Attaque en Allemagne, le retour du terrorisme - David Amiel est l'invité des 4V du 21 décembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 62 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Est-ce que la menace terroriste est plus grande aujourd'hui ?
- 1:06RelanceRéponse partielle
La menace est-elle plus grande aujourd'hui qu'il y a quelques semaines ?
- 1:39OuverteÉludée
François Bayrou a promis un gouvernement avant Noël, est-ce réaliste ?
- 1:50ComplaisanteÉludée
Le 23 décembre sera une journée de deuil national pour Mayotte, est-ce que cela change la donne ?
- 2:56OuverteRéponse partielle
À quel jeu jouez-vous lorsque vous n'entendez pas ce que disent les socialistes ?
- 3:11RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce qui va se passer pour que votre souhait se déroule ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiqueFait
« Vous êtes député donc de la capitale, est-ce que vous dites que la menace est plus grande aujourd'hui, notamment au regard de ce qui s'est passé il y a quelques jours en Syrie avec la chute de Bachar el-Assad, l'arrivée d'un pouvoir islamiste, comment vous l'évaluez ? »
- 0:46Invité politiqueFait
« on souhaite tous qu'on n'ait pas en Syrie un scénario à la Libyenne, c'est-à-dire une décomposition complète dans lesquelles pourrait se nicher un nouveau djihadisme international. »
- 1:13Invité politiqueFait
« C'est difficile à évaluer parce qu'on ne connaît pas encore ce qu'il va advenir de la situation en Syrie »
- 4:09Invité politiqueFait
« Jamais une réforme des retraites n'a été abrogée quand il y a eu une alternance »
- 4:15Invité politiqueFait
« Lionel Jospin n'a pas abrogé la réforme d'Edouard Balladur. »
- 4:21Invité politiqueFait
« François Hollande n'a pas abrogé les réformes de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac. »
- 4:25Invité politiqueFait
« Il les a même renforcées avec la réforme qu'on a appelée celle de Marisol Touraine. »
- 5:30Invité politiqueFait
« La loi spéciale, elle évite la mort subite. C'est-à-dire qu'elle évite qu'à partir du 1er janvier, on coupe la lumière dans les administrations »
- 5:51Invité politiqueFait
« On a un risque de chômage qui augmente si on n'a pas de budget. »
- 6:02Invité politiqueFait
« La politique de Donald Trump, qu'elle soit la politique commerciale, la politique de déréglementation en matière d'intelligence artificielle, d'énergie, sa politique de baisse des impôts, elle peut balayer notre industrie en quelques mois. »
- 6:13Invité politiqueFait
« Et moi, je crains que 2025 ne soit une année de carnage industriel si nous ne sommes pas capables en France de réagir. »
- 6:41Invité politiqueFait
« Mais il est vrai qu'Elon Musk a révolutionné l'industrie américaine pour Tesla, pour SpaceX. »
- 7:35Invité politiqueFait
« Non, jamais. L'Elysée a d'ailleurs démenti ses propos et ses ragots absolument immondes. »
- 8:56Invité politiqueFait
« Pas du tout, parce qu'une démission du président de la République, ce serait non seulement un chaos institutionnel majeur »
- 9:13Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon voit le nouveau Front Populaire exploser, Marine Le Pen a probablement peur de l'ascension de Jordan Bardella »
Temps de parole
- David Amiel65 %
- Présentateur35 %
≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour David Amiel, effectivement député de Paris et on parle de ce nouvel attentat sanglant en Allemagne, on l'a entendu à 7h30 à Magdebourg, ça rappelle qu'il y a toujours une menace terroriste qui plane en particulier sur les démocraties européennes. Vous êtes député donc de la capitale, est-ce que vous dites que la menace est plus grande aujourd'hui, notamment au regard de ce qui s'est passé il y a quelques jours en Syrie avec la chute de Bachar el-Assad, l'arrivée d'un pouvoir islamiste, comment vous l'évaluez ?
Vous avez raison de le rappeler, la menace elle est toujours présente, y compris ces derniers mois, ces dernières années, il y a une guerre dans l'ombre de nos services de sécurité contre le terrorisme qui se poursuit, il y a beaucoup d'attentats qui ont été déjoués en France, à Paris, en Europe, et vous avez raison aussi de le souligner, la situation en Syrie fait peser potentiellement de nouveaux risques, puisqu'on souhaite tous qu'on n'ait pas en Syrie un scénario à la Libyenne, c'est-à-dire une décomposition complète dans lesquelles pourrait se nicher un nouveau djihadisme international.
Notre diplomatie est extrêmement mobilisée sur la question et vous avez eu raison de le rappeler, on a aujourd'hui en Allemagne un pays qui est meurtri comme le nôtre l'a été et on pense évidemment tous à nos amis allemands ce matin.
Mais est-ce que la menace est plus grande, je vous repose la question aujourd'hui, qu'elle ne l'était d'après ce que vous savez il y a encore quelques semaines ou quelques mois ?
C'est difficile à évaluer parce qu'on ne connaît pas encore ce qu'il va advenir de la situation en Syrie, pour l'instant le groupe djihadiste qui joue un rôle important, HTS, n'est pas dans ce qu'on appelle le djihadisme international, c'est-à-dire qu'il a poursuivi une politique qui était tournée vers la Syrie, mais ça peut évoluer, évidemment on est extrêmement attentif à cela et c'est pour ça qu'avec la Turquie, nous sommes mobilisés avec l'ensemble des acteurs régionaux pour obtenir une stabilisation politique et éviter que le djihadisme ne prolifère depuis la Syrie.
– Vous appartenez à ce qu'on appelait dans le précédent gouvernement le socle commun, le bloc central, François Bayrou a promis un gouvernement avant Noël, il reste peu de temps, on est le 21 décembre, le 23 décembre lundi ce sera une journée de deuil national pour Mayotte, ce sera donc ce week-end si on calcule bien ?
– Vous savez, moi je suis parlementaire, je n'ai pas d'annonce à faire sur le jour ou l'heure de la composition d'un gouvernement, et puis s'il faut prendre quelques jours de plus pour éviter que le gouvernement ne soit censuré dans quelques semaines, que cela soit, ce n'est pas ça qui est majeur, je crois surtout que les gens sont beaucoup fatigués de cette partie de poker menteur entre partis politiques qui se déroulent depuis le mois de juillet, chacun sait qu'il n'y a pas 36 solutions, si on veut avoir un gouvernement qui ne dépende ni des dictates du Rassemblement national, ni des dictates de la France insoumise, on a besoin de trouver un accord entre les socialistes, le bloc central et les LR, pas un accord sur tout, il y a beaucoup de sujets qui seront tranchés aux prochaines élections présidentielles et législatives en 2027, mais un accord sur quelques éléments essentiels pour stabiliser la situation économique et financière, pour préserver la parole et le poids de la France en Europe, vous avez rappelé les menaces qui pèsent sur nous, évidemment pour répondre à un certain nombre d'urgences, l'agriculture, les services publics, et on pourrait en citer l'autre.
Monsieur Améa, vous avez parlé de poker menteur, je vous demande à quel jeu vous jouez lorsque vous n'entendez pas ce que disent les socialistes, à savoir qu'à ce stade, ils ne participeront ni au gouvernement, ni même ne donneront l'assurance qu'ils ne le censureront pas, vous avez entendu Olivier Faure à la sortie de Matignon avant-hier, donc qu'est-ce qui va se passer pour que ce que vous appelez de vos voeux se déroule, puisqu'aujourd'hui, ni les socialistes, ni les écologistes ne rentrent dans ce gouvernement, ni ne le soutiennent ?
Je regrette d'abord que les socialistes ne fassent pas le choix de rentrer dans ce gouvernement, y compris pour apporter leur pierre et pouvoir faire des propositions, contribuer, coélaborer la loi.
Ils ne font même pas le choix de ne pas le censurer pour l'instant.
Ils n'ont pas encore tranché, si je comprends bien les décisions et les déclarations du Parti socialiste de ces derniers jours, donc effectivement, j'espère qu'on pourra négocier avec les socialistes des éléments, je pense en particulier à la question des services publics, de la transition écologique, de la justice fiscale, qui permettront d'éviter la censure.
Et des retraites, est-ce qu'il faut bouger, comme l'a dit le Premier ministre, sur la question des 64 ans, quitte à ne plus en faire un totem indéboulonnable ? Est-ce que vous êtes sur cette ligne, vous aussi, vous qui avez défendu cette réforme des retraites, est-ce que vous dites aujourd'hui, peut-être qu'il faut bouger sur les 64 ans ?
Je pense qu'il faut avoir le courage de la vérité. Jamais une réforme des retraites n'a été abrogée quand il y a eu une alternance, même quand elles ont été sévèrement critiquées. Lionel Jospin n'a pas abrogé la réforme d'Edouard Balladur. François Hollande n'a pas abrogé les réformes de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac. Il les a même renforcées avec la réforme qu'on a appelée celle de Marisol Touraine. En revanche, on peut améliorer les choses. Moi, je n'ai jamais cru qu'on pouvait demander les mêmes efforts à un cadre qui a travaillé toute sa vie dans un bureau et à un ouvrier qui a travaillé toute sa vie dans un chantier.
Et donc, je crois que là-dessus, avoir une conférence sociale qui permette d'améliorer les choses pour les catégories populaires, pour ceux qui ont des métiers pénibles, c'est effectivement juste, important. C'était une demande de la gauche et je pense que là-dessus, on peut progresser. Pardon, je vous repose ma question directement.
Est-ce qu'on peut revenir ou non sur les 64 ans ? Selon vous, David Amiel, député de l'ex-majorité ou de la majorité du socle commun ?
Je vous le dis, moi, je crois qu'il n'est pas raisonnable de dire à des personnes qui n'ont pas eu des métiers pénibles qu'ils peuvent travailler moins vu le contexte des finances publiques actuelles. En revanche, je vous le redis aussi, pour les catégories populaires, pour ceux qui ont des métiers durs, et c'est quand même pour cela qu'il faut se battre en priorité, oui, je crois qu'on peut améliorer les choses.
La loi spéciale qui permet à l'État de continuer à financer les services publics, pas de shutdown à l'américaine, donc, a été votée. Elle ne règle pas le problème budgétaire. Il n'y a pas de budget à ce stade. François Bayrou a parlé d'un budget pour février. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement pour l'économie française qu'il n'y ait pas de budget aujourd'hui ?
Vous avez raison, la loi spéciale, elle évite la mort subite. C'est-à-dire qu'elle évite qu'à partir du 1er janvier, on coupe la lumière dans les administrations, qu'on arrête de verser les prestations sociales, que la France soit en cessation de paiement. Mais elle n'évite pas la mort lente. Et aujourd'hui, on a une économie qui est en train de s'arrêter. On a des industriels qui n'investissent plus parce qu'ils ne savent pas quel sera le niveau d'impôt ou d'aide.
Donc un chômage qui va continuer d'augmenter. Aujourd'hui, il est stable. Il frémit plutôt vers la hausse. Donc il va augmenter.
Évidemment. On a un risque de chômage qui augmente si on n'a pas de budget. On a des agriculteurs qui sont dans une grande détresse. Et on a des États-Unis qui vont mener une politique extrêmement agressive pour dépecer notre industrie. La politique de Donald Trump, qu'elle soit la politique commerciale, la politique de déréglementation en matière d'intelligence artificielle, d'énergie, sa politique de baisse des impôts, elle peut balayer notre industrie en quelques mois. Et moi, je crains que 2025 ne soit une année de carnage industriel si nous ne sommes pas capables en France de réagir.
Une année de carnage industriel, dites-vous, ce matin.
Bien sûr. On a une mâchoire d'acier américaine et chinoise qui peut broyer notre industrie européenne en quelques mois.
Mais comment, face à ce carnage, comment on évite un carnage ? Juste par un budget ? Juste par une coalition qui va se former autour de François Bayrou ?
Il faut d'abord une action au niveau européen. Et le président de la République est très mobilisé sur la question. On a beaucoup parlé d'Elon Musk ces derniers mois, ces dernières années, pour ces prises de position politique avec lesquelles je suis en complet désaccord. Mais il est vrai qu'Elon Musk a révolutionné l'industrie américaine pour Tesla, pour SpaceX. Comment se fait-il que les Elon Musk européens, parce qu'on a aussi des entrepreneurs, des industriels avec beaucoup de talent, ne créent pas des SpaceX et des Tesla européens ? Ça devrait être notre priorité absolue. Et au niveau français, il y a évidemment une stabilité fiscale, industrielle, réglementaire à apporter.
Vous avez évoqué le président de la République. C'est aujourd'hui son anniversaire d'ailleurs. Mais c'est dans la sphère médiatique et politique plutôt sa fête. Il est critiqué pour ses déclarations à Mayotte, notamment, je cite, par la gauche, pour avoir dit aux habitants en colère, je cite le président, si ce n'était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la merde. Fin de citation. Et puis il y a un article aussi du Monde, du journal Le Monde, qui rapporte des propos contestés par l'Elysée, où le président aurait dit, je cite encore, le problème de l'hôpital, c'est que c'est rempli de mamadou. Le président, vous le connaissez bien, vous avez été conseiller à l'Elysée.
Est-ce qu'il parle comme ça, en privé ?
Non, jamais. L'Elysée a d'ailleurs démenti ses propos et ses ragots absolument immondes. On peut avoir bien des désaccords avec Emmanuel Macron, et c'est parfaitement légitime d'avoir un débat sur la politique qu'il mène, sur celle qu'il devrait mener. Mais toute sa vie, il a combattu le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie et le sexisme. Et malheureusement, vous savez, ce n'est pas la première fois depuis 10 ans, on a comme ça des boules puantes qui sont régulièrement lancées contre lui, des ragots qui sont colportés. Je regrette d'ailleurs que la presse s'en fasse l'écho, et je crois que tout ça ne grandit pas beaucoup le débat public.
Mais vous, on l'a constaté, les Français l'ont constaté, il lui arrive quand même d'avoir un langage un peu vert, pour être, disons, euphémiste. Enfin pardon, mais un langage vert,
ce n'est pas un langage raciste. Les propos qui sont rapportés sont absolument... Je parlais des propos de Mayotte. ...et ne correspondre en rien, en rien à ce que le président de la République dit en public et en privé, à ce qu'il pense, et à nouveau à ce qui a été le combat de toute sa vie. Vous ne l'avez jamais entendu parler comme ça, en tout cas. Jamais je n'ai entendu tenir des propos racistes, xénophobes, antisémites, ou quoi que ce soit, bien évidemment. C'est tout le contraire de ce qu'il a et de ce qu'il porte.
Si le gouvernement de François Bayrou est à son tour renversé, la question de la responsabilité d'Emmanuel Macron se posera, en tout cas ses opposants la donneront. Vous avez entendu notamment Jean-Luc Mélenchon qui dit se préparer à une présidentielle anticipée, Marine Le Pen aussi. Vous n'y croyez pas ?
Pas du tout, parce qu'une démission du président de la République, ce serait non seulement un chaos institutionnel majeur, mais ça ne réglerait rien, puisque aujourd'hui le blocage n'est pas à l'Elysée, il est au Parlement. C'est parce qu'on a un Parlement éclaté que des gouvernements sont censurés tour à tour, et on sait très bien pourquoi Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen disent ça. Parce que l'un et l'autre souhaitent avoir une présidentielle anticipée, parce qu'ils ont d'ailleurs chacun peur de la concurrence dans leur camp.
Jean-Luc Mélenchon voit le nouveau Front Populaire exploser, Marine Le Pen a probablement peur de l'ascension de Jordan Bardella et de son propre calendrier budgétaire, et je crois que c'est notre responsabilité de défendre les institutions de la République.
Merci David Amiel, député Renaissance de Paris, et c'est la suite de Télémapin.
Merci à tous les deux, merci à Florence Ancrevé qui a traduit cette interview en langue des signes.
David Amiel