathy, que le ministre de l'Agriculture n'avait pas voté, y compris la suppression des néonicotinoïdes qui détruisent les abeilles. J'ai un relais plutôt de la FNSA. Il ne vous a pas échappé que Bruno Le Maire, dans sa campagne, voulait supprimer le principe de précaution que le Premier ministre n'a pas voté la loi de transition énergétique ni la loi sur la biodiversité. Donc Nicolas Hulot a besoin, dans ce gouvernement, il a besoin d'être soutenu. Et pour ça, il faut des députés écolos. Parce que sa majorité, s'il a une majorité, ce ne seront pas des députés écolos. Ce n'est pas leur truc. L'écologie n'est pas un pilier d'En Marche.

Ça n'est pas au cœur d'En Marche. Donc il faut le maximum de députés écolos.

16:01
Invité

Donc vous n'aidez pas forcément Emmanuel Macron, mais vous aidez Nicolas Hulot. En fait, c'est ça que j'entends.

16:05
Yannick Jadot

J'aide toute mesure écolos. Nicolas Hulot, c'est un ami. Maintenant, il est ministre de l'écologie. Nous ferons tous

16:11
Présentateur

ce qu'on peut du gouvernement

16:12
Yannick Jadot

pour soutenir. C'est Emmanuel Macron

16:17
Présentateur

qui a quand même réussi à mener Nicolas Hulot dans la politique.

16:20
Yannick Jadot

Pour Nicolas Hulot comme Borloo. Souvenez-vous, Borloo, ministre convaincu, il fait le grenelle de l'environnement. Il a Bercy contre lui, Matignon contre lui et à chaque fois qu'il a besoin d'un arbitrage, il a besoin de Nicolas Sarkozy. Et quand Nicolas Sarkozy voit que sa petite orientation écolo ne paye pas électoralement, il a abandonné Borloo qui était KO dans les cordes. Je ne veux pas ça pour Nicolas Hulot, je ne veux pas ça pour mon pays. On a Trump qui sort probablement de l'accord de Paris. On a Poutine qui veut défendre son pétrole et son gaz. Vous savez qu'ils ne sont pas climato-sceptiques pour les questions de science. Ils veulent défendre les intérêts des énergies fossiles.

Et moi, je veux qu'on crée des emplois sur les renouvelables, sur la rénovation du bâtiment, sur l'agriculture paysanne, sur la mobilité et les transports collectifs. Et pour ça, on a besoin de bonnes décisions. On ne peut pas attendre la prochaine alternance.

17:10
Invité

Il nous reste 10 minutes pour en parler. Yannick Jadot, il est 8h50. Victor Maté pour l'essentiel sur une minute.

17:15
Locuteur non identifié

Le Parquet de Brest décide finalement d'ouvrir une enquête préliminaire après les révélations sur Richard Ferrand, le ministre de la Cohésion des Territoires, au centre des critiques depuis les informations la semaine dernière du Canard Enchaîné sur l'avantage dont aurait bénéficié sa compagne. C'était lors d'une transaction immobilière en 2011 avec les mutuelles de Bretagne. Le Parquet de Brest avait dans un premier temps refusé d'ouvrir cette enquête. La CGT Transport annonce que la reprise du travail dans les dépôts de carburant devrait être effective aujourd'hui. Le syndicat qui est ressorti confiant d'une réunion hier au ministère des Transports.

La grève débutée vendredi paralyse toujours de nombreuses stations-service qui sont à sec principalement en Ile-de-France. Un accident cette nuit à hauteur de Gravelines dans le nord sur l'autoroute A16. Un bus transportant 45 lycéens néerlandais et un poids lourd polonais se sont percutés. Nouveau bilan, deux blessés graves et une quinzaine d'autres plus légers. L'accord climat de Paris déjà ratifié par 195 pays c'est plus que le nombre de mots utilisés par Donald Trump pour annoncer sur Twitter qu'il rendra sa décision ce soir le président américain qui pourrait acter la sortie des Etats-Unis de ce traité historique.

18:24
Invité

France Info Justement, Yannick Jadot est avec nous ce matin jusqu'à 9h sur France Info. Question, Jean-Michel Apathy ?

18:29
Présentateur

On parlait de Nicolas Hulot. Jean-Luc Mélenchon a un avis sur Nicolas Hulot. Écoutez-le.

18:33
Locuteur non identifié

Je crois qu'il est dans 6 mois. Il s'en va, quoi. Si ça tient en 6 mois. Vous pensez que Jean-Simon il sera parti ? Évidemment. Mais M. Hulot est un écologiste. Il faut quand même se rappeler de ça. Mais ce n'est pas le cas du Premier ministre qui est un nucléariste. Ce n'est pas le cas de la plupart des ministres qui sont là-dedans. Je pense que Nicolas Hulot ne mesure pas ce que sont les rapports de force politique.

18:50
Présentateur

Il est inconscient, Nicolas Hulot, des rapports de force politique. Vous pensez qu'il ne va pas tenir 6 mois ?

18:54
Yannick Jadot

J'en sais rien. Ce que je sais, c'est que Nicolas Hulot n'est pas un naïf. Vous lui parlez ? C'est un ambitieux. Vous lui parlez ? Un ambitieux au sens de l'écologie, au sens noble de la cause pour laquelle il se bat. Il a été, vous savez, il a accompagné Jacques Chirac. Puis il a tenté de conseiller Nicolas Sarkozy. Puis François Hollande. Il sait comment fonctionne aujourd'hui l'appareil d'État. Il sait que c'est un pari incroyable. Il a eu tort ou raison d'y aller ? Il a bien sûr eu raison. D'accord. Encore une fois, l'urgence écolo ne peut pas attendre 5 ans. La France est garante de l'accord de Paris. On a cet accord qui est en train potentiellement de sacrément se fissurer.

Et on a la possibilité historique que l'Europe reprenne un incroyable leadership mondial sur le multilatéralisme autour de la question du climat. On a, encore une fois, des climato-sceptiques Trump et Poutine. Le 13 mai, Poutine a signé un document sur la sécurité de la Russie. Une des menaces de la sécurité de la Russie, c'est les politiques européennes en matière d'économie d'énergie. C'est incroyable. Et nous, on peut le faire.

Créer des millions d'emplois dans le bâtiment, dans les énergies renouvelables, dans l'agriculture paysanne, je l'ai dit, dans les transports collectifs, avec des emplois sur tous nos territoires, des PME, donc des services publics, donc de la culture, donc de la démocratie sur nos territoires. C'est un magnifique projet

20:12
Présentateur

de civilisation. D'accord. Donc vous attendez de Nicolas Hulot beaucoup de choses. Bien sûr. Vous attendez qu'il revienne sur Notre-Dame-des-Rames. Mais on va l'aider. On va l'aider. Est-ce que vous l'aiderez aussi ? Il a fait une interview dans le JDD, Nicolas Hulot. Il a eu une phrase assez ambiguë, je pense que le fond de sa pensée est négatif, mais il ne l'a pas dit, sur le projet de stockage des déchets nucléaires à Bure. Est-ce que vous espérez aussi que ce projet sera remis en question grâce à Nicolas Hulot ?

20:33
Yannick Jadot

Vous parliez tout à l'heure d'EDF. EDF, c'est 37 milliards de dettes. C'est une centaine de milliards d'euros d'investissement si on part vers le grand carénage. Bure, c'est 30 à 35 milliards supplémentaires pour un enfouissement irréversible qui est considéré par tout le monde comme très dangereux. Il y a, sur un site d'enfouissement irréversible aux Etats-Unis, il y a eu une catastrophe il y a quelques semaines.

20:58
Présentateur

Et vous espérez que Nicolas Hulot obtienne l'annulation du projet de Bure ?

21:01
Yannick Jadot

Bien sûr, parce que c'est aberrant du point de vue de notre sécurité collective. Vous ne pouvez pas enfouir des déchets pour des centaines de milliers d'années y compris à Bure qui est au-dessus de la nappe phréatique qui alimente toute l'île de France. Donc tout ça est aberrant. Regardez le monde. Regardez ce qui se passe, y compris, moi je ne suis pas particulièrement un libéral, mais quand j'entends des libéraux soutenir le nucléaire, il n'y a que de l'argent public dans le nucléaire. Regardez Areva, 10 milliards perdus ces dernières années. C'est le contribuable qui paye à chaque fois. Les énergies renouvelables aujourd'hui sont moins chères.

Elles créent plus d'emplois, elles créent des trucs sur tous les territoires. Et s'il y a une ambition que doit afficher Emmanuel Macron à l'échelle européenne avec Angela Merkel, c'est justement de lancer un grand plan d'investissement européen sur le climat. À la fois pour dire, nous ne disons pas simplement diplomatiquement qu'il faut lutter contre le dérèglement climatique, nous engageons la lutte contre le dérèglement climatique. Et en plus, ça va donner un projet extraordinaire pour l'Europe à l'échelle internationale comme pour tous ses habitants.

22:04
Présentateur

Gilles Barchein.

22:05
Locuteur non identifié

Emmanuel Macron a reçu Vladimir Poutine à Versailles. Il a été relativement ferme. On va l'écouter et puis on en parlera après.

22:11
Invité

Toute utilisation d'armes chimiques fera l'objet de représailles et d'une réposte immédiate en tout cas de la part des Français. Le président Poutine m'a d'ailleurs indiqué avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT en Tchétchénie avec des mesures visantes à faire la vérité complète sur les activités des autorités locales. Je serai pour ma part en tout cas constamment vigilant sur ces points qui correspondent à nos valeurs.

22:36
Locuteur non identifié

Alors Yannick Jadot, vous aviez dénoncé avant la rencontre. Vous l'aviez dénoncé. Est-ce que finalement Emmanuel Macron vous a convaincu dans l'exercice ?

22:44
Yannick Jadot

Non, parce qu'évidemment il a été ferme. Je ne dis pas qu'il n'a pas été ferme. Oui, c'est pas mal. Mais moi ce que je vois c'est que Vladimir Poutine qui avait été exclu le week-end précédent du G7 parce que ce type est quand même le boucher d'Alep. Il continue à soutenir les frappes de Bachar el-Assad en Syrie. Vladimir Poutine structure une guerre en Ukraine aux frontières de l'Europe. Et ça ne vous a pas échappé que il vaut mieux être un journaliste complaisant qu'un journaliste honnête en Russie comme un opposant.

23:16
Présentateur

On peut mourir en Russie.

23:18
Yannick Jadot

Donc quand on est journaliste et qu'on fait son boulot quand on est opposant et qu'on fait son boulot soit on est réprimé soit on se fait buter. Donc c'est quand même pas un personnage à traiter. Mais il faut bien le recevoir quand même. Oui, mais moi j'aurais voulu qu'il ne soit pas reçu à Versailles et j'aurais voulu qu'il soit reçu dans un cadre européen. On ne peut pas être pro-européen et jouer la France va résoudre les problèmes du monde. Je suis désolé. On a besoin de construire un rapport de force avec lui. Mais en construisant ce rapport de force à l'échelle européenne et là il aurait dû être avec Angela Merkel. Il a joué trop perso Emmanuel Macron.

Mais oui, surtout qu'en plus il va sur une exposition de Pierre Legrand qui est celui qui est le premier à annexer la Crimée et dans le discours de propagande russe c'est du fait de Pierre Legrand qu'il faut que les Russes retournent et annexent la Crimée. Donc je pense que l'image sert d'abord la propagande de Vladimir Poutine. Je ne dis pas qu'il a fait un mauvais exercice dans sa conférence de presse mais je dis qu'au fond ça ne sert la cause ni de l'Europe ni de la démocratie en Russie ou de la paix autour de la Russie et de l'Europe.

24:20
Présentateur

Il nous reste 30 secondes de vous qui êtes européen. Vous voteriez Merkel en septembre ?

24:24
Yannick Jadot

Non parce que Merkel est en train...

24:26
Présentateur

Je ne sais pas ce qu'il vous retiendrait quand on vous écoute.

24:28
Yannick Jadot

Non, non mais Merkel elle a été elle a servi les intérêts allemands au moment de la crise économique grecque. Elle continue à servir elle est très dure sur la Grèce et ce n'est pas normal. Elle a été admirable sur la question des réfugiés. Moi j'attends le troisième étage de Mme Merkel qui est d'être la grande pro-européenne mais pour ça il lui faut un allié. Oui mais pour ça ce que je veux dire c'est que on ne sortira pas. Est-ce qu'elle a dit que le G7 ?

Mais oui mais en même temps l'Europe pour relancer l'Europe il faut de l'investissement et de l'emploi et pour l'instant aujourd'hui Mme Merkel est contre l'investissement européen si on a de l'investissement on peut discuter de travailleurs détachés on peut discuter politique de défense on peut discuter lutte contre le dérèglement climatique. Merci Yannick Jadot d'avoir accepté

25:09
Présentateur

l'invitation de France Info.

25:10
Invité

Merci à tous on se retrouve demain.