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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 23 mai 2019 30 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Conseil de défense écologique du jeudi 23 mai 2019

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 17:30FerméeRéponse directe

    Le projet Montagne d'or verra-t-il le jour ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    Pensez-vous qu'un effondrement de la civilisation est possible ?

  • 20:30RelanceRéponse directe

    Ce Conseil est-il électoraliste à 3 jours des européennes ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -E.

Philippe : Mesdames et messieurs, le président de la République a réuni aujourd'hui pour la 1re fois, à l'Elysée, le Conseil de défense écologique qu'il s'était engagé à créer à l'occasion de la conférence de presse qu'il avait tenue le mois dernier. La création de ce Conseil traduit, au fond, une double prise de conscience : conscience que nous devons aller, oui, plus loin, plus vite en matière de lutte contre le dérèglement climatique et de protection de la biodiversité, conscience que nous devons, sans renoncer à notre ambition, de produire davantage de richesses en France, mobiliser davantage pour aider les Français, les partenaires sociaux, les associations, les collectivités qui partagent notre ambition écologique. Non pas que nous ayons à rougir de notre bilan en la matière.

François de Rugy vous en rappellera les acquis. La querelle politicienne, le "french bashing", ne doivent pas masquer l'essentiel. Très peu de pays ont fait autant que la France en matière de transition écologique ces dernières années.

Je voudrais indiquer, car il me semble que cela doit être pris en compte, que les ONG européennes du réseau pour l'action climatique ont elles-mêmes classé la France, en 2018, 3e sur les 28 pays européens en matière d'ambition et d'action pour le climat. Je tiens à partager ce bilan avec l'ensemble du gouvernement et de la majorité, bien entendu avec Nicolas Hulot qui, au ministère chargé de la transition écologique, a oeuvré pendant un an à nos côtés, et à saluer le travail accompli par François de Rugy depuis presqu'un an. Nous avons fait beaucoup, mais après avoir constaté que nous avons fait beaucoup et que nous voulons faire beaucoup, nous pouvons sans doute considérer que nous n'allons pas assez vite, peut-être pas assez loin encore sur ce sujet.

C'est ce que nous ont d'ailleurs dit beaucoup de Français au cours du grand débat. Nos concitoyens ont raison de vouloir des résultats plus rapides et c'est l'ambition portée par le président de la République dans le cadre de l'acte II qu'il a évoqué à l'occasion de cette conférence de presse. Pour ce faire, le président de la République a décrété un changement de méthode avec la mobilisation générale du gouvernement ainsi que des acteurs de terrain, avec la mobilisation territoriale pour l'emploi et les transitions écologiques et numériques.

Avec le Haut Conseil pour le climat, installé en 2018, et la convention citoyenne pour la transition écologique qui sera lancée au moins de juin, la France va désormais disposer d'une méthode et d'une gouvernance inédite. Ce nouveau cadre permettra de décider autrement afin de surmonter les obstacles et parfois les contradictions de notre société dès lors qu'il s'agit d'avancées résolument dans la transition écologique. Placé au sommet de l'Etat, sous l'autorité du président de la République, le Conseil de défense écologique sera l'outil décisionnel ultime.

Il a vocation à rendre des arbitrages comme à assurer le suivi dans le détail de leur mise en oeuvre. Le Conseil qui se réunissait pour la 1re fois s'est donc tenu ce matin, avec la présence autour de la table de 13 ministres. Parce que le climat, la biodiversité l'écologie, c'est l'affaire de tous, l'affaire de tous les ministres et pas uniquement la préoccupation du seul ministre de l'Ecologie, futile ministre d'Etat.

Et parce que toutes les politiques publiques doivent être irriguées par cette préoccupation. Et c'est véritablement un sujet qui nous est apparu crûment et sur lequel nous sommes déterminés à enrichir l'action publique, l'ensemble des politiques publiques, portées par l'ensemble des responsables publics doit prendre en compte et intégrer les logiques de préservation du climat et de préservation de la biodiversité. Le 1er Conseil écologique a permis d'évaluer plusieurs chantiers majeurs engagés ces 2 dernières années, d'identifier les avancées.

Il a également permis de pointer ce que nous n'avons pas suffisamment réussi, les dispositifs qui n'ont pas donné les résultats attendus, afin de pouvoir les corriger. Le ministre d'Etat, François de Rugy, va nous détailler les bilans et les prochaines étapes des politiques publiques ainsi que les décisions qui ont été prises à l'occasion de ce Conseil de défense écologique. Je lui laisse bien volontiers la parole. -F. de Rugy : Merci, M. le Premier ministre.

Mesdames, messieurs, en effet, par rapport à cette 1re réunion, nous avons tout de suite commencé dans l'état d'esprit de fonctionnement qui est le nôtre, c'est-à-dire à la fois de prendre un certain nombre d'orientations, de choix, de décisions et aussi de faire un bilan sur l'avancée de ce qui a déjà été décidé. Concernant le climat, vous le savez, depuis le début de ce mandat, de nombreuses décisions ont été prises, un plan climat a été adopté dès le mois de juillet 2017 et nous en avons fait un 1er bilan. Tout d'abord, la loi interdisant l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures en France.

Ce qu'on appelait, à une période, d'ailleurs, les gaz et pétrole de schiste, ont été définitivement interdits, exploration et exploitation, dès le mois de décembre 2017. Et en application de cette loi, plus de 40 permis de recherche ont été refusés. Donc ce sont des retombées concrètes qui ont été déjà obtenues par ce biais.

Par ailleurs, nous avons pris un certain nombre de mesures d'accompagnement des ménages, des Français pour qu'ils soient des acteurs de cette transition écologique vers une moindre émission de gaz à effet de serre. C'est ce qui a été fait avec la prime à la conversion pour mettre à la casse un certain nombre de vieilles voitures et aider les Français à acheter des voitures neuves ou d'occasion qui soient moins polluantes, moins émettrices de CO2. En l'occurrence, en 2018, cela a été possible pour 300 000 Français. 300 000 automobilistes ont pu changer de voiture grâce à cette aide.

Et sur le début de l'année 2019, les premiers mois, nous sommes déjà sur un rythme annuel, si ce qui a été observé dans les 1ers mois se confirmait, de près de 400 000. Concernant également l'accompagnement social de cette transition énergétique, c'est le développement du chèque énergie, puisqu'il a été, je vous le rappelle, pour la 1re fois mis en place l'année dernière, en 2018. Et dès cette année 2019, M. le Premier ministre l'avait annoncé à la fin de l'année dernière, il a été étendu.

Donc 2 millions de ménages supplémentaires en bénéficient. 2,2 millions, même. Et le montant a été augmenté en moyenne de 50E.

Et les Français qui peuvent en bénéficier ont déjà reçu ce chèque énergie dès le mois d'avril dernier. Les 1ers résultats de cette politique sont là, puisqu'en l'occurrence, l'année dernière, en 2018, nous avons pu constater une baisse des consommations de carburant. C'est la 1re fois en France que les consommations de carburant baissent alors que nous sommes en période de croissance économique.

En général, il y avait toujours des consommations de carburant qui augmentaient quand la croissance augmentait. Et si elle baissait, c'est que la croissance baissait. Cette tendance se confirme sur l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre.

Nous n'avons pas encore la statistique française consolidée, mais vous savez que l'Institut européen a publié la statistique pour l'année 2018 il y a quelques semaines, et nous sommes à une baisse de 4,5% en 2018 des émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie. Nous considérons bien sûr que l'action doit continuer à être déployée, même à s'amplifier dans un certain nombre de domaines. Ce sera le cas dans le domaine des transports où, en plus de l'accompagnement au changement de voiture, j'ai parlé de la prime à la conversion, on pourrait parler du bonus pour les voitures électriques qui, également, voit le nombre de bénéficiaires augmenter.

Mais c'est surtout la loi mobilité, la loi d'orientation des mobilités, qui est en cours d'examen au Parlement, qui permet là aussi de renforcer les moyens des collectivités locales, mais aussi le déploiement d'investissements pour des transports moins consommateurs d'énergie, moins émetteurs de CO2. Le Premier ministre a eu l'occasion également de présenter un plan Vélo à la fin de l'année dernière et qui va permettre de faire du vélo un mode de déplacement à part entière avec des aides concrètes, par exemple pour les Français qui vont au travail à vélo et qui utilisent ce mode de déplacement pour aller au travail et qui pourront se voir allouer une aide jusqu'à 400E, comme pour ceux qui vont en transports en commun. Et nous le ferons au sein des services de l'Etat pour les fonctionnaires et agents de l'Etat dès cette année avec donc une aide de 200E.

Nous avons également commence à déployer les zones à faible émission, qui veulent bien dire ce que ça veut dire. Réduire les émissions de gaz à effet de serre et de polluants dans les villes. Et donc nous avons signé avec plus de 15 collectivités, villes de France, bien sûr les grandes villes, Paris, Lyon, Marseille, mais aussi d'autres villes qui ont souhaité s'engager et qui sont en train de les déployer pour qu'elles puissent prendre des mesures de gestion notamment de la circulation qui permettront de réduire les gaz à effet de serre et la pollution.

Pendant ce Conseil de défense, nous avons décidé de renforcer notre mobilisation sur la question de la rénovation énergétique des bâtiments, à la fois sur le logement, et M. le Premier ministre présidera d'ailleurs, dans les jours qui viennent, une réunion des ministres concernés sur les différents dispositifs d'aide à la rénovation des logements, mais aussi sur les bâtiments, bâtiments publics, bâtiments de l'Etat, nous allons organiser la mobilisation de tous les ministères sur ce sujet, mais aussi offrir des solutions pour les collectivités locales. Nous allons finaliser en 2019 l'élaboration des projets de territoires, et notamment Emmanuelle Wargon, en tant que secrétaire d'Etat auprès de moi a beaucoup travaillé sur les contrats de transition écologique, avec autour particulièrement des territoires concernés par la fermeture des centrales à charbon, mesure qui est engagée, qui sera confortée d'ailleurs aussi par une disposition législative dans la loi énergie-climat, et par ailleurs aussi de faire participer le transport aérien à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, déjà une 1re disposition a été votée à l'Assemblée nationale il y a quelques jours.

Mais au-delà de ça, nous porterons à l'échelle européenne, car nous considérons que c'est la bonne échelle, la question de la taxation du kérozène, et nous demanderons également que l'Union européenne agisse pour modifier la Convention internationale à l'échelle mondiale. Vraiment un sujet par essence international. Par ailleurs, le président de la République a rappelé son engagement de refuser que la France soutienne toute négociation commerciale, tout accord commercial de l'Union européenne avec des pays ou des groupes de pays qui ne respecteraient pas l'accord de Paris, vous savez que c'est pour cela qu'il a refusé le mandat pour des nouvelles négociations avec les Etats-Unis d'Amérique et que la même logique sera appliquée pour les accords avec le Mercosur.

Concernant la biodiversité, vous connaissez la situation, la France et le gouvernement avaient adopté un plan biodiversité en juillet 2018. Un certain nombre d'actions, sur les 90 actions, 85 ont été engagées, 9 ont déjà été réalisées. Parmi celles-ci, je rappelle que nous avons mis en oeuvre en septembre dernier l'interdiction générale des néonicotinoïdes, ces fameux insecticides tueurs d'abeilles.

Et nous avons élargi à des produits qui auraient pu conduire à un contournement de la législation, ce qui permet aujourd'hui d'avoir une interdiction totale de l'utilisation des néonicotinoïdes, sur ce sujet absolument fondamental qu'est celui de la protection des abeilles. Nous avons engagé, vous le savez, les négociations filière par filière pour sortir du glyphosate en 3 ans, conformément à l'engagement que nous avons pris. Nous avons également lancé la création de l'Office français de la biodiversité, qui sera notre opérateur partout en France sur le terrain avec des agents de terrain au service de la biodiversité.

Grâce au travail préparatoire qui avait été fait, avec la fusion, donc, en cours, de l'Agence française de la biodiversité et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, grâce aux discussions qui avaient été menées avec le monde de la chasse, avec différents partenaires, cet Office français de la biodiversité la loi est en cours d'examen au Parlement, elle sera finalisée avant l'été, et l'Office sera donc créé au 1er janvier 2020, conformément à nos engagements. Par ailleurs, un parc national forestier est également en cours de création et il pourra être officiellement créé le 1er novembre prochain, donc à cheval sur les régions Bourgogne et Champagne-Ardenne, et qui permettra de protéger 50 000ha de forêts remarquables, ce qui fera de ce parc forestier le 1er parc européen, 1er parc européen en surface forestière protégé. De la même façon, nous avons également adopté il y a quelques mois la stratégie nationale contre la déforestation, importée pour ne pas, évidemment, passer sous silence ce sujet compliqué lié aux importations de bois.

Sachant que sur la question des aires protégées, nous allons également poursuivre notre politique. Un mot sur les pollutions liées au plastique. Sujet sur lequel Brune Poirson a beaucoup travaillé depuis 2 ans.

Et nous aboutissons, puisque déjà nous avons obtenu au niveau européen l'interdiction, ça vient d'être décidé, de plusieurs objets de plastique à usage unique d'ici 2021. Et la France avait été pionnière en la matière, avait été à l'origine de cette négociation européenne, et avait de toute façon prévu de l'appliquer en France. Par ailleurs, le Pacte national plastiques a permis des engagements avec les entreprises pour réduire l'utilisation des plastiques non recyclés, d'avoir 60% d'emballages plastique recyclés d'ici 2022 et pour avoir des emballages qui soient systématiquement également recyclables.

Et il y aura un complément avec un projet de loi sur l'économie circulaire qui sera bientôt présenté en Conseil des ministres. Concernant l'artificialisation des sols, cette expression qui est peut-être un peu technique, autrefois on parlait d'ailleurs du bétonnage d'un certain nombre de surfaces de notre pays, c'est une de nos priorités, et nous avons un certain nombre d'outils qui ont été pris lors de la loi sur le logement, la loi dite loi Elan, et donc qui permet de suspendre les autorisations d'implantations commerciales de plus de 1 000m2 en dehors des opérations de revitalisation des centres-villes ou des centres-bourgs, mais également le recentrage d'un certain nombre de dispositifs immobiliers vers la construction justement dans les coeurs de villes, dans les coeurs de bourgs. Enfin, un point particulier sur lequel nous souhaitons être le plus clair possible, c'est concernant le projet mine d'or en Guyane.

Nous avons décidé d'être le plus précis possible et donc, sous la présidence du président de la République, le Conseil de défense écologique a décidé de constater l'incompatibilité du projet actuel minier Montagne d'or avec les exigences de protection environnementales. Mais nous n'en restons pas là. Nous souhaitons intégrer les exigences environnementales de façon durable dans tous les processus miniers et donc, d'engager la réforme du code minier qui pourra être présentée en Conseil des ministres en décembre prochain.

Et cela viendra conforter une logique, là, environnementale beaucoup plus forte. Concernant les aires protégées, là aussi, le Conseil a décidé de renforcer notre réseau d'espaces protégés en créant dans les terres australes et antarctiques françaises une aire marine protégée dans la zone économique exclusive de Saint-Paul et Amsterdam et de transformer le parc naturel marin des îles Glorieuses en réserve naturelle nationale, ce qui fera ne l'occurrence plus de 550 000km2 de protection forte pour les aires marines. Par ailleurs, d'ici 2022, nous créerons ou nous étendrons plus de 20 réserves naturelles en France métropolitaine et outre-mer.

L'objectif étant d'atteindre 30% de notre territoire faisant l'objet d'une protection, ont 1/3 sous statut de protection forte pour la nature. Et je tiens à préciser que ce sont ces mesures de protection qui permettent d'obtenir des résultats. Un seul exemple : dans les années 80, le bouquetin des Alpes est en voie de disparition, il n'en restait plus que quelques-uns.

Il y en a aujourd'hui 10 000. Donc ce sont des exemples qui montrent que l'on peut, évidemment, avoir des résultats. Voilà pour les mesures sur le climat et la biodiversité.

M. le Premier ministre, on va enchaîner sur les questions des investissements publics et privés. -E.

Philippe : Merci beaucoup, M. le ministre d'Etat. Oui, en effet, après avoir traité des questions de préservation du climat et de protection de la biodiversité, nous nous sommes penchés sur la façon dont il était possible de mobiliser les investissements publics et privés au service de la transition écologique.

Alors, on a d'abord constaté le déficit d'investissements vers, je le dis comme cela, dans l'économie française. On considère qu'il est souvent de l'ordre de 20 milliards d'euros par an. Et notre objectif est de le combler.

Nous voulons le faire de la manière la plus efficace possible, en utilisant les financements publics pour faire levier sur les financements privés et en les réorientant vers les investissements compatibles avec notre trajectoire climatique. Là encore, nous ne partons pas de zéro, puisque des actions ont été engagées en ce sens depuis 2 ans, notamment au travers du Grand plan d'investissement, de la loi Pacte ou de l'initiative récente en faveur d'une filière européenne de production de batteries pour voitures électriques. Mais là encore, beaucoup reste à faire.

Nous avons donc décidé de lancer l'initiative France transition écologique qui est la traduction dans les faits du rapport proposé par MM. Canfin et Zaouati qui a pour objet de réunir les acteurs financiers publics et privés. Je pense à l'Ademe, je pense à la Caisse des dépôts et consignations, je pense à Bbifrance également. pour faciliter l'accès des porteurs de projets à des financements.

Nous avons également choisi de mettre en place de nouveaux prêts de la banque des territoires aux collectivités à hauteur de 3 milliards d'euros pour financer des projets de mobilité du quotidien, des opérations de construction ou de rénovation de bâtiments éducatifs. Nous avons également décidé, à la suite des négociations et des discussions engagées par Julien Denormandie avec l'ensemble des bailleurs sociaux, d'augmenter d'un milliard d'euros les prêts dédiés à la rénovation énergétique des logements sociaux. Pouvoir accéder facilement à des fonds très disponibles afin de financer cette rénovation énergétique est une des façons les plus efficaces de s'inscrire dans cette transition écologique que nous appelons de nos voeux.

Nous allons également mettre en oeuvre une démarche de budget vert. Qu'est-ce que c'est qu'un budget vert ? L'idée, c'est que dans le prochain projet de loi de finances, celui pour 2020, nous puissions engager l'évaluation de notre budget au regard de nos engagements environnementaux et climatiques afin de tendre vers un budget compatible 2 degrés Celsius.

Autrement dit, nous voulons faire en sorte que l'impact de nos décisions budgétaires soit systématiquement passé au crible de nos engagements internationaux en matière de préservation du climat et que nous puissions, pour chaque mesure, déterminer quelle est l'efficacité ou non en matière de préservation du climat et de la dépense publique que nous engageons. Nous voulons enfin porter la mise en place au niveau européen d'une banque du climat. Une 1re proposition sera partagée avec nos partenaires européens dès le mois de juin prochain.

Et nous souhaitons pouvoir avancer sur ce dossier à l'horizon du mois de septembre. Vous voyez, beaucoup de choses ont été évoquées et décidées ce matin pour accélérer la transition écologique du pays. Le président de la République a coutume de dire qu'il y a eu d'abord un temps de prise de conscience, de reconnaissance qu'il y avait un sujet.

Il y a eu ensuite un temps de programmation où les gouvernements successifs ont pris des dispositions pour la suite. Nous sommes aujourd'hui dans un 3e temps, dans le temps de l'action au quotidien, dans le temps de l'efficacité de la mesure effective des actions et des mesures que nous prenons. C'est ce à quoi nous a incités très fortement le président de la République en insistant sur les qualités d'exécution des mesures qui sont prises afin que nous ne soyons pas simplement dans l'incantation, dans la mesure générale, dans la norme ou dans la taxe, mais que nous soyons bien dans l'efficacité des mesures qui sont décidées au niveau gouvernemental.

Je veux vous dire combien nous sommes déterminés à obtenir des résultats concrets, rapides, avec une nouvelle méthode qui associe davantage les Français et les corps intermédiaires, sans se contenter de déclarations qui ne seraient pas suivies d'effet. Le président nous a indiqué qu'il s'impliquerait personnellement dans ce suivi. Il a d'ores et déjà convoqué le prochain Conseil de défense écologique pour la mi-juillet.

Ce prochain Conseil de défense écologique sera consacré d'une part à l'audition du Haut Conseil sur le climat et, d'autre part, à la finalisation des éléments relatifs à la convention citoyenne pour la transition écologique qui nous permettra de faire, là encore, des propositions concrètes soumises au Parlement ou, le cas échéant, un referendum, comme s'y est engagé le président de la République. Voilà ce que je tenais, avec le ministre d'Etat, à vous dire sur la nature des travaux qui nous a réunis ce matin. Et je terminerai par ce mot, travail, car il y en a encore beaucoup.

Merci beaucoup. Et peut-être avez-vous des questions auxquelles nous allons essayer de répondre. Monsieur. -Jean-Rémi Baudot pour Europe 1.

Vous venez de dire à l'instant que le temps n'était plus à l'incantation, à la mesure générale, mais à l'efficacité. Sur la question de la Montagne d'or, c'est pas encore extrêmement précis. Vous dites que c'est incompatible, M. de Rugy, avec les exigences de protection de l'environnement.

Ce qu'on comprend, c'est qu'en fait, vous allez changer le code minier et qu'ensuite, l'opérateur qui a ce projet décidera ou pas s'il met en place ce projet. Concrètement, beaucoup de Français se posent la question. Est-ce que ce projet de Montagne d'or verra le jour ou pas ? -E.

Philippe : Je vais essayer, comme avec François de Rugy, d'être le plus précis possible. Le projet actuel ne nous apparaît pas compatible avec les exigences que nous nous fixons en matière de préservation de l'environnement et de la biodiversité. Je peux difficilement le dire de façon plus claire.

Le projet actuel nous apparaît incompatible avec les exigences de préservation de la biodiversité que nous nous sommes fixées. Nous avons par ailleurs décidé, à l'invitation du président de la République de transformer le code minier. Pourquoi ?

Pour faire en sorte que dans le code minier futur, des exigences de protection de l'environnement soient déjà présentes et soient renforcées. Autrement dit, pour traduire dans le droit notre exigence et l'absolue détermination du gouvernement et des Français à faire en sorte que l'exploitation minière, quelle que soit d'ailleurs la nature de l'exploitation minière, soit respectueuse de considérations environnementales et du respect de la biodiversité. Voilà.

La préparation d'un code minier rénové et le constat de l'incompatibilité entre le projet actuel et nos exigences. -Bonjour. Sylvain Pak, France 2, pour "Complément d'enquête".

J'ai une question pour monsieur le Premier ministre sur l'effondrement. Vous avez déclaré que vous étiez obsédé par la question de l'effondrement de la civilisation pour des raisons notamment environnementales. Vous citez souvent un livre à ce sujet.

Je voulais savoir si vous pensez qu'un effondrement de la civilisation prochain est possible, si vous estimez que votre gouvernement fait assez pour lutter contre un éventuel effondrement et si la démission de Nicolas Hulot ne mettait pas justement en doute cette volonté. Merci. -E.

Philippe : Merci de me permettre de parler à la fois d'un livre et d'un auteur que j'estime et que j'admire profondément, en l'occurrence Jared Diamond qui, dans un de ses livres, c'est pas le seul, mais dans un de ses livres, qui s'appelle "L'Effondrement", enfin, qui a été traduit en français par "Effondrement", décrit ces sociétés, ces groupes humains dans l'Histoire qui, confrontés à sur surexploitation de leurs ressources ou à des transformations dans l'accès à leurs ressources naturelles, ont pris les bonnes décisions ou les mauvaises. Et le livre en question, "Effondrement", est souvent présenté comme quelque chose de crépusculaire ou d'angoissant. Je ne l'ai jamais lu et interprété de cette façon.

Je crois au contraire qu'il montre que les sociétés humaines, confrontées à ce type de problème, peuvent prendre les bonnes décisions ou les mauvaises. Notre objectif, c'est de prendre les bonnes. Notre objectif, c'est de faire en sorte que notre façon de vivre soit plus respectueuse des limites liées aux ressources naturelles, du respect de la biodiversité, des phénomènes nouveaux, enfin, nouveaux...

Ils ont déjà commencé depuis longtemps. Mais je veux dire par rapport à ce qu'évoquait l'auteur dans ce livre, comme l'accumulation des gaz à effet de serre et la transformation climatique qui s'ensuit. Notre objectif, c'est de faire beaucoup.

Et ce que nous avons rappelé à l'occasion de ce Conseil de défense, c'est que... il existera toujours des observateurs ou des commentateurs qui indiqueront qu'on pourrait faire beaucoup plus et beaucoup plus vite.

Ce que nous voulons dire, c'est que nous sommes conscients de l'enjeu, que nous faisons énormément, qu'il nous apparaît qu'un certain nombre de résultats commence à se voir. Ce qu'a dit François de Rugy sur la diminution des gaz à effet de serre ou de l'émission de gaz à effet de serre pour l'année 2018 alors que c'est une année de croissance est une bonne nouvelle. Il faut être lucide.

Il y a encore beaucoup de travail. Mais si on ne dit pas aux Français, si on n'explique pas aux Français, comme l'a fait François de Rugy, que sur un certain nombre de sujets, les mesures qui sont prises et qui sont mises en oeuvre de façon cohérente dans le temps produisent des effets et des effets bénéfiques, alors on décourage tout le monde. Alors on donne le sentiment que nous n'y arriverons pas.

Notre conviction, c'est que nous allons y arriver, que nous avons beaucoup de mesures à prendre, que nous avons beaucoup d'attention à porter sur l'efficacité de nos mesures, mais qu'à l'évidence, le combat n'est pas perdu. Merci beaucoup. -Bonjour.

Alison Tassin pour LCI et TF1. On se souvient tous de l'effet "Home" lors des européennes en 2009, ce film qui avait été diffusé à la télévision et qui avait eu, dit-on, un impact sur le scrutin. Aujourd'hui, vous passez de longues minutes à faire le bilan de ces 2 années de quinquennat sur le bilan d'un point de vue vert.

Vos adversaires vous accusent de la tenue de ce Conseil de défense écologique à des fins électorales ou électoralistes à 3 jours de ces européennes. Qu'est-ce que vous leur répondez ? -E.

Philippe : Merci de votre question. Je n'ai aucun doute sur le fait que nos adversaires politiques nous critiquent. Et si nous ne parlions pas de ces sujets, probablement nous critiqueraient-ils sur le fondement du fait que nous n'en parlerions pas.

Alors, nous en parlons, ils nous critiquent. Nous n'en parlerions pas, ils nous critiqueraient. C'est la vie politique.

Je la connais, je la respecte. Mais de façon encore un tout petit peu plus importante, voyez-vous, que la vie politique, il y a ce que fait le pays pour être à la hauteur des enjeux. Et expliquer ce que nous avons fait, expliquer les résultats qui sont obtenus, expliquer les mesures que nous venons de décider, expliquer les process dans lesquels nous nous installons pour atteindre les objectifs que nous nous fixons, me semble en l'occurrence relever de la grande politique avec un grand P.

Je vous remercie beaucoup.