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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 8 octobre 2021 4 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheSécuritéInstitutions & élections

On ne luttera pas efficacement contre l'islamisme sans redonner à l'école les moyens de sa mission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10François-Xavier BellamyFait
    « Non, je pense qu'il faut aller beaucoup plus loin. Et je ne dis pas ça par opposition politicienne. »
  • 0:25François-Xavier BellamyFait
    « nous devons faire plus. Je pense encore au travail majeur qu'il y a à faire pour faire fermer enfin des mosquées qui prêchent encore aujourd'hui une version radicalement contraire à toutes les lois de la République de l'islam. »
  • 0:45François-Xavier BellamyChiffre
    « chaque année un jeune français sur cinq est testé en situation de difficulté majeure de lecture à l'occasion de la journée de défense et citoyenneté. »
  • 1:20François-Xavier BellamyFait
    « C'est une situation absolument catastrophique pour un pays qui, par ailleurs, est la sixième puissance économique mondiale et qui consacre le premier budget de l'État à l'éducation. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Est-ce que vous considérez que le gouvernement en fait assez, en a fait assez contre l'islamisme ? - Non, je pense qu'il faut aller beaucoup plus loin. Et je ne dis pas ça par opposition politicienne.

C'est un sujet qui est trop important pour devenir une occasion de clivage superficiel, mais il est certain que l'essentiel du travail est devant nous aujourd'hui. D'abord parce que sur la réponse légale et pénale, nous devons faire plus. Je pense encore au travail majeur qu'il y a à faire pour faire fermer enfin des mosquées qui prêchent encore aujourd'hui une version radicalement contraire à toutes les lois de la République de l'islam.

Et ce combat-là, il doit être encore engagé. Aujourd'hui le ministre de l'Intérieur de temps en temps se félicite que une, deux, trois mosquées aient été fermées, mais c'est encore bien trop peu. Et puis surtout parce que le cœur du défi, il n'est pas seulement pénal, il n'est pas seulement judiciaire, il n'est pas seulement sécuritaire ou policier - même si nous devons nous réarmer sur ces plans, le cœur du défi il est, je le redis, culturel, il est éducatif, et de ce point de vue-là, encore une fois, nous avons nous avons tout à reconstruire.

La crise de l'école aujourd'hui n'est pas résolue, elle n'est pas dépassée, et j'ai fait en cette rentrée des propositions justement pour pouvoir reconstruire l'école, parce que nous devant nous ce chantier majeur. Vous vous pensez que c'est le chantier numéro un ? - C'est le chantier absolument majeur pour notre avenir.

Pourquoi ? - Parce que si nous ne pouvons pas compter sur une éducation qui transmette à chaque Français les moyens de rejoindre une communauté de destins, une communauté de mémoire, si nous ne reconstruisons pas une école qui permette à chaque Français de contribuer demain à la vie de la société, alors, de fait, nous n'arriverons jamais à rattraper le retard que nous aurons accumulé. Aujourd'hui, nous sommes dans une crise éducative qui n'a en rien été résorbée : chaque année un jeune français sur cinq est testé en situation de difficulté majeure de lecture à l'occasion de la journée de défense et citoyenneté.

L'enquête TIMMS qui a été publiée il y a quelques mois qui aurait dû être un sujet de scandale national a montré que nos élèves étaient les derniers d'Europe en mathématiques, pour le niveau en mathématiques, et que dans l'OCDE nous sommes derrière la Géorgie, nous sommes derrière le Kazakhstan. C'est une situation absolument catastrophique pour un pays qui, par ailleurs, est la sixième puissance économique mondiale et qui consacre le premier budget de l'État à l'éducation. C'est un échec qui devrait être un électrochoc.

Et cet électrochoc, je le regrette, n'a pas eu lieu. Je me rappelle la dernière fois que j'avais eu l'occasion de venir à votre antenne, ça avait été un sujet, parce que on m'avait reproché ici même d'être trop sombre dans le constat que je portais sur l'école. Mais je crois que, malheureusement, tous les chiffres convergent pour nous dire que nous avons aujourd'hui l'école qui, par ailleurs - et c'est un élément qu'il faut rappeler, étant la plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE, est celle dans laquelle l'échec éducatif est le moins visible par les élites.

Je vais juste mettre un bémol : c'est quand même une école qui est restée ouverte le plus possible pendant la crise sanitaire ; ça vous pouvez peut-être le saluer. - Oui, mais alors pour le coup je salue l'engagement déterminé du gouvernement sur ce point, et puis de tous les professeurs qui se sont engagés pour garantir que ce soit possible. Mais enfin, on le voit bien : on peut on peut se faire plaisir à souligner quelques bons points, il ne reste pas moins que la faillite éducative - n'ayons pas peur des mots - pèse sur notre pays aujourd'hui.

Et d'ailleurs les professeurs en sont bien conscients, et ils en sont d'une certaine manière les premières victimes, piégées par le le sentiment de découragement qui les habite. Un phénomène majeur de cette rentrée, c'est le nombre - j'entendais cela chez vos confrères de France info - c'est le nombre massif de démissions chez les enseignants du primaire et du secondaire. Des gens qui se sont engagés, qui ont passé des concours difficiles, qui sont rentrés dans la fonction publique, et qui quittent la fonction publique avec pourtant la sécurité qu'elle implique, parce qu'ils n'en peuvent plus d'avoir le sentiment de ramer à contre-courant.

Et bien ce sentiment d'épuisement-là, ce sentiment de déclassement qui touche aussi le monde enseignant et qui est le signe de la faible attention que nous portons à ceux qui ont pourtant la mission fondamentale de transmettre le savoir et de préparer notre avenir, il devrait être au cœur de nos préoccupations. Encore une fois, on ne luttera jamais contre les séparatismes, on ne luttera jamais assez bien contre l'islamisme, on ne luttera jamais assez contre tout ce qui menace l'unité notre pays - et Samuel Paty en est la figure absolue aujourd'hui - si nous ne sommes pas capables de redonner à notre école les moyens de sa mission.