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InterviewSud Radio (sur YouTube)· 27 octobre 2026 28 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsSécuritéAgriculture & alimentation

Aurélien Pradié : "Le roi est nu ! Le président de la République est en slip !"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il fallait en arriver là ou est-ce qu'on ne dit pas tout à fait la vérité aux lycéens ?

  • 1:59OuverteRéponse directe

    Parcoursup, est-ce que c'est le symbole de ce qui ne fonctionne pas dans notre pays ?

  • 3:31RelanceRéponse directe

    Vous l'avez abordé, le gouvernement a mis trois semaines à réagir, par manque de courage selon vous ?

  • 4:51OuverteRéponse directe

    Pensez-vous qu'il y a une très grande inquiétude au sommet de l'État à travers les déclarations faites ici ou là ?

  • 5:42FerméeRéponse partielle

    La démission d'Emmanuel Macron, elle est inéluctable ? Vous la demandez ?

  • 6:58OuverteRéponse directe

    À quoi vous fait penser cette phrase d'Emmanuel Macron : 'Pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition' ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il faut sacrifier Parcoursup parce que ce système-là est tout sauf un système juste, un vrai système de sélection, c'est une machine bureaucratique qui écrase. »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « Parcoursup, qui est une connerie, pour dire les choses très simplement. »
  • 3:51Invité politiqueFait
    « Il est composé de briques et de brocs, de personnalités politiques qui ne sont pas issues d'une majorité parlementaire. »
  • 4:43Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, le roi est nu. Le roi, le président de la République, et ceux qui le représentent, ils sont en slip. »
  • 7:10Invité politiqueFait
    « Son comportement me terrifie. Je vais vous dire, je pense qu'il y a une déconnexion absolument profonde de ce qu'est le pays. »
  • 9:06Invité politiqueFait
    « Entre-temps, une partie des Républicains sont rentrés au gouvernement d'Emmanuel Macron. »
  • 17:21Invité politiqueChiffre
    « Depuis un an, notre excédent de production agricole, excédent économique, est passé de près de 5 milliards à 0,2 milliards. »
  • 25:18Invité politiqueChiffre
    « 10 millions d'armes circulent illégalement dans notre pays. »
  • 25:23Invité politiqueChiffre
    « L'année dernière, les douanes ont une augmentation de saisie d'armes de guerre de 40%. »
  • 25:30Invité politiqueFait
    « On a démantelé en Occitanie une usine de fabrication d'armes de guerre avec des imprimantes 3D. »

Temps de parole

  • Aurélien Pradié73 %
  • Présentateur17 %
  • Locuteur non identifié4 %
  • ?3 %

≈ 23,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Invité politique. 8h30, tout pile, à l'écoute de Sud Radio, c'est l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Aurélien Pradier, député du Lot. Bonjour Aurélien Pradier. Bonjour. Vous êtes ancien membre des Républicains, vous avez fondé votre mouvement qui s'appelle Les Bâtisseurs et vous dites que vous voulez monter une bande pour sauver la France. On va y revenir dans quelques secondes. D'abord, l'actualité, c'est cette réponse du gouvernement à la colère lycéenne et étudiante, Parcoursup en partie sacrifiée. Est-ce qu'il fallait en arriver là ou est-ce qu'on ne dit pas tout à fait la vérité aux lycéens ?

0:38
Aurélien Pradié

Les deux. D'abord, je pense qu'il faut sacrifier Parcoursup parce que ce système-là est tout sauf un système juste, un vrai système de sélection, c'est une machine bureaucratique qui écrase, y compris des avenirs de beaucoup de lycéens et de beaucoup de nos enfants. Et je ne suis pas du tout attaché à Parcoursup, qui est une connerie, pour dire les choses très simplement, et qui est l'illustration de ce que la bureaucratie peut faire de mieux, de système. Je vous mets au défi de vous faire expliquer ce qui fait que vous sortez en bonne position ou pas de Parcoursup.

Et vous imaginez bien que quand vous choisissez un peu de votre avenir, si vous n'êtes même pas foutu état d'expliquer comment les choses se sélectionnent, ça n'a pas de sens. Donc, je n'en fais pas un totem. Pour le reste, là où on leur ment, c'est qu'il faudra quelque chose pour remplacer Parcoursup. Parcoursup, et qu'il

1:20
Locuteur

y a

1:20
Aurélien Pradié

un mot qu'on ne veut pas prononcer, qui est celui de la sélection. On leur ment avec un baccalauréat presque donné avec facilité. Alors, ça fait plaisir à tout le monde, et moi je suis la génération qui a un peu bénéficié de ça aussi, et ça nous fait plaisir. Mais la vérité, c'est qu

1:33
Locuteur

'on

1:33
Aurélien Pradié

sacrifie l'avenir. Et donc, la question, c'est qu'est-ce qui va remplacer Parcoursup, et est-ce que le gouvernement va vraiment supprimer Parcoursup ou remplacer Parcoursup ? Vous voyez bien qu'on est encore... Je trouve ça absolument délirant. Ça fait trois semaines désormais que notre pays est à feu et à sang quasiment. Et le gouvernement trouve tout juste le moment pour consulter les organisations syndicales et essayer de trouver une porte de sortie. Tout ça me paraît dingue, absolument dingue.

1:59
Présentateur

Mais Parcoursup, on viendra à la position du gouvernement, je dirais politique, mais Parcoursup, est-ce que c'est le symbole de ce qui ne fonctionne pas dans notre pays ? C'est-à-dire une idée qui a priori se comprend, puisqu'il s'agit de la sélection, et c'est normal de sélection, tout le monde ne peut pas tout faire dans la vie, mais avec des moyens qui sont kafkaïens.

2:18
Locuteur

C

2:19
Aurélien Pradié

'est très intéressant Parcoursup, parce qu'en effet, c'est l'illustration de ce en quoi on est rendu notre pays. D'abord, un système absolument bureaucratique. J'insiste sur ce point, parce que c'est symptomatique de notre pays. Et comme le politique ne veut pas prendre ses responsabilités, ne veut pas assumer de dire, voilà comment on va sélectionner à l'université, voilà comment on va faire en sorte que vous n'ayez pas le bac, même si vous ne le méritez pas. Comme on n'a pas ce courage-là, on renvoie vers les algorithmes. Vous savez, la bureaucratie,

2:46
Locuteur

c

2:46
Aurélien Pradié

'est une facilité pour les lâches politiques. Parce que la bureaucratie, c'est une manière de se planquer. Ça a de tout temps été ça, dans notre histoire, y compris la plus dramatique. La bureaucratie était un peu avant pour tous ceux qui ne voulaient pas assumer leurs responsabilités politiques. Et Parcoursup en est la démonstration. Là où c'est intéressant aussi, c'est qu'on commence à nous dire ce qu'on nous dit depuis 15 ans dans ce pays.

3:07
Locuteur

«

3:07
Aurélien Pradié

On ne

3:07
Locuteur

peut

3:07
Aurélien Pradié

pas faire autrement. Il va falloir faire avec. C'est le moindre mal. » Vous savez, c

3:12
Locuteur

'est

3:12
Aurélien Pradié

cette idée d'une espèce de fatalité politique. Vous ne supportez plus cette phrase ? Je ne supporte plus. Il y

3:17
Locuteur

a

3:17
Aurélien Pradié

une phrase que je ne supporte plus depuis quelques temps, c'est le « c'est compliqué ». Quand on est à la tête d'un grand pays comme la France, qu'on est un responsable politique, passer son temps à dire « c'est compliqué », c'est passer son temps à abdiquer. Et je ne supporte plus cette forfaiture politique.

3:31
Présentateur

Alors, vous l'avez abordé, le gouvernement a donc mis trois semaines, un mois, à réagir, là aussi par manque de courage selon vous

3:39
Locuteur

? Oui,

3:41
Aurélien Pradié

et puis par habitude. Parce qu'en fait, ce gouvernement a une particularité, c'est qu

3:45
Locuteur

'il

3:46
Aurélien Pradié

arrive à se sauver la peau depuis déjà un petit bout de temps. Toujours sur des malentendus.

3:50
Locuteur

C

3:51
Aurélien Pradié

'est un gouvernement qui n'a aucune légitimité politique, électorale, il

3:54
Locuteur

faut

3:54
Aurélien Pradié

dire les choses clairement. Il est composé de briques et de brocs, de personnalités politiques qui ne sont pas issues d'une majorité parlementaire. Il faut être lucide sur cette réalité. Mais en fait, on s'habitue avec toujours un bon argument, qui est que la situation pourrait être pire. Et donc, un jour, on nous dit, vous vous rendez compte, si ce n

4:15
Locuteur

'est

4:15
Aurélien Pradié

pas eux, ce seront les mélanchonistes. Alors évidemment, ça nous fait tous peur, moi le premier. Et on se dit, bon, tant mieux, on va prendre ce qui passe pour éviter le pire. Puis le lendemain, on dit, si ce n'était pas eux, ce serait le Rassemblement National. Bon, très bien, alors on va prendre tout ça au milieu.

4:28
Locuteur

Et

4:28
Aurélien Pradié

petit à petit, on s'habitue à cette idée qu'on peut gouverner ce pays sans légitimité politique. Eh bien, moi, je ne le crois pas. Et je pense que les moments de crise, comme ceux que nous connaissons aujourd'hui, qui sont des crises très graves, elles ont une faculté, c'est de faire tomber les masques. Voilà. Aujourd'hui, le roi est nu. Le roi, le président de la République, et ceux qui le représentent, ils sont en slip.

4:50
Locuteur

Vous

4:51
Présentateur

pensez qu'aujourd'hui, il y a une très grande inquiétude au sommet de l'État à travers les déclarations qui sont faites ici ou là ? On a vu un Emmanuel Macron qui, le week-end, il y a deux semaines, à la veille de partir dans le golfe, avait tendance à vouloir minimiser, calmer les esprits, mais sans répondre directement. Et puis, changement de braquet une semaine après.

5:12
Locuteur

Écoutez,

5:13
Aurélien Pradié

j'espère qu'ils sont inquiets.

5:14
Locuteur

Parce

5:14
Aurélien Pradié

que, dans une période comme celle-ci, ce qui sera encore plus grave,

5:18
Locuteur

au

5:18
Aurélien Pradié

-delà de l'incompréhension, de l'incompétence, de l'incurie, en fait, ce serait le manque de lucidité.

5:26
Locuteur

Enfin, ce

5:26
Aurélien Pradié

qui est très, très difficile pour nous tous, vous comme moi et ceux qui nous écoutent sûrement,

5:30
Locuteur

c

5:30
Aurélien Pradié

'est qu

5:31
Locuteur

'on

5:31
Aurélien Pradié

finirait presque par s'habituer. À force que chaque jour, on en rajoute une couche, on finirait par s'habituer. Si, au plus haut niveau de l'État, il s'habitue à cette situation, c'est que là, il n'y a plus rien à récupérer.

5:42
Présentateur

Aurélien Pradié, député du Lot, à vous écouter, ça signifie que la démission d'Emmanuel Macron, elle est inéluctable ? Vous la demandez ?

5:50
Locuteur

Non,

5:50
Présentateur

je

5:51
Aurélien Pradié

ne la demande pas, pour deux raisons. D'abord, parce que je pense que si je la demandais, il ne m'écouterait pas. Donc, ça ne sert à rien de s'époumonner dans le vide.

5:57
Locuteur

Et

5:58
Aurélien Pradié

ensuite, parce que je n'aime pas trop cette idée de créer un précédent. Moi, je suis un gaulliste, je crois à la présidence de la République. Je pense qu'un président de la République, quand il est à la hauteur, peut faire beaucoup de choses. Et si on commence à s'habituer à faire démissionner les présidents de

6:11
Locuteur

la

6:11
Aurélien Pradié

République avant la fin de leur mandat, alors pour les prochains, y compris quand ils auront des qualités, tout ça risque de créer un mauvais précédent.

6:20
Locuteur

Et

6:20
Aurélien Pradié

puis, vous savez, il n

6:21
Locuteur

'est

6:21
Aurélien Pradié

pas De Gaulle qui veut. De Gaulle avait démissionné. Et avec du recul, on se dit que c'était quand même d'une stature considérable. Parce qu'à ce moment-là, il avait compris que l'avenir du pays serait plus profitable s'il se retirait de la scène politique.

6:39
Locuteur

Mais

6:39
Aurélien Pradié

je le redis pour ça, il faut avoir un tout petit peu de De Gaulle, ce qui n'est pas le cas du tout aujourd'hui d'Emmanuel Macron.

6:46
Présentateur

Alors Emmanuel Macron, qui était en déplacement à Marseille, le président de la République a jugé «

6:51
Locuteur

Pas

6:52
Présentateur

normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition. » Comme s'il était spectateur. À quoi vous fait penser cette phrase

7:00
Locuteur

? Vous

7:01
Aurélien Pradié

avez raison, il est spectateur. Spectateur de son propre désastre.

7:05
Locuteur

Moi,

7:05
Aurélien Pradié

ça me terrifie. Son comportement me terrifie. Je vais vous dire, je pense qu'il y a une déconnexion absolument profonde de ce qu'est le pays.

7:15
Locuteur

Peut

7:16
Aurélien Pradié

-être que c'est une manière de se protéger lui-même, de ne pas vouloir voir le champ de ruines dans lequel il est.

7:20
Locuteur

Moi,

7:20
Aurélien Pradié

je n'ai jamais soutenu Emmanuel Macron. Mais je pense à tous ceux qui l'ont fait. Il

7:23
Locuteur

y

7:23
Aurélien Pradié

en

7:24
Locuteur

a

7:24
Aurélien Pradié

dans notre pays. Ils ont voté pour lui, y compris en 2017. Et qui l'ont fait sûrement avec l'espérance qu'il puisse changer les choses. Quel gâchis

7:31
Locuteur

!

7:32
Aurélien Pradié

Quel gâchis

7:32
Locuteur

! Parce

7:33
Aurélien Pradié

que là où Emmanuel Macron avait une bonne intuition en 2017,

7:36
Locuteur

c

7:36
Aurélien Pradié

'est qu'il avait compris qu'il fallait révolutionner ce pays, au sens positif du terme. Et en ne le faisant pas,

7:41
Locuteur

il

7:42
Aurélien Pradié

a laissé les deux extrêmes. mener la révolution dans ce pays.

7:45
Présentateur

Il est responsable de ces deux extrêmes qui aujourd'hui sont aux portes du pouvoir

7:49
Locuteur

?

7:49
Aurélien Pradié

Évidemment. Alors peut-être pas seulement lui.

7:52
Locuteur

Peut

7:52
Aurélien Pradié

-être qu'il est arrivé aussi à un moment qui était le moment d'une fin d'un cycle politique. Moi je crois beaucoup au fait que depuis 30 ans, la classe politique a eu à gérer les affaires courantes.

8:03
Locuteur

Que

8:04
Aurélien Pradié

depuis l'après-guerre, au fond, la classe politique n'a pas eu à faire l'histoire.

8:07
Locuteur

Parce

8:07
Aurélien Pradié

que la mondialisation, parce que l'économie de marché, parce que le libre-échange, tout ça faisait qu'au fond, nous vivions assez confortablement. Et peut-être même que la société d'hyper-consommation, dans laquelle on est baigné les uns les autres, nous avait un peu confi, nous avait fait oublier les grands enjeux. Là nous sommes au retour d'une époque où l'histoire doit se faire. Et c'est d'ailleurs, dans tout ce que je dis, ce qui me donne de l'espoir.

8:29
Locuteur

C

8:29
Aurélien Pradié

'est que moi en fait je ne

8:30
Locuteur

suis

8:30
Aurélien Pradié

pas du tout désespéré, je suis juste impatient. Impatient qu'enfin la politique puisse être à la hauteur des défis.

8:36
Présentateur

Alors précisément, parlons de 2027, vous avez quitté officiellement Les Républicains, vous, en juin 2024. Vous étiez en désaccord, notamment au moment de la réforme des retraites. Et puis vous avez fondé votre mouvement Les Bâtisseurs. Vous rêvez d'une bande, dites-vous, avec qui ?

8:52
Locuteur

D

8:52
Aurélien Pradié

'abord, quand j'ai quitté Les Républicains, je ne l'ai pas fait par caprice ou par humeur. Je l'ai fait parce que déjà à l'époque, et c'était un peu tôt, j'étais certain que cette époque-là était en train de mourir. Et on en a la démonstration aujourd'hui. Entre-temps, une partie des Républicains sont rentrés au gouvernement d'Emmanuel Macron. M. Retailleau a été ministre d'Emmanuel Macron, il peut s'en défendre, mais c

9:12
Locuteur

'est

9:12
Aurélien Pradié

la vérité.

9:13
Locuteur

Et

9:14
Aurélien Pradié

on voit aujourd'hui où est-ce qu'on en est. Donc je pense qu'il faut bâtir autre chose. Et si je reprends mes réflexes gaullistes, même si je sais qu'ils paraissent un peu datés, quand le pays a besoin de reconstruire tout de fond en comble, il faut qu'il y ait une vraie bande qui le fasse. Il faut des personnalités patriotes, de droite et de gauche, capables de se rassembler. C'est ce qu'on a fait au moment du Conseil National de la Résistance, c'est ce qu'on a fait au moment de la création de la Ve République. Alors je sais, ça paraît un peu muséographique de dire tout ça, mais quand même,

9:42
Locuteur

il

9:42
Aurélien Pradié

faut se souvenir aussi de notre histoire.

9:43
Présentateur

Donc ce que vous appelez, c'est une forme d'union, d'un gouvernement d'union nationale, de patriotes républicains.

9:51
Aurélien Pradié

Je souhaite le rassemblement de

9:52
Locuteur

quelques

9:53
Aurélien Pradié

pirates dans ce pays. Je souhaite le rassemblement, vous savez, comme le disait Malraux, des farfelus. De ceux qui a priori paraissent un peu étranges, parce qu'ils sont inclassables, parce qu'ils sont des électrons libres, et qui vont se dire à un moment, c'est le moment de faire bande commune pour redresser ce pays. Jean-Louis Borloo a parlé de mécano de la République. Oui, il a raison, c'est une des possibilités. Mais vous voyez bien qu'il y

10:14
Locuteur

a

10:14
Aurélien Pradié

des gens bizarres, il y en a quelques-uns qui émergent dans ce

10:16
Locuteur

pays. Alors

10:17
Présentateur

qui, justement ? Avec

10:18
Locuteur

qui vous pourriez ? Natacha

10:20
Aurélien Pradié

Polony ? Vous avez Natacha Polony, je ne

10:22
Locuteur

suis

10:22
Aurélien Pradié

pas en train de dire qu'il faut que ce soit cette équipe, mais vous parlez de Jean-Louis Borloo, vous pourrez parler de Robert Ménard, vous pourrez parler de tant d'autres, ce sont des gens bizarres.

10:30
Locuteur

Ce

10:30
Aurélien Pradié

sont des gens bizarres. Ils sont difficiles à classer. Tout seul, ils n'y arrivent pas. Tout seul, ils n'y arrivent pas. Mais le seul moment où ça peut faire quelque chose, c'est un rassemblement. Alors je sais que quand je disais ça il

10:42
Locuteur

y

10:42
Aurélien Pradié

a plusieurs mois, on me regarde avec des gros yeux, en se disant que ce type est dingue, c'est un sympathique garçon du lot, il rêve. Je vois qu'au fur et à mesure, on me regarde avec des yeux un peu plus crédibles. Et je pense que c'est ce qui arrivera au début de l'année prochaine, parce que tout le reste sera balayé.

10:57
Présentateur

Mais vous pouvez même susciter l'envie. La seule question, c'est qu'on est dans la Ve République, et à un moment donné, il faut un leader. Qui pourrait incarner tout cela ?

11:05
Aurélien Pradié

Oui, c'est la question qu'il va falloir que tous les gens bizarres se posent. Si c'était facile, ce serait déjà fait depuis longtemps. En tous les cas, il

11:11
Locuteur

y a

11:11
Aurélien Pradié

une chose à laquelle je ne crois pas,

11:12
Locuteur

c

11:13
Aurélien Pradié

'est la primaire. Ce truc-là, qui est une espèce d'hygiénisation de la vie politique, comme on est infoutu de se mettre d'accord et de trouver un leader, c'est-à-dire de prendre nos responsabilités, on confie à un système, un peu comme Parcoursup, le soin de choisir le moins mauvais de tous.

11:29
Présentateur

Aurélien Pradié, procédons par ordre. C'est pour quand le lancement de cette bande ? La rentrée, janvier ? Je crois qu'il faut d'abord que tout le reste craque.

11:36
Aurélien Pradié

Voilà. C'est mon côté, peut-être le seul côté révolutionnaire que j'ai. En fait, c

11:42
Locuteur

'est

11:42
Aurélien Pradié

le côté gaulliste que j'ai. Je crois au bouleversement quand la situation le nécessite. Je souhaite que ce bouleversement soit tenu par des républicains et des patriotes, et pas par des fous furieux.

11:54
Locuteur

Et

11:54
Aurélien Pradié

je pense qu'il faut encore laisser la fin de l'année.

11:56
Locuteur

D

11:56
Aurélien Pradié

'ailleurs, vous voyez bien que la baignoire est en

11:58
Présentateur

train de se vider.

11:59
Locuteur

Vous

11:59
Présentateur

en avez cité quelques-uns, Natacha Poligny, Jean-Louis Borloo, pourquoi pas ? Je comprends que M. Retailleau n'en ferait pas partie, dans votre esprit.

12:07
Aurélien Pradié

Moi, je considère que quand on a été ministre d'État d'Emmanuel Macron, quand on a collaboré avec Emmanuel Macron, on fait partie de l'ancienne époque. Collaborer. Quand vous êtes tous les mercredis autour de la table du Conseil des ministres avec Emmanuel Macron comme chef, je suis désolé, on peut me faire des nœuds à la tête, mais ça s'appelle participer au gouvernement d'Emmanuel Macron.

12:27
Présentateur

Edouard Philippe non plus, j'imagine, ne trouve pas grâce à vos yeux ?

12:29
Aurélien Pradié

Il a été Premier ministre d'Emmanuel Macron. Vous savez, les fins d'époque, ça vide complètement la baignoire. Alors, il y

12:35
Locuteur

a

12:35
Aurélien Pradié

des gens de qualité parfois dans la baignoire, mais c'est comme ça. On ne

12:37
Locuteur

peut

12:37
Aurélien Pradié

pas avoir le beurre, l'argent du beurre et les fesses de la crémière.

12:41
Présentateur

Quelle ligne directrice pour ces mécanos de la République ?

12:46
Aurélien Pradié

La rébellion.

12:48
Locuteur

Je

12:48
Aurélien Pradié

pense que vraiment, nous avons besoin de retrouver un esprit rebelle dans ce pays. Mais pas la rébellion des fous furieux dont on entend parler aujourd'hui, mais la rébellion de ceux qui croient profondément en l'avenir de ce pays. La rébellion capable de dire que désormais, notre pays redevient souverain, y compris du point de vue européen. La rébellion qui fait qu'on retrouve un outil de production, qu'on fait sauter les normes qui aujourd'hui nous écrasent, qu'on reprend notre destin en même.

13:16
Présentateur

Donc Aurélien Pradié, à vous entendre là en quelques phrases, c'est souverainisme

13:20
Locuteur

? Oui,

13:21
Présentateur

le souverainisme. Réindustrialisation ? Mais parce que c'est la clé. La fin

13:24
Aurélien Pradié

de la mondialisation ? Mais vous savez, vous voyez bien aujourd'hui qu'un des drames, on en parle trop peu, mais c'est l'absence de production dans notre pays. Parce qu'on est devenu dépendant des autres, et c'était confortable, on ne voulait plus d'usine. Donc on a confié aux Chinois le soin de faire ce qui nous paraissait plus tout à fait à notre niveau. On était devenu une société tellement embourgeoisée, si j'ose dire, au sens premier du terme, qu'on ne considérait plus nécessaire de produire. Il nous suffisait de consommer. Et toute cette tertiarisation de la société a produit l'effondrement, y compris nos systèmes de solidarité.

Donc oui, la production, c'est à la fois un acte nécessaire de révolution économique, mais aussi morale, parce qu'une nation qui fabrique, qui produit, qui construit, est une nation incroyablement plus fière. Et puis on va s'occuper de quelques grands défis. Vous voyez, en ce moment, je travaille beaucoup sur la question de la mortalité infantile, puisque nous sommes désormais un des derniers pays d'Europe en termes de lutte contre la mortalité des bébés de moins d'un an. Ça devrait nous empêcher de dormir matin, midi et soir. Voilà autant de sujets qui doivent réveiller chez nous un esprit de rébellion. Et ensuite, un esprit de reconstruction. Vous disiez

14:30
Présentateur

à l'instant, nous, on n

14:31
Locuteur

'est

14:31
Présentateur

pas des fous furieux. Vous pensez à qui

14:33
Locuteur

?

14:33
Aurélien Pradié

Je pense que les LFistes, Mélenchonistes et tout ce qui se greffe autour, y compris qui, à mon avis, dépassent même LFI, les mouvements d'ultra-gauche dépassent le cadre de la France insoumise, sont des fous furieux. En fait, je me trompe en vous disant fous furieux.

14:48
Locuteur

Ils

14:48
Aurélien Pradié

ne sont pas fous.

14:49
Locuteur

Ils

14:50
Aurélien Pradié

savent exactement ce qu'ils veulent faire. Il y

14:51
Locuteur

a

14:51
Aurélien Pradié

une vraie stratégie politique derrière, de déstabilisation du pays, de création de chaos dans le pays. J'en suis convaincu. Et donc, ce ne sont pas des fous furieux. Je me trompe en le disant, en réalité. Ce sont des adversaires de ce qu

15:07
Locuteur

'est

15:07
Aurélien Pradié

la République et la France. Par

15:08
Présentateur

exemple, à titre d'exemple, Jean-Luc Mélenchon vient de déclarer dans un podcast ces dernières heures qu'il pensait, s'il accédait au pouvoir, à capter l'héritage qu'il faudrait reprendre. Cette vieille idée qui est celle de Karl Marx et qui a même été défendue par Léon Blum.

15:22
Aurélien Pradié

Chez Jean-Luc Mélenchon, la violence des mots précède toujours la violence des gestes. Et d'ailleurs, c'est un homme qui a trop de culture, parce que c'est un homme cultivé, pour ignorer que la parole politique, elle peut produire des gestes.

15:35
Locuteur

Ça

15:35
Aurélien Pradié

vaut d'un côté comme de l'autre, d'ailleurs. Ça vaut y compris au Rassemblement National, où les mots peuvent produire des actes violents. Et on a une responsabilité, nous, politique. Mais la vraie révolution, le véritable anéantissement que Jean-Luc Mélenchon porte, il n'est pas seulement économique, il est moral.

15:54
Locuteur

C

15:54
Aurélien Pradié

'est l'écrasement de notre histoire et de nos valeurs profondes. C'est l'effacement de ce qu'est la France et la culture française. Et c'est l'émergence de communautés contre la communauté nationale. Ça, c'est encore plus grave.

16:09
Présentateur

Je ne

16:09
Locuteur

vous

16:09
Présentateur

ai pas posé la question. François Ruffin, il pourrait faire partie de ces mécanos de la République ?

16:14
Aurélien Pradié

Ah, c'est quelqu'un de bizarre, François Ruffin. Mais, vous savez, pour être vraiment bizarre et farfelu, il faut arracher totalement sa liberté. Il ne

16:21
Locuteur

l'a pas encore fait.

16:22
Aurélien Pradié

Mais c'est parfois difficile d'arracher sa liberté. Moi, je l'ai fait vis-à-vis de ma famille politique. Il y

16:26
Locuteur

a

16:26
Aurélien Pradié

des conséquences négatives aussi. Mais je pense que le premier chemin de la reconstruction et du rassemblement des gens bizarres, c'est un chemin de liberté.

16:34
Présentateur

Aurélien Pradier, député du Lot, est notre invité ce matin. Vous êtes fondateur des Bâtisseurs. Dans la deuxième partie de cet entretien, un auditeur vous interrogera. Et puis, il y aura également l'actualité de Benjamin Glaze sur les réseaux sociaux. Et votre carte blanche sera consacrée à la crise agricole, dont on parle effectivement trop peu. A tout de suite. Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoz. Aurélien Pradier, député du Lot et fondateur des Bâtisseurs, est notre invité dans le Grand Matin de Sud Radio. Aurélien Pradier, commençons par vos trois minutes pour convaincre. Vous avez souhaité nous parler de la crise agricole.

17:09
Aurélien Pradié

Oui, parce qu'au milieu de toutes les autres crises, il y en a certaines qu

17:12
Locuteur

'on

17:12
Aurélien Pradié

finit par oublier. Aujourd'hui, nous laissons mourir notre agriculture dans notre pays. Nos agriculteurs crèvent. Les solutions qui leur sont proposées sont absolument dérisoires. et je vais vous donner un chiffre pour que nos concitoyens comprennent bien. Depuis un an, notre excédent de production agricole, excédent économique, est passé de près de 5 milliards à 0,2 milliards.

17:35
Locuteur

Il

17:35
Aurélien Pradié

faut mesurer l'effondrement de ce qui d'abord façonne notre pays, l'agriculture, avec ses valeurs, mais aussi de ce qui façonne notre économie. Tous les pays du monde, y compris ceux qui sont en guerre, aujourd'hui, s'arment avec des armes, avec une armée, mais aussi avec une souveraineté alimentaire.

17:54
Locuteur

Et

17:54
Aurélien Pradié

donc, je voulais consacrer cette carte blanche à nos agriculteurs parce qu'ils sont aujourd'hui abandonnés. Dans le lot, je le vois, je me bats autant que je peux à leur côté. Avec quelle proposition, Aurélien Pradié ? D'abord, la question des revenus. Parce que c'est le cœur du sujet. On va pouvoir éponger autant qu'on peut les dettes. Mais la question, c'est comment on redonne à nos agriculteurs du revenu. Et pour ça, il faut leur permettre de produire. Il

18:15
Locuteur

y a

18:15
Aurélien Pradié

notamment un sujet très concret qui est l'accès à l'eau. On est aujourd'hui un pays dans lequel on ne sait plus produire d'accès à l'eau, de faire de retenue d'eau, pour des raisons idéologiques, la plupart du temps, et normatives. Or, on ne produira rien dans notre pays sans eau. La première chance, pour moi, c'est de permettre à nos agriculteurs d'accéder enfin à l'eau. Est-ce que vous diriez qu'il faudrait

18:33
Présentateur

un plan Marshall pour l'agriculture ?

18:36
Aurélien Pradié

Il en faut pour l'agriculture comme pour tous les autres sujets. Mais l'agriculture est essentielle parce que notre pays sans agriculture n'est plus notre pays.

18:42
Locuteur

Et

18:43
Aurélien Pradié

parce que dans le concert des pays du monde aujourd'hui, y compris dans les batailles qui s'organisent et parfois les guerres, si nous ne sommes plus souverains d'un point de vue alimentaire, alors on perdra toutes les batailles qui viennent.

18:55
Présentateur

On va poursuivre ce grand matin cette interview avec la question d'un auditeur.

19:03
Invité

Bonjour, pensez-vous que le RN ou l'extrême droite et tous ceux qui ont participé à dédiaboliser le RN portent une responsabilité dans l'assassinat raciste de Trappes ou du moins dans la polarisation de notre société ?

19:16
Locuteur

Tout

19:17
Aurélien Pradié

le monde a une responsabilité dès lors que les mots prononcés sont des mots qui légitiment la violence.

19:22
Locuteur

Et

19:23
Aurélien Pradié

je suis très dur avec Jean-Luc Mélenchon, tout comme je le suis avec Éric Zemmour. Vous savez, c'est la petite goutte qui finit par percer la pierre. Alors évidemment, dans l'esprit de notre auditeur, dans le vote, dans le mien, quand on entend des mots qui sont des mots de violence, on sait les relativiser, on sait ne pas passer aux actes.

19:40
Locuteur

Mais

19:40
Aurélien Pradié

la parole politique, elle tombe entre les mains de tout le monde et parfois de n'importe qui. Donc oui, la violence, elle commence par les mots.

19:47
Présentateur

Mais vous dites Éric Zemmour, pas Marine Le Pen, pas le RN.

19:50
Aurélien Pradié

Je pourrais dire le RN de la même manière. Marine Le Pen sait mieux se comporter depuis quelques temps. Je pense qu'elle est toujours la même. Je pense que la clique qui l'entoure est toujours la même. Je pense que Jordan Bardella, qui manifestement, en privé sait tenir des propos d'une extrême gravité, y contribue. Tous ceux qui ont des mots, y compris parfois de révision de l'histoire, ont une responsabilité. Vous savez, Éric Zemmour, ça m'avait beaucoup choqué. Moi,

20:18
Locuteur

à

20:18
Aurélien Pradié

l'époque, je suis un gaulliste, un patriote. La phrase qu'il avait prononcée, qu'on a presque oubliée sur le fait que le maréchal Pétain avait sauvé des Juifs français,

20:26
Locuteur

est

20:26
Aurélien Pradié

une phrase qui aurait dû réveiller dans notre pays même pas un débat, mais une levée de bouclier historique, parce que c'est factuellement faux. On a laissé passer.

20:37
Locuteur

Ça avait été le cas. Plus ou moins.

20:39
Aurélien Pradié

Mais je pense que, plutôt plus que moi, en tous les cas, je ne l'ai pas obligé.

20:42
Locuteur

Pas

20:42
Aurélien Pradié

suffisamment pour vous. Pas suffisamment.

20:44
Présentateur

On va passer à l'actualité des réseaux sociaux avec Benjamin Glaze, qui nous a rejoint.

20:48
Locuteur non identifié

Bonjour Aurélien Prélier. Je voudrais vous faire écouter, mais vous l'avez sans doute déjà entendu, cette déclaration choc d'Emmanuel Macron hier depuis Marseille.

20:56
Locuteur

Ils

20:56
Locuteur non identifié

sont népris aux réseaux sociaux qui sont notamment, selon lui, responsables des violences, des scènes de pillage auxquelles on a assisté notamment le 17 octobre dernier. On l'écoute.

21:05
Invité

Est-ce que les réseaux sociaux jouent un rôle dans cette affaire ? À coup sûr. À coup sûr. Mais les réseaux sociaux abîment nos démocraties.

21:12
Locuteur

Parce

21:12
Invité

qu'ils polarisent, parce qu'ils créent une espèce de sidération devant les scènes de violence, parce qu'ils sont pour certains des instruments de mobilisation du pire. Ils ont été utilisés, en particulier le 17, pour faire venir

21:25
Locuteur

des

21:26
Invité

jeunes ou des moins jeunes sur les lieux de délinquance, d'attaque, de pillage.

21:30
Locuteur

Et

21:31
Invité

parce qu'il y a une forme de déréalisation de la violence qui se passe sur ces réseaux sociaux.

21:35
Locuteur non identifié

Aurélien Pradier, les réseaux sociaux abîment notre démocratie. C'est ce qu'a dit Emmanuel Macron hier. On l'a entendu à Marseille. Vous êtes d'accord avec lui ou pas ? Est-ce que les réseaux sociaux abîment, selon vous, notre démocratie

21:45
Locuteur

?

21:46
Aurélien Pradié

Je pense que la prolifération des images violentes abîme notre démocratie, en effet, et que les réseaux sociaux y contribuent. Enfin, rappelez-moi, qui est le président de

21:55
Locuteur

la

21:55
Aurélien Pradié

République qui a été si fier de recevoir des Instagrammeurs ou des influenceurs à l'Elysée, de faire le pitre, pardon, parce que c'était ça à l'Elysée ? Ce

22:03
Locuteur

n

22:03
Aurélien Pradié

'est pas Emmanuel Macron

22:04
Locuteur

? Qui

22:05
Aurélien Pradié

est-ce qui, hier, chef du gouvernement, a fait des demandes sur Instagram pour que deux influenceuses que personne ne connaît ou presque, viennent à Matignon pour négocier la question de la sortie de crise lycéenne ?

22:17
Locuteur

Ce

22:17
Aurélien Pradié

n

22:17
Locuteur

'est

22:17
Aurélien Pradié

pas le gouvernement d'Emmanuel Macron ? Vous voyez, c'est ça qui est dingue. C'est qu'il peut avoir cette position et je serai prêt à la partager avec lui. Mais on ne peut pas, le matin, nourrir les réseaux sociaux et

22:30
Locuteur non identifié

le soir, s'en plaindre. C'était ridicule, hier, de recevoir à Matignon des influenceurs pour parler de la crise des lycéens ? C'était pathétique.

22:38
Locuteur

Pas

22:38
Aurélien Pradié

que les influenceurs y aillent. Elles ont eu raison, c'est de jeunes femmes d'y aller. Mais c'est pathétique qu'on découvre que le gouvernement a sollicité en DM, Instagram, deux influenceuses pour essayer de gagner quelques points. Enfin, tout ça, ils sont perchés. Je pense que, quand je vous disais tout à

22:59
Locuteur

l

22:59
Aurélien Pradié

'heure qu'ils étaient en slip, je pense qu'ils sont dans un état de panique tel qu'ils ne se rendent même plus compte de ce qu'ils font. Je parle du gouvernement.

23:05
Locuteur

Vous

23:05
Locuteur non identifié

l'avez vu, le gouvernement qui a ajouté un amendement à la loi Casseur-Payeur qui arrive aujourd'hui au Sénat. Cet amendement permettrait de bloquer les réseaux sociaux s'ils ne suppriment pas dans l'heure les contenus appelants, je cite, à un attentat, à l'insurrection ou à l'armement contre l'État et ou une partie de la population. Vous y êtes favorable vous-même à un tel amendement ou pas ?

23:25
Aurélien Pradié

On a déjà des outils en réalité dans la lutte antiterroriste pour bloquer ce type de contenu. Je ne

23:31
Locuteur

vois

23:31
Aurélien Pradié

pas très bien ce que ça vient rajouter honnêtement, si ce n'est de l'affichage politique. On parle là des réseaux sociaux qui coagulent les manifestations de rue. Les réseaux sociaux sont aussi ceux sur lesquels aujourd'hui, et certains messages encryptés, vous pouvez acheter des armes comme vous achetez un paquet de chips au supermarché du coin. C'est là qu'est aussi la vraie lutte. Et le grand danger de ces événements, c'est qu'on regarde le petit bout de la lorniette et on ne regarde pas le fond de l'affaire. Mais il est vrai qu'aujourd'hui, tels que sont organisés les réseaux sociaux, ils sont des souterrains de sabotage de ce qu'est l'état de droit.

24:11
Locuteur non identifié

Ce n'est pas une censure de vouloir contrôler comme ça davantage les réseaux sociaux, selon vous ?

24:15
Aurélien Pradié

On verra comment le texte est écrit, mais c'est un risque parce que la manière dont le texte est écrit est assez large. Il peut y avoir un vrai risque. Moi, je ne crois pas à la censure des réseaux sociaux,

24:24
Locuteur

d

24:25
Aurélien Pradié

'abord parce qu'on n'y arrivera pas, techniquement, pas autant qu'on le pense, et ensuite parce que la meilleure manière de faire, ce n

24:32
Locuteur

'est

24:32
Aurélien Pradié

pas d'empêcher d'avoir accès au contenu, mais c'est de donner à nos concitoyens de quoi avoir un jugement critique.

24:37
Présentateur

Aurélien Pradier,

24:38
Locuteur

vous

24:38
Présentateur

faites, à l'instant où vous venez de faire allusion à la prolifération d'armes qui sont facilement achetables sur les réseaux, vous travaillez notamment sur cette question-là, ce que révèle l'assassinat de Trappes, évidemment,

24:52
Locuteur

et

24:52
Présentateur

je ne veux pas le minimiser, c'est d'abord un attentat raciste, mais c'est aussi la capacité pour certains à se procurer des armes qui circulent beaucoup en banlieue et on sait qu'il y a une prolifération dans ce pays.

25:03
Aurélien Pradié

Vous avez tout à fait raison et c

25:04
Locuteur

'est

25:04
Aurélien Pradié

là aussi qu'il faut regarder le fond des sujets. Le drame de Trappes, l'attentat de Trappes, dit beaucoup, évidemment, de l'attentat raciste, mais il dit aussi le quasi-libre accès qu'il y a aux armes de guerre dans notre pays. 10 millions d'armes circulent illégalement dans notre pays. 10 millions. L'année dernière, les douanes ont une augmentation de saisie d'armes de guerre de 40%.

25:28
Locuteur

De

25:28
Aurélien Pradié

40%. On a démantelé en Occitanie une usine de fabrication d'armes de guerre avec des imprimantes 3D. Aujourd'hui, notre pays est en train de devenir une poudrière armée. Mais pourquoi personne n'en parle de cela ? Parce que c'est tellement plus facile de s'agiter sur 2-3 sujets anecdotiques. Tout comme on ne parle pas aujourd'hui de l'explosion, de la corruption liée au narcotrafic, y compris dans l'appareil d'État. Parce que c'est dérangeant. Parce que nous, ce grand pays, imaginer qu'on soit devenu une poudrière dans laquelle il est aussi facile d'acheter une arme que je le redis d'acheter un paquet de chips,

26:04
Locuteur

c

26:04
Aurélien Pradié

'est se démontrer l'état de notre faillite. Sauf que quand on est un responsable politique, on se doit d'ouvrir les yeux, y compris sur ce qui nous brûle un peu les yeux. Aujourd'hui, la circulation des armes, le trafic d'armes dans notre pays, l'accessibilité des armes pour quelques centaines ou milliers d'euros, c'est un sujet gigantesque. Et ce sujet est devenu si grave qu

26:24
Locuteur

'on

26:25
Aurélien Pradié

n'arme plus seulement des terroristes, des islamistes.

26:28
Locuteur

On

26:29
Aurélien Pradié

arme aussi des petits délinquants

26:31
Locuteur

avec

26:31
Aurélien Pradié

tous les règlements de compte que l'on connaît.

26:32
Locuteur

Vous

26:32
Aurélien Pradié

vous rendez compte qu'il ne se passe pas un mois sans qu

26:34
Locuteur

'il

26:34
Aurélien Pradié

n

26:34
Locuteur

'y

26:34
Aurélien Pradié

ait pas eu une balle perdue quelque part.

26:36
Locuteur

Vous

26:37
Aurélien Pradié

vous souvenez de cette affaire à Marseille, d'un règlement de compte en pleine rue, en plein jour, et de quelques balles qui se retrouvent dans la vitrine d'un voisin. C'est absolument fou. Et le grand danger

26:49
Locuteur

qui

26:49
Aurélien Pradié

vient, c'est l'autodéfense

26:51
Locuteur

dont

26:52
Aurélien Pradié

on ne parle pas et qui pourtant est une question capitale. Parce qu'à force de voir l'État en faillite sécuritaire,

26:58
Locuteur

en

26:59
Aurélien Pradié

plus de la circulation des armes, vous avez des gens honnêtes qui petit à petit vont finir par s'armer. C'est déjà le cas et c'est très grave. Une dernière

27:06
Présentateur

question, Aurélien Pradié. Les multiples appels de la France insoumise à boycotter les médias. On a vu notamment des jeunes femmes de BFM être prises à partie. Qu'est-ce que tout cela vous inspire ? Si vous étiez responsable et patron de chaîne, qu'est-ce que vous

27:25
Aurélien Pradié

diriez

27:25
Locuteur

? D

27:26
Aurélien Pradié

'abord, c'est le fascisme. Ça commence par ça. Et donc, M. Mélenchon cible des journalistes. Ses amis et ses sbires le font et ça finit par des prises à partie physiques dans les manifestations.

27:40
Locuteur

C

27:40
Aurélien Pradié

'est ça, la suite absolument logique. Et donc, c'est effectivement les prémices de ce qu'est une méthode fasciste au sens premier du terme. Nous avons tous un devoir de combattre les idées que l

27:53
Locuteur

'on

27:53
Aurélien Pradié

n'apprécie pas. Il y en

27:55
Locuteur

a

27:55
Aurélien Pradié

que je n'apprécie pas, y compris dans certains médias. Mais de permettre aux médias d'exister, de vivre et de faire leur travail.

28:01
Locuteur

On

28:01
Aurélien Pradié

se serait dit il y a dix ans que le métier de journaliste deviendrait un métier dangereux ici en France. Je ne parle pas sur les théâtres de guerre.

28:08
Locuteur

Mais

28:09
Aurélien Pradié

vous m'auriez dit non, vous exagérez, M. le député,

28:11
Locuteur

ça

28:11
Aurélien Pradié

n'arrivera pas. Et c'est pourtant ce qui est en train d'arriver. La lente accoutumance au pire, c'est ce qui fait qu'un pays s'effondre sans s'en rendre compte. Notre devoir, c'est de lutter.

28:20
Présentateur

Aurélien Pradié était notre invité ce matin sur Sud Radio. Merci infiniment.

28:23
Locuteur

Merci à vous.

28:24
Présentateur

Député du Lot et fondateur des Bâtisseurs. Très bonne journée à vous dans en quelques secondes.