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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 5 juin 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Danielle Simonnet : "Doit-on donner un chèque en blanc à la majorité d'Emmanuel Macron ? "

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on veut donner un chèque en blanc à cette majorité de M. Macron ?

  • 2:13RelanceRéponse partielle

    C'est pire que le 49-3 ?

  • 2:43FerméeRéponse directe

    Vous ne leur faites pas confiance ?

  • 4:43OuverteRéponse directe

    Quelle réponse, quelle réplique faudrait-il donner selon vous à la décision de Donald Trump de se retirer des accords de Paris ?

  • 6:53OuverteRéponse directe

    L'idée relayée par Pascal Canfin du WWF d'inscrire les objectifs des accords de Paris dans la Constitution française, c'est une bonne idée ?

  • 7:52OuverteRéponse directe

    C'est au nom de l'impératif écologique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueFait
    « 8 ordonnances qui prévoient notamment que le contrat de travail, la durée du travail, la santé ou la sécurité du salarié pourront être négociées au sein de l'entreprise. »
  • 3:32PrésentateurChiffre
    « c'est une augmentation de 40%, on ne peut pas le dire, pour aucun salarié de ce pays. »
  • 5:22PrésentateurPromesse
    « le gouvernement Macron s'engage à ne pas signer les accords du CETA. »
  • 5:41PrésentateurFait
    « qui va permettre aux multinationales d'ester en justice les États et les collectivités pour considérer que c'est une entrave à la concurrence que d'interdire les pesticides, que d'interdire les OGM. »
  • 5:55PrésentateurPromesse
    « Il faut au contraire s'engager clairement là-dessus et s'engager à sortir du nucléaire, à sortir des énergies carbonées, pour faire du 100% d'énergie renouvelable. »
  • 7:33PrésentateurPromesse
    « Il faut des actes clairs et il faut aussi s'engager à arrêter tous les projets, les grands projets inutiles imposés. »

Temps de parole

  • Présentateur80 %
  • Danielle Simonnet20 %

6,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter.

0:05
Danielle Simonnet

Bonjour Daniel Simonet.

0:06
Présentateur

Bonjour.

0:06
Danielle Simonnet

Vous êtes l'une des porte-parole de la France Insoumise, coordinatrice du parti de gauche et candidate aux législatives à Paris. Un commentaire d'abord sur les révélations du journal Le Parisien, on en parlait dans le journal de 8 heures, c'est l'avant-projet de loi du gouvernement sur la réforme du marché du travail. 8 ordonnances qui prévoient notamment que le contrat de travail, la durée du travail, la santé ou la sécurité du salarié pourront être négociées au sein de l'entreprise. En quelque sorte, l'accord d'entreprise deviendrait la norme principale. Cela confirme vos craintes ?

0:36
Présentateur

Oui, tout à fait. Et ça montre bien tout l'enjeu de ces élections législatives. Est-ce qu'on veut donner un chèque en blanc à cette majorité de M. Macron qui est déterminée à faire plaisir à M. Gattaz, qui lui peut être ravi, puisqu'on va aller encore plus loin dans l'inversion de la hiérarchie des normes qu'on est allé avec la loi El Khomri, puisque là, les accords d'entreprise peuvent être plus défavorables aux salariés d'un point de vue des salaires et remettre en cause les négociations salariales dans le cadre des conventions collectives, dans le cadre des branches. C'est extrêmement grave.

On peut aussi revenir sur le cadre de la loi, dans le cadre des accords d'entreprise, sur les conditions, par exemple, de la durée d'un CDD, par exemple, sur les conditions de renouvellement, sur les conditions même des licenciements. Donc on est là sur une remise en cause des droits des salariés acquis, conquis, pendant un siècle de lutte, que ce soit dans le cadre de la loi, que ce soit dans le cadre des conventions collectives. On est vraiment sur une violence sociale sans précédent que veut imposer M. Macron, avec en plus un déni démocratique à tout point de vue. Parce que la méthode où M.

Macron a voulu nous faire croire qu'il était vraiment l'homme du dialogue, finalement, avec les organisations syndicales, il n'a pas discuté de ces éléments-là.

1:50
Danielle Simonnet

Et en plus... La plateforme leur sera proposée cette semaine aux syndicats, en l'occurrence.

1:54
Présentateur

Oui, et donc les premières discussions, bien sûr, et surtout ça va avoir lieu au plus tard, pour que vraiment les citoyens dans les législatives n'aient pas les éléments de ce débat-là. Qu'il n'y ait pas un débat dans le pays à ce niveau-là.

2:05
Danielle Simonnet

On en débat, là, ce matin.

2:06
Présentateur

Oui, mais enfin, je veux dire, vous avez vu, c'est dans quelques jours. Je veux dire, c'est dans quelques jours. Donc M. Macron a tout fait pour enfumer la population jusqu'ici. Et surtout, il s'engage à légiférer par ordonnance, ça veut dire un recours pire que le 49-3. C'est pire que le 49-3 ?

2:23
Danielle Simonnet

C'est un débat, il y a une loi d'habilitation qui sera débattue.

2:26
Présentateur

On va baïonner le Parlement pour aller extrêmement vite avec l'ensemble des ordonnances qui vont être proposées. Donc on est vraiment sur l'aggravation du déni démocratique que peut permettre la Ve République.

2:40
Danielle Simonnet

Au niveau de l'entreprise, Daniel Simonnet, pour conclure un accord, il faut un accord majoritaire, c'est-à-dire un accord signé par un ou plusieurs syndicats représentant au moins 50%, au moins la moitié des salariés. Vous ne leur faites pas confiance ?

2:53
Présentateur

Vous savez, on sait pertinemment qu'à l'échelle d'une entreprise, le rapport de force est plus défavorable aux salariés que lorsqu'on est dans des négociations beaucoup plus globales, que ce soit la loi qui protège, que ce soit les conventions collectives. Et c'est bien pour ça que M. Macron veut imposer ce type de réforme. Et c'est bien pour cela que le patronat, le MEDEF, veulent absolument aller encore plus loin dans l'inversion de la hiérarchie des normes. Vous avez du coup, au niveau de l'entreprise, un chantage à l'emploi qui se fait. Imaginez la situation, on va dire quoi aux salariés ?

Oh, la situation n'est pas si simple, tout en leur cachant que pour les grandes entreprises, la situation se porte très bien du point de vue de la rétribution des dividendes aux actionnaires. C'est des dernières années, c'est une augmentation de 40%, on ne peut pas le dire, pour aucun salarié de ce pays. Mais on va leur dire quoi ? Accepter qu'on remette en cause la rémunération, accepter qu'on remette en cause les conditions du contrat de travail, la durée légale du travail, sinon on va supprimer les emplois, c'est comme ça, on sait pertinemment que c'est comme ça que ça va se passer.

Et donc c'est à chaque fois le pistolet sur la tempe que les organisations syndicales vont parfois se sentir obligées de céder. Avec en plus le risque, que va-t-il devenir ? Est-ce qu'on va leur permettre aussi d'avoir des référendums d'entreprise où là c'est tous les salariés qui sont face à eux-mêmes dans un rapport de force très fragilisé, parce que c'est toujours le patron, le dirigeant d'entreprise qui pose la question.

4:12
Danielle Simonnet

On reviendra éventuellement sur ce projet de réforme avec les auditeurs d'un tiers tout à l'heure.

4:17
Présentateur

Oui, mais juste une phrase monsieur Cohen, vraiment comprenez bien, l'enjeu de ces élections législatives, c'est donc soit on continue à casser et à remettre en cause ces acquis historiques, soit au contraire, en votant pour les candidats de la France insoumise, on s'engage sur l'abrogation de la loi El Khomri et on s'engage au contraire à donner plus de droits aux salariés. Je pense qu'on a besoin de progrès social et qu'il est possible d'en conquérir.

4:39
Danielle Simonnet

Autre axe de campagne de la France insoumise, la transition écologique. Quelle réponse, quelle réplique faudrait-il donner selon vous à la décision de Donald Trump de se retirer des accords de Paris ?

4:51
Présentateur

Alors, déjà on voit qu'il ne suffit pas d'une poignée de main pour changer le cours de l'histoire. Par contre, il faut des actes concrets. Monsieur Macron a dit dans une phrase qu'il n'y avait pas de plan B, mais il faudrait encore qu'il ait un plan A. Moi, ce que je ne peux que conseiller à M. Macron et à sa majorité, c'est que pour s'engager clairement pour le climat, c'est-à-dire s'engager clairement pour défendre notre écosystème, eh bien, que le gouvernement Macron s'engage à ne pas signer les accords du CETA.

Vous avez fait cet accord de libre-échange avec le Canada qui va permettre à des multinationales de remettre en cause les réglementations de protection environnementale et sociale.

5:34
Danielle Simonnet

C'est pas ce que disent les promoteurs du CETA.

5:36
Présentateur

Eh bien, bien sûr, évidemment, ils ne vont pas vous dire que c'est un accord complètement catastrophique qui va permettre aux multinationales d'ester en justice les États et les collectivités pour considérer que c'est une entrave à la concurrence que d'interdire les pesticides, que d'interdire les OGM, que d'interdire, par exemple, l'extraction des gaz de schiste. Il faut au contraire s'engager clairement là-dessus et s'engager à sortir du nucléaire, à sortir des énergies carbonées, pour faire du 100% d'énergie renouvelable.

6:03
Danielle Simonnet

Le nucléaire n'est pas carboné, Daniel Simonnet. Comment ? Le nucléaire n'est pas carboné.

6:07
Présentateur

Non, bien sûr, mais je le mets aussi dans le même pot commun sur l'enjeu de la transition énergétique parce qu'on veut nous faire croire que le nucléaire, c'est une bonne chose parce que justement, il n'y a pas de problème d'émission de gaz à effet de serre. Or, le danger pour notre planète et notre écosystème est tout à fait réel, hélas, et encore bien plus grave. Donc, il faut absolument s'attaquer aux deux et donc assumer une politique d'investissement public, ce que nous défendons dans le programme L'Avenir en Commun. Parce que si vous n'investissez pas dans la transition énergétique pour passer au 100% d'énergie renouvelable, alors tout votre discours sur le climat, c'est que de la com.

Mais il faut aussi assumer de la sobriété énergétique.

6:46
Danielle Simonnet

L'idée relayée par Pascal Canfin du WWF d'inscrire les objectifs des accords de Paris dans la Constitution française, on en parlait tout à l'heure avec Thomas Legrand, c'est une bonne idée ?

6:57
Présentateur

Oui, nous défendions l'idée qu'il fallait inscrire dans la Constitution une règle verte et nous continuons à défendre cela. C'est-à-dire vraiment prendre conscience qu'on ne peut pas prendre à la terre plus que ce qu'elle n'est capable de régénérer. Après, les problèmes des accords de la COP21, c'est qu'ils ne sont pas contraignants et qu'aujourd'hui, ce n'est absolument pas suffisant.

7:17
Danielle Simonnet

Ils ne font pas l'objet de sanctions, pour être plus précis.

7:19
Présentateur

Mais oui, mais c'est ça la contrainte, vous savez, c'est ça. Il aurait dû y avoir des sanctions ? Si il n'y a pas véritablement de sanctions, il n'y aurait donc pas de contrainte. Il y a un engagement quand même. Oui, mais sans contrainte. Donc, ça peut tout à fait en rester aux incantations et rester du pipeau. Donc, il faut des actes clairs et il faut aussi s'engager à arrêter tous les projets, les grands projets inutiles imposés. Notre-Dame-des-Landes, je pense aussi à Europa City, je pense à un bon nombre d'usines d'incinération qui sont prévues et qui vont donner des milliards à Suez et qui vont à l'encontre des enjeux écologiques.

7:49
Danielle Simonnet

Il y a un autre grand projet auquel vous êtes opposé. Daniel Simonnet, vous êtes la seule membre du parti de gauche au Conseil de Paris. C'est l'organisation Parle à Paris des JO 2024. C'est au nom de l'impératif écologique ?

8:02
Présentateur

Notamment, entre autres. Mais, vous savez, le problème des JO, sous leur forme actuelle, par ailleurs, qu'ils soient organisés par la France, par Paris ou par d'autres pays, hélas, c'est la même chose. Oui, c'est pas pareil, c'est vrai. Exactement. Mais, donc, le débat que moi, je souhaite porter, c'est que les JO, sous leur forme actuelle, eh bien, sont une énorme galerie économique, puisqu'on est sur des JO du gigantisme. Et qui, certes, vont enclencher des investissements et des infrastructures, d'équipements sportifs et en matière de transport, mais qui ne correspondent pas aux besoins urgents de la population.

En matière de transport, la priorité pour les JO olympiques, c'est de relier, eh bien, les centres olympiques, le village olympique et les grands aéroports. Or, la catastrophe au niveau du transport, c'est notamment la décerte fine inter-banlieu, inter-quartier. En termes d'équipements sportifs, on va faire une piscine olympique dans le 93. Or, ce qu'il faut, c'est beaucoup plus de piscines à taille humaine, qui correspondent aux besoins d'équipements publics dans chacune des zones de vie pour chaque établissement scolaire.

9:11
Danielle Simonnet

C'est le projet qui est présenté que vous combattez, ou c'est par principe l'avenue des JO ?

9:15
Présentateur

C'est par principe l'organisation des JO, dans leur forme actuelle, qui sont une énorme gabegie, bien souvent anti-écologique, anti-sociale, et c'est les peuples in fine qui payent la facture.

9:24
Danielle Simonnet

Sauf que les peuples, pour l'instant, ne se mobilisent pas beaucoup. Les pétitions ne font pas recette.

9:27
Présentateur

Tout à fait, ils ne se mobilisent pas non plus en faveur des JO. Il y a eu un excellent reportage documentaire, l'été dernier, fait par Arte, qui montrait à quel point ces Jeux olympiques étaient des éléphants blancs, c'est-à-dire qui coûtent une fortune et que les peuples vont payer très cher en matière de politique d'austérité.

9:43
Danielle Simonnet

Daniel Simonnet, France Insoumise, invité de France Inter. On vous retrouve dans quelques minutes avec les appels des auditeurs et dans un instant, la revue de presse.

Danielle Simonnet : "Doit-on donner un chèque en blanc à la majorité d'Emmanuel Macron ? " — Danielle Simonnet · Pourquijevote