Mathilde Panot (LFI) invitée de LCI
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Et bienvenue dans un toute franchise avec Le Parisien. Notre invité aujourd'hui, Mathilde Panot. Soyez la bienvenue. Mathilde Panot, vous êtes chef de file des députés LFI à l'Assemblée. On rappelle que Jean-Luc Mélenchon tient un meeting cet après-midi à Saint-Denis. On aura sans doute l'occasion d'en parler, notamment avec Arlette Chabot. Bonjour Arlette, éditorialiste LCI. Olivier Beaumont, membre du service politique du Parisien. Bonjour. Bonjour Olivier. Frédéric Delpèche viendra nous voir en fin d'émission pour son tac au tac. Si vous voulez bien, on commence. C'est le rite dans toute franchise par deux, trois questions. Oui, non, Mathilde Panot.
La première concerne Gérald Darmanin qui est venu présenter ses excuses sur TF1 vendredi soir pour le traitement judiciaire du dossier du suspect du meurtre de Liana. Il a eu raison de s'excuser ou pas. Oui ou non ? Oui, il doit démissionner surtout. On y reviendra. Les forces de l'ordre ont-elles gâché la fête de la victoire du Paris Saint-Germain il y a une semaine ? Oui ou non ? Non, c'est la doctrine de maintien du désordre qui a gâché la fête. Pas de oui ou non, mais un commentaire si vous voulez bien. Que retenez-vous de Bernadette Chirac dont on a appris hier la disparition à l'âge de 93 ans ?
Je retiens de Bernadette Chirac et j'adresse les condoléances à la famille. Une femme qui refusait de banaliser l'extrême droite et qui savait que c'était une menace pour la République.
Voilà donc pour votre hommage à l'ancienne épouse de Jacques Chirac et elle-même élue de longues années conseillère générale de Corrèze. On a beaucoup évoqué le souvenir de Bernadette Chirac hier sur LCI. Mais le pays, Mathilde Panot, est sous le coup de la découverte du corps de Liana et des dysfonctionnements apparents dans l'enquête concernant le suspect. Gérald Darmanin sera ce soir l'invité de Darius Rochemin sur LCI à 18h. Qu'attendez-vous que dise le garde des Sceaux ? Vous l'avez laissé entendre. Ce soir, vous attendez qu'il présente sa démission ?
Oui. D'abord, je veux évidemment dire à la fois ma compassion, l'affection du pays tout entier pour la famille de Liana, pour ses amis aussi. Il y aura une marche blanche tout à l'heure à 15h. Vous en avez parlé. Mais je veux aussi dire à quel point je trouve indigne d'avoir un garde des Sceaux, qui a été aussi ministre de l'Intérieur, qui est responsable politiquement de à la fois une clochardisation de la justice, comme l'appellent les magistrats eux-mêmes, c'est-à-dire une baisse des moyens année après année à tous les services publics, notamment à la justice.
Mais un problème qui n'est pas juste un simple dysfonctionnement, comme on l'explique un peu partout, mais qui est un problème systémique. Et le problème systémique, c'est qu'en France, en 2026, on continue de mourir d'être un enfant ou une enfant, on continue de mourir d'être une femme. Et donc, il y a un problème systémique qui a été fait, notamment avec les infanticides et les féminicides, sur lequel il y a une responsabilité politique. Et moi, je suis choquée de voir les gardes des Sceaux d'abord pointer du doigt une magistrate, puis ensuite s'émouvoir du fait que cette magistrate soit aujourd'hui sous menace.
Ce n'est pas une responsabilité individuelle qu'il faut pointer, c'est une responsabilité d'abord et avant tout politique.
Olivier. Alors, on va prendre les choses dans l'ordre, on va revenir sur tout ça, mais d'abord, vous appelez donc à la démission de Gérald Darmanin. Oui. Qu'est-ce que ça changerait ? Est-ce que le fait de couper les têtes, de changer un homme à la tête de ce ministère, qu'est-ce que ça changerait ?
Vous avez raison, ça ne changerait pas la politique de fond qui serait faite, avec la rupture d'ampleur qu'il faut faire pour prendre en considération à la fois la parole des enfants et la parole des femmes. Mais je crois que ça enverrait un signal politique de ceux qui, aujourd'hui, ont une responsabilité. Gérald Darmanin, rappelez-vous, était le ministre qui avait organisé les opérations comme PlaceNet, XXL, etc. Et qui a donc décidé systématiquement de prioriser, notamment, la question du narcotrafic. Nous avons déjà eu quatre textes sur le narcotrafic en seulement trois, quatre ans. Et au détriment, justement, des affaires, notamment concernant les violences faites aux enfants. Arlette.
Ce n'est pas tout à fait juste, parce que le ministre, effectivement, de la Justice a envoyé des circulaires aux procureurs généraux, notamment, pour prioriser les violences à la fois faites aux femmes, c'est-à-dire en faire monter ces dossiers, et les violences faites aux enfants. C'est en quelque sorte ce qu'il reproche aux magistrats. Il envisage aussi de prendre des sanctions, si, effectivement, ces dossiers n'ont pas été priorisés. Alors, d'abord, sur le principe, est-ce que vous pensez qu'un ministre, que le pouvoir politique, peut, a le droit, voire même le devoir, de sanctionner des magistrats qui, justement, n'auraient pas respecté des consignes circulaires venant du ministère ?
Alors, je vous remercie, Mme Chabot, de parler de la circulaire dont parle M. Darmanin. Cette circulaire, elle date de janvier 2025. Il se trouve que dans cette circulaire, il y a exactement deux lignes, sur une circulaire de cinq pages, qui parlent des violences faites aux enfants, qui doivent être priorisées. Sachant que dans cette même circulaire, il y a, cette fois-ci, un long développement, notamment concernant le narcotrafic. Donc, la circulaire, qui le reproche au magistrat de ne pas avoir appliqué, contenait des injonctions contradictoires. La deuxième chose, c'est que...
D'une certaine façon, il a parlé de trois circulaires consécutives. Oui, d'accord. Et donc, d'une certaine façon, vous l'accusez de mentir quand il dit qu'il a priorisé cette lutte contre...
Je l'accuse de n'avoir entendu aucune des alertes qui sont faites depuis des années, à la fois par les professionnels de la protection de l'enfance et par les professionnels de la justice. Regardez, en France... C'est très injuste quand même. Écoutez, Madame Chabot, écoutez, juste ce chiffre, tout le monde va comprendre, je crois. En France, il y a, en moyenne, pour 100 000 habitants, il y a 11 juges, en moyenne, on va parler des moyens. Quelle est la moyenne européenne ? On parle de la circulaire, pardon. 22 juges. Restons, pardon.
Non, non, si, si, c'est important, parce que vous comprenez que quand vous êtes un magistrat, et que vous avez je ne sais combien de dossiers, avec un pouvoir politique qui ne cesse de vous dire qu'il faut prioriser la délinquance visible, et donc abandonner notamment les femmes qui sont victimes, notamment de féminicides parce qu'elles sont femmes, et les enfants qui sont victimes d'infanticides et de violences sexuelles à hauteur de 160 000 enfants par an, vous comprenez qu'il y a un problème.
Donc, ce que vous dites, pardon, ce midi, c'est que Gérald Darmanin a une responsabilité directe ou indirecte, je ne sais pas, dans la mort de la pitié-là.
Il dit qu'il y a une responsabilité politique de M. Darmanin, de ses prédécesseurs et de M. Macron. Madame Chabot, je reviens à la question que vous posiez, sur la question des sanctions. J'entends, par exemple, M. Rotaillot, aujourd'hui, qu'il dit qu'il faut supprimer le Conseil supérieur de la magistrature, qu'il faut, du coup, le réformer.
C'est dans le journal Le Parisien, si vous le permettez, on le précise. Olivier Beaumont, on est là pour en témoigner. Il veut créer une cour disciplinaire de la magistrature, qui serait composée à la fois de magistrats, de personnalités qualifiées et de citoyens, ce qui permettrait, selon lui, un meilleur contrôle de l'action des magistrats.
Alors, d'abord, M. Rotaillot n'est pas exact quand il dit que le Conseil supérieur de la magistrature, c'est uniquement des magistrats entre eux qui décideraient s'il doit y avoir des sanctions. Puisque je rappelle que le Conseil supérieur de la magistrature est composé à majorité de non-magistrats. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, il dit qu'il n'y a pas de sanctions. C'est faux. Il y a des sanctions qui sont prises. Combien ? Chaque année ? Combien ? Ah oui, vous regarderez les chiffres. On en regardait.
1,12 ans, c'est ce qu'on rappelle ce brune. Une seule sanction contre un magistrat, en l'occurrence, un blab.
Non, c'est faux. Ces chiffres sont faux. Non, non, il y a beaucoup plus. Je ne les ai pas avec moi, mais ces chiffres sont faux. Vous vérifierez les chiffres qui ont été faits. Chaque année, il y a 6, 10, 20 sanctions qui sont prises contre des magistrats. Moi, je vais vous dire, là où il faut faire très, très attention. Oui, c'est souvent des mutations. C'est souvent des mutations, c'est pas des sanctions. Le plus souvent des mutations. Ça fait partie de deux sanctions qui existent.
Mais je vais vous dire, là où il faut faire très, très attention, pointer uniquement la responsabilité d'un ou une magistrate comme étant responsable de défaillances systémiques dans notre société pour protéger les enfants est extrêmement dangereux. Pourquoi ? Je rappelle que depuis des années, les associations qui ont été privées d'agir demandent 3 milliards par an pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Et avec toute la pensée que j'ai pour l'IANA, je veux rappeler que la majorité des enfants victimes de violences sexuelles le sont dans un cadre intrafamilial.
Les magistrats sont victimes eux-mêmes du système, en réalité. Ils n'ont pas de responsabilité individuelle face aux décisions.
Les responsabilités individuelles des magistrats sont d'ores et déjà prises en compte lorsqu'il le faut, notamment par le Conseil supérieur de la magistrature. Mais il n'y a pas d'impunité à votre famille. Si vous vous en arrêtez à là, si vous vous en arrêtez à là, alors, non, c'est pas ça la question. Ils ne sont pas à tout ça. Mais si vous vous en arrêtez à là, le problème, Madame Martichoux, ce qui va se passer, c'est que derrière, ça va se reproduire. La question qu'on doit se poser toutes et tous, c'est comment un drame tel que celui qu'a connu une enfant de 11 ans, qui s'appelait Liana, ne puisse jamais se reproduire.
Et je le dis dans la manière la plus visible et qui émeut toute la société, mais dans la manière la plus invisible aussi, sur ce qui se passe à l'aide sociale à l'enfance, sur ce qui se passe dans les familles un peu partout. Et je le dis, quand on voit que 75% des recommandations de la civise ne sont toujours pas appliquées, alors oui, nous avons un problème systémique et politique de notre société.
On ne mélange pas tout. Il y a les problèmes de budget, les problèmes d'organisation et il y a les choix ou les décisions qui ont été prises ou pas prises. Il y a à la fois d'ailleurs les magistrats et aussi interrogation, l'enquête administrative les vise aussi, du côté de la gendarmerie. Ce qui a été fait ou pas fait. Donc la vraie question se pose, et on revient à l'essentiel, est-ce qu'effectivement il y a une impunité à l'égard des magistrats ? C'est-à-dire, Gérald Darmanin dit qu'ils sont indépendants mais pas irresponsables. Si un magistrat commet une erreur, une faute, ne respecte pas notamment ce que souhaitait le ministre, il doit être sanctionné.
Si des gendarmes n'ont pas fait leur boulot, ils peuvent être sanctionnés ou pas. Oui, mais ils peuvent l'être... Ça ne vous choque pas sur le principe, il n'y a pas d'impunité.
Mais ils peuvent déjà l'être par le Conseil supérieur de la magistrature.
Oui, mais c'est ce que propose le ministre, c'est-à-dire transmettre, demander des sanctions. Effectivement, je parlais de la proposition de M. Rotaillot contre laquelle je l'enlève fortement. Je reste Gérald Darmanin dit, effectivement, demandes de sanctions qui seront transmises au Conseil supérieur de la magistrature. Ça ne vous choque pas s'il y a faute, erreur, dysfonctionnement ?
Non, ça ne me choque pas. Ce qui me choque, c'est que vous avez d'abord M. Rotaillot qui expliquait que l'état de droit pouvait être détruit, n'existait pas, etc. Maintenant, M. Lecornu fait un peu de même. Ce qui me choque, c'est quand M. Darmanin, en tant que ministre de la République, décide de transférer la responsabilité de la faute qui a été commise uniquement sur les magistrats et de ne pas regarder la responsabilité politique que lui-même a. Voilà, c'est ça que je suis en train de dire. Mais vous n'êtes pas troublée par cette affaire, vous aussi, M. Panot, comme je disais, M. Mélenchon ? Je suis horrifiée par ce qui s'est passé.
Je suis, comme tout le monde, absolument effrayée de voir qu'il y a eu une plainte, parce que pour que tout le monde comprenne, il y a eu plusieurs plaintes, mais notamment une plainte en août 2025 d'une petite fille qui avait 10 ans avec un viol qui a été attesté par un médecin et qui pourtant n'a donné lieu à aucune entente de l'agresseur en question et n'a pas donné lieu à une garde à vue et à une détention préventive derrière. Et ça, pour vous, c'est juste une question de moyens ? Mais évidemment qu'il y a une défaillance dans ce qui s'est passé. Mais ce que je dis, c'est que ce n'est pas...
Si vous restez sur la simple défaillance en demandant à ce que derrière, la magistrate soit sanctionnée, il se repassera malheureusement d'autres lienas et des enfants continueront dans le cadre familial à être victimes de violences sexuelles. Donc la question qui est posée, c'est pourquoi est-ce que dans notre société, la parole des enfants n'est pas écoutée, n'est pas crédibilisée et ne donne pas lieu derrière à des actions qui sont autre chose que de la communication ?
Juste un mot encore des propositions qui émanent et qui émergent depuis cette affaire. Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, lui, pointe la syndicalisation des juges. Je m'interroge très sérieusement sur le bien fondé d'un pouvoir syndical assez important et qui donne le sentiment d'être assez intouchable. Dans la défense, dit-il, le secteur de la défense nationale, on ne peut pas être syndiqué. Il s'interroge. Est-ce que dans le domaine de la justice, ça ne devrait pas être pareil ?
Écoutez, pour quelqu'un qui aspire à gouverner le pays, je trouve que c'est plus bas que tout. Plus bas que tout. On ne met pas les juges ainsi à l'invenducte populaire comme il est en train de le faire. Et nous, nous avons des critiques à faire sur la manière dont la justice est rendue dans notre pays. Mais on ne fait pas ce qu'il est en train de faire M. Édouard Philippe, M.
Darmanin et d'autres, de mettre des magistrats comme ça sous l'invenducte populaire, qui sont les mêmes, qui ont refusé année après année d'augmenter les budgets, qui sont les mêmes, on vient d'annoncer cette semaine, dans les coupes budgétaires que décide tout seul le gouvernement, après avoir fait passer par 49,3 des budgets. Maintenant, chaque année, ils décident seuls qu'ils peuvent faire des coupes budgétaires. Ce sera probablement ce qu'il y a des milliards, peut-être 10 milliards, on ne sait pas combien. Eh bien, cette semaine, ils viennent d'annoncer 414 millions de mois pour la justice.
Et alors, il faut, pardon, millions, geler à cause des conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Oui, d'accord, mais c'est un scandale. Et c'est un scandale, il faut interrompre, il faut revenir sur ce gel.
C'est comme si, si je vous donnais un parallèle qui vaut ce qu'il vaut, c'est comme si à l'hôpital public, vous aviez quelqu'un qui meurt sur des brancards, comme ça arrive chaque année, et que vous mettiez uniquement en cause des soignants. Alors que tout le monde sait que l'hôpital public est à terre. La justice de notre pays n'a plus les moyens de faire son travail correctement.
Il faut renoncer à ce gel des 414 millions annoncés par le pays.
Il faut faire plus que ça, il va falloir redonner beaucoup plus de moyens que ça aux services publics de notre pays.
Mais il y a une loi de programmation de la justice, il y a des efforts qui ont été faits. Éric Dupond-Moretti, ministre, a porté des budgets qui ont beaucoup fait la volonté. Il ne veut pas entendre parler de questions de moyens, pour lui ce n'est pas le sujet. Il rappelle tous les efforts qui ont été entrepris depuis le premier quinquennat.
C'est normal, parce que si on parle de moyens, à ce moment-là, on parle de leur propre responsabilité politique. Je rappelle les chiffres que je donnais de 11 juges en moyenne pour 100 000 habitants en France, quand il y en a 22 dans la moyenne européenne.
Vous avez parlé de baisse de moyens annuels, année après année. Non, c'est faux. Écoute, il y avait écrit la baisse des moyens, année après année. Ah oui ? C'est faux. Donc la justice s'est très bien votée dans notre pays. Non, c'est pas une baisse.
On voit que depuis plusieurs années, il y a quand même un effort significatif qui a entrepris pour essayer.
Non, il n'y a pas d'effort significatif. La preuve, nous avons une justice qui est dans un état déplorable.
Pas suffisante, mais significative. de 8,1 milliards en 2017 à aujourd'hui 12,9 milliards. Ça fait une progression. Il n'y a que la défense.
Comment se trouve-t-il que, par exemple, je prends le député de Liotte, qui n'est pas de mon groupe politique du GERS, qui, justement, alertait l'année dernière sur le manque de moyens de la justice, justement là où s'est produit le drame. Je vais vous dire, il y a une question, évidemment, des moyens de la justice, mais moi, je suis d'accord avec vous pour ne pas cantonner uniquement aux moyens. C'est vrai. Il y a un autre problème dans notre pays. Et je rappelle que depuis deux quinquennats d'Emmanuel Macron, la grande cause du quinquennat, c'est la lutte contre les violences faites aux femmes. On pourrait rajouter faites aux enfants.
La réalité, c'est qu'en 2026, nous sommes déjà à plus de 60 féminicides. Que nous avons des enfants qui meurent sous le coup de leurs parents tous les trois jours. Que nous continuons d'avoir 160 000 enfants victimes de violences sexuelles. C'est quoi, alors ? À un moment, des gouvernements et des présidents, qui année après année, ont fait de la communication sur cette question, tout en démantelant, je rappelle que Darmanin est celui qui a démantelé la police judiciaire, qui justement a privilégié la politique du chiffre, à des vraies enquêtes qui étaient faites. Donc maintenant, ça suffit. Ça suffit qu'on nous bassine en allant chercher, là ou là, des boucs émissaires.
Ils sont responsables politiquement de ce qui est en train de se passer. Et moi, je pense à l'ensemble de ces enfants qui sont aujourd'hui victimes de violences sexuelles sans qu'on n'en parle jamais. Alors, dans votre programme, quel effort budgétaire prend la justice ? Ah ben, vous allez voir notre programme. Il est en train d'être refait. Donc, nous allons l'actualiser. Et à partir de là, comme chaque année, nous allons le chiffrer. Donc, à ce moment-là, nous vous donnerons tout ça. On a toute la science. Olivier ?
Concrètement, puisque vous dites qu'on n'entend pas assez la parole des enfants, et vous n'êtes pas la seule, d'ailleurs, à le dire, qu'est-ce que vous proposez pour que ce sujet soit vraiment pris à bras-le-corps aujourd'hui ? Est-ce qu'il faudrait revoir, notamment, les procédures de suivi des plaintes pour les violences sexuelles sur mineurs ?
Ah oui, il faudrait les revoir, puisqu'il est dit, et c'est la civise qui le dit, que 73% des plaintes pour viol sur mineurs sont classées sans suite. Donc, c'est absolument énorme. Donc, ça, c'est la première chose. La deuxième chose, je parlais des recommandations, des 82 recommandations de la civise, dont 75% ne sont pas suivies des faits. Et puis, je rappelle que cette semaine, nous avons fait passer une loi... Alors, je déplace un petit peu, mais c'est quand même sur les violences faites aux enfants.
Nous avons fait passer une loi qui vient directement de la commission d'enquête qui a été menée par Paul Vannier et Violette Spilboot, justement pour protéger des centaines de milliers et des millions d'enfants des violences sexuelles, notamment suite au scandale Bétharam, qui est donc une loi pour protéger les enfants des violences en milieu scolaire. Et je rappelle que c'est à la fois les macronistes de la droite et l'extrême droite qui ont essayé une de la moindrie.
Voilà, quels enseignements concrets vous pouvez tirer de ce triste drame ? Et qu'est-ce que vous proposez pour que ça ne se reproduise plus ?
Eh bien, ce que je propose, c'est qu'on reprenne ce que disent les professionnels pour faire en sorte d'enfin en finir avec les violences faites sur les enfants.
Mais ce n'est pas très précis.
Oui, mais le problème, c'est que si je vous sortais toutes les mesures, vous auriez un livret entier. Par exemple, nous sommes ceux qui avons alerté sur ce qui se passe à l'aide sociale à l'enfance. L'aide sociale à l'enfance manque de moyens de manière cruelle avec des enfants qui se retrouvent seuls dans des hôtels, comme la petite Lily de 15 ans qui s'est pendue dans un hôtel, ce qui est absolument dramatique. Donc nous, nous proposons de redonner des moyens au service public. Nous proposons d'avoir un meilleur suivi des plaintes, de reprendre les recommandations de la civile, bref, de faire confiance aux professionnels et aux associations.
Parce que pour l'instant, ce sont des têtes de chapitre. Mais Olivier, vous voulez aller sur le...
Ça veut dire une rupture avec ce qui est en train d'être fait, avec le monde de Macron. Olivier, de malheur.
Tous les candidats à l'élection présidentielle se sont exprimés sur cette terrible disparition. Est-ce que vous craignez une instrumentalisation politique de ce drame ?
J'espère qu'on va...
On a un peu le sentiment qu'on est déjà un peu dedans.
J'espère que la famille va être respectée dans sa douleur. Et je le dis juste, il y a un enjeu très fort à penser à Liana et à l'ensemble des enfants qui, aujourd'hui, sont victimes de violences sexuelles, sont victimes d'infanticides. Et donc, ça appelle des mesures de rupture avec les politiques qui sont prises. Et ça, pour le coup, ça ne viendra pas, je crois, avec un gouvernement macroniste qui, depuis 9 ans, a détruit tous les moyens de la justice et n'a pas pris à bras-le-corps le problème systémique des violences faites aux femmes et aux enfants.
On va ouvrir un autre chapitre qui a beaucoup frappé l'opinion. Mais aussi les partis politiques, ce sont les violences il y a une semaine en marge et après la victoire du PSG en Ligue des champions. Vous étiez à l'Assemblée nationale, sans doute, quand le Premier ministre a évoqué une ponction sur les allocations sociales. On l'écoute.
Je ne suis pas favorable aux suspensions des prestations sociales. Néanmoins, je crois qu'il y a un chemin de bon sens. C'est de permettre à ces prestations sociales, en dehors du reste à vivre, de financer justement ces réparations sur des solutions adaptées. On doit avancer la responsabilité individuelle d'un auteur d'un acte de violence, par définition de dégradation, doit pouvoir réparer.
Quand on bénéficie de la solidarité nationale, c'est la logique du Premier ministre, est-ce qu'il ne faut pas contribuer à réparer la casse qu'on a provoquée du bien public ?
On a vu un concours, l'épine, depuis une semaine, à la fois de propositions plus autoritaires, plus racistes les unes que les autres. Je suis radicalement en désaccord avec ce que propose le Premier ministre. Je rappelle qu'il y a un principe en droit. Ce principe dit qu'il y a une responsabilité individuelle et non collective, et qu'il faut respecter l'état de droit. Je suis en désaccord avec les propositions qui ont été faites, à la fois, sur les prestations sociales, vous en avez parlé, de priver des familles de logement social. Et quand je parle de choses racistes, c'est par exemple M. Zemmour, qui parle d'une jeunesse arabo-musulmane. M.
Bardella, qui parle de scènes de guerre civile, ce qui est absolument faux. Mme Martichoux, je ne sais pas si vous avez regardé qui a été en comparaison immédiate, mais c'est très, très, très loin des stéréotypes qui ont été faits. Des gens très enserrés, en CDI, qui sont pères de famille. Donc, la stigmatisation des jeunes des quartiers populaires dans notre pays doit s'arrêter immédiatement et absolument indignée. On poursuit ce débat dans un instant, à tout de suite.
En toute franchise avec Mathilde Panot. C'est une journée politique importante pour LFI. On va en parler dans un instant. Mais on revient sur la casse, les violences, après la victoire du PSG, il y a une semaine, Arlette.
Alors, petite question. La fête qui tourne mal, on commence à avoir l'habitude, que ce soit le foot ou d'autres rassemblements qui devraient susciter de la joie. Alors, on était très étonné de voir que vice-présidente de l'Assemblée nationale, Clémence Guettet, après la victoire, lançait un appel que les forces de l'ordre n'interviennent pas, que la fête ne soit pas gâchée par le déploiement de forces de l'ordre. Là, on se dit, mais qui casse ? Ce n'est pas les policiers. Il y a quand même des gens qui sont venus casser, qui ont commis des exactions. Et vous, vous dites que c'est les forces de police qui crèlent des ordres ?
Oui, c'est les ordres surtout qui leur sont donnés. En fait, il y a un problème de doctrine de confrontation qui organise non pas le fait que la fête se passe bien, mais une doctrine de face à face qui produit ces violences-là. On a vu, par exemple, dans la soirée de la victoire du PSG, à la fois des policiers qui chargeaient à des endroits où les supporters s'étaient rassemblés, des gens qui ont été gazés jusque dans le métro. Le refus quand même d'organiser une fanzone, alors que tout le monde dit que le fait d'organiser une fanzone aurait permis d'organiser beaucoup mieux et de faire en sorte que personne ne soit blessé.
Et je vais vous dire, cette doctrine de confrontation, la France est quasiment le seul pays en Europe à faire ça. Donc qui va justement au toucher, met non seulement en danger les gens qui veulent exprimer leur joie, mais met en danger aussi les policiers et les gendarmes eux-mêmes. Et vous n'avez qu'à voir le nombre de blessés qu'il y a. Donc il faut rompre avec cette doctrine, arrêter avec cela.
Mathilde Panot, on a vu des casseurs qui cassaient, par exemple des abrébus, qu'incendient les voitures. Il n'y avait pas un flic autour. Les forces de l'ordre, le plus souvent, elles arrivent après. Et elles interviennent en effet. En effet, et on peut discuter. Mais la casse, elle se fait avant. Il y a bien des casseurs. Vous reconnaissez qu'il y a des jeunes qui viennent pour casser. Qu'est-ce qu'on fait ?
Ils ne sont pas aussi responsables ? Non mais là, vous aviez un déploiement policier exceptionnel. Et alors, qu'est-ce que ça a empêché ? Donc la question c'est, un, les fanzones, ce que tout le monde dit qui permet d'organiser. Deux, je le dis aussi parce que c'est des images qu'on a moins vues à la télé. Par exemple, quand vous voyez Mireille, 90 ans, qui est justement protégée par une bande de jeunes, justement sur le fait qu'il y avait du gaz lacrymogène partout, qui la porte pour la ramener chez elle, eh bien je crois que c'était aussi ça cette soirée-là. Quelque chose d'intergénérationnel, de liesse, d'unité populaire, de gens qui étaient juste heureux de fêter une victoire.
Donc vous enlevez la police, vous la déployez différemment et vous n'avez aucune violence. Pas du tout, je crée une fanzone qui permet...
Vous n'avez pas de violence ? Vous pensez qu'il n'y a pas de violence ? En tout cas, il y a moins de violence.
Et d'ailleurs, il y a même des gens, y compris de la majorité présidentielle, qui est aujourd'hui minoritaire, mais qui le disent. Vous avez par exemple l'exemple à la Courneuve, où Ali Duhara, maire insoumis, a justement fait une fanzone avec 1200 personnes, qui s'est bien passée. Donc il faut organiser les choses et en finir avec la doctrine de confrontation.
Sur la question de la sécurité, sur la réponse au sentiment d'insécurité, êtes-vous, LFI, les mieux placés, ou en tout cas les mieux entendus par les Français, Arlette ?
Il y a un baromètre Sofraise, Vérion, qui montre que 47% des Français souhaitent que Jordan Bardella joue un rôle très important, dans les années à venir. Niveau qu'il n'avait jamais atteint 47%, je répète. Ça n'est pas rien. Très loin devant les autres. Je ne veux pas vous faire de peine, Jean-Luc Mélenchon est à 15%. Le sentiment d'insécurité, la lutte contre l'insécurité, c'est le RN qui l'incarne. Ce n'est pas vous. Ça vous pose un problème quand même, de voir que si cette progression du Rassemblement national... Alors, Mme Chabot,
vous êtes en train de parler d'un sondage qui est paru dans Figaro Magazine. Je me trompe ? C'est le baromètre ? Le baromètre ? Sofraise, Vérion. Je trouve que, par exemple, j'ai regardé, moi, ce baromètre, parce que je m'intéresse à ce qu'il est souvent répété à l'envie. Jordan Bardella, de toute façon, on a bien compris, était, après Emmanuel Macron, le gendre idéal du MEDEF, qu'il fallait mettre en avant dans la presse people, un peu partout. Bon, bref. Eh bien, j'ai regardé ce sondage, c'est intéressant. Par exemple, Mme Chabot, vous allez m'expliquer ceci, il y a 20% des membres de la France insoumise qui disent faire confiance à Emmanuel Macron dans ce sondage.
C'est quand même étonnant, non ? Je veux dire, en termes d'opposants, nous sommes des opposants total à ça. Et on pourrait pointer beaucoup d'autres incohérences. Il y a des infiltrés chez vous, alors. Je vais vous dire, je suis même inquiète de voir qu'on ne met pas Jordan Bardella à 98%, pourquoi pas même à 150%. Je vais vous dire, nous sommes dans une campagne présidentielle et nous, nous sommes devenus experts pour faire mentir l'ensemble des sondages. Le secret de cela, c'est la mobilisation populaire. Et je vais vous dire, dans cette campagne, nous allons expliquer ce que veut faire Jordan Bardella.
Peut-être qu'il deviendra un peu moins populaire parce que Jordan Bardella vient d'annoncer qu'il renonçait à l'abrogation de la retraite à 64 ans, passé en force contre tout un peuple, contre l'ensemble des syndicats, y compris même contre l'Assemblée nationale, pour expliquer qu'il veut désormais la retraite à points, un peu par capitalisation. Bref, avec Jordan Bardella, vous allez travailler jusqu'à 70 ans sans même savoir si vous allez avoir de retraite. Donc, nous sommes dans une campagne électorale. Nous, nous allons présenter un projet aux Français. C'est le programme que nous travaillons dans ce moment. Vous allez rattraper. Il y en aura d'autres.
Et ensuite, chacun et chacune choisira. Mais je vous assure que ça ne sera pas un concours de avec qui vous voulez aller en vacances, qui a la plus belle carvate ou je ne sais quoi parce que Jordan Bardella est juste un grand vide qui est un bon produit de supermarché mais qui ne ferait absolument pas un bon président.
Oui, mais alors du coup, vous ne répondez pas tout à fait à la question. Ce qui nous intéresse c'est de comprendre c'est pourquoi finalement Jean-Luc Mélenchon est si loin dans les sondages et dans la perception des Français sur la lutte contre l'insécurité. Qu'est-ce que vous proposez pour rassurer les Français sur ce sujet de thème-là ? Vous n'êtes pas perçus comme ceux qui les rassureraient le mieux.
Pourquoi les Français nous proposent de remettre les OPJ, la police judiciaire qui permet de faire des vraies enquêtes ce qu'a démantelé la Macronie avec l'aide de l'extrême droite ? Nous, on propose de faire en sorte qu'il y ait un retour de la police de proximité, qui avait été supprimé par Sarkozy et qui montrait pourtant ses effets et son efficacité. Bref, nous nous proposons beaucoup de choses. Je ne sais pas si j'ai tabou la sécurité alors ? Absolument pas. Et d'ailleurs, il y avait des spécialistes de la sécurité qui déjà en 2022 disaient que la France Insoumise avait le meilleur programme de tous les programmes qui a été présenté sur la sécurité.
Après, il y a des risques mais je vais vous dire vous n'avez pas encore compris ce qui s'est passé ces dernières années. Vous n'avez pas compris que la télé ce n'était pas la vraie vie. Que dans la télé on peut détester Jean-Luc Mélenchon c'est très à la mode ce qui d'ailleurs ne fait pas un programme pour le pays. Je rappelle que être anti-mélenchoniste anti-la France Insoumise ne propose absolument rien au peuple de France. Ça c'est la première chose. Et la deuxième chose c'est que la dernière fois apprenez de ce qui s'est passé. 2022, un an avant l'élection présidentielle nous avions 19 points de retard 20 points pardon de retard sur l'extrême droite.
Nous en avons rattrapé 19 et nous avons raté le second tour à seulement 420 000 voix. Nous sommes dans une dynamique où pour vous donner une idée nous avons atteint cette semaine les 300 000 soutiens populaires à l'élection présidentielle pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Nous avions mis la dernière fois en 2022 plus de 15 mois à obtenir ces 300 000 soutiens. Nous l'avons fait en un seul mois. Et cet après-midi à Saint-Denis donc à 15h toutes et tous sont bienvenus pour venir devant la basilique qui nous permettra aussi de rentrer dans l'histoire du pays.
Il y aura le premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon et je suis personnellement fière non seulement qu'il soit introduit par Balibagayoko qui a été élu au premier tour à Saint-Denis-Pierre-Fitz mais aussi avec Annie Ernaud et Éric Villard prix Nobel de littérature et prix Grévin pour ce qui nous rend extrêmement fiers. Donc démonstration de force à l'air.
Oui c'est ça c'est à dire que ce soir ou cet après-midi vous allez montrer que vous avez déjà plié le match à gauche vous êtes les plus forts parce que vous êtes organisés parce que vous savez organiser un meeting parce que vous avez un programme parce que vous avez un candidat qui effectivement dans les sondages est plus haut qu'il ne l'était à cette période précédente l'élection présidentielle donc ça y est c'est fait vous avez plié le match à gauche terminé il n'y a plus que la France Insoumise.
Non il n'y a pas plus que la France Insoumise mais nous avons nous une dynamique et vous avez raison de dire que chez nous c'est carré que nous avons un seul candidat que nous avons une équipe que nous avons un programme et vous savez Madame Chabot aujourd'hui quel jour nous sommes nous sommes aux 90 ans exactement des accords de Matignon de 1936 avec le Front Populaire qui avait permis la création des premiers congés payés l'augmentation des salaires ou encore la réduction du temps de travail hebdomadaire et je le dis non le Front Populaire ce n'est pas les socialistes avec Léon Blum donc effectivement avec Léon Blum donc je le dis parce qu'il y a 90 ans il s'était passé à ce moment là quelque chose et ensuite on peut faire l'histoire des conquêtes qui ont eu lieu pour dire que nous ne sommes pas condamnés à vivre toujours plus mal que nous pouvons obtenir de nouveaux droits que nous pouvons augmenter les salaires dans ce pays dans lequel la pauvreté est révoltante dans la septième puissance économique au monde et donc c'est ça que nous allons aussi montrer cet après-midi par la force populaire qui j'espère entraînera d'autres gens à venir nous aider pour la présidentielle depuis un mois il y a déjà 10 000 personnes qui ont rejoint les groupes d'action je dis à celles et ceux qui nous écoutent de continuer de venir nous aider et que nous pouvons emporter cette élection présidentielle
Alors ce rassemblement il a lieu à Saint-Denis ville remportée par Bali Bakayoko lors des dernières élections municipales c'est la plus grande ville tenue par un maire LFI quelle place il va avoir dans cette campagne est-ce qu'il devient aujourd'hui incontournable et est-ce que quelque part c'est un peu pas lui l'avenir de la France insoumise une fois que Jean-Luc Mélenchon aura quitté la vie politique
Disons-le le successeur de Jean-Luc Mélenchon
après 2027 J'aime beaucoup comme parfois vous essayez de les mettre les uns contre les autres notamment dans les cendres On regarde l'avenir comme vous Oui alors quand je disais nous c'est carré nous on a une équipe Bali Bakayoko évidemment on fait partie et nous nous sommes extrêmement fiers d'avoir Bali Bakayoko à la tête d'une ville aussi grande qui subit un racisme qui est absolument scandaleux et d'ailleurs Bali avec d'autres appellent à une marche contre le racisme le 21 juin donc nous y serons évidemment et la France insoumise y sera largement Donc est-ce qu'il fait partie Il aura un rôle central ?
Ah bah oui il a un rôle important d'ailleurs nous faisons le premier meeting dans sa ville on n'a pas choisi par hasard il y a évidemment la victoire de Bali Bakayoko il y a aussi le fait qu'il y a la basilique à cet endroit-là c'est le tombeau des rois et des règnes de France c'est aussi la basilique le premier endroit où on a écrit une histoire officielle de la France donc c'est aussi un symbole pour dire que nous pouvons inventer une autre page de l'histoire de notre pays avec l'horizon qu'on propose d'offrir au peuple de France
On réconcilie l'histoire il y a l'histoire de France la vieille histoire la monarchie et puis il y a la nouvelle France qui est incarnée par Bali Bakayoko c'est ça en gros ce qui joue cet après-midi dans la symbolique
la nouvelle France elle est incarnée c'est la reconnaissance du pays du peuple tout entier vous en faites partie aussi de la nouvelle France c'est de dire que depuis 1958 depuis 1958 beaucoup de choses ont changé par exemple si vous étiez des femmes en 1958 vous le savez vous ne pourriez ni avorter ni même ouvrir un compte bancaire sans l'autorisation de votre mari donc la condition des femmes a beaucoup changé vous avez une jeunesse qui est beaucoup plus précarisée aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a par exemple 40 ans vous avez des familles qui ont changé famille monoparentale oui mais nous
la nouvelle France on dirait qu'elle s'oppose à la vieille France mais c'est la France ça vous appartient pas ce qui a un peu fait briller l'extrême droite l'émancipation des femmes ça n'appartient pas à LFI c'est la France c'est l'histoire nous n'avons pas dit
que ça appartenait à LFI même si je suis très fière c'est passé par exemple l'inscription de l'avortement dans la constitution que nous avons fait voter en premier mais c'est quoi la nouvelle France la nouvelle France c'est un concept qui nous permet d'analyser le pays tel qu'il est aujourd'hui et à partir de là d'agir politiquement et donc notamment de proposer notre nouvelle république la sixième république mais ce qui a fait pleurer en fait l'extrême droite c'est que je crois qu'il ne supporte pas qu'on accole le mot France notamment aux descendants d'immigrés aux immigrés puisque nous disions dans la nouvelle France dans l'analyse que nous faisons du pays tel qu'il est aujourd'hui que par exemple il y a aujourd'hui un français sur trois qui a un grand-parent qui est d'origine immigrée donc c'est ça je crois mais nous c'est une fraise beaucoup plus large que ça que nous faisons c'est un concept pour vous opposer au rassemblement national
mais vous saviez que ça allait créer de la friture de la friture oui c'est ce qu'on appelle
un appât ou un piège dans lequel ils sont tombés à deux pieds
d'accord vous l'assumez totalement ah oui bien sûr
bien sûr cliver pour mais ce n'est pas cliver vous vous rendez compte qu'il y a quelque chose qui est très violent dans notre pays tout à l'heure vous avez dit merci quand je vous dis vous faites partie aussi de la nouvelle france mais vous on ne vous a jamais dit dans votre propre pays que vous étiez des étrangers ou des étrangères à votre propre pays ce qu'on passe notre temps à faire pas nous évidemment mais ce que passe l'extrême droite et certains d'autres même à droite qui passent leur temps à expliquer notamment une jeunesse de ce pays et je pense notamment aux jeunes hommes de ce pays à qui on contrôle je ne sais pas combien de fois au faciès on passe leur temps à leur expliquer qu'ils seraient en quelque sorte étrangers à leur propre pays la nouvelle france c'est aussi une manière de dire nous sommes fiers du peuple tel qu'il est et c'est à partir de ce peuple là que nous allons inventer un autre avenir politique
on dit aussi que c'est une manière d'attraper les électeurs bien entendu c'est une stratégie politique attraper les électeurs qui ne votent pas qui ne s'intéressent pas aux urnes et que la france insoumise veut mobiliser pour faire des voix et récupérer mais vous savez nous nous sommes une stratégie politique
et nous nous n'avons pas honte de dire que oui nous voulons convaincre les électeurs et les électrices leur faire retrouver le goût de la politique et moi je suis fière d'appartenir à un mouvement politique qui est le seul mouvement politique à faire année après année des campagnes d'inscription sur les listes électorales ça sera notamment un des tracts qui sera distribué tout à l'heure au meeting de Saint-Denis à 15h avec notamment des campagnes d'inscription sur les listes électorales il y a 11 millions de personnes qui sont non inscrites sur les listes électorales ou mal inscrites sur les listes électorales et qui donc ne peuvent pas exercer leur droit de vote et vous allez nous permettre
de revenir au bureau de vote mais Olivier l'évoquait d'ailleurs comment aller vérifier son inscription sur jevote-dégage.fr Manuel Bampard assume cette forme de conflictualité et vous aussi qui permet de parler à des gens éloignés de la vie politique mais à propos de la conflictualité est-ce que Jean-Luc Mélenchon va faire oublier ses outrances ? C'est une question que vous me posez ? Ah oui pardon il y a un point d'interrogation derrière parce que c'était pas c'était pas si évident Est-ce que
Jean-Luc Mélenchon va faire oublier ses outrances ? Vous savez Jean-Luc Mélenchon a été diabolisé à mesure qu'on banalisait l'extrême droite dans ce pays je rappelle par exemple
Il a joué là-dessus aussi pardon Ah bon ? Pourquoi ? Quand il reprend sur les prénoms les noms à consonance juive Non non Il ne reprend pas les prénoms et les noms à consonance juive C'est assumé ça aussi Vous savez
Il a expliqué à de nombreuses reprises qu'il avait écorché plusieurs noms dans ce meeting dont d'ailleurs le nom de notre candidat auquel vous ne pouvez pas croire qu'on voulait du mal le nom de notre candidat aux élections municipales Donc en fait vous répétez des choses en boucle Non Non non Qui sont à peu près toujours les mêmes choses Je vais vous dire Jean-Luc Mélenchon est le seul homme politique
Non c'est une stratégie qui non seulement
a permis à une vénération d'émerger C'est une stratégie
pour parler à un moment Parce que Jean-Luc Mélenchon
vous savez qui est autour de lui Il y en a d'autres Je vais vous demander qui sont autour d'eux Vous ne savez pas Donc Jean-Luc Mélenchon vous nous connaissez Vous savez qui est l'équipe autour de lui Je ne sais pas Je vous vois faire une tête Oui parce que vous parlez Monsieur Gluckman Vous connaissez son équipe Monsieur Gluckman ? Et alors ? Vous pensez qu'il cache les gens ? Non Je pense juste que Jean-Luc Mélenchon a fait émerger des personnalités ce qui n'est pas le cas de d'autres leaders politiques et que donc pour quelqu'un qui serait extrêmement égocentrique
Il y a un peu plus de bouteilles d'ailleurs il avait dit faites mieux donc c'était un appel à effectivement la nouvelle génération a fait absolument c'est ce qu'il a dit cette semaine d'ailleurs on nous a fait mieux Non mais on ne peut pas comparer le parcours politique de Jean-Luc Mélenchon et de Raphaël Gluckman ça pour le coup on vous donne le point Mais Je vous remercie Je vais vous dire
ce qui est le plus grave dans notre pays serait le fait que tout le monde se résigne sur le fait que nous serions condamnés à avoir soit l'extrême droite soit un Macron 2-3 qui serait je ne sais quel candidat puisque beaucoup de candidats C'est Raphaël Gluckman
le Macron 2-3 Par exemple Mais il y en a d'autres Vous considérez
qu'il est plus proche d'Emmanuel Macron que de vous ? Ah oui je pense que sur le programme oui bien sûr
Il a dit qu'il allait vous faire plier il l'a dit récemment il dit on a déjà fait plier les pays européens Je vais décider d'abord
si il est candidat ou pas candidat ça aiderait à répondre
Mais qu'est-ce que vous répondez au fait on va encore les faire plier
Écoutez je le dis qu'il décide d'abord s'il est candidat après on lui répondra Vous n'y croyez pas ? Pensez qu'il ne va pas aller jusqu'au bout ?
Écoutez nous sommes dans une situation dans laquelle il y a un tableau absolument désolant un peu partout de gens qui se détestent entre eux qui sont tous en train de se tirer des grenades dans les pieds et qui est à gauche pas que d'ailleurs mais beaucoup à gauche nous ne sommes pas intéressés par cela et moi je dis à celles et ceux qui à gauche ne cessent de parler de Jean-Luc Mélenchon ou de nous arrêtez de parler de nous commencez à parler de propositions que vous faites au pays nous on fait des propositions tout à l'heure je vous parlais des 3 milliards sur les violences sexuelles et sexistes je vous parlais de la 6ème république et le fait que le peuple réécrive la règle du jeu avec la constituante du fait d'augmenter les salaires et de bloquer par exemple les prix des carburants ça c'est des propositions qu'on met sur la table ensuite les gens choisiront mais arrêtez de parler nous à sans cesse
qu'est-ce que vous pensez des débats sur la primaire qu'on continue d'avoir le parti socialiste les verts
ça vous fait sourire ça vous désole ça vous amuse
je trouve que ça donne un tableau désolant et que par ailleurs maintenant on est en train de parler non pas d'une primaire mais peut-être de deux primaires personne ne comprend plus rien à ce qui est en train de se passer je le dis nous on est en train de travailler sur le programme on a ouvert les contributions citoyennes sur le programme avec déjà plus de 10 000 contributions qui ont été reçues nous sommes en train de faire des auditions à la fois de collectifs d'associations de syndicats de professionnels donc on est en train de travailler sérieusement à ce qu'on va faire dans ce pays lorsque je l'espère nous l'aurons emporté Olivier
quel adversaire pour Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon était invité de Radio Nova cette semaine il a eu des mots plutôt agréables en tout cas pas désagréables avec Marine Le Pen qui préférerait-il affronter finalement dans cette élection présidentielle on est suspendu au jugement à la décision du 17 juillet
agréable dit Jean-Luc Mélenchon sur Marine Le Pen mais vous m'expliquerez ça qui est-ce il la respecte
oui voilà il la respecte
comme une adversaire d'accord on la combat voilà c'est ça que je veux dire on ne vous laissiez pas croire que Jean-Luc Mélenchon serait secrètement je ne sais quoi en entente avec Marine Le Pen je préfère juste mettre quoi
ça reste sa principale adversaire aujourd'hui
oui oui oui nous nous combattons sérieusement à l'extrême droite comme nous combattons la résignation mais plus elle plus Marine Le Pen que Jordan Nordela voilà sur la question de savoir qui est-ce qu'on voudrait affronter qu'importe parce que nous sommes persuadés que nous pouvons à la fois tourner la page de la Macronie et battre l'extrême droite notamment s'il y a une forte mobilisation populaire dans les urnes
Frédéric Delpech me rejoint mais Arlède une question
oui juste un mot vous regardez le reste de la gauche s'agiter candidat pas candidat primaire pas primaire une deux primaires vous leur lancez déjà un appel en disant mais rejoignez-nous nous on est déjà en train de travailler c'est beaucoup plus simple une seule candidature à gauche c'est la garantie d'être qualifiée pour le second tour et peut-être de l'emporter en tout cas pour ceux qui ont voté
la censure avec nous nous l'avons dit à de multiples reprises nous avons fait une proposition d'alliance populaire notamment envers les écologistes et les communistes en leur disant qu'évidemment autour d'un programme de rupture ils sont bienvenus et je salue d'ailleurs les verts populaires qui cette semaine ont annoncé soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon
Frédéric Delpech nous a rejoint bonjour Frédéric quelques questions du tac au tac question brève réponse brève
alors Pete excète le secrétaire d'état américain à la défense était hier sur les plages de Normandie pour les commémorations du débarquement avec ce parallèle avec les migrants les plages européennes sont prises d'assaut par des idéologies dangereuses est-ce que les capitales européennes vont lutter contre cette invasion est-ce que vous comprenez cette mise en garde
non c'est absolument indigne ça ne m'étonne absolument pas de l'extrême droite et je rappelle que nous avons la Méditerranée aujourd'hui qui est le plus grand cimetière au monde que nous ne cessons par des politiques qui sont faites notamment avec Contex et d'autres de condamner à mort des gens qui tentent juste d'avoir une vie meilleure et je le dis d'autant plus que nous avons des Etats-Unis qui sont en train de mener aux côtés d'Israël à la fois une guerre contre le peuple iranien mais aussi contre le peuple libanais et je le dis dans un moment où par exemple en France on ferait mieux de renvoyer l'ambassadeur israélien puisque je rappelle que l'ambassadeur israélien a dit il y a quelques jours qu'il voulait tout plutôt que Mélenchon et cela s'appelle des ingérences étrangères et maintenant ça suffit
Est-ce qu'il faut annuler la venue du rappeur Médine à un meeting de soutien à la Palestine que vous organisez avec l'alliance de gauche européenne à Strasbourg le 17 juin ça fait une polémique dans la ville
Réponse bref si possible Absolument pas et j'apporte tout mon soutien à Médine
Alors donc c'était très bref Jean-Luc Mélenchon a demandé à ses proches de réfléchir à leur futur post-ministériel en cas d'élection est-ce que vous avez réfléchi
au vôtre ? Non ça ne fonctionne pas comme ça mais nous réfléchissons avec Jean-Luc Mélenchon et nous serons prêts
Mais vous y pensez quand même ?
Moi je me mettrai là où c'est utile c'est pas la question qui est posée actuellement mais nous serons prêts à gouverner ce pays et nous allons ouvrir des jours bien plus heureux que ceux que nous avons actuellement
Stéphane Peux le député communiste et patron du groupe communiste fera un petit tour cet après-midi a-t-il dit à votre meeting à Saint-Denis ça préfigure un ralliement des communistes à la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?
Je ne sais pas si ça préfigure enfin je pense que c'est normal on est sur sa circonscription donc on est très heureux de l'accueillir pour ce petit tour qu'il fera et évidemment tout à l'heure quand je parlais de l'alliance populaire cela s'adresse aux communistes et aux écologistes donc évidemment à eux aussi mais chacun est libre de ce qu'il fait
Est-ce que vous êtes inquiète dans l'attente de la décision du tribunal correctionnel de Paris demain concernant Sophia Chikirou une amende a été requise contre votre collègue à l'Assemblée est-ce que vous avez une inquiétude ?
Non puisque vous avez le parquet lui-même qui dit que ce n'est pas l'affaire du siècle vous n'avez pas de préjudice vous n'avez pas de plaignant donc je pense que non je n'ai aucune inquiétude sur cette question-là
Dernière question sur le Rassemblement National qui rencontre les patrons Oui Est-ce que ça vous paraît légitime pour préparer un projet présidentiel ?
Oui ça peut être légitime de rencontrer des patrons le problème c'est de dîner en permanence avec eux et je rappelle que l'extrême droite devient fréquentable à force qu'on la fréquente justement et vous comprenez maintenant pourquoi M. Bardella est contre l'abrogation de la retraite à 64 ans pourquoi il est contre l'augmentation des salaires pourquoi il est contre l'impôt de solidarité sur la fortune ou encore la taxe du Kuhmann et pourquoi il refuse par exemple quand Marine Le Pen dîne avec Pouyanné qui est le PDG total le blocage des prix que nous proposons sur les prix à la pompe Encore deux questions
réponses breves s'il vous plaît on arrive à la fin de l'émission Arlette d'abord
On sent bien que vous êtes prêt à partir en campagne vous tendez la main à d'autres à gauche et si Jean-Luc Mélenchon était qualifié pour un second tour vous allez appeler peut-être face à un candidat ou une représentante du rassemblement cessionnel à l'Union vous tendrez la main jusqu'où ? jusqu'où appellerez-vous effectivement au rassemblement ?
Mais on... enfin j'ose espérer que dans ce pays en tout cas c'est ce qui s'est passé en 2024 quand vous regardez il y a déjà eu des duels par exemple RN-LFI en 2024 lors des législatives anticipées
Oui sur les circonceptions c'est de l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon
nous appellerons tous les républicains à battre l'extrême droite Ce qui s'est passé pourquoi je parle de 2024 ?
Vous seriez prête à amender votre programme ou pas pour ça ? Ce sera votre programme rien que votre programme mais nous ça sera
notre programme qu'on propose aux français et ensuite qu'est-ce qui se passe ? Un gouvernement vient avec son programme regardez Emmanuel Macron il n'a pas changé son programme pour battre l'extrême droite donc on vient avec notre programme et des projets de loi et ensuite c'est à l'Assemblée nationale qu'on discute et que justement on permet d'avoir de construire des majorités
Mais vous appellerez tous les électeurs à voter ? Tous les électeurs qui sont favorables
à la République devront battre l'extrême droite jusqu'à Edouard Philippe jusqu'à Bruno Retailleau Mais partout enfin je veux dire ceux qui choisiront l'extrême droite auront choisi leur camp chacun devra choisir son camp à ce moment là mais pourquoi je parlais de 2024 ? C'est parce qu'en 2024 contrairement à ce qui est raconté partout et bien les électeurs macronistes ont choisi de voter plus pour la France insoumise que pour le Rassemblement national lorsqu'ils ont eu des duels de telle sorte On aura l'occasion d'en reparler
Merci Mathilde Panot On verra si vous arrivez à vous qualifier au second tour Mais pour l'instant Vous donnez un rendez-vous évidemment à vos militants à 15h à Saint-Denis près de Paris sur LCI C'est avec Anne-Cloé-Beauté que vous avez rendez-vous Bonne journée à tous Merci Frédéric Olivier et Arlette Sous-titrage Société Radio-Canada
Mathilde Panot