Pour un plan de redressement heureux de la france
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On peut démarrer. Bonjour à toutes et à tous. On sait qu'un certain nombre de personnes vont nous rejoindre dans les minutes à venir. Moi, je suis Tristan Lahaye, député Génération d'Illivienne, et j'ai le plaisir d'animer cette table ronde avec vous. Je ne resterai pas davantage sur ce lieu de rassemblement parce que j'irai ensuite à un commissaire agricole dans ma circonscription. Mais ça me tenait à cœur d'être présent avec vous aujourd'hui pour le rassemblement qui nous unit debout Génération l'après et puis plus globalement pour ce qui est une première étape du rassemblement de la gauche dans les batailles à venir.
Et merci aux camarades écologistes, socialistes et communistes d'être présents, notamment sur cette table ronde. Je veux dire que cet atelier tombe certainement à point nommé. Nous savions depuis juillet que nous aurions une bataille avec le gouvernement, avec François Bayrou, depuis les annonces qu'il a faites au milieu de l'été, après d'ailleurs nous avoir envoyés en vacances. Contrairement à ce qu'il dit, ce n'est pas nous qui étions en vacances, c'est lui qui en a décidé ainsi. On était prêts à travailler plus longtemps.
Et puis, finalement, de cette bataille budgétaire un peu classique, il était devenu une bataille encore davantage politique puisqu'il a souhaité que ce plan Bayrou, ce plan austéritaire, soit soumis à un vote de confiance le 8 septembre prochain. Alors on nous dit depuis quelques jours, depuis lundi, que finalement ce vote de confiance ne serait pas un vote sur son plan, mais sur le diagnostic de la situation.
Alors je crois qu'on peut dire de manière un peu radicale, en tout cas sans ambiguïté, que nous ne sommes pas dupes de ce qu'un vote de confiance n'est jamais un vote sur un diagnostic ou sur un constat, mais il serait évidemment, si tant est qu'il puisse y avoir une seule hypothèse où ce vote de confiance lui soit accordé, ce serait évidemment un feu vert pour le plan qu'il a présenté en juillet, c'est-à-dire un plan qui propose ni plus ni moins que d'épargner les plus privilégiés et de demander à tous les autres des efforts. Donc je me félicite, on se félicite que la gauche ait unanimement répondu qu'elle ne sera pas dupe et qu'elle ne votera donc pas la confiance.
On ne vote pas la confiance sur un diagnostic, pas sur un constat, on l'a dit, il ne s'agit pas telle la météo de dire « oui il pleut, oui il fait beau », mais nous partageons évidemment le fait qu'on a une dette qui est de l'ordre de 3 300 milliards d'euros, qu'on a un déficit public qui a atteint 5,8% l'an dernier.
Et la question qui nous est posée, qui est la grande question démocratique qui sera posée à l'Assemblée nationale, mais plus généralement dans la rue et puis aux Françaises et aux Français, c'est de savoir quelles sont les causes à l'augmentation de la dette, quelles sont les causes de ce déficit et quels sont les moyens pour en sortir, pour résorber cette situation sans atteindre la croissance et surtout en considérant que tout ça ne sont que des instruments au service d'un projet politique à mettre en oeuvre.
Avec moi pour cet atelier, plusieurs intervenants, donc Fabien Guay qui est sénateur de Seine-Saint-Denis, Eva Sass, député écologiste de Paris, Fabien Guay d'ailleurs, donc j'ai oublié de dire qu'il était communiste, qu'il est communiste, François Ruffin, député Debout de la Somme, Clémentine Autain, député L'Après de Seine-Saint-Denis, et Alexandre Ouizil, sénateur socialiste de l'Oise. On a un temps qui est assez limité pour l'échange qu'on doit avoir, il faut qu'on rende la salle à 15h, donc je vais demander à chacun des intervenants de pouvoir parler entre 8 et 10 minutes.
Ensuite, ce que je vous propose, c'est qu'il y ait des interventions, des questions de la salle, et que chacun puisse se réexprimer en fonction du temps qui sera disponible à ce moment-là, entre 3 et 5 minutes, on ajustera, mais on a une obligation de libérer cette salle à 15h. Et je commence tout de suite par donner la parole à François Ruffin, qui a souhaité, dans l'organisation qui est la nôtre, pouvoir vivement organiser ce débat pour un plan de redressement heureux de la France. Il n'y a pas de fanfare aujourd'hui, mais en tout cas, je sais qu'il a l'habitude de vouloir coller des affects positifs aux questions politiques qui nous sont posées.
C'est pour ça qu'on a cet intitulé pour un plan de redressement heureux de la France. Et je lui cède la parole tout de suite. Merci beaucoup Tristan. D'abord, un mot pour vous remercier, pour remercier Fabien, Eva, Clémentine, Alexandre, d'avoir répondu au plaie élevé, sans hésiter, en plein été, oui, on vient, pas de soucis, et que ça se fasse avec facilité. Et c'est parfait.
Et je pense, je le développerai dans le meeting qui suivra, mais ça va vous paraître paradoxal, je pense que nous avons une chance, nous avons une chance que le débat public soit sur la question fiscale, soit sur la question de qui va payer, et que d'emblée, et même au-delà de cette salle, la gauche est unie sur cette question, sur cette question fiscale, ce qui nous peut poser la possibilité de gagner. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, nous sommes les gens sérieux, nous sommes les gens responsables, et les irresponsables et le chaos, ce sont eux.
Moi, j'étais membre de la Commission nationale sur la dette publique qui s'est déroulée après le Covid, lancée par les Républicains à l'Assemblée nationale, et que venaient dire tous les économistes qui défilaient, et y compris le gars de la Cour des comptes, ils venaient dire, écoutez, on a augmenté le déficit public de 1,7 point, pourquoi ? Parce qu'on a diminué les recettes de 1,7 point. Et que c'est les baisses d'impôts d'Emmanuel Macron à hauteur de 55 milliards d'euros par an qui font qu'on se retrouve aujourd'hui avec des caisses vides.
J'accuse, moi, j'accuse le Président de la République d'avoir mené cette politique, d'avoir mené cette politique suppression d'impôts de solidarité sur la fortune, flat tax, exit tax. Ensuite, il y a, ce que je ne remets pas en cause, le coûte que coûte de la crise Covid. Mais après la crise, quand on a sorti le carnet de chèques comme ça, venir continuer, continuer avec une politique de l'offre. Mais à qui on offre ? On offre aux grandes sociétés avec la baisse de l'impôt sur les sociétés. On offre aux grandes sociétés avec la baisse de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises. Donc, et mener là une politique qui est à la fois ruineuse, injuste et inefficace.
Et, quand je dis ça, je dis que non seulement, j'accuse non seulement le Président de la République de mener cette politique, mais je l'accuse de le faire exprès. Je l'accuse de l'avoir fait consciemment, de l'avoir fait méthodiquement, et qu'à toutes les étapes, cent fois, mille fois, nous avons sonné l'alerte et nous avons dit nous ne pouvons pas vider les caisses de l'Etat comme ça. Et il a continué à le faire. Pourquoi il a continué à le faire ? Je suis retombé sur un article d'actes de la recherche en sens social qui s'appelle la politique des caisses vides et qui retrace l'histoire de cette politique-là.
D'abord, des ministres des Finances suisses au début du XXe siècle qui dit qu'il faut toujours terminer une année en déficit. c'est une manière de mettre une contrainte aux demandes populaires. Ensuite, ça va être Reagan, les libéraux qui, dans toutes les années 80, vont développer cette théorie qu'il faut du déficit parce que c'est la meilleure manière de faire une privatisation de l'Etat et d'interdire, en vérité, des politiques ambitieuses, des politiques sociales. Et donc, là, on a un plan Bérou. Je m'excuse, mais prononcer le mot Bérou, déjà, ça lui fait beaucoup d'honneur.
Il appartient au passé, il est dépassé, il a normalement pris un billet d'avion, il fait ses cartons pour Matignon. Bon, voilà. Et alors, ajouter le mot plan à ce qui nous a prendu, c'est quand même un double honneur. Bon, mais les choix qui sont faits de qui doit payer, c'est-à-dire de dire, ben voilà, c'est les salariés, c'est les retraités, ce sont les malagues de longue durée plutôt que les rentiers, les héritiers, les financiers qui se gavent depuis 8 ans. C'est en fait prolonger la politique d'Emmanuel Macron, de Robin Desbois à l'envers, qui a tout donné aux riches et maintenant qui veut faire payer les pauvres et les modestes derrière.
Nous, j'ai souhaité qu'il y ait cet atelier aussi parce qu'au début de l'été, avant même les annonces du Premier ministre, nous avions lancé un plan de redressement avec les experts qui sont autour de Debout. En se demandant, voilà, comme on prend au sérieux la dette, Karl Marx considérait que la dette était une forme d'aliénation de l'État parce que les impôts des Français, les impôts des salariés ne devaient pas servir à payer des financiers. Donc nous prenons au sérieux la dette.
Maintenant, la manière qu'a la proposition de réduire de manière aussi brutale que ça et de mettre vraisemblablement un coup de frein dans la montée qui est déjà la montée économique du Premier ministre, n'est pas raisonnable. On a missionné nos experts qui nous ont proposé un plan de redressement que j'ai ici et qui disent qu'on pourrait réduire la dette de manière deux fois moins rapide et de manière à ce que ça soit beaucoup plus juste. J'ai tenu à ce qu'on appelle ça non pas un contre-budget, mais beaucoup plus largement un plan de redressement. parce que si le souci aujourd'hui n'était que budgétaire pour notre pays, ça serait parfait.
Je veux dire, c'est une question de tuyauterie, on réglerait ça avec un peu d'ingénierie fiscale et pas de souci. Mais en vérité, le problème est beaucoup large que ça parce que non seulement on a dépensé des centaines de milliards, on a aggravé notre dette de 1 000 milliards, mais en plus, ce n'est même pas pour investir. Ce n'est même pas pour investir sur l'avenir. Ce n'est pas comme si il y avait un usage pour faire passer les marchandises de la route sur le rail qui avait été mené avec un grand plan rail. Ce n'est pas comme si on avait eu un grand plan logement alors qu'on a 3 millions de Français qui sont en demande de logements sociaux.
On a des foyers qui consacrent 30 à 50 % de leur budget au logement alors qu'on a 5 millions de passoires thermiques dans le pays. Ce n'est pas comme si il y avait un projet gigantesque là-dessus. Et c'est pour dire qu'il y a la possibilité, oui, d'un redressement heureux. Pourquoi j'ajoute nous ajoutons l'adjectif heureux ? Parce que je pense que s'il y a le plus déprimant chez François Béroux, chez Emmanuel Macron et chez tout cela, quand Béroux annonce qu'il va falloir réduire les dépenses de santé, qu'un fonctionnaire sur trois ne sera pas remplacé, qu'il faut vendre le patrimoine immobilier de l'Etat, qu'il va falloir travailler davantage.
Et on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas pourquoi. C'est-à-dire qu'il nous propose des moyens qu'on trouve injustes, mais par ailleurs, je pense que le pire, c'est que ça tourne en rond. Ça fait finalement 30 ans, en fait, les 30 ans du plan Juppé aujourd'hui, on a l'impression d'en avoir une copie et les Français s'étaient déjà soulevés en décembre 1995, mais surtout, ça n'ouvre pas d'horizon. Et je pense que ce qui est le plus terrible pour les gens aujourd'hui, c'est de ne pas avoir d'horizon.
C'est d'avoir le ciel qui pèse sur l'avenir comme un couvercle, pour parodier Baudelaire, et d'avoir cette inquiétude qui devient une certitude que nous vivons moins bien que nos parents et que ça sera pire pour nos enfants. Et je crois que, au-delà des trajectoires budgétaires, ce qu'on doit soulever, c'est ce couvercle, plutôt que d'avoir des dirigeants qui appuient dessus.
Et c'est ce qu'ont fait, nos experts, en disant, non seulement il y a les moyens, en allant gratter sur le crédit impôt recherche, en allant gratter sur tout ce que tu as chiffré, Fabien, d'aide aux entreprises, mais aussi en allant taxer le patrimoine, y compris comme des riches sont venus nous le dire à l'Assemblée nationale, un marque bâti, taxez-nous, taxez-nous sur nos héritages, taxez-nous sur nos patrimoines, parce que tous les riches ne sont pas des gens qui nagent dans les eaux froides du calcul égoïste. Et donc, il y a ça. Mais le deuxième volet, c'est de dire, oui, on peut investir en même temps.
On peut investir pour l'éducation, on peut investir, et il faut absolument qu'on noue notre rôle et de venir déboucher cet horizon. Je vous remercie d'être là pour en discuter, et je vous remercie aussi nos experts, anonymes, mais qui ont travaillé pendant tout l'été, non pas comme des cigales, mais comme des fourmis, pour que nous soyons auprès, le moment venu, avec un plan de redressement pour notre péri. Merci à vous. Merci beaucoup, François. Le temps a été parfaitement maîtrisé. Ça commence très très bien. Je vais donner la parole dorénavant à Eva Sasse, députée de Paris, qui va nous dire quelques mots.
C'est un exercice périlleux dans un rassemblement de la gauche, que de nous dire quelles économies nous pourrions faire sur le budget, mais aussi, et ça, ce sera moins surprenant pour une écologiste, quelle fiscalité écologiste demain pour un budget de gauche et écologiste.
Merci beaucoup, Tristan. Bonjour à toutes et à tous. Je suis très heureuse d'être là, effectivement, et tu as raison, François. J'ai répondu tout de suite, très spontanément, que j'étais d'accord pour venir avec vous parce que je crois qu'il y a une forte convergence. Et c'est en t'écoutant, François, je me disais que je suis vraiment d'accord avec tout ce qu'il dit. Il y a, au moment où nous parlons, en tout cas, une convergence extrêmement forte dans l'ensemble de la gauche sur les questions budgétaires et fiscales.
C'était d'ailleurs la difficulté pour cette table ronde, c'était de trouver comment se différencier, en tout cas, comment apporter chacun sa pierre à cet édifice puisque nous partageons vraiment le même diagnostic. Oui, ce sont les recettes fiscales qui manquent et les mêmes orientations. Oui, il faut retrouver des marges de manœuvre en matière de recettes fiscales. C'est la principale chose qui nous rassemble à gauche.
Trouver des marges de manœuvre fiscales, à commencer par les plus riches, avec Clémentine, on a défendu la taxe Zuckmann et je crois que Clémentine avait raison de proposer ça pour la niche écolo puisque c'est elle qui a pensé puisque maintenant c'est vraiment au cœur du débat public et je voudrais commencer par vous partager ma lecture d'été qui vous réjouira. Les 500 plus grandes fortunes de France, je laisserai Clémentine parler de la taxe Zuckmann mais vraiment juste pour dire que je vous invite vraiment à lire, vous verrez, c'est très surprenant.
Ils nous disent de façon très spontanée et très claire que oui, la France est un paradis pour les plus riches et que oui, ce ne sont pas des self-made man puisqu'il y a 44% des fortunes françaises qui sont des héritiers. Donc le mythe de l'entrepreneur qui a fait tout seul sa richesse, maintenant il faut tourner la page et je crois que nous avons vraiment eu raison de mettre ça à l'argent. Alors un point donc en complément de ce que diront tous mes collègues et que je partage sur la fiscalité environnementale parce que c'est vrai qu'on en parle un peu moins en général.
Je voudrais dire qu'en matière de fiscalité écologique comme de manière générale en matière fiscale, il faut commencer par taxer les plus riches parce que ce sont les plus gros pollueurs et parce qu'il n'y aura pas d'effort collectif si certains sont épargnés, si les plus riches sont épargnés de cet effort. Donc moi pour le PLF pour le projet de loi de finances 2026, je défendrai en particulier une taxation des jets privés. Pourquoi ? Parce que l'année dernière a été augmentée la taxe sur les billets d'avion et bien les propriétaires de jets privés en sont épargnés. Donc il faudra mettre en place aussi une taxe sur les jets privés.
Et deuxième chose qui me paraît importante aussi, aussi parce que justement on a taxé les billets d'avion, et bien il faut avoir une taxe sur les grands voyageurs aériens parce que ce ne sont pas tous ceux qui prennent l'avion qui émettent le plus de gaz à effet de serre. Il y a une minorité les plus riches qui font un maximum de voyages en avion et ce sont eux qui sont responsables des émissions de gaz à effet de serre et ce sont eux qu'il faut taxer.
Il faudra bien sûr aussi s'attaquer aux niches fiscales néfastes au climat mais je voudrais vous parler aussi d'un autre sujet dont on parle moins aussi c'est que nous écologistes nous pensons qu'il ne faut pas seulement aligner notre système socio-fiscal avec les objectifs écologiques, il faut aussi l'aligner avec nos valeurs féministes. Et en particulier nous défendrons, nous l'avons déjà défendu au dernier projet de la finance mais nous le défendrons à nouveau, la défiscalisation des pensions alimentaires parce que ce sont les femmes qui aujourd'hui payent des impôts sur une pension alimentaire sur laquelle elles ne devraient pas payer d'impôts.
Dans le même sens, nous défendrons aussi la déconjugalisation de la prime d'activité parce qu'aujourd'hui vous savez que les revenus du conjoint comptent dans la prime d'activité, ce n'est pas normal et nous défendrons comme nous avons toujours défendu l'individualisation de l'impôt. En fait, il faut que notre système fiscal sorti de ce système patriarcal que les impôts d'une femme ne dépendent pas des revenus du conjoint. Alors je vais venir à la partie sur laquelle tu... qui est effectivement la plus difficile, est-ce qu'il faut faire des économies ?
J'ai commencé par dire une chose, je pense qu'il faut vraiment tordre le coup à cette idée qu'il y a une bureaucratie en France que répète la droite de façon constante sur, oui, il y a des milliards à aller chercher à cause de la bureaucratie.
Je me tourne vers Fabien parce que moi, je trouve que la meilleure réponse c'est le rapport sénatorial qui a été fait par en l'occurrence Christine Lavard, donc les républicains, qui nous dit que même en regardant toutes les agences et les opérateurs de l'État, eh bien au maximum, on pourrait gratter 540 millions d'euros et non pas 2 à 3 milliards comme le dit Amélie de Montchalin et encore plus comme le disent d'autres ténors républicains ou au Rassemblement National. Donc il faut arrêter, il faut tordre le coup à ce préjugé qui aurait une bureaucratie en France sur laquelle on pourrait faire des tas d'économies.
En vérité, si derrière chaque opérateur, derrière chaque agence, il y a des politiques publiques et si on maintient ces politiques publiques, eh bien il n'y aura aucune économie à faire de ce côté-là. Mais je pense quand même qu'il y a quelques économies à faire. Toute dépense publique n'est pas judicieuse et moi je pense à 2 choses en particulier. Je pense aux dépenses de médicaments. Il y a plus de 40 milliards d'euros de dépenses de médicaments en 2023, 80% sur les médicaments innovants et ces médicaments, aujourd'hui, ils sont facturés une fortune par des industries pharmaceutiques qui s'en mettent plein les poches, il faut le dire.
Et la Cour des comptes a montré qu'on pourrait économiser 1,2 milliard en renégociant les tarifs avec l'industrie pharmaceutique. Voilà un endroit où on peut aller chercher de l'argent. 2 000... Oh là là... On peut aussi aller chercher de l'argent sur l'apprentissage. On a soutenu la réforme qui a été faite et bien sûr, la principale économie, c'est Fabien qui en parlera, ce sont sur les aides aux entreprises. C'est le seul domaine sur lequel on ne cherche pas l'efficience de la dépense publique. et bien nous pouvons, nous pouvons, sur les aides publiques aux entreprises, bien sûr, aller chercher des économies importantes.
Comme il ne reste plus que deux minutes, je voudrais dire aussi là où il ne faut pas aller chercher des économies, là où on ne peut plus gratter. Il y a bien sûr l'hôpital public qui est déjà en déficit de 3,5 milliards d'euros. Il y a bien sûr les prestations sociales. L'année blanche, c'est la chose la plus injuste. Ce sont les 5% les moins riches qui vont perdre 1% de pouvoir d'achat. Ça a été démontré. Donc ça, c'est les endroits où il ne faut pas aller chercher des économies. La troisième chose sur laquelle il ne faut pas aller chercher des économies, c'est la transition écologique. Il y a eu 2,1 milliards d'économies l'année dernière sur le budget de l'écologie.
Résultat, en 2024, on a fait seulement 1,8% de baisse des émissions de gaz à effet de serre et ce qui est prévu pour 2025, c'est 1%. Je vous rappelle que pour remplir nos objectifs écologiques, il faudrait au moins 5%. On est en train de s'écarter fondamentalement de nos engagements internationaux et c'est grave pour l'habitabilité de la planète, c'est grave pour l'écologie, mais en plus, c'est idiot du point de vue économique parce qu'il n'y aura pas d'économie prospère dans un monde qui brûle. Aujourd'hui, il faut savoir que les bénéfices des entreprises, jusqu'à 25% des bénéfices des entreprises sont directement menacés par le dérèglement climatique.
Donc l'écologie, ce n'est pas seulement bon pour l'économie, c'est nécessaire pour l'économie. Et dernière chose, pour conclure, je voudrais reprendre l'alerte qu'Anne-Laure Delatte nous faisait aujourd'hui des écologistes sur les dépenses d'éducation. Je ne sais pas si vous avez lu la dernière étude de l'Institut des politiques publiques qui montrait qu'en dépense par élève dans le primaire, on est aujourd'hui 18e sur 24 en Europe. 18e sur 24, ça veut dire qu'on compromet l'avenir de la France. Nous ne serons plus un grand pays si nous n'investissons pas dans la transition écologique et si nous n'investissons pas dans les dépenses d'éducation.
Donc je vous invite toutes et tous à vous mobiliser parce qu'il va falloir défendre ces budgets-là contre les coupes budgétaires que propose Bayrou.
Merci beaucoup Eva. Avant de donner la parole à Fabien, je voulais juste rebondir sur un mot que tu as employé en parlant d'année blanche. Je me souviens que l'année dernière, au moment où le budget était en difficulté d'être voté, on nous disait attention l'année prochaine, ça va être la loi spéciale et ça va être l'année blanche, ça va être le chaos. Aujourd'hui, quel est le projet de Bayrou ? L'année blanche. Je passe là-dessus mais je trouve quand même qu'il y a une forme de paradoxe qui est intéressant. Fabien, il va nous parler de l'assistanat mais pas de celui que l'on connaît.
On a l'habitude de considérer que les aides sociales seraient un fardeau, qu'elles pèseraient lourdement sur le déficit et la dette de la France mais tu as sorti un rapport sénatorial dernièrement qui a beaucoup fait parler. Je te laisse en parler. Bonjour à toutes et tous. D'abord, je remercie François, Clémentine et toutes les équipes de Génération d'après et debout pour l'invitation. Moi, je trouve qu'à gauche, nous avons le devoir de nous parler, d'échanger et évidemment, pour gagner, nous devrons être unis et donc, pour être unis, il nous faut échanger, dialoguer et trouver des chemins communs.
La deuxième chose, Tristan, moi, je ne sais pas comment ils font, moi, je n'ai pas de temps dans la tête donc moi, il faut essayer de me couper. Moi, je vois François, il rigole et Clémentine parce qu'ils me convaincent un peu, c'est quasi impossible. Même l'archer essaye mais il n'y arrive pas. Donc moi, n'hésite pas à m'enlever le micro parce que je peux parler des autres. Bon, vous m'avez invité à parler des aides publiques et du rapport évidemment sénatorial qui continue à faire beaucoup jacter. Il y a deux jours, je n'étais pas dans une assemblée de gauche, j'étais au MEDEF, invité pour la première fois dans un autre chaudron.
Je vous avoue que je n'ai pas beaucoup été applaudi donc ça fait un peu chaud au cœur d'être ici aujourd'hui. Mais évidemment, de tenter de porter une contradiction au moment où l'ensemble des intervenants et des intervenants disaient qu'il fallait une nouvelle politique de l'offre.
Alors j'avais dit ah bon, je ne croyais pas qu'on était entrés dans une politique néo-marxiste en étant à côté de Catherine Vautrin donc je lui dis pardon mais donc il paraît qu'on serait sortis de la politique de l'offre leur entendre de demander de nouveaux cadeaux fiscaux donc j'ai rappelé évidemment le CICE le badge 1 million d'emplois il en était beaucoup question d'ailleurs pendant la commission d'enquête parce que d'ailleurs je le redis le seul qui a refusé de venir débattre et échanger avec nous c'est François Hollande et moi je pense qu'il aurait été bien que François Hollande vienne à la commission d'enquête pour s'expliquer sur le CICE qu'a coûté la bagatelle de 96 milliards d'euros pour 100 000 emplois créés et donc ça c'est une vraie question et d'ailleurs je l'ai redis au MEDEF ça continue à peser extrêmement fort et à juste raison dans la tête des travailleurs et des travailleuses c'est une politique de l'offre qui à mon avis il ne faut absolument pas renouveler bon alors le pourquoi on a fait ça vous vous rappelez en novembre dernier Michelin Auchan annonce des suppressions d'emplois donc on s'est posé la question comment être le plus utile et le plus efficace dans la bataille des idées et donc on s'est creusé la tête et on s'est dit bon est-ce qu'on prend l'angle des licenciements mais connaissant le patronat parce que ça fait 8 ans que je suis parlementaire 8 ans vice-président à la commission des affaires économiques j'ai vu à peu près 150 patrons défiler à la commission des affaires économiques et donc je savais pertinemment que si on venait sur la question des licenciements ils allaient nous bananer nous dire que c'est la grande compétition internationale fermez le banc il n'y a plus rien à voir donc on s'est dit il y a une des questions qui avait d'ailleurs été souvelée par Michel Barnier devant l'Assemblée nationale mais aussi au Sénat interpellé notamment par des élus de gauche nous allons demander des comptes à Michelin et Auchan sur l'utilisation de l'argent public d'ailleurs on a auditionné et l'IGF et l'actuel ministre de l'économie et donc la demande de Michel Barnier premier ministre n'a pas été réalisée ni par l'administration ni suivie par le gouvernement d'après donc nous on s'est dit bon ben on va demander des comptes sur la question de l'utilisation de l'argent public d'ailleurs on va faire venir 33 PDG assez inédits au Sénat je vous avoue que ça a fait beaucoup de remous parce qu'un seul communisme et dans une majorité Alexandre connaît bien aussi il a mené une commission d'enquête sur Nesney en majorité de droite sénatoriale et moi il m'avait collé les plus libéraux de la bande pour essayer de m'encadrer et globalement ils étaient extrêmement hiqués sur la question et on s'est dit pour la première fois on va demander d'abord la question de la transparence parce qu'il y a quand même quelque chose qui était fou c'est que donc on compte 2267 dispositifs et l'état n'est en incapacité de nous dire combien elle distribue à qui et quel volume et on a auditionné l'inspection générale des finances l'ADG FIP le trésor l'ADGE direction générale des entreprises bref on a fait tous les étages de Bercy et ils sont en incapacité de vous dire donc le gros travail que nous avons effectué pour la première fois c'est de recueillir toutes les données que nous avons confiées à deux data scientistes du Sénat qui ont retranché les choses ont travaillé quasi les six mois et qui ont donc pour la première fois objectivé à partir de données chiffrées des différents ministères et de la BPI qui est le bras armé de l'état notamment sur les dépenses et investissements en matière d'entreprise à ce chiffre de 211 milliards chiffre qui est vous l'avez vu beaucoup commenté François m'a envoyé un texto cette semaine puisque François Langlais a fait un édito bon bref j'ai eu toute la bande des toccards économistes Dose Béthou enfin bref ils sont tous venus un par jour pendant l'université des MEDEF donc chiffre bidon Fabien Guay zéro enfin bon j'ai eu tout où ils mélangent à peu près tout par exemple Trenn l'idée ils l'ont répandu que dans les 211 milliards on avait additionné aussi les 4 milliards de l'audiovisuel public la retraite de la SNCF la RATP donc j'ai redit à l'ensemble de ces économistes que page 185 du rapport j'invite chacun à le lire nous avons exclu toutes les compensations pour gestion de services publics dont l'audiovisuel public n'est pas compté etc.
etc. donc on arrive à un chiffre de 211 milliards qui se décompose ainsi des dépenses budgétaires donc des aides directes des aides fiscales des aides fiscales déclassées et les exonérations de cotisations patronales c'est ce chiffre de 77 milliards qui est beaucoup commenté tout le monde nous a dit y compris ah non pas deux minutes attend tout le monde j'arrive pour une minute une minute trente tout le monde nous a dit y compris les ministres il faut ajouter les exonérations de cotisations patronales pourquoi ?
il y a 30 ans vous aviez un capitalisme qui avait des aides directes et depuis 30 ans ils ont compris que les aides directes ça passait mal donc ils l'ont réduit à portion congrue et on est venu faire des dépenses fiscales c'est à dire des exonérations par exemple la taxe au tonnage donc vous ne donnez pas 5,7 milliards à CM à CGM vous l'exonérez de 5,7 milliards d'impôts mais de fait c'est 5,7 milliards d'impôts qui manquent au pot commun et c'est vous contribuable qui faites évidemment la compensation exactement la même chose avec les cotisations sociales patronales je le redis au MEDEF c'est d'abord un vol du salaire des travailleurs parce qu'il y a le salaire net le salaire brut et le salaire super brut la cotisation patronale c'est une partie de votre salaire lorsqu'on l'exonère on vous vole du salaire mais le pire ce n'est pas ça c'est qu'en plus en tant que contribuable vous venez compenser cela donc on vous vole une partie de votre salaire et en plus de la main droite c'est vous qui compensez l'affaire coûte maintenant 77 milliards d'euros je finis par vous dire que la dernière chose c'est que Bayrou au commissaire au plan avait fait un rapport avec France Stratégie en 2020 il comptait les exonérations de cotisations patronales et lui il trouvait le chiffre de 223 c'est à dire qu'il est plus à l'extrême gauche que le sénateur communiste voilà ce qu'il faut en regarder on a proposé 26 propositions moi c'est ça sur lequel il faut s'attarder maintenant je vais en développer deux très rapide la première non mais la première et je reprendrai pas la parole à la fin je donnerai tout mon temps à Eva pour qu'elle conclue la première question c'est la transparence on est à fond sur la transparence les prestations sociales d'horses les chômeurs etc mais alors la transparence autour des 211 interdit on a réussi pour la première fois que 33 PDG et pas les moindres les plus puissants du CAC 40 viennent donner les chiffres nous en appelons maintenant que le débat ait lieu dans les 4 500 000 entreprises et que ce débat ait lieu avec les délégués syndicaux parce qu'ils sont les plus à même à savoir à quoi sert le pognon et la deuxième chose il faudra mieux suivre mieux évaluer etc mais il y a quand même un truc incroyable c'est que évidemment l'argent public est contrôlé par le fisc mais la seule question qui est c'est qu'il n'y a aucun suivi aucune évaluation et aucune contrepartie demandée à ces 211 milliards c'est ça le problème nous nous proposons une chose et nous l'avons dit de façon commune avec la droite libérale on donne de l'argent une condition un objectif et si ça n'est pas rempli vous rendez l'argent voilà comment ça doit se prendre et nous éviterons comme cela qui est les scandales que nous connaissons j'ai vu tout à l'heure Gaëtan j'ai vu tout à l'heure Gaëtan d'Arcelor etc avec ça par exemple les 292 millions d'euros si l'argent ne sert pas à décarboner alors Arcelor devra les rembourser et enfin la toute dernière idée pardon elle me tient à coeur on a réussi un truc incroyable je te jure c'est la dernière permets-moi de la dire parce que celle-là elle nous tient à coeur ici à toutes et tous ça fait des années que nous la portons et nous avons réussi à l'imposer dans le débat d'idées dans la commission avec une droite majoritaire l'argent public ne peut pas servir les actionnaires il faut déduire le montant des aides publiques du montant distribuable des actionnaires ça c'est une grande idée et donc nous pouvons l'imposer parce que si la droite sénatoriale l'a votée alors croyez-moi nous sommes majoritaires dans le pays merci beaucoup je me mets à je me mets un instant à la place de la droite sénatoriale et des patrons que tu as pu auditionner je mesure combien l'exercice a dû être difficile pour eux je dois dorénavant céder la place la parole à Alexandre qui va nous parler d'héritage on a à gauche c'est vrai pendant des années beaucoup discuté des flux des salaires de la fiscalité des budgets annuels et c'est vrai que peu à peu dans le débat public vient l'idée qu'on puisse s'intéresser un peu au stock à ce qui de génération en génération est accumulé et qui aujourd'hui étude après étude on apprend que ça forme dorénavant pour l'essentiel de ce qui explique la richesse et où d'ailleurs la pauvreté des personnes c'est à dire ce que l'on perçoit en héritage que c'est un domaine qui explique beaucoup des inégalités de notre société tu as particulièrement travaillé sur le sujet donc je te laisse en dire quelques mots merci beaucoup merci bonjour à tous merci les amis de l'invitation ça fait plaisir de vous retrouver tous Fabien que je vois plus souvent que les autres mais François avec qui on se croise en Picardie avec qui on a passé quelques nuits sur l'histoire du nouveau front populaire et de son chiffrage et Clémentine avec qui on partage beaucoup de combats donc merci beaucoup pour tout ça peut-être dire que si on n'a pas parlé d'héritage pendant des années parce que à la vérité c'est un peu attaquer l'Himalaya par la face nord ce truc il faut dire les choses simplement c'est l'impôt le plus détesté des français c'est l'impôt le plus surévalué par les français et c'est la construction politique la plus naturalisée je me souviens de la campagne 2017 je crois Sarkozy qui dit non 2012 donc Sarkozy qui dit dans un meeting c'est un meeting où Guénaud lui avait préparé un discours il arrive à la fin et puis il dit on avait dû proposer quelque chose sur l'héritage qui n'était pas très ambitieux mais qui quand même était intéressant et il dit l'héritage cite Victor Hugo c'est la main du père à travers le tombeau donc nous on doit se battre avec ça d'accord c'est quand même le point de départ c'est pas facile mais il faut qu'on se batte avec ça pourquoi parce que nous sommes en train de basculer de plus en plus vers une société d'héritier qu'appelle-t-on une société d'héritier c'est une société dans laquelle les positions sociales ne sont plus acquises par le travail une société dans laquelle l'héritage pèse tellement lourd que la mobilité sociale le travail des individus n'existe plus ou n'a plus d'effet je vous donne un chiffre pour que vous vous en rendiez compte en 1980 dans la part du patrimoine des gens l'héritage représentait 30% aujourd'hui il en représente 65% donc votre naissance surdétermine la manière dont vous allez pouvoir mener votre vie et donc nous notre travail je crois c'est de commencer par faire une grande entreprise de démystification sur l'héritage lorsqu'on demande aux gens quel est le taux de l'impôt sur l'héritage ils vont répondre le taux est de 45% la réalité c'est qu'aujourd'hui dans ce pays il y a déjà plus de la moitié des français qui payent pas du tout de taxation sur l'héritage puisqu'il y a un abattement à 100 000 euros et que le patrimoine médian dans le pays c'est à dire le français qui coupe la société française en deux il a 70 000 euros de patrimoine donc c'est déjà un sujet qui ne concerne pas tout le monde premier point deuxième point pour démystifier l'imaginaire qu'on a avec l'héritage qu'est-ce que c'est c'est vous savez cette idée qu'on va transmettre à un jeune actif qui se lance de la vie de quoi y aller c'est vrai qu'en 1820 les gens héritaient à 25 ans ça existait au 19ème siècle cette idée là aujourd'hui vous héritez en pleine propriété à 60 ans donc vous transmettez à des jeunes retraités qui ont déjà fait leur vie un héritage pour se lancer dans la vie donc ça c'est une image qu'il faut qu'on arrive à déconstruire et à se sortir de la tête si on veut réussir à faire quelque chose d'important sur cette question donc on a tous ces points là qui sont importants et puis il y a la question aussi de l'opportunité du moment dans lequel on est on est dans un moment où je vais essayer de le dire le mieux que je peux la génération du baby boom au 10ème siècle on disait est en train de basculer ça veut dire est en train de partir et donc vous avez dans les 15 ans qui viennent 9000 milliards d'euros qui vont passer de main en main d'accord d'héritier en héritier et aujourd'hui vous taxez le flux successoral à 5% si on passait à 9% on paye toute la transition écologique pour le pays toute la transition écologique pour le pays de 5% à 9% donc ça c'est le moment politique c'est celui que les économistes appellent la grande transmission ce moment qui va basculer avec nous et puis il y a aussi un moment politique parce que ce que disait François tout à l'heure il évoquait le séminaire qu'il a organisé à l'assemblée sur ce sujet on est dans un moment où il y a une prise de conscience d'une partie des libéraux alors ils ne le font pas sur les mêmes bases que nous mais conceptuellement ils ont aussi un problème avec l'héritage puisqu'ils sont censés croire à la capacité ils sont censés croire à ce que ce soit les meilleurs qui gagnent etc donc ils ont un problème conceptuel avec l'héritage ils ont un problème et d'ailleurs certains même dans le camp macroniste commencent à se dire qu'il y a un sujet de ce point de vue là donc c'est un sujet sur lequel il faut que nous nous puissions avancer et travailler parce que c'est un point qui me semble tout à fait tout à fait capital et puis il faut redonner du sens et de la philosophie politique à l'impôt quelque chose de plus profond je ne sais pas si ça va faire plaisir à Fabien mais en 1863 il y a eu un gros débat à Bâle entre Bakounine et Marx Marx était complètement opposé à la question de fiscalité des transmissions il disait tout ça c'est de la blague la seule chose qui compte c'est l'expropriation face à lui il y avait Bakounine qui lui disait non non il faut un socialisme de la transmission et puis il prenait sa source chez Robespierre parce que Robespierre disait les transmissions ça a quelque chose de doux puisque c'est ce moment suspendu de la mort où les biens n'appartiennent plus à personne on n'exproprie personne quand à la fin de la vie tout d'un coup les biens sont comme suspendus il n'y a rien de naturel à ce que cela vienne aux enfants immédiatement c'est l'héritage c'est la question sociale et d'ailleurs dans le droit français il y a obligation faite de transmettre à ces enfants on ne peut pas déshériter ces enfants c'est donc la loi civile qui institue la manière dont les héritages sont partagés donc moi je crois que nous sommes à un moment où il nous faut je regarde le temps ça va j'en ai un petit peu où il nous faut terminer la révolution française aujourd'hui on a acquis pour nous que c'est ce qu'on a fait en terminant la monarchie que le pouvoir politique ne se transmettait pas on a acquis pour nous que les métiers ne se transmettait pas de père en fils et que les gens étaient émancipés pourquoi il demeure la transmission du pouvoir économique pourquoi pourquoi quand vous avez quand vous avez les 10% le premier décile de la population qui hérite de 4,2 millions d'euros en moyenne je crois que les gens si on leur explique ce qu'il y a derrière l'héritage ce qu'il y a d'injustice tout ce qu'on pourrait payer avec l'héritage et qu'ils ne sont pour l'essentiel pas concernés du tout ils peuvent y adhérer et puis le dernier argument peut-être pour convaincre ceux qui ont le coeur dur et sur les questions d'efficacité économique qui sont plus importantes pour eux je prends souvent cet exemple c'est malheureux pour lui mais c'est Lagardère le fils Lagardère vous savez ce que c'est de transmettre des héritages à des gens qui sont des incapables mais ça fait des destructions massives de richesses pour le pays vous donnez le pacte d'Utreil qu'il faut évidemment réformer donc vous êtes dans une situation où vous vous retrouvez à transmettre des sommes colossales à des individus qui dilapident des empires en quelques années et il y a des études très précises qui montrent que le taux de rentabilité dans les entreprises héritées baisse baisse parce que les gens sont évidemment moins capables parce que c'est pas le système des capacités qui les apportait aux responsabilités donc voilà moi je pense qu'il faut aller à la source de la réflexion philosophique presque sur cette question de l'héritage qu'il faut terminer la révolution française et qu'il faut le faire avec un beau socialisme de la transmission voilà je vous remercie merci beaucoup et pour conclure ce premier tour de table je vais donner la parole à Clémentine Autain que je ne présente plus mais peut-être juste en soulignant deux de ses travaux ou en tout cas son travail qu'elle a mené de manière conjointe avec Eva dernièrement à l'Assemblée nationale qui nous a permis d'avoir une première victoire sur la taxe Zucman qui je le rappelle à l'occasion de la niche écologiste a permis d'être adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale merci à Clémentine et à Eva pour ce travail et puis et puis souligner le fait et elle nous en parlera certainement l'initiative qu'elle a prise hier je crois de solliciter un référendum puisque le président de la République nous avait dit au début de l'année vouloir mettre des sujets au débat directement au suffrage des Françaises et des Français bah chiche pourquoi pas les questions fiscales je te laisse en parler Clémentine
bonjour à toutes et tous d'abord vous dire le plaisir que nous soyons rassemblés l'après debout génération pour cette première journée d'été on parle pas d'université d'été je suis très heureuse qu'on le fasse aujourd'hui à Châteaudun et le fait que nous ayons cette table ronde des gauches et des écologistes dans leur diversité pour tenir un discours qui est un discours commun c'est fondamental sur la question qui est la question cruciale comment redresser notre pays alors moi je voudrais vous parler de deux niveaux il y a un premier niveau c'est des solutions de court terme face au blocage devant lequel se trouve notre pays et le deuxième niveau c'est comment on arrive à enclencher une révolution de fond copernicienne dans la façon dont est aujourd'hui géré l'Etat donc d'abord l'urgence budgétaire parce que tu viens de le dire j'ai pris une initiative hier je réfléchissais je me dis mais comment on se sort de là là tout de suite on a quand même un budget qui doit être bouclé pour 2026 des français qui sont pour la justice fiscale et un gouvernement qui nous met la tête à l'envers en nous faisant passer des choix politiques pour de la fatalité pour des évidences il n'y aurait pas d'alternative on connait la chanson depuis Margaret Thatcher or si on en revient au peuple il y a une possibilité de dénouer la situation et donc je propose très simplement un référendum pas avec le tout de ce qu'on raconte là mais juste trois mesures trois mesures de justice fiscale qui permettent de faire rentrer de nouvelles recettes dans le budget de l'état pourquoi je veux faire ça d'abord parce que c'est l'aspiration des français on le sait on l'entend à la fois ils nous disent on paie trop d'impôts le mot d'impôt est mal malvenu et je les comprends parce qu'on les ponctionne toujours plus et ils en ont toujours moins et deuxièmement parce qu'il faut bien trouver une solution à la situation dans laquelle Macron Bayrou nous ont mis c'est à dire qu'ils ont pris dans la poche de ceux qui ont le moins pour sans arrêt remplir celle de ceux qui ont le plus à tel point qu'aujourd'hui Bernard Arnault ou François Pinault paient deux fois plus d'impôts de taxes et de cotisations sociales que leur secrétaire ou leur chauffeur deux fois moins on aimerait je prends mes rêves pour des réalités j'ai pris mes rêves pour des réalités deux fois moins deux fois moins ça dit quelque chose si on prend tous ceux qui sont dans cette salle l'écrasante majorité des français nous payons nous 50% de taxes de cotisations sociales et d'impôts globalement et les milliardaires les ultra riches eux n'en payent que 27% et bien cette situation elle est inacceptable tout simplement avec trois mesures de justice fiscale non seulement on trouve les 44 milliards que François Vahirou veut prendre dans les poches des français à commencer par ces deux jours fériés qu'il veut nous enlever après nous avoir enlevé les deux plus belles années de la retraite c'est quand même le scandale le plus énorme qu'on ait dans la période l'audace la plus folle l'indécence la plus dingue mais nous pouvons même aller chercher encore plus d'argent donc ces trois mesures c'est la taxe Zuckman on commence par là elle a été adoptée à l'Assemblée Nationale et rejetée par le Sénat nous l'avons portée avec Eva et moi je veux saluer le niveau c'est Eva qui a rapporté la proposition de loi et je veux saluer sa technicité très grande qui nous a permis aussi de convaincre la majorité de l'hémicycle en prenant juste 2% sur le patrimoine de ceux qui possèdent plus de 100 milliards d'euros alors nous pouvons faire rentrer 100 millions décidément j'ai un problème de suite 100 millions je les vois encore plus riches 100 millions donc sans plus de 100 millions moi je ne vois même pas à quoi ça peut correspondre à quel type de besoin ça peut correspondre et bien on peut faire rentrer dans les caisses de l'Etat entre 15 et 25 milliards d'euros c'est pas mal quand même il faut le faire ça c'est la première mesure la deuxième c'est les aides aux entreprises grâce à l'excellent rapport du Sénat piloté notamment par notre grand camarade Fabien Gué nous avons donc pu apprendre que c'était 211 milliards d'euros qui sont donnés chaque année sans aucune contrepartie ni sociale ni environnementale aux entreprises et bien mettons de la conditionnalité sociale et environnementale pour que l'argent public ne soit pas dilapidé et serve finalement à des entreprises qui peuvent reverser des dividendes voire pire regardez le cas d'Arcelor le cas d'Arcelor il me met hors de moi c'est 298 millions d'euros qui ont été donnés en aide publique en 2023 Arcelor et que fait Arcelor en 2025 il ferme des usines en France voilà le niveau auquel nous sommes aujourd'hui arrivés d'un Etat qui est incapable d'un Etat qui est mauvais gestionnaire mais à un niveau pas possible et d'un Etat qui ne défend pas les intérêts des salariés les intérêts des classes populaires et même les intérêts français tout simplement troisième mesure troisième mesure c'est que les multinationales paient juste autant d'impôts que les entreprises françaises pour leur activité en France c'est quand même pas de sorcier c'est simple c'est basique on est en train de se faire dépouiller par Donald Trump on est en train de se faire dépouiller par Donald Trump il arrive avec ses droits de droite et nous on est là les bras ballants en train d'accepter d'accepter de ne rien faire de se laisser dans cette guerre commerciale qu'il faudrait refuser parce que nous ne sommes pas du côté de la guerre commerciale et le projet de gauche ne peut pas être le protectionnisme mais nous sommes bien obligés de nous protéger et donc nous protéger c'est aussi faire en sorte que quand ils font des bénéfices en France ils payent des impôts en France comme les entreprises françaises voilà trois mesures c'est pas le tout de la gauche c'est pas le tout d'un projet de gauche il faudrait en plus en finir avec les niches fiscales qui vraiment n'arrêtent pas de se démultiplier c'est des centaines et des centaines de niches qui ont été faites il faudrait arrêter qu'il n'y ait que cinq tranches d'impôt il faut que ce soit plus progressif qu'on passe de 5 à 14 tranches il faut s'attaquer à l'héritage et je veux dire à quel point je suis vraiment 100% d'accord avec tout ce que tu as dit c'est vrai que c'est l'Himalaya c'est l'Himalaya c'est l'Himalaya parce que il y a quelque chose d'affectif d'abord dans l'héritage les gens se sentent immédiatement touchés c'est normal c'est logique mais en même temps ils ont une idée de l'héritage qui est une idée totalement erronée par rapport à ce qu'est la réalité donc il faudrait commencer déjà par s'attaquer au haut patrimoine très haut patrimoine et ça cette fiscalité elle est accessible et elle nous rapporterait beaucoup et je veux terminer sur la question du long cours parce que c'est fondamental il faut des solutions d'urgence ce référendum s'il le met nous pouvons le gagner et si nous gagnons nous pouvons gouverner pour le faire mais il y a un état d'esprit c'est un état d'esprit s'ils font cette politique c'est parce qu'il y a tout un personnel à la fois gouvernemental politique mais aussi à l'intérieur de l'état de technocrates qui ont quitté totalement l'esprit public c'est à dire qu'ils ne sont plus guidés par l'intérêt général par le commun ils sont dans un état d'esprit qui brouille le public et le privé d'ailleurs ils vont ils viennent vous savez ils vont dans le privé puis retournent dans le public Macron en est la quintessence lui-même qui a fait l'ENA puis ensuite était chez Rothschild puis devient président de la république on se sert on se resserre on se re-resserre c'est ça c'est ça aujourd'hui ce qui se passe au sommet de l'état et donc moi je pense que si on veut changer en profondeur redresser notre pays il faut qu'au sommet de l'état l'esprit public soit notre guide et cet esprit public c'est quoi ?
c'est d'abord une économie de la mise en commun contre la marchandisation du monde c'est un état qui soit capable de piloter la satisfaction des besoins et non pas sans arrêt de laisser faire le marché laisser faire les intérêts privés qui pilotent qui réindustrialisent notre société la France il n'en est pas capable et troisièmement la démocratie et je terminerai là-dessus parce que sans démocratie il n'y a pas de possibilité de transformer en profondeur la société et la justice fiscale de ce point de vue-là c'est notre point d'appui parce que la justice fiscale c'est la réponse au chaos social c'est la réponse au chaos budgétaire et ça tombe bien parce que comme nous on l'a démontré autour de cette table mais aussi comme elle à gauche depuis 1789 c'est au coeur de la gauche cette question de la justice fiscale c'est pourquoi nous sommes les mieux à même de la porter et donc s'ils ne sont pas capables de régler le chaos budgétaire qui nous laisse les clés nous on ira on est prêt et on veut gouverner
merci beaucoup Clémentine pour ton intervention et merci à toutes et tous et pour la qualité de vos interventions et pour la discipline qui a été la vôtre puisque le temps est à peu près respecté même si comme je vous le disais en introduction de cet atelier on n'en a pas beaucoup donc ce qu'on a acté c'est qu'on vous donnait la parole pour des questions et ou interventions opinions pendant 10-15 minutes et ensuite on fera un retour qui sera plus bref que prévu parce qu'on doit vraiment libérer la salle à 15h donc voilà peut-être qu'on sera obligé de ne pas tout prendre on va être les premiers à lever la main ce sont les premiers services je ne sais pas si il y a un micro qui circule dans la salle il demande juste en face de moi que je vois plus facilement
bonjour
merci beaucoup pour l'intervention d'abord c'est hyper intéressant on a beaucoup parlé de la question du coup des recettes mais pas des dépenses moi je trouve qu'il y a une question qui revient de plus en plus dans le débat c'est la question de la défense et je trouve que la gauche sur tous les programmes n'a pas de convergence sur quelle est la réponse elles augmentent elles défendent elles descendent et j'ai l'impression que c'est quelque chose de crucial
dans le sentiment d'appartenance dans les besoins primaires
est-ce qu'on doit se défendre est-ce que la Russie c'est une vraie menace les autres guerres et j'aimerais bien savoir en gros s'il y avait une réponse en gros un peu convergente de la part de la gauche sur ces dépenses en défense merci on va faire un homme une femme si vous voulez bien et donc là je vois une là-haut qui avait demandé la parole
je vais commencer par la fin monsieur du PS j'ai cru qu'il allait parler de l'héritage du PS dans la situation actuelle donc c'était pas ça je pense qu'il va falloir faire attention avec cette histoire d'héritage parce qu'il ne vous a pas échappé qu'on a basculé dans un changement de paradigme à savoir que les générations sont plus pauvres la génération actuelle est de plus en plus pauvre par rapport à celle d'avant donc il va falloir effectivement bien gérer cette histoire d'héritage parce que ça rend la situation encore plus sensible et puis il y a aussi une question du préservation du patrimoine culturel moi je suis d'une je suis de l'Indre-et-Loire donc c'est le pays des châteaux et il y a de plus en plus de ruines mais voilà je sais qu'il y a des situations plus graves que les châteaux mais il faut quand même prendre ça avec des pincettes Madame Eva Sass je n'ai pas compris ce que vous disiez sur l'apprentissage moi j'en étais restée que les entreprises avaient une suppression de moyens ce qui fait qu'on a qu'yrielle d'étudiants qui sont en formation qui ne peuvent pas accéder à leur formation parce qu'ils ne trouvent plus d'apprentissage donc j'ai peut-être mal compris je pense qu'effectivement Madame Autain il y a aussi donc il y a effectivement la dégradation de l'esprit public au sein de l'État mais il y a aussi un gros problème de concentration des médias et ce matin Madame Tandelier disait que on peut faire tout le porte-à-porte que l'on veut pour lutter contre le RN le RN entre à longueur de journée dans le salon par le biais de la télévision qui est allumée tout le temps donc c'est un vrai sujet et puis il se trouve que je suis infirmière mais donc on a par rapport aux économiques que l'on pourrait faire on a tous des armoires pleines de médicaments donc s'il y a une négociation qui est faite avec les laboratoires ça pourrait être justement des formats enfin c'est une perte je crois que ça se chiffre là aussi en milliards une perte colossale qui sont littéralement jetées je ne sais pas ce que monsieur le rapporteur pourrait en dire mais voilà j'en profite juste pour dire que puisqu'on est dans le débat du redressement heureux il y a eu un élan extraordinaire le 7 juillet dernier enfin il y a un an et que ça il faut absolument le remobiliser en ruralité et qu'il y a un gros travail à faire en local voilà
merci beaucoup
avec 52 ans de militantisme syndical je crois que il est important aujourd'hui d'associer les français et j'ai été heureux d'entendre parler d'un référendum mais on sait très bien que Macron ne le fera pas et moi j'avais l'intention de proposer au moins que tous les partis réunis ici lancent une grande pétition pour la justice fiscale ça au moins ça mobiliserait et peut-être qu'on aurait deux millions ou plus de gens et là ça marquerait l'opinion et ça dirait au peuple ce que nous sommes je veux dire deux autres choses rapidement donner des milliards au patronat je les connais même si on met les contrôles même si on dit que ça revient en cas de fermeture ils trouveront toujours les moyens de ne pas rembourser et de faire ce qu'ils veulent et je trouve scandaleux que l'argent public soit donné à des capitalistes ils doivent être donnés à l'entreprise et non pas aux patrons de l'entreprise il faut créer un capital social dans l'entreprise avec l'héritage des patrons les 75% de Dutreuil capital social de l'entreprise au lieu d'exonération fiscale les 211 milliards capital social attaché à l'entreprise et géré par les salariés de l'entreprise et la troisième chose je viens de Perpignan mais je suis aussi de la ruralité de Bretagne où j'ai séjourné récemment si aujourd'hui les gens ne votent plus pour la gauche c'est parce qu'ils se sentent abandonnés ils n'ont plus de services publics ils n'ont plus de médecins ils n'ont plus de postes ils n'ont plus d'humains il faut remettre de l'humain à la base remplacer les écrans par des humains
merci beaucoup on va donner la parole à une femme pour respecter scrupuleusement l'égalité femme-homme y compris dans les interventions madame
bonjour à tous je vais faire très bref je voulais juste féliciter chaleureusement les initiatives de nos parlementaires parce que je pense que ce soit la taxe Zuckmann ou le rapport Fabien Guay sur les 211 milliards ça a joué un rôle énorme et qu'on ne serait pas arrivé à cette date du 10 septembre s'il n'y avait pas eu ces jalons parce que ça a été repris malgré tout même avec les médias qu'on a ça a scotché un petit peu tout le monde de ces propositions parce qu'on a parlé chiffres on a fait de l'éducation populaire et je pense qu'on ne sait pas ce qui va se passer le 10 septembre mais nous notre rôle peuple de gauche un peu éclairé et militant c'est d'aller dans la rue et de discuter avec les gens et avec les électeurs du RN pour leur faire comprendre les enjeux et l'arnaque du Front National voilà
merci juste en face de moi monsieur qui demande la parole depuis tout début juste en face il a demandé la parole vraiment parmi les premiers
merci bonjour à toutes et à tous j'avais très envie de vous parler en effet Pascal je suis militant de l'après en Loire-Atlantique ma question elle va essayer d'être globale j'aurais une question elle va essayer d'être globale c'est à dire à vous toutes et à vous tous parce que depuis le début vous nous avez extrêmement convaincus sur les pansements à mettre sur le système maintenant comment on s'attaque réellement au système comment on fait vraiment une rupture avec le capitalisme et je pense que je fais une proposition comme ça en l'air puisque vous en avez plein parce que la question de l'héritage on nous a tous scotchés mais moi j'aurais été marx j'aurais répondu à Baconine à nouveau et l'expropriation parce que si nous taxons les successions et les héritages très fort les riches se débrouilleront pour se faire passer l'argent avant de mourir donc à un moment c'est comment on fait en sorte qu'ils n'accumulent pas autant de richesses donc comment on s'attaque à la valeur ajoutée à la marge et peut-être que la meilleure proposition budgetaire qu'on pourrait faire c'est cadrer limiter la marge il y a bien un salaire minimum il y a des revenus sociaux minimum il y a des plafonds sur plein de choses pourquoi ne pas plafonner la marge que fait l'entreprise une fois qu'elle a payé sa matière première ses salaires et son immobilier comment faire en sorte que de la baguette de pain à la voiture on taxe on limite on cadre le fait que tu ne peux pas te faire plus d'argent que ça ça servirait à quoi ?
ça servirait à ce que l'argent que les clients ou les usagers dépenseraient dans ce produit ou ces services irait plus en salaire en emploi ou en reconversion écologique et deuxièmement ça empêcherait l'accumulation de fortune et de richesse et donc du coup on serait dans une collectivisation douce mais on serait dans un système socialisé merci
merci beaucoup est-ce qu'on a une femme qui lève la main qui lève la main en fait tout simplement et bien voilà au dessus visiblement c'est parfait
ah pardon le chien aussi en vous entendant je ne sais pas si vous avez eu l'occasion d'en parler parce que j'arrive juste mais la place de l'économie sociale et solidaire la place des sociétés coopératives il y a déjà plus de 10% des salariés de bénévoles de personnes qui s'engagent et qui apportent un certain nombre de réponses à toutes les propositions qu'on partage et que l'économie sociale et solidaire soit la norme sera un moyen de redresser la France
merci beaucoup on va prendre deux dernières interventions je suis désolé mais le temps presse donc il y a forcément il y aura des frustrés mais fais au mieux
alors moi je voulais juste dire quelque chose c'est pas une question c'est plutôt une intervention je pense que vous parlez de redressement heureux et pour pouvoir être heureux il faut de l'espoir et je pense que pour qu'on ait tous envie de se battre et d'être tous ensemble derrière une union de la gauche il faut avoir envie il faut avoir de l'espoir et pour ça je pense qu'il faut que tous ensemble on change de discours c'est à dire qu'après les législatives de 2024 on a entendu la gauche sur les plateaux dire on a gagné on n'est pas au pouvoir mais il faut l'avouer on n'a pas gagné ces élections sinon on aurait une majorité et sinon on serait là pour gouverner mais pour autant c'est pas grave de ne pas avoir gagné je pense que ce qu'on a réussi à créer en 2024 c'est ça qui est porteur d'espoir c'est d'avoir dit tous les partis on s'est mis ensemble derrière des idées derrière un message et je pense que c'est le plus important pour les gens il faut leur donner envie d'aller dans la rue il faut leur donner envie d'aller se battre et je pense qu'il faut changer tous nos discours pour avoir de l'espoir et qu'on puisse gagner que ce soit sur des nouvelles législatives qui pourraient arriver bientôt ou en 2027 bref mais donnez-nous de l'espoir
merci une dernière intervention
bravo
à la personne qui donne le micro
c'était juste pour vous demander comment on peut faire en sorte que toutes ces bonnes idées on puisse participer et plus comment on peut avoir un mode plus horizontal comment on peut voilà parce qu'on a des idées là j'entendais sur l'héritage moi je suis une petite paysanne bon moi j'ai bénéficié des réductions de cotisations sociales mais j'ai embauché bon et voir mais après sur l'héritage quand on voit l'excellence de de de de de de de ben en fait l'exploitation elle est intransmissible s'il ne trouve pas une solution si donc on est vraiment dans un monde où on a plein de particularités comment on fait pour ensemble chercher des solutions mais que ça soit horizontal qu'on puisse vous passer les informations par exemple Fabien Fabien Gué est-ce que vous avez compté aussi dans les grandes surfaces l'argent le pognon de fou qui se fond avec grâce au fait qui comment dire le non non non c'est pas la négociation c'est c'est qu'en fait l'argent enfin j'arrive plus à trouver mes mots j'essaie de faire bref dans les grandes surfaces quand il y a du surplus ils le donnent à la banque alimentaire mais en fait grâce à ça ils ont des réductions d'impôts et un petit paysan comme moi on peut pas le faire mais est-ce que cet argent il a été compté aussi il vaudrait mieux une sécurité sociale de l'alimentation par exemple
merci on arrête là les interventions on avait dit deux je suis désolé on n'a plus le temps d'en prendre davantage et je sais que c'est frustrant mais j'avais dit deux dernières interventions on les a passées et on doit rendre la salle vraiment dans dix minutes et j'ai promis au moins deux minutes pour les intervenants pour qu'ils puissent réagir à vos questions interventions mais merci à toutes et à tous pour la qualité de vos interpellations on avait dit dans l'ordre inversé donc je donne sans plus tarder la parole à Clémentine pour un message de deux minutes deux trois minutes maximum
oui il y a beaucoup de questions je vais aller très vite concentration une loi anti-concentration dans les médias c'est ce qu'il nous faut pour garantir le pluralisme la difficulté c'est que la loi on l'aura faite quand on aura gagné et donc le problème c'est comment on fait jusqu'à ce qu'on gagne et donc il va falloir quand même aller retourner des portes voilà c'est ça que je voulais dire deuxième élément sur la alors sur la défense c'est le budget de la défense peut-être personne va s'y coller parce qu'on a que deux minutes c'est très important c'est fondamental il faut qu'on se mette d'accord là dessus et moi je pense que la situation ayant changé tout le monde ne peut pas continuer à être sur les positions d'avant il va falloir trouver une proposition politique commune sur ces enjeux internationaux et sur ces questions de défense mais si on prend acte du fait que avec Trump la question de l'OTAN ne se pose plus comme autrefois et que même les atlantistes d'hier ne peuvent plus être atlantistes comme hier alors on peut réfléchir autrement à comment on investit dans notre indépendance en termes de défense et comment on a une proposition politique à l'échelle internationale qui valorise le droit la coopération de nouvelles alliances pour avoir une stratégie sur le terrain international et donc je ne suis pas aussi pessimiste que vous même si à l'instant T on voit bien que c'est pas le sujet sur lequel on est le plus d'accord je pense que c'est un sujet sur lequel il faut qu'on invente la doctrine du 21ème siècle sur la scène internationale et c'est à nous de le faire et je pense qu'on peut le faire voilà et je termine parce que c'est deux minutes en disant que je suis très très d'accord avec la sécurité sociale de l'alimentation et que pour le référendum si Macron n'en veut pas d'ailleurs plein de fois on a eu des idées on s'est dit ça va pas marcher avec Eva si je vous parlais des réunions qu'on a eues ensemble quand on a commencé sur la taxe du Pag jamais on a imaginé que l'Assemblée nationale la voterait jusqu'au dernier jour on n'a pas pensé l'Assemblée nationale l'a voté ce référendum proposé dans l'urgence il a le mérite que quand je fais France Info hier on m'interroge là-dessus donc je fais 15 minutes sur les 20 minutes sur les propositions de fonds fiscales qui sont en phase avec ce que souhaitent les français et nous disons au président de la république qu'il y a une solution sur les recettes et rien n'empêche qu'on le reprenne pour un référendum d'initiative partagée et quand je vois ce qui s'est passé avec la loi Duplomb qui l'eût cru ça a été fait nous avons fait reculer le gouvernement et là c'est amipride ce poison a pu être enlevé de la loi c'est quand même pas rien c'est quand même pas rien donc soyons audacieux n'intériorisons pas l'esprit de défaite ayons confiance dans notre force et dans le fait que nous sommes la solution dans ce moment là et effectivement on n'a pas gagné il faut qu'on vous donne de l'espoir donc moi je vous donne rendez-vous à 16h parce que vous allez voir pendant 2h vous allez en avoir de l'espoir
merci beaucoup Alexandre pour 2-3 minutes maximum oui donc sur l'héritage qui est beaucoup revenu bon sur l'héritage du PS il faudrait une journée entière et j'aurais moi-même beaucoup à dire donc je passe sur celle-là mais sur la question de l'héritage plusieurs éléments parce que c'est revenu dans plusieurs interventions d'abord évidemment il n'est pas question de s'attaquer aux petits héritages je vous ai j'ai tenu une position très dure philosophique pour qu'on essaye de repenser aussi ensemble les choses le sujet c'est de s'attaquer aux grands héritages et ce que vous disiez madame qui est très juste c'est que dans un moment d'effondrement des services publics la crispation patrimoniale elle est d'autant plus forte puisqu'on se dit qu'on a que la famille ce cadre là pour défendre et nous défendre donc évidemment l'objectif c'est de ne pas commencer par les petits héritages mais se poser la question philosophiquement pour justifier ce que nous faisons sur l'héritage et ça ça me semble très important et je mets un point dans la discussion qui me semble important en 1789 la constituante a traité des questions d'héritage pourquoi ?
c'est une matière législative parce que la constituante considérait qu'il y avait un lien entre le régime politique entre le régime politique et la question de droit des successions qu'est-ce que c'est que l'ancien régime ?
un régime de primogéniture mal pas les filles pas les cadets pas les enfants naturels et pas les curés mais ça c'est autre chose donc vous voyez pourquoi la révolution a échoué sur ce point en 1820 les 10% ont 80% de la richesse nationale pardon en 1789 80% de la richesse nationale un siècle plus tard ils ont 90% donc là on a je crois un fil de l'histoire de France à reprendre et à travailler qui est important ensuite sur la question qui a été posée de l'espoir qui pour moi est le point de sortie de cette discussion entre nous Bérou a dit le 15 juillet pour fêter la nation à sa manière je suis dans le moment de vérité mais c'est pour nous là maintenant le moment de vérité est-ce qu'on est en capacité et on sait qu'on en a besoin de la mobilisation populaire qui est en train de s'arrêter de s'organiser de la mobilisation syndicale qui est en train de s'organiser est-ce qu'on est en capacité de faire en sorte qu'Emmanuel Macron renonce à ce dont il n'a jamais renoncé sa politique économique il n'a jamais renoncé si une fois une fois quand des gens ont été chantés sous ses fenêtres on est là c'est la seule fois il a donné 10 milliards parce qu'il a eu très peur donc la question c'est que si nous voulons comme le disait Clémentine être appelés aux responsabilités pour pouvoir engager un certain nombre de choses et ne pas repartir de la copie de Bérou mais de la copie qui sera le fruit de notre travail collectif nous socialistes à Blois on vient de présenter notre projet alternatif si on repartait de cette copie collective là on a une chance mais on a besoin de la mobilisation populaire parce que sinon il ne bougera pas d'un iota comme il ne l'a jamais fait voilà merci beaucoup merci je laisse la parole à Fabien bien qu'il nous met la promesse tout à l'heure d'être hyper court moi je ne crois pas qu'il y aura de victoire politique sans bataille idéologique et nous perdons du terrain et l'extrême droite en gagne parce qu'elle mène une guerre idéologique et là dedans la bataille médiatique et en tant que directeur de l'humanité j'y suis très sensible est un des points d'appui si nous ne prenons pas cette question extrêmement au sérieux notamment sur une question d'une nouvelle loi anti-concentration qui ne permet pas à des multimillionnaires de posséder plus de deux médias et si la gauche dans son ensemble ne met pas les moyens pour notamment une chaîne d'information en continu de progrès social et écologique alors je pense que nous passons à côté d'un homme la deuxième chose c'est que j'invite chacun entre temps à s'abonner à l'humanité et enfin pour être très court rendez-vous le 10 rendez-vous le 18 puis rendez-vous le 12, 13, 14 septembre prochain à la grande fête de l'humanité on pourra répondre à toutes les questions auxquelles on n'a pas répondu à l'agora et François m'a confié tout à l'heure qui payait l'apéro à toute la salle vendredi à 18h à son stand merci à tous merci beaucoup Eva
oui merci Tristan alors déjà je voudrais dire qu'Alexandre et moi on a peut-être eu les parties les moins populaires à défendre mais sur les économies parce que j'entendais sur l'apprentissage je ne suis pas étonnée qu'il y ait des réactions sur l'apprentissage parce que tout le monde trouve que c'est sympa l'apprentissage il faut encourager l'apprentissage on est pour l'apprentissage l'apprentissage c'est bien mais il y a eu évidemment des abus il y a eu 14 milliards et c'est le chiffrage de la cour des comptes donc je pense que c'est pire que ça il y a eu 14 milliards d'euros par an qui ont été déversés sur les entreprises pour payer l'apprentissage c'est évidemment trop on a vu que dans les entreprises les apprentis venaient remplacer les salariés moi j'ai même vu des apprentis qui embauchaient les apprentis qui étaient au service RH et embauchaient les apprentis d'après donc quand on arrive à un tel niveau où l'apprentissage est malheureusement on va dire trop encouragé où il y a des abus et bien il faut resserrer les boulons et c'est pour ça que nous on était pour évidemment réduire les primes à l'embauche aujourd'hui c'est 2000 euros par apprenti pour une entreprise de plus de 250 salariés on revient dans des proportions qui sont un peu raisonnables donc oui à l'apprentissage mais non aux abus qu'il a pu générer deuxième chose les médicaments là aussi en général il y a des réactions un petit peu crispées sur la question des médicaments ce qu'il faut cibler c'est ce qu'on appelle les médicaments innovants c'est en l'occurrence des traitements anticancéreux alors quand je vous dis ça vous allez me dire il faut défendre les traitements anticancéreux mais le problème c'est là aussi les abus ça n'a plus que doublé depuis 2018 et la moitié de cette augmentation c'est en raison du prix et les industries pharmaceutiques s'en sont mis plein les poches avec ces traitements qui sont dits innovants je regardais là le Pimbrolizumab je ne sais pas ce que c'est mais c'est un traitement qui coûte 72 000 euros il faut avoir conscience de ce que l'industrie pharmaceutique facture aujourd'hui à l'assurance maladie et l'industrie pharmaceutique est aujourd'hui le troisième secteur en termes de distribution de dividendes donc on voit bien qu'aujourd'hui il y a des abus et qu'on peut faire des économies en revoyant les tarifs de ces médicaments là donc là sur ces deux sujets là comme sur beaucoup de sujets je crois qu'on est d'accord sur le fait qu'il va falloir chasser les abus et les rentes et que nous sommes tous mobilisés sur le fait d'avoir un système plus juste et plus juste ça veut dire oui aller traiter la question des abus des industries pharmaceutiques les abus dans l'apprentissage et aussi on va en parler peut-être la fraude sociale et fiscale et quand je dis la fraude sociale je pense aux employeurs parce qu'il faut redire que c'est les employeurs qui sont les premiers à frauder les cotisations sociales donc voilà des sujets sur lesquels on peut faire des économies
merci beaucoup Eva et François pour deux trois minutes de conclusion ça marche tout simplement Fabien tu disais la bataille idéologique en l'occurrence quand on réussit des choses il faut le dire aussi la bataille idéologique sur la question fiscale nous l'avons gagnée peut-être nous n'avons pas gagné la guerre mais nous avons au moins gagné une bataille idéologique pourquoi nous l'avons gagnée aussi parce qu'on était comme aujourd'hui on est comme aujourd'hui c'est à dire que voilà communistes, socialistes, écologistes les unitaires les insoumis aussi et ce front commun fait que évidemment ça donne une force dans le débat public quand on s'appuie sur des intellectuels quand on s'appuie sur des associations et que voilà on a gagné la bataille de l'hégémonie culturelle sur la question fiscale et c'est pas rien parce que la question fiscale c'est pas une question technique c'est une question éminemment politique et les grandes crises dans notre pays elles naissent d'abord par la question fiscale 1789 c'est la question fiscale les caisses sont vides comment on va lever l'impôt ?
et bien on va convoquer des états généraux et on espère prélever sur la bourgeoisie et puis les choses se compliquent et finalement c'est l'abolition des privilèges mais beaucoup plus récemment on parle des gilets jaunes la crise des gilets jaunes ça naît sur une crise fiscale c'est le gasoil et ça débouche sur une crise sociale ça débouche sur une crise démocratique et je veux dire que ma conviction est que on est sur la même pente là on est sur une pente où on entre par la crise fiscale et il va y avoir un élargissement et la crise sociale va être posée la crise politique va être posée et je dis je viens de le développer après mais il faut le prendre comme une chance pour nous parce que là on a un débat qui est sur notre terrain et on sent bien alors ils nous font de la pédagogie âgée continue sur ton rapport ils le démontrent par tous les sens par des fake news ou des petits bouts de machin mais c'est eux qui sont sur le reculoir c'est eux qui sont obligés de se justifier tous les jours dans les médias donc nous avançons nous avançons nous avançons et moi j'ai la conviction que sur ce terrain là oui nous avons le moyen de bâtir une large majorité idéologique qui existe déjà dans le pays mais notre travail nous c'est le transformer en majorité politique et c'est ce que nous devons faire avec les unitaires en élargissant les unitaires en dehors de ceux qui pour l'instant ont encore un pied dehors et en espérant qu'on soit de plus en plus large et large et large pour gagner cette bataille de la majorité demain merci beaucoup à toutes et à tous cet atelier est terminé et à 16h on se retrouve pour le meeting de clôture de ces journées
Eva Sas